Recherche sur les adultes surdoué-e-s

Voici un questionnaire servant au mémoire de master d’une étudiante en psychologie.
Vous êtes chaleureusement invité-e-s à le remplir pour faire avancer les connaissances sur la petite population que nous sommes. 🙂

Vous pouvez retrouver cette enquête ici aussi, sur le blog des Tribulations d’un petit zèbre.
Cliquez sur le lien en bas de page pour télécharger le document.

« Ce mémoire porte sur les surdoués à l’âge adulte, et particulièrement sur les surdoués qui se sont découvert sur le tard. Nous cherchons à découvrir les caractéristiques des surdoués (fonctionnement du cerveau, de la pensée, des émotions, et du rapport social), mais également à découvrir leurs enfances, comment ont-ils constaté leurs surdouance, et ce qui a changé depuis qu’ils en ont pris connaissance.

En remplissant cette enquête, vous m’autorisez à vous citer (à l’aide de votre prénom et votre âge) dans mon mémoire portant sur « les surdoués à l’âge adulte ». Il faudra également fournir vos résultats de test de QI sans quoi cette enquête sera nulle. A la fin de ce formulaire, vous devrez signer électroniquement ou de votre main le document en mentionnant, la date, le lieu et votre nom complet. Toute information sur votre identité ne sera pas révélée (hormis votre prénom et l’âge comme cité plus haut).

Cette enquête est en stade d’élaboration, toute question que vous trouvez inappropriée, intrusive ou mal énoncée pourra être écartée ou reformulée à votre convenance. Ce formulaire est organisé de cette façon : Questions préliminaires, questions sur votre enfance et sur vos proches, questions sur les tests, questions sur votre caractère et vos comportements, questions d’ordre relationnel, questions d’ordre professionnel, et questions sur votre surdouance. A la fin de chacune de ces parties, une description vous sera proposée, vous pourrez alors détailler au mieux vos pensées et souvenirs.

De plus, je vous propose de prendre votre temps pour répondre aux questions car les détails sont importants, et de me renvoyer ce formulaire dès que cela vous conviendra à l’adresse mail : ameliewahala@live.fr
N’hésitez pas à étoffer vos réponses, je vous remercie d’avance pour votre participation.

Cordialement,
Amélie WAHALA »

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Vivre ses rêves plutôt que de rêver sa vie

Quand je lisais ça, je me disais que prendre la décision de suivre ses rêves ouvrirait conséquemment une route dorée, paisible et dépourvue d’embûches. En récompense, méritée et légitime, du courage qu’il aura fallut mobiliser pour se lancer.

C’est mignon la naïveté.

En fait vivre ses rêves, comme beaucoup de choses, c’est une entreprise de longue haleine, c’est une construction.
Ce n’est pas seulement un acte posé, c’est un (long) chemin parcouru. Les premier pas, c’est la course d’élan et le saut dans le vide.
Ma course d’élan, ça a été de reprendre mes études.
Mine de rien, c’est un défi. A 30 ans, reprendre un cursus universitaire, cela m’a demandé de me remettre en question. J’avais et j’ai encore des choses à me prouver, ne serait-ce que je suis bien capable de réussir. Et puis, après, il y a la décision qu’il faut prendre : s’engager vraiment, ou non.

Faire des études à distance, on peut travailler à côté. Ce n’est pas évident évident, mais c’est faisable. Bien évidemment, vous ne pouvez vous consacrer autant à vos études qu’à votre travail, si ce dernier est à temps plein. C’est une bête question de temps. 8h par jour à travailler, plus 1 à 3h de transports, ça ne laisse que peu de temps pour réviser. Conséquemment, les notes obtenues ne sont pas aussi élevées qu’elles pourraient l’être.

Vient donc le temps de la décision.

Si réellement le projet d’une vie est en embryon dans ces études, puis-je ne lui consacrer que “le temps qu’il me reste” ? Puis-je me satisfaire de résultats moyens, quand je sais que je pourrais faire mieux ? Me consacrer à mes études demanderait de ne plus travailler, ou seulement ponctuellement et dans des “petits boulots” qu’on ne reprochent pas à un jeune étudiant, mais qui vous fait regarder de travers quand vous avez 30 ans. C’est accepter aussi de redevenir dépendante de quelqu’un financièrement.

Bref, c’est faire face à tous ces regards et ces jugements, ceux des autres, mais les siens propres également. C’est faire face à ces idées reçues, à cette notion de “ce qui doit être” en fonction de notre âge et/ou de notre sexe. C’est gérer les angoisses et les jugements des proches également.

C’est angoissant, c’est blessant, c’est difficile. Et même démoralisant.

Alors je me demande pourquoi ?
Pourquoi j’ai choisi de me mettre dans cette situation de précarité ? Pourquoi j’ai fait ce choix ? Ce choix qui ne m’offre rien là tout de suite maintenant, sinon des difficultés. Qu’est-ce qui m’a prise ?
Parce que passer ma vie à aider les autres, je trouve que ça vaut le coup.
Parce que tant que je choisirai de rester dans cette société, je pourrais m’angoisser pour mes factures, pour mon argent, pour ma retraite, quel que soit mon métier ou presque. Parce que toutes ces angoisses sont issues de pauvres choses qui n’existent pas vraiment, dans le sens où c’est l’humain qui a créé l’argent, et toutes les angoisses qui en découlent. Mais que la vie, dans son essence, c’est autre chose.
Je sais que sur mon lit de mort, à mon dernier souffle, je préférerai voir que j’ai passer ma vie à faire du bien autour de moi, plutôt qu’à gagner ma vie.
Parce que je veux faire de ma vie quelque chose qui a du sens, qui me nourrit, qui m’épanouit et me rend heureuse.

Alors d’accord, je veux bien traverser cette période d’angoisse, parce qu’au bout, ça vaut le coup.

Je vais passer ma vie à aider les gens, à faire ce que je souhaite, comme je l’entends.

La prochaine fois qu’on me demandera pourquoi je fais ça, je répondrai que c’est parce que ma vie m’appartient, que je n’en ai qu’une et que je veux qu’elle ait du sens. 🙂
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Bien-être au travail pour les AHPI

J’avais lu quelque part, et malheureusement je ne sais plus où, que la solution pour un épanouissement et un bien-être complet au travail pour les personnes HPI était d’être son propre patron, ou bien de pouvoir travailler seul et en autonomie avec l’accord de sa hiérarchie.

Je ne vous cache pas que cette analyse de la situation professionnelle des AHPI m’a un peu heurtée.
Cela réduisait drastiquement les possibilités d’épanouissement et me semblait contradictoire avec ce qui est censé caractériser les surdoué-e-s, à savoir leur capacité d’adaptation et de résilience.

Un horizon professionnel réduit

Si la seule solution d’épanouissement pour une personne HPI réside dans l’autonomie voir l’indépendance, cela ramène, dans un premier temps, les possibilités d’exercice aux professions libérales ou à la direction d’entreprise.
L’une comme l’autre de ces options demande des investissements massifs, que cela soit en terme d’argent ou en terme de temps, et tout le monde n’a pas forcément les moyens (de temps ou d’argent) pour se créer cette condition d’exercice professionnel.

La grande majorité des acti-ve-f-s le sont en tant qu’employé-e-s.
Dans ce cas, « on » nous recommande le travail autonome, voir solitaire, avec une hiérarchie ouverte et réceptive à nos particularités et les besoins qui en découlent. Ce qui concrètement se traduirait par un-e supérieur-e qui accepte de nous donner, à l’heure des open-space, un bureau individuel, ou des équipements d’isolation sonore voir lumineux conséquent ; des collègues qui respectent notre rythme de travail, acceptent que l’on ne se plie pas forcément aux rites sociaux (repas entre collègues, soirées, café, etc) en fonction de notre mode d’activité (lors d’une phase d’hyperconcentration et de productivité, les AHPI sont capables de ne plus boire ni manger, ni aller aux toilettes parce qu’ils/elles sont en train de faire quelque chose qui les intéresse) et restent bienveillant-e-s avec nous malgré ce qui pourrait les déstabiliser dans notre travail ou notre façon d’être.

Cela peut arriver et j’aime à croire que cela est déjà arrivé. Qu’un-e supérieur-e hiérarchique intelligent-e et bienveillant-e a été attentive-f à la particularité d’un-e employé-e sous sa responsabilité et lui a donné les moyens de s’épanouir et d’exploiter au maximum son potentiel.

Néanmoins, je vois un premier obstacle à cette solution, c’est la divulgation de sa nature différente.
L’annonce du caractère HPI d’une personne à sa hiérarchie n’est pas quelque chose d’aisé. Et parfois même, trop souvent, ce n’est même pas quelque chose de sûr à faire.
Il existe cependant une pirouette à effectuer, si la divulgation de sa particularité est hors de question (pour des raisons qui vous appartiennent et ne se discutent pas) qui est celle de parler d’une condition neurologique particulière, qui s’exprime par une sensorialité différente et potentiellement souffrante/handicapante/ralentissante ou mieux pour le vocabulaire hyper compétitif du travail pouvant « masquer  vos capacités réelles de travail ».

Ceci étant, l’accueil positif de ce genre de déclaration est rare, et qu’il y ait effectivement des actions de prises dans votre sens par la suite encore plus.

C’est donc ce qui m’a fait penser que ce conseil de « travail en autonomie » était quelque peu bancal.

Oublier les capacités d’adaptation des personnes HPI

Je suis convaincue que, plus que la moyenne, les personnes HPI sont capables de résilience et de capacités d’adaptation.
Aussi, dépeindre comme seul avenir possible d’épanouissement des conditions de travail autonomes et très difficiles à acquérir, me semble aussi cruel qu’inexacte.

Il existe beaucoup de personnes HPI qui ne travaillent pas dans ces conditions dites idéales pour elles, et qui pourtant se décrivent comme tout à fait épanouies.
Cela ne signifie pas forcément que leur travail les enthousiasme totalement et qu’elles ne s’y ennuient jamais et n’y rencontrent aucun soucis, mais ces personnes trouvent un équilibre avec les autres composantes de leur vie.
Ce qu’elles ne trouvent pas dans le travail pour les nourrir intellectuellement, elles le trouvent ailleurs, dans leurs loisirs ou autres intérêts, ou leur famille, ou que sais-je.

Ne pas en abuser non plus

Néanmoins, comme toute tension, une souffrance même si elle semble minime, ne doit pas être ignorer si elle persiste et prend de l’ampleur.
Aussi, si les inconvénients que vous trouviez dans votre travail deviennent des souffrances, miser uniquement sur votre capacité d’adaptation en vous disant que « c’est supportable » ou que « cela va passer » n’est pas forcément la meilleure stratégie à adopter sur le long terme.
Si effectivement, la souffrance disparait, alors tout va bien, vous avez retrouvé votre équilibre et c’est parfait.
Mais si la souffrance demeure, si les inconvénients persistent, prennent de l’ampleur jusqu’à ne plus s’équilibrer avec ce que vous trouviez positif dans votre travail, alors il convient de ne pas l’ignorer.

Si nous sommes particulièrement adaptables et résilient-e-s, nous sommes donc aussi susceptibles de vivre des tensions psychiques et émotionnelles plus grandes.
Il ne faut pas négliger ce paramètre et ne pas se prendre pour des êtres invulnérables. Parce que nous sommes plus lucides, nous sommes plus exposé-e-s. Et là où les neurotypiques n’ont à faire face qu’à un ou deux points de tension, parce qu’il ne sont pas en capacité de percevoir les autres, leur énergie n’est distribuée que sur deux fronts ; nous nous retrouvons à faire face à des multiples points de tensions, diminuant par la même la quantité de ressources psychique et émotionnelle que nous pouvons allouer à chacun de ces points.
Aussi, nous nous devons d’être vigilant-e-s quant à cette quantité de ressources intérieures que nous utilisons pour résister.

Un épanouissement possible, quoi qu’il en soit

Sans nier qu’il nous est plus facile d’être à l’aise et pleinement épanoui-e-s au travail dans certaines conditions, plutôt que dans d’autres, cela ne signifie pas pour autant qu’il est impossible de vivre cet épanouissement et ce bien-être en dehors des conditions d’autonomie citées en début d’article.

La clef réside en chacun-e d’entre nous. C’est à chacun-e d’entre nous de trouver notre équilibre en nous connaissant et en donnant la priorité à ce qui nous nourrit.
De savoir ce que nous acceptons de vivre, et ce que nous refusons.
Tant au niveau individuel et intérieur qu’au niveau social.

C’est à dire que, pour bien vivre son travail, cela demandera peut-être d’aller à l’encontre de l’attente sociale, avec tout ce que cela a de conséquences. La question sera alors de savoir ce qui est le plus désagréable et ce qui est le plus agréable, pour ensuite agir en conséquences. Si le rejet social est plus insupportable que le désagrément de se prêter à des discussions qui vous désintéressent, ou d’être avec des personnes qui vous ennuient, alors vous opterez pour aller à tous les événements sociaux avec la satisfaction de l’intégration sociale.
Si au contraire, vous retrouver plus de sérénité à vous soustraire à des rites sociaux qui sont vides de sens et que l’ostracisation ne vous gène pas trop, alors vous préférez l’ostracisation et la sérénité.

Aucune solution n’est préférable à une autre en tant que telle, le seul paramètre qui compte est l’équilibre personnel.

Conclusion

Si certaines conditions de travail nous permettent d’être plus épanoui-e-s que d’autres, ne pas pouvoir devenir sa/son propre patron-ne ne nous condamne en aucun cas à une vie professionnelle de malheur et de mal-être.

Il me semble que l’épanouissement personnel et professionnel dépend plus de notre connaissance de nous même et des sacrifices que nous sommes prêt-e-s à faire, que de notre cadre de travail.
Je ne nie pas qu’il existe des situations insupportables, et des contraintes financières très fortes. Parfois l’argent (ou son manque) nous maintient dans une situation délétère.
Mais je crois que s’il y a bien une personne pour y trouver une solution, c’est bien vous, les HPI.

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L’amour chez les AHPI

C’est un aspect de la vie qui, malheureusement trop souvent, pose problème aux AHPI.

Trouver l’autre…

Trouver l’amour, c’est trouver l’autre. Cet (ou ces) autre(s) avec qui on sera bien, simplement bien. En la présence de qui nous pouvons être nous-même, entièrement, totalement, sans aucun fard.

Quelle merveille n’est-ce pas ? Quel paradis pour nous qui, pour parfois simplement survivre au milieu des autres, nous amputons d’une partie de nous-même, ou qui portons des masques.

… seul(e) au milieu des autres

Mais comment trouver cet-te autre quand toute notre existence, au quotidien, nous nous sentons comme un-e extraterrestre, seul(e) individu de son espèce sur cette planète ?
Parfois, certain-e-s préfèrent simplement renoncer aux relations amoureuses telles qu’ils/elles les conçoivent.
Pour se conformer aux normes sociales (la pression en ce sens est très forte) certain-e-s se contentent de relations qui ne les nourrissent pas. Ou bien renoncent totalement.

Neurotypique ou HPI ?

Pour celles et ceux qui n’ont pas renoncé (et évidemment, je ne saurai que vous encourager à ne pas renoncer. Pas pour la conformité sociale, mais pour le bonheur que cela représente) se pose parfois la question de la nature du/de la/des partenaire-s : Neurotypique(s) ou HPI(s) ?

Il y a toutes les réponses à cette question, et je vais tenter de vous exposer succinctement les arguments des un-e-s et des autres.


HPI/HPI
Il y a ceux et celles qui pensent qu’il vaut mieux pour un-e HPI de trouver un-e partenaire (ou plus) HPI également.
Ceci se comprend aisément.
Etre HPI c’est penser différemment, à un rythme particulier, et être malgré beaucoup d’efforts parfois, des marginaux dans la société.
Les HPI témoignent souvent de la difficulté à échanger, communiquer profondément avec les non-HPI. Il est souvent question de cette sorte de barrière invisible, de rythme différent, et d’efforts colossaux à produire pour simplement « être avec les autres ».
Avec une autre personne HPI, souvent on constate des échanges plus fluides, plus faciles, plus sereins. Plus nourrissants et stimulants également.
C’est un peu comme trouver quelqu’un qui parle la même langue maternelle. Avec les autres, on parle notre seconde langue. Etant bilingue ça se passe bien, mais il n’empêche qu’un échange dans notre langue maternelle sera sans doute plus riche.
Aussi sur le long terme, une relation HPI-HPI peut être plus facile à mener, moins éprouvante et donc ayant plus de chance de durer.

HPI/NT (neurotypiques)
L’amour c’est l’amour, et il ne connait aucune règles ni aucune loi.
Vous trouverez moult exemple de HPI en couple ou en relations amoureuse avec des personnes non-HPI sans qu’elles n’éprouvent aucune difficulté ni aucune frustration et vivent un bonheur complet.
La différence est une richesse, aussi ce qui pose parfois des difficultés peut aussi être source d’enrichissement profond.
Construire une relation sur le long terme, c’est aussi accepter l’autre tel-le qu’il/elle est, et s’accepter soi tel-le que nous sommes.
Et nous sommes bien plus qu’un réseau nerveux, une couleur de peau, une couleur de cheveux, ou une taille ou un poids.

Se trouver soi pour trouver l’autre

De ma fenêtre, une histoire d’amour ne dépend pas tant de l’autre que de soi.
Aimer quelqu’un-e, c’est pour moi l’aimer telle que cette personne est. Non pas telle qu’on la souhaiterait, pas telle que l’on aimerait qu’elle soit, pas non plus telle qu’on l’idéalise, mais bien telle qu’elle est.

Et pour être capable de voir l’autre tel-le qu’il/elle est, il faut être capable de ne pas projeter sur lui/elle ses blessures, ses manques, et les vieux schémas relationnels inconsciemment hérité de ses parents.
Pour arriver à cela, je crois que s’aimer soi-même est la clef.
S’aimer tel-le que l’on est.
Cela demande (pour moi en tout cas!) beaucoup de travail, beaucoup d’indulgence envers soi-même, et aussi – toujours dans mon cas – deux amies sincères pour vous rappeler à la réalité quand vous délirez.

Une fois libérer, ou du moins conscient-e des projections et névroses que l’on sur soi-même, il nous est possible de ne pas les projeter sur l’autre.
Et donc de le/la voir tel-le qu’il/elle est vraiment.
(Pour peu qu’il/elle soit transparent avec ce qu’il/elle est mais c’est une autre question sur laquelle nous n’avons pas prise.)

Une fois cela fait, c’est la personne dans sa globalité qui nous séduit, qui nous plait.
C’est son intelligence, son humour, son allure, son physique, son caractère, ses blessures, ses forces, ses extravagances (ou non), ses fêlures…
C’est l’être humain en face de nous qui nous séduit.

On peut aimer « n’importe qui », indépendamment de son caractère nerveux.

Personnellement

Je sais que le bonheur sans nuage que je vis avec mon fiancé s’explique par ce simple fait : nous nous comprenons.
Et jusqu’à présent je n’ai été comprise – il ne s’agit pas là de communication, mais de compréhension de ce que vis, ressens et est l’autre – que par des personnes officiellement diagnostiquées HPI.
Mon fiancé est la seule exception à cette règle puisqu’il n’a passé aucun test.

Je n’ai donc que mon ressenti pour me prononcer sur sa nature neuro(a)typique.
De vous à moi, je suis persuadée « qu’il en est ».
Lui est persuadé du contraire. Ce qui ne fait que renforcer ma conviction qu’il en est.

Je serai donc plutôt de celles qui vous diront qu’en étant HPI, avec un-e autre HPI, c’est mieux qu’avec un-e NT.
Mais « mieux » ne veut pas dire « obligatoire » ou encore « unique possibilité ».

En conclusion

L’amour, ou les relations humaines, sont des histoires d’individus dans leur globalité avant tout.
Le fait d’être ou non HPI est un des ingrédients qui participent (ou non) à l’harmonie de la relation.
Mais c’est à vous et à vous seul de déterminer quelle part cela occupe(ra) dans votre relation.
Il n’y a pas de bonne ou mauvaise réponse en la matière, il n’y a que ce qui fonctionne pour vous.

#AHPI #douance #amour

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…Pour une page Facebook.

Tadam !

Je ne sais pas bien pourquoi je me lance dans la gestion d’une page Facebook en plus de ce blog.
Sans doute une énième façon de ne pas étudier…

Enfin, c’est sans prétention que je lance cette petite chose, et je ne garantis pas qu’elle perdurera.
Mais on peut toujours essayer. 🙂

C’est aussi une petite expérience. Voyons comment cette petite page peut vivre (ou pas).

Enjoy !

https://www.facebook.com/Overthe130/

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Retour sur l’émission -« Les cerveaux » sur TF1 – 11 février 2017

C’est donc officiel, l’intelligence est à la mode dans les media (sans « s » parce que media est déjà le pluriel de medium en latin) cette saison 2016/2017.
Enfin, « intelligence »…

Hier (le 11 février 2017) TF1 proposait une émission au titre tapageur « Les cerveaux ». Cette émission déclarait tester les différents types d’intelligences chez des candidat-e-s présélectionné-e-s par une batterie de tests appropriés.

Les intelligences « testées » par l’émission étaient « l’intelligence visuelle, l’intelligence musicale, l’intelligence corporelle, l’intelligence logique, l’intelligence verbale et l’intelligence sociale ».

Cliquez sur l’image ou copier/coller le lien pour visionner l’émission :

Le principe de base :

Vous l’aurez probablement deviné, l’émission s’inspire de l’hypothèse des intelligences multiples de Howard Gardner.
Je vous avez déjà proposé un résumé de cette hypothèse (et non théorie, une théorie étant étayée par des arguments et des expérience et surtout validée par les pairs du domaines. Une hypothèse étant une suggestion, qui n’est pas forcément juste ou vérifiée. Malheureusement l’usage galvaudé et quasiment indifférencié des mots théorie et hypothèse dans la vulgarisation du savoir fait beaucoup de mal aux savoirs effectifs…) dans ce blog, mais vous trouverez d’autres articles facilement sur le web.
Pour aller directement à la source je vous conseille l’ouvrage en français, et actuel (c’est rare, les derniers ajouts de l’auteur à son hypothèse datant de 1993 !), suivant :

Ceci étant établi passons à mon analyse (et critique soyons honnêtes) de l’émission.

De l’imprécision, du n’importe quoi, mais avec des décors et des lumières.

  • Une erreur de concept de base

L’émission démarre avec une affirmation fausse à savoir « nous avons plusieurs types d’intelligence ».
Non.
A ma connaissance (et si je me trompe, je vous encourage à me le dire et à me donner le lien de la publication en question) la science n’a jamais prouvé l’hypothèse de Gardner, aussi il est incorrect d’affirmer que l’on possède plusieurs types d’intelligence.
Tout au plus pouvons nous dire que nous pensons correcte l’hypothèse de Gradner, mais c’est tout.
Ceci est un exemple de ce qui pourrait passer pour de la pinaillerie aux yeux des certains neurotypiques, et qui pour l’AHPI que je suis, revêt un caractère fondamental dans l’émission. En effet il s’agit de définir le concept même sur lequel repose toute l’émission, démarrer sur une erreur est à mon sens considérable.

  • Une définition des « types d’intelligence » bancale.

Selon l’hypothèse de Gardner, nous posséderions huit types d’intelligence (huit et demi même parait-il). L’émission n’en propose que six.
Je tente ici de faire une correspondance entre l’hypothèse de Gardner et les types d’intelligence proposés par l’émission « Les cerveaux ».

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Comme vous le voyez, il n’y a pas de correspondance exacte entre chaque type d’intelligence.

A commencer par l’intelligence visuelle, qui ne se retrouve pas chez Gardner, et qui, telle que proposée par l’émission « Les Cerveaux » n’est pas de l’intelligence mais de la mémoire tout bêtement.
Cette « intelligence visuelle » m’a d’ailleurs provoquée cette remarque : « Donc, si on leur bande les yeux à ces gens, ils ont le QI d’une huître, mais les yeux ouverts ce sont des génies ? ».

Ce que j’ai évidemment décliné à loisir pour chaque type d’intelligence soi-disant.
Là, oui, c’était de la mesquinerie. Mais ça m’a faite rire.

Mais revenons à ces types d’intelligence proposés par l’émission.
Quant on analyse les épreuves, on se rend compte qu’en fait, il ne s’agit de rien d’autre que de la mémoire, de la vitesse de traitement, et de la coordination visuo-motrice.

Ex : « intelligence visuelle » de l’émission est en fait de la pure mémoire dite « visuelle ».

« L’intelligence musicale » est en fait là aussi de la mémoire dite « auditive », et les épreuves ne faisaient que mesurer la capacité de mémoire de travail (le nombre d’informations que l’on peut retenir au maximum) et éventuellement la discrimination grave/aïgu. ce qui ne relève pas tellement de l’intelligence, mais plutôt de la sensibilité auditive et ça c’est purement physiologique (les cils dans les oreilles, les osselets marteau enclume tout ça.)

« L’intelligence corporelle » mettait à l’épreuve en vérité les capacité visuo-motrices et la proprioception (les pauvres messieurs, rien qu’à les voir j’avais la nausée comme eux !).

« L’intelligence sociale » était le summum du n’importe quoi.
Un coup il s’agissait pour l’émission d’identifier des émotions « vraies ou fausses » c’est à dire feintes ou spontanées, mais uniquement sur des photos. Puis il s’agissait d’estimer l’âge de personnes costumées et maquillées pour la scène et/ou le plateau.
Pour ce qui est d’identifier des émotions, on appelle cela l’empathie. C’est certes une capacité cognitive, mais ce n’est pas du domaine de l’intelligence stricto-sensu.
Ensuite, l’épreuve de reconnaissance des émotions, même si elle s’inspire de test psychologiques réels pour aider au diagnostique notamment de l’autisme, était complètement fallacieuse à mon sens. * (voir en bas de page)
Reconnaitre des émotions est une chose, l’intelligence sociale telle que définie par l’émission « savoir être avec les autres » c’est autre chose.
Est-ce que quand dans la vie on « est avec les autres », on ne côtoie que des photos figées et uniquement des visages ? Non, on côtoie des personnes entières et animées, et la lecture ou reconnaissance des émotions passent par une multitude de facteurs comme le langage corporel, le contexte social, l’environnement, les normes sociales et culturelles…
Bref estimer si un sourire est « vrai ou faux » sur une photo est une très belle capacité, et qualité, mais de là à parler d’intelligence et à dire que ce que proposait l’émission sur le sujet était cohérent, il y a un abîme que je ne franchirai pas.
Enfin, je n’ai pas compris le rapport entre l’intelligence sociale, qui dixit la présentatrice, est la capacité à communiquer avec les autres et reconnaître leurs émotions, et le fait d’estimer de façon juste l’âge de quelqu’un-e. Quelqu’un-e maquillée pour un plateau télé en plus !
Quand on sait ce que des techniques de maquillage comme le contouring peuvent faire, on comprend comme l’épreuve proposée est ridicule.

« L’intelligence verbale » qu’on pourrait prendre, à cause de son nom, pour un Indice de Compréhension Verbale, est en fait pour l’émission la capacité à jouer avec les mots.
En somme, à faire des rébus.
Ce qui en fait, fait appel à la logique, à la manipulation de concepts abstraits, et aux codes.

« L’intelligence logique » enfin, est la moins bancale du lot. C’est bien d’indice logico-mathématique dont il est question dans les épreuves du même nom dans l’émission.

Finalement, on réalise que ce qui est mis à l’épreuve dans cette émission est en fait précisément ce qui constitue l’intelligence telle que mesurée par les tests psychométriques : mémoire de traitement, vitesse de traitement, raisonnement perceptif, compréhension verbale.
La seule qui soit définie et reconnue par la science à ce jour de façon unanime et (é)prouvée.

  • Des tests de sélection inappropriés

Lors des portraits de chaque participant-e-s, on nous montre des extraits de leurs performances aux tests de sélection.
Et, si vous êtes comme moi, vous vous êtes demandé-e plus d’une fois pour quel « type d’intelligence » les tests étaient passés.
Par exemple, quand la « championne de l’intelligence visuelle » passe les tests où elle a été la plus performante, on la voit remplir des béchers et faire passer un œuf dur dans un erlenmeyer. Ce sont des « casse-têtes » de logique, qui font appel à des notions de physique. N’importe quel-le-s curieu-x-se de sciences, ou même qui a simplement feuilleter un Picsou magazine ou un Science et Vie Junior ou Okapi ou même lu le dos d’une boite de céréales dans ses jeunes années connait ces expériences.
Et je ne vois pas en quoi il s’agit d’épreuve « d’intelligence visuelle ».

Puis, plus tard, on voit les candidats au titre de champion de l »intelligence corporelle » passer exactement la même épreuve de l’œuf, puis celle d’équilibre d’un marteau et d’une règle en bois… Des casse-têtes de physique donc. Encore.
En quoi est-ce cohérent de les voir passer les mêmes épreuves que la championne de la mémoire visuelle ?
Même si tous les candidat-e-s ont passé toutes les épreuves, le but des portraits est de montrer les champions dans leur domaines d’excellence.
Il faudra donc m’expliquer.

Pour ce qui est de l’intelligence musicale, on voit que la sélection se fait sur un jeu qu’on a TOU-TE-S eu entre les mains, et qu’on  tou-te-s voulu jeter par la fenêtre de frustration ou d’ennui : le bidule rond, plat, avec quatre touche de couleur qui chacune produisent un son passablement désagréable et différent.
Le but étant de reproduire la plus longue séquence musicale/visuelle possible.
Pour une épreuve étant censée avoir un lien avec la musique, 4 notes, ça me semble moyen.
Et en plus, l’objet support permet de faire appel à la mémoire dite visuelle en plus de la mémoire auditive. On fait mieux comme critère clair de sélection.
Qu’en sait-on que c’est uniquement grâce au son que les candidats ont pu réussir ? Cela pourrait très bien résulter de la combinaison son/couleur.
Même si, on s’en doute, il y avait d’autres épreuves de sélection, celle-ci témoigne du grand bloubiboulga conceptuel de cette émission.

Quant aux tests pour l’intelligence verbale, ils m’ont laissée perplexe.
Même si évidemment, résoudre des rébus c’est jouer avec les mots aussi, je me demande bien en quoi ces rébus-là faisaient appel à l’intelligence verbale telle que décrite dans l’émission (la capacité à bien s’exprimer, l’apanage des avocats et des présidents de la république).
Si vous avez une réponse, je serai ravie de l’entendre !

Et un peu de réification des femmes et une injustice notoire avec tout ça !

En plus de l’imprécision et des incohérences notoires, je retiens de cette émission deux choses qui m’ont profondément agacées.

L’épreuve de « logique ».
Par logique, on s’attend à avoir des épreuves de types suite logique à compléter, ou lien logique à trouver.
On a eu du calcul mental.
*soupir*
Mais, admettons, c’est comme cela qu’ils ont présenté « l’intelligence logique », en fait c’est le goût et la facilité avec les chiffres et le calcul mental.
Pour le calcul mental, on s’attend donc à ce qu’on présente brièvement des chiffres aux candidat-e-s , et qu’on leur demande d’effectuer des opérations mentales avec.
C’est effectivement ce qui a été fait.
Mais…

Mais des gens hautement créatifs, et manifestement brillants, on pensé que ce serait quand même très pertinent et utile que de présenter les chiffres en questions sur des femmes quasiment nues et qui dansent.
Bah oui, calcul mental, femmes presque nues, logique.
Pure logique.

DE-SES-POIR !
Lors de la seconde phase de jeu, une question portait sur la discrimination droite/gauche (les direction, pas les orientations politiques).
Puis, dans la même phase de jeu, on demande de bien regarder une pose de danse et de repérer le nombre de fois où cette pose apparaît dans la chorégraphie. Puis de multiplier ce nombre par un autre donné et de donner le résultat.
Bon.
J’ai joué le jeu, et j’ai bien fait attention de ne compter que ce qui correspondait EXACTEMENT à la pose en question, avec le bras droit levé et le bras gauche baissé.
Je vois que seul le plus jeune des candidat-e-s à eu la même démarche, ce qui me fait sourire puisque ce jeune garçon s’avère être HPI lui aussi.
Je m’attends à ce que seul lui ait le point.
ET NON !
Alors là d’un coup, la gauche et la droite, on s’en fiche. On compte une pose, même si les bras sont inversés.
(Il faut regarder l’émission pour me suivre là, désolée.)
Alors je m’insurge.
Si en danse, quelle qu’elle soit, lever le bras droit ou gauche était la même chose, ça se saurait.
J’ai plus de 20 ans de danse classique au compteur et croyez-moi, la droite et la gauche ce n’est PAS la même chose !
Le jeune Cyprien a eu la même réaction choquée que moi, et je le soutiens totalement. On lui a volé un point. Et on en a donné un de façon totalement injuste et incohérente aux autres.

Incohérence, injustice !

Oh et puis, pour la dernière épreuve avant la finale, ils auraient pu au moins changer le puzzle à faire à chaque question. Parce qu’au bout d’un moment, faire le même puzzle trois fois de suite, ce n’est plus exactement une difficulté…

Conclusion 

Pour être honnête, l’émission était un divertissement acceptable, même si le niveau était de l’ordre des rébus, labyrinthes et jeux des 7 différences au dos des boites de céréales.
Simplement, l’émission aurait largement gagné à ne pas vouloir se donner des airs plus sérieux que ce qu’elle n’était en réalité.
On se serait aussi largement passé d’affirmations aussi fausses que mal venues, des imprécisions et incohérences, et du sexisme.

 

*Je vous joins ici un lien pour faire un test de l’université de Geneve sur la reconnaissance des émotions. Amusez-vous bien !

 

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Une enquête pour faire avancer la recherche sur les AHPI !

Mesdames, messieurs,

Je vous invite chaleureusement à participer à ce questionnaire, à but de recherche sur les Adultes à Haut Potentiel Intellectuel !

Il s’agit d’une étude de niveau Master en psychologie.

On s’intéresse à nous, profitons-en ! 🙂

Cliquez sur l’image pour être redirigé-e vers le questionnaire. Si cela ne fonctionne pas, vous avez le lien en bas de l’image.

capture-3

https://goo.gl/forms/2iRyPeL1tGBnOd1F3

 

 

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QI or not QI ?

Ou plutôt, QIT or not QIT ?

D’abord comprenons bien ce qu’est le test psychométrique WAIS-IV.

Le WAIS-IV est une compilation d’épreuves destinée à donner une mesure du fonctionnement cognitif d’une personne, comparativement à son groupe d’âge, au sein de sa culture de référence.
Les épreuves donnent une mesure de ce que l’on appelle l’efficience intellectuelle, en gros de vos capacités cognitives si vous préférez.

Pour obtenir cet état des lieux, le test explore à travers ses épreuves différentes capacités cognitives, qui sont résumées dans les indices qui vont permettre de calculer le QIT.
Ces indices se nomment, pour le WAIS-IV : Indice de Compréhension Verbale (ICV), Indice de Mémoire de Traitement (IMT), Indice de Raisonnement Perceptif (IRP), et Indice de Vitesse de Traitement (IVT).
A eux 4 ils forment le QIT.
Soit pour que vous compreniez (mais ce n’est pas le véritable calcul hein) :

ICV + IMT +IVT +IRP = QIT

Je ne vous décrirai pas plus avant le test de QI ici, parce que tout test en psychologie est d’autant plus parlant que je sujet qui le passe est « naïf », c’est à dire, ne sait pas à quoi s’attendre, ne sait pas ce qui est étudié à travers quel outil.
Lorsque l’on sait ce qui est attendu ou cherché par quelqu’un, on a tendance à mettre en place des mécanismes d’adaptation, qui masquent le fonctionnement spontané de notre pensée.

Et puis, vous savez c’est un peu comme se préparer à un examen ou un test.
Si vous connaissez les questions à l’avance, ça n’a plus trop d’intérêt.

Ceci étant, si certain-e-s d’entre vous veulent absolument tout savoir, vous trouverez ici un article descriptif du test.

Le QIT qu’est-ce que c’est donc ?

Le QIT c’est donc l’indice qui vous donne une vue générale sur vos capacités intellectuelles, selon votre âge et votre culture d’appartenance.
C’est un indice.
Il vous donne donc une indication sur l’efficience de votre fonctionnement cognitif par rapport aux gens de votre âge et de votre culture/pays.

Qu’est-ce qui divise les psychologues en France au sujet du QIT ?

Il existe deux courants en France à ce sujet.
Les psychologues qui considèrent que le QIT est un indice aussi utile et parlant que les autres.
Et ceux et celles qui considèrent que le QIT n’a plus ni de sens ni d’utilité et que l’avenir des tests psychométriques est de ne plus fournir de QIT.

Ceux et celles du premier courant, appelons les les « pour QIT », considèrent que le QIT est un indice robuste (comprendre avec du sens et correctement construit) qui donne une indication utile sur le fonctionnement cognitif global d’une personne.

Ceux et celles du second courant, les « contre QIT » considèrent que cet indice est comparable à une sorte de moyenne générale, et qu’il ne serait pas assez parlant pour les individus qui passent le test. C’est à dire pour quelqu’un qui n’a pas la connaissance complète de la construction et de la cotation du test de QI.
Ces professionnel-le-s considèrent souvent que l’intérêt des tests psychométriques est de déceler les forces et éventuelles faiblesses du fonctionnement cognitif, ce qui est donné par l’analyse des 4 indices mais pas du QIT.
Exemple : les indices sont comparés aux notes dans certaines matières, le QIT la moyenne générale. Si un-e élève à 16 en maths et 4 en français, il aura une moyenne de 10. En se basant juste sur sa moyenne générale, on pensera qu’il s’agit juste d’un-e élève moyenne, et on passera à côté de ses difficultés en français et de ses aptitudes en maths.

Qu’est-ce que j’en pense moi, petite étudiante en psychologie, surdouée ayant passé le test et ayant fait passer ce test à d’autres ?

Je suis une femme de données.
Plus j’en ai, mieux je me porte.
Je considère que le QIT est un indice, au même titre que les 4 (ou 5 pour le WISC-V) autres, et que tous ont leur signification.
Je ne crois pas que la question soit celle de l’utilité ou inutilité du QIT, mais celle du pourquoi le test est passé.

Si le test a pour but de déceler les forces et faiblesses éventuelles du fonctionnement cognitif d’un individu, ce ne sera même pas les sous-indices (ICV, IMT, IRP, IVT) qui seront intéressants, mais le calcul d’écart à une moyenne de performance qui est calculé en interne au test et qui n’est pas communiqué sur les résultat tel quel.
C’est à dire que ce qui sera restitué sera que tel ou tel indice est une force ou une faiblesse, mais pas le calcul ou le résultat qui permet d’affirmer cela.
Et, dans ce cas, effectivement le QIT ne sera pas utile.

Si le test est passé pour, par exemple, avoir une réponse quant à un fonctionnement cognitif particulier, ou global, le QIT est un indice qui me semble parlant et pertinent, puisque c’est lui qui nous situe au sein de notre population de référence. Et qui nous donne une idée de nos capacités intellectuelle globales.

Qui plus est, un test psychométrique n’est pas qu’une affaire de nombres et de calculs. C’est aussi une histoire d’interprétation, et de sensibilité clinique du/de la psychologue.
En effet, il y a des questions qui ne sont pas tranchées scientifiquement concernant le test de QI.
Par exemple, on sait que s’il y a trop d’écarts entre les indices (ICV, etc), le calcul du QIT n’est pas forcément pertinent. Le « trop » n’étant pas déterminé précisément, une valeur indicative est donnée. Mais c’est une valeur indicative, rien de plus.
Au-delà de cet valeur d’écart le calcul n’est donc pas impossible, mais de moins en moins pertinent.
Comprenez par là que le calcul mathématique est toujours possible mais que plus il y a d’écart entre les indices, moins le QIT sera représentatif des capacités globales du sujet.
Reprenez l’exemple des notes et de la moyenne générale plus haut pour visualiser la chose.
C’est là que la sensibilité clinique et le jugement de la /du psychologue interviennent. C’est au/à la psychologue de juger à partir de quel écart entre les indices il/elle estime que QIT aura encore du sens, pour le profil de l’individu.

Alors QIT or not QIT ?

Comme souvent, ma réponse est : ça dépend.
Une indice n’a de valeur que selon le pourquoi qui vous fait rechercher cet indice.

Personnellement, je prends tous les indices possibles, parce que j’estime que l’on n’a jamais trop de données pour comprendre un sujet.

Certain-e-s psychologue aujourd’hui refuseront carrément de vous donner un QIT. C’est leur choix et leur droit.
Vous avez le droit de leur demander pourquoi, de discuter avec eux/elles à ce sujet et de choisir ou non de passer le test avec lui/elle en fonction de tout cela.

Vous trouverez toujours aussi des psychologues qui accepteront de vous donner un QIT à l’issue d’un test. Mais gardez à l’esprit que ce n’est pas le seul indice qui compte, et qu’un résultat de test psychométrique qui ne vous donnerait que un QIT présente aussi un intérêt moyen.
(Bon il y a aussi des situations où les gens veulent seulement un QIT pour pouvoir entrer dans une structure qui sélectionne sur ce seul critère. Dans ce cas, on peut se contenter d’avoir juste un QIT et c’est tout. Selon moi, se contenter de cela c’est ne pas exploiter au maximum ce que peut apporter un test de QI, mais libre à chacun-e d’en prendre ce qu’il/elle veut.)

Un « bon » compte rendu de test psychométrique, est un compte-rendu qui vous permet de comprendre votre fonctionnement cognitif, qui ne vous donne pas juste des nombres, mais surtout du SENS.

#HPI #QI #test #HQI #QIT

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Neurodiversité et Questionnaire

Hier, on m’a demandé mon avis sur un blog/site/page Facebook/compte Instagram (oui tout ça) traitant de ce que l’autrice appelle « neurodivergence et neurodiversité ».

Neurodiversité

Dans un premier temps, il a s’agit de découvrir ces publications et billets.
C’est un blog personnel avant tout, d’une personne qui s’est vue être diagnostiquée atteinte de Trouble Anxieux Généralisé (TAG) et d’un Trouble de Déficit de l’Attention avec Hyperactivité (TDAH). Et cette personne nous confie que sa compagne est je cite « Autiste de Haut Niveau ».

A priori rien de mal dans tout cela, rien de nouveau non plus. C’est comme ce blog, et des milliers d’autres jusque-là.
Je n’avais donc pas grand-chose à dire, si ce n’est que les troubles cités ne m’intéressent pas plus que cela à l’instant t.

Et puis, je me suis mise à parcourir les publications, les partages et les billets.
Et là, j’ai commencé à tiquer.

Alors attention, que les choses soient bien claires.
Je ne remets pas en question une seconde la bonne foi de l’autrice. Elle nous témoigne de son expérience de vie, avec ses troubles, et évoque ceux de sa compagne, aussi tout ceci n’est pas à remettre en cause.
C’est un partage d’expérience de vie qui est à accueillir pour ce qu’il est, avec bienveillance.

J’ai été gênée par le fait que le blog présente des concepts et des définitions de concepts, sans ne jamais citer aucunes sources scientifiques. Certes il y a des liens Wikipédia, mais nous savons tou-te-s que ce n’est pas une garantie de validité ou de vérité.

Par exemple, le blog est centré sur la neurodiversité et la neurodivergence.

Qu’est-ce que la neurodiversité ?
La neurodiversité n’est pas un concept scientifique, pas plus que ne l’est la neurodivergence.
Vous pouvez le constater en lisant l’article suivant, qui est extrait des archives scientifiques Française, HAL.

 

En voici un extrait :

« […] Par contre, l’association francophone de personnes autistes, SAtedI, créée en 2003, n’adopte pas le concept de neurodiversité et ne fait pas référence à la notion de communauté. […]  Alors que les Français ont intégré la notion de dysfonctionnement du cerveau, les Canadiens adoptent le concept de neurodiversité. […]

Conclusion 
Comme nous avons pu le montrer, ce ne sont pas des neuroscientifiques qui sont à l’origine du concept de neurodiversité et de sa diffusion mais une chercheuse en sciences sociales 10 (disability studies) et des personnes autistes qui échangeaient sur internet. Mais c’est bien l’essor des neurosciences dans les années 1990, avec la circulation des images du cerveau en fonctionnement et des théories sur les réseaux neuronaux qui ont inspiré ceux qui préféraient redéfinir l’autisme comme une autre façon de penser plutôt que comme une maladie psychiatrique. Des neuroscientifiques et des chercheurs en sciences cognitives se sont ensuite emparés de ce concept pour explorer ces façons différentes de penser mais en se concentrant sur des personnes qui parlent et qui présentent des capacités cognitives importantes. […] « 

Le concept de neurodiversité ou l’éloge de la différence
Brigitte Chamak
CERMES3 (Centre de Recherche Médecine, Sciences, Santé, Santé Mentale, Société) INSERM U988, CNRS UMR 8211, EHESS, Université Paris Descartes

La neurodiversité est donc un mot qui a pour but de déstigmatiser les pathologies mentales, en interrogeant sur ce qui, dans la pathologie, découle d’un regard social négatif posé sur une différence de fonctionnement de pensé.

Pour la neurodivergence, c’est le mot qui définit le caractère des individus qui présente un trouble/pathologie qui rentrerait dans la « neurodiversité ».
Il s’agit aussi d’un néologisme, utilisé sur Internet, et par les Canadiens en particulier.

Le concept est flou, et vous l’aurez compris, concerne avant tout l’autisme.
Néanmoins, il a été élargi, intégrant désormais des pathologies et troubles mentaux qui n’impliquent pas de différence neuronales (c’est à dire au niveau des neurones) mais « seulement » un fonctionnement physiologique différent (déséquilibre de neurotransmetteurs, retard mental, pensées récurrentes, troubles psychiques sans substrats physiologiques.).

J’en profite pour faire une précision : l’autisme, comme le HPI, présente non seulement un fonctionnement de la pensée différent (visible par IRMf et EEG) mais aussi un substrat physiologique différent (architecture neuronale différente, et proportion des types neuronaux différente). 

Ce qui n’est pas le cas des troubles tels que les troubles Dys, ou les trouble de l’anxiété ou les pathologies mentales qui présentent eux, un dysfonctionnement physiologique mais pas un système nerveux différent dans son architecture cellulaire (exemple, les schizophrènes n’ont pas des neurones myélinisés différemment).
Donc les troubles Dys, l’autisme et le HPI ne sont pas identique en termes de troubles ou de famille de troubles.

On constate donc que ce blog, qui pourtant avance des définitions, et se présente comme « sachant » est en fait plein de confusions et d’imprécisions. Et sans références solides (d’un point de vie scientifique).
Si l’expérience personnelle n’a pas à être discutée, et ce en aucune façon, on peut être déçu-e du manque de solidité du contenu.

 

Le Questionnaire
Le site/blog/page Facebook partage un questionnaire qui a pour ambition, je cite de : « créer des statistiques concernant la population neuroatypique ».

Le questionnaire pose des questions de l’ordre de votre santé : traitements médicamenteux, diagnostics de troubles mentaux (individuels et familiaux) ; mais aussi sur votre vie privée : orientation sexuelle, situation personnelle (en couple, etc.) ; mais aussi des questions sur l’origine ethnique, le pays d’origine, la ou les langues parler, la ville de naissance, et d’autres ; sans oublier la catégorie socio-professionnelle.

L’autrice n’étant pas française, je ne peux vous dire quelles lois régissent la confidentialité des informations concernant la santé, la vie privée et la vie professionnelle dans son pays (le Canada).
Mais sachez qu’en France, les informations de santé et vie privée sont considérées comme confidentielles. Vos médecins et professionnel-le-s de santé n’ont pas le droit de les communiquer sans qu’elles ne soient anonymiser et que votre santé le requiert.

Vous faites, bien évidemment, ce que vous voulez de vos données personnelles.

Mais, en tant que future professionnelle de santé  mentale, je ne peux que vous recommander de ne répondre à ce genre de questions que lorsqu’elles sont posées par des professionnel-le-s tenu-e-s à la non divulgation et à l’anonymisation de vos données par la loi.
C’est à dire : personnels de recherches (étudiants en Master de médecine ou psychologie, docteurs/chercheu-r-se-s en psychologie; professionnels de santé, avocat-e-s, assitant-e-s sociaux; professionnels de soin.)
Hormis cette catégorie de professionnel-le-s de soin, et où d’aide juridique, tenu à la discrétion par la loi, vous n’avez pas à communiquer vos données personnelles.

Encore une fois, je pars du principe que l’autrice est tout à fait de bonne foi.

Il n’empêche, qu’en dehors d’un laboratoire de recherche ou d’un cabinet médical, ce genre d’information relève de la vie privée et sont confidentielles (en France).
Faites vraiment très très très attention à ce que vous dites de vous sur internet. 

Enfin, l’autrice ne précise pas quel traitement statistique sera fait des données recueillies.
C’est à dire qu’on ne sait pas si les résultats qui seront divulgués seront exploitables ou simplement significatifs.
Comme je vous l’ai dit, les questions sont très très larges, et concernent des troubles psychiques divers et variés qui n’ont pas tous de lien entre eux, ou pas tous les mêmes.
D’un point de vue purement méthodologique, cela semble un peu léger.

Mais, si vous trouver le blog/site/page Facebook/compte Instagram dont je parle, vous pouvez toujours en contacter l’autrice et lui poser les questions qui vous viennent.

Conclusion
Quoi que vous lisez sur Internet, je vous invite toujours à vérifier les sources (auteurs/autrices, leurs métiers, leurs fonctions, leur CV), à vérifier les concepts et ce qui y est dit par vous-même (si Wikipédia est un début, n’hésitez pas à regarder les liens sources des articles et privilégier les articles scientifiques de publications de recherches et/ou universitaires), y compris ce qui est écrit dans ce (mon) blog.

Et surtout, vérifiez à qui vous partagez vos données personnelles et privées.
Renseignez-vous sur les lois en places concernant les informations privées sur les sites du gouvernement.
S’il ne vous viendrait pas à l’idée de communiquer vos coordonnées bancaire à des inconnu-e-s sur Internet, appliquer la même prudence quant à vos données de santé.

Vous l’avez remarqué, je ne mets pas le lien du blog en question, parce que le but de l’article n’est pas une chasse aux sorcières.
Si vous trouvez le site/blog, vous vous ferez votre avis.
En plus, l’autrice ne semble pas professionnelle de la santé mentale, ou statisticienne, aussi on ne saurait lui tenir rigueur de ne pas avoir les réflexes et démarches de ces professionnels.
Cependant, si j’ai pris la peine de me fendre d’un article sur le sujet, c’est aussi parce que j’estime que nous devons tou-te-s faire attention à ce que nous disons, en particulier en public (car oui, un blog publié publiquement est un espace public).
Nous avons tou-te-s nos champs de compétences et nos connaissances, et nous avons le droit de les exprimer.
Néanmoins, il est aussi de notre devoir quand on sait qu’on nous écoute, de ne pas raconter n’importe quoi et de savoir reconnaitre quand nous ne sommes pas/plus compétent pour parler de quelque chose. Ou de définir clairement les limites de notre « expertise » sur un sujet.
L’erreur est humaine et nul-le n’est tenu-e à la science infuse, bien évidemment, mais la vigilance est de mise.
J’en profite (et je termine ce billet là-dessus) pour rappeler que je ne suis QUE étudiante en psychologie.
Mon savoir sur le HPI se limite à ce que j’apprends et ce que je lis sur le sujet dans le cadre de mes études, agrémenté de ce que je vis en tant que personne HPI.
Et ce que je vis en tant que personne HPI n’est qu’un exemple de ce qui peut être, et pas une référence ni un modèle.

 

Voilà, merci pour votre patience !

 

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Quelques liens pour plus d’informations sur les données de santé et la loi encadrant leur circulation/divulgation :

Site du gouvernement français
Site de Maitre Cahen, Avocate (que je ne connais absolument pas, mais qui a le mérite d’avoir une page sur le sujet. :p)

 
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