Cerveau droit vs. Cerveau gauche : en finir avec le mythe.

Je suis tellement heureuse d’être tombée sur cette vidéo grâce à l’Association ToulouZèbre que je ne peux pas ne pas la partager.

Donc profitez bien, voici de quoi briser le mythe du cerveau droit et du cerveau gauche et expliquer d’où il vient.

Enjoooooooooooooooooooooooooooooy !

https://youtu.be/ZMSbDwpIyF4

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Demain, c’est bien.

La procrastination.

Cet article en est un merveilleux exemple, puisque plutôt que de l’écrire, je pourrais rédiger mon rapport de stage.
Mais je fais quelque chose d’autre à la place.
Voilà.

Les HPI, adeptes de la procrastination ?

J’ai lu souvent que les personnes HPI étaient de grandes procrastinatrices.
Dans l’ouvrages de Béatrice Millêtre, j’y ai trouvé un début d’explication qui s’avère aussi être une sorte de démenti.

C’est-à-dire qu’on ne procrastinerait pas vraiment, nous les HPI, mais l’on « ferait nos Archimède » pour paraphraser Béatrice Millêtre. (Ceci est une interprétation toute personnelle de ce qui est décrit dans l’ouvrage de B.Millêtre.)
Dans son ouvrage, elle nous explique que nous réfléchissons à un sujet/problème/question/projet/juste comme ça en faisant autre chose.
Exemple : nous devons rédiger notre rapport de stage (exemple au hasard hein), nous devons donc réfléchir à comment nous allons organiser nos éléments les uns par rapport aux autres et quel sommaire nous allons devoir respecter avec tout ça; eh bien plutôt que de prendre une feuille et un crayon pour y travailler, on va faire complètement autre chose.
Jusqu’à ce que PAF ! Épiphanie, on a une super idée pour ce rapport de stage, et on s’y met.
(Je l’attends toujours l’épiphanie pour le rapport de stage, mais j’ai de l’espoir.)

De fait, ce n’est pas tant qu’il s’agisse de repousser une chose à faire, que de trouver une autre chose à faire pour pouvoir en même temps trouver la solution à la première.
En fait, on ne procrastine pas, on fait même le contraire. On fait plusieurs choses à la fois. :p

En fait, c’est déjà fait. Donc ce n’est plus à faire

Dernièrement, je me suis dit que si je repoussais comme ça systématiquement ce que je devais faire (surtout si je n’ai pas de date butoir), c’est que dans une certaine mesure, j’ai l’impression que le principal est déjà fait.
Quand j’ai réfléchi à une chose à faire, et que j’ai conceptualisé comment je devais m’y prendre, ce que je devais faire et estimé le temps nécessaire, je crois qu’une part de moi se dit que le boulot est déjà fait.
A partir de là, tout effort supplémentaire pour effectivement produire la chose me semble être un effort en trop. Et je n’ai pas le cœur à le faire.
Il me faut donc une bonne motivation pour m’y mettre. Et en général, si ce n’est pas l’envie spontanée de faire, c’est le devoir de le faire (date butoir, engagement, etc) qui me pousse à l’action.

Toujours trop tard et jamais assez

Je réalise la plupart de mes projets dans le stress le plus complet et je ne suis que très rarement pleinement satisfaite de mon travail.
Parce que je réalise toujours tout à la dernière minute. Je vois toujours trop court en terme de temps.
Résultat, je ne prends pas de plaisir à réaliser la tâche en question, et je trouve toujours que je bâcle la chose, faute de temps.
Personne ne m’a jamais fait ces retours-là, tout le monde est toujours très content de ce que je produis, mais moi pas.
Je sais dans quelles affres de stress et de précipitation cela s’est fait et je me flagelle intérieurement.

Pourtant je le SAIS que je fonctionne comme ça, je SAIS que je DEVRAIS me forcer à m’y mettre plus tôt.
Mais impossible.

Ce qu’en disent les autres

Un article bien sympa sur la procrastination de la revue Cerveau et psycho.
Dans la même veine vous avez l’article de la revue Le Cercle Psy : l’art de la procrastination trimestriel n°25 juin/juillet/août 2017

 

Bon, bah maintenant, je vais essayer de travailler.

 

 

De l’urgence de ralentir ?

Un des grands traits descriptifs que l’on prête aux surdoué•e•s c’est une pensée incessante ou « qui va trop vite ».

Certaines personnes HPI se plaignent, souffrent de cette pensée qui ne s’arrête jamais.
D’autres n’en parlent simplement pas, comme si le rythme de leur pensée n’était simplement pas un sujet de préoccupation.
Et d’autres comme moi (enfin j’espère !), au contraire se réjouissent de cette activité psychique permanente. Même si, je dois l’admettre, parfois je trouve que ma pensée pourrait s’abstenir de traîner sur certains concepts et questions existentielles.

Ralentir ?

Pour répondre à ces plaintes, certain•e•s psychologues proposent divers outils.
La méditation et la « Pleine Conscience » sont deux de ces outils très en vogue et très préconisés par certain•e•s thérapeutes.

J’aurais aimé insérer des liens vous permettant de vous renseigner sur ces deux pratiques, mais je peine à en trouver qui me paraissent sérieux, objectifs et neutres d’un point de vue des convictions spirituelles et religieuses.
Donc, navrée, mais je vous laisse bêtement avec vos dictionnaires et Wikipédia.

La méditation telle que je la conçois et la comprends, est une pratique qui exerce l’esprit à différents types de concentration. La pratique permet de modifier l’activité cérébrale volontairement, pour atteindre des états semblables à ceux atteints dans le sommeil.
Les buts de la pratique de la méditation sont divers et variés : augmenter sa concentration, sa mémoire, apaiser ses angoisses, diminuer le stress, répondre à une question qui nous préoccupe, trouver l’inspiration, et d’autres choses qui sont alors de l’ordre des convictions spirituelles et religieuses.
Elle est souvent conseillée aux personnes HPI qui se plaignent de leur « suractivité » mentale dans le but de faire ralentir leur pensée, ou de la rendre moins foisonnante.

La « Pleine Conscience » est la traduction de « Mindfullness ». Cela consiste à se concentrer sur ce qui se déroule à l’instant présent, sans jugement. Il ne s’agit pas d’observer mais de ressentir, d’avoir conscience de ce qui se déroule.
A l’occasion de je ne sais plus quel documentaire ou reportage, j’avais vu un professeur de pleine conscience donner un cours d’initiation à la pratique de cette dernière.
Le professeur donnait un raisin sec à chaque participant•e•s et leur demandait d’abord de porter leur attention sur le grain de raisin : sa couleur, sa texture, son parfum, son poids, sa température. Il ne demandait pas seulement de noter intellectuellement ces détails mais de les éprouver et de se concentrer sur les sensations. De les éprouver pleinement.
Puis il fallait mettre le grain de raisin sec dans sa bouche et recommencer le schmilblick.

Donc la Pleine Conscience, c’est ça : se dédier à éprouver ce qui se passe, juste l’éprouver.

Ou limiter et appauvrir ?

Qu’il s’agisse de méditation ou de Pleine Conscience, ces deux techniques sont proposées par certain•e•s psychologues (ou coachs) aux personnes HPI qui se plaignent de leur rythme de pensée, pour ralentir cette dernière et/ou la rendre moins envahissante, moins dense.

Personnellement, je n’accroche pas à cette conception du problème.
Que la pensée soit parfois envahissante, je le comprends et l’éprouve un peu trop régulièrement à mon goût.
Néanmoins, il me semble que les solutions qui sont proposées aux personnes HPI qui souffrent du rythme et de la densité de leur pensée, ont pour but de faire ralentir cette pensée, voire de l’appauvrir. Car rendre moins foisonnante, c’est donc diminuer, retirer, appauvrir.

Attention, je ne condamne pas ici le recours à ces techniques ni même le fait de vouloir ralentir ou appauvrir sa pensée. C’est le choix et le bien-être de chacun•e, et personne n’a rien à y redire.

En tant que personne HPI, je suis heurtée par cette proposition de réduction d’une pensée différente.
Parce que je vois derrière cette proposition spontanée de ralentir ou d’appauvrir la pensée comme une volonté – plus ou moins assumée et consciente – de la diminuer, de la brider. De la ramener à la norme en somme.

Car pourquoi vouloir ralentir ? Parce que l’on va « trop vite ».
Vous le savez maintenant, je n’aime pas entendre que les personnes HPI sont « trop ».
Parce que cela induit qu’il y a une référence qui n’est pas « trop », qui est « ce qu’il faut », et que, conséquemment, les personnes HPI ne sont pas « ce qu’il faut » elles sont « trop ».
Cela induit l’idée qu’elles dysfonctionnent, et que le seul moyen de les faire aller mieux résiderait dans le fait de les rapprocher de cette norme.

Je préfère le point de vue qui prend en compte le fonctionnement particulier des personnes HPI comme n’ayant pas à être normalisé ou modifié, et qui propose non pas de ralentir cette pensée ou de le l’appauvrir, mais de l’accepter et de surfer dessus.

Surfer sur la vague

Je sais bien dans quels tourments infâmes peut nous plonger cette pensée effervescente, incessante. Et même si cela me questionne, je comprends la démarche de vouloir « appuyer sur off ».
Mais cela me semble tellement dommage !

Le torrent de cette pensée est riche ! Violent parfois, mais riche. Tellement riche. Il y a des pépites là-dedans. Des pierres précieuses.
Evidemment, quand vous êtes complètement emporté•e par ce courant et que vous manquez de vous noyer toutes les deux secondes, je comprends qu’on s’en fiche complètement et que l’on veuille seulement survivre, quoi qu’il en coûte.
Mais plutôt que de vouloir que la pensée ralentisse de façon permanente, pourquoi ne pas se mettre à apprendre le surf ?
Histoire de ne plus être emporté•e mais de se laisser porter par le courant ? D’être debout et d’avoir le loisir d’observer et de profiter de tout ce que le courant de notre pensée charrie ?

Votre pensée peut avoir un effet hypnotique, peut être une berceuse même.
Parmi les plaintes liées à la pensée incessante, on retrouve souvent le fait que l’endormissement est difficile. Les préoccupations du quotidien où les questionnements existentiels prennent soudain toute la place.
Et si on pensait à autre chose ?
Je sais ça parait complètement insultant comme suggestion, mais il se trouve que ça marche pour moi.
Le soir, au coucher, je me complais à commencer mes rêves.
Toute la puissance de ma pensée, je la mets au service de ma future nuit et je commence une histoire dans ma tête.
Et tout doucement, je me sens glisser dans le sommeil.
Le plus drôle, c’est le moment où je sens que je bascule vraiment dans le rêve. L’histoire dérive, tout ce qui se déroule dans mon esprit n’a plus la même texture.
C’est un moment super !

Enfin c’était un exemple parmi tant d’autres.

Notre pensée : une alliée, pas une ennemie

Loin de moi l’idée de juger ou pointer du doigt les personnes qui souffrent du rythme de leur pensée.
Je ne sais pas ce qu’ils et elles vivent et je respecte donc pleinement leur expérience de vie sans la remettre en question.

Je partage cependant la mienne, différente de la leur, dans l’espoir que cela ouvre des perspectives.

Pour la pensée, comme dans la vie, j’ai réalisé qu’il m’était bien plus facile de faire avec les choses que de faire contre elles.
Même si ça veut dire faire avec ce que l’on n’a pas aussi. :p

C’est d’ailleurs très stimulant intellectuellement.
A chaque problème une solution. Même une solution partielle est une solution. Il faut parfois apprendre à s’en contenter.
(Oui même les questions existentielle comme « Mais la mort est inévitable ! Bah oui, et on ne peut rien y faire, donc autant s’éclater. » Ou alors se tuer tout de suite, mais je n’aime pas cette option)

Chaque problème est un défi. Comment faire pour trouver une solution qui me convienne avec les contraintes que pose ce problème ?
Que puis-je exploiter dans mon environnement ?
Comment transformer ce qui m’apparaît comme un problème (la pensée incessante) en ressource ?
S’il y a bien une personne qui puisse trouver la solution, c’est vous !

Et parfois, il suffit de changer de regard.
Juste cesser de se dire que « c’est un problème » et le considérer comme quelque chose de neutre ou une force.
Parfois, juste ça, ça peut aider.

 

 

C’est quoi un•e bon•ne psychologue ? Tentative de début de réponse

Parmi les messages que je reçois, il y en a une bonne partie qui concerne la recherche « d’un•e bon•ne psychologue ».

On me demande des noms, des adresses, et des commentaires sur la qualité des services proposés.

Je suis toujours embarrassée pour répondre à ces questions.

D’une part, je ne suis encore qu’étudiante, et malgré ma soif de découvertes, je n’ai pas une connaissance exhaustive de tou•te•s les psychologues ou centres de soins psychologiques qui connaissent le sujet du HPI et proposent des suivis thérapeutiques avec cet éclairage.
Pour être totalement transparente avec vous, hormis ma propre psy et les références des « grands noms » du HPI en France, je ne connais personne.
Mais alors PERSONNE.

EDIT : Connaissais personne.

Mais ce n’est pas le plus embêtant.

Non, ce qui me met le plus dans l’embarras quand je dois répondre à cette question, c’est cette notion fondamentale et pourtant qui semble ignorée (involontairement le plus souvent, j’en ai bien conscience) : Un•e « bon•ne » psychologue, c’est relatif.

Diantre !

Serais-je, moi la future psychologue libérale, en train de vous dire que tou•te•s les psychologues sont des quiches et des jambons, et qu’il est impossible d’en trouver un•e de compétent•e ?
Rassurez-vous, non. :p

Un•e patient•e, un•e psychologue

(Oui je parle de patient•e•s. Parce qu’il en faut de la patience dans un processus thérapeutique ! Et que je considère la psychothérapie comme une démarche de soin. Donc je parle de patient•e•s. D’autres psychologues parleront de client•e•s. C’est selon chacun•e.)

Cela fait partie de ce qui rend la psychothérapie – quelle que soit la méthode utilisée – éprouvante. C’est qu’il faut trouver la bonne personne.
Aucun•e psychologue ne sera bon•ne pour tout le monde, universellement.
Ce n’est pas possible.

La relation de soin en psychologie est ainsi faite qu’elle met en relation deux individus. Et même si l’un•e des deux est un•e professionnel•le formé•e à cette fin, ce qui fait qu’un•e psychologue fait bien son travail c’est qu’il/elle investit la personne qu’il/elle est dans cette relation de soin.
Ainsi, chaque psychologue sera unique, aura un contact unique avec les patient•e, parce qu’il/elle est un individu unique et singulier. Et que chacun•e des patient•e•s rencontré•e•s sont aussi des individus singuliers.

Un•e bon•ne psy pour toi, un•e mauvais•e pour moi

Le ou la bon•ne psy de votre voisin•e, ne sera peut-être pas le/la vôtre.

Je sais c’est dur.
Surtout quand vous entendez votre voisin•e se pâmer depuis des mois sur le compte de son/sa psy qui est si géniaaaaaaaaaaaaaaaaaal•e.
Nous aussi on aimerait bien avoir un•e psy génial•e !

Sauf qu’il faut partir à sa recherche.

Et c’est un peu la course d’orientation de Koh-Lanta des fois ! (Oui j’ai des références hautement culturelles, je sais.)

Mais c’est le prix à payer pour pouvoir rester 5 ans en thérapie ou 3 heures sur des poteaux.
Vu de loin, ça peut même donner la même impression d’immobilité ridicule, avec des sursauts de mouvements et puis… Ah bah non, raté, on a toujours pas bougé.
Et puis PLOUF ! D’un coup, ça y est, c’est débloqué, on a gagné.
C’était long, c’était parfois douloureux, mais HEY c’est bon, on a gagné on peut de nouveau avancer dans sa vie.

Ce parallèle lui aussi hautement philosophique fait, j’en reviens à nos psys.

Une personne = un•e psychologue

Quand les gens demandent les références « d’un•e bon•ne psy » ils demandent un•e bon•ne psy pour eux/elles.

Mais, à part eux/elle-même, personne n’a la réponse à cette question.

Personne ne peut conseiller « un•e bon•ne psy » au fond. On peut juste conseiller de consulter quelqu’un avec qui nous avons eu une bonne expérience, ou de qui d’autres patient•e•s nous ont donné de bons échos.

Malheureusement, ça ne garantit jamais que la personne en quête d’un•e psychologue y trouvera son compte.

Trouver son ou sa bon•ne psychologue, c’est une rencontre. Et comme toutes les rencontres, parfois on a de la chance et on trouve une personne avec qui « ça fonctionne » tout de suite, et parfois, il faut essuyer quelques plâtres avant.

Mais comme je suis charitable (oui c’est une de mes nombreuses qualité, avec la modestie)
je vais vous donner quelques points qui me semblent être de bonnes clefs pour déterminer si vous avez à faire à, non pas un•e bon•ne psychologue, mais au moins un•e psychologue qui ne dérape pas.

Un•e psychologue qui ne dérape pas :

  • N’est pas votre ami•e

C’est à dire qu’il/elle maintient une saine distance de soin entre vous et lui/elle. Vous ne venez pas parlez à une copine ou un copain, vous venez chercher l’aide d’un•e professionnel•le du soin et de la compréhension du psychisme humain.
Donc, de ce fait votre psychologue n’a pas à être trop familier•e avec vous.
Pas de tape dans le dos, pas de claquage de bise, pas de promiscuité physique, pas de café après la séance, pas d’échange des photos des enfants.

  • Ne vous raconte pas sa vie (ni sa vie privée) (Parce qu’il/elle n’est pas votre amie ! :p)

Votre psy doit rester une figure neutre. Dont l’écoute bienveillante et l’attention à votre personne et votre histoire sont indiscutables (c’est à dire que vous n’en doutez pas et que vous les ressentez. Sinon, changez de psy, parce que ce sont les clefs de voûte d’une relation de soin efficace.) mais qui n’empiète (le/la psy) pas outre mesure dans votre vie.
Votre psy existe dans son cabinet, ou son hôpital, et il/elle est « seulement » votre psy.
Il/elle ne vous dit pas qu’il a eu un petit chien nommé Jumbo quand il était petit, ni que sa vie sexuelle en ce moment est morose.
En séance il n’est pas question du/de la psy, mais de vous.
La figure du/de la psychologue doit rester la plus neutre possible, pour vous permettre d’occuper l’espace de la consultation selon vous et vous seul•e.
Voire même; pour permettre à vos projections de se faire, même si c’est pour les défaire ensuite. Ça fait aussi partie du processus.
Et pour que ces projections puissent se faire tranquillement, il faut que votre psy vous soit comme une espèce de toile blanche ou presque. Que vous ayez de la place pour y faire vos projections, et les défaire ensuite aussi.

  • Ne vous maltraite pas.

Ce n’est pas parce qu’il s’agit de profesionnel•le de la psyché que cela leur donne le droit d’être maltraitant avec vous.
Et son savoir ou ce qu’il/elle croit savoir sur votre fonctionnement psychique n’est pas une raison pour être violent avec vous.
Il/elle n’a pas à exprimer de jugement sur vous.
Parce que ce n’est pas son boulot ! Son boulot est de vous aider à prendre conscience de votre activité psychique et émotionnelle et de vous aider à y remettre de l’harmonie (grosso modo).
Et ceci n’implique pas de vous dire que vous êtes une loque humaine, que vous êtes ingrat•e•s, que vous finirez en prison à cause de votre caractère, ou que vous devriez pratiquer plus souvent la sodomie pour vous détendre*.

Attention néanmoins ! Il se peut qu’au cours du processus thérapeutique, votre psy mette à jour avec vous quelque chose qui vous déplaît, qui vous contrarie.
Il ne s’agit pas là de maltraitance forcément ! Mais du travail thérapeutique.

* Si votre psy est aussi sexologue et que vous avez déjà parlé de sodomie, que vous avez exprimé que cette pratique sexuelle vous détendait, là ça va, il/elle peut vous conseiller de la pratiquer plus souvent pour vous détendre. Mais si c’est de but en blanc comme ça, parce que vous parliez du deuil de votre arrière-grand-mère, NON, ce n’est pas bien.

  • Ne vous touche pas, d’aucune manière, et surtout pas sans votre consentement

Hormis quelques thérapies centrées sur le corps, dont TCC et autre ergothérapies, votre psy n’a pas à vous toucher.
Nulle part.
Hormis vous serrer la main pour vous dire bonjour.
Et oui, même si vous êtes effondré•e en larmes dans son canapé ou devant son bureau, il/elle n’a pas à vous prendre dans ses bras ou vous prendre la main.
Même si très certainement, il/elle est touché•e par votre tristesse. Son travail est justement de vous laisser pleinement en possession de cette émotion, de vous laisser la vivre pleinement. Il/elle veille sur vous, mais sans vous toucher.

  • Respecte vos appartenances religieuses et/ou spirituelles

C’est à dire que votre psy s’abstient de tout jugement sur la question. Pas de réflexions xénophobes, racistes, ou sur ce qui est « intelligent » ou stupide de croire ou pas.

Pour reprendre Docteur House : « Si vous parlez à Dieu, vous êtes croyant•e. Si Dieu vous répond, vous êtes schizophrène. »
Alors, même si ça mériterait un peu plus de nuance à mon sens je trouve ça bien dit. ^^

  • Ne vous propose pas et n’accepte pas des relations sexuelles de quelque nature que ce soit en paiement de ses séances.

Pas besoin d’expliquer je pense.

  • Ne fais pas durer ad vitam aeternam votre thérapie

Si vous exprimez le désir de cesser votre thérapie avec votre psy, que vous êtes responsable de vous-même légalement et sans obligation de soin, votre psy ne peut pas exiger que vous continuiez votre thérapie.
Il/elle a le devoir de vous exprimer son avis professionnel sur la question, les risques qu’il y a pour vous et votre entourage s’il y en a. Et si il/elle estime qu’il vous faut poursuivre votre thérapie, il/elle devra vous conseiller un•e collègue ou une structure à laquelle vous adresser.
Mais il/elle n’a pas à vous effrayer ou vous menacer à demi, avec des prédictions apocalyptique sur l’avenir si vous cesser de le/la consulter lui/elle en particulier.

Même si vous êtes en obligation de soin, c’est le soin qui est obligatoire, pas ce ou cette psy-là. Vous vous devez donc de continuer votre thérapie lorsque vous êtes en obligation de soin, jusqu’à ce que cette obligation soit levée, mais pas forcément avec le/la même psy, si vous ne le souhaitez pas.
Néanmoins, il est évidemment que plus il y a de changements, plus long sera le travail.

Je crois que j’ai fait le tour.

Résumons !

Un•e bon•ne psy :

  • N’est pas votre ami•e
  • Ne vous raconte pas sa vie (ni sa vie privée) (Parce qu’il/elle n’est pas votre amie ! :p)
  • Ne vous maltraite pas.
  • Ne vous touche pas, d’aucune manière, et surtout pas sans votre consentement
  • Respecte vos appartenances religieuses et/ou spirituelles
  • Ne vous propose pas et n’accepte pas des relations sexuelles de quelque nature que ce soit en paiement de ses séances.
  • Ne fais pas durer ad vitam aeternam votre thérapie

Je vous laisse ajouter, supprimer, débattre de ce qui pour vous est un•e bon•ne psy dans les commentaires. 🙂

Et en bonus cadeau, voici le code de déontologie des psychologues, pour la France (il en existe une version européenne qui reprend les mêmes principes). N’hésitez pas à le consulter. 🙂

CODE DE DÉONTOLOGIE DES PSYCHOLOGUES (FRANCE)

Compassion et complaisance

Suite au partage de mon article « Surdoué•e•s : ceux et celles qui font croire qu’ils en sont. » par le site Centre arborescence, j’ai eu beaucoup de vues, et surtout pas mal de retours.
Bien moins que de vues, mais quand même bien plus que d’habitude.

Hormis les éternels reprochent faits aux tests (« Ils ne sont pas fiables », « Ils ne sont pas accessibles ») il était beaucoup question de compassion dans les commentaires. Et du fait que j’en manquais de façon plus ou moins importante ou que je devrais en faire plus preuve.

Il se trouve que c’est une remarque qui revient souvent de la part d’inconnu•e•s.
Une seule fois de la part d’une personne qui m’est proche, mais à ma décharge, le contexte émotionnel était intense.

Alors fidèle à moi-même je me mets à cogiter.
Si l’on me fait cette remarque plus d’une fois, c’est qu’il y a une raison. Manquerais-je de compassion ?
Ni une ni deux, je vais poser la question à ma psy (pas entre vendredi et aujourd’hui, je vous rassure, c’était avant.).
Selon elle, la réponse est non. Mon problème serait même inverse : à avoir tant de compassion, j’en oublie de vivre pour moi.
C’est rassurant, mais une énigme demeure, comment ces deux perceptions de moi peuvent-elles coexister sans que pour autant elles ne soient perceptibles ensemble ?

Ou, plus simplement dit, comment puis-je être si compatissante sans que des gens qui ne me côtoient pas dans l’intimité ne s’en rendent compte ? Plus encore, pour qu’ils et elles pensent que j’en manque, de compassion ?

*Triture, triture. Cogite, cogite*

Ça c’est le bruit que font mes neurones quand ils s’activent.

Et puis *FLASH* me revient l’essence d’un passage du – pour moi, fabuleux – ouvrage de Béatrice Millêtre : compassion n’est pas complaisance.

Jackpot !

C’est ça. Enfin, je trouve que ça fait sens.
Du coup, fidèle à moi-même, de l’exemple particulier de mon petit cas anecdotique, je passe à une réflexion plus globale.

Compassion n’est pas Complaisance

Je sais que ce qui gêne chez moi, c’est ce que je dis. Je crois fondamentalement que ce n’est pas comment je le dis, parce que je le dis clairement.
Je pense que c’est vraiment le contenu qui gêne.

Je dis des choses qui dérangent. Parfois malgré moi, parfois volontairement.

Est-ce que ces propos dérangent parce qu’ils manquent de compassion ? Est-ce que dire ce qui est, c’est faire preuve de manque de compassion ?
Je veux bien croire que parfois, oui. Parfois, le silence est la plus grande preuve de compassion que l’on puisse apporter.
Néanmoins, ce n’est bon qu’un temps. Je crois que pour avancer, pour progresser, il faut à un moment ou à un autre faire face à ce qui ne fonctionne pas. À ce qui nous dérange.

Compatir, c’est, étymologiquement, souffrir avec. Du latin : cum patior, « je souffre avec » et du grec συμ πἀθεια , sym patheia, sympathie.

Donc faire preuve de compassion, c’est souffrir avec l’autre.
La complaisance c’est la « disposition d’esprit de celui qui cherche à faire plaisir en s’adaptant aux goûts ou aux désirs de quelqu’un ».
Ainsi, lorsque l’on compatit, il n’est pas question de faire plaisir. Il n’est pas question de s’adapter à l’autre.

La compassion est une résultante de l’empathie.
La complaisance cherche à plaire.

La compassion ne cherche pas à plaire.
On peut compatir, sans pour autant faire preuve de complaisance.

Donc, j’en déduis que c’est ce que certaines personnes reprochent à ce blog : qu’il ne fasse pas dans la complaisance.

Béatrice Millêtre disait :
« A l’inverse, la complaisance n’est pas une marque d’estime. Accepter la médiocrité revient à dégrader les autres, à dévaloriser leurs qualités, à croire qu’ils sont incapables de bien faire ». – Ch. Toujours viser le meilleur : perfectionnisme et exigences. – Le livre des vrais surdoués. Surdoués et heureux !


Demeurer honnête

Si je donnais dans la complaisance avec ce blog, alors je n’écrirais que ce que d’autres veulent entendre, ce qui leur plaira.
Je n’ai pas démarré ce blog pour cela. Je l’ai voulu un témoignage sincère et honnête. Si je me mets à ne plus écrire que ce qui plaira,  je me mettrais alors à mentir. Dans le sens où je n’écrirais pas toujours ce que je penserais, ni ce que je vivrais, parce que ça risquerait de ne pas plaire.


Conclusion

Alors, non, définitivement non, ni ce blog ni moi ne manquons de compassion.
En revanche, ni ce blog ni moi ne donnons dans la complaisance.

Donc, ce que je dirai, ce que j’écrirai, continuera de déranger parfois.

Mais ce ne sera jamais du manque de compassion.