Parfois, je me dis que je n’existe pas vraiment…

Je le disais à Cher-et-Tendre hier : parfois, je me mets à douter de ma propre existence.

Rassurez-vous, je n’en suis pas à croire que je suis une sorte de spectre d’une autre dimension, où la création chimérique d’un esprit versé en alchimie; mais parfois, le doute – voir la négation – des autres sur ma nature me fais douter.

Je vous parlerais, une autre fois, du doute d’être effectivement surdouée. C’est tout un chapitre en soi, et ce n’est pas exactement ce qui m’occupe là.

Ce que j’aimerais vous partager ce soir, c’est ce dénuement inattendu dans lequel je me retrouve lorsque je lis ou entends chez les autres, que je n’existe pas vraiment.
Pas moi, l’individu Line, mais ma nature de surdouée.

Parce que oui, il y a des gens là dehors, qui pensent sincèrement que le don intellectuel n’existe pas. Que les surdoués n’existent pas.

On peut se perdre en conjecture et hypothèses sur les raisons d’un tel avis : jalousie, peur ou simple non-conception de cette éventualité.
Je ne peux que vous livrer mes propres constatations, issues de mes expériences.

La plupart du temps, cette négation, je la ressens issue d’une certaine peur mêlée de jalousie ou d’envie. Pour être plus précise, d’une frustration de ne pas être eux aussi concernés. Voir pour certains, de s’être senti-e-s menacé-e-s.
Autant de projections dont finalement je ne suis pas plus responsable que vous.
Mais le fait de ne pas en être responsable n’empêche pas d’en souffrir.

Et je souffre quand j’entends que « la précocité intellectuelle ça n’existe pas. Il n’y a que des enfants rebels et difficiles. »
Je souffre doublement, car je suis niée doublement dans une seule phrase.
Une première fois, car dans cette phrase il n’est question que d’enfants. Comme si les adultes ne pouvaient pas être concernés par la chose.
Une seconde fois parce qu’on vient me dire que ma nature, ce que je suis, n’existe pas.

Mais alors si je ne suis pas cela, je suis quoi ?
Ce n’est pas moi qui ai décidé d’être ce que je suis. Je ne l’ai même jamais revendiqué, je n’y avais même pas pensé moi-même ! On est venu me chercher si je puis dire, pour me faire découvrir que j’étais concernée par le sujet.
Ce n’est pas moi qui me suis fait une marotte du HPI, ou qui ai voulu me créer une identité fantasmagorique pour je ne sais quelle raisons.
On m’a découverte comme cela. Je n’ai rien voulu ni cherché.

Ce diagnostique, il a donné du sens à plein de choses en moi. Il a éclairé beaucoup d’événements dans ma vie. Il m’a fait du bien, il m’a guérrie de beaucoup de blessures. Et il me sert encore aujourd’hui à travailler à guérir de toutes les autres, et à ne pas m’en causer de supplémentaires.
Mais alors quoi ? Ça n’existe pas ? Je n’existe pas ?
Je suis quoi moi, alors, si je n’existe pas ?

Mais surtout, pourquoi me le dire que je n’existe pas ?
Qu’est-ce que ça apporte de me dire que je n’existe pas ? Que je ne suis pas ce que l’on ma dit, ce que je crois ?
A part de la peine et, admettons-le, un certain chaos intérieur ?
Qu’est-ce que ça aurait coûté à celui qui n’y croit pas, de simplement se taire et sourire ? Comme on le fait avec les enfants qui croient au Père Noël ?
Il faudra alors qu’il soit simplement méchant de me dire ça. Ou qu’il ne veuille que me faire de la peine, me déstabiliser, m’atteindre.

Et puis je me rappelle.
Je me rappelle qu’on parle d’une chose constatée, prouvée, étudiée.
Je me rappelle qu’on parle de réalité. Comme l’évolution.
On peut y « croire » ou non, il n’empêche que c’est un fait, elle est là.

Alors d’un coup, je reprends de la substance et j’existe de nouveau.

C’est si simple d’effacer quelqu’un. Juste quelque mots. Quelques mots avec lesquels on nie l’existence même d’une personne, de sa nature.

Quand je reprends pieds, je me prends à regarder ces personnes qui m’affirment que je n’existent pas et là, je vois.
Je vois que ça leur fait peur cette idée de surdouée. Je vois qu’ils se sentent menacées, peut-être même, su coup, un peu moins légitimes.
Je vois qu’inconfortables qu’ils sont dans leur posture, ils envient ce diagnostiques. Ce sacro-saint résultats d’expérience scientifique, reproductible et tangible.
Je vois tout ça.
Peur, jalousie, envie…

Ce que je m’explique mal, c’est se sentiment d’être menacé.
Je n’ai jamais manifesté l’envie de venir leur disputer leur statut, ni leur domaine d’expertise, ni même en vérité quoi que ce soit.
Mais il semble que ce soit juste ma nature même qui les menace. Ou, plus justement sans doute, l’idée qu’ils s’en font.
Comme si ils ne pouvaient plus ni trop me parler ni trop me fréquenter, parce qu’à mon contact on trouverait qu’ils sont… quoi au juste ? Il n’y a qu’eux qui le savent.

Parfois oui, je me dis que n’existe pas.
Et puis j’arrête d’écouter les autres, et ça va mieux. 😉

enjoy

#AHP #HQI #adultesurdoué #zèbre #HPI #douance

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Comment faire quand on est surdoué-e : trucs et astuces.

J’ai remarqué qu’une thématique revenait souvent dans le monde du Haut Potentiel Intellectuel, que l’on soit adulte, ado, enfants, parents de, ou professionnels, et c’est celles du comment faire.

Comment faire à l’école avec mon enfant précoce ?
Comment faire au travail en tant qu’adulte surdoué-e ?
Comment faire avec mon entourage pour être compris-e ?
Comment, comment, comment…

Et tout se petit monde d’essayer de donner des trucs et astuces pour réussir à faire et même, plus difficile parfois, à être avec « les autres ».

Alors moi aussi, je me suis dit que j’allais vous partager mes trucs et astuces sur « Comment faire quand on est surdoué-e ».

La première chose à savoir, je crois, c’est qu’il n’existe aucun truc et aucune astuce.

Oui je sais, c’est décevant. Voir démoralisant. Mais je crois sincèrement que c’est vrai.
Pour être précise, je crois qu’il n’existe strictement aucun truc universel, applicable à l’identique à tous les surdoué-e-s, et à toutes les situations.

Ou alors si, je pourrais faire une pirouette en vous disant de vous trouver vous-même et ce qui fonctionne pour vous.
Parce que finalement c’est exactement ça, je crois, la solution.
Comment ? J’ai envie de vous dire, non pas pour vous embêter mais parce que c’est l’évidence absolue, débrouillez-vous.

Je ne suis pas vous. Personne n’est vous. Personne d’autre que vous n’a les connaissances et les ressources nécessaires pour trouver le-s moyen-s d’être avec les autres.
On peut dresser une liste, plus ou moins exhaustive, des outils employés par les un-e-s et les autres pour être avec « les autres ».
Mais vous ne trouverez jamais, je crois, de liste détaillé d’astuces, de répliques, de comportements et réactions à avoir, dans telle ou telle situation, qui fonctionnera immanquablement.

Car là où pour certain-e-s, c’est l’humour qui leur sert d’interface, chez A ce sera l’humour potache, chez B ce sera l’ironie, chez C ce sera le sarcasme, et ainsi de suite…
Pour d’autres, la solution sera de briller, de se démener dans un ou plusieurs domaines qu’ils ou elles jugeront emblématique de l’intelligence ou de leur intelligence, et ainsi justifier, prouver leur nature de surdoué-e, de génie.
D’autres s’isoleront du monde en le maintenant à distance par le mépris.
D’autres s’attacheront à prouver à leur entourage qu’ils sont juste « eux », surdoué-e-s ou pas…

Il y autant de façon d faire que d’individus.

La seule chose sur laquelle nous pouvons nous reposer dans notre quête d’équilibre avec le monde (quelle que soit la nature de cet équilibre) c’est sur la connaissance de nous-même.
Cela ne nous empêchera pas de souffrir, ni de faire souffrir les autres, mais cela nous permettra d’être au mieux avec nous-même et avec eux.

#AHP #adultesurdoué #zèbre #HQI #HPI