Petite fierté des ces 15 derniers jours

Je devais corriger des travaux de mes camarades de promotion dans le cadre d’une initiation à la recherche. C’est ce qu’on appelle l’évaluation par les pairs.

Or, alors que nous avions un délais précis pour évaluer les travaux reçus, nous n’avions pas critères précis de notation, mais seulement des consignes globales.

De fait, j’ai donc bidouillé joyeusement une notation selon les consignes données, et fait mon travail selon cela, dès le 2e jour du délais donné pour faire les évaluations.

Deux ou trois jours plus tard, la professeure en charge de notre évaluation nous livre les consignes de notation : il s’agit exactement (j’hésite à dire mot à mot) du petit paragraphe introductif que j’ai noté sur chacune des évaluation dont j’avais la charge pour expliquer ma notation (réalisée sans consignes précises avant l’intervention de la professeure).

J’étais très fière de moi.

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Podcast – Comment Identifier les enfants surdoués- France Inter

Bonjour à toute et à tous,

Je me permet ce petit pas de côté par rapport au sujet de ce blog qui est les adultes surdoué•e•s, pour vous parler de l’émission de ce matin sur France Inter : Grand bien vous fasse !
Vous savez pourquoi ?
Parce que l’un des deux invités de l’émission était le Dr Gabriel Wahl.

Alors, vous le savez j’ai été complètement enthousiasmée par ses ouvrages. Je suis fan.
Et cette émission n’a pas arrangé mon cas.
Je vous invite très chaleureusement à écouter le replay, pour le Dr Wahl, mais surtout en fait, parce que c’est une très belle façon d’illustrer que quelque soit votre bord théorique et vos outils de prédilections, quand vous êtes de bons professionnel•le•s de santé, vous avez un seul objectif : le bien-être de vos patient•e•s, petits et/ou grand•e•s.

Le Dr Wahl et Mame Siaud-Facchin le démontrent très bien. Bien que leurs points de vue ne soient pas tout le temps absolument identiques, l’un•e et l’autre font preuve (si besoin était) de leur intelligence, de leur implication et de leur professionnalisme. Et parce qu’ici je me permets le luxe de donner mon avis (alors que personne ne le demande, et c’est aussi ce qui participe au plaisir de la chose 😉 ) de leur passion.Rien que pour le plaisir d’entendre des gens éclairés, échanger avec intelligence, je vous conseille cette émission.

Cliquez sur l’image pour l’écouter.

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ÉVÉNEMENT – Journée Douance Adulte avec l’association ToulouZèbre

Le 17 juin prochain, l’association ToulouZèbre propose une journée de rencontre autour du HPI adulte.

Et c’est avec un immense plaisir que j’y participerai en tant qu’intervenante !

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Cette journée sera également l’occasion de découvrir le projet Beauté de la Neurodiversité au Travail,.
Deux étudiantes en psychologie à l’Université Jean Jaures de Toulouse présenterons les résultats de leur recherches sur les émotions et les adultes HPI.

Toutes les informations ici :
https://toulouzebre.fr/2017/05/20/hpi-adulte-apres-midi-rencontres-temoignages-etudes-a-toulouse/

Retrouvez le site de l’association : ToulouZèbre 
Ici, la Page Facebook de l’association : @ToulouZebre
Et là, le compte Twitter : @ToulouZebre

 


Je vous donne donc rendez-vous le 17 juin à Toulouse avec l’association ToulouZèbre !

Les études épisode 6 – L’évaluation par les pairs.

Avant toutes choses, je tiens à faire cette déclaration : je ne suis pas prête pour mes examens qui ont lieu dans 15 jours. Pas du tout. Du tout.
Voilà, ceci étant établi, passons au sujet du jour.

L’évaluation par les pairs

Dans le petit monde des sciences, l’évaluation par les pairs est une chose courante. En fait c’est même une pierre angulaire de la recherche.
Je m’explique.
En sciences, ce qui fait avancer le schmilblick et qui permet aux laboratoires de recherche d’avoir plus de sous, ce sont les sacro-saintes publications. La publication scientifique, c’est la façon qu’on les scientifiques de communiquer leurs trouvailles (comprendre travaux de recherche).
La publication scientifique a ses règles, on n’écrit pas juste « Whouhou ça y est j’ai trouvé ça ! » pour pouvoir espérer être publier dans des grandes revues scientifiques comme Nature par exemple (la biologie étant mon premier amour universitaire, Nature est LA référence de publication pour moi. Mais chaque domaine des sciences à SA référence de publications).
En plus du format particulier d’un article scientifique (aussi appelé publication scientifique) les règles de soumissions sont très précises.
Pour espérer pouvoir voir ses travaux publier, il faut passer deux étapes cruciales, en plus de celles d’effectivement trouver quelque chose à dire.
Lorsque l’on envoie son papier, il passe entre les mains d’une sorte de jury, constitué de…pairs !
Un•e qui est rattaché•e à la revue en question. Il/elle en connait les lignes éditoriales et en somme il/elle peut décider si, en plus de la cohérence de votre recherche, votre article peut être publier tel quel ou avec modifications dans leur jolie revue.
Cette personne est en charge de choisir deux ou trois autres personnes, scientifiques du domaine auquel se rapporte votre article, pour qu’elles effectuent une lecture critique de votre article. Comme en générale, ces personnes sont donc des concurrentes, elles gardent l’anonymat.

Et c’est ça, le « peer-revue » in english ou « évaluation par les pairs ».

Cette année, dans une des matières proposée au choix, nous avons donc l’opportunité de nous livrer à cette exercice. En tant que correcteur ou correctrice mais aussi en tant que celle ou celui qui soumet son papier.

C’est une horreur.

Si, si, je vous assure, c’est une horreur.

L’impression d’illégitimité totale

Le principe :
Nous remettons un premier jet d’article (en version initiation à la recherche, autant vous dire que c’est léger comme contenu comparé à un véritable article) et deux étudiant•e•s ayant choisi la même thématique de recherche que nous se voit attribuer notre devoir à évaluer.
Dans le même temps, chaque étudiant•e•s ayant soumis son devoir à l’évaluation par les pairs se voir confier deux devoirs de deux étudiant•e•s différent•e•s pour le évaluer.

En tant que celle qui soumet son travail à l’évaluation des autres, je le vis très bien.
J’ai l’outrancier orgueil de me dire que moi je suis issue d’un cursus universitaire préalable de science « dure » (enfin la plus « molle » des « dures », la biologie. Oui le monde des sciences a aussi ses « populaires » et ses moins populaires) et que moi, je sais ce que c’est qu’une démarche expérimentale scientifique. Donc, l’avis de personnes qui découvrent ça cette année, ça ne me perturbe pas beaucoup.
Bon même si, je l’admets, j’ai dû faire le deuil préalable de presque 6 points sur ma notes finale.
Parce que voyez-vous, cette évaluation par les pairs compte pour 6 points dans notre note finale.
(Sauf qu’en écrivant ces lignes, je me souviens que notre propre travail d’évaluation est évalué par les professeurs, ce qui fait que peut-être notre note n’est pas celle que les autres nous donneront, mais celle que les professeur donneront à notre propre travail d’évaluation. Auquel cas je suis très tranquille, j’ai fait un travail tout à fait sérieux et honnête.)

En tant que celle qui évalue, c’est l’horreur.
Nous avons beau avoir des critères d’évaluation, je ne me sens absolument pas légitime ni compétente pour noter mes camarades de classe.
D’autant plus que, pour ceux que j’ai eu à corriger, leur devoir n’est même pas complet. Je me retrouve à devoir évaluer une expérience qui n’a même pas de résultats et pour les deux, même pas de méthode de traitement des dits résultats.
C’est donc franchement compliqué.

Quand bien même j’ai réussi à me conformer strictement à ce qui était donné comme critères d’évaluation, les résultats obtenus me semblent terriblement sévères.
Ils sont cohérents, justifiés et argumentés, mais tellement…bas !
J’avais pour secrète ambition de ne pas mettre une note en dessous de la moyenne (nous devions noter de 1 à 6. Je m’étais donc promis de ne pas mettre une note en dessous de 3,5/6. Si parce que comme le 0 n’est pas possible, la note médiane est 3,5).
Sauf que j’ai du mettre un 3,3/6.
Et ça me tarabuste.

Même si je sais que mon évaluation est honnête, qu’elle est bien argumentée et justifiée, il n’empêche que je ne me sens pas le droit de juger comme ça la qualité du travail d’un•e autre étudiant•e de même niveau que moi.
Je ne me sens pas légitime à le faire.

Mais je ne peux pas mettre 6/6 partout parce que ce ne serait pas juste.
C’est aussi un exercice, une partie d’examen, et ça doit être traité sérieusement et rigoureusement pour que tout cela ait du sens et de la valeur.
Mais bon sang, c’est difficile.

Tambouille personnelle de notation

En plus, la grille de notation n’étant pas explicite, j’ai dû construire un système de notation qui me paraissait aussi cohérent et juste que possible.
J’ai donc pris la liberté de donner des demis point voir des quarts de point.
Et encore une autre manipulation mathématique qui me permettait, à mon sens, d’être le plus exhaustive possible dans ma revue de critère d’évaluation.

Mais je ne sais même pas si c’est permis. Rien n’est indiqué à ce sujet nulle part.
BREF !

Je prie seulement pour que, de même que dans le véritable procédé d’évaluation par les pairs, les évaluateurs et évaluatrices demeurent anonymes, parce que j’ai un peu peur pour moi.
Les notes que j’ai donné ne sont pas inférieures à 3,3/6, mais depuis l’accueil infernal qui m’a été réservé l’an dernier suite aux résultats de l’épreuve de statistiques (la petite histoire est ici ) j’ai peur de TOUT ce que je fais ou dit dans le cadre de ma « classe ».
Cela fait remonter de vieux souvenirs de collège et ce n’est pas franchement agréable.
Tant les souvenirs eux-même, que la triste constatation qu’une part de moi est toujours la petite fille terrifiée par les autres et qui ne sait ni quoi faire ni quoi répondre face à leur agressivité et leur rejet…alors que j’ai 32 ans !

Morceaux choisis « Les adultes surdoués » du Dr G.Wahl

Parce que décidément plus je le lis, plus je l’aime cet ouvrage (j’ai aussi lu celui sur les enfants, qui est tout aussi bon à mon sens).

Voici quelques morceaux choisis de l’ouvrage, dans l’ordre d’apparition :

p34. Extrait du test ATIPIC : Adulte Test d’Identification du haut Potentiel Intellectuel et Cognitif.
Le Dr Wahl nous fait le plaisir de nous dévoiler les 20 premiers items de ce test. Vous pouvez donc vous amuser à y répondre.

p48. Le Dr. Wahl évoque ce qui peut représenter pour les non-initié•e•s une question pleine de passion, celle du QIT : le donner ou pas ? Le Dr. Wahl a la délicatesse et l’intelligence de ne rien imposer ni déclarer comme ce qui est à faire ou pas, mais nous livre une explication claire des tenants et aboutissants de cette question.

p.49. L’auteur nous propose son analyse et donc sa réponse aux remises en question du test de QI.
De vous à moi, j’ai profondément regretté de ne pas avoir l’homme en face de moi pour le remercier de la plus chaleureuse et reconnaissante des poignées de mains (Oui, étant donné que je n’ai pas le plaisir de connaître ce monsieur, je ne peux guère me permettre plus en terme de remerciements.).
Il livre ce qui pour moi devrait mettre fin à tout atermoiement sur la question, le fait que à ce jour il n’existe pas d’autre ni de meilleur outil pour mesurer l’intelligence. Et que celui existant est particulièrement robuste et bien construit. Il y dédie d’ailleurs tout un chapitre pour que l’on comprenne bien comment l’outil est construit.
« Toutes ces questions mériteraient d’être posées, si l’on disposait d’outils plus fiables, mais il n’en est aucun qui puissent seulement leur [les test de QI WISSP, WISC et WAIS] être comparé. »

p57. Un autre outil d’évaluation !! Cette fois sur le bien-être de vie. De même vous pouvez répondre à quelques questions pour vous amuser. 🙂

p58. Une phrase qui soutient mon idée qu’une relation amoureuse (ou amicale) est plus facile lorsqu’on partage un même ordre de niveau d’intelligence.
« […] semblet-il, les appariements amoureux sont, le plus souvent, cognitivement homogènes. » Ch.IV le Bien-être subjectif et l’intelligence.

p60. Un joli exemple, mais qui n’est pas le plus grand, du sens de l’humour de l’auteur.
« […] en finir avec l’écriture de ce satané chapitre pourrait m’inspirer un bonheur eudémonique (tout chapitre en cours d’écriture est satané). » Ch.IV le Bien-être subjectif et l’intelligence.

p72 et p73. Celles et ceux qui comme moi ont eu des difficultés à conserver leur santé mentale intacte face à ce qui leur semblait être des aberrations totales du fonctionnement de leur structure professionnelle seront ravi•es de découvrir la loi de Putt et la loi de futilité de Parkinson. La première exprime en gros que les personnes compétentes ne sont pas forcément celles qui encadrent/dirigent (managers) et la seconde exprime que les institutions dédient souvent un temps considérable à des choses insignifiantes.
(Je vous invite à lire les articles de la catégorie « Au travail » si vous souhaitez connaitre mes expériences avec ces deux lois. :p).

p74. « La vie professionnelle n’est pas toujours du goût des surdoués, car elle leur impose parfois un affadissement intellectuel et existentiel peu compatible avec leur personnalité et leur talent. » Ch.VLes « risques » du surdon.
Cette phrase m’a fait du bien, car elle m’a déculpabilisée de ne trouver absolument aucun élan ni motivation profonde aux postes que j’ai pu occuper, mais aussi aux postes des autres que j’ai pu observer.

p87. Le passage qui suit m’a évoqué ce que B.Milletre appelle « faire son Archimède » et ce qu’elle dit de ce qu’elle nomme le raisonnement intuitif.
« Le mathématicien Henri Poincaré a tenté de préciser le processus de la découverte scientifique. Il distingue quatre étapes, que sont l’imprégnation ( les questions sont posées), l’incubation (cheminement inconscient), l’illumination (la solution surgit) et l’explication (la solution est rationalisée). » Ch.VII Intelligence et créativité.

p94 et 95. Autre grande source de plaisir et de joie pour moi. Une bonne remise en place des pseudo-fantasmes sur les hémisphères du cerveau.
« Comme d’autres études ont montré que l’hémisphère droit des surdoués offre des capacités proches de celles de l’hémisphère gauche, on a retenu que les adultes intellectuellement surdoués pourraient disposer de deux hémisphères dévolus à la rationalité, au langage, au calcul, à la pensée analytique, tandis que le commun des « cérébrés » n’en possède qu’un.[…]. Si l’on considère que les deux hémisphères des surdoués sont indifférenciés, et donc disposent chacun de toutes les qualités en doublon, on peut supposer que les registres de l’abstraction et de l’émotion sont indissociés ; ils donnent alors à toute approche de la connaissance, une grande amplitude émotionnelle. » – Ch.VIII Biologie de l’intelligence.

p101. On retrouve encore cette notion d’appariement en couple par QI homogène.
« Précisons que les couples parentaux se forment le plus souvent sur la base d’un appariement homogène de l’intelligence ou de ses signes extérieurs, le niveau d’étude notamment. » – Ch.VIII Biologie de l’intelligence.

p119. J’aime, j’aime, j’aime.
« C’est cependant la petite chance qu’offre la comparaison des inégalités naturelles sur les inégalités sociales : elles donnent un moindre sentiment d’injustice.On applaudit au talent mais l’on méprise l’entregent. […] Descartes écrivait imprudemment que l’intelligence est « une faculté dont nous sommes tous également pourvus » […] » – Conclusion

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« Que sais-je ? » Les adultes surdoués – Dr Gabriel Wahl – édition PUF

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Chose promise, chose due.
Voilà donc ma petite revue sur ce délicieux ouvrage du docteur Gabriel Wahl.

Sommaire :

Sommaire Adultes surdouée GW

Personnellement, j’ai eu une légère inquiétude du fait que l’auteur soit psychiatre et donc ayant la psychanalyse comme formation de base (parce qu’en France c’est comme ça).
Inquiétude balayée quasi-instantanément. Il n’est pas question ici de psychanalyse, puisque – grand plaisir – le surdon n’est pas une maladie !
Donc pas besoin de thérapie, puisqu’il n’y a pas de maladie.

La lecture : subtilité et humour

Si vous n’avez ni migraine ni fièvre (au contraire de moi quand je l’ai reçu), vous lirez ce livre en une heure ou deux (je n’ai AUCUNE idée du rythme de lecture moyen alors je dis ça comme ça. 100 pages/h me semble raisonnable).
La lecture est non seulement facile, mais aussi plaisante.
Le vocabulaire utilisé est limpide et beau. Et le propos est soutenu par un humour dé-li-cieux.

Exemple :

 » (A ce propos, l’ASAP, l’association des surdoués qui aiment avoir la paix – en cours de création – remercie par avance les psychanalystes et autres stakhanovistes du diagnostic, qui voudront bien la leur ficher.)  » – p27 – Les adultes surdoués, Gabriel Wahl, Que sais-je ?, Edition PUF.

 

L’ouvrage s’éloigne des clichés connus sur les surdoué•es et cela fait du bien !
Il donne accès aux références directement citées dans l’ouvrage grâce à des notes en bas de pages, chose appréciable pour moi. Vous pouvez donc joyeusement aller vérifier par vous-même, si vous n’étiez pas comme moi, si séduite par la plume de l’auteur.

Peut-être certain•es d’entre vous trouverons le ton un peu vieillot. Après tout certaines personnes m’ont trouvée « maniérée » dans ma façon de m’exprimer lors de mon passage télévisé, alors tout est possible !
Pour ma part, j’adore ce phrasé (celui du Dr Wahl) et je trouve que cela participe à vous transporter dans un salon de causerie où l’on discutait avec des esprits éclairés.

Le contenu :

De ceux que j’aime : clair, précis et documenté.
Que vous soyez spécialiste du sujet ou non vous comprendrez très bien ce qui est écrit là.
Qui plus est, vous aurez le plaisir de voyager un peu plus loin que le strict périmètre du sujet des adultes surdoué•es en voyageant un peu en philosophie et éthique, en début et fin de l’ouvrage.

Ce dernier m’a paru très complet. Il balaie avec efficacité et précision bien des domaines où l’intelligence peut poser question : définition, compréhension, études sur le sujet, bien-être, créativité, « risques »…
Un bonheur.
Je vous renvoie au sommaire pour vous en faire une idée.

Bonus personnel :

Tout un chapitre consacré aux THQI ! Whouhou !
Mon enthousiasme est cependant modéré par le fait qu’il n’est pas assez clairement précisé à mon sens que l’étude de Terman (sur laquelle se base la totalité de ce chapitre) est menée dans les années 30 au états-unis (ces deux points sont dis très clairement, ce sont les conclusions qui suivent qui à mon sens mériteraient d’être aussi écrites clairement) :
* Dans une culture fondamentalement sexiste, où les femmes n’avaient d’intérêt que pour leur capacité reproductive et un certain esclavagisme domestique.
*Les femmes étaient considérées par nature moins intelligentes et moins compétentes que les hommes, ce qui explique la sous représentation de ces dernières dans l’étude. Les 7 femmes retenues étant, non pas représentatives du ratio femme/homme chez les THQI mais bien de la représentation de l’intérêt que la société manifestait aux femmes.
*L’acceptation que les hommes soient soi-disant plus présents dans chaque extrémités de la courbe repose sur un biais social considérable, dont on peut voir certaines origines chez Darwin notamment : l’invisibilisation des femmes dans l’histoire et la recherche.
Si on trouve peu de femmes génies à travers l’histoire et dans les recherches ce n’est pas parce qu’elles n’existent pas, c’est parce qu’elles n’ont pas été remarquées ou simplement ignorées.
Pour plus d’informations sur le sujet je vous conseille la belle étude « Darwin on race, gender and culture »  Shields SA1, Bhatia S.

Et ce dernier point, qui auraient été bon à rappeler :
*Le surdon intellectuel, tous QI confondu concerne autant de femmes que d’hommes.

Bonus personnel 2 :

Petit point qui m’a totalement acquise à la cause, c’est l’assumation subtile d’une réalité qui en dérange beaucoup : à savoir qu’il existe des gens plus intelligents que d’autres. Sans pour autant que cela soit un jugement ou un mépris envers ces autres, ni un passe-droit particuliers pour les premier•es.
C’est, du moins, ce que j’ai compris de ce passage, que je vous invite évidemment à lire et remettre dans le contexte de son paragraphe, de son chapitre et du livre en entier pour vous construire votre propre compréhension de la chose.

« Descartes écrivait imprudemment que l’intelligence est « une faculté dont nous sommes tous équitablement pourvus » […]. » – p 120 – Les adultes surdoués, Gabriel Wahl, Que sais-je ? Ed. PUF

L’optique de l’ouvrage :

Pour le résumer très grossièrement, mais, je crois, néanmoins efficacement, le Dr Wahl s’inscrit dans une vision résolument positive du surdon, éclairée à la fois par l’état de la recherche sur le sujet et ses consultations.
Ce qui donne à mon sens tout son intérêt à l’ouvrage : il combine les deux points de vue, dans le sens « lieux d’où l’on regarde » : la recherche et la consultation.
On ne pourra donc pas l’accuser de ne pas connaitre ou parler de la « réalité » des consultations, pas plus qu’on ne pourra lui reprocher de ne pas tenir compte des connaissances de la recherche sur le sujet.

MEGA PLUS BONUS :

A la suite de Béatrice Milletre, le Dr Wahl me comble encore plus de joie, car il partage avec nous dans son ouvrage un TAS de questionnaires, listes, brefs outils utilisés par les professionnel•les du sujets (psychologues chercheurs et chercheuses, médecins, etc) pour évaluer, étudier divers aspects de l’intelligence ou liés à celle-ci : créativité, bien-être, critères définissant l’adulte surdoué•e, etc.

Si vous êtes comme moi, vous ronronnerez de plaisir à pouvoir les utiliser.

Conclusion :

Un ouvrage indispensable sur le sujet, et à mettre dans toutes les mains.
Précis, clair, et documenté. J’ai aimé particulièrement l’assumation et la subtilité avec laquelle l’auteur aborde des idées qui en font bondir plus d’un•es sur le sujet.
Il rejoint ma liste des « A lire et faire lire absolument ».

Pour l’acquérir :
Les adultes surdoués – Grabriel Wahl- Que sais-je ? Ed.PUF – 9€

Vous pouvez retrouver une autre « fiche lecture » de cet ouvrage sur le blog des TBZ., mais aussi sur le site Planète Surdoué.
Et vous trouverez un avis de lectrice, elle même surdouée donc concernée par le sujet, ici : Blog Trajectoires aléatoires

Reçus ! – les « Que sais-je , » du Dr Wahl

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Je vous promets donc un petit billet sur chacun des deux ouvrages.

J’ai entamé celui sur les adultes (forcément) et déjà je suis séduite.
Le français utilisé est un plaisir, et l’auteur ne manque pas d’humour ! D’ailleurs, il le fait avec un certain brio littéraire, puisqu’il nous offre un joli contraste entre le raffinement de son langage et le caractère direct et plus percutant de ses traits d’humour.
Un délice (pour moi) !

A bientôt donc pour une petite revue sur l’intégralité de l’ouvrage (j’ai déjà des citations ajoutée à mon catalogue :p).