Bien comprendre le test QI

Je n’ai que très peu de patience quand il s’agit de répéter et encore répéter les mêmes choses, et corriger encore et encore les mêmes énormités et absurdités que je lis ici et là sur le QI.

Alors voici un article pour comprendre de quoi il s’agit.

Si vous lisez ce billet en espérant y trouver les questions du WAIS-IV et éventuellement ses réponses, vous pouvez arrêter de lire tout de suite.
Je ne ferai jamais un tel article, parce que j’estime que c’est biaiser l’expérience un peu plus. Un peu comme de vous donner à l’avance les questions d’un contrôle. Vous aurez de meilleures notes, mais elles ne refléteront pas votre capacité à mémoriser, trier, sélectionner puis exploiter les informations. Elle refléteront juste votre capacité à répéter en boucle la même chose.
Donc pas de cela ici.
D’autant plus que je ne vous laisse pas désoeuvré•es, il y a d’autres blogs qui ont largement abordé le sujet.
Il y a notamment cet article, que je n’ai fait que parcourir, mais qui me semble complet : « Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le WAIS-IV »
Pour d’autres réflexions autour du thème du QI, je vous invite à parcourir le site Planète Surdoué en effectuant une recherche avec les mots « test de QI » vous y trouverez au moins une demi-douzaine d’articles.

Qu’est-ce que le QI et que mesure-t-il ?

Le QI pour Quotien Intellectuel est un indice construit en psychologie qui permet d’évaluer les capacités cognitives supérieures d’un individu, en le situant sur une échelle comparativement à sa population d’appartenance.

Traduction : le QI vous situe relativement aux personnes de votre âge et de votre culture, selon vos capacités cognitives supérieures.

Que sont les capacités cognitives supérieures ?

Lorsque l’on s’est intéressé à l’esprit humain, on s’est mis à classifier ses fonctions. On a donc identifié des fonctions que l’on a appelées « supérieures » et d’autres que l’on pourrait qualifier de « de base ».
Une des fonction « de base » de votre cerveau, c’est de traiter les stimulus sensoriels et de construire ainsi une représentation cohérente de votre environnement.
Par exemple, construire une image de ce qui vous entoure à partir des longueurs d’ondes que capte votre œil, c’est une fonction qu’on pourrait qualifier « de base » de votre cerveau.
Traiter les signaux interne de votre organisme pour réguler votre appétit, votre sommeil, etc, ce sont des fonctions « de base ».

Ces fonctions « de base » sont à concevoir en relation aux fonctions dites supérieures, que sont la mémorisation, la conceptualisation, la manipulation de concept abstraits, la résolution de problème, etc.

Le QI est donc un indice construit pour estimer les fonctions cognitives supérieures relativement à une population de référence.

Qu’est-ce que la population de référence ?

La population de référence, c’est l’ensemble des personnes par rapport auxquelles le QI vous situe sur l’échelle de Weschler (pour le WAIS-IV).
Elle est constituée de personnes de tous les sexes, de même classe d’âge et de même culture et langue maternelle que vous.
La classe d’âge est déterminée en fonction des stades de développement de l’être humain. Ces stades de développement sont définis en fonction du développement cérébral, moteur, affectif et intellectuel.
Ces stades sont la raison pour laquelle il existe différents tests de QI selon l’âge de la personne qui les passe.

Je vais maintenant m’attacher à répondre à tout un tas de questionnements ou de remise en question de la pertinence de ce test que j’ai pu lire ici et là, ou qui ont été soulevée s dans les commentaires de ce blog ou sur la page Facebook du blog.

  • « Le test de QI ne mesure pas l’intelligence, parce qu’il ne prend pas en compte la créativité. « 

Deux points me semblent fondamentaux pour répondre à cette affirmation.
D’abord l’intelligence est une notion hautement polysémique. C’est à dire qui a plusieurs définitions, selon le domaine dans lequel elle s’applique.
Exemple très parlant, on parle de « machine intelligente » ou d’intelligence artificielle. L’intelligence de l’informatique n’est pas l’intelligence de la psychologie.
Qui ne sera probablement pas la même que l’intelligence de l’éthologie (bien que je sois persuadée que les deux soient très proches).

Etant donné que le QI est un indice développé par la psychologie, comprenez que si le QI est relié à une intelligence c’est celle qui est définie par la psychologie, et pas celle de la spiritualité ou de l’informatique.

Ensuite, rappelons que le QI est là pour estimer l’efficience des fonctions cognitives supérieures. POINT.
C’est TOUT.

Pour estimer la créativité des gens, il existe des tests psychologiques aussi. Et oui ! Citons le plus célèbre, le TAT.
Donc NON le QI ne mesure pas la créativité, et c’est NORMAL, il n’est pas fait pour cela. Le TAT en revanche, mesure la créativité.
Pour autant le QI est bien une estimation de l’intelligence, en ceci qu’il estime l’efficience des fonctions cognitives supérieures qui la compose.

  • « D’ailleurs il y a plein de théories qui le disent (que le test de QI ne mesure pas la totalité ou la « vraie » intelligence »). »

Quant aux « théories », idées, hypothèses, sur ce qu’est « réellement » l’intelligence, et qui apparaissent aux yeux de certaines personnes comme des bonnes raisons de rejeter l’usage et les résultats du test de QI existant, je répondrai par ce qui suit :
En physique, il existe beaucoup, beaucoup de théories et d’idées qui disent notamment que le temps n’existe pas, que le temps n’est pas une ligne droite passé-présent-futur, que le temps serait une somme d’instant présent juxtaposés les uns à côté des autres comme des bulles ou même superposés parfois, voir même que les liens de cause à effet tel que nous les pensons n’existent pas puisqu’ils reposent sur une conception linéaire du temps qui serait erronée.**
Sachant cela, faut-il pour autant abandonner toutes nos montres et jeter aux orties nos heures de rendez-vous, nos chronomètres, nos compteurs de vitesse ?
NON !
Pourquoi ? Parce que quand bien même ce que nous mesurons avec nos montres et chronomètres n’existerait pas, ce sont les seuls outils qui fonctionnent et dont nous disposons pour nous situer dans le temps – tel que nous le comprenons aujourd’hui au quotidien.

C’est pareil pour le QI.
Quand bien même dans 10, 100, 150, 1000 ans on détermine qu’on s’est totalement fourvoyé•e avec notre définition du QI et de l’intelligence, c’est aujourd’hui le meilleur outil dont nous disposons pour évaluer les capacités cognitives supérieures de l’être humain.

Petite annonce personnelle : donc à moins que vous ayez jeté toutes vos montres et que vous refusiez massivement l’usage du système horaire dans votre vie, je ne veux plus lire que « de toute façon y’a plein de théories qui disent que le QI ne mesure pas l’intelligence ». Parce que si vous acceptez d’avoir une montre alors qu’existent toutes ces théories sur le temps, alors vous devez accepter l’utilisation des test de QI et accepter leur résultats.

  • « Le test n’est pas adapté aux personnes avec TSA » 

Si.
Parce qu’il faut comprendre que le test de QI n’a pas pour objet de mesurer les TSA, mais l’efficience intellectuelle du sujet, éventuellement porteur de TSA.
Le test de QI est en fait tout à fait pertinent dans un bilan exploratoire complet des TSA, puisqu’il permet d’estimer s’il y a ou pas déficience mentale et estimer son intensité (je rappelle que dans 80% des cas d’autisme il y a déficience intellectuelle *), ou au contraire détécté un HPI possible (c’est très rare, je rappelle que les TSA concerne seulement –selon le rapport sur l’autisme de 2013 – 1 naissance sur 150 ; et que la prévalence du HPI est de 2,5% dans la population française, ce qui représenterait 0,0165% de la population. ).

Si vous utilisez le test de QI pour vous faire une idée de la forme que prend le TSA chez un individu, vous êtes à côté de vos pompes. C’est un peu comme si vous utilisiez un double-décimètre pour chronométrer votre temps de course.
mais si vous utilisez un test de QI pour estimer l’efficience intellectuelle d’une personne avec TSA, c’est bon.

  • Le test de QI n’est pas fiable, parce que si on a une dépression ou un autre trouble psychopathologique, on peut « sous performer ».

Si l’on sait qu’on peut « sous-performer » aux tests de QI à cause du stress, d’une dépression ou d’autres troubles psychopathologiques, c’est bien parce que les spécialistes ont observé ce phénomène.
Donc, pas d’inquiétudes, ces paramètres sont connus des psychologues, et la lecture des performances aux tests de QI se fait avec cette information.
Et même, tenez-vous bien, les tests de QI peuvent aider à détecter des troubles psychopathologiques ou neuropsychologiques. Et oui ! Comme par exemple, la dyspraxie (qu’elle soit visuo-spatiale ou non). C’est une histoire d’écart spécifique et caractéristique du trouble entre certains indices.

Si vous êtes en dépression, ou en dissociation sévère, et que vous passez un test de QI, normalement, les résultats du test ne pourront être exploités tels quels pour un diagnostic. Ils ne peuvent que mettre sur une piste, permettre de souligner une hypothèse, de poser des questions. Mais pour avoir une vision plus juste des réelles capacités intellectuelles du sujet, il faudra refaire le test une fois que la dépression aura disparue ou que les troubles seront stabilisés depuis suffisamment longtemps.

Il faut aussi accepter que des troubles psychopathologiques influent bel et bien sur les capacités cognitives. Ce n’est pas le test de QI qui est mal fait, mais bien la maladie qui a cette conséquence sur la psyché.

  •  » Le test ne prend pas en compte si l’on est stressé durant la passation ou si l’on passe le test dans de mauvaises conditions. »

Le stress fait parti du jeu, si j’ose dire. La situation d’examen génère du stress chez tout le monde. Absolument tout le monde.
Le test et ses résultats sont donc construits en prenant en compte cette dimension du stress induit par la situation d’examen.

Notre capacité à faire avec ce stress fait partie de ce qui est estimé, mais relève de l’aspect clinique plutôt que psychométrique.
Pendant le test de QI, notre comportement est évalué également. On ne regarde pas juste les bonnes et mauvaises réponses. On s’intéresse à ce qui se passe chez le sujet pendant la passation : signe de stress, de colère, de frustration, d’amusement, conscience de l’environnement, interaction avec l’examinateur ou examinatrice, etc.

Donc, le stress est aussi pris en considération lors de la passation du test.

Bien sur, quelques (rares) personnes peuvent perdre tous leurs moyens face à la situation de test. Mais dans ce cas, le test est arrêté. Voire invalidé.
Par exemple, face à quelqu’un qui s’exprime parfaitement en entretien clinique, manipule les chiffres et les concepts sans aucun problème, mais devient muet•te en situation d’examen, on comprend aisément que le problème est le stress, et pas la déficience mentale. Pourtant, si on fait bêtement la cotation de ses réponses, on notera juste 0 à tous les items, étant donné qu’iel n’a donné aucune réponse.
Mais ce résultat est absolument vide de sens « psychométriquement ». Cliniquement en revanche, il parle de la gestion du stress, de la peur du regard de l’autre, de la relation à la situation d’évaluation, de la confiance en soi, etc…

Quoi qu’il en soit, les psychologues sont formé•es à prendre en compte l’impact du stress sur le sujet durant la passation du test.

Pour ce qui est des conditions de passation du test, elles sont normalisées. C’est ce qui permet, entre autre chose, au test d’être valide.
Ce sont des conditions dites standardisées.
La passation se fait dans un cabinet de (neuro)psychologue, dans une pièce fermée, en tête à tête avec l’examinateur ou l’examinatrice. Peut-être filmé•e, mais toujours avec votre accord. Éventuellement en présence d’un•e stagiaire.
Avec le matériel de passation officiel de la WAIS-IV (si vous êtes un•e adulte).
Le test doit se passer en un seul tenant autant que faire se peut (certaines conditions physique ou psychopathologiques peuvent demander à ce que le test se déroule sur plusieurs séances).

Et voilà pour les conditions standard de passation, grosso-modo.

Si ces conditions sont remplies, alors vous pouvez considérer que vous avez passé le test dans de « bonnes conditions ».

Bien sur, cela ne prend pas en considération le manque de tact, ou de considération, de certain•es professionnel•les, qui ont le chic pour vous asséner des commentaires bien déstabilisants et totalement déplacés.
Mais comprenez bien que même si on vous dit des horreurs, le test restera valable dans le sens où il vous donnera une estimation de ce que vous avez été capable de faire dans ces conditions particulières.
Bien évidemment, si vous aviez passé le test dans de telles conditions, je vous encourage à le repasser trois ans plus tard, avec un•e autre professionnel•le.
Vous aurez alors un point de comparaison.

  • « De toute façon le test de QI n’est pas fiable, parce qu’on peut modifier son QI en lisant beaucoup, ou en prenant beaucoup de cours. »

Le QI varie au cours de l’existence. En dehors de psychopathologies ou de troubles psychologiques, la variation peut tourner autour de quelques points, 3 me semble raisonnable.
Ceci sans rien faire de spéciale.
C’est un peu comme le poids. Vous avez beau ne rien faire de spécial, au cours d’une journée, votre poids fluctue.

Il faut bien comprendre ce qu’est le QI. C’est une estimation de vos fonctions cognitives supérieures : mémoire, vitesse de traitement, etc.
Ces fonctions sont supportées par vos neurones, et surtout par le réseau qu’ils forment en se connectant entre eux.
Apprendre quelque chose de nouveau crée de nouvelles connexions neuronales.
Plus ils y a de connexions entre les neurones, plus l’information circule.
Comme sur la route. Si vous avez une seule route pour 100 véhicules ou usagers, tout le monde va se retrouver coincé sur la seule et unique route qui existe.
Mais si vous construisez de nouvelles routes, il y a aura moins d’embouteillages, et tout ce petit monde ira plus vite pour se déplacer, parce qu’il ne sera pas coincé sur la seule route existante.

Donc oui, si vous lisez, si vous apprenez des choses nouvelles, vous augmentez le nombre de vos connexions neuronales, et donc vous pouvez gagner quelques points de QI. Mais quelques points.
Mais vous ne passerez pas de 110 à 140 juste en vous tortorant l’encyclopédie Universalis. Vous passerez peut-être à 115, 120 maximum (je n’ai pas de source, je réfléchis juste sur la base de l’écart type du QI établit à 15).

Mais le test demeure fiable, puisqu’il rend compte de l’amélioration (ou de la détérioration) de vos fonctions cognitives supérieures.

  • « Et le Q.E alors ? On dit que c’est encore plus important que le Q.I »

La réponse est facile : ça n’existe pas.
Je veux dire que même si certaines personnes dans la psychologie (américaine surtout) construisent des théories et avancent des hypothèses sur l’existence du Quotient Émotionnel, aucun des travaux sur le sujet n’a trouvé validation à travers l’expérience scientifique.
Donc rien n’est prouvé. Quand bien même il existe des test, des questionnaires et que sais-je, ces outils ne sont pas valides d’un point de vue scientifique.

Et ce qui est amusant, et paradoxal, c’est que le QE est une notion encore moins bien définie que l’intelligence liée au QI, mais étrangement cela pose bien  moins de problème d’acceptation par le grand public.

 

Voilà pour ce petit tour, non exausthif mais représentatif, de ce que j’ai pu lire ici ou là sur le QI et à quoi il m’est fatiguant de répondre encore et encore. :p
J’espère donc que ce billet me permettra de ne plus le faire !

*Cours de Licence 3e année de Psychologie – Troubles du devellopement – R.Miljkovitch – IED Paris 8 – 2016/2017

** http://www.astrosurf.com/luxorion/temps-nexistepas.htm
Il s’agit d’un site de vulgarisation scientifique, mais les sources me semblent correctes.

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Bonus : Précisions autour du mot « zèbre »

Bonzouuuuuuuuuuuuuuuuuuur les zamis !

kaeloo-lpmj

Alors que je travaille à la rédaction de l’article sur les spécificités neurologiques des personnes HPI (et ce n’est pas si agréable que cela) je suis distraite par une quantité d’énormités que je lis autour du sujet des zèbres de Mme J.S.Facchin.

Et ça me fatigue. Et ça m’empêche de travailler surtout.
Donc, j’ai décidé de me libérer le cerveau et vous délectant (oui rien que cela) d’un petit article qui me permettra de me libérer l’esprit (et je l’espère secrètement, de remettre quelques points sur quelques i ).

Le zèbre, c’est quoi ?

Le zèbre, c’est un concept inventé par Mme Jeanne Siaud-Facchin, pour désigner une personne surdouée, mais sans utiliser les mots surdoué•e ou Haut Potentiel Intellectuel parce qu’elle estimait que ces mots étaient trop lourds à porter pour beaucoup de gens concernés. C’est à dire que ces notions étaient trop chargées de clichés et de préjugés pour que les personnes surdouées puissent sereinement s’approprier cette identité.
Je vous invite à lire l’ouvrage « Trop intelligent pour être heureux » de Mme J.S.Facchin pour lire plus avant et plus précisément sur cette notion de « zèbre ».

A l’origine, le mot « zèbre » est censé être un simple substitut pour le mot surdoué•e ou pour HPI.
Mais il a été récupéré très massivement et a fini par désigner une sorte d’alternative à la définition du surdon.

Comment en est-on arriver à cette définition parallèle ?

Rappelons que la définition clinique et scientifique du HPI est le fait d’obtenir un Quotient Intellectuel Total sur l’échelle de Weschler supérieur ou égale à 130.
Ou, avoir au moins deux des quatre indices composant le QIT supérieurs ou égaux à 130 dont l’Indice de Compréhension Verbale (ICV).

Tout le reste des « critères du HPI » constitue des observations empiriques, c’est à dire observées dans la pratique, sur des cas individuels, mais non généralisables.
C’est à dire que si le goût pour la lecture, la curiosité, l’humour, l’apprentissage précoce et autonome de la lecture, font parties des indices qui mettent sur la voie du surdon, ils ne constituent pas une définition de celui-ci.

Et à vrai dire, il n’y a pas de consensus sur la définition du surdon, à l’exception du score de QIT. *
Il me semble donc pertinent de choisir ce seul et unique critère comme définition du surdon. Puisque c’est le seul sur lequel tout le monde est d’accord.

Revenons à nos zèbres.
Mme J.S.Facchin, à partir des personnes surdouées qu’elle recevait a établi des grands traits qu’elle jugeait caractéristiques des personnes HPI.
Elle a donc, sur son expérience et ses connaissances personnelles, fait une généralisation de ses observations sur la population entière des HPI.  Elle n’est pas la seule à le faire et il n’est pas question de lui faire un procès d’intention ici. Je décris simplement ce qui a été fait tel que je l’ai compris.

A partir de ses observations, elle a écrit plusieurs ouvrages. Dont « Trop Intelligent pour être heureux ? ».
Dans ces ouvrages, qui se basent sur son expérience clinique, il est question notamment du mal-être et des souffrances que peuvent éprouver certaines personnes surdouées (sur la base des patient•es rencontré•es dans son cabinet).

Et c’est là que le bas blesse.
Car la foule s’est précipitée sur cet aspect négatif mais surtout éminemment subjectif (il s’agit de souffrance d’individus, et personne ne peut remettre en question la souffrance de l’autre, il n’y a pas d’outils pour mesurer la souffrance psychique) de cette description de cas de surdoué•es.
S’en est suivi un amalgame malheureux qui a associé le surdon intellectuel à une sorte de handicap social ou de maladie (alors que c’est FAUX !!!!) mais surtout, qui a eu pour conséquence de mettre l’accent sur l’émotionnel et de parfois carrément oblitérer le critère psychométrique.

C’est ainsi que le « zèbre » s’est vu défini avant tout par une supposée « hypersensisbilité » (qui n’est, je le répète absolument pas démontrée) et une souffrance particulière due à cette sensibilité différente, alors que les surdoué•es demeuraient uniquement défini•es par le fait d’avoir un QIT supérieur ou égale à 130.

Et voilà, dans les grandes lignes, comment on en est arrivé à voir des « zèbres » qui ne sont pas surdoué•es et des surdoué•es qui ne sont pas des « zèbres ».

Rendre à César ce qui lui appartient, et laisser les autres tranquilles

Dans les faits, le phénomène zèbre est le produit plusieurs choses : une présentation de cas de surdon qui insiste sur les souffrances rencontrées par certains individus concernés, une culture qui n’aime pas l’idée qu’il existe des gens plus intelligents de naissance et qui en plus iraient bien (c’est trop), et une propension à vouloir être différent•es des autres, mais pas trop quand même, mais ce serait bien si ça pouvait me donner des excuses et me déresponsabiliser pour tout ce qui va de travers dans ma vie.

Evidemment, ceci ne nie pas, ni n’efface, les souffrances réelles rencontrées par beaucoup de monde. Et je ne dis pas que toutes les personnes qui aiment à s’appeler zèbre se cherchent des excuses.

Je décrit ici simplement mon analyse du processus qui a donné naissance au blougiboulga qui différencie « zèbres » et surdoué•es pour « les gens ».

Voilà donc comment – il me semble – on en arrive à faire des « zèbres » et des surdoué•es.

A partir de là, c’est l’histoire de chacun•e et c’est à chacun•e de décider ce qu’il ou elle souhaite utiliser comme terme pour se désigner et pourquoi.

Si Marcelin est un « zèbre » et que Micheline est surdouée, très bien. Ce qui m’importera c’est d’être certaine que l’on est toutes et tous d’accord sur les définitions de chacun des termes utilisés.

Le problème, c’est que quand il s’agit de « zèbres » et de surdoué•es, plus personne n’est d’accord et chacun à sa petite définition personnelle.

Ça, ça m’agace.

Alors j’aimerais bien qu’à l’avenir on se mette d’accord. Et qu’on ne me colle pas dans la case « zèbre » quand moi-même je ne m’y mets pas. Et c’est valable pour tout le monde, et dans les deux sens.

Mon problème avec le terme de « zèbre »

Avec le mot en lui même je n’ai aucun problème.
Pas plus qu’avec la démarche qui a soutenue son invention, à savoir épargner une confrontation à des clichés désagréables pour certain•es.

Ce qui me gène grandement, c’est le bazar monumental que les gens ont mis derrière ce mot et les conséquences, que je trouve dommageables, que cela a sur beaucoup de monde. Et en particulier les surdoué•es.

Le problème c’est qu’avec cette appropriation du concept de « zèbre » et, finalement, l’abandon par la foule du seul critère diagnostic existant pour définir le surdon, on se retrouve à dire tout et n’importe quoi sur le sujet du HPI.
Toute cette désinformation ne participe pas à la connaissance du HPI, et donc à sa reconnaissance, sa compréhension et son acceptation dans notre société.

Dans les médias aujourd’hui, on n’utilise presque plus le mot surdoué•e ou même le terme HPI, au profit du mot « zèbre ».
(Ce serait le mot Kiwi, ce serait la même chose.)
Le problème n’est pas le mot, mais ce que les gens mettent comme définition derrière. Et derrière le zèbre, c’est n’importe quoi.
Tout le monde y va de sa définition d’après son petit cas personnel. Et comme les gens (et je dis bien les gens) ont décidé que pour être zèbre le QIT c’était pas super déterminant, on se retrouve avec des listes d’idées reçues sur le HPI aussi fausses que grotesques.

Le plus pénible c’est que comme le zèbre devient  l’archétype du/de la surdoué•e pour le grand public, on se retrouve avec cette association du HPI et de la souffrance.  Et ça me donne envie de m’arracher les cheveux. Or j’adore mes cheveux, ça m’embêterait donc de devenir chauve à cause de zèbres.

Résumons

On est surdoué•e quand on a 130 ou plus de QIT sur l’échelle de Weschler au test WAIS-IV ou WISC-V (dont les résultats ne sont pas comparables puisque je rappelle qu’on compare les individus à leur groupe d’âge et qu’on peut gagner ou perdre jusqu’à 15 points de QIT entre 11 et 15 ans).
Lorsque ce seuil est atteint, on est surdoué•e que l’on aime le terme ou pas. Et l’on sera surdoué•e toute sa vie, qu’on utilise le mot ou un autre.

Seul le QIT supérieur ou égal à 130 ou bien deux des quatre indices composant le QIT dont obligatoirement l’ICV supérieur ou égale à 130 (sur l’échelle de Weschler au test WAIS-IV ou WISC-V) sont des critères de diagnostic du HPI.
Tous les autres traits de personnalité décrits comme des caractéristiques du HPI sont le résultats d’observations empiriques. Ils permettent de s’orienter vers l’hypothèse d’un HPI, mais ne constituent pas des critères de diagnostic.

Mme J.S.Facchin a utilisé le mot « zèbre » pour parler des surdoué•es pour éviter aux personnes concernées de devoir se confronter aux préjugés, stéréotypes et autres pressions que ce mot peut véhiculer et engendrer chez les gens. Il est, à l’origine, strictement synonyme de surdoué•e.

Les gens se sont approprié le terme « zèbre » suite à la parution de l’ouvrage de Mme J.S.Facchin en 2002, et le concept a alors acquit une autre définition.
Un « zèbre » s’est alors définit surtout par une hypersensibilité, une certaine souffrance et un certain mal-être, et bien moins par ses résultats au test de QI. (Et ce plus du fait « des gens » que de l’auteure du livre.)
Test de QI grandement décrié d’ailleurs dans beaucoup de communautés rassemblant des personnes s’appelant « zèbres ».

« On » associe aux « zèbres » une certaine souffrance (voire une souffrance certaine), une notion de handicap plus que de don. Et ça, ça en gène plus d’un•e chez les surdoué•es (zèbres ou pas), à commencer par moi.

Conclusion

Le problème du « zèbre » ce n’est pas tant le mot, mais bien les dérives que cette figure de style a générée.
Les mots ont une signification, une importance. Ils correspondent à une réalité précise qui est décrite par leur définiton.
Si on change de mot alors on ne parle plus de la même chose. C’est exactement ce qui s’est produit avec le mot « zèbre ».

Parce que ce n’était plus le mot « surdoué•e », que c’était un nouveau mot vierge de presque toute signification, les gens ont pu y mettre tout ce qu’ils voulaient.

Résultat le mot « zèbre » dans la bouche des gens finit par désigner énormément de cas (on ne va pas dire chose quand on parle de gens quand même) différents.
En fonction de qui emploie ce mot, il ne voudra pas dire la même chose.
Quand Mme J.S.Facchin l’utilise, elle veut parler des surdoué•es, à qui elle veut épargner le poids des clichés et préjugés sur le sujet.
Quand certain•es « zèbres » l’utilisent, ils et elles veulent parler de leur souffrance, de leur décalage ressenti par rapport aux autres, de leur difficultés à se trouver un•e compagne, à trouver une place dans la société ou encore un sens à leur vie.
D’autres encore font de « zèbre » et « hypersensible » des synonymes.

Vous voyez, c’est tout ça mon problème.
Parce qu’il n’y a aucune définition populaire du zèbre, alors il y en a autant que d’individus.  Soit on accepte cette pluralité et on arrête de vouloir faire de « zèbre » un profil unique applicable à l’identique à toutes et tous (sous quels critères du coup ?). Soit et bien, on continue comme maintenant et tout le monde s’entre-déchire simplement parce que personne ne parle de la même chose.

Moi je parle de surdoué•es (ou HPI)  parce que ce mot a une définition précise, avec des critères précis et qu’il recouvre une réalité précise et surtout objective.
Je ne nie pas les préjugés, les clichés et les attentes que peut générer ce mot.
Mais ces clichés, préjugés et attentes n’ont pas lieu d’être. Ce sont des constructions d’idées erronées, issues d’une méconnaissance du sujet.
Et ce n’est pas en cessant d’utiliser ce mot qu’on va permettre aux gens de lui réattribuer sa juste signification.
Au contraire.
Utilisons donc correctement le mot surdoué•e, cessons de le prononcer à voix basse, comme s’il était honteux.
C’est en décomplexant son usage que l’on va participer à lever les préjugés sur la question.

*Sources :
Comparing Apples and Oranges: Fifteen Years of Definitions of Giftedness in Research
Carol A. Carman

Two Tails of the Normal Curve Similarities and Differences in the Study of Mental Retardation and Giftedness
Nancy M. Robinson, Edward Zigler, James J. Gallagher
University of Washington, Yale University, University of North Carolina at Chapel Hill

 

De retour des examens

Comme je suis heureuse de vous retrouver !

J’ai donc terminé mes examens pour cette année.
Mais tout ne s’est pas passé exactement comme prévu initialement.

L’angoisse, ma compagne depuis toujours, m’a poussée à d’abord retarder mes examens de juin à septembre, puis finalement à carrément morceler l’année.

Je m’explique.

A l’IED de Paris 8, nous avons le choix des dates pour passer nos examens. Il existe deux sessions, juin et septembre, comme pour toutes les autres universités, mais contrairement à ces dernières, elles ne sont pas obligatoires.
C’est à dire que nous pouvons choisir de passer, à la carte, l’ensemble de nos épreuves : tout en juin, ou tout en septembre. Ou bien moitié-moitié. Ou deux matières en juin, et dix en septembre, ou l’inverse, etc.
La seule chose à prendre en compte est que si nous choisissons de passer seulement en septembre, nous n’avons pas de deuxième chance sur l’année.
Et si nous passons en juin, nous avons la possibilité de passer de nouveau les matières non validées (notes inférieures à 10/20) en septembre.

Voilà pour les aspects techniques.

Cette année, nous avions cinq devoirs et un rapport de stage à rendre, chacun comptant comme examen pour la matière à laquelle ils se rapportaient.
Ces devoirs/rapports étaient à rédiger chez nous, contrairement aux examens « sur table » qui se déroulent en salle d’examen dans les locaux de l’université (ou loués par celle-ci).
A ceux-ci s’ajoutaient 12 examens sur table.

J’ai choisi de passer en première session (juin) les cinq devoirs et une des 12 matières à examen sur table, puis le rapport de stage et trois autres matières en examens sur table en septembre.

Pourquoi qu’est-ce ?

Parce que, voyez-vous, c’est la JUNGLE là dehors. La compétition est très, très rude. Même si la filière universitaire de psychologie n’est pas une filière à concours, il n’empêche que c’est une filière très fortement sélective. Les places en Master 1 et Master 2 sont très chères.
Donc, pour les avoir, il faut des dossiers en béton armé. Ce qui signifie des moyenne générales d’année de Licence qui ne descendent pas en dessous de 14/20 (selon les rumeurs). Pour les spécialités les plus sélectives, un bon 16/20 ou 17/20 de moyenne est bienvenu.

Or voyez-vous, une année de Licence 3 validée, est une année gravée dans le marbre et immuable. C’est à dire que si vous vouliez refaire votre année, où que cela soit, pour améliorer vos notes et donc votre dossier, vous ne pouvez pas.
Ces notes, à partir de la Licence 3, sont donc DE-TER-MI-NAN-TES.
Une mauvaise année de Licence 3 (en psycho) peut réellement vous condamner et vous empêcher d’obtenir une inscription en Master 1 et donc, à fortiori, en Master 2. Et sans Master 2 (pro) de Psychologie, on ne peut pas être Psychologue en France. C’est comme ça.

Je vous laisse imaginer la dose d’angoisse que mon T.A.G et moi avons enduré cette année avec cette réalité sous le nez.

Du coup, pour éviter de m’auto-digérer d’angoisse, j’ai choisi de ne passer que quelques matières à la fois, pour assurer des notes que je qualifie de correctes, selon les contraintes citées plus haut.

C’est à dire que maintenant, moi, je veux 17/20 minimum pour chaque examen.
Jusque là, j’y arrive. Chacun de mes UE est bien à 17/20 ou plus. Sachant qu’une UE est composées de plusieurs matières.
Bref.

Pour l’instant, ça passe.

Donc encore un tour pour la L3

C’est donc reparti pour un tour en L3, pour finir l’année.
Et brillamment s’il-vous-plait !
De toute façon, je n’ai pas le choix.

Programme du blog :

Pour ce qui est du blog, voici les thèmes (dans le désordre) des articles à venir  :

  • Le neurobiologie du cerveau des surdoué•es
  • La sensorialité et le HPI
  • L’empathie
  • Que répondre aux personnes qui nient les spécificités des surdoué•es ?
  • Une façon parmi d’autres d’expliquer à un•e enfant qu’elle/il est HPI ? (Ce dernier article étant une demande directe de lectrices, je ne peux qu’y répondre, et avec joie. Mais il restera une exception sur ce blog, dédié au HPI en tant qu’adulte)

Si vous souhaitiez voir des sujets précis, en relation avec le HPI adulte, abordés sur ce blog, n’hésitez pas à me le faire savoir en commentaire de cet article, ou sur la page Facebook du blog, ou même sur Twitter.

Voilà ! Je suis très heureuse de vous retrouver pour cette nouvelle année universitaire ! :p

Pourquoi se dire ?

J’ai parcouru dernièrement un article de Zeb Léon sur le pourquoi de son anonymat sur internet.

Ce qui m’a frappée plus particulièrement est la dernière partie de son billet, où il aborde l’impact possible d’un non-anonymat sur sa vie professionnelle.

En voici la citation, mais comme pour toutes les citations, je vous invite à la replacer dans son contexte en allant consulter l’intégralité de l’article ici.

« Je suis anonyme aux yeux des recruteurs

Mon côté zèbre m’amène à changer de temps en temps d’emploi que ce soit par lassitude où par le fait de ne pas être rentré assez dans le moule de la société.

Je n’ai pas trop envie que les recruteurs lorsqu’ils se renseignent sur moi lors d’une recherche web tombent sur mon blog.
Je ne suis pas sûr que d’afficher publiquement à mes futurs employeurs que je suis un zèbre et que parfois, je peux avoir des idées un peu différente des leurs soit une bonne chose pour ma carrière. Donc moins ils en savent ce niveau-là mieux ce sera pour mes futures recherches d’emploi (suis en plein dedans justement) »

 – Zeb Léon, « Etre un blogueur anonyme sur internet »

Une remarque légitime

Penser que son profil atypique ne sera pas bien reçu par un•e éventuel•le futur•e employeur ou employeuse est une réaction parfaitement légitime et très commune.

Elle repose sur une vérité que l’on ne peut nier : un profil atypique dans la vie professionnelle est trop souvent pénalisant.
Les projections et préjugés sur les surdoué•e•s jouent rarement en notre faveur.
Il existe, heureusement, des exceptions, mais elles sont, par définition, exceptionnelles. Il est donc légitime de préférer ne pas être identifié•e comme surdoué•e à son travail.

Le risque

Dire que l’on est HPI, dans la vie professionnelle, c’est s’exposer au risque de se voir refuser le poste.
Les raisons derrières ce refus sont diverses : jalousie, peur, préjugés.
Mais le résultat est le même : pas de travail ou pas d’évolution ou mise au placard. (Grosso modo. Et évidemment, il y a pléthore d’autres raisons qui peuvent aboutir aux mêmes résultats, mais ici je m’intéresse au fait de dire sa nature de HPI)

Le risque est donc réellement conséquent.

La décision de se taire est de fait parfaitement compréhensible et inattaquable.
Risquer sa carrière, en somme, n’est pas une décision que l’on prend à la légère.

Alors, pourquoi le dire ?

Face à ces réelles complications possibles, pourquoi choisir d’être transparente quant à ma nature de HPI ?

Parce que ces discriminations sont injustes, intolérables pour moi.
Parce que je ne suis pas toute seule, parce qu’il ne s’agit pas que de moi.
Pour que les choses changent.

Parce que si un jour je veux pouvoir vivre dans une société où toutes les personnes HPI n’auront plus à craindre des discriminations dans leur vie professionnelle (et personnelle) à cause de leur nature de HPI, je me dois de commencer à la construire en commençant par moi.

Bien sur, je sais que je prends des risques.
Mais je crois que c’est par l’exemple, en montrant que les choses sont possibles, que d’autres l’ont fait, que l’on change les choses.
Petit à petit.

Je n’ai pas l’ambition d’être une héroïne du HPI, et je ne me considère pas du tout comme telle, heureusement !
Mais je crois profondément en la force de l’exemple.

Vous savez, ces personnes de votre entourage proche ou moins proche, que vous admirez et qui vous inspirent dans votre vie, mais qui sont pourtant « seulement » votre professeur•e, votre médecin, votre voisin•e, ou la/le bénévole de telle ou telle association ? Elles sont des exemples, des sources d’inspiration, des preuves que ce qu’elles accomplissent peut être accompli, et leurs simples existences vous motivent dans vos accomplissements.

C’est en ces exemples que j’ai foi, et c’est un de ces exemples que j’essaie d’être, à ma toute petite et modeste échelle, pour le HPI.

Un exemple, pas une référence, attention.
Juste un exemple parmi tous les possibles.

Mais qui existe. Et dont tout le mérite est justement là : exister.

Pour tou•te•s les autres, avec et après moi

Si, évidemment, je le fais pour moi en premier lieu, je le fais aussi pour les autres.
Pour toutes ces autres personnes qui se disent qu’elles aimeraient bien ne pas se taire, mais qui n’osent pas. Pour toutes celles qui auraient besoin de voir que d’autres le font pour pouvoir oser le faire et s’épanouir ainsi.

Pour qu’à force d’exemple, le HPI ne soit plus une source de discrimination ou de honte pour personne.

En fait, j’ai juste envie d’être une de ces milliards de gouttes d’eau qui formeront un jour la société-océan dans laquelle le HPI ne sera plus un sujet de discriminations, de honte ou de souffrance pour personne.

Note : Vous avez là ce qui motive ma démarche de non-anonymat.
Mais ma démarche n’est en rien une accusation ou un reproche envers celles et ceux qui en ont une autre.

Personne n’est tenu à quoi que ce soit.
Ce n’est pas parce que moi, j’ai à cœur de travailler à faire tomber les discriminations sur le HPI que j’estime que tout le monde devrait le faire ou que c’est mal de ne pas le faire.
Ou le faire exactement de la même façon que moi.

Bien sur que non.

Note 2 : Pour celles et ceux que la question du HPI au travail interesse, je vous invite à lire les articles de Matthieu Lassagne, sur son site https://www.coaching-et-douance.com/

Demain, c’est bien.

La procrastination.

Cet article en est un merveilleux exemple, puisque plutôt que de l’écrire, je pourrais rédiger mon rapport de stage.
Mais je fais quelque chose d’autre à la place.
Voilà.

Les HPI, adeptes de la procrastination ?

J’ai lu souvent que les personnes HPI étaient de grandes procrastinatrices.
Dans l’ouvrages de Béatrice Millêtre, j’y ai trouvé un début d’explication qui s’avère aussi être une sorte de démenti.

C’est-à-dire qu’on ne procrastinerait pas vraiment, nous les HPI, mais l’on « ferait nos Archimède » pour paraphraser Béatrice Millêtre. (Ceci est une interprétation toute personnelle de ce qui est décrit dans l’ouvrage de B.Millêtre.)
Dans son ouvrage, elle nous explique que nous réfléchissons à un sujet/problème/question/projet/juste comme ça en faisant autre chose.
Exemple : nous devons rédiger notre rapport de stage (exemple au hasard hein), nous devons donc réfléchir à comment nous allons organiser nos éléments les uns par rapport aux autres et quel sommaire nous allons devoir respecter avec tout ça; eh bien plutôt que de prendre une feuille et un crayon pour y travailler, on va faire complètement autre chose.
Jusqu’à ce que PAF ! Épiphanie, on a une super idée pour ce rapport de stage, et on s’y met.
(Je l’attends toujours l’épiphanie pour le rapport de stage, mais j’ai de l’espoir.)

De fait, ce n’est pas tant qu’il s’agisse de repousser une chose à faire, que de trouver une autre chose à faire pour pouvoir en même temps trouver la solution à la première.
En fait, on ne procrastine pas, on fait même le contraire. On fait plusieurs choses à la fois. :p

En fait, c’est déjà fait. Donc ce n’est plus à faire

Dernièrement, je me suis dit que si je repoussais comme ça systématiquement ce que je devais faire (surtout si je n’ai pas de date butoir), c’est que dans une certaine mesure, j’ai l’impression que le principal est déjà fait.
Quand j’ai réfléchi à une chose à faire, et que j’ai conceptualisé comment je devais m’y prendre, ce que je devais faire et estimé le temps nécessaire, je crois qu’une part de moi se dit que le boulot est déjà fait.
A partir de là, tout effort supplémentaire pour effectivement produire la chose me semble être un effort en trop. Et je n’ai pas le cœur à le faire.
Il me faut donc une bonne motivation pour m’y mettre. Et en général, si ce n’est pas l’envie spontanée de faire, c’est le devoir de le faire (date butoir, engagement, etc) qui me pousse à l’action.

Toujours trop tard et jamais assez

Je réalise la plupart de mes projets dans le stress le plus complet et je ne suis que très rarement pleinement satisfaite de mon travail.
Parce que je réalise toujours tout à la dernière minute. Je vois toujours trop court en terme de temps.
Résultat, je ne prends pas de plaisir à réaliser la tâche en question, et je trouve toujours que je bâcle la chose, faute de temps.
Personne ne m’a jamais fait ces retours-là, tout le monde est toujours très content de ce que je produis, mais moi pas.
Je sais dans quelles affres de stress et de précipitation cela s’est fait et je me flagelle intérieurement.

Pourtant je le SAIS que je fonctionne comme ça, je SAIS que je DEVRAIS me forcer à m’y mettre plus tôt.
Mais impossible.

Ce qu’en disent les autres

Un article bien sympa sur la procrastination de la revue Cerveau et psycho.
Dans la même veine vous avez l’article de la revue Le Cercle Psy : l’art de la procrastination trimestriel n°25 juin/juillet/août 2017

 

Bon, bah maintenant, je vais essayer de travailler.