Le test de QI, ou le révélateur du pouvoir mal placé de (certain•es) psy.

Le pouvoir du ou de la psy

Dans le public restreint de cette la certification au WAIS-IV, il n’y avait qu’une seule autre étudiante (en master, elle). les autres personnes étaient toutes des psychologues diplomé•es.

Au cours des discussions a été abordée la question de quand et pourquoi accepter ou refuser la demande de passation de test de QI d’un•e patient•e.

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Certification à la WAIS-IV

Enfin !
Enfin je me mets à écrire cet article.
C’est fou le nombre d’autres choses que je peux faire dans une journée, au lieu de ce que j’avais initialement prévu de faire.

Donc à la toute fin du moins d’août et le premier jour de septembre, j’ai passé une certification à la WAIS-IV.
Ce qui signifie que j’ai un joli certificat qui dit que j’ai passé plusieurs jours pleins à étudier le test WAIS-IV, à travailler sur des cas pratiques et à interpréter les résultats (autant que faire se peut sur des cas fictifs ou sans avoir administré moi-même le test).
En somme, j’ai un papier qui dit que je sais me servir correctement du test WAIS-IV (et, par association, je devrais pas trop mal me débrouiller non plus avec le WISC-V).

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Certification au WAIS-IV

Bonjour à toutes et à tous !
Demain, je préparerai ma valise pour partir en formation de 3 jours donnée par le spécialiste international des échelles de Wechsler Thiery Lecerf. Cette formation aboutira à une certification pour effectuer la passation du WAIS-IV.

Vous vous souvenez, il y a un moment, je vous faisais le résumé de ce que j’avais appris lors d’une première formation de 3 jours sur le sujet du WAIS-IV.
Et bien cette certification est le prolongement de cette formation. Si elle n’est pas nécessaire pour faire passer le test WAIS-IV elle sera néanmoins un atout supplémentaire, assurant mes futurs patient•es que j’ai été correctement formée à l’utilisation de cet outil et l’interprétation de ses résultats.

J’ai bien hâte d’y aller, et d’en ressortir apte à correctement faire passer le WAIS-IV.

Apte mais pas encore autorisée à… C’est un peu ma façon à moi de forcer le destin. 😉

Je serai donc loin du blog du 30 août au 1er septembre.
Et j’y reviendrai avec un bel article, comme celui de la première formation sur le WAIS-IV.

Le nombre, ça compte.

Mais quel nombre exactement ?
Je parle évidemment du nombre donné en résultat du test de QI , aussi connu sous le nom de Quotient Intellectuel Total ou QIT.
Rappelons que ce QIT est le reflet des performances du/de la patient•e à la passation du test de QI qui évalue les capacités cognitives d’un sujet.

Voilà, ça c’est le discours concis et factuel de ce qu’est le QIT.
(Autre rappel, le QIT est toujours calculable, et je vous explique cela dans l’article où j’évoque la formation que j’ai reçue à l’administration de la WAIS ; et oui il existe d’autres nombres porteurs de sens dans un bilan psychométrique, comme les indices, mais là je parle du QIT.)

Sauf que tout cela, la plupart des gens qui passent un test de QI pour la première fois ne le savent pas.
En tant qu’individu lambda, non versé dans les arcanes de la science qu’est la psychologie et de la psychométrie, tout ce que l’on comprend c’est que ce QIT est, en quelque sorte, la note de notre intelligence.

Alors peut-être que vous, chères lectrices et chers lecteurs, vous faites partie de cette toute petite minorité qui a su tout de suite se défaire de ce conditionnement scolaire que sont les notes et les classements des individus en fonctions de ces dernières. Chanceuses et chanceux vous !
Mais pas moi.
Et pas non plus un certain nombre de personne avec qui le sujet a été abordé.

Donc, article !

Note : L’article est rédigé comme une sorte de dialogue intérieur (excepté sa fin). Les questions qui y sont posées sont donc des questions rhétoriques. Elles invitent à la reflexion, mais – rassurez-vous – j’y ai trouvé mes propres réponses. 🙂

Ce nombre, c’est moi ?

Un diagnostic de douance, ou un dépistage ou une découverte ou n’importe quel terme qui vous convient pour dire la chose, c’est quelque chose qui touche à l’identité.
Et souvent, lorsque cela arrive à l’âge adulte, cela vient bousculer cette identité. Quoi de plus logique ? Nous nous sommes construit•es avec une certaine idée et image de nous-même, avec les éléments qui étaient à notre portée durant un certain temps de notre vie, et là, d’un coup, voici un nouvel élément qui ne porte pas seulement sur le présent et le futur mais qui doit être également intégré à un passé déjà écrit et surtout déjà vécu.

Comment ne pas avoir cette démarche humaine, légitime, que de se dire que ce nombre annoncé nous décrit ? Que ce nombre, c’est un peu soi ?

Moi et les autres

Moi par rapport aux autres.
Les autres non-surdoué•es, mais aussi les autres surdoué•es.
Et après tout, ce nombre ne prend de sens que dans le classement dans lequel il nous situe. Ce nombre, ce résultat, c’est un classement. Il y a celles et ceux qui ont fait/eu plus que moi, celles et ceux qui ont fait/eu autant que moi, et celle et ceux qui ont fait/eu mois que moi.
D’ailleurs est-ce « fait » ou « eu » ? Est-ce un résultat que l’on obtient, que l’on nous donne ? Ou est-ce le produit de nos efforts, de nos capacités ?
Ou les deux ?

Quoi qu’il en soit, ce nombre d’un coup nous colle à la peau. Il vient s’ajouter à la longue liste de ce qui nous décrit, la taille, le poids, l’âge, le nombre de dents, de caries, de cicatrices, d’éphélides (bon courage pour les compter), de cheveux sur la tête…

Mais ce serait trop beau si on s’arrêtait simplement à la description. En vérité, pour beaucoup – et c’est totalement humain – ce nombre devient une partie de ce qui nous définit. Parce que cette nouvelle identité de surdoué•e devient elle-même une partie de ce qui nous définit.

Fierté, angoisse

Alors on peut être fier•e de ce nombre. Et, sincèrement, pourquoi ne pas l’être ? Quel mal à l’être ? Se réjouir d’une bonne performance, d’une performance rare, est somme toute légitime.
Et c’est parfaitement ok de rester fier•e de cela toute sa vie. Et de porter fièrement ce QIT, de l’inscrire sur votre CV ou vos carte de visite ou d’en faire une signature ou une carte de vœux à envoyer chaque année. (Imaginez : « Bonne année 20XX ! Toujours 157 de QIT ! Meilleurs vœux et bonne santé ! » . Si un jour quelqu’un•e fait cette carte de vœux, je VEUX la recevoir. 😀 ).
Pour faire un peu d’anglicisme, screw les gens qui voudraient vous faire culpabiliser d’être content•es de votre QIT.

Mais la fierté (et/ou le soulagement) n’est pas la seule émotion à apparaître après un l’annonce du QIT. Il peut y avoir l’angoisse aussi.

Une angoisse qui peut avoir bien des sources.
L’angoisse que ce résultat ne soit finalement qu’un coup de chance, une erreur. Alors on tait ce chiffre, on le garde comme un trésor ou une boite de pandore. Parce que, sait-on jamais, quelqu’un pourrait – nous-même y compris – découvrir que toute cette histoire de surdoué•e, c’était du vent.

L’angoisse de n’être pas assez intelligent•e par rapport à nos propres attentes.
Parce qu’on pensait pouvoir faire « mieux », « plus », parce que sans qu’il ne s’agisse de performance, le gouffre que l’on ressent entre nous et les autres est tel qu’on ne se l’expliquerait qu’en se voyant situer tout au bout à droite de cette fichue échelle. Parce que, tout simplement, tout autre résultat ne donneraient aucun sens à notre expérience et à notre conception des choses.

L’angoisse par rapport aux autres.
Parce qu’à moins d’être à 160 il y a des meilleures performances que les vôtres, les « plus surdoué•es encore ». Parce qu’il est humain (bien qu’erroné) de concevoir la douance comme quelque chose de quantifié (et ce, uniquement à cause de cette échelle justement) plutôt que comme un état. Et donc de se dire que plus le QIT est élevé plus on est surdoué•e. C’est humain. Mais c’est faux.
Pourtant on peut le penser, et même en sachant pertinemment que c’est faux, on peut le ressentir ainsi.
Face à ces « plus surdoué•es » que soi, on peut voir sa propre identité de surdoué•e vaciller. Parce qu’on ne se reconnait pas en eux, parce qu’ils et elles ont eu des « meilleurs scores » que nous, donc ils et elles sont peut-être les « vrais » surdoué•es non ?

L’angoisse d’être différent•e de la majorité.
Ce chiffre peut aussi être un étendard honnis, détesté. Comme une marque au fer rouge, qui désigne comme différent•e des autres. Comme une distance chiffrée, déclarée entre eux et soi. Une distance que l’on refuse ou que l’on redoute.

Le nombre, ça compte, quoi qu’on en dise.

Même si le discours en vogue est celui de dire que le QIT n’a pas tant d’importance que cela.
Il n’est certes pas une définition de qui nous sommes, c’est une chose admise.
Mais il ne s’agit pas de ce qu’est le QIT dans l’absolu, mais bien de ce qu’il représente pour l’individu qui le découvre.
Et si certaines personnes ne sont pas tourmentées par ce nombre, ou n’élaborent d’aucune manière dessus, pour d’autres il peut être le symbole ou l’objet de bien des mouvements et tensions.
Je voulais en parler pour elles et eux.
Pour qu’ils et elles entendent que nous ne sommes pas des monstres ou des déficients affectifs ou psychologiques parce que, pour nous, ce nombre compte ou a compté; ou est porteur de sens particulier.

Alors bien sur, ça ne compte pas pour tout le monde certes ; pas de la même façon et pas pour les mêmes raisons, mais ça compte.

Avec le temps, avec l’expérience de vie, avec l’intégration de cette donnée qu’est la douance à notre identité, chacun•e réorganise et gère tous ces éléments à sa façon.
Et ce qui a compté un temps, pour certaines raisons, un jour peut-être, ne comptera plus autant.

Mais hey, vous savez quoi ?
C’est ok, vous avez le droit. Et vous n’êtes pas des monstres pour cela.

 

Le mythe de la pensée en arborescence

 – Cet article est divisé en deux parties : Première partie, un point scientifique, où je m’appuie sur des recherches et des faits démontrés.
Seconde partie : une réflexion personnelle (qui mériterait probablement d’être mieux structurée, mais là tout de suite, j’ai chaud, j’ai soif, j’ai sommeil et je n’ai pas envie) qui ne s’appuie que sur mes idées.
Attention donc de ne pas confondre les deux. 

Allez c’est parti. – 

Introduction 

Voilà un gros morceau.

Cet article fait suite à une de mes réponses à un commentaire de l’article du 2 juillet dernier où je précisais que j’allais expliciter plus avant ma remarque sur le mythe d’un fonctionnement de pensée qualitativement différent des surdoué•es par rapport aux non-surdoué•es.

C’est une remarque que l’on me fait souvent, à savoir que les surdoué•es auraient une pensée différente dans sa qualité de la pensée des non-surdouée : la fameuse pensée en arborescence érigée plus qu’à son tour en critère diagnostic du HPI.

Et bien c’est FAUX.

Oui, je sais, ça fait un choc. Asseyez-vous et prenez un verre d’eau, ça va aller.

Un joyeux blougiboulga de confusion

Pour ne pas changer, on confond tout quand on parle de ce mythe de fonctionnement différent de la pensée des surdoué•es.

Avant toutes choses, je ne remets pas en question le sentiment d’étrangeté (dans son sens propre, se sentir étranger•e à quelque chose ou quelqu’un•e) ressenti par nombre de surdoué•es, y compris moi. Pas plus que je ne dénie l’impression de ne pas fonctionner comme « les autres ».
L’expérience émotionnelle et subjective de chacun•e ne saurait être discutée.
Néanmoins, si la subjectivité de l’expérience personnelle se doit d’être reconnue et accueillie, il est bon également de reconnaître les faits démontrés des mythes et confusions qui entourent le sujet de la douance.

Redressons donc tout cela, grâce à la science et la recherche. Youhou ! (Ou Tayaut, ou à l’abordage, ou ce que vous voulez).

  • Il n’y a pas plusieurs types de pensée.

Voilà, on va commencer par ça.
Je sais, ça fait un choc.
Mais, en tout cas au sein de l’espèce humaine, nous n’avons pas trouvé qu’il existe différents types de pensée. Ou, pour reprendre le vocabulaire du livre, un peu trop célèbre à mon goût au vue des mythes véhiculés par celui-ci, qui dit presque qu’on est malheureux quand on est (trop) intelligent : une pensée qualitativement différente.
Nop.
Nop, nop, nop.
Et re nop.
En tant qu’être humain•e de l’espèce homo sapiens sapiens, on ne pense toutes et tous que d’une seule façon, surdoué•es compris•es : par association de concepts.
(Pour résumer).
Tout le monde pareil.
Pour faire très simple on pense en terme de catégorie composées d’exemplaires avec un exemplaire modèle, dit prototype, pour chaque catégorie.
Exemple :
Nous avons dans notre tête la catégorie « Fleurs » qui comporte les exemplaires roses, violettes, lilas, iris, lys, tournesol, coquelicot, etc, et dont le prototype est une plante avec une tige verte, qui pousse dans la terre, avec des pétales de couleurs au bout de la tige.
Voilà comment est rangé notre cerveau, grosso modo.
Mais les catégories ne sont pas totalement hermétiques, et les exemplaires peuvent appartenir à plusieurs catégories. Ils ont donc des liens entre eux.
Exemple :
Il existe la catégorie « Plante » dans notre esprit ; dont la catégorie « Fleurs » est un exemplaire, comme la catégorie « arbres » et « algues ».

Quand il s’agit de penser à quelque chose, on va farfouiller dans nos catégories, en passant par les prototypes pour atteindre des exemplaires précis.
Puis, comme les exemplaires, prototypes et catégories sont liés entre eux par cette façon de les classer, on se retrouve avec des liens entre les objets (ou concepts si vous préférez) plus ou moins forts, c’est à dire que l’on fait plus ou moins facilement et rapidement.
C’est ce que l’on appelle vulgairement l’association d’idées.

Vous me suivez ?
Donc tout le monde pense de cette façon. TOUT-LE-MONDE.
Ce n’est ni une pensée linéaire, ni une pensée en arborescence c’est juste la pensée humaine.

  • La pensée en arborescence n’existe pas…

Conséquemment, si la pensée linéaire n’existe pas, et s’il n’existe pas plusieurs types de pensée, il n’existe pas plus de pensée en arborescence.

Reprenez donc un verre d’eau.

 

  • Mais la pensée divergente oui.

Ce qui existe c’est la capacité à produire des réponses que l’on va qualifier d’originales et  variées à une demande d’énumération d’exemplaires.
Cela s’appelle la pensée divergente.
Faire preuve d’une pensée divergente c’est produire des réponses plus nombreuses et plus originales que les réponses données en moyennes.
Par exemple, (ceci est une illustration) dans une énumération de couleurs, la moyenne des gens va citer les couleurs bleu, jaune, rouge, vert, et violet. Une personne faisant preuve de pensée divergente pour cet exercice va donner spontanément plus de réponses en terme de quantité (un plus grand nombre de réponses) mais aussi des réponses plus originales (en terme de fréquence de citation) et dira par exemple : pourpre, brun, lie de vin, carmin, cyan, indigo, turquoise, bleu nuit, magenta, ultra violet.
(Ou si c’est moi, je demanderais dans quel référentiel je dois produire mes réponses : couleurs optiques, graphiques, ou numériques et quelle palette numérique si c’est numérique.)
Vous voyez le topo ?

Et, prenez encore un verre d’eau, vous allez en avoir besoin, la pensée divergente aussi concerne…tout le monde.
Si.
Je vous assure.
Non, ce n’est pas pour vous faire du mal que je dis ça.

La seule différence entre surdoué•es et non surdoué•es sur ce point repose sur le fait que les surdoué•es, lors de tests mettant en jeu la pensée divergente (on peut d’ailleurs le traduire par créativité) ont de meilleurs scores que les personnes non-surdouées.

(J’ai quand même beaucoup l’impression d’avoir déjà écrit ça quelque part, non ?)

Donc, faites-moi plaisir et libérez votre esprit de cette encombrante et inexacte croyance que représente la pensée en arborescence : cela n’existe pas !
Mais, si le vide insondable créé par cette cruelle ablation intellectuelle est trop difficile à supporter, vous pouvez toujours le combler avec l’apaisante vérité scientifique que représente la pensée divergente.

Frère et sœurs ! Répétez après moi tous en cœur : pas de boogy-woogy…
Ah non, pardon, je m’égare.

Et du coup, je me disais…

Voilà ce que disait la partie de commentaire qui a motivé cet article :

Quand au fonctionnement différent, plus j’en apprends sur les mécanismes de la pensée (cognitition, psychologie cognitive) et sur son support biologique (neuropsychologie cognitive) plus je considère que ce fonctionnement différent est un mythe, qui se nourrit de nos constructions sociales. Tiens je vais en faire un article !

Maintenant que j’ai réglé son compte à la pensée en arborescence (enfin « je », je n’ai rien démontré hein, je ne fait que vous reporter ce que j’ai lu de travaux des autres. De MM.Gauvrit et Ramus notamment. Travaux dont vous trouverez les références en fin d’article, comme d’habitude) je m’attaque aux constructions sociales.

J’aime bien faire ça aussi. M’en prendre aux conventions sociales jamais questionnées ni remises en question et acceptées bêtement comme règles absolues.

Donc, parmi ce qui semble accepté, sans être questionné, comme une caractéristique du HPI, ce serait « une façon d’être au monde différente ». Différence qui se traduirait notamment par une émotivité plus intense et un positionnement moral plus absolu (hyperémotivité, besoin de justice, blablabla).

Mais comme je le dis souvent ici, ce « trop » ou « plus » sensible, n’existe que relativement à ce qui est considéré comme la norme sociale acceptée de manifestation d’émotions.
De même pour le besoin de justice.
Imaginez simplement que l’on grandisse et vive dans une société où la norme sociale est d’exprimer toutes les émotions, telles qu’elles nous viennent, quand elles nous viennent, indépendamment du contexte.
Est-ce que nos manifestation d’émotions, qui sont soi-disant extrêmes et typiques des surdoué•es et qui constitueraient l’un des pilier de notre soi-disant différence de fonctionnement, seraient perçues comme des différences ?
Est-ce que l’on nous dirait, dans cette société, que nous fonctionnons si différemment des autres ?

Alors je vous invite à réfléchir à ceci (mais vous faites bien comme vous voulez hein) : ce qui est perçu et déclaré comme différent dans la façon d’être des personnes HPI, l’est en fonction d’un contexte culturel et social précis.
Alors est-ce que cette soi-disant différence d’être au monde n’est pas plus relative qu’absolue ?
Est-ce que fondamentalement notre fonctionnement psychique et émotionnel est différent dans sa qualité (comme l’est, lui, notre système nerveux) ou est-ce que cette « façon d’être au monde différente » n’est pas plutôt une illusion sociale, sans fondement qualitatif ?
Ou du moins, ne serait-on pas plus nuancé sur le sujet, si le contexte culturel était différent ? Si notre rapport social et culturel à l’intelligence et aux émotions n’était pas différent ?

Voilà, je réfléchissais à cela dernièrement.

– Et avant que quelqu’un ne me lance des cailloux virtuels (je vous vois au fond là !) et m’accuse de dire tout et son contraire dans ce blog, je précise que j’ai souvent repris la notion « d’être au monde différemment » dans mes articles, et que je ne le (re)nie pas.
Simplement, aujourd’hui, à la lumière de mes connaissances en psychologie cognitive notamment, je précise et nuance ce propos. [Ça s’appelle faire évoluer ses concepts. Ou réfléchir.]

Je dirais donc que le sentiment d’être au monde différemment des autres peut être éprouvé par les personnes HPI. Cela l’est potentiellement souvent, mais n’est pas constitutif du HPI, (contrairement à ce que j’ai pu croire) dans le sens où il n’a pas été démontré que cela était systématique et propre uniquement aux personnes HPI.
Voilà, vous pouvez remballer vos cailloux.
Sauf si ce sont des diamants. Dans ce cas-là, allez-y, lachez-vous. –

 

Source :
« La légende noire des surdoués » – La recherche Nicolas Gauvrit et Franck Ramus, chercheurs en psychologie dans mensuel 521
Mars 2017

http://www.larecherche.fr/la-l%C3%A9gende-noire-des-surdou%C3%A9s
http://www.scilogs.fr/ramus-meninges/la-pseudoscience-des-surdoues/

Etude : « Adultes haut potentiel et rapport au corps : quel impact sur la sexualité ? »

Bon.
Ceci est un travail universitaire, de type mémoire, qui explore la sexualité chez les personnes se déclarant HPI.
 
Je suis gênée par le fait que l’étude repose uniquement sur la déclaration des répondant•es quant à leur nature de HPI.
Mais l’étude aborde succinctement divers aspect de la relation au corps et se demande si le fait d’être HPI y a quelque chose à voir.
 
On peut aussi regretter, comme moi, l’hypothèse de base qui est celle que le HPI induit problèmes et pathologie du rapport au corps et de la sexualité.
J’aurais préféré une exploration qui visait à répondre à la question inverse, du type, « le HPI permet-il une meilleur santé et vie sexuelle et sensuelle? ».
 
Quoi qu’il en soit, si cette étude ne peut évidemment absolument pas nous servir à affirmer quoi que ce soit sur d’éventuels liens entre HPI et santé sexuelle (étant donné que la population d’étude n’est pas effectivement contrôlée HPI) il n’empêche qu’elle aborde des sujets qui j’en suis certaine pourraient en apaiser plus d’un•e, rien que par le fait de voir qu’elles et ils ne sont pas seul•es à éprouver ces sensations là.
 
Bonne lecture !