Retour sur Mille et une vies – 21 octobre 2016

Date à marquer dans les annales pour moi.
J’ai vécu une superbe expérience, que ce soit dans l’aspect structement anecdotique de la chose, ou dans sa dimension humaine.

Je n’aurais jamais cru que cette expérience serait si riche humainement parlant. Je n’aurais jamais cru non plus que cela m’apporterait tant à moi.

J’ai accepté de témoigner parce que je voulais faire quelque choses pour « les autres ». Ces autres adultes qui souffrent ou ont souffert, ces autres personnes qui se croient seules ou qui simplement se voient privé de leur paroles par leur entourage, parce qu’on méjuge leur douleur.
Je voulais parler pour ceux et celles que l’on empechent de parler.
Je voulais lever le tabou de la honte, qui mène à se cacher, à souffrir seul et surtout à culpabiliser de souffrir.

La seule dimension personnelle de la chose, c’était que je nourissais mon besoin de reconnaissance avec toute cette attention que le jour du tournage on m’accordait.
Mais cela s’arrêtait avec le tournage pour moi.
Pour tout ce qui venait après, il n’était plus question de moi.

Car ce qui importait, c’était le message que je portais. Pas moi, moi je n’étais que le pretexte, le support du sujet. Mais je ne comptais pas.

Mais je vais essayer de reprendre le cours des choses, à partir du jour de diffusion.

Vendredi 21 octobre 2016 au matin
Je me sens un peu fébrile.
J’ai du mal à réaliser que je vais passer à la télévision nationale. Et oui, parce que France 2, c’est une chaine nationale.
Je réalise mal. Mais je me réconforte en me disant que franchement, à 14h un vendredi personne ne regardera.
Et puis, vu le sujet, je me dis que peu de personnes seront interessées. A part, justement, les premières concernées par le HPI.

Ce qui fait que je m’apaise un peu, et je me dis que, comme prévu, ça va passer tranquilement innaperçu, ou presque.

Milieu de matinée.
Je constate que l’information de l’émission est plus largement difusée que prévue. C’est une émission particulière, parce que retour d’une animatrice emblématique de la chaine.Donc cette dernière à fait un peu, pas mal, de communication sur son retour.
Bon.
Et puis, je vois que l’information est reprise, sans que je ne l’ai moi-même relayée, par quelques groupes, figures, du petit monde du HPI.
Dont le très populaire Tribulation d’un petit zèbre.

Là je commence à m’étonner un peu plus. En fait, je m’inquiete.
Je n’avais pas du tout penser que plus de 10 personnes en dehors de ma famille verraient cette émission.

Je suis mal à l’aise.

Tant pis. Ce qui est fait est fait, je n’y peux plus rien. Il faut assumer !
J’essaie de me rappeler que je ne fais pas ça pour moi, que moi je ne compte pas, et que je le fais pour quelque chose de plus important que moi : aider, peut-être, un peu, les autres.
Juste aider.
Et ça, ça vaut pas mal de sacrifices et désagréments. Donc je peux supporter qu’on me juge, si je peux aider ne serait-ce qu’une personne.

13h40
J’ai le trac.
Mais vraiment !
Ce qui est ridicule. C’est vrai le tournage est déjà fait, je ne passe pas en direct, il n’y a plus rien à faire. Si je dis des bêtises, je les ai déjà dites, alors bon.
C’est totalement inutile d’avoir le trac.

Mais quand même.
J’ai le trac.

13h55 : le jour et l’heure ! : l’émission 
Armée d’un bon thé chaï, je suis vissée dans mon canapé, tous les telephones coupés (fixe et portable) je ne suis là pour personne.
Non que je m’apprette à me vouer un culte à moi-même. Au contraire, je suis en plein début de siège : il me faut survivre à l’épreuve de me voir (et de m’entendre) à la télévision.
Ce que l’interview a coupé et qui est quand même le plus important dans l’histoire de mes troubles : c’est que je suis dismorphophobe.
Alors autant vous dire que la perspective de me voir à l’image pendant 1h40 est équivalente pour moi à celle de passer à la Question.
Je mobilise donc toutes les ressources que je possède pour faire face.

D’autant plus qu’à cette angoisse s’ajoute celle, monumentale, d’avoir été trahie par le montage. De voir le HPI associé uniquement à des troubles et des souffrances. Bref, voir diffuser exactement l’inverse du message que je voulais faire passer.

Fin de première partie
J’ai survécu !
Ce n’était pas si mal que ça, en fait. Je trouve même que c’est plutôt bien.
Vient la seconde partie.
On parle moins de moi, c’est donc moins interessant. (Humour !)

Fin de l’émission
Ok, c’est chouette.
On peut en parler, tout est ok. Je trouve que le travail a été fait et que mon message est passé. En même temps, je le connaissais mon message, alors c’est peut-être plus facile pour moi de dire ça.

L’après diffusion de l’émission

Les premiers commentaires sur les réseaux sociaux sont tombés dès la fin de la première partie de l’émission. Très majoritairement positifs, c’est super chouette.
J’y lis des choses très gentilles, très touchantes.
Surtout des remerciements et de encouragements.

Incroyable. Me remercier moi ? Mais je n’ai pas fait grand chose, j’ai juste parler…
Et pourtant.
On me remercie, on m’encourage pour mes projets, on me pousse même, on me souhaite le meilleur.
Incroyable.

Mais le plus étonnant pour moi a été de constater les dizaines de mails et de messages reçus après l’emission. (Et je continue à en recevoir aujourd’hui avec plaisir !)

Des messages bouleversants, émouvants, touchants. Une bonne partie m’a émue aux larmes.
Des femmes beaucoup, mais des hommes aussi ! Des parents d’enfants concernés par le HPI, mais des adultes qui se sont découverts ou qui se découvrent…
Mon Dieu, tant d’histoires, de partages bouleversants.

Et toujours ces remerciements, qui me bouleversent et m’émeuvent.
Ces remerciements pour avoir dit, pour « avoir osé », pour avoir nommé pour eux/elles ce qui les blessaient.

Je n’aurais jamais imaginé que cette décision de témoigner pouvait avoir autant de portée.
Pas tant en terme de chiffres, mais en terme d’intensité des ressentis.
Des gens libérés par des mots, des gens encouragés par des mots, des gens qui – ultime cadeau pour moi – me dise avoir repris espoir gràace à ce témoignage.

Encore en écrivant ces lignes, je suis bouleversée et je pleure.
Je manque de mots pour vous dire comme ces retours m’ont touchée, bouleversée, nourrie, et même m’aident à guérir.
Je ne suis pas certaine que je mérite autant, mais je vous remercie profondément de me l’avoir donné.

Seigneur quel magnifique cadeau on me fait là !
J’ai pu aider, j’ai pu redonner espoir…
Cela semble égoïste, j’en ai bien conscience et je ne cache pas que cela me fait du bien. Mais je n’aurais cru être capable d’être utile quelqu’un d’autre. Je ne pensais pas que j’avais assez de valeur pour cela. Je ne pensais pas être assez bien, avoir assez de choses à offrir pour prétendre aider qui que ce soit.

Alors voilà ! A ceux et celles qui ont trouvé de la sensiblerie dans l’émission, je vous invite à lire le paragraphe précédent, je pense que vous serez comblé-e-s !

A tout les autres, à l’univers tout entier, je vous remercie.

Je vis là une expérience unique. Sans doute ephémère, mais si précieuse que j’espère bien m’en souvenir toute ma vie.
Me souvenir toute ma vie, pas de la vidéo, pas d’être passée à la télé, mais bien de tout ce qu’il y a eu après.
Ces élans de compassion pure, de gentillesse, de reconnaissance, de gratitude. Tout cela partagé.
Ce bel exemple d’humanité toute simple.
Sans prétention, sans grands éclats.
Juste dire merci, partager, esperer. Et avancer.
Etre libre, et être soi.
Etre heureu-x-se, enfin.

MERCI !

Publicités

Retour sur le 1er Congrès Virtuel – regards croisés sur la douance

Deux conférences d’une heure, une fois par jour, pendant 5 jours.
Des thèmes aussi divers que variés.
Un seul but annoncé : fournir des clefs de bien-être aux surdoué-e-s.

Ce que j’en ai pensé

Les conférencier-e-s :
Des spécialistes du sujet, psychologues depuis longtemps spécialisé-e-s sur le sujet du HPI, des personnes elle-même surdouées qui ont publié des ouvrages sur le sujet suite à des recherches ou des compilations de témoignages conséquentes, et des gens qui ont fait du bien-être ou de relationnel leur métier.

Certaine personnes pourraient être gênées que les intervenants ne soient pas tous soit expertes, soit eux-même surdouées.
Néanmoins, une partie des intervenant-e-s étaient l’un et/ou l’autre, et cela était appréciable.
Pour les autres, ceux qui n’étaient pas spécialistes ou concerné-e-s, j’admets que j’ai été interpellée de leur présence en tant qu’intervenant-e-s.
Parce que, il me semble que pour bien parler d’un sujet, il faut soit l’avoir étudié et avoir validé ses connaissances par un diplôme reconnu, soit y avoir travaillé plusieurs années (à partir d’une dizaine on peut parler d’expertise non ?), soit être soi-même directement concerné·e par le sujet et donc pouvoir l’aborder de l’intérieur (mais, nous sommes d’accord, ça ne fait pas de cette personne une experte, mais un témoin éclairé).

Personnellement, j’ai regretté que toutes les personnes intervenant ne soient pas spécialistes du sujet de la douance. J’aurais aimé ne voir que des psychologues, psychiatres, neurologues, neuropsychologues, spécialistes des troubles associés (troubles DYS, TCA..), etc.
Mais, j’ai apprécié que quelques unes de ces personnes soient effectivement des spécialistes, et quelles spécialistes ! Arielle Adda, Cécile Bost, et l’excellentissime Florence Bierlaine (spécialiste des TCA et sexologue).

Le contenu des conférences :

Je ne les ai pas toutes suivies.
Je vous ferai donc une revue plus précise des conférences auxquelles j’ai assisté.

Dans l’ensemble, pour les conférences auxquelles j’ai assisté, je dirai que le contenu est destiné à des personnes qui ne se sont ni renseignées sur la douance, ni jamais posé trop de questions dans et sur leur vie, quel que soit les plans (professionnel, personnel, etc).
Si vous recherchez des échanges pointus, sur des questions précises sur la douance, et tout ce qui y est associé, je vous conseillerais de vous diriger plutôt vers des conférences scientifiques.

Attention cependant, ce congrès n’a pas remplis mes attentes – bien qu’une conférence particulière m’ait beaucoup plu – mais il a emballé bien des personnes qui y ont assisté.
Aussi, si vous avez l’argent (car les rediffusions sont maintenant payantes), vous pouvez aller vous faire une idée par vous-même.

Mais, je me dois, pour pouvoir bien dormir, de vous prévenir : n’en attendez pas trop. Du moins pour les conférences suivantes :

Vie amoureuse et de couple chez le Haut Potentiel
Femme surdouée et épanouie : est-ce possible ? (Ne vous fiez pas au titre, le contenu n’a presque rien à voir avec).
Haut Potentiel et épanouissement au travail : quelles pistes

Le but du Congrès :

Donner des clefs pour mieux vivre sa douance au quotidien.
Il semblerait qu’une bonne partie de l’audience en ait trouvé et ait été satisfaite.

Personnellement, pas du tout.
J’ai trouvé que c’était une perte de temps pour la plus grande partie de ce que j’ai écouté.
Mais, encore une fois, une bonne partie de l’audience a trouvé de quoi faire, donc je suppose que tout n’est pas à jeter non plus.

Conclusion

Un gros coup de cœur pour la conférence de Madame Florence Bierlaine sur les TCA.
Un très bon point : la gratuité des conférences en prime diffusion.
Un autre bon point : proposer les enregistrements à l’achat, si on les a ratés.

Bémol : je pense que si vous avez un peu fait d’introspection et un peu fait des recherches sur le sujet de la douance, vous n’en retirerez pas grand chose.

A suivre : le détail des conférences auxquelles j’ai assisté.

#CongrèsVirtuel #RegardsPlurielssurlaDouance #douance #HQI #HPI

Invitée de Mille et une vies

Et oui, après un témoignage dans la presse, me voilà invitée de « Mille et une vies », l’émission de Frédéric Lopez, sur France 2.

Le principe de l’émission est de partager des parcours de vie, où la résilience joue un rôle important, ou bien des parcours extraordinaire ou inspirant.
Personnellement, je ne pense pas rentrer dans une seule de ces catégories, si ce n’est « extraordinaire » au sens purement statistique du terme.

J’ai accepté de participé car il me tient à cœur de présenter une autre réalité du Haut Potentiel Intellectuel, une réalité heureuse et joyeuse.
Je tenais à donner un peu d’espoir aux personnes qui se découvrent surdouées à l’âge adulte et qui ne trouvent que des témoignages de souffrance et d’errance.
Je tenais aussi à parler autrement de la douance, à briser les clichés, et les tabous.

Je vous le dis souvent ici, je n’ai pas honte d’être ce que je suis.
Et j’ai de la peine pour ceux et celles qui se cachent, qui n’osent pas dire ce qu’ils/elles sont à cause des préjugés.
Alors j’ai voulu saisir cette occasion de montrer qu’on peut dire qui l’on est, ce que l’on est, avec ses blessures, sans avoir à en avoir honte.

Je voulais donner un peu d’espoir et apporter un message positif, briser les clichés sur le HPI, et témoigner d’une réalité positive de la chose.

Alors bien sur, l’émission n’est pas à propos de la douance, mais à propos de mon parcours. C’est ce parcours qui est prétexte à aborder la douance, parce que son diagnostic à été une des clefs de mon épanouissement.

J’espère donc que le montage de l’émission ne trahira pas mon propos, qu’on n’associera pas mes épreuves personnelles uniquement au HPI.
Car il n’est pas l’unique raison de mon épreuves. Comme toute histoire, mes difficultés sont le fruit d’un tout.

J’espère enfin que je ne décevrai personne.

#1001vies #télévision #témoignage #société #douance #HPI #HQI