De retour d’examen – édition 2019

Entre deux billets de vulgarisation scientifique, en voici un autre au ton plus personnel, à ranger dans la catégorie témoignage (donc à ne pas généraliser).

Au début de ce mois de juin 2019, je passais mes examens de master 1. Au 15 juin, je devais rendre mon rapport de stage. Ce rapport de stage s’annonçait comme une épreuve particulièrement pénible pour moi, comme tous mes précédents rapport de stage l’ont été. Je déteste, je déteste, écrire ces rapports de stage.

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Pourquoi accompagner les adultes surdoué·es ?

La littérature, scientifique ou non, le web également, regorge de sujets traitant du HPI. Chez les enfants ou adolescent·es.
Le sujet des adultes surdoué·es est bien peu abordé, sinon pour présenter des situations de difficultés sociales (professionnelles et/ou relationnelles).
Quand je me renseigne sur le sujet, les rares adultes surdoué·es que l’on ne présente pas comme vivant des difficultés diverses et variées – que l’on attribue un peu vite à mon sens à leur HPI – sont présenté·es surtout comme ancien·nes enfants surdoué·es. Encore une fois, on s’intéresse à leur enfance et/ou leur parcours scolaire.

En soi, je n’y trouve aucun mal.
Ce que je regrette, c’est de ne pas trouver de sujet qui traite des adultes surdoué·es en tant qu’adultes surdoué·es, et encore moins de sujet qui traite d’adultes qui se découvrent surdoué·es à l’âge adulte et, conséquemment, des questions et autres événements que cette découverte peut engendrer dans leur vie.

Pourtant, découvrir que l’on possède un fonctionnement cognitif particulier, dans le sens de différent de la majorité, qui peut avoir un impact sur l’apprentissage, la vie professionnelle, la vie personnelle (l’hyper-excitabilité nerveuse n’est pas sans conséquence sur les 5 sens et le traitements des informations qui en proviennent), éventuellement le rapport aux autres et plus largement, au monde ; cela n’a pas les mêmes conséquences et impacts quand on est adulte avec – au choix – famille, entreprise, travail, à charge et que l’on est responsable de soi ; que quand on est enfant, où 90% des aspects de notre vie sont pris en charge et assumés par nos/notre parent·s (pour celles et ceux qui en ont évidemment).

De l’extérieur, on pourrait se demander ce que cette découverte de HPI pourrait bien avoir de bouleversante pour un·e adulte ? C’est, comme j’aime à le répéter, une bonne nouvelle en soi.
Et je le maintiens.
Néanmoins, c’est aussi une nouvelle qui touche à l’identité.
Si adolescent·e nous avons tout le loisir de nous questionner, d’explorer notre identité en y consacrant toute notre énergie et nos pensées, et sans trop de conséquences sur d’autres personnes (sauf peut-être sur les nerfs et le porte-monnaie de nos pauvres parents quand notre exploration identitaire passe par des changements de looks et des accessoires onéreux… ) en tant qu’adulte, un questionnement identitaire profond n’a potentiellement pas du tout les mêmes conséquences.

Evidemment, toutes nouvelles données venant bouleverser notre représentation identitaire peut avoir ces mêmes conséquences. Ce n’est pas spécifique au HPI ; une nouvelle passion, un amour inattendu, l’acceptation ou la découverte de son identité de genre ou de la forme plus complexe de sa sexualité, par exemple peuvent tout aussi bien et souvent plus violemment encore, bouleverser la perception identitaire et la vie des personnes qui vivent cela.

Toujours est-il que le HPI, parce qu’il est lié à la pensé, est lié à l’identité, et vient donc la bouleverser quand l’information est délivrée.
Trop souvent les adultes sont laissés là, avec leur chiffre de QIT et la pléthorique littérature sur le sujet du HPI, chez les enfants en général, ou sinon chez les adultes et qui leur promet des heures bien sombres d’inadaptation sociale.

Je suis convaincue, aidée en cela par les recherches scientifiques sur le sujet*, que c’est faux. Le HPI n’est pas un handicap social en soi, et l’adulte surdoué·e n’a pas d’horizon social plus sombre que n’importe qui d’autre.**

Le travail, les compétences professionnelles, la vie professionnelle, est un aspect central et majeur de la vie d’adulte dans notre société. Mais les adultes qui se découvrent surdoué·es et qui, légitimement, se mettent à passer cet aspect de leur vie au crible de cette nouvelle donnée, ne trouvent que peu ou pas de ressources ou d’aides, pour ce domaine spécifique qu’est la vie professionnelle.

Il y a quelques ouvrages qui traitent de ce sujet. Par exemple : Adultes sensibles et doués. Trouver sa place au travail et s’épanouir de Arielle Adda et Thierry Brunel ; ou Surdoués : s’intégrer et s’épanouir dans le monde du travail de Cécile Bost.
Mais, personnellement, je regrette que ces ouvrages qui traitent du travail et des personnes HPI ne soient pas rédigés par des personnes qui soient à la fois connaisseuses du HPI ET de la psychologie du/au travail.

Ce qui m’amène à cette impression : toute l’aide qui est accessible et/ou proposée aux adultes surdoué·es qui se découvrent comme tel·les, est à la fois fractionnée (soit on traite de l’aspect privé/relationnel, soit on traite de l’aspect professionnel) et est dispensée par des personnes, qui soit ne sont pas HPI (ou tout du moins qui ne le précisent pas) soit ne sont pas psychologues (ou psychiatres).

Et personnellement, ça ne me convient pas.
C’est pour cela que je m’emploie à concevoir – autant que faire ce peut en l’état actuel des choses – une proposition d’accompagnement pour les adultes surdoué·es (ou qui se découvriraient comme tel·les au cours de séances/bilans avec moi) qui couvrent TOUS ces aspects.
Il ne s’agirait pas de forcer les patient·es à aborder tous ces sujets, mais bien pour moi d’être capable de proposer un accompagnement quel que soit le domaine abordé : professionnel ou personnel.
La question de la ré-orientation professionnelle étant souvent une question qui se pose dans le parcours des adultes qui se découvrent surdoué·es. (La question se pose aussi chez les adultes non surdoué·es, évidemment, mais ce n’est pas l’objet de mon article).

J’ai démarré ce blog avec l’envie d’apporter un (parmi quelques autres) témoignage positif sur le fait d’être une adulte surdouée. Puis j’ai voulu apporter ma pierre à l’édifice de l’information scientifique ET accessible sur le HPI.
J’ai entamé une ré-orientation professionnelle et ai repris des études pour devenir psychologue, parce que l’identification de mon HPI et tout le travail psychologique entamé suite à cela m’a ouvert des horizons sur moi-même et sur ma vie.  J’ai osé renouer avec ma première aspiration professionnelle purement personnelle.

Toujours en lien avec la découverte de mon HPI en tant qu’adulte, et à partir des enseignements tirés de mon propre parcours post-identification, j’ai nourri le projet de dédier une partie de ma pratique à l’accompagnement des adultes qui se découvrent surdoué·es à l’âge adulte (que cette découverte se fasse avec moi ou non).
Aujourd’hui, à seulement un an du diplôme (yeah !) je peaufine ce projet (autant que cela est possible  et pertinent avant d’effectivement exercer), en y ajoutant l’aspect particulier de la vie professionnelle.

Rassurez-vous, il ne s’agira pas pour moi de livrer un programme en 30 jours, avec des étapes et des clefs magiques qui résoudront tout.
Loin de là.
En ce qui concerne la connaissance de soi, je ne suis pas pour les programmes « clefs en mains ». Ce genre de méthode me semble superficielle et donc inutile à long terme. Il me semble que le but de l’accompagnement psychologique (je ne parle pas de thérapie parce que je ne parle pas ici du traitement de psychopathologie) est d’aider les patient·es à mieux se connaitre, à créer ou adapter leurs propres outils qui seront parfaits pour leur psychisme et vie uniques.
Les méthodes « clefs en mains » avec des outils et des étapes, sont adaptées si on ne les considère que comme un marche-pieds, pour démarrer une plus grande construction. Sinon, elle deviendront vite des cages, un cadre trop stricte car inadapté à la personne unique qui les emploie et à la constante évolution de la vie, des personnes et de environnements dans lesquels elles-vivent, qui seront sources de frustrations, potentiellement de renonciation à la dite méthode qui pourrait, tristement et injustement, être vécue comme un échec.

Donc pas de cela avec moi.
(De méthode-magique-toute-prête-infaillible je veux dire)
Je crois en l’exploration et le travail patient sur et dans sa psyché, je crois en la capacité de résilience et de réflexion de mes futur·es patient·es, en leurs capacité de création et de guérison, et en ma capacité à les accompagner dans leur prise de conscience de ces capacités.
Pas de méthode miracle donc, juste du temps (un peu ou très beaucoup), des questions (pas toujours agréables), les réponses (pas toujours agréables non plus) que les patient·es y trouveront, des essais, des frustrations, peut-être des déceptions, et j’espère aussi beaucoup de satisfactions et d’épanouissement.
Vous comprendrez donc pourquoi je parle de patient·es.
Tout cela prend du temps.

Je veux pouvoir être en mesure d’accompagner mes patient·es dans les réflexions et les questionnements liés au HPI qu’ils et elles poseront lors de nos séances. De leur proposer une expertise psychologique (de par ma formation en psychologie, et les divers diplômes et formations de qualité universitaires annexes suivies) et aussi un regard connaisseur  (mais évidemment anecdotique et non canonique) « de l’intérieur » du HPI et de la situation d’adulte qui se découvre à HPI .

Mais aussi, autant que cela me sera possible, pouvoir leur proposer d’être suivi·e et accompagné·e par UNE SEULE ET MÊME personne que ce soit dans l’exploration de leur vie intérieure (émotions, cognitions, peurs, désirs, bref, tout ce que l’on confie et/ou travail avec un·e psy) ET/OU dans l’exploration de leur vie professionnelle.
Et toujours avec la compréhension et la considération de cette donnée particulière qu’est le HPI.

 

 

*La légende Noire des surdoués, Franck Ramus, blog Ramus Méninges

** Les adultes surdoués et Les enfants intellectuellement précoces du Dr Wahl et Les surdoués ordinaires Nicolas Gauvrit, 

Le (seul ?) problème du HPI, la sur-attribution ?

(De vous à moi cette nouvelle interface de wordpress est franchement très pénible…)

La sur-attribution c’est quoi ?

Oui on attaque directement.

La sur-attribution c’est le fait d’attribuer de façon excessives des responsabilités, ou des liens de causalité, à quelque chose ou quelqu’un.
Exemple : A chaque fois que je sors de chez moi avec mon parapluie, il pleut. La sur-attribution consisterait à dire que c’est le fait de prendre son parapluie qui fait pleuvoir. Ou de blâmer carrément mon parapluie pour la pluie.

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A quoi ça sert de se savoir surdoué·e ?

Ah, elle est-y pas bonne ma question ?

Bon d’accord, j’admets, ce n’est pas précisément ma question. Mais une question que les gens qui m’écrivent via le blog se posent souvent, quand ils et elles sont elleux-même en questionnement sur le caractère éventuellement HPI de leur personne.
Pour beaucoup de gens, cette question se pose comme préliminaire ou comme condition au passage du test.

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Besoin d’appartenance, besoin de distinction

[Attention ! Essai du nouvel éditeur de WordPress, je ne garantis pas l’aspect de cet article.]

Il y a deux articles de ce blogs qui tiennent la tête de liste des articles les plus consultés depuis bien 10 jours maintenant, à savoir « Surdou·ées ceux et celles qui font croire qu’ils/elles en sont » et « Le mythe de la pensée en arborescence« .

Cela vous fait une belle jambe de savoir cela n’est-ce pas ?

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Le nombre, ça compte.

Mais quel nombre exactement ?
Je parle évidemment du nombre donné en résultat du test de QI , aussi connu sous le nom de Quotient Intellectuel Total ou QIT.
Rappelons que ce QIT est le reflet des performances du/de la patient·e à la passation du test de QI qui évalue les capacités cognitives d’un sujet.

Voilà, ça c’est le discours concis et factuel de ce qu’est le QIT.
(Autre rappel, le QIT est toujours calculable, et je vous explique cela dans l’article où j’évoque la formation que j’ai reçue à l’administration de la WAIS ; et oui il existe d’autres nombres porteurs de sens dans un bilan psychométrique, comme les indices, mais là je parle du QIT.)

Sauf que tout cela, la plupart des gens qui passent un test de QI pour la première fois ne le savent pas.

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Le mythe de la pensée en arborescence

 – Cet article est divisé en deux parties : Première partie, un point scientifique, où je m’appuie sur des recherches et des faits démontrés.
Seconde partie : une réflexion personnelle (qui mériterait probablement d’être mieux structurée, mais là tout de suite, j’ai chaud, j’ai soif, j’ai sommeil et je n’ai pas envie) qui ne s’appuie que sur mes idées.
Attention donc de ne pas confondre les deux. 

Allez c’est parti. – 

Introduction 

Voilà un gros morceau.

Cet article fait suite à une de mes réponses à un commentaire de l’article du 2 juillet dernier où je précisais que j’allais expliciter plus avant ma remarque sur le mythe d’un fonctionnement de pensée qualitativement différent des surdoué•es par rapport aux non-surdoué•es.

C’est une remarque que l’on me fait souvent, à savoir que les surdoué•es auraient une pensée différente dans sa qualité de la pensée des non-surdouée : la fameuse pensée en arborescence érigée plus qu’à son tour en critère diagnostic du HPI.

Et bien c’est FAUX.

Oui, je sais, ça fait un choc. Asseyez-vous et prenez un verre d’eau, ça va aller.

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Etude : « Adultes haut potentiel et rapport au corps : quel impact sur la sexualité ? »

Bon.
Ceci est un travail universitaire, de type mémoire, qui explore la sexualité chez les personnes se déclarant HPI.
 
Je suis gênée par le fait que l’étude repose uniquement sur la déclaration des répondant•es quant à leur nature de HPI.
Mais l’étude aborde succinctement divers aspect de la relation au corps et se demande si le fait d’être HPI y a quelque chose à voir.
 
On peut aussi regretter, comme moi, l’hypothèse de base qui est celle que le HPI induit problèmes et pathologie du rapport au corps et de la sexualité.
J’aurais préféré une exploration qui visait à répondre à la question inverse, du type, « le HPI permet-il une meilleur santé et vie sexuelle et sensuelle? ».
 
Quoi qu’il en soit, si cette étude ne peut évidemment absolument pas nous servir à affirmer quoi que ce soit sur d’éventuels liens entre HPI et santé sexuelle (étant donné que la population d’étude n’est pas effectivement contrôlée HPI) il n’empêche qu’elle aborde des sujets qui j’en suis certaine pourraient en apaiser plus d’un•e, rien que par le fait de voir qu’elles et ils ne sont pas seul•es à éprouver ces sensations là.
 
Bonne lecture !