Nouvel élan presque nouvelle direction

Je vous le dis souvent ici, mon grand malheur, c’est que le sujet du Haut Potentiel Intellectuel ne soit quasiment jamais abordés chez les adultes diagnostiqués adultes.
Mes chers ADA comme je les ai baptisés ici.

Alors j’ai pris une grande décision pour ce blog.
J’aimerais le destiné à un sujet de prédilection : les adultes surdoués.
Moins question de moi, plus du sujet en quetion qui manque cruellement de littérature, même profane.

Je conserverai une partie de type témoignage, où je classerai les articles où je parle de mon expérience, car il me semble pertinent d’offrir aussi un témoignage personnel. Non pas parce que c’est moi, mais parce que cela ancre le sujet dans une dimension plus réelle, plus humaine, plus concrète aussi.

Mon ambition ? Faire de de ce blog une référence pour les adultes surdoués comme l’est aujourd’hui « Les tribulations d’un petit zèbre » pour le HPI chez les enfants.
Oui rien que cela.

Beaucoup de travail donc.
Mais j’y arriverai.
J’espère.

Bien à vous !

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Etre incomprise. Littéralement. – Les études épisode 5

A force de ne pas me faire comprendre dans mes échanges avec mes contemporains d’études, via groupe privé facebook, j’en suis arrivée à me demander ce qui n’allait pas.

Voici le résultat de mes réflexions.

1. Un problème de vocabulaire ?
Avec un QI verbal qui crève le plafond, au point qu’il n’y a pas beaucoup entre le maximum et mon score, je doute de manquer de vocabulaire adéquat.
Mais c’est une possibilité.
Mais j’admets ne pas y accorder beaucoup de crédit.
Ou alors c’est le manque de vocabulaire de l’interlocuteur qui provoque cette incompréhension. Mais je n’y crois pas beaucoup plus.

2. Une récurrence :  « On ne parle pas de la même chose ».
On tient un début de piste je crois.
A force de m’entendre dire que je ne parlais pas de la même chose que les autres, j’ai fini par réaliser qu’ils/elles n’avaient pas entièrement tort.
C’est une question de vitesse et de profondeur.

En somme, je crois que je (et j’imagine nous les HPI) suis victime ici de notre rapidité de pensée, et de la lenteur (relative) de celle des autres.
Car quand ils/elles nous disent A1, nous passons très vite à A2, B4 et J12. Et nos questions et remarques partent du coup, de ces inférences que nous avons faites et qui nous semblent limpides, évidentes.

Mais malheureusement, ce n’est pas toujours évident pour les gens en face.
Alors que nous sommes partis depuis longtemps loin du sujet initial mais pour nous, toujours en rapport avec, les autres sont loin derrière ou toujours au même point qu’au début.
Ce qui fait qu’avec la distance, ils finissent par penser qu’on ne parle plus du tout de la même chose.

3. Quelles solutions ?
Faire très très attention au rythme de réflexion des autres. Vérifier à chaque fois qu’ils nous suivent dans le raisonnement.
En somme ralentir le rythme.
Mais est-ce seulement faisable ?
Si nous partons trop loin, revenir sur nos pas, en expliquant ce qui nous semble évident. En refaisant le chemin qu’ils n’ont pas fait, pour qu’ils nous rejoignent.
C’est long, c’est fastidieux, c’est énergivore.
Pour moi du moins.

Alors on fait quoi ?

On se prépare !
Toujours savoir qu’on va faire face à ce décalage, et faire ses choix.
Quand parler, quand ne pas le faire.
Comment.

Le conseil de Tata Line : Votre choix est légitime ! 

Quel qu’il soit, vous avez le droit de le faire.
Faire les efforts, ou pas.
L’essentiel est de faire ce qui vous permet d’être bien. Et votre bien-être est non-négociable !

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Vous trouverez ici un petit aperçu de l’ouvrage « Adultes surdoués : comment faire simple quand on est compliqué » de Monique de Kermadec.
C’est issu de la revue « le cercle Psy » qui ma foi est à la fois accessible et correcte en terme de contenu.
Pour s’initier à la psychologie, c’est pas mal je trouve.

Enjoy !

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« Oui, je suis plus intelligente que vous ! »

* Attention * Ce Message est un outil thérapeuthique dont le but est de préserver son auteur de basculer dans une rage meurtrière. Il n’est pas à mettre entre toutes les mains. Et surtout pas à prendre au premier degrès. Quoi que…

Ce message s’adresse à toutes celles et ceux qui refusent de comprendre. A toutes celles et ceux qui malgré 4 pages d’explications ne sont toujours pas capables de centrer une problématique, ou de cesser de prêter des intentions qui n’existent pas à des discours pourtant limpides et dénués de tout jugement personnels.
Il s’adresse à toutes celles et ceux pour qui, manifestement, toute manifestation de réussite là où iels auraient échoué est une insulte à leur existence :

OUI !
OUI, JE SUIS TELLEMENT PLUS INTELLIGENTE QUE VOUS ! OUI vous avez gagné voilà, je vous le dit, je me roule dedans même : je suis teeeeeeeeeeeeellement plus intelligente. Vous êtes loin, loin, loiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiin de moi sur cette courbe de Gauss et vous savez quoi ? J’en suis contente !
Je suis TELLEMENT heureuse d’être séparée de vous par 3 écarts-types, parce que rien que l’idée de baigner dans la même médiocrité intellectuelle, et surtout dans la même méchanceté crasse engendrée par votre immonde bêtise me donne la nausée !
Là, voilà !

Vous vouliez l’entendre ? Bah c’est fait !
Vous êtes bêtes comparé-e-s à moi, c’est TOUT ! Vous pouvez hurler, vous agiter, trépigner, taper du pieds ou faire pipi par terre et vous rouler dedans ensuite, ça ne changera rien !
Je suis PLUS INTELLIGENTE QUE VOUS et c’est tout !

LAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA!

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Condamné-e à devoir taire ses réussites ?

Cette question fait suite à une expérience personnelle, où, pour résumer la chose, plusieurs personnes se sont senties flouées par des conditions d’examen qu’ils et elles jugeaient impossibles.
Alors qu’ils et elles débattaient de l’impossibilité de la chose et d’une éventuelle requête à la direction, il m’a semblé judicieux de le prévenir que leur argument principal ne tenait pas debout, puisqu’il existait des personnes qui avaient terminé l’examens dans les temps.

Alors que mon intervention n’avait pour but que des les éclairer quant aux éventuelles rejets et contre-arguments auxquels ils et elles pourraient faire face, mon intervention a été prise comme une « leçon de moral » et « présomptueuse » me qualifiant de « super bonne élève depuis toujours », « marginale » et me rappelant que l’on ne pouvait faire une référence de moi.

A ce point j’aurais aimé leur dire qu’on ne pouvait pas plus en faire une d’eux, mais je me suis abstenue, comprenant que mon argumentation purement logique et factuelle avait encore été comprise comme un jugement.

Cette éinième itération de l’incompréhension des autres face à mon discours, et leur réaction très orientée sur nos réussites et échecs respectifs, m’ont amenée à me poser cette question :
Sommes-nous, en tant que surdoué-e-s, condamné-e-s à ne jamais devoir dire que l’on a réussi là où les autres ont échoué ?

Il semblerait que toute manifestation d’une réalité alternative à la leur les plonge dans un profond désarrois et déclenche une vague d’hostilité manifeste et importante vis-à-vis de celui/celle qui ose faire mieux.

Je ne vous cache pas que j’ai été peinée de leur réaction. Surtout que ça en arrive aux insultes, même déguisées.
Surprise, non. J’ai trop l’habitude qu’on ne comprenne rien à ce que je dis, de devoir m’expliquer sans cesse, jusqu’à fournir un niveau de détail qui me parait absurde tellement il est évident.

Et puis je me rappelle.
Je me rappelle que ce qui me semble d’une évidence absolue, n’effleure pas forcément l’esprit des autres.

Mais vous savez quoi ? J’ai rarement eu de pensées aussi triste que celle-là.
Cette pensée, et toute sa réalité, me font beaucoup, beaucoup de peine. Parce qu’elle me fait entrevoir un avenir sans possibilité pour moi, de partager mes réussites, mes si rares réussites, si elles ne sont pas aussi celles des autres.

Comme s’il m’était refuser le droit « d’y arriver ». Comme si moi, je n’avais pas le droit de réussir, de briller, d’être « la première » pour une fois, une seule fois…
Alors que tou-te-s les autres si.
Comme si leur réussite à eux était mieux que la mienne.
Comme si elles et ils méritaient plus de pouvoir être fier d’eux, d’être reconnus pour quelque chose de bien.

Parce que nous sommes né-e-s avec des capacités différentes, alors il faudrait que nous taisions nos réussites ?

J’ai compris que les autres n’aimaient pas entendre que quelqu’un avait réussi là où ils/elles avaient échoué.
Mais est-ce pour autant une raison de nous réduire au silence, de nous dénier le droit de dire que nous avons réussi, quand ce droit est accordé à d’autres ?

Je crois que c’est très lié à la culture française, où toute forme de réussite semble suspecte. Ou bien qui n’autorise la réussite que selon des modalités très précises.
Comme si c’était mal de réussir.

En tout cas, c’est mal vu de le dire.

Alors que faire ?
Comme toujours c’est selon chacun-e. Garder le silence c’est s’épargner bien des peines et des blessures et certainement préserver une vie sociale acceptable.
Dire c’est s’exposer et risquer les insultes, le rejet, le jugement, et qu’on nous prête des intention qui ne sont pas du tout le nôtres.

Moi j’ai choisi de dire.
Parce que j’ai décidé d’ouvrir une voie, et de montrer qu’il était possible d’être HPI sans avoir ni à la cacher ni à en avoir honte.
Je ne dis pas que c’est là le seul bon moyen d’être et de vivre. C’est un moyen.
Je le fais simplement parce que peut-être, aujourd’hui, demain, ou jamais, quelqu’un aura envie d’exister sans avoir à cacher sa nature de HPI.
Je ne dis pas que c’est sans conséquences, je voudrais juste montrer que c’est possible.

Je fais des erreurs, évidemment. Et je suis une t^te de mule quand je m’y mets. Mais je sais que n’ai pas tort de vouloir être ce que je suis librement et de vouloir vivre ma différence et la partager.

Alors non, je ne me tairais pas.
Si nous, les HPI devons apprendre à vivre avec les lambda, ils devront apprendre à vivre avec nous aussi.
Et ça commence en sortant de l’ombre et en montrant qu’on existe.

Je vous invite à visionner X-Men 2, qui s’appuie sur cette idée : les mutants ne devraient pas avoir à se cacher, ne devrait pas être rejetés pour leurs capacités extraordinaires.
On ne peut empêcher les gens d’avoir peur de ce qui ne leur ressemble pas, mais on peut apprendre à vivre ensemble et à s’accepter.

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Surdoué-é : exister en tant qu’adulte

Et même adulte « quelconque » ai-je envie de rajouter.

Je ne me lasse pas d’arpenter le web à la recherche d’informations sur les exceptions que nous sommes, nous les adultes surdoué-e-s. Et même si mon rythme est bien moins frénétique qu’au lendemain du diagnostic, je continue de chercher.
La raison principale c’est qu’il n’y a pas tant d’informations que cela.

Tapez « surdoué-e » dans un moteur de recherche, et la grande majorité de vos résultats concernera les enfants. Enfants, écoles, structures de soins, d’apprentissages, témoignages de parents sur comment éduquer son enfant surdoué-e… Tout ce dont vous rêvez ou presque (j’imagine, n’étant pas concernée par le sujet).
Si, je dois admettre que parfois je trouve un témoignage d’adulte diagnostiqué adulte (je vais les appeller les ADA ) qui ne relève pas de la lettre de suicide, mais manque de bol, c’est le parent -père ou mère- qui s’est découvert HPI suite au diagnostic de son enfant…et qui embraye sur son enfant.
Loin de moi l’idée de jeter la pierre à ces parents qui font passer leur progéniture au premier plan. C’est d’ailleurs ma conception de la parentalité.

Mais je ne cache pas ma déception.
Je vous passe mes analyses sur les pourquoi du phénomène et j’en viens à ce que cela me fait ressentir à moi. (Un peu d’égocentrisme que diable !)
Et bien moi, intelligente et belle (ça c’est de l’auto-persuation, work in process, please do not ruin it) femme NoKids trentenaire, je me sens franchement inexister.
J’imagine un verbe, parce qu’il vous transcrit la notion d’action. Réellement je me sens, inexister et pas inexistante, la passivité de ce mot ne rend pas justice à ce que je ressens.

Leur propre particularité n’est que brievement nommée, quand elle l’est, et celle de leur enfant prend toute la place.
Ce qui fait que, vu d’un peu plus loin, le HPI n’apparaît que relier aux enfants.
Ou dans ces cas, à la transmission parent-enfant, avec un focus sur l’enfant qui s’en voit doté à son tour.
Ce faisant, le tableau du HPI se peint avec en personnage quasi-exclusif : les enfants.

Comment construire sa nouvelle identité (car ne nous voilons pas la face il s’agit de cela suite au diagnostic) en intégrant ce paramètre qu’est le HPI quand autour de nous aucun exemple n’est visible ?

Le mimétisme est la première source d’apprentissage de l’humain. Pour mimer il faut s’identifier un minimum. Et pour s’identifier il faut de modèles auxquels s’identifier.

C’est la que le bas blesse pour les ADA « juste » ADA et pas parents de surdoué-e-s.

Les modèles ne courent pas spécialement les rues.
Attention, je ne dis pas qu’un ADA-parents ne peut pas être se modèle là, je dis que de mes petites recherches, ils et elles ne témoignent pas en tant que ADA mais en tant avant tout que parent de surdoué et après seulement ADA-parents.

Je trouve ça dommage.

Parce que ça m’embête vraiment que le grand public associe le HPI des adultes avec la souffrance psychique et uniquement avec cela.
Ça m’embête que les gamin-ne-s prennent toute la gloire.
Et ça m’embête que des ADA fraichement né-e-s ne trouvent aucun exemple de bien-être.

Et du coup, on fait quoi ?

Parce que c’est bien de se plaindre, ça fait du bien, mais ça ne fait pas avancer le schmilblick.
Armée de mon désespéré besoin de reconnaissance, je m’en vais pourfendre cette ignominie.

Au-delà de l’interet que mon petit nombril pourrait y trouver, je trouve jolie l’idée de pouvoir simplement montrer qu’on peut exister dans cette réalité alternative qu’est le HPI autrement qu’en tant enfant ou parent de.
Les adultes surdoués sont les grands oubliés de le recherche clinique sur le sujet, il y a un vide à combler.
Alors, en attendant qu’on daigne donner des sous aux chercheuses pour ça, je vous propose de commencer par habiter ce vide là.
Je ne suis pas en train de vous demander de créer une télé-réalité sur le sujet et de vous filmer H24 pour le diffuser sur internet ensuite. (« Vis ma vie de surdouée en direct »)

Mais commencer par accepter que le HPI nous concerne aussi. Pleinement.
Que notre réalité du HPI n’est pas moins valable que celle des autres parce que moins représentée.

Notre histoire est unique, et elle mérite d’être entendue et reconnue.

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Le dire, le redire et le crier s’il le faut

Je sais, je sais, je devrais bosser mes exams. Je le fais, pas autant que je devrais mais je le fais.
Mais là, tout de suite, j’ai besoin de vous dire quelque chose : je suis plus intelligente que beaucoup, beaucoup, beaucoup de monde ici.

Je l’ai déjà dit, je sais. Mais laissez moi vous expliquer pourquoi là, c’est une urgence absolue.

Vous le savez peut-être (pas) je suis féministe.
De toute façon quelle personne humaine sur terre n’est pas féministe ? Parce qu’être féministe c’est « simplement » considérer les femmes comme des personnes à part entières. Normalement, à moins d’être le/la dernière des dangereux monstres sans âmes qui traînent sur terre, tout le monde est d’accord sur le fait que toutes les personnes sont égales entre elles.
En pratique, il y en a des gens pour penser que les femmes sont vraiment inférieurs aux hommes. Alors ce n’est pas toujours de leur faute et ces personnes n’en n’ont souvent pas conscience. Mais c’est facile de savoir si on en fait partie ou pas : est-ce que pour vous l’expression « comme une fille » est synonyme de médiocrité voir de nullité ?
Si oui, alors c’est que vous avez intégré l’idée qu’être une « fille » (même pas une femme, vous noterez qu’on n’a même pas le doit d’être adulte dans l’histoire) c’est moins bien.
Moins bien que quoi ? Bah comme dans notre espèce il n’y a pas 36 alternatives, mais seulement 3 dont une infertile et proprement mutilée depuis des centaines d’années pour correspondre à l’une des deux autres, on comprend que « être une fille » c’est moins bien qu’être un garçon.

C’est aussi simple et triste que cela.

Quel rapport avec le fait que j’ai envie de hurler que je suis plus intelligente que plus de 99% de notre population ?
Parce que ce rapport de hiérarchie arbitraire et injuste me fait terriblement souffrir et que les jours où cette souffrance vient à bout de ma patience, j’ai juste envie de répondre à la domination par la domination.  J’ai juste envie d’écraser dans la face de ceux qui se croient supérieurs par leur simples appareils génitaux, que je leur suis TELLEMENT plus supérieure qu’ils ne croient l’être à moi.
Je veux leur retourner la souffrance qu’ils m’infligent, l’humiliation qu’ils distillent sans même y penser, je veux leur retourner la monnaie de leur pièce et je veux les toucher avec les armes qu’ils utilisent contre moi. Contre nous, les femmes.

Vous connaissez le mensplaining ? Ou la mecxplication en français ?
C’est quand un homme vous coupe la parole pour vous dire qu’il s’y connait mieux que vous sur un sujet qu’il ne maitrise pas, mais dont vous êtes experte, juste parce que c’est un homme.
C’est quand un mec vous demande de vous taire, plus ou moins élégemment et respectueusement, simplement parce qu’il ne veut pas vous écouter. C’est toute les fois où en réunion, on a préféré demander à votre collègue Paul ce qu’il convenait de faire pour la suite du dossier que VOUS avez géré. C’est toutes les fois où Paul ne vous a pas laissé en placer une en réunion, et où les patrons (pas qu’il n’y ait pas de femmes patronnes, mais le mensplaining se fait par des hommes) n’ont pas relevé ni jugé bon de vous écouter.
Tout ça étant encouragé par les croyances patriarcales et misogynes qui sont que les « la compétition, c’est pour les hommes. Dans le milieu des affaires, il faut être combatifs, s’imposer et les femmes sont trop douces pour ça ».
Facile à dire, quand à chaque fois que l’on s’impose, que l’on coupe la parole, ou que l’on « ne se laisse pas marcher sur les pieds » comme ces messieurs, on nous accuse d’être hystérique ou (la réplique qui pourrait me pousser à verser du cyanure dans le café de son auteur) « que l’on a nos règles ».

A tous ces hommes qui se croient tellement plus intelligents parce qu’ils ont un pénis, je voudrais les écraser de toute MON intelligence, tellement supérieure à la leur. Supérieure selon les chiffres, la science, les données, les échelles…Un truc bien objectif, inattaquable à leurs yeux.

Vous comprenez surement un peu mieux, aussi, pourquoi je tiens très fort à ce que cette caractéristique de « + » dans l’intelligence des surdoué-e-s ne soit pas gommée, et soit réclamée haut et fort.
Tout particulièrement pour les femmes.

Parce qu’on nous répète, directement ou non, que nous sommes « moins » que les hommes.
C’est FAUX.
C’est FAUX.

Les hommes sont aussi intelligents que nous.
Pourquoi je le dis comme ça ? Parce que dans ce sens, c’est eux qui doivent se hisser à notre niveau, et nous, les femmes qui constituons la référence.

Je ne veux pas inverser l’oppression, je veux qu’on en prenne conscience.

Je veux que plus aucun petit garçon ne fonde en larme parce qu’on l’a comparé d’une manière ou d’une autre à une fille. Quel mal y a-t-il à être une fille ?

Je veux que toutes les femmes et filles se sentent capables et légitimes pour être Présidente de la République, pour être Prix Nobel de Physique, pour être la Plus Grande Artiste de ce siècle et des autres.

Je veux que nous soyons libre d’être ce que nous sommes. Sans crainte pour nos vie ou notre intégrité.

Parce qu’aujourd’hui notre culture patriarcale déteste et méprise les femmes, nous sommes violées, battues, tuées, persécutées, humiliées, restreintes dans nos libertés.
On nous suit dans la rue, on nous regarde comme des objets, on nous insulte, on nous enjoint de nous habiller et de nous comporter en fonction des hommes plutôt qu’en fonction de nos désirs. On nous explique que nous sommes coupables quand nous sommes agressées. On s’emploie à nous expliquer comment vivre et faire les choses. Parce qu’on considère qu’on ne sait pas faire, ou qu’on est trop bête pour cela…

Alors oui, je continuerai de dire que je surdouée, très surdouée même.
Quitte à me faire regarder de travers, je m’en fiche ou plutôt je suis prête à endurer de me faire voir comme une prétentieuse méprisante.
Qu’importe, je sais que je ne le suis pas.

Moi je veux ouvrir la voie. Je veux ouvrir la porte à celles qui n’osent pas.

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