Un peu de lecture

Vous trouverez ici un petit aperçu de l’ouvrage « Adultes surdoués : comment faire simple quand on est compliqué » de Monique de Kermadec.
C’est issu de la revue « le cercle Psy » qui ma foi est à la fois accessible et correcte en terme de contenu.
Pour s’initier à la psychologie, c’est pas mal je trouve.

Enjoy !

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« Oui, je suis plus intelligente que vous ! »

* Attention * Ce Message est un outil thérapeuthique dont le but est de préserver son auteur de basculer dans une rage meurtrière. Il n’est pas à mettre entre toutes les mains. Et surtout pas à prendre au premier degrès. Quoi que…

Ce message s’adresse à toutes celles et ceux qui refusent de comprendre. A toutes celles et ceux qui malgré 4 pages d’explications ne sont toujours pas capables de centrer une problématique, ou de cesser de prêter des intentions qui n’existent pas à des discours pourtant limpides et dénués de tout jugement personnels.
Il s’adresse à toutes celles et ceux pour qui, manifestement, toute manifestation de réussite là où iels auraient échoué est une insulte à leur existence :

OUI !
OUI, JE SUIS TELLEMENT PLUS INTELLIGENTE QUE VOUS ! OUI vous avez gagné voilà, je vous le dit, je me roule dedans même : je suis teeeeeeeeeeeeellement plus intelligente. Vous êtes loin, loin, loiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiin de moi sur cette courbe de Gauss et vous savez quoi ? J’en suis contente !
Je suis TELLEMENT heureuse d’être séparée de vous par 3 écarts-types, parce que rien que l’idée de baigner dans la même médiocrité intellectuelle, et surtout dans la même méchanceté crasse engendrée par votre immonde bêtise me donne la nausée !
Là, voilà !

Vous vouliez l’entendre ? Bah c’est fait !
Vous êtes bêtes comparé-e-s à moi, c’est TOUT ! Vous pouvez hurler, vous agiter, trépigner, taper du pieds ou faire pipi par terre et vous rouler dedans ensuite, ça ne changera rien !
Je suis PLUS INTELLIGENTE QUE VOUS et c’est tout !

LAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA!

Condamné-e à devoir taire ses réussites ?

Cette question fait suite à une expérience personnelle, où, pour résumer la chose, plusieurs personnes se sont senties flouées par des conditions d’examen qu’ils et elles jugeaient impossibles.
Alors qu’ils et elles débattaient de l’impossibilité de la chose et d’une éventuelle requête à la direction, il m’a semblé judicieux de le prévenir que leur argument principal ne tenait pas debout, puisqu’il existait des personnes qui avaient terminé l’examens dans les temps.

Alors que mon intervention n’avait pour but que des les éclairer quant aux éventuelles rejets et contre-arguments auxquels ils et elles pourraient faire face, mon intervention a été prise comme une « leçon de moral » et « présomptueuse » me qualifiant de « super bonne élève depuis toujours », « marginale » et me rappelant que l’on ne pouvait faire une référence de moi.

A ce point j’aurais aimé leur dire qu’on ne pouvait pas plus en faire une d’eux, mais je me suis abstenue, comprenant que mon argumentation purement logique et factuelle avait encore été comprise comme un jugement.

Cette éinième itération de l’incompréhension des autres face à mon discours, et leur réaction très orientée sur nos réussites et échecs respectifs, m’ont amenée à me poser cette question :
Sommes-nous, en tant que surdoué-e-s, condamné-e-s à ne jamais devoir dire que l’on a réussi là où les autres ont échoué ?

Il semblerait que toute manifestation d’une réalité alternative à la leur les plonge dans un profond désarrois et déclenche une vague d’hostilité manifeste et importante vis-à-vis de celui/celle qui ose faire mieux.

Je ne vous cache pas que j’ai été peinée de leur réaction. Surtout que ça en arrive aux insultes, même déguisées.
Surprise, non. J’ai trop l’habitude qu’on ne comprenne rien à ce que je dis, de devoir m’expliquer sans cesse, jusqu’à fournir un niveau de détail qui me parait absurde tellement il est évident.

Et puis je me rappelle.
Je me rappelle que ce qui me semble d’une évidence absolue, n’effleure pas forcément l’esprit des autres.

Mais vous savez quoi ? J’ai rarement eu de pensées aussi triste que celle-là.
Cette pensée, et toute sa réalité, me font beaucoup, beaucoup de peine. Parce qu’elle me fait entrevoir un avenir sans possibilité pour moi, de partager mes réussites, mes si rares réussites, si elles ne sont pas aussi celles des autres.

Comme s’il m’était refuser le droit « d’y arriver ». Comme si moi, je n’avais pas le droit de réussir, de briller, d’être « la première » pour une fois, une seule fois…
Alors que tou-te-s les autres si.
Comme si leur réussite à eux était mieux que la mienne.
Comme si elles et ils méritaient plus de pouvoir être fier d’eux, d’être reconnus pour quelque chose de bien.

Parce que nous sommes né-e-s avec des capacités différentes, alors il faudrait que nous taisions nos réussites ?

J’ai compris que les autres n’aimaient pas entendre que quelqu’un avait réussi là où ils/elles avaient échoué.
Mais est-ce pour autant une raison de nous réduire au silence, de nous dénier le droit de dire que nous avons réussi, quand ce droit est accordé à d’autres ?

Je crois que c’est très lié à la culture française, où toute forme de réussite semble suspecte. Ou bien qui n’autorise la réussite que selon des modalités très précises.
Comme si c’était mal de réussir.

En tout cas, c’est mal vu de le dire.

Alors que faire ?
Comme toujours c’est selon chacun-e. Garder le silence c’est s’épargner bien des peines et des blessures et certainement préserver une vie sociale acceptable.
Dire c’est s’exposer et risquer les insultes, le rejet, le jugement, et qu’on nous prête des intentions qui ne sont pas du tout le nôtres.

Moi j’ai choisi de dire.
Parce que j’ai décidé d’ouvrir une voie, et de montrer qu’il était possible d’être HPI sans avoir ni à le cacher ni à en avoir honte.
Je ne dis pas que c’est là le seul bon moyen d’être et de vivre. C’est un moyen.
Je le fais simplement parce que peut-être, aujourd’hui, demain, ou jamais, quelqu’un aura envie d’exister sans avoir à cacher sa nature de HPI.
Je ne dis pas que c’est sans conséquences, je voudrais juste montrer que c’est possible.

Je fais des erreurs, évidemment. Et je suis une tête de mule quand je m’y mets. Mais je sais que n’ai pas tort de vouloir être ce que je suis librement et de vouloir vivre ma différence et la partager.

Alors non, je ne me tairais pas.
Si nous, les HPI devons apprendre à vivre avec les lambda, ils devront apprendre à vivre avec nous aussi.
Et ça commence en sortant de l’ombre et en montrant qu’on existe.

Je vous invite à visionner X-Men 2, qui s’appuie sur cette idée : les mutants ne devraient pas avoir à se cacher, ne devrait pas être rejetés pour leurs capacités extraordinaires.
On ne peut empêcher les gens d’avoir peur de ce qui ne leur ressemble pas, mais on peut apprendre à vivre ensemble et à s’accepter.