Surdoué-e-s : ceux et celles qui font croire qu’ils/elles en sont

Dans la lignée du Paradoxe des surdoué-e-s, il y a ceux qui vont plus loin que de simplement s’autoriser à envisager qu’ils/elles puissent l’être : ceux (et celles) qui carrément se déclarent l’être, sans qu’aucun diagnostic n’ait été posé par quelqu’un•e de compétent•e.

Erreur fatale
giphy (3)

 

C’est véritablement une démarche très maladroite, et j’ose me risquer à des pronostiques, généralement vouée à l’échec.

Voyez-vous, se faire passer pour un-e surdoué-e n’est pas une mince affaire.
La supercherie peut durer, je crois, avec des personnes qui ne sont pas elles-même directement concernées par le sujet, ou ne sont pas parentes d’un•e surdoué•e.
L’usurpateur/usurpatrice pourra user de mots et tournures de phrases alambiquées, essayer de donner une illusion de profondeur à ses propos en usant de phrases à rallonge ou de questions à n’en plus finir… Mais tout ça sonnera faux aux oreilles des – réellement – surdoué•e•s.

Une espèce de radar

Il se trouve – et c’est un fait constaté, même si pas démontré – que les surdoué•e•s se détectent entre eux/elles. Ces étranges individus que nous sommes nous détectons, à coup très surs, parmi les centaines voir milliers d’autres individus qui nous entourent.
C’est complètement inconscient, mais c’est aussi très efficace.
Pour autant je n’irai pas dire que c’est infaillible. Mais j’ai moi-même des anecdotes bien amusantes sur 3 personnes croisées, de 12, 13 et 28 ans, que j’ai immédiatement « repérées » et qui se sont avérées être diagnostiquées (ou en cours de) elles aussi.

Ce repérage n’est pas un radar infaillible, mais plutôt, dans mon cas, un intérêt particulier. Il se trouve que lorsque j’interagis avec quelqu’un qui se trouve être pas loin de mon écart-type, il y a quelque chose qui génère chez moi un intérêt particulier pour cette personne. Comme si inconsciemment je m’étais trouvé des atomes crochus avec elle.
Et puis il y a le discours. Quand une personne surdouée s’exprime, et c’est bien plus flagrant chez les enfants ou les jeunes, il y a quelque chose qui me saute à l’intuition, comme d’autres nous sautent au visage. Cette indescriptible sensation qui fait s’allumer une lumière dans mon esprit et me fait dire que cette personne sort de l’ordinaire.
Je ne me suis pourtant jamais dit jusqu’ici « il/elle est surdoué-e, j’en suis sûre »; je ne me reconnais pas les compétences et connaissances nécessaires pour cela (et quand bien même, je ne pourrais l’attester véritablement qu’avec un test psychométrique complet à l’appui ) ; mais j’ai ce tilt, ce petit quelque chose qui fait que mon interaction avec cette personne est plus facile qu’avec les autres.
C’est très subtile, mais suffisant pour être noté.

Donc, l’usurpateur/usurpatrice devra faire avec cette intuition aiguisée, que les surdoué•e•s semblent partager et qui les aident à se reconnaître ; et le cas échéant, à démasquer les intrus•e•s*.

L’impossibilité de l’incertitude

Mais tout ceci demeure très abstrait et subjectif, puisque cela relève de la pure impression.
Revenons donc à quelque chose d’un peu (juste un peu) plus concret, un phénomène observé là aussi par les professionnel•le•s du sujet : l’immense besoin de vérité des surdoué•e•s, leur extrême et constante exigence envers eux/elles-même et leur quasi-pathologique propension à douter d’eux-même.

Je vous renvoie, comme toujours, au peu de littérature sur le sujet.
Le/la surdoué-e donc est un extrémiste de l’exactitude (en général), un•e pointilleuse/pointilleux qui vous sort par les yeux à force de précision et qui vous fatigue à force d’apporter des « mais » et des « et si » à ce qui jusque là était limpide, entier et surtout immuable.
Le/la surdoué•e doute. De lui/elle en premier lieu.
Alors dites-vous bien qu’il y a 90% de chances pour qu’un•e surdoué•e ne se réclame pas d’en être si il/elle n’a pas été officiellement diagnotisqué•e.
Et même si il/elle l’a été, il est plus possible qu’il/elle se mette à douter du diagnostic, que de crier sur tous les toits qu’il/elle est un génie.
L’erreur fatale de l’usurpateur/trice est donc de se réclamer surdoué•e sans diagnostic établi.
Dans 95% des cas (estimation toute personnelle) les surdoué•e•s ne se trouvent pas intelligent•e•s, justement. Aussi, sans une preuve objective, qu’ils ou elles estiment valable, jamais ils ou elles n’oseraient déclarer qu’ils/elles sont ceci ou cela. Et certainement pas surdoué•e, car cela a trop d’implications à leurs yeux (obligation de réussite, perfection, sentiment de ne pas être à la hauteur, usurpation, etc…Le parcours classique de l’après diagnostic quoi).

Voilà notre usurpateur ou usurpatrice démasqué•e.
Et généralement, ça se fait vite, très vite même. Puisque, fatalement, entre personnes étant passées par là, le sujet de la passation du test (et pas des résultats, vous noterez) arrive très vite dans la conversation.
Les usurpateurs* ou usurpatrices* n’ont pas peur, généralement, d’affirmer qu’ils ou elles n’ont pas été testé•e•s, et d’affirmer que « ils/elles se reconnaissent parfaitement dans les descriptions qui ont été faites sur le sujet et ça leur suffit ».

Erreur fatale 2
giphy (3)

Toujours dans la même optique, qui est celle de la remise en question permanente de soi et du doute constant, si je ressemble un peu aux autres pour ça, je doute qu’ils et elles se « contentent de ».
Se contenter de, ça me rend malade. Parce que c’est une donnée imprécise, sans réponse. Au mieux, je m’en contenterais en l’excluant tout simplement du raisonnement, puisque, sans réponse, je ne peux pas me baser dessus pour déduire ou réfléchir plus avant.
Lorsque ma psy a évoqué le fait que j’étais peut-être #AHP, j’ai mis 1 mois (à cause de ses congés et de mes vacances) à me décider, mais croyez moi, j’aurais pu traverser l’atlantique à la nage s’il l’avait fallu (j’étais au Canada pour mes vacances) pour passer ce test et avoir mes réponses.
Me contenter de la supposition de ma psy n’était simplement pas possible.

Encore une fois, celui ou celle qui se présente en tant que surdoué•e, sans test parce qu’il ou elle s’est reconnu•e dans les descriptions et que cela lui suffit… Il y a beaucoup à parier qu’il ou elle ne soit pas surdoué•e (du tout).

En résumé : reconnaitre les fau-sses-x surdoué-e-s en 3 points 

  • Ils ou elles ne sont pas diagnotiqué•e•s et le justifient par le fait de se contenter de se reconnaître dans les descriptions des surdoué•e•s.
  • Ils ou elles affirment être surdoué•e•s et se présentent comme tel-le
  • Ils ou elles essaient de donner l’illusion de la profondeur et/ou de la complexité à leur discours, qui la plupart du temps est simplement vide de sens et/ou sans queue ni tête.
* Evidemment, en parlant d’usurpateurs ou usurpatrices, je parlais uniquement de ceux et celles qui savent pertinemment qu’ils ou elles ne le sont pas, mais se font passer pour tel par soif de gloire ou que sais-je, pour se sentir particulier-e peut-être ? Ils et elles ont leurs raisons.
Il y a d’autres personnes qui pensent sincèrement être surdoué-e-s et s’approprient cette identité ou cette notion. Ceux-là, j’imagine, le font naïvement, sans volonté de briller ou du moins pas consciemment. Il n’était pas questions de ces personnes-là dans ce billet.

#AHP #adultesurdoué #HQI

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39 réflexions sur “Surdoué-e-s : ceux et celles qui font croire qu’ils/elles en sont

  1. Thirty-one dit :

    J’ai une amie qui se déclare surdouée sans ressentir le besoin de passer un bilan, pour moi c’était une urgence! Tu la verrais, elle concentre un grand nombre de caractéristiques. Pour elle, je n’ai pas de doutes. Elle a peut-être tout simplement plus confiance en elle.

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    • Line dit :

      Je ne dis pas que c’est binaire. Je pense très sincèrement qu’il y a aussi pas mal de surdoué-e-s qui n’ont jamais fait de bilans psychométriques et qui n’en éprouvent absolument pas le besoin.
      Mon fiancé est de ceux là d’ailleurs, je crois.

      Mais la différence qui m’importe dans ce cas, c’est qu’en l’absence de diagnostic établit (et de conviction personnelle il faut le dire aussi) il ne se déclare pas comme HPI.

      Il est normal et absolument pas jugeable d’avoir une conviction, une certitude personnelle sur ce que l’on est ou peut être, sur la façon dont se définit ou se perçoit.
      Mais c’est une chose, pour moi, que d’avoir cette conviction personnelle, et de la présenter – et donc la transformer – comme un fait établit.

      Je trouve que cela pose même un problème éthique je dirais.
      Est-ce que c’est correct de se déclarer, je ne sais pas, autiste sans avoir été diagnostiqué-e ?
      Est-ce que c’est correct de se dire homosexuel-le alors qu’on ne l’est pas ?
      Est-ce que c’est correcte de se dire daltonnien-ne alors qu’on n’est pas diagnostiqué-e ?

      Il ne faut pas oublier que derrière ces mots, ces cigles, ces catégories, ces neuro-atypies, il y a des réalités parfois très difficiles.

      Ce n’est pas une mode, ce n’est pas une ligne sur le CV, c’est quelque chose que l’on est. Et je crois que c’est queque chose qui se respecte aussi.

      Et par cette simple notion de respect, pour les difficultés rencontrées par certain-e-s, pour toutes les personnes qui sont mortes de leur différences, juste pour ça, on ne devrait pas se déclarer HPI (ou quoi que ce soit d’autres qui relève d’une différence constitutive et de nature, et d’un diagnostique) sans avoir été testé-e et que le test se soit avéré positif.

      Par simple esprit logique aussi je dirais.
      Parce qu’une hypothèse, ou une conviction personnelle, n’est pas une preuve ni un absolu.

      Ceci étant, je n’ai rien contre personne particulièrement, je partage mes réflexions et mon point de vue qui ne sont que cela. 🙂
      Cela n’a rien de vérité absolue.

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  2. Samuel dit :

    J’avais déjà fait un commentaire il y a quelques années sur la question.

    Il est vrai qu’un bilan peut établir que l’on est surdoué ou non et encore une fois un bilan peut très bien établir qu’une personne est surdoué alors qu’elle ne l’est pas.

    Maintenant, voici ce que j’en ai dit.

    A quand remonte le premier établissement du bilan ? Par qui cela a été fait ? Et sur quelle base ? Le premier test ou bilan a été fait par un surdoué ou pas une personne non surdouée ? L’a t on déjà remis en question. Les professionnels compétents sont ils des personnes qui savent plutôt diagnostiquer grâce au bilan ou sont ils véritablement des surdoués eux/elles -même ?

    La surdouance, c’est plutôt vaste, alors que les tests c’est plutôt limités. En même temps, parce que beaucoup ne peuvent se considérer être tel ou tel que si un test les a validé, il faut donc bien un test qui puisse permettre de faire ce genre de diagnostique.

    Cela me fait penser à une personne qui sait faire du piano en autodidacte, naturellement et une personne qui a été au conservatoire. Freud a t il été à l’école de psychologie ? A t il un diplôme de psychologie ? non ? Comment peut-il être alors une référence en terme de psychologie ?

    Il y a des hommes d’affaires et des commerciaux, qui n’ont jamais eu le bac. Peuvent ils se proclamer être de grands commerciaux sans être passé par une école de commerce validant leur compétences ? Beaucoup d’étudiants sortant d’écoles de commerces sont médiocres en commerce. Ils sont probablement bons en présentations de données ou en apprentissage par coeur, mais cela ne fait pas d’eux des commerciaux pour autant.

    Les tests sont là juste comme une reconnaissance, pas pour affirmer une vérité. Je n’ai jamais passé de tests, certains qui ont passé un test ne me reconnaissent pas en tant que surdoués, d’autres créent avec moi des complicités de plus en plus complexe, d’autres croient que je suis un pervers narcissique, et à tous ceux à qui j’ai dit que j’étais surdoué, tous ceux là ne font plus partie de ma vie car ils ont crus que j’étais supérieur à eux. Alors depuis, au lieu de me définir en tant que surdoué, je définis les caractéristiques qui me concernent : je suis hypersensibles j’ai été intellectuellement précoce dans mon enfance, je suis tout le temps en train d’analyser, tout le temps en train de réfléchir, au point où je me sens épuisé bien souvent, Je suis empathique, j’aime découvrir une personne en profondeur. Toute personne qui craint la profondeur et qui reste en surface ne fait pas partir de ma vie car soit elle m’ennuiera, soit je l’épuiserai à la faire réfléchir. Certains surdoués m’ennuient de leur manière de penser et d’autres me fatiguent à me faire réfléchir. Comme quoi !!

    Suis-je surdoué ? Si je le suis, et alors, ça changerai quoi. Faut juste pas le dire. Le dire à une personne normale, elle se sentirais infériorisée. Le dire à un/une surdoué, elle se demanderai si je viens de le découvrir. Et puis il faut éviter de le montrer, c’est tout de même ennuyant de devoir tout le temps s’adapter au niveau de pensées des autres, du coup l’on recherche celles ou ceux qui nous ressemblent, avec qui l’on peut se déverser sans se faire rejeter. Pas facile de les convaincre de leur intelligence et pourtant, ils se sentent bien plus intelligent que les autres tout en pensant qu’ils ne valent pas grand chose à cause de leur statut professionnel.

    Si je suis né surdoué, j’ai une responsabilité. La responsabilité de pouvoir aider tous ceux qui sont dans l’ignorance de leur intelligence et de les amener à se découvrir et à s’épanouir et les encourager à cesser de se comparer aux autres et juste de se centrer sur soi-même pour éclairer les autres de leur lumière intérieur. Malgré de bonnes intentions, ce n’est pas évident.

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    • Line dit :

      Bonjour Samuel,

      Merci pour votre passage ici, quel riche commentaire !

      Je me permets de rebondir sur deux points que vous évoquez, le reste de ce que vous partagez étant des expériences et ressentis personnels, ils ne sauraient être remis en question. ^^

      Si la douance est un vaste sujet, nous ne le savons pas encore puisque c’est un sujet encore étudié par la recherche.
      Je dirai que plus que vaste, c’est surtout un sujet mal connu. De fait, il n’est possible d’en définir les contours absolus, mais seulement d’en dire ce que l’on en a découvert à l’heure actuelle. (Finalement c’est valable pour tout cette remarque).

      La grande beauté des outils paramétriques c’est qu’ils sont valables de part leur methodologie, et non pas de part la personne qui les administre.
      Imaginez, si pour pouvoir diagnostiquer des troubles et des maladies, il fallait imperativement que la doctoresse ou le docteur soit ou ait été elle-même, lui-même, malade de cette maladie ou de ce trouble ?
      Ou bien si tou•te•s les experts en art devaient eux-même et elles-même avoir le talent de cumulé de chacun des artistes dont ils identifient les oeuvres pour pouvoir prétendre à les identifier correctement ?
      Ce serait impossible !

      Alors, pour la passation des tests paramétriques (et je précise bien), le fait que l’administration soit faite par une personne HPI ou non-HPI n’a aucune incidence sur la valadité et la robustesse des résultats.

      Quant à la date à laquelle le teste à été passé, la question ne serait pertinente, d’un point de vue scientifique, que si le test a été effectué avant l’adolescence, que cette période a été un bouleversement des habitudes intellectuelles, et que la personne est adulte depuis un certain moment.
      En effet, des recherches ont prouvé que le QI pouvait varier jusqu’à 15 points (c’est ENORME) à l’adolescence. En plus ou en moins. C’est evidemment une minorité qui est concernée mais c’est possible.
      Sachez que hors traumatismes psychologiques majeurs (dépression, maladie psychiatrique) le QI reste stable tout au long de la vie adulte, avec une variation de 1 à 3 points GRAND MAX.

      Les tests ne font pas devenir ce qu’il détectent, ils détectent. C’est comme la radiographie, la radiographie ne fait apparaître vos os là où il n’existaient pas avant, elle les révèlent simplement.

      Je trouve votre exemple du piano mieux choisi, mais pas encore tout à fait juste.
      Parce que vous parlez avec cet exemple et ceux qui suivent de connaissances et compétences qui s’acquièrent. Et des certifications de connaissances acquises et maîtrisées.
      Les test psychométriques ne sont pas diplomes, ils ne certifient pas d’un savoir, de connaissances, de compétences bien acquises et maitrisées, ils mettent à jour un fonctionnement psychique et physiologique différent.

      C’est là toute la différence. Les tests psychométriques ne sont pas des diplomes, le HPI n’est pas une formation accessible aussi sans passer par les institutions officielles.
      C’est une nature.
      Si un PDG sans le bac sera PDG parce qu’il a monter sa boite, une personne HPI le sera avec ou sans test tout comme une personne non HPI le sera toujours, avec ou sans tests.

      Les tests psychométriques et les bilans psychométriques ne visent pas à vous transformer ou vous donner une nouvelle nature, ils sont une reconnaissance, une constatation scientifique de cette nature.

      La question de cet article n’est pas tant celle de la nature de la personne (HPI ou non) mais celle de l’usurpation consciente et volontaire d’une identité qui n’est pas vraie.
      Je ne me présente pas au gens en disant que je suis dyspraxique parce que j’en ai tous les symptomes. Je suis peut-être simplement maladroite ET astygmate (ce qui est effectivement le cas), ceci expliquant aussi mes difficultés à me situer dans l’espace.
      Je ne dis pas que je dyspraxique parce qu’aucun diagnostique n’a été posé sur cette question.
      Je ne peux simplement affirmer une telle chose parce que je n’ai pas de quoi l’affirmer.

      Pour le HPI, ça devrait être la même chose.
      Sans tests adequats, sans bilans adequats, on ne peut pas s’affirmer HPI, parce qu’il n’y a pas de vérifications, parce qu’il n’y a pas de faits objectifs.

      Que l’on questionne la validité et la finesse des tests, est une chose. Mais pour paraphraser M.Wahl, pour le moment il n’existe aucun autre outil aussi efficace, robuste et valide que ceux que nous utilisons déjà.
      La recherche qui s’échine à améliorer les tests n’a pour le moment rien trouver de mieux.
      Il faut donc se résigner à ce que, toute limitée que cette solution soit, c’est la seule que nous ayons.

      Je reviens sur vos exemples de jeunes diplomés et talents innés.
      Là encore ces exemples illustrent l’importance d’un vocabulaire précis.
      Le HPI n’est pas un diplome, une formation.
      On parle d’une nature neurologique différente. Elle existe dès la naissance et évidemment, avec ou sans tests.
      Néanmoins, clamer que nous sommes concernés par cette spécificité sans preuves c’est faire montre d’imprécision.

      Je n’affirmerai pas que je suis Léonard de Vinci parce que, comme lui, je suis curieuse d’anatomie, de mécanique, d’ingénierie, d’architecture, de chromographie, de peinture et de sculpture. Et que ma famille est aussi italienne.
      Tiens c’est comme la noblesse (et je sens en écrivant comme j’ai choisi un exemple qui ne va pas du tout faire des émules…). La noblesse en tant qu’entité historique, et groupe social. Il y a des conditions, en France en tout cas, pour en faire partie. On en fait partie par naissance et transmission du nom ou par mariage. (Et encore, à l’époque monarchique, la seconde option n’est pas la panacée si vous n’étiez pas déjà par naissance de a noblesse.)
      Et quand bien même vous changeriez votre nom à l’état civile pour vous appeler « de quelque chose » ça ne ferait pas de vous un•e membre de la noblesse, car il faut produire des preuves de l’anoblissement pour être reconnu comme tel.
      Un changement de nom n’est pas preuve d’anoblissement, au passage.
      Ainsi, vous (enfin pas vous Samuel. Depuis quelque ligne je dis « vous » mais c’est un « vous » générique, comme pour dire « on ») pouvez bien vous donner des airs de noblesse, singer leurs manières, leurs codes sociaux, leurs comportements, vous déclarer noble vous-même, vous ne l’petes toujours pas.

      Alors cette exemple n’implique pas que je considère le HPI comme la noblesse de l’intelligence. Je tiens à le préciser !
      C’est un exemple qui m’est venu, et qui ne traitait pas de maladie.

      La question de la responsabilité du surdoué, je travaille à un article dessus.
      Donc je n’en dirai pas plus pour le moment, si ce n’est que j’aurais des choses à dire sur le sujet. 😉

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  3. cornez dit :

    Je comprends et je ne comprends pas ce procès fait… Les usurpateurs sont partout, pas seulement chez les surdoués, de tous temps, il y a toujours eu des personnes en manque de repères et se cherchant des pathologies ou caractéristiques précises qui leur permettraient de se reconnaitre par le regard des autres. Finalement, elles sont aussi dans une certaine sorte de souffrance, qui ne légitime pas leurs actes mais pose la question de la cause. Bref, faire un procès à tout une catégorie de personnes, simplement parce qu’ils « dérangent » notre quotidien de surdoué, sans distinguer la personne ou aller chercher plus subtilement des réponses n’est à mon avis pas la démarche la plus pertinente. Finalement, si vous avez trouvé la raison de votre souffrance, est-ce que ça ne devrait pas être suffisant à vous contenter? Si vous savez ce que vous êtes et que l’autre n’est pas ce qu’il prétend, au nom de quel combat ou valeur leur faites-vous ce procès? Car leur dire qu’ils ne sont pas n’est pas leur dire ce qu’ils sont..

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    • Line dit :

      Bonjour Cornez,

      Vous avez tout à fait raison, dire ce qu’ils ne sont pas n’est pas leur dire ce qu’ils sont.
      Et c’est très joliment dit en plus, bravo. 🙂

      Je me suis fendue de cet article, non pas pour faire un procès à quelqu’un•e (j’aurais été plus vindicative et…accusatrice pour le coup) mais pour parler de ce sentiment, cette expérience, qui est connu par certaines personnes surdouées.

      le but de ce blog est de témoigner d’une expérience individuelle, personnelle, du HPI et de son diagnostic à l’âge adulte. Dans l’espoir que ce témoigne serve d’exemple, pas dans le sens exemplarité mais façon de faire possible, à d’autres qui pourraient trouver des choses utiles dans tout ça.

      Il m’a don semblé intéressant de partager mon expérience sur cette situation qui m’a posé question pendant un moment.

      Comme je le précise en fin d’article, je parle des personnes qui se savent très pertinemment non surdouée, mais se présentent malgré tout comme telle, et je parle d’un point de vue de l’individu que je suis, de l’individu que ce comportement blessait.

      Donc , comme je disais, je ne fais pas de procès, je partage une expérience de vie, sans fard.
      J’ai conscience que ce côté abrupte est dérangeant, mais je sais aussi que je ne suis pas la seule à avoir penser cela, comme cela.
      Et je me mets à la place de celles et ceux qui n’osent pas dire ces choses là parce qu’on les regarde comme des monstres sans coeurs, ou qu’on les accuse de toutes les horreurs alors qu’ils et elles ne font qu’exprimer une blessure.

      Je crois qu’on le droit de ne pas toujours, tout le temps, penser aux autres, et de ne pas toujours tout le temps, faire passer la souffrance des autres avant la notre.

      De fait, j’entends que vous me demandiez pourquoi si je vais mieux, je me permet cet article ?
      Parce que fut un temps en arrière, cette usurpation me faisait du mal, et que je suis persuadée qu’elle fait du mal à d’autres aussi. Parce que je me dis que de dire que ça m’a passé (un peu) ça prouve que ça peut passer et donc donner peut-être un peu d’espoir à d’autres de se voir ne plus être blessé•e par ces situations un jour.

      En résumé, mon article ne se destine pas aux gens qui usurpent mais aux personnes qui souffrent de cette usurpation.
      Ce qui ne nie pas l’immense éventail de possibilités de raisons et de situations derrière ces usurpations, et qui ne nie pas non plus l’importance de leur souffrance.
      Simplement cet article ne se penche pas sur ce sujet là.
      Ils sont le moyens de l’article, pas la fin.

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  4. carapatte dit :

    On passe des années à se sentir idiot(e), malgré le réel et ses signaux, on passe des années à se dire qu’on est cassé à l’intérieur, à peine humain, que quelque chose ne fonctionne pas comme il faudrait, on essaie de toutes ses forces d’être comme les autres, de ne pas se poser de questions métaphysiques, de suivre un point de vue sans se mettre à nuancer jusqu’à l’insupportable le propos, de parler moins vite, d’avoir l’air moins surexcitée, on finit par faire le clown parce qu’au moins, ça les gens comprennent, mais on continue de se sentir con jusqu’à l’absurde, malgré des études brillantes et zéro capacité de travail, on finit par trouver un psy pour comprendre mais on se refeme comme une huitre dès qu’il parle d’intelligence, dès qu’il a l’air de présenter l’intelligence comme une excuse, parce qu’on ne veut pas d’excuse. Puis le temps passe, les réflexions restent et tout stagne bien, on finit par se renseigner un peu, quand même, même si tout ça, les « trop intelligent pour être heureux », on trouve que ça a un côté un peu prétentieux.

    Puis on comprend. Qu’on n’est pas cassé, brisé de l’intérieur ou mal monté, mais parfaitement normal dans une catégorie donnée. Alors, on arrête de se casser le cul à être comme les autres, à taire ses intuitions parce qu’elles sont contraire à la norme et on commence à respirer. Même si on ne peut pas, pour plein de raisons, passer le test. Avoir le petit papier qui met un tampon de validation. On va quand même mieux. Même si rien n’est acquis et qu’on a toujours du mal à y croire, parce qu’on ne sait jamais, on va quand même mieux.

    Et on tombe sur ce genre d’article, et on retourne au point de départ.

    J’espère qu’au moins ceux qui ont eu le bonheur de faire le test, ça leur fait plaisir de se dire qu’eux au moins, sont de vrais surdoués, pas des faussaires. Parce qu’un vrai surdoué, lui, il passe forcément le test.

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    • Line dit :

      Oh Carapatte,

      Votre commentaire est magnifique et me brise le cœur.

      Je ne me suis pas faite comprendre de vous, et j’en suis navrée.
      Avez-vous lu que je ne parle pas des gens en questionnement ? Je ne me penche pas sur celles et ceux qui trouve du réconfort et du bien-être à se penser surdoué•e•s (peu importe que ce soit à tort ou à raison).
      Je parle de la démarche de mentir, d’usurper, c’est à dire de savoir que ce que l’on dit est faux, mais de le dire quand même.

      Il ne s’agit pas de condamner une démarche de questionnement, une identification à des caractéristiques du HPI.

      Et je n’ai jamais dit que les « vrais » HPI passaient forcément le test.
      Jamais.
      Encore une fois ce n’est pas le test qui fait la nature de la
      personne, mais c’est le test qui la certifie et par le résultat duquel on peut ou non se revendiquer objectivement et de façon factuelle d’une nature spécifique ou non.

      Voilà ce que je dis dans cet article (entre autre chose).

      Mais loin de moi l’idée de condamner les gens qui sont en questionnement, ou qui n’ont pas accès à un test.
      A ce sujet je rappelle que les CMP en France proposent des consultations gratuites, et qu’un test paramétriques est valable universellement, où qu’il soit passé, du moment que cela se fait selon la méthodologie prévue.

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      • carapatte dit :

        Je vois votre réponse avec beaucoup de retard. Je comprends que vous parlez des faussaires volontaires, mais même là, lorsque vous dites que « le test certifie [la nature] », que l’objectivité ne peut venir que de ce test, pour les gens comme moi qui ne peuvent en passer (merci de rappeler le rôle des CMP, c’est important de savoir vers qui se tourner, mais mon problème est de l’ordre du bloquage), il reste que le soulagement de se trouver enfin des réponses est obscurci par le doute et que d’entendre que la conviction (la sienne comme celle de proches) ainsi qu’un faisceau d’indices ne suffisent pas, tout cela renforce ce doute. Doute qui, par ailleurs, a l’air naturel et commun chez les HPI/surdoués/etc.

        Quand je parle de faisceau d’indices, je fais allusion à des choses comme un apprentissage plus aisé et plus rapide dans de nombreux domaines comparé à d’autres (de l’enfance à l’âge adulte), les commentaires des différents enseignants, des questions métaphysiques dès la maternelle, une dépression existentielle importante et prolongée, etc.

        Si j’avais été plus solide, si j’avais été sûre de moi, je n’aurais pas réagi ainsi. Et je dois avouer que je n’imaginais pas (grosse naïveté j’imagine) que des gens s’amusent à se revendiquer surdoués sans penser ou savoir l’être.

        Pour moi, me dire que je suis HP/surdouée, c’est m’expliquer pourquoi le moindre accroc peut provoquer une tempête émotionnelle, c’est m’excuser aussi de ce que ma conversation part dans tous les sens, avant de revenir au point de départ, c’est ne plus essayer de ne penser qu’à une chose à la fois et m’en vouloir de ne pas y arriver, ne plus me sentir étrange parce que quand quelque chose me passionne, c’est soudain et intense, et que les choses qui me passionnent sont étrangement variées… C’est accepter que là où je suis différente, ce n’est ni de ma faute, ni une mauvaise chose, et que ce n’est pas par fainéantise que je reste différente. Je me suis épuisée à essayer d’être dans la norme trop longtemps. C’est en cela que j’ai besoin de garder cet auto-diagnostic, et que d’entendre que seul un professionnel peut le confirmer, et non les faits ni mes proches, est douloureux. Je comprends que vous dites qu’on peut se penser surdoué à tort ou à raison. Sauf que si j’ai tort, et alors que pour la première fois de ma vie, je me sens en accord avec moi-même, alors je me retrouve à devoir questionner encore tous mes comportements et toutes mes pensées. A essayer encore de les normaliser. Voilà d’où est venue ma réaction. (sans doute exagérée, tempête émotionnelle oblige…)

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        • Line dit :

          Bonjour,
          Je comprends très bien ce que vous dites. Et j’y compatis.
          Diagnostic ou non, vous semblez avoir identifier votre fonctionnement. Peu importe (à la limite) quel nom il porte, il est le votre. Vous êtes ainsi. Et ce n’est pas parce que « les autres » ne fonctionnent pas de la même façon que vous n’avez pas le droit de le faire.
          Vous êtes légitime dans ce que vous ressentez, dans votre façon de penser.
          Qu’importe que l’on,puisse y mettre un nom ou pas aujourd’hui.
          C’est votre fonctionnement et ce qui importe c’est votre bien être.
          Les autres, moi y compris, n’ont pas à légiférer sur comment il est bon ou mauvais d’être, de ressentir et de penser.
          Si avoir un mot à poser sur son fonctionnement peut être une grande aide pour s’accepter, on peut aussi le faire sans cela.

          C’est ce que je comprends de vos interventions ici : La douleur de ne pas accepter, de se reprocher un comportement qui n’est pas compris par soi même comme commun. Et donc comme « normal ».

          Vous avez le droit d’être telle que vous êtes, HPI ou non, ou quoi que ce soit d’autre.
          Vous êtes normale, vous n’avez commis aucune faute, et vous n’avez pas à vous excuser d’être ce que vous êtes.
          Vous êtes, autant que les autres, légitimes à être telle que vous êtes.

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  5. Niny dit :

    Bonjour,
    Après plusieurs séances chez une psychologue, celle ci m’a parlé des zèbres… j’ai lu « Trop intelligent pour être heureux », qui m’a fait plusieurs fois pleurer car je me suis enfin sentie comprise. J’ai aussi lu « Je pense trop » et « je pense mieux » et ça m’a beaucoup aidé. J’ai demandé plusieurs fois à ma psy si elle était sûre d’elle quant à mon « diagnostic » et elle m’a répondu que pour elle j’étais une HPI, mais qu’un test le confirmerai. Il en est de même pour ma fille. Pour autant; j’ai refusé de passer les tests.
    J’ai peur du résultat. Et si j’avais un QI tout à fait normal? alors mon hypersensibilité, mes pensées effervescentes et en arborescences, mon émotivité, ou mon hyper empathie qui m’étouffe, tout cela serait alors qu’une vaste supercherie. Peut être suis je juste …cinglée.
    Je ne veux donc pas passer ce test. Mais est ce que cela fait de moi une usurpatrice …? Votre billet me donne en tout cas cette impression…

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    • Line dit :

      Bonjour Niny,

      Vous présentez-vous à votre entourage comme surdouée ? Affirmez-vous que vous (ou votre enfant puisque vous en parlez) êtes HPI, auprès de tout votre entourage ?
      Attention, je ne parle pas de se dire que l’on se pose des questions, que l’on se reconnait, qu’on a des doutes, qu’on aimerait savoir…Tout ceci s’appelle être en questionnement.

      Non, mon article parle d’affirmations absolue, totale. De dire, aux autres (parce qu’à soi-même on se dit ce qu’on veut après tout) que l’on est HPI alors qu’on sait pertinemment que l’on ne l’est pas.

      Si vous faisiez cela, alors oui vous êtes des personnes que j’appelle « usurpatrices » dans cet article.

      Mais de ce que vous décrivez, vous n’en êtes pas justement de ces personnes.
      Vous décrivez ce que j’appellerai un parcours de questionnement.
      Comprenez bien que je ne condamne pas le fait de se reconnaître dans certaines descriptions du HPI. Je réprouve l’affirmation d’une chose que l’on sait pertinemment fausse, et la volonté de faire croire que c’est vrai.

      Parce qu’on ne parle pas de couleur de chaussure ou de marque de sac à main. On parle d’une réalité de vie, de santé, d’identité, de sentiments. On parle de conditions particulière pour laquelle on peut aussi, parfois, être discriminé, rencontrer des difficultés.

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      • Niny dit :

        Je ne m’en vante pas… mais quand j’en ai parlé un peu avec mon entourage, il semble plus convaincu que moi sur ce diagnostic…
        Peut être est ce encore effectivement mon parcours, ma phase de questionnement… Peut être que je suis un zèbre, mais qui refuse la convention du test pour être estampillée ainsi… Et donc peut être que quand j’aurai plus confiance en ce concept, je le dirai à voix haute. Mais à ce moment, peut être passerai je pour une usurpatrice aux yeux de ceux qui ont le test, qui on reçu « l’accréditation »…

        Belle journée à vous dans tous les cas 🙂

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        • Line dit :

          Et ce sera votre histoire et en cela personne n’aura rien à y redire. 🙂

          Mais oui, certaines personnes jugerons que l’affirmation n’a pas à être sans diagnostic, et d’autres non. C’est ainsi. 🙂

          L’important, comme je le répète à tour de bras, demeure votre bien-être, en premier lieu.

          Mon entourage aussi ne s’est pas étonné du diagnostic alors que moi je tombais des nues. :p
          Je comprends bien votre parcours, malgré ce que l’on pourrait croire. 😉

          Encore une fois, c’est votre histoire, votre vie, et vous êtes donc la seule à décider de ce qui est juste ou non pour vous.
          L’avis des autres n’est que cela, l’avis des autres.

          Evidemment, si vous me demandiez mon avis, je vous dirais d’aller passer le bilan parce que qu’elle que soit la réponse c’est une information sur votre fonctionnement et que c’est bon à prendre.
          Mais c’est ma façon de penser. C’est ce qui me convient, à moi, ce qui me semble logique à moi.

          Trouvez votre équilibre, ce qui vous convient à vous, c’est tout ce qui compte. Comme j’aime le dire parfois, les autres on s’en fiche ! Oui, aussi quand les autres, c’est moi. :p

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  6. Fanny dit :

    ATTENTION TARTINE
    Personnellement je pense comprendre l’essence de cet article.
    Je vais me permettre d’ajouter mon commentaire. Je souhaite parler un peu de ma démarche personnelle. À 22 ans, pour x raisons je me pensais idiote, j’ai donc fait un test afin de mesurer l’ampleur des dégâts. Souffrance dans le résultat qui était loin, trop loin de ce que j’avais imaginé. J’ai considéré que ce test avait été réalisé dans de mauvaises conditions, j’ai donc décidé de le « laisser derrière » . Le temps passe, ma sœur met au monde un petit garçon et fait le constat suivant « on dirait fanny petite »…. Ma sœur lui fait passer le test, HPI confirmé. Elle l’accompagne, lui donne les outils nécessaires à son épanouissement. Dans le même temps j’ai une petite fille. 7 ans après un petit garçon. Il est épanoui et malin… Puis commence « les soupçons » Hypothèse émise à la crèche, phrases de mon entourage … Ma sœur decide de se faire tester… HPI. Elle m’invite à une conférence Toulouse-zèbre et là les larmes, les rires, je me doutais pour mon fils Mais ma fille et pourtant…. prise de conscience douloureuse. Dans la semaine qui a suivi, je prends rendez-vous pour faire tester les deux. 15 jours passent, réflexions, ca s’embrouille, je suis perdue et je me décide enfin à repasser ces « fichus tests ». Je n’y vais pas une fois de plus pour obtenir un chiffre mais pour voir l’ampleur des dégâts, mettre à jour où le « bas blesse » , trouver des pistes de façon à optimiser mes outils (j’ai un parcours professionnel atypique et chaotique–> slasheuse) Texte un peu long mais utile. Utile pour dire que le parcours n’est pas facile, ce n’est pas « huhuhu » il semble que je sois HPI et optionnelement une matrice à HPI… Alors oui je comprends car il en va de la légitimité, n’est pas HPI qui le souhaite et inversement n’est pas non-HPI qui le veut.
    Dans cette démarche il y a également un aspect peu abordé , l’aspect financier. Voilà tres basiquement ce sont environ 900 euros . Et 900 euros dans mon budget de maman solo, ce n’est pas rien (on y va pas comme on va s’acheter une fringue) Je crois que pour mes enfants c’est le même principe je n’y vais pas pour obtenir un chiffre à mettre sous les yeux des gens « huhuhu Ô génie » Non j’y vais dans l’idée de pouvoir à terme leurs fournir les bons outils d’accompagnement (s’il s’avère qu’ils soient HPI, je les souhaite heureux et décomplexés)
    Alors Oui Sur mon chemin j’ai rencontré des « illégitimes conscients » ils me débectent car ils n’ont pas la moindre idée du long parcours de certains HPI. J’ai 40 ans…

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    • Line dit :

      Merci beaucoup Fanny pour ce beau témoignage. 🙂

      Oui il est long le parcours, et le test n’en est pas la fin, loin de là.

      L’aspect financier peut être contourné, grâce notemment au CMP et CMPP (Centre Medico-Psychologique et Centre Médico-Psychiatrique et Pédagogique).
      Les consultations y sont gratuites. Mais la liste d’attente est longue, très longue.

      Certain•e•s psychologues ont aussi la gentillesse de baisser les coûts des tests en fonction de la démarche et/ou des moyens des personnes qui viennent les consulter. Ce fut mon cas.

      Mais oui, vous avez raison, toute cette démarche a un coût aussi bien financier que psychologique.

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  7. Cédric dit :

    Je suis peut-être ou je ne suis pas surdoué…
    Et pourtant…
    Suite au test et au diagnostic de douance d’un de mes frères cadets, j’ai (un peu sur son insistance) rencontré la psychologue spécialisée qui l’a suivi pendant plusieurs mois.
    Je lui ai expliqué mon parcours, tantôt brillant, tantôt médiocre, mon alternance entre période de suractivité professionnelle et de procrastination de longue durée, mon aptitude à l’empathie qui confine à la télépathie, qu’il n’y a pas de domaines intellectuels où je n’arrive pas à briller si l’envie m’en prend, mais que sans stimulation personnelle je m’en désintéresse assez vite,…
    A la fin de l’entretien, elle me dit que, pour elle, ça ne fait probablement aucun doute que je sois HP et que si je passais le test j’aurais même probablement un résultat supérieur à celui de mon frère.
    Mais elle ne me pousse pas à le passer, et personnellement je n’en vois pas l’intérêt.
    Certes cela me titille parfois, mais, en fait, ce ne serait au final que pour simplement gagner une légitimité auprès d’autres HP/surdoués croisés sur des fora et qui ne me connaissent pas. Parce que pour le reste, je n’ai pas le besoin de m’en revendiquer et je me sers de ce que j’ai pu lire pour profiter au mieux de mon potentiel (qu’il vienne d’une douance ou non) ou pour faire au mieux avec les aspects plus difficile à vivre de ma personne (hypersensibilité, hyper-empathie, synesthésie, hyperesthésie, procrastination,…).
    Ta remarque sur le fait que les HP ont tendance à se reconnaître entre eux me fait sourire, car j’en ai justement plusieurs dans mes amis, dont certains que j’ai poussé à se documenter et/ou à passer le test. Serait-ce un signe ? 😀
    Bref tout cela pour dire que le point frustrant dans cette histoire est qu’il est justement difficile pour moi d’intervenir sur un forum, car soit je dois me perdre en précaution oratoire ou m’interdire de donner mon avis sur des sujets ou j’en ai parfois un, soit je me limite à des sujets sans danger, mais souvent moins profonds pour ne pas risquer l’étiquette d’imposteur.

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    • Line dit :

      Je ne vois aucune imposture dans vos propos. Aucune.
      Encore une fois il n’y a imposture que lorsqu’il y a volonté de tromper et mensonge.

      Il faut aussi insister sur le fait que le bilan psychometrique n’est pas seulement un résultat chiffré mais bien une explication d’un fonctionnement cognitif.
      Ce n’est pas juste un mot et un chiffre, c’est un éclairage sur un fonctionnement. C’est riche et précieux.

      Il est, selon moi, regrettable que l’on cantonne le bilan psychométrique chiffre de QI. C’est le priver de 90% des informations qu’il délivre vraiment.

      Ces informations sont précieuses. Et c’est ça aussi que délivre le test.

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      • Cédric dit :

        C’est justement sur ces informations complémentaires où je ne saisis pas vraiment ce qu’elles m’apporteront en plus que ce que j’ai pu découvrir sur moi par l’analyse ou l’expérimentation…

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        • Line dit :

          Tout dépend de quels tests, en plus de celui du QI, vous sera proposé.
          Le test de QI permet de voir les performances à 4 indices principaux, qui représentent les différents aspects de l’intelligence telle qu’on la comprend, la conçoit et la mesure aujourd’hui (avec toutes les limites que ça comporte).
          Vous pourriez donc voir quels sont vos points forts et/ou vos points faibles en terme de fonctionnement cognitif (mémoire, vitesse de traitement, habilité visuo-spatiale etc).
          Ce que l’on sait moins, c’est qu’un test de QI peut permettre de révéler des signes de troubles autres (par exemple la dyspraxie visuo-spatiale se traduit par des écarts caractéristiques entre deux des 4 indices, je ne saurais plus vous dire lesquels).

          Cela peut aussi révéler des facilités insoupçonnées et/ou expliquer des difficultés.

          Quoi qu’il en soit c’est très enrichissant.
          Mais ça n’a rien d’une obligation.
          On fonctionne très bien sans jamais avoir passé de test de QI.

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          • Cédric dit :

            Merci beaucoup pour vos réponses et éclaircissement.

            En effet, pour l’instant je fonctionne assez bien je dirais. Et même si mon milieu de travail n’est peut-être pas celui qu’on imaginerait le plus stimulant, je m’arrange toujours pour qu’il m’offre de nouveaux défis et qu’il ne reste pas confiné dans une forme de routine.
            Par ailleurs, il me laisse aussi pas mal de temps libre pour faire plein d’autres choses.

            Aucun milieu n’est vraiment figé, il y a souvent moyen de l’adapter à ses besoins sans pour autant poser une bombe pour reconstruire de zéro. 😀

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            • Line dit :

              Je pense aussi que la plupart du temps, nous avons une marge de manœuvre pour trouver notre épanouissement au travail. 🙂

              Merci pour vos retours. 🙂
              Le partage est toujours très enrichissant.

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  8. Save dit :

    Bonjour,
    Pour ma part je ne suis pas testée, bien que me reconnaissant largement dans tout ce que j’ai pu lire sur le sujet.
    Ma psy me dit « mais à quoi bon vous tester ? Bien sûr que vous êtes HP. Passer un test pour connaître votre QI c’est dépenser beaucoup d’argent pour pas grand chose… à quoi ça vous avancerait ? »
    « C’est une sorte de coming out », que je lui réponds !
    Effectivement, c’est pour enfin avoir une cause objectivable à laquelle attribuer tout un tas de fonctionnements/dysfonctionnements de ma personnalité… et pour faire un peu la paix aussi avec ceux « qui n’en sont pas » et cesser de leur en vouloir de ne pas me comprendre !
    Mais du coup le sujet me travaille un peu dernièrement, et je m’en ouvre à mes amis. (Parmi eux je me suis toujours sentie normale…) Donc je suis attirée par le titre de cet article: peut être suis je un peu présomptueuse de me vanter ainsi d’être HP ?? Et mes amis me disent: « hahaha ! tu penses que tu es un zèbre ?! mais tu en doutais encore ?!!! »… Et là je me rends compte que beaucoup de mes amis sont des zèbres… Peut être parce qu’en vertu de ce 6e sens de détection de nos pairs, on finit par vivre entre soi ? Mais d’un coup j’ai l’impression qu’il y en a partout autour de moi, des zèbres (un peu comme les femmes enceintes qui ne voient plus que des femmes enceintes dans la rue).
    Tout ça pour dire qu’à mon sens il y a largement plus de doués ou surdoués que les légendaires 2% qui sont au dessus des 130. 2% de détectés, sans doute…. mais à mon avis beaucoup plus que ça en vérité. C’est juste un peu moins évident à détecter qu’être droitier ou gaucher !

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    • Line dit :

      Bonjour,

      Oui c’est une phase assez commune du parcours post-diagnostic/ou post-annonce que de voir des surdoué•e•s partout après coup. :p
      Néanmoins il ne faut pas oublier l’effet d’échantillonnage : on est plus à l’aise avec des gens qui fonctionnent comme nous. Du coup, on s’entoure plutôt de gens qui fonctionnent comme nous. Et si l’on est HPI, il y a beaucoup de chance pour que notre entourage (choisi et avec lequel on se sent vraiment en harmonie) soit composé de beaucoup de HPI.
      Est-ce que pour autant, cela vient contredire les statistiques ? Je ne sais pas, et je ne pense pas.
      Mais vous n’êtes pas du tout la seule à penser ainsi. 🙂

      Votre psy ne vous encourage pas à vous faire tester (et là j’ai Sheldon Cooper dans la tête « My Mom tested me ! ») c’est une chose. Par contre, qu’elle l’affirme comme ça, sans préciser que c’est son expérience qui parle et que officiellement ce n’est pas un diagnostic valable, je trouve cela étonnant.
      Mais peut-être vous a-t-elle fait ces précisions.

      Quoi qu’il en soit, chez les psys aussi, les avis divergent beaucoup beaucoup sur le sujet du HPI. C’est un peu la jungle. :p
      Le sujet déchaîne les passions chez tout le monde, psy et non psys, HPI et non HPI.

      A nous de trouver ce qui nous convient.

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      • Porquepix dit :

        « I’m not crazy, my mother had me tested. »

        Pour moi, si on a un doute ou de fortes présomptions, IL FAUT se faire tester, cela permet de poser les choses telles qu’elles sont, et de repartir sur des bases fermes.

        Pour diverses raisons, j’ai mis deux ans à me décider. Rétrospectivement, deux ans dans un entre-deux, à patauger en perpétuelle interrogation, à me faire des nœuds au cerveau, « j’en suis ? Je n’en suis pas ? j’en suis ? Je n’en suis pas ? j’en suis ? Je n’en suis pas ? », ad nauseam.

        Et, finalement, le test qui m’identifie comme HQI, et une certaine libération, pas dans le sens où tout mes problèmes sont résolus et où toutes mes interrogations ont trouvé une réponse, mais dans celui où une incertitude étant levée, je peux enfin commencer à « travailler » sérieusement.

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  9. Aldor dit :

    Bonjour, Lune.

    En fait, je l’avais lu, cet article.

    Rien à dire sur le sujet lui-même : bien sûr que mentir sciemment n’est pas bien et que les impostures doivent être dénoncées.

    Mais j’avais été surpris par la façon dont cela vous tenait à coeur. Pourquoi tant tant de force dans l’indignation ?

    L’armoire à glace n’est pas gêné par l’imposture des gringalets se faisant passer pour forts. Il sait qu’au premier poids à soulever, la vérité éclatera.

    Dans le cas des HPI, c’est certainement moins clair et peut être l’imposture passe-t-elle parfois auprès de ceux qui ont des antennes moins affûtées. Et aurpesffutees. Et alors? Serais-je tenté de dire
    La condamnation morale mise à part, parce que ça n’est pas bien de mentir, je suis d’accord, ou est le problème ? C’est ce que je ne comprends pas très bien.

    Bonne journée, Line.

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  10. Shani PENTURE dit :

    Bonjour,

    Votre étonnement et votre agacement sont compréhensibles et, au moins en partie, légitime. Permettez-moi d’apporter mon grain de sel à la suite de la discussion.
    Tout d’abord prenons quelques chiffres : on indique 2,5 à 3% de HPI en France, sur une population de 66,8 millions d’habitants. Si on ne prend que les plus de 18 ans, soit 53,3 millions de personnes, il y aurait grosso modo 1,3 millions de personnes majeures étant de facto des HP, diagnostiqués ou non. Vous vous doutez bien que ces 1,3 millions de personnes ne vont pas courir chez un psy se faire tester pour X raisons (financières, peurs, etc) et pourtant, à l’ère de l’information (et du buzz il faut l’avouer), beaucoup auront entendu parler du phénomène « HP-zèbre-douance » et se seront reconnus A RAISON ! Sans parler de tous ceux qui « frôleraient » la barre des 130 s’ils passaient le test, car on sait maintenant que l’intelligence est un continuum, il n’y a pas de rupture franche, les 130 sont une convention, comme il en faut bien dans notre façon de faire la science. Ça fait un paquet de monde !

    Moins de 3% de la population, c’est peu en termes statistiques, et la confluence des témoignages donne l’impression que l’on trouve un surdoué en soulevant chaque pierre, ce qui paraît absurde ! Mais en terme de « masse » de personnes, on voit bien que 1,3 millions c’est beaucoup…et dans un seul pays !

    Vous avez pris l’exemple de l’homosexualité, pensez-vous que lorsque ce sujet précis a commencé à être abordé plus librement dans l’espace public et que les coming-out se sont multipliés, certaines personnes dans le placard et surtout dans le déni n’ont pas eu qu’une seule envie : crier partout leur homosexualité voire même se la coller sur le front ? Oui cette attitude peut être très agaçante, on peut d’ailleurs lire les témoignages de personnes militantes des groupes LGBT se plaindre de l’augmentation du nombre de déclarés homo/bi/trans comme si c’était un effet de mode, quand les différents sondages ne donne qu’entre 1 et 10% de personnes homosexuelles en France (en pourcentage c’est peu, en « masse » de personnes dat’s a lot !), ce qui varie encore selon les critères retenus pour donner la définition (comme pour le QI) et on peut soupçonner que vu le tabou qui pèse encore, les chiffres sont en dessous de la réalité, surtout selon l’origine sociale, la nationalité, la religion etc…

    Pour résumer car je m’éparpille, je pense que l’usurpation dans le domaine de la surdouance & co est beaucoup moins fréquente et surtout illégitime que l’on pourrait croire, un peu comme le mythe des fraudeurs massifs au RSA. Au pire, l’erreur viendrait sûrement des personnes uniquement « hypersensibles/empathes » qui se reconnaissent dans les descriptions des zèbres. Je comprends que quand on s’est soumis aux tests et qu’ils nous ont adoubé on peut être frustré que d’autres n’empruntent pas la voie royale, mais c’est aussi une tendance sociétale actuelle dans tous les domaines, surtout professionnels ! A un moment je suppose qu’il vaut mieux lâcher prise. Mais aussi, faire preuve de compassion : dans cette société aliénante qui fait vivre des choses jamais encore vécues par l’être humain dans toutes son histoire – je ne parle certainement pas de la violence physique & autres qui sont au contraire extrêmement banales – mais des mutations profondes des sociétés, nous sommes comme des rats qui cherchent à tout prix une sortie et un radeau pour quitter le navire et trouver une île plus sécurisante, et parfois il s’agit bien de notre île même si on y arrive à la nage.

    Enfin je vais aborder un aspect sur les tests de QI qui me gène de plus en plus : en regardant les classements mondiaux des moyennes, ne sommes nous pas étonnés de voir en tête les pays asiatiques qui ont le mieux copié les références scolaires occidentales avec une course à la performance inouïe, suivis des dits pays européens, et en queue de peloton le chapelet des pays africains qui ont des résultats si bas que la population de ce continent doit être débile mentale…Est-ce bien sérieux ? Les tests de QI ne mesurent qu’une certaine vision de l’intelligence, bien cadrée et euro-centrée. D’autres manifestations, je ne dirai pas formes, de l’intelligence sont totalement occultées pour n’être capable de diagnostiquer finalement que ceux qui ont réussi d’une manière ou d’une autre à se conformer à ce cadre. Disons-le aussi, bien que certains surdoués aient de mauvais résultats scolaires, passer minimum 16 ans sur les bancs de l’école et vivre dans une société occidentalisée et très éduquée, où on est familiarisé par exemple avec l’iconographie et les types d’énoncés des tests prépare sans doute le terrain à avoir de bons résultats malgré tout. Cela a des limites manifestes, que ce soit dans ou hors des pays occidentalisés. Pour moi, l’intelligence « supérieure » ne se définit que par rapport à la société, le contexte dans lequel on vit, et ne peut pas toujours se mesurer avec des outils standardisés. Forcément, c’est difficile à accepter dans notre société métromaniaque (« obsession de tout mesurer », je ne sais pas si le terme existe mais cela sonne bien lol).

    J’appuie cela parce que je pense l’avoir vécu de très près car j’ai grandi dans une société afro-occidentale (DOM-TOM), tout en étant nourrie dans mon cocon familial par la culture occidentale. J’étais donc décalée par rapport à mon environnement en me conformant facilement aux normes de l’intelligence occidentale, ce qui n’était pas le cas de tout le monde autour de moi bien entendu…Et pourtant, je voyais bien que certaines personnes avaient une intelligence exceptionnelle, dans le sens d’une capacité à « comprendre » et à « manifester » leur intelligence dans des domaines ou de certaines façons qui dénotaient par rapport aux autres personnes, bien qu’elles ne correspondaient pas à mes propres standards d’intelligence à l’occidentale. A cela s’ajoutait une souffrance et une sorte de schizophrénie sociale généralisée qui n’auraient pu que nuire massivement à l’obtention de bons résultats aux tests de QI des personnes douées de chez moi si elles étaient toutes testées. Et ce chez moi n’est sans doute pas une exception.

    Je pense que la répartition « inégale » de l’intelligence est la même partout dans l’humanité (bon c’est un postulat sauvage je vous l’accorde), elle se manifeste juste de manière différente. Vous conviendrez sans doute que les tests sont juste un moyen de révéler une grande douance manifestée selon les standards, mais qu’ils passeront à côté d’autres, d’où la tentative de beaucoup de « fè kokann » comme on dit chez moi, c’est-à-dire prendre les chemins de traverse, court-circuiter le système officiel.

    Pour revenir aux usurpateurs car c’était en fait là le véritable point central de votre article, je dirai comme un autre commentateur que ce genre de personnages agaçants s’infiltrent dans n’importe qu’elle sphère de la société, il n’y a que deux attitudes à avoir face à ces personnes : prudence & compassion. Si les surdoués ont la capacité de les débusquer assez facilement ces gens en mal d’attention comme vous l’avez souligné, les seuls embêtés seraient finalement les non surdoués qui tomberaient dans le panneau…Personnellement, je ne me méfie pas tant des gens qui se disent surdoués, que de ceux qui n’en ont pas douté une seule seconde dès que l’idée les a effleurés, l’une des caractéristiques observées chez les surdoués diagnostiqué étant la remise en question, le doute etc. Et encore…cela ne serait-il pas un trait attribuable au manque de confiance en soi qui touche tant de personnes dans nos sociétés, la tendance au doute hyperbolique très français, accompagné d’une intellophobie de fond dans nos sociétés. Dans d’autres sociétés, là encore je témoigne, les personnes ont globalement bien plus confiance en elles et l’annonce d’une surdouance pourrait être vécue comme le fait de se voir attribué sa juste place, sa juste destinée, pas comme quelque chose dont on doit douter.

    Voilà, voilà, je me suis étalée, j’espère ne pas vous avoir assommée, mais juste enrichi votre façon de voir les choses et peut être amenée à ressentir moins de frustration façon face à l’état des choses !

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    • Line dit :

      Bonjour Shani,

      Merci beaucoup pour ce long et riche commentaire. 🙂

      Je sais qu’il sera apprécié par beaucoup de lectrices et lecteurs ici, comme par moi-même.

      Votre commentaire traite de beaucoup de choses qui ne sont pas le sujet de l’article. Je vais donc me concentrer sur ce qui est le sujet de cet article : l’usurpation.
      Usurper une identité c’est se prévaloir d’une identité que l’on sait ne pas être la notre.
      C’est un acte volontaire, délibéré, de mensonge, et quelque part de vol.
      Puisqu’on prend ce que l’on sait ne pas être notre.

      L’émotion de bien des lecteurs et lectrices repose je crois sur la confusion qui suit : amalgamer les personnes usurpatrices d’une condition neurologique différente (le HPI) et les personnes qui ne savent pas objectivement si elles sont concernées ou pas par le sujet mais qui pensent l’être.
      De ces dernières personnes, je ne dis rien dans cet article.

      Je suis moins sure de moi que vous, je dois l’admettre, je me garderai donc bien d’affirmer que face à des personnes usurpatrices il n’y a qu’une seule attitude à avoir.
      Très égoïstement, je me souviens du tourment intérieurs, de la blessure que cela me faisait ; et je dois admettre que je pense à toutes ces autres personnes qui elles aussi, sont sans doute aux prises avec des émotions à l’intensité similaire face à cette usurpation, et qui n’ont pas à l’instant t ni de compassion ni de patience à offrir à celles et ceux qui leur font vivre cela.
      Je partage un peu de ce que j’ai vécu, j’ai la chance que d’autres partagent avec moi des expériences similaires ou différentes (en termes de réactions) mais je ne saurais dire ce qu’il faut ou ne pas faire (dans l’absolu j’entends).

      C’est pourquoi les commentaires sont enrichissants, chacun•e apporte son témoignage.

      Pour le reste (conception de l’intelligence, questionnement des test de QI, etc) ce n’était pas l’objet de l’article.
      Je crois que malheureusement, beaucoup de gens se font un avis sur les tests de QI sans ni savoir ni comprendre ce qu’ils sont en tant qu’outil. (Et ceci ne vous est pas destiné spécifiquement, c’est une réflexion générale, je ne voudrais pas que l’on me comprenne mal. 🙂 )
      Qui plus est le sujet de l’intelligence est un sujet qui brasse énormément de fantasmes, et de blessures, en chacun•e de nous.

      D’autant plus dans une société éminemment paradoxale, qui exclut la différence tout en poussant à (voir en exigeant de) se démarquer de la foule.
      Ce qui est perçu comme l’intelligence hors norme peut donc représenter un de ces moyens de valorisation, d’existence aux yeux des autres.

      Cette démarche est humaine, un peu triste si vous voulez mon avis (que de s’inventer des attributs plutôt que développer ceux que l’on a) , mais humaine. Et en cela , évidemment qu’elle mérite notre compréhension.

      Néanmoins, le HPI est un sujet sérieux, dans le sens où il s’agit d’individus, de vies entières. Et, même si ce blog n’y met pas l’accent, il s’agit aussi parfois de MORTS.
      Le taux de suicide chez les adolescents à HPI est plus elevé que le taux national de suicide chez les adolescents.

      IL y a des réalités derrière ce concept, et pas seulement des fantasmes.

      D’où, à mon sens, le besoin d’une information riche, dense mais surtout précise et juste sur ce qu’est le HPI.

      Or, des personnes qui se présenteraient comme HPI, alors qu’elles ne le sont pas et en le sachant parfaitement (nos usurpatrices donc) font de par leur comportement même de la désinformation sur le sujet. Quand bien ils et elles auraient une connaissance encyclopédique du sujet, ils et elles ne seront toujours pas HPI. On dit souvent qu’on « sent » la différence chez les personnes HPI, qu’elles ne sont pas exactement comme les autres, dans leurs réactions, leur comportements, leur façon d’être et de voir le monde. Tout ceci ne peut se feindre.
      Cela peut paraître anodin, sans importance, mais cela fait partie d’un continuum.
      Des gens non renseignés sur le HPI vont parler avec ces usurpateurs et usurpatrices, ils vont se faire une idée (fausse) du HPI à partir de ces personnes. Et cela viendra alimenter la machine des préjugés et fausses idées sur ce qu’est le HPI. Au bout de ce continuum de désinformation, des clichés, des préjugés, il y a le rejet, la violence et potentiellement le suicide de certaines personne à cause, aussi, de tout cela.

      Le HPI est une réalité, pas un fantasme, pas un mythe et certainement pas un joli badge pour faire parler de soi en bien.
      Je vous invite, pour conclure sur cet aspect à lire l’article qui suit, qui parle exactement du même phénomène mais concernant le syndrome d’asperger (c’est une des lectrice du blog qui a eu la gentillesse de partager le lien).
      http://emoiemoietmoi.over-blog.com/2015/07/ces-autistes-qui-n-en-sont-pas.html
      L’auteure conclue par ces mots qui m’apparaissent très justes (et certes très directs) :

      « L’étiquette « SA » peut aussi apporter une réponse facile à ceux qui se posent des questions existentielles, qui ont envie d’attirer l’attention, et/ou n’ont pas le courage de procéder à une réelle introspection afin de se remettre en question. « Non je ne suis pas paumé je suis autiste », « Non je ne suis pas mal élevé je suis autiste », « Non je ne suis pas fainéant je suis autiste ». Je trouve cela affligeant. Non seulement ils se desservent, mais surtout ils accablent une communauté minoritaire qui a déjà bien du mal à se faire entendre pour le respect de ses droits les plus élémentaires. En agissant de la sorte, ils nous confisquent de façon illégitime une part de notre identité, de notre parole et de notre crédibilité, et ce, en toute impunité. On s’en passerait bien !! »

      Se poser des questions et se reconnaître dans un profil sont des choses qui ne sont ni jugeables ni discutables.
      Mais tout jugement posé sur soi est subjectif.
      Éminemment subjectif.
      Et même si la subjectivité peut nous amener à des avoir des conclusions justes sur nous-même, il n’empêche que l’on ne peut attendre des autres qu’ils et elles acceptent cette subjectivité – à laquelle la personne est seule à avoir accès – comme preuve objective de ce que l’on avance. Comme une réalité.

      Enfin cet article aborde la simple logique des choses : il y a une différence entre être convaincu•e d’être quelque chose, et pouvoir effectivement dire sans aucun doute possible (toujours à l’aune de nos connaissances actuelles) que cette chose est bien réelle.

      Par exemple, je me questionne quant à un éventuel trouble Dys chez moi, et cela avec une certaine force de conviction voir une conviction certaine.
      Il n’empêche qu’en l’absence de diagnostic, avec toutes les limites que l’on pourrait souligner quant aux outils utilisés pour poser ce diagnostic et même avec toutes les questions que l’on pourrait poser sur la définition même du trouble en question, je ne peux pas -d’un point de vue aussi logique que moral – me déclarer comme souffrant d’un trouble DYS.
      Tout simplement parce que je ne sais pas si oui ou non j’en suis bien porteuse.
      J’ai une idée, une conviction, un doute, ce que vous voulez, mais je ne peux pas l’affirmer. Et si je le faisais, même si le diagnostic s’avérait positif par la suite, j’aurais quand même tort de le faire, parce que ma conviction n’est pas une preuve.

      Quoi qu’il en soit, merci pour votre intervention ici. 🙂
      Je vous invite chaleureusement à recommencer si le cœur vous en dit. 🙂

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  11. Zeb Leon dit :

    Hahaha, le nombre de ces auto détectés que l’on peut croiser sur les réseaux sociaux, a faire peur
    Le pire dans leur discourt de justification sur le fait de ne pas vouloir passer de test c’est ce traditionnel « pas besoin de passer un test pour ce que je sais deja » genre je suis bien plus malin que ces psy qui ne veulent en réalité que me piquer du fric (ben oui, z’avez vu le prix de ce test, un vrai scandale)
    Et quelque chose me dit que c’est pas demain la veille qu’on va en être débarrassé, au contraire

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      • Zeb Leon dit :

        Ho, l’idée, je l’ai depuis un moment moi
        J’avais spécifiquement posé la question a une psy lors d’un café zébré pour pouvoir donner a tous un éclaircissement a ce sujet
        Moi, en tant qu’indépendant, je sais ce que c’est que de devoir facturer des heures « invisible » et des faux frais aux clients
        J’irais bien de ma plus a ce sujet aussi un jour ou l’autre 😉

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