Formation au WAIS-IV – Bilan

Vous l’attendiez avec impatience je sais, le voici, le petit retour sur ma formation au WAIS-IV.

Contexte 

J’ai suivi une formation au test de QI WAIS-IV, sur deux jours. La formation était proposée par l’AFPAG. Le formateur était spécialiste en psychométrie, et donc des tests d’évaluation des capacités cognitives en général (WAIS, WISC, K-ABC, MEM, etc…) .

Donc le monsieur il s’y connait.

Ce n’était pas une formation pour bien passer le test, mais bien le faire passer, interpréter les résultats correctement, comprendre réellement de quoi il s’agit.

Les GROSSES révélations

J’ai donc appris des tas de choses, certaines m’ont plut, d’autres moins. Mais que l’on aime ou non les résultats de le science, ils n’en sont pas moins valables.
Donc on fait avec.

Donc voici la liste de ce que j’ai appris et dont je vous ai donné un avant goût (presque cruel) sur facebook :

  • De l’utilité du QIT EN TOUT TEMPS
  • De la limite du HPI à 130 de QI à relativiser
  • De la possibilité de « ne plus être HPI » au cours de sa vie
  • De comment un WISC n’est pas équivament à un WAIS et d’en quoi chaque version de chaque test sont différentes mais cohérentes entre elles.

L’énorme « arnaque » du QIT soi-disant non-exploitable

Cela a été la meilleure partie pour moi.

Un gros clin d’œil aux personnes qui pensent que les scientifiques ont une foi aveugle en leur outils et leur travaux et sont incapables de se remettre en question (raison pour laquelle il faudrait selon ces personnes remettre en cause les dits outils), parce que voici la preuve de leur erreur.
Les créateur de la WAIS-IV eux même (alors par Binet et Simon hein, mais les messieurs qui ont planché sur les calculs et la standardisation du test. Donc les gens derrière au moins la WAIS-IV , et la III si je me souviens bien) ont *roulements de tambours* admis leur erreur !

TADAM !

Ces messieurs qui sont à l’origine de cette idée qu’un QIT n’est pas calculable dans certains cas (trop d’écart entre les indices) se sont simplement plantouillé dans leur calculs et interprétations.
Ils s’en sont rendus compte en retravaillant sur leur travaux (la WAIS-IV) puisque, une nouvelle version actualisée du test de QI est établie tous les 10 ans à peu près pour rester valide.

Donc, un QIT est en fait TOUJOURS CALCULABLE et il est l’indice le plus précis quant à l’évaluation des capacités cognitives d’un individus. C’est le QIT qui est le plus proche et le plus solide évaluateur de vos capacités cognitives (je vous épargne la psychométrie et les tests de corrélations qu’il y a derrière ces affirmations).

Alors n’allez pas pour autant brûler le cabinet de votre psy qui vous a dit que vous aviez un QIT non calculable. Il ou elle suivait probablement à l’époque les recommandations des auteurs du test.

L’hétérogénéité n’est pas ce que l’on croit

Une autre conséquence de cette erreur mise à jour c’est que la notion d’hétérogénéité d’un profil cognitif est à revoir.
En fait, un profil hétérogène n’est pas identifiable avec seulement les indices (ICV, IRP, IMT, IVT, QIT) que l’on vous restitue après bilan.
Il ne s’agit d’un certain nombre de point d’écart entre les indices, mais d’un certain nombre de point d’écart entre la moyenne des indices du profil et chacun des indices.

Prenons un exemple fictif concret :
ICV 95
IRP 100
IMT 108
IVT 98

Pour déterminer si ce profil est hétérogène ou non, il faut dans un premier temps faire la moyenne des 4 indices, ce qui nous donne 100,25. Ensuite, il faut faire la différence entre chacun des indices et cette moyenne.
Ici on fera 95 – 100,25 pour l’ICV, ce qui nous donne – 5,25.
IRP 100-100,25 = – 0,25
IMT 108-100,25 = 7,75
IVT 98 – 100,25 = -2,25

On retient donc les résultats de ces différences, et on les compare à des valeurs seuils précises (qui sont invariables, et fournis dans les manuels de cotations et interprétations de la WAIS-IV). Si la différence dépasse cette valeur seuil, alors cela signifie que l’indice en question est significativement éloigner de la moyenne des indices.

Si 3 ou plus de ces indices sont significativement différents de la moyenne des indices, alors là seulement le profil cognitif est hétérogène.

C’est autre chose qu’une bête différence de 15 points entre indices hein ?

De plus j’ai appris que l’hétérogénéité n’était pas si courante que ce qu’on pourrait le croire, seulement 10% et moins de la population.

Over the 130 … ou pas.

C’est LA question qui a agité la page Facebook du blog : la remise en question de la limite de 130 pour un diagnostic de HPI.

Evidemment, j’ai choisi mes mots avec attention.

Pour comprendre de quoi il s’agit, je dois revenir sur ce qu’est le HPI.

La HPI c’est une condition physiologique avant tout. C’est à dire une neurologie différente, tant dans son fonctionnement que dans sa structure. Cette neurologie différente se traduit entre autres choses par un QI supérieur à la moyenne.

Néanmoins, nous savons que le QI peut varier en fonction de divers événements, notamment des stimulations reçues ou non dans notre vie.
Le HPI lui est une condition de naissance, qui demeure à vie.

Tout le monde suit ?

Des études on démontré que le milieu socio-économique avait une influence sur le développement des capacités cognitives.
Traduire : si vous stimulez intellectuellement un·e enfant tout au cours de son développement en le faisant lire, on l’amenant au musée, en jouant avec lui, en parlant, en nourrissant sa curiosité et en la stimulant, il ou elle aura plus d’opportunité pour développer son potentiel intellectuel,  dans les limites qui sont les siennes.
De même, un·e enfant délaissé·e quant à la stimulation intellectuelle ne développera probablement pas son plein potentiel intellectuel, quelles que soient les limites de celui-ci.

Vous suivez toujours ?

La limite de 130 pour définir le HPI est une convention plus ou moins partagée, mais surtout arbitraire.
Elle se base sur la marge communément admise en statistique qui est de 5%. C’est aussi, dans d’autre contexte, ce qu’on appelle le risque d’erreur admis, 5%. On estime qu’un risque d’erreur de 5% est un risque acceptable, suffisamment rare pour ne concerner que très peu de cas, mais suffisamment courante pour coller à la réalité (grosso modo, pour plus de précisions, faites des stats).
Cette « marge d’erreur acceptable » de 5% reportée à la distribution Gaussienne de la population en fonction du QI nous donne donc 2,5% de chaque côté de la moyenne (pour un total de 5%) soit en dessous de 70 de QI et au-dessus de 130.

Pourquoi avoir choisi cette limite là ?
En se basant sur les statistique, pour être « exceptionnellement » intelligent il fallait donc passer ce seuil des 2,5% de la population. Sinon on demeurait dans le « normalement » intelligent, même si c’était une norme haute.

Puis les neurosciences sont arrivées et on a pu préciser un peu plus ce que c’était que le HPI, le distinguer du talent ou de la conformité scolaire.

Vous suivez toujours ?

Bon fort·es de toutes ces données, vous comprendrez sans doute ce qui se cache derrière cette remise en question de la limite de 130 de QI pour le HPI.
Il n’est pas question d’invalider la chose, mais de la contextualiser.

Ainsi, comme tant d’autres données psychologique, le QI ne prend son sens plein qu’avec une anamnèse complète (histoire de vie du patient ou de la patiente). De plus, un diagnostic de HPI ne reposant pas uniquement sur le QI mais également sur un tableau clinique particulier, il semble pertinent de considérer que 130 n’est pas un repère absolu du point de vue clinique.

En résumé, le diagnostic du HPI se faisant à la fois sur la clinique et sur le test de QI il est important d’analyser ces deux éléments à la lumière l’un de l’autre.
On peut lire le QI seul, mais seul (sans l’anamnèse) il n’a pas ou peu de sens.
De même on ne peut se contenter de la clinique pour établir un diagnostic de HPI.
Il faut lire les deux, ensemble.

Ainsi, un petit garçon ou une petite fille qui aura du s’occuper de 4 frères et soeur dès ses 10 ans, aura quitté l’école à 14 ans pour travailler et aider ses parents à faire vivre la famille, et qui présente un QIT de 126, est peut-être HPI. Oui malgré son QIT inférieur à 130.
Parce qu’au vu de son anamnèse, il est évident qu’il ou elle n’a pas eu l’opportunité de développer son cerveau (finalement il s’agit de cela) autant qu’il lui aurait été possible de la faire dans un contexte plus favorable.

Néanmoins, il n’est pas question de déclarer uniquement sur la base du QI, que toutes les personnes avec 126 de QIT sont HPI.
Pas plus qu’il n’est pertinent de déclarer qu’avec plus de 130 de QIT on est forcément HPI.
Oui je sais ce dernier point fait mal.
Mais plus on monte sur l’échelle du QI plus les probabilité de HPI effectif augmentent.

Les erreurs de diagnostic, ou comment on peut être HPI enfant et ne plus l’être à l’page adulte

Alors avant que vous m’énucléiez, je précise.
Le HPI, étant une nature neurologique, est une condition de naissance que l’on conserve jusqu’à notre mort.
Donc on ne devient pas HPI, pas plus qu’on ne cesse de l’être à un moment donné.
On l’est, et c’est pour toujours.

Mais les mauvais diagnostic, les mauvaises interprétations et les erreurs de cotations au test de QI, ça existe. Et ça peut faire mal.

Le formateur nous exposait comment, sur une cohorte de 100 enfants EIP retesté 20 ans plus tard, 30% d’entre eux n’étaient plus « HPI » à l’âge adulte.

Alors rassurez-vous leur cerveau n’a pas muté entre temps, ni fondu. Mais c’est le diagnostic de base qui était probablement mauvais.

Le HPI, au niveau du QI, semble se caractériser (semble, car pour l’instance aucun test n’ont prouvé cette corrélation, mais c’est quelque chose de rapporté couramment par les praticien·nes) par des indices ICV et IRP très élevés.

Mais si vous avez par exemple, un IVT qui crève le plafond, et un ICV, IMT et IRP moyens- bons ou tout juste supérieurs, vous aurez probablement un QIT au-dessus de 130.
Sauf que votre IVT a blousé le psy, qui n’a pas su/pu voir cette subtilité et s’est jeté sur le diagnostic d’EIP comme ça, parce que bon un QIT de 138 quand même !

Bah oui mais non.

Donc attention, attention, attention ! Des mauvais diagnostic ça existe.
Et si vous êtes vraiment HPI, vous le serez toute votre vie, enfant ou adulte. Quand bien même votre QIT variera il ne le fera pas de plus de 3 points (ce qui est déjà ENORME dixit le formateur).

Le formateurs nous a parlé seulement d’erreurs de diagnostic fait chez les enfants. Ce qui ne veut pas dire que ça n’existe pas, mais juste que le formateur ne l’a pas observé.

Je vous entends d’ici, mais alors que faire ? Comment être certain·es de son diagnostic de HPI ?

Bon, j’aurais tendance à vous répondre d’abord de faire confiance à votre psy. Mais si ça vous tracasse, vous avez un premier indice : vos indices ICV et IRP devraient (et c’est juste un indice, je répète que l’on a pas prouvé de corrélation certaine entre le fait d’observer un ICV et un IRP plus élevé que les deux autres indices et le HPI) être supérieurs à l’IMT et l’IVT.
Si vous avez cette configuration, c’est déjà un profil cognitif fréquemment observé chez les HPI.

Si vous n’avez pas cela, n’allez pas brûler le cabinet de votre psy pour autant !
Je le répète un diagnostic de HPI ce n’est pas juste le QI. C’est un tableau clinique, un comportement, une façon d’être au monde, aux autres, une façon de penser ce monde, etc.

Donc ce qu’il y a à retenir de tout cela, c’est que le HPI ne se résume pas à un QI.
HPI = QIT + tableau clinique.
Et pas n’importe quel QI, attention.
Selon le cadre socio-économique, un QIT de 125 à 130.

Alors je vais être transparente avec vous, ça m’a un peu chiffonnée dans mon petit orgueil. Oui je suis humaine, navrée.
Mais, en attendant, c’est quand même cohérent tout ça. On le sait que l’environnement influence les capacités cognitives, donc ce serait faire une erreur que de ne pas le prendre en compte dans l’interprétation d’un test qui évalue ces capacités cognitives.

WAIS-III, WAIS-IV, WISC-V, quels liens ?

On pourrait se demander pourquoi toutes ces versions du même test ?

Et bien, les test de QI sont revus tous les dix ans, pour rester exploitables.
Rappelez-vous, le test de QI vous situe relativement aux individus de votre âge dans votre culture.
Sauf que, si on fait passer un test de QI à une personne de 18 ans en 1990, on va la comparer aux gens de 18 en 1990. Et puis si en 2000 on fait passer le même test à une personne de 18 ans, bah on ne va pas la comparer à ceux et celles de 18 ans dans les années 90 ! IL faut la comparer à ceux de 18 ans en 2000.
Donc il faut un nouveau test.
D’où les versions successives des test.

Mais du coup, est-ce que les différentes versions du même test, le WAIS par exemple, sont équivalentes ?
C’est à dire, plus précisément, est-ce que les résultats sont comparables ?
Grâce aux mathématiques et statistiques OUI ! Mais ce n’est pas directement équivalent.
Vous ne pouvez pas comparer tel quel un QIT de WAIS-III avec un QIT de WAIS-IV.
Pour connaitre l’équivalence, il faudrait la table de conversation qui est dans le joli manuel d’interprétation du WAIS-IV.

Un petit indice, pour vous donner un ordre d’idées, les QIT du WAIS-III sont « surnotés » par rapport aux QIT du WAIS-IV de 3 à 4 points.
Exemple : 
QIT WAIS-III 150 ≈ QIT WAIS-IV 146

De même entre le WISC et le WAIS.
Il existe une équivalence, mais il faut la table d’équivalence pour la lire.

Résumons !

Un QIT est toujours calculable, et est l’indice le plus puissant pour évaluer les capacités cognitives.

Le QIT doit être interprété à l’aune de l’anamnèse du patient ou de la patiente, et notamment de son milieu socio-économique. D’où une possibilité de HPI avec un QIT de 125 à 130.

Un erreur diagnostic est possible en ce qui concerne le HPI même avec un QIT de 130 à 135.

Les résultats de QIT des tests WAIS et WISV ne sont pas comparables directement entre eux, mais sont cohérents entre eux et peuvent être comparés à travers la table de comparaison du livret d’interprétation des tests.

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TADAM ! Un joli certificat. 🙂

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Faut-il passer le test de QI à tout prix ?

Dans les réactions des gens au sujet du HPI, je lis souvent cette opinion qu’il n’est pas nécessaire de se faire diagnostiquer. Ou que faire passer les tests aux enfants n’est pas forcément nécessaire.

Comme les choses qui vont sans dire vont mieux en le disant, je répète qu’on ne peut se réclamer officiellement d’un HPI que si la science (dans son état actuel) vous a déclaré comme tel•le.
On peut être ou non d’accord avec cela, il n’en reste pas moins que c’est ainsi.
De même que vous ne déclarez pas avoir la sclérose en plaques juste parce que vous en avez lu les symptômes sur internet, et que vous avez besoin du diagnostic d’un ou d’une médecin pour en être certain ou certaine.
Encore une fois, il n’est pas question de dire qu’on ne peut pas se reconnaître soi-même en tant que personne HPI, mais qu’objectivement, seul un bilan psychométrique complet peut trancher sur la question et nous dire si oui ou non nous avons raison.

Ce rappel étant fait, revenons à nos moutons.
Donc la question est :

Doit-on ou ne doit-on pas passer le test de QI ?

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Être sensible

J’aime bien ce titre. Il s’agit d’une double lecture, toute aussi judicieuse l’une que l’autre. Qu’il s’agisse du verbe, ou du nom commun, le titre est fort pertinent.

Être sensible.

Je vous épargne l’éternel cliché qui ravivera peut-être pour certaines et certains d’entre nous des souvenirs plus ou moins bons d’anciens sujets de dissertation : cadeau ou fardeau ?

On me l’a beaucoup reproché. D’être sensible.
J’aurais aimé vous dire que l’on me l’a longtemps reproché, parce que cela aurait impliqué que cela n’était plus le cas.
Mais encore aujourd’hui, il arrive que cela me soit reproché.
Est-ce moins qu’avant ou est-ce simplement moi qui ai appris à accepter cette aspect de ma nature et qui en souffre moins ? Ou qui la comprends mieux ?
Un peu des deux sans doute.

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Sensibilité et HPI – du tri dans le vocabulaire

Avant de vous livrer un autre billet sur ma petite expérience personnelle de gestion de ma sensibilité (de comment j’ai essayé de la refouler jusqu’à comment je l’accepte pleinement aujourd’hui) à titre d’exemple et non pas de référence en la matière, il m’a semblé bien venu de faire un petit point de vocabulaire sur le thème de la sensibilité dans le contexte du HPI.

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La neurobiologie des HPI

Attention GROS MORCEAU !

Cet article ne prétend pas être exhaustif, mais bien informatif. Comme d’habitude, et particulièrement pour un sujet aussi pointu, vous trouverez les sources m’ayant permis d’écrire cet article en bas de page.

On parle beaucoup de l’aspect psychique, émotionnel, de la différence des personnes HPI. On en oublierait presque que la différence s’inscrit également (je dirais même avant, parce que cet aspect peut-être prouvé, vu, démontré objectivement) dans la physiologie même de la personne HPI, comparée à une personne non-HPI.

Nous ne sommes, littéralement, pas fait•es pareil que les non-HPI.

Explications.

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Bonus : Précisions autour du mot « zèbre »

Bonzouuuuuuuuuuuuuuuuuuur les zamis !

kaeloo-lpmj

Alors que je travaille à la rédaction de l’article sur les spécificités neurologiques des personnes HPI (et ce n’est pas si agréable que cela) je suis distraite par une quantité d’énormités que je lis autour du sujet des zèbres de Mme J.S.Facchin.

Et ça me fatigue. Et ça m’empêche de travailler surtout.
Donc, j’ai décidé de me libérer le cerveau et vous délectant (oui rien que cela) d’un petit article qui me permettra de me libérer l’esprit (et je l’espère secrètement, de remettre quelques points sur quelques i ).

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