Besoin d’appartenance, besoin de distinction

[Attention ! Essai du nouvel éditeur de WordPress, je ne garantis pas l’aspect de cet article.]

Il y a deux articles de ce blogs qui tiennent la tête de liste des articles les plus consultés depuis bien 10 jours maintenant, à savoir « Surdou·ées ceux et celles qui font croire qu’ils/elles en sont » et « Le mythe de la pensée en arborescence« .

Cela vous fait une belle jambe de savoir cela n’est-ce pas ?

Le fait est que ces deux articles suscitent les plus vives réactions en commentaires. Très régulièrement il ne s’agit pas de réflexions généralistes sur le sujet, mais bien en fait, d’une protestation personnelle car le lecteur ou la lectrice a été touché·e, plutôt de façon négative ici, par le contenu du billet (et par ce que leurs biais personnels leur ont fait comprendre du contenu en question).

Je me suis demandée pourquoi d’aussi vives réactions, particulièrement face au second article, qui ne fait que reprendre des faits scientifiques. Pourquoi protester si vivement contre des faits ?
Quant au premier article, bien qu’il repose en partie sur mon expérience personnelle, et qu’il soit donc plus subjectif, la réflexion que j’y mène et qui bouleverse les gens est pourtant guidée par la logique. Une logique de l’ordre : si A alors B, ce qui implique qu’on ne peut rien déduire de « si non A ». Logique formelle pure. Il suffit de remplacer A par diagnostic de HPI et B par HPI.

Pourquoi donc être si remonté·e vis-à-vis de la logique ou de faits scientifiquement démontrés ? C’est exactement comme d’en vouloir aux mathématiques ou au à la force gravitationnelle. (Et même si vous avez été traumatisé·e en cours de mathématiques, c’est la faute de votre prof, pas des maths en elles-même. Si, je vous assure.)

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L’alphabet du HPI – I

« I » pour Indices

Et il y en a des indices quand on parle du HPI.

Mais d’abord, kékecé un indice ?

Je parle ici des indices obtenus après la passation d’un test WAIS-IV. Ou le fameux test de QI (pour 16 ans et +).
Ce sont des nombres qui reflètent nos performances à une série particulière ou à toutes les épreuves du test de QI.

5 indices…

Dans la version actuelle du WAIS (le WAIS-IV), le patient ou la patiente sera confronté·e généralement à 5 indices.

Et avant même de passer à la suite : PITIÉ ne laissez pas de commentaires à la suite de ce billet pour dire que « ouiiiiiiiiiiii, maiiiiiiiiiiiiiiis si mon chien est mort je jour du test ça fausse les résultats ! » ou encore « ouiiiiiiiiiiiiiiii, maiiiiiiiiiiiiiiiiiiiis l’intelligence c’est pas juste çaaaaaaaaaaaaaa ». Tout ça a déjà été dit, lu, redit et relu partout sur ce blog et des réponses y ont été apportées. Il vous suffit de parcourir le blog, ses billets, ses commentaires et aussi d’autres sites ressources. Donc pitié, ne me refaites pas le coup une einième fois, ça va me rendre dingue.
Si j’avais voulu passer ma vie à répéter les mêmes choses en boucle, j’aurais choisi une carrière de prof… Ou j’aurais eu des enfants.

  • L’Indice de Compréhension Verbale ou ICV

Calculé à partir de diverses questions du test, cet indice permet d’évaluer la fluidité verbale, mais aussi et surtout les capacités d’abstraction et de conceptualisation.

  • L’Indice de Raisonnement Perceptif ou IRP

Cet indice, calculé lui aussi à partir d’une partie seulement des questions du test permet d’évaluer les capacités de raisonnement…perceptif. C’est à dire votre capacité à analyser, scanner, disséquer, démonter et remonter dans votre esprit des stimulus (souvent visuels) qui vous sont présentés, pour en extraire une information précise.

  • L’Indice de Mémoire de Travail ou IMT

Calculé aussi à partir seulement d’une partie des questions du test, l’IMT évalue votre capacité à stocker des informations nouvelles et a effectuer des opérations dessus.
Typiquement c’est le fait de pouvoir retenir un énoncer de problème qui ne nous a été exposé qu’une seule fois et de pouvoir ensuite, sans support écrit, travailler sur cet énoncé pour donner une réponse.

  • L’indice de Vitesse de Traitement ou IVT

Ici aussi le nom est assez transparent. Mais petite subtilité cependant. Si l’indice prétend évaluer la vitesse à laquelle vous traitez les informations qui vous sont données, il est cependant sensible à la vitesse de votre geste graphique.
Traduction : la rapidité avec laquelle vous faites un trait avec un crayon en main, ou celle avec laquelle vous déplacez votre main au-dessus de la feuille sur laquelle vous écrivez.
Il est loin d’être à jeté aux orties, car, avec l’IVT, il permet notamment de déceler des dysgraphies, des problèmes d’attention, des troubles visuo-moteurs, etc…

  • Le Quotient Intellectuel Total ou QIT

Le FAMEUX (je pense mettre en place une sorte de chasse au trésor, sans trésor, où le but du jeu sera de répertorier tous les concepts que je qualifie de fameux dans ce blog).
C’est THE indice. THE indice de la mort qui tue qui cristallise tous les fantasmes.
Le GROS QI. Ou le tout pitit qi.
C’est l’indice qui traduit votre efficience intellectuelle globale. Il est calculé à partir des 4 indices précédemment cités.
Il va de 0 (en théorie) à 160.
Et je n’insisterai jamais assez sur ce point. Votre QI, sur l’échelle INTERNATIONALE du QI (Wechsler), NE PEUT PAS dépasser 160.
(Et même sur l’échelle de Cattle, on plafonne autour de 196.)

Les 4 autres indices (ICV, IRP, IMT, IVT) sont théoriquement aussi compris entre 0 et 160 comme le QIT. Mais en fait, non.
Certains indices, de par leur composition, n’ont pas leur maximum à 160, mais un peu plus bas.
Oui, ces seuils maximaux existent, ils sont dans le joli livret de cotation du WAIS-IV, que je n’ai pas sous la main chez moi (parce qu’en fait je n’ai pas le droit, puisque je ne suis pas psychologue encore).
Ceci simplement pour préciser que je ne fais pas de la rétention d’informations, pas plus que je ne vous raconte de bobards, simplement je n’ai juste pas accès à l’information précise.

Comment s’articulent tous ces indices ?
Facile le QIT est composé de l’ICV ,de l’IRP, de l’IMT et de l’IVT.

… +2

Et là vous vous dites, on a parlé du QIT, des 4 indices du test, on a donc fait le tour des indices.
Mais NON !
Deux indices supplémentaires existent (oui enfin, en fait des indices, dans l’histoire des tests de QI il y en a un paquet, mais je me contente de parler de ceux qui sont le plus utilisés et les plus pertinents vis à vis du sujet qui nous occupe sur ce blog).

Il existe aussi :

  • L’Indice d’Aptitude Générale ou IAG
  • L’Indice de Compétences Cognitives ou ICC

Ces deux indices sont utiles (et malheureusement à mon sens trop peu utilisés) dans deux cas : un profil hétérogène (mais vraiment hétérogène, pas juste avec 15 points d’écarts ou plus entre le plus hauts et le plus faible indice du profil cognitif…) et/ou une suspicion de HPI.

L’IAG se calcule à partir de l’ICV et de l’IRP.
L’ICC lui à partir des deux autres indices IMT et IVT.
IAG et ICC vont de paires. Calculer l’un sans l’autre c’est se priver de la moitié des informations du test de QI.
Et, vous l’aurez compris, l’IAG et l’ICC composent le QIT.

Ne vous arrachez pas les cheveux, mon art est à votre service et vole à votre secours.

blog

Liens entre Indices et QIT 

De rien.

Analyser le QIT sous sa forme d’IAG et d’ICC permet, dans certains cas où le profil cognitif pose question, d’apporter un autre niveau d’analyse.
Attention, l’IAG et l’ICC ne sont pas mieux ou moins bien comme indices pour traduire des capacités cognitives que le QIT.
Il s’agit simplement d’une façon complémentaire de regarder le fonctionnement cognitif, pour en extraire plus ou d’autres informations.
Comme quand on fait un diagnostic médical (dans mon exemple, de comptoir de PMU, je l’admets) quand vous avez mal au ventre. La palpation vous donnera des informations, l’IRM vous en donnera d’autres, et le bilan sanguin encore d’autres.
Il n’y a pas une méthode meilleure qu’une autre, ce sont plusieurs méthodes, qui se complètent, qui abordent le même sujet sous différents angles, et qui donnent différentes informations.
Le tout est de l’utiliser en fonction de ce que vous cherchez.
C’est pareil pour les indices du test de QI.
Parfois, souvent même, utiliser l’IAG et l’ICC n’est pas nécessaire et/ou n’apporte pas plus d’informations.
D’autres fois, ce sont des ressources précieuses.

Notamment donc, en cas de suspicion de HPI.

IAG, ICC et HPI

Dans certains cas, analyser le profil cognitif à l’aide de l’IAG et de l’ICC peut apporter des précisions précieuses.
C’est le cas si la question du HPI se pose.
Le premier critère psychométrique (psychométrique hein, pas clinique) du HPI est un QIT supérieur à 130 (ou 125 selon le profil socio-économique).
Et parfois, surtout si on obtient des scores qui flirtent avec les 135 de QIT, on pourrait être tenté de s’arrêter là et de décréter que la personne est bien surdouée.
Ou inversement, avec un score à 128 de QIT, déclarer qu’il n’y a pas de HPI.
Sauf que…

Il a été observé, à ma connaissance pas encore vérifié scientifiquement parlant par des études statistiques (ce serait vraiment utile à mon sens d’en faire une), que les personnes HPI présentent un profil cognitif particulier.
A savoir :

  • ICV en meilleur des 4 indices (et souvent supérieur à 130, voire vraiment supérieur)
  • ICV d’une part et IRP d’autre part sont supérieurs à l’IMT et l’IVT (Ex : ICV 145, IRP 143, IMT 138, IVT 135 )

A lumière de ceci, un profil de 128 de QIT qui répartiraient ces scores tels qu’énoncés plus haut, doit continuer de nous interroger quant à la possibilité d’une douance.
De même un QIT supérieur à 130 qui ne respecterait pas ce profil doit continuer de nous interroger avant de déclarer qu’il s’agit de douance.
C’est LA que l’IAG et l’ICC entrent en scène.

Le calcul de ces deux indices et leur comparaison avec le QIT et entre eux (selon des seuils de significativité) vont nous permettre de lever certains doutes sur le profil cognitif et d’en obtenir une analyse plus fine.

En ce qui concerne le HPI, cela permet de trancher. Si votre ICC est supérieur à votre IAG vous n’êtes pas HPI , même avec un QIT à 130 ou plus (à priori. Et personnellement je dirais jusqu’à 135. Parce qu’au-delà, ça me semble difficile d’avoir des scores d’ICC suffisamment haut pour compenser un IAG faiblard et obtenir un QIT supérieur à 130, sans être Barry Allen).
Mais attention, un QIT inférieur à 125, d’un profil socio-économique non défavorisé, et qui aurait un IAG > ICC n’est pas un·e surdoué·e. Le théorème n’a pas de réciproque. :p

Voilà, c’était pour le I.