HQI et THQI quelle(s) différence(s) ?

Cette question je me la pose uniquement à titre personnel.
Si vous souhaitez trouver un peu de littérature spécialisée sur le sujet, je vous conseille le site Adulte Surdoué qui aura probablement des références sur le sujet. Ou encore LTPZ mais là, j’imagine que l’orientation sera plus sur les enfants que sur les adultes.

La théorie

Je ne crois pas avoir lu quoi que ce soit spécialement dédié au THQI dans la littérature que je possède ou que j’ai lue sur internet.
Le THQI ne semble être qu’une sorte de sous-catégorie du HQI, comme si la proportion de gens concernés, soit 0,13%,  justifiait de ne pas s’y intéresser.
Pourtant, au détour d’une ligne expliquant le QI et comment lire la courbe de sa répartition dans la population, on peut glaner parfois cette information étonnante :

Il y aurait autant de différence entre un HQI et un THQI qu’entre un lambda et un HQI.

Il me semble bien que ma psy m’avait aussi dit cela.
J’ai pleinement confiance en elle, aussi j’ose croire que si elle se permet de me le dire c’est qu’il s’agit d’une information ou hypothèse solide.

Le problème est que, au vu de la rareté des cas de THQI (et je parle de la répartition du QI faite sur l’échelle de Weschler) mener des études fiables sur la question est aussi facile que de faire un parcours du combattant ou une MudRace en ayant la grippe H1N1 (je l’ai eu, croyez-moi, ce n’est pas drôle du tout).

Donc je n’ai trouvé aucune source scientifique permettant de décrire cette différence.
A tel point qu’il me semble que cette différence relève bien plus de la théorie que de l’observation. En effet les spécialistes semblent se baser sur les statistiques pour émettre cette hypothèse. Si au bout de deux écart-types à la moyenne (QI>130) on considère qu’il y a changement de façon d’être, alors on suppose qu’on fait le même saut à 3 écart-types.
Boui…


Ma petite expérience de la chose

La question est est-ce que je sens une différence d’être entre une personne HQI ou les personnes HQI que j’ai pu cotoyer d’une façon ou d’une autre, et moi ?
Et aussi, est-ce que cette différence est différente de celle que je ressens avec les lambdas ?

Bon…
Déjà oui, je peux dire que le décalage que je ressens avec les lambdas n’est pas identique à celui que je peux ressentir avec des HQI.
La différence majeure étant qu’avec les lambdas je patine à les comprendre et à échanger avec eux, je suis en permanence à lutter. Alors qu’avec les HQI les choses vont toutes seules. Nous ne sommes pas les meilleures ami-e-s du monde à chaque fois pour autant, mais l’échange se fait beaucoup plus facilement et je ressens bien moins de choses violentes.

Maintenant est-ce que je sens un décalage entre moi (THQI) et les HQI que j’ai pu fréquenter d’une manière ou d’une autre ?
Pour être honnête je dois dire oui, mais je ne saurais pas dire si cela est la preuve de l’existence de la différence HQI/THQI ou si c’est une simple variation individuelle.
Parfois, en lisant les témoignages de personnes HQI je me dis que je ne leur ressemble pas du tout, que je ne suis pas du tout concernée par ce qu’elles partagent.
Et je suis désorientée, parce que je suis censée comprendre et ressentir la même chose puisque moi aussi je suis surdouée !
Et il y a tant d’autres HQI qui s’y reconnaissent, partagent tout cela. Souvent d’ailleurs des souffrances, et le sentiment d’impasse face à cette souffrance. Ces personnes semblent être victimes de leurs émotions, comme si elles les subissaient et se battaient contre elles.

Et moi en lisant cela je me demande pourquoi et comment ils et elles n’en sont pas arrivé•e•s à la même conclusion et au même état d’acceptation et d’intégration que moi.
Je me demande ce qui cloche chez moi. Et je me dis que si je suis arrivée à accepter ces émotions, à les accueillir mais surtout à les intégrer sereinement à mon fonctionnement et à ne plus les subir (ça ne veut pas dire ne plus souffrir, nuance) alors c’est qu’elles doivent être moins fortes que les leurs.
Parce qu’ils et elles témoignent véritablement d’une impasse, d’une impossibilité de s’en sortir, c’est donc qu’ils et elles sont confronté-e-s à des forces colossales.

Et puis arrive dans mon esprit, une idée qui d’une toute petite voix me dit : « Mais peut-être aussi qu’ils et elles sont exactement dans le même processus d’intégration que toi, mais que tu es allée plus vite »
Alors cette idée est très timide, je vous le confie.
Elle ose à peine pointer le bout de son nez et ouvrir la bouche pour s’exprimer.

C’est une réflexion de ma psy qui un jour m’a dit que le travail (sur moi) que je faisais en quelques semaines il faudrait probablement des années à la plupart des gens pour le faire, car leur puissance d’analyse (et donc d’introspection) et leur lucidité étaient bien moindre.

Se pourrait-il que la différence se joue, entre autre, sur ce point ?
Sur la résilience, et la capacité d’intégration des choses ? Sur cette rapidité à évoluer personnellement ?

Ma Conclusion

Je ne sais pas si une différence HQI/THQI existe. Et si elle existe, je ne sais pas en quoi elle consiste vraiment.
J’émettrais peut-être l’hypothèse qu’elle porte bien plus sur le rapport à soi et au monde, que sur les capacités cognitives.

Mais je n’en sais rien.

Je sais juste que je ne me suis jamais sentie appartenir à aucun groupe, et que si cela a pu être parfois une peine, une souffrance et la source de beaucoup de questions, aujourd’hui je préfère cela.
Je suis bien dans mon unicité.
Et je dois dire que je suis contente de ne partager ma catégorie qu’avec 0,13% de la population. Ça me préserve d’en croiser trop et de me comparer à eux.
Je sais que j’en souffrirais, je me trouverais trop bête, usurpatrice.

Alors bon, différence ou pas différence, ce qui compte pour moi, c’est de se sentir bien avec soi et avec les autres.

Mais ça n’apporte pas de réponse à ma question.

Vous en avez une vous ?

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HPI : don ou handicap ?

Questionnement somme toute récurent sur le HPI, tant en ce qui concerne les enfants qu’en ce qui concerne les adultes.

Ce sujet est revenu sur le devant de mon cortex grâce ou à cause d’un tweet de l’auteur du blog « Les tribulations d’un petit zèbre », qui partageait l’article au titre suivant : « Au secours, mon enfant est un génie ».
Ajoutez à cela la dernière émission télévisuelle sur le sujet, passée sur les grandes chaînes françaises (i.e gratuites) « Toute une histoire » du 27 octobre 2015 dédié aux surdoué-e-s. »

Alors je ne sais pas ce qui est le pire : le titre de l’article – dont le contenu vaut mieux que le titre selon LTPZ – ou l’émission de télé larmoyante et misérabiliste.

Avec ce titre et cette émission, la réponse à la question de ce billet est claire et sans ambiguïté possible : le HPI est un fardeau innommable.

Et qu’est-ce que ça m’a agacée !
Je n’aime vraiment pas qu’on présente le HPI comme un enfer. Surtout quand, comme cela m’a semblé le cas pour beaucoup d’articles traitant des Enfants Intellectuellement Précoces (EIP), l’enfer est décrit comme étant celui des autres !
En somme, c’est difficile d’avoir un enfant HPI (ou de vivre avec un-e compagn-e-on HPI) pour les autres !
Mais je m’éloigne du sujet, je ferai un autre billet sur – à mon avis – pourquoi on s’échine à présenter le HPI comme un fardeau/handicap, voir à le nier.

Donc HPI : handicap ou don ? Telle est la question.

Que l’on soit adulte ou enfant, les problématiques finalement sont toujours les mêmes : gestion de la différence, gestion de l’émotionnel, perception et compréhension différente du monde et des autres (pour résumer).
L’inconvénient MAJEUR quand on est enfant, c’est que nous ne sommes pas (encore) équipé pour gérer de tels tsunamis émotionnels dans le cadre social.
Je m’explique.
Un enfant HPI ressentira tout autour de lui, ses émotions mais aussi celles des autres. Il ou elle ressentira les frustrations, la colère, les inimités, les tensions, les amours et désamours, etc.
Je parle uniquement des sentiments dits négatifs parce que c’est leur traitement pour lequel l’enfant HPI n’est pas équipé-é.
Surdoué-e ne signifiant pas omnisciant-e, l’enfant HPI captera des informations mais n’aura pas la connaissance de ce qu’elles sont ni de leur genèse ni de quoi en faire dans son contexte social (qui est souvent soit la famille, soit l’école).
Exemple concret : un-e enfant est bouleversé-e par la détresse absolue d’un-e membre de sa famille qui a perdu son travail. L’enfant HPI sera en prise directe avec cette émotion violente, qui  ne lui appartient pas , et qu’il ne comprend pas.
Parce qu’il/elle n’a pas encore la connaissance des implications, des codes sociaux, lié-e-s à la notion de travail. Il ou elle ne sait pas ce que c’est concrètement que de travailler, quelle réalité cela recouvre, mais il/elle n’en est pas moins soumis-e avec cette émotion qu’il/elle va devoir intégrer tant bien que mal.
C’est un peu comme si vous jetiez quelqu’un-e au milieu des flammes sans que cette personne n’aie aucune connaissance de ce qu’est le feu et comment l’éteindre. Cette personne se débrouillera bonnan-malan pour s’en sortir, mais elle aura été brûlée. Plus tard, elle apprendra comment éteindre un feu (en l’étouffant, avec de l’eau, en le privant de carburant autre que l’oxygène, etc) et s’en sortira bien mieux.
Mais tant qu’elle n’aura pas acquis ses outils, les flammes continueront de la brûler.
Ce qui sauve le ou la HPI c’est son extraordinaire capacité de résilience. Bon certain-e-s l’ont plus que d’autres, et tout résiliant-e-s qu’ils et elles soient, d’autres ne tiennent pas. Bref.

Passé ce cap de la petite enfance, une fois les outils cognitifs et sociaux fondamentaux acquis, les problématiques des enfants et des adultes HPI s’uniformisent. Même si le cadre – scolaire ou professionnel- diffère le fond est le même.

Handicap ? Pour qui, pourquoi ?

En premier lieu il serait bon de se pencher sur la définition du handicap. Ce que j’ai fait brièvement dans ce billet dans le contexte du travail et vous verrez que les conclusions sont franchement floues. Voire inexistantes, en fait.

Sans avoir tranché sur une définition claire du handicap, comment diantre pourrait-on se prononcer pour dire si ou non le HPI est concerné ?

Ce qui semble considéré comme un handicap dans le HPI c’est surtout l’ostracisation des enfants à l’école, et ses dérives en harcèlement, et la souffrance émotionnelle des adultes.
Et je trouve ça incohérent.
Non pas que les souffrances évoquées plus haut et engendrées par l’ostracisation ne sont pas réelles, ni n’ont d’impact sur la vie des personnes concernées ; mais la cause de tout ça l’ostracisation par exemple, n’est pas du fait de la personne HPI.
Un handicap est censé être une condition intrinsèque à la personne handicapée. Ex : le diabétique T1 est diabétique parce que les cellules secrétrices d’insulines sont mortes (attaquées par son système immunitaire). Bon bah ça, personne n’y peut rien et c’est à l’intérieur de la personne, propre à elle.
L’aveugle est aveugle, pas parce que quelqu’un lui bouche la vue, mais parce que ses yeux ne fonctionnent plus/pas (yeux ou nerfs optiques ou zone du cerveau ou whatever).
Vous saisissez l’idée ?

Alors que la personne HPI est isolée par les autres.
Son émotionnel hyper développé est certes inhérent à sa personne, mais tout à chacun-e doit faire avec les émotions des autres non ? Est-ce réellement un handicap que d’être sensible ?
Dans notre société on considère que oui, merci le patriarcat et la domination masculine qui valorisent uniquement des comportements soi-disant virils et dont la sensibilité est exclue.
Mais c’est une construction sociale, ça n’a rien d’essentiellement handicapant/empêchant pour la vie avec les autres. Être sensible n’empêche pas de vivre avec d’autres êtres humains.

Vous l’aurez compris, le soi-disant handicap du HPI n’existe pas pour moi.
Je crois que cette notion de handicap a été entretenues par des personnes non HPI qui elles ont ressentis ou ressentent des difficultés à vivre avec les HPI. D’où leur idée qu’être HPI est handicapant…pour elles !

C’est dur d’être parents d’enfant HPI.
C’est dur d’être compagn-e-on d’HPI.
C’est dur d’être collègue d’HPI.
C’est dur d’être patron-ne d’HPI.

Et blablabla, pleure Jeannette, pleure.

Je ne nie pas qu’une personne HPI pour une personne lambda représente une certaine quantité de difficultés relationnelles.
Mais c’est valable pour tous les être humain-e-s entre eux/elles !

 

Conclusion

Désolée pour l’organisation de ce billet, c’est un vrai capharnaüm.
Mais vous l’aurez compris pour moi, le handicape du HPI est pour les autres, et pas pour les personnes directement concernées.

Le HPI, j’en reste éminemment convaincue, est un DON.
Il nous permet d’avoir accès à plus de choses (même si je sais que ce n’est pas l’avis de certains, tant pis, c’est mon expérience qui me l’a démontré). Et de faire d’autres choses, de nouvelles choses.
De belles choses j’espère.
Mais tout don qu’il est, il n’échappe pas au contexte dans lequel il apparaît : une époque, une société particulière.
Le vrai handicap serait plutôt là pour moi. C’est ce carcan social, la méconnaissance du HPI, la peur et la gène qu’il génère encore. C’est tout cela le véritable handicap (s’il devait y en avoir un) pour le HPI, et non pas du HPI.

 

Zèbres différents ou surdoué-e-s plus intelligents ?

Deux opinions semblent s’affronter en matière de douance.

Celle qui considère les « zèbres » comme intelligent différemment mais pas plus intelligents que les autres.
Et celle qui considère les surdoué-e-s comme plus intelligents que les autres.

On pourrait être tenté de résumer cela à une hypothèse qualitative versus une hypothèse quantitative.
Je trouve ça très réducteur.

Vous connaissez déjà mon avis sur la dénomination inventée par J.S.F. Sinon, je vous invite à la découvrir un peu ici et un peu là aussi.
Pour les moins accros à ma prose d’entre vous, je vous fais un résumé.

Je n’aime pas cette appellation « zèbre » je trouve que cela relève à la fois d’une coquetterie étrange et que, en fin de compte, le mot en lui même dessert complètement les raisons et le but pour lesquels il a été choisi.
Dire de quelqu’un-e qu’il/elle est un-e zèbre, c’est le désigner comme d’une autre espèce. Donc un étranger.
Oui la différence est bien là, mais alors que le « sur-doué » était différent car « + » mais au moins de la même espèce, le/la zèbre est toujours différent, mais pas en « + » et n’est même plus de la même espèce !
Si encore, couramment ou même juste en psychologie il était fait couramment référence aux humains sous le termes « chevaux » j’accepterais un peu mieux l’usage de « zèbre ».
Mais l’humanité reste appelée l’humanité et les douants, des zèbres…
Étrange méthode de faire cesser la stigmatisation des personnes HPI.
Je n’aime pas zèbre aussi parce que ce terme est attaché à la définition qui suppose une intelligence différente mais pas supérieure à la moyenne.
Et je développe avec ce qui suit.

Les « zèbres »

Un zèbre, c’est donc une personne avec un QI > 130, dotée d’hypersensibilité, d’hyperesthésie, d’une pensée dite en arborescence, d’une plus grande mémoire (que la moyenne) et empathique.
Voilà pour les très grandes lignes.
Mais surtout, du moins pour ce qui nous occupe là, un-e zèbre n’est pas plus intelligent-e que les autres.
Ce serait une personne intelligente différemment.

Il faut noter que c’est une position assez largement adoptée par beaucoup de personne HPI, enfants-ados ou adultes, qui déclarent y trouver une description juste de ce qu’ils ressentent être.
Loin de moi l’idée, donc, de critiquer ce ressentis. Je suis pour que tout à chacune trouve son bien-être là où il est, avec les noms qui leur conviennent.
Donc, amis zèbres, allez en paix, grand bien vous fasse, je me réjouis pour vous !

Ce qui me gène, ce ne sont pas les personnes qui aiment ce terme ou le plébiscitent, quelles que soient leurs raisons.
Ce qui me gène, c’est l’incohérence dans le concept de zèbre.

Est zèbre la personne qui a un QI supérieur à 130 (je vous passe les détails des subtest, des QI hétérogène, homogènes, globaux..Et ne me parlez pas du QE je vais m’énerver !).
Le QI c’est quoi ?
Une mesure de l’efficience intellectuelle. Précisément on mesure les capacités cognitives -en plus d’une perception du monde et du fonctionnement émotionnel pour un test psychométrique complet.
En plus clair, le QI permet de mesurer la rapidité de réflexion, la quantité d’informations que l’on est capable de retenir et la rapidité avec laquelle on les traite.
C’est une mesure de l’intelligence, telle que définie par la communauté scientifique internationale. On peut débattre 800 ans sur ce qu’est l’intelligence, mais là, on parle d’un cadre bien précis, d’une définition commune et scientifique de la chose.
Pour rappel de la courbe du QI et sa lecture, c’est ici.

Donc, si un zèbre est à minimum 130 de QI, alors, selon cette mesure de l’intelligence qui visiblement participe à la définition même du zèbre, il a donc une intelligence supérieure à la moyenne.
C’est mathématique et logique.
Moyenne des scores de QI des gens : 100
Score minimum des « zèbres » pour être définit en tant que tel : 130.
130 est supérieur à 100.
Les personnes avec 130 de QI sont donc plus intelligentes que les personnes avec 100 de QI. (
CQFD.

Pourtant, cette supériorité quantitative de l’intelligence est carrément refusée dans la définition du concept du zèbre.
Le zèbre est donc à la fois plus intelligent (puisque QI bien supérieur à la moyenne) mais en même temps, il ne l’est pas. Il est juste « autrement » intelligent.
Et bien comme nous ne sommes pas là dans le domaine de la physique quantique où des objets peuvent à la fois exister et ne pas exister, moi, j’ai un problème avec ce mot de zèbre.

Si vous voulez des témoignages de personnes s’identifiant comme zèbres voici deux blogs : Tribulation d’un petit zèbre et Hamster Zébré.

La personne surdouée : plus intelligente que les autres 

Bien que le terme soit boudé car prêtant à confusion entre réalité du HPI et cliché sur l’intelligence, je préfère ce terme à celui de zèbre.
Dans le mot « sur-douée » on a « sur » de « dessus » et « douée » du « don ».
La personne surdouée est donc celle qui est « dessus » -dessus quoi, on y vient – et qui a un ou des dons.
Le don est quelque chose de naissance, on naît avec. Et un don, c’est comme beaucoup de chose, on peut l’exploiter et c’est super ou le laisser là où il est sans y toucher et ça nous fait une belle jambe.

Avec « surdoué-e » le mot en lui même reconnait cette caractéristique discriminante qui est le fait d’être « sur ». Le mot seul reconnait cela. Et c’est précieux je trouve.
Je crois savoir ce qui choque avec le mot « surdoué » ou même les mots « intelligence supérieures ». Ce ne sont pas les mots en eux même, mais les jugements et projections que les gens y mettent.
Les gens croient souvent que de dire « j’ai une intelligence supérieure » c’est dire « je te méprise toi et le reste de l’humanité, je suis tellement mieux que vous tous ».
C’est complètement faux. Enfin, peut-être que certaines personnes le font vraiment, mais si l’on s’attache au simple sens premier des mots, c’est faux.
Tout cela est en fait un problème d’égo.
L’autre se sent diminué par ce que l’on est. Mais, pour moi, c’est aussi absurde que d’en vouloir à la personne qui a l’oreille absolue et qui, conséquemment, est douée pour la musique.
Ce n’est la faute ni la responsabilité de personne enfin !
Et avoir l’oreille absolue ne veut pas dire qu’on est obligatoirement tenu de devenir le nouveau Beethoven…
C’est juste comme ça. Comme il y a des blondes, des brunes, de grandes, des petites, des rousses, des métisses, des grandes dents, des petits pieds…C’est le hasard de la vie, voilà.

Mais les projections ne viennent pas que des autres, elles viennent des personne HPI elles-même.
Ce ne sont pas les même, mais elles sont sources de beaucoup de souffrance aussi, et c’est sur cet unique point que je donne mon adhésion au mot « zèbre » : en changeant de mot, on se dédouane des projections qu’on peut y mettre, les bonnes et les mauvaises.
Quand on dit à une personne HPI qu’elle est, en résumé, surdouée, il y a très vite une grande pression qui s’installe en elle et qu’elle génère toute seule comme une grande : le devoir de faire quelque chose de cette intelligence.
Si on est surdouée alors on devrait être une bête en sciences, on devrait gagner le Goncourt, on devrait être prix Nobel, bref ON DOIT FAIRE UN TRUC EXTRAORDINAIRE.

C’est aussi ridicule que faux. Mais c’est comme ça que ça marche la plupart du temps dans la tête des HPI. Exigence, pression, auto-critique impitoyable.
On nous a tellement présenté les surdouées comme des génies en sciences, qu’on a l’impression que pour en être vraiment, il faut faire pareil.
Et puis, aussi, on a ce sentiment de devoir (envers..l’humanité ? ) que de faire quelque chose de bien avec ce potentiel qui nous est offert. De ne pas le gâcher de peur de ne pas le mériter.

Sauf que les potentiels, comme les dons, ils se cultivent…si on veut. Ce n’est pas parce qu’on est grande qu’on est obligée d’être mannequin.
Ce n’est pas parce qu’on est endurante, qu’on est obligée de faire un marathon et d’aller aux Jeux Olympique. Ce n’est parce qu’on a l’oreille absolue qu’on doit devenir musicienne ou cheffe d’orchestre.

MAIS ! Le fait de ne pas cultiver ou exploiter un don n’empêche pas son existence.
Ce n’est pas parce que je ne suis pas la plus grande mathématicienne de ce siècle que je ne suis pas surdouée.
Ce n’est pas parce que j’étais une buse en Physique-chimie que je suis pas pus intelligente que 99,97% de la population.

Ce qui va me gêner dans la conception lié au terme « surdouée », c’est que en mettant en avant la différence quantitative (être plus intelligente) on en oublie la différence qualitative (ce que le zèbre met en revanche en avant).

Zèbre ou surdouée : de toute façon différent-e-s.

Que l’on se retrouve plus dans l’appellation zèbre ou surdouée, je crois qu’on peut tomber d’accord sur le fait que dans le cas de l’un ou de l’autre ce qui est indéniable c’est la différence.

Je suis étonnée par contre de constater que les appellations, qu’il s’agisse de zèbre ou surdouée, semblent si exclusives vis à vis de cette différence.
Le zèbre semble dire que si il y a différence de qualité, alors il ne peut y avoir différence de quantité, et inversement pour le surdoué.

De ma fenêtre, il me semble que si effectivement la différence qualitative effective rend difficile la comparaison quantitative (on ne compare pas des oranges et des pommes) je crois que l’horizon de réflexion sur la question était jusque là trop petit.
Voyez-vous, il me semble possible d’admettre à la fois la différence qualitative de l’intelligence de la surdouée (ou du zèbre) et sa différence quantitative.
Je m’explique.
Qu’on le reconnaisse ou non, qu’on s’appelle zèbre ou surdoué (ou douant ou whatever) il y a la notion de QI en commun. Et ce socle commun est bel et bien une mesure supérieure (à la moyenne) de l’intelligence.
Voilà, nous avons la différence quantitative.

Qualité également reconnue aux personnes HPI, une pensée de nature différente, dites en arborescence (bien que l’idée ne soit pas adoptée par tous les spécialistes).
Je crois pour ma part que cette différence existe belle et bien, au vu de mes échanges avec les un-e-s et les autres.
Mais tâchons de rester sur des objets unanimement reconnus par la communauté scientifique.
Je prendrai donc pour exemple de différence qualitative l’émotionnel et le rapport au monde. Bien que non mesurable, tous les spécialistes s’accordent sur le fait que l’émotionnel et le rapport au monde et aux autres des personnes HPI est différents du reste de la population.  Et cette communauté scientifique s’accorde également pour dire que l’intelligence (QI) des personnes HPI est intrinsèquement liée à l’émotionnel et que c’est là une différence avec le reste de la population.
Voilà donc la différence qualitative.

Ainsi, chez les personnes HPI, existeraient à la fois une intelligence supérieure (QI) et différente (liée à l’émotionnel notamment).
Ce n’est finalement qu’une question d’échelle à laquelle on se situe. Si notre horizon se borne au QI, à ces tests psychométriques et la mesure qui en découle, la différence de personnes HPI est quantitative.
Si on prend en compte d’autres paramètres et que l’on agrandit le cadre à travers lequel on regarde, on peut constater que cette intelligence va certes plus vite et plus loin, mais qu’elle passe également par d’autres chemins.

Surdouées ou zèbres, quelle différence ?

Techniquement, il n’y en a pas. C’est la réalité que chaque individu met derrière ces mots qui diffère.
C’est aussi ce que chacun-e veut bien voir, ou croire. Ou ce qui lui fait du bien de concevoir.

J’ai mes raisons (et mes blessures) pour préférer dire que je suis surdouée, plutôt que de m’appeler zèbre.
Je sais que j’ai besoin d’être valorisée, reconnue comme « valant quelque chose », et que ce mot « surdouée » m’aide à apaiser cela.
Je sais que j’aime bien, aussi, un peu, embêter les gens qui me sous-estiment, qui sont bas du front et un peu misogynes, en leur disant que je suis plus intelligente qu’eux, à travers ce statut de surdouée.
Je suis lucide sur les pourquoi de ce cette préférence.

Je sais aussi que beaucoup de zèbres préfèrent ce nom là parce qu’il est inconnu – ou du moins, moins connu que surdoué – et ne génère pas le rejet que l’on connait souvent trop bien.
Etre un zèbre c’est ne pas renoncer à sa différence mais ne pas non plus, trop, prêter le flancs aux moqueries, au rejet, aux regards et paroles blessantes des autres.
Etre zèbre c’est peut-être aussi, un peu, gommer ce fossé entre soi et les autres. Se donner l’impression que la différence n’est peut-être pas si insurmontable, pas si impressionnante que ça.
Etre zèbre, c’est un peu être un cheval en fait.
Un peu, quand même.

Nous avons tous nos raisons pour choisir une dénomination.
Certains encore préfèrent douant-e-s.
Pour doué-e-s.
Le « sur » a disparu. Peut-être qu’il gênait.
Peut-être qu’être douant, c’est plus être doué qu’être intelligent. Peut-être qu’être douant permet de vivre plus légitimement, aux yeux des autres et à ses propres yeux ,son intelligence quand elle ne s’exprime pas par les sciences.
Peut-être.

Qu’importe les raisons.
A la fin, comme toujours, ce qui compte, c’est d’être bien.

 

Analyse d’une surdouée au travail

J’aimerais vous partager une de mes analyses sur le fait d’être surdouée au travail. J’en ai parlé dans ce blog dans beaucoup d’autres articles, mais jamais je ne vous ai livré une analyse factuelle et dépourvue d’émotionnel sur le sujet.

Voici donc mon analyse et mon témoignage sur les atouts et difficultés d’être surdoués au travail. A compléter par la suite.

EDIT 1 : Ajout de l’attention divisée, la Polyvalence, l’Autonomie, le lien social.

Avantage : Efficacité accrue.
Nous comprenons les choses plus vite. Nous analysons plus vite. Résultats nous effectuons plus vite.
Je ne crois pas que cela soit dûe à une rapidité motrice plus élevée, mais à une cognition plus rapide et à une efficacité intellectuelle plus élevée.
Face à un problème, les choses s’agencent mieux et plus vite dans notre esprit. Fort-e-s de ces réflexions qui ne s’embarrassent pas d’autres choses, nous produisons des résultats plus vite.

Avantage: Comprendre autrement.
C’est directement lié à notre façon de pensée qui diffère de la majorité.
Notre pensée dite « en arborescence » (du moins est-ce admis par une majorité de spécialistes) consiste en une sorte d’association d’idée constante et sans fin.
Une pensée en fait naître quatre autres, qui elles-même en font naître quatre autres, et ainsi de suite. Toutes ces idées se retrouvent même reliées entre elles autrement que par le lien de génération. C’est une dynamique multidimensionnelle et sans fin.
Ces chemins de pensées sont sources d’innovation et de créativité immense.
En langage RH, on appelle ça « penser hors du cadre ».

Inconvénient : Comprendre autrement.
Nous pensons autrement donc nous comprenons autrement.
Ce qui est un avantage certain quand il s’agit d’être innovant-e et créati-ve-f; peut devenir un véritable frein lorsque les choses ne sont pas abordées sous l’angle qui nous est naturel. Nous finirons toujours par nous adapter, et ce suffisamment rapidement pour que cet ajustement passe inaperçu ou presque, mais parfois nos incompréhensions ou nos questions pourraient faire penser que l’on présente quelques difficultés intellectuelles.

Avantage : Grande capacité à l’analyse et l’amélioration des systèmes
Nous analysons en permanence les choses.
C’est aussi naturel et inconscient que respirer.
Cette capacité d’analyse fait de nous des atouts précieux quand il s’agit d’améliorer un système, quel qu’il soit.
Qu’il s’agisse d’un système de classement ou d’un système informatique, nous voyons ce qui peut/doit être optimisé.

Avantage: Voir plus loin que les autres
Ce que nus concevons ou ce que nous faisons, nous l’inscrivons dans une dimension absolue.
Notre travail, la tâche qui nous est confié, le résultat qui soit être produit nous ne le percevons pas comme s’arrêtant et se limitant à nous.
C’est une pièce d’une machinerie, machinerie qui est destinée à fonctionner. Au-delà de nous.
Ce qui implique que quand nous faisons quelque chose au travail, nous le faisons sur et pour du long terme (à l’exception des travaux qui nécessitent spécifiquement l’inverse).
C’est à dire que la chose produite sera utilisable, mutualisable au-delà de nos fonctions, de nos compétences et de notre durée effective à ce poste.
Nous pensons plus loin aussi bien en terme de temps, mais aussi de personne et de production.

Inconvénient : Plus loin est parfois trop loin pour les autres
Cette vision qu’on appellera à plus grande dimension pose parfois problème. Non dans ce qu’elle produit, mais pour se faire accepter. Parfois, plus loin est déjà trop loin pour notre entourage professionnel. Collègues ou supérieur-e-s pourront considérer comme inutile ce qui viendra « après » (après eux, après la mission, après ce que vous voulez). Pire on pourra s’entendre dire qu’on n’est précisément pas assez efficace parce qu’on a envisagé quelque chose qui leur apparaît sur le moment comme inutile. Si c’est inutile, c’est une perte de temps et d’énergie que de le faire. D’autant plus que collègues et supérieur-e-s penseront selon une référence de base en terme de productivité, et imagineront qu’il vous faudra « trop » de temps pour achever quelque chose qu’ils/elles considèrent inutile.
(Conseil personnel : dites oui-oui, et faites quand même, vous verrez qu’après tout le monde est ravi – et dois-je le préciser, étonné – que vous l’ayez fait dans le temps impartit. Ou très souvent en moins de temps que prévu.)

Avantage : L’hyperconcentration
Phénomène aussi impressionnant qu’il peut être perturbant.
L’hyperconcentration consiste en un état où toute l’attention est focalisée sur une seule chose, sans jamais s’en défaire ni varier en intensité.
Ce n’est pas de la concentration ordinaire, état que l’on peut quitter au grès des sollicitations extérieures.
L’hyperconcentration est un mode de fonctionnement impressionnant et particulier qui occulte le reste de l’environnement.
Pendant cette hyperconcentration, on cesse de manger, de boire, d’aller aux toilettes, nous sommes – y compris sensoriellement – complètement isolé-e-s et immergé-e-s dans ce qui nous occupe.
Ce qui a pour conséquence de nous voir plonger plusieurs heures d’affilée (3, 4 heures en moyenne) dans une tâche sans en décoller.

Avantage : Attention divisée efficace

L’attention divisée, c’est la capacité à suivre et faire plusieurs tâches en même temps.
Chez les surdoué-e-s, cette capacité est plus développée . Ce qui nous permet de littéralement faire plusieurs choses en même temps. Le nombre variera d’une personne à l’autre, mais deux est largement répandu. Je me risquerais même à dire que deux est juste la base pour les HPI.
Avantage non négligeable pour tout employeur puisqu’une personne HPI peut, potentiellement et théoriquement (si on lui donne l’environnement sensoriel adéquat) , traiter, à minima, deux fois plus de dossiers qu’un-e employé-e lambda (on parle de moyenne évidemment hein).

Avantage : Polyvalence

Cette polyvalence procède je crois, à la fois de notre capacité à diviser notre attention et de notre facilité d’apprentissage (et donc de notre rapidité d’exécution).
Je crois qu’un employeur peut nous donner à peu près n’importe quelle tâche ou dossier sans s’inquieter de notre capacité à mener la chose à bien.
Attention, HPI ne veut pas dire science infuse, on apprend vite, mais on ne sait pas tout. Mais là encore, pour peu qu’on nous fournisse les bonnes informations, les choses iront plus vite avec nous.

Avantage : Autonomie

Par la force des choses, l’HPI apprend à fonctionner seul-e. Parce que, enfant, les choses vont très (trop) souvent bien trop lentement pour lui/elle, alors l’enfant n’a pas le choix que de se prendre en main et faire par lui même, s’il ne veut pas mourir d’ennui.
L’autonomie est donc très vite installée chez ces personnes.

Inconvénient : le lien social

Une personne HPI se sent souvent (mais pas toujours) mieux seule. Parce que seule, elle peut fonctionner à son rythme. Qui n’est que rarement celui des autres.
Les interactions sociales vide de sens – comprendre sans utilité pour les projets en cours – peuvent être vécues comme inutiles et chronophages, et très énergivore pour les personnes HPI.
Pour des employeu-se-r-s pour qui la valeur « lien social en entreprise » est très importante, cette tendance à fuir le groupe peut être mal perçue. Voir comprise comme un frein potentiel au bon fonctionnement de l’équipe. Une sorte d’élément perturbateur.

A mon sens, c’est une erreur. A moins de tomber sur un vrai sociopathe, la personne HPI qu’on laisse vivre sa vie tranquillement sera au contraire un véritable atout pour le groupe. Parce que, si en groupe ses habiletés sont parfois limitées, en tête à tête, son empathie peut être très utile.
Sa capacité à comprendre intuitivement les autres, leurs fonctionnements et leurs émotions peut s’avérer un atout précieux pour n’importe quel-le manager. Paradoxalement, le/la solitaire de la bande peut aussi être une sorte de ciment.
Soit en étant le/la psy/confident-e/médiat-eu-r-ice  du groupe ; soit (et là c’est pourri quand même) en étant l’élément auquel le reste du groupe s’oppose. Comme à l’école…

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