Pourquoi se dire ?

J’ai parcouru dernièrement un article de Zeb Léon sur le pourquoi de son anonymat sur internet.

Ce qui m’a frappée plus particulièrement est la dernière partie de son billet, où il aborde l’impact possible d’un non-anonymat sur sa vie professionnelle.

En voici la citation, mais comme pour toutes les citations, je vous invite à la replacer dans son contexte en allant consulter l’intégralité de l’article ici.

« Je suis anonyme aux yeux des recruteurs

Mon côté zèbre m’amène à changer de temps en temps d’emploi que ce soit par lassitude où par le fait de ne pas être rentré assez dans le moule de la société.

Je n’ai pas trop envie que les recruteurs lorsqu’ils se renseignent sur moi lors d’une recherche web tombent sur mon blog.
Je ne suis pas sûr que d’afficher publiquement à mes futurs employeurs que je suis un zèbre et que parfois, je peux avoir des idées un peu différente des leurs soit une bonne chose pour ma carrière. Donc moins ils en savent ce niveau-là mieux ce sera pour mes futures recherches d’emploi (suis en plein dedans justement) »

 – Zeb Léon, « Etre un blogueur anonyme sur internet »

Une remarque légitime

Penser que son profil atypique ne sera pas bien reçu par un•e éventuel•le futur•e employeur ou employeuse est une réaction parfaitement légitime et très commune.

Elle repose sur une vérité que l’on ne peut nier : un profil atypique dans la vie professionnelle est trop souvent pénalisant.
Les projections et préjugés sur les surdoué•e•s jouent rarement en notre faveur.
Il existe, heureusement, des exceptions, mais elles sont, par définition, exceptionnelles. Il est donc légitime de préférer ne pas être identifié•e comme surdoué•e à son travail.

Le risque

Dire que l’on est HPI, dans la vie professionnelle, c’est s’exposer au risque de se voir refuser le poste.
Les raisons derrières ce refus sont diverses : jalousie, peur, préjugés.
Mais le résultat est le même : pas de travail ou pas d’évolution ou mise au placard. (Grosso modo. Et évidemment, il y a pléthore d’autres raisons qui peuvent aboutir aux mêmes résultats, mais ici je m’intéresse au fait de dire sa nature de HPI)

Le risque est donc réellement conséquent.

La décision de se taire est de fait parfaitement compréhensible et inattaquable.
Risquer sa carrière, en somme, n’est pas une décision que l’on prend à la légère.

Alors, pourquoi le dire ?

Face à ces réelles complications possibles, pourquoi choisir d’être transparente quant à ma nature de HPI ?

Parce que ces discriminations sont injustes, intolérables pour moi.
Parce que je ne suis pas toute seule, parce qu’il ne s’agit pas que de moi.
Pour que les choses changent.

Parce que si un jour je veux pouvoir vivre dans une société où toutes les personnes HPI n’auront plus à craindre des discriminations dans leur vie professionnelle (et personnelle) à cause de leur nature de HPI, je me dois de commencer à la construire en commençant par moi.

Bien sur, je sais que je prends des risques.
Mais je crois que c’est par l’exemple, en montrant que les choses sont possibles, que d’autres l’ont fait, que l’on change les choses.
Petit à petit.

Je n’ai pas l’ambition d’être une héroïne du HPI, et je ne me considère pas du tout comme telle, heureusement !
Mais je crois profondément en la force de l’exemple.

Vous savez, ces personnes de votre entourage proche ou moins proche, que vous admirez et qui vous inspirent dans votre vie, mais qui sont pourtant « seulement » votre professeur•e, votre médecin, votre voisin•e, ou la/le bénévole de telle ou telle association ? Elles sont des exemples, des sources d’inspiration, des preuves que ce qu’elles accomplissent peut être accompli, et leurs simples existences vous motivent dans vos accomplissements.

C’est en ces exemples que j’ai foi, et c’est un de ces exemples que j’essaie d’être, à ma toute petite et modeste échelle, pour le HPI.

Un exemple, pas une référence, attention.
Juste un exemple parmi tous les possibles.

Mais qui existe. Et dont tout le mérite est justement là : exister.

Pour tou•te•s les autres, avec et après moi

Si, évidemment, je le fais pour moi en premier lieu, je le fais aussi pour les autres.
Pour toutes ces autres personnes qui se disent qu’elles aimeraient bien ne pas se taire, mais qui n’osent pas. Pour toutes celles qui auraient besoin de voir que d’autres le font pour pouvoir oser le faire et s’épanouir ainsi.

Pour qu’à force d’exemple, le HPI ne soit plus une source de discrimination ou de honte pour personne.

En fait, j’ai juste envie d’être une de ces milliards de gouttes d’eau qui formeront un jour la société-océan dans laquelle le HPI ne sera plus un sujet de discriminations, de honte ou de souffrance pour personne.

Note : Vous avez là ce qui motive ma démarche de non-anonymat.
Mais ma démarche n’est en rien une accusation ou un reproche envers celles et ceux qui en ont une autre.

Personne n’est tenu à quoi que ce soit.
Ce n’est pas parce que moi, j’ai à cœur de travailler à faire tomber les discriminations sur le HPI que j’estime que tout le monde devrait le faire ou que c’est mal de ne pas le faire.
Ou le faire exactement de la même façon que moi.

Bien sur que non.

Note 2 : Pour celles et ceux que la question du HPI au travail interesse, je vous invite à lire les articles de Matthieu Lassagne, sur son site https://www.coaching-et-douance.com/

Demain, c’est bien.

La procrastination.

Cet article en est un merveilleux exemple, puisque plutôt que de l’écrire, je pourrais rédiger mon rapport de stage.
Mais je fais quelque chose d’autre à la place.
Voilà.

Les HPI, adeptes de la procrastination ?

J’ai lu souvent que les personnes HPI étaient de grandes procrastinatrices.
Dans l’ouvrages de Béatrice Millêtre, j’y ai trouvé un début d’explication qui s’avère aussi être une sorte de démenti.

C’est-à-dire qu’on ne procrastinerait pas vraiment, nous les HPI, mais l’on « ferait nos Archimède » pour paraphraser Béatrice Millêtre. (Ceci est une interprétation toute personnelle de ce qui est décrit dans l’ouvrage de B.Millêtre.)
Dans son ouvrage, elle nous explique que nous réfléchissons à un sujet/problème/question/projet/juste comme ça en faisant autre chose.
Exemple : nous devons rédiger notre rapport de stage (exemple au hasard hein), nous devons donc réfléchir à comment nous allons organiser nos éléments les uns par rapport aux autres et quel sommaire nous allons devoir respecter avec tout ça; eh bien plutôt que de prendre une feuille et un crayon pour y travailler, on va faire complètement autre chose.
Jusqu’à ce que PAF ! Épiphanie, on a une super idée pour ce rapport de stage, et on s’y met.
(Je l’attends toujours l’épiphanie pour le rapport de stage, mais j’ai de l’espoir.)

De fait, ce n’est pas tant qu’il s’agisse de repousser une chose à faire, que de trouver une autre chose à faire pour pouvoir en même temps trouver la solution à la première.
En fait, on ne procrastine pas, on fait même le contraire. On fait plusieurs choses à la fois. :p

En fait, c’est déjà fait. Donc ce n’est plus à faire

Dernièrement, je me suis dit que si je repoussais comme ça systématiquement ce que je devais faire (surtout si je n’ai pas de date butoir), c’est que dans une certaine mesure, j’ai l’impression que le principal est déjà fait.
Quand j’ai réfléchi à une chose à faire, et que j’ai conceptualisé comment je devais m’y prendre, ce que je devais faire et estimé le temps nécessaire, je crois qu’une part de moi se dit que le boulot est déjà fait.
A partir de là, tout effort supplémentaire pour effectivement produire la chose me semble être un effort en trop. Et je n’ai pas le cœur à le faire.
Il me faut donc une bonne motivation pour m’y mettre. Et en général, si ce n’est pas l’envie spontanée de faire, c’est le devoir de le faire (date butoir, engagement, etc) qui me pousse à l’action.

Toujours trop tard et jamais assez

Je réalise la plupart de mes projets dans le stress le plus complet et je ne suis que très rarement pleinement satisfaite de mon travail.
Parce que je réalise toujours tout à la dernière minute. Je vois toujours trop court en terme de temps.
Résultat, je ne prends pas de plaisir à réaliser la tâche en question, et je trouve toujours que je bâcle la chose, faute de temps.
Personne ne m’a jamais fait ces retours-là, tout le monde est toujours très content de ce que je produis, mais moi pas.
Je sais dans quelles affres de stress et de précipitation cela s’est fait et je me flagelle intérieurement.

Pourtant je le SAIS que je fonctionne comme ça, je SAIS que je DEVRAIS me forcer à m’y mettre plus tôt.
Mais impossible.

Ce qu’en disent les autres

Un article bien sympa sur la procrastination de la revue Cerveau et psycho.
Dans la même veine vous avez l’article de la revue Le Cercle Psy : l’art de la procrastination trimestriel n°25 juin/juillet/août 2017

 

Bon, bah maintenant, je vais essayer de travailler.

 

 

C’est quoi un•e bon•ne psychologue ? Tentative de début de réponse

Parmi les messages que je reçois, il y en a une bonne partie qui concerne la recherche « d’un•e bon•ne psychologue ».

On me demande des noms, des adresses, et des commentaires sur la qualité des services proposés.

Je suis toujours embarrassée pour répondre à ces questions.

D’une part, je ne suis encore qu’étudiante, et malgré ma soif de découvertes, je n’ai pas une connaissance exhaustive de tou•te•s les psychologues ou centres de soins psychologiques qui connaissent le sujet du HPI et proposent des suivis thérapeutiques avec cet éclairage.
Pour être totalement transparente avec vous, hormis ma propre psy et les références des « grands noms » du HPI en France, je ne connais personne.
Mais alors PERSONNE.

EDIT : Connaissais personne.

Mais ce n’est pas le plus embêtant.

Non, ce qui me met le plus dans l’embarras quand je dois répondre à cette question, c’est cette notion fondamentale et pourtant qui semble ignorée (involontairement le plus souvent, j’en ai bien conscience) : Un•e « bon•ne » psychologue, c’est relatif.

Diantre !

Serais-je, moi la future psychologue libérale, en train de vous dire que tou•te•s les psychologues sont des quiches et des jambons, et qu’il est impossible d’en trouver un•e de compétent•e ?
Rassurez-vous, non. :p

Un•e patient•e, un•e psychologue

(Oui je parle de patient•e•s. Parce qu’il en faut de la patience dans un processus thérapeutique ! Et que je considère la psychothérapie comme une démarche de soin. Donc je parle de patient•e•s. D’autres psychologues parleront de client•e•s. C’est selon chacun•e.)

Cela fait partie de ce qui rend la psychothérapie – quelle que soit la méthode utilisée – éprouvante. C’est qu’il faut trouver la bonne personne.
Aucun•e psychologue ne sera bon•ne pour tout le monde, universellement.
Ce n’est pas possible.

La relation de soin en psychologie est ainsi faite qu’elle met en relation deux individus. Et même si l’un•e des deux est un•e professionnel•le formé•e à cette fin, ce qui fait qu’un•e psychologue fait bien son travail c’est qu’il/elle investit la personne qu’il/elle est dans cette relation de soin.
Ainsi, chaque psychologue sera unique, aura un contact unique avec les patient•e, parce qu’il/elle est un individu unique et singulier. Et que chacun•e des patient•e•s rencontré•e•s sont aussi des individus singuliers.

Un•e bon•ne psy pour toi, un•e mauvais•e pour moi

Le ou la bon•ne psy de votre voisin•e, ne sera peut-être pas le/la vôtre.

Je sais c’est dur.
Surtout quand vous entendez votre voisin•e se pâmer depuis des mois sur le compte de son/sa psy qui est si géniaaaaaaaaaaaaaaaaaal•e.
Nous aussi on aimerait bien avoir un•e psy génial•e !

Sauf qu’il faut partir à sa recherche.

Et c’est un peu la course d’orientation de Koh-Lanta des fois ! (Oui j’ai des références hautement culturelles, je sais.)

Mais c’est le prix à payer pour pouvoir rester 5 ans en thérapie ou 3 heures sur des poteaux.
Vu de loin, ça peut même donner la même impression d’immobilité ridicule, avec des sursauts de mouvements et puis… Ah bah non, raté, on a toujours pas bougé.
Et puis PLOUF ! D’un coup, ça y est, c’est débloqué, on a gagné.
C’était long, c’était parfois douloureux, mais HEY c’est bon, on a gagné on peut de nouveau avancer dans sa vie.

Ce parallèle lui aussi hautement philosophique fait, j’en reviens à nos psys.

Une personne = un•e psychologue

Quand les gens demandent les références « d’un•e bon•ne psy » ils demandent un•e bon•ne psy pour eux/elles.

Mais, à part eux/elle-même, personne n’a la réponse à cette question.

Personne ne peut conseiller « un•e bon•ne psy » au fond. On peut juste conseiller de consulter quelqu’un avec qui nous avons eu une bonne expérience, ou de qui d’autres patient•e•s nous ont donné de bons échos.

Malheureusement, ça ne garantit jamais que la personne en quête d’un•e psychologue y trouvera son compte.

Trouver son ou sa bon•ne psychologue, c’est une rencontre. Et comme toutes les rencontres, parfois on a de la chance et on trouve une personne avec qui « ça fonctionne » tout de suite, et parfois, il faut essuyer quelques plâtres avant.

Mais comme je suis charitable (oui c’est une de mes nombreuses qualité, avec la modestie)
je vais vous donner quelques points qui me semblent être de bonnes clefs pour déterminer si vous avez à faire à, non pas un•e bon•ne psychologue, mais au moins un•e psychologue qui ne dérape pas.

Un•e psychologue qui ne dérape pas :

  • N’est pas votre ami•e

C’est à dire qu’il/elle maintient une saine distance de soin entre vous et lui/elle. Vous ne venez pas parlez à une copine ou un copain, vous venez chercher l’aide d’un•e professionnel•le du soin et de la compréhension du psychisme humain.
Donc, de ce fait votre psychologue n’a pas à être trop familier•e avec vous.
Pas de tape dans le dos, pas de claquage de bise, pas de promiscuité physique, pas de café après la séance, pas d’échange des photos des enfants.

  • Ne vous raconte pas sa vie (ni sa vie privée) (Parce qu’il/elle n’est pas votre amie ! :p)

Votre psy doit rester une figure neutre. Dont l’écoute bienveillante et l’attention à votre personne et votre histoire sont indiscutables (c’est à dire que vous n’en doutez pas et que vous les ressentez. Sinon, changez de psy, parce que ce sont les clefs de voûte d’une relation de soin efficace.) mais qui n’empiète (le/la psy) pas outre mesure dans votre vie.
Votre psy existe dans son cabinet, ou son hôpital, et il/elle est « seulement » votre psy.
Il/elle ne vous dit pas qu’il a eu un petit chien nommé Jumbo quand il était petit, ni que sa vie sexuelle en ce moment est morose.
En séance il n’est pas question du/de la psy, mais de vous.
La figure du/de la psychologue doit rester la plus neutre possible, pour vous permettre d’occuper l’espace de la consultation selon vous et vous seul•e.
Voire même; pour permettre à vos projections de se faire, même si c’est pour les défaire ensuite. Ça fait aussi partie du processus.
Et pour que ces projections puissent se faire tranquillement, il faut que votre psy vous soit comme une espèce de toile blanche ou presque. Que vous ayez de la place pour y faire vos projections, et les défaire ensuite aussi.

  • Ne vous maltraite pas.

Ce n’est pas parce qu’il s’agit de profesionnel•le de la psyché que cela leur donne le droit d’être maltraitant avec vous.
Et son savoir ou ce qu’il/elle croit savoir sur votre fonctionnement psychique n’est pas une raison pour être violent avec vous.
Il/elle n’a pas à exprimer de jugement sur vous.
Parce que ce n’est pas son boulot ! Son boulot est de vous aider à prendre conscience de votre activité psychique et émotionnelle et de vous aider à y remettre de l’harmonie (grosso modo).
Et ceci n’implique pas de vous dire que vous êtes une loque humaine, que vous êtes ingrat•e•s, que vous finirez en prison à cause de votre caractère, ou que vous devriez pratiquer plus souvent la sodomie pour vous détendre*.

Attention néanmoins ! Il se peut qu’au cours du processus thérapeutique, votre psy mette à jour avec vous quelque chose qui vous déplaît, qui vous contrarie.
Il ne s’agit pas là de maltraitance forcément ! Mais du travail thérapeutique.

* Si votre psy est aussi sexologue et que vous avez déjà parlé de sodomie, que vous avez exprimé que cette pratique sexuelle vous détendait, là ça va, il/elle peut vous conseiller de la pratiquer plus souvent pour vous détendre. Mais si c’est de but en blanc comme ça, parce que vous parliez du deuil de votre arrière-grand-mère, NON, ce n’est pas bien.

  • Ne vous touche pas, d’aucune manière, et surtout pas sans votre consentement

Hormis quelques thérapies centrées sur le corps, dont TCC et autre ergothérapies, votre psy n’a pas à vous toucher.
Nulle part.
Hormis vous serrer la main pour vous dire bonjour.
Et oui, même si vous êtes effondré•e en larmes dans son canapé ou devant son bureau, il/elle n’a pas à vous prendre dans ses bras ou vous prendre la main.
Même si très certainement, il/elle est touché•e par votre tristesse. Son travail est justement de vous laisser pleinement en possession de cette émotion, de vous laisser la vivre pleinement. Il/elle veille sur vous, mais sans vous toucher.

  • Respecte vos appartenances religieuses et/ou spirituelles

C’est à dire que votre psy s’abstient de tout jugement sur la question. Pas de réflexions xénophobes, racistes, ou sur ce qui est « intelligent » ou stupide de croire ou pas.

Pour reprendre Docteur House : « Si vous parlez à Dieu, vous êtes croyant•e. Si Dieu vous répond, vous êtes schizophrène. »
Alors, même si ça mériterait un peu plus de nuance à mon sens je trouve ça bien dit. ^^

  • Ne vous propose pas et n’accepte pas des relations sexuelles de quelque nature que ce soit en paiement de ses séances.

Pas besoin d’expliquer je pense.

  • Ne fais pas durer ad vitam aeternam votre thérapie

Si vous exprimez le désir de cesser votre thérapie avec votre psy, que vous êtes responsable de vous-même légalement et sans obligation de soin, votre psy ne peut pas exiger que vous continuiez votre thérapie.
Il/elle a le devoir de vous exprimer son avis professionnel sur la question, les risques qu’il y a pour vous et votre entourage s’il y en a. Et si il/elle estime qu’il vous faut poursuivre votre thérapie, il/elle devra vous conseiller un•e collègue ou une structure à laquelle vous adresser.
Mais il/elle n’a pas à vous effrayer ou vous menacer à demi, avec des prédictions apocalyptique sur l’avenir si vous cesser de le/la consulter lui/elle en particulier.

Même si vous êtes en obligation de soin, c’est le soin qui est obligatoire, pas ce ou cette psy-là. Vous vous devez donc de continuer votre thérapie lorsque vous êtes en obligation de soin, jusqu’à ce que cette obligation soit levée, mais pas forcément avec le/la même psy, si vous ne le souhaitez pas.
Néanmoins, il est évidemment que plus il y a de changements, plus long sera le travail.

Je crois que j’ai fait le tour.

Résumons !

Un•e bon•ne psy :

  • N’est pas votre ami•e
  • Ne vous raconte pas sa vie (ni sa vie privée) (Parce qu’il/elle n’est pas votre amie ! :p)
  • Ne vous maltraite pas.
  • Ne vous touche pas, d’aucune manière, et surtout pas sans votre consentement
  • Respecte vos appartenances religieuses et/ou spirituelles
  • Ne vous propose pas et n’accepte pas des relations sexuelles de quelque nature que ce soit en paiement de ses séances.
  • Ne fais pas durer ad vitam aeternam votre thérapie

Je vous laisse ajouter, supprimer, débattre de ce qui pour vous est un•e bon•ne psy dans les commentaires. 🙂

Et en bonus cadeau, voici le code de déontologie des psychologues, pour la France (il en existe une version européenne qui reprend les mêmes principes). N’hésitez pas à le consulter. 🙂

CODE DE DÉONTOLOGIE DES PSYCHOLOGUES (FRANCE)

Dans ma bibliothèque

Parmi les clichés sur les surdoué•e•s, il y a l’image iconique du rat ou de la rate de bibliothèque.
Les surdoué•e•s sont souvent dépeint•e•s avec des lunettes sur le nez, et un ouvrage à la main. Pour bien faire, il faut que le titre de l’ouvrage promette un contenu hautement intellectuel, pointu et inconnu ou inaccessible pour le commun des mortels.

C’est donc avec joie et enthousiasme que je m’apprête à briser ce cliché en d’innombrables petits morceaux.

Ceci étant, je ne partagerai pas ici l’intégralité de ma bibliothèque, parce que j’ai un rapport très intime aux livres.
Vous aurez donc un petit échantillon de ce merveilleux monde.

Féminisme, Fantaisie, Philosophie, Sciences en tout genre, Cours de psychologie, et un peu de tout et n’importe quoi.
Un indice, il y a des livres qui ne sont pas à moi (mais pas beaucoup) sur certaines photos. :p

 

J’ai faim.

Un article tout léger, tout sympa et qui me fait déjà rire alors qu’il n’est même pas écrit.

Vous trouverez ici et là, dans la littérature spécialisée (il me semble chez Gabriel Whal, Béatrice Milletre et Jeanne Siaud-Facchin) une remarque qui passe souvent inaperçue au milieu de la liste des expressions amusantes ou surprenantes de l’hyperexcitabilité sensorielle liée au HPI (étiquettes qui grattent insupportables, comme les cagoule et les pulls en laine rêche, etc).
C’est celle qui spécifie que les personnes à HPI supportent moins bien la faim.

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HPI et spiritualité

Plusieurs fois déjà, on m’a posé la question de savoir ce que je pensais de « la spiritualité des HPI ».

Le sujet de la spiritualité chez les HPI est un sujet que j’ai vu abordé de deux façons étrangement contrastées.

Le premier aperçu que j’ai eu de l’abord de ce sujet a été dans l’ouvrage « Trop intelligent pour être heureux » de Mme Jeanne Siaud-Facchin.
Un témoignage de patient qui déclarait que selon lui les HPI ne pouvaient être que athées, trop rationnels et enclins au doute qu’ils étaient.

Et d’un autre côté, il y a les personnes qui associent très étroitement le HPI et capacités parapsychiques ou conscience spirituelle exceptionnelle.

Bon.

Une fausse question à mon sens

Vouloir définir une vie spirituelle particulière pour les personnes HPI me semble complètement indu et insensé.

Il me semble que la foi (car il s’agit de cela, que cette foi s’inscrive ou se reconnaisse dans une religion particulière ou pas), les croyances, les convictions sur le pourquoi de l’existence, les origines de la vie et notre sort après la mort, sont des choses qui sont éminemment personnelles.
Ce qui va résonner en nous, en tant qu’évidence personnelle, ou simple explication qui nous convient le mieux, ne peut être résumé et expliqué uniquement par notre nature de HPI.

Car il s’agit de questionnements avant tout humains.

Que nous soyons amené•e•s à y réfléchir plus tôt que la plupart des gens ne définit pas pour autant un chemin unique pour toutes les personnes HPI.
Au contraire même, ai-je envie de dire.
Plus tôt nous nous posons ces questions, plus jeunes nous le faisons, plus nos expériences de vie vont nous amener à ciseler nos réponses, nos croyances, pour l’adapter parfaitement à ce que nous sommes.

Or, nous sommes tou•te•s différent•e•s.

Je crois donc que vous trouverez autant de personnes HPI qui croient en quelque chose (quel que soit ce quelque chose) que d’autres qui ne croient en rien.

Avoir la foi ou pas, mais toujours veiller sur soi.

Peu importe ce en quoi vous croyez, tant que cela ne vous pousse pas à faire du mal à vous ou aux autres.

Vous pouvez bien croire au grand nain vert ou à la licorne violette, tant que cela vous apporte de l’épanouissement et du bien-être, moi je dis banco.

Certaines croyances, dans notre société, sont plus confortables que d’autres, car plus facilement acceptées. D’autres vous exposent à des discriminations qui vont du simple regard amusé, en passant par la suspicion de folie furieuse, jusqu’au racisme.

Quoiqu’il en soit, quelle que soit votre croyance, veillez bien sur vous.
Gardez votre esprit critique en alerte, et votre santé et sécurité en ligne de mire.

Car malheureusement, dans ce monde, des gens sans scrupules n’hésitent pas à exploiter les questionnement existentiels que l’on peut avoir.

Soyez prudent•e•s, car elles et ils sont nombreuses et nombreux à sauter sur l’occasion d’une assise narcissique fragilisée par un renouvellement identitaire imprévu (traduire : à force de se sentir différent•e ça peut fragiliser, après un diagnostic de HPI on peut être boulversé•e et chercher à tout prix à se redéfinir, à reprendre confiance en soin, etc.) pour manipuler et extorquer tout et tous ce/ceux qu’ils/elles peuvent.

Conclusion

HPI ou pas, la foi est une affaire fondamentalement humaine et personnelle.
Croyez ou ne croyez pas en ce que vous voulez.
Etre HPI ne vous oblige à rien, ne définit en rien ce à quoi vous devriez ou non croire.

En revanche, cela donne des clefs de compréhension de l’intensité de vos questionnements, de leur profondeur et de leur importance.

Petite fierté des ces 15 derniers jours

Je devais corriger des travaux de mes camarades de promotion dans le cadre d’une initiation à la recherche. C’est ce qu’on appelle l’évaluation par les pairs.

Or, alors que nous avions un délais précis pour évaluer les travaux reçus, nous n’avions pas critères précis de notation, mais seulement des consignes globales.

De fait, j’ai donc bidouillé joyeusement une notation selon les consignes données, et fait mon travail selon cela, dès le 2e jour du délais donné pour faire les évaluations.

Deux ou trois jours plus tard, la professeure en charge de notre évaluation nous livre les consignes de notation : il s’agit exactement (j’hésite à dire mot à mot) du petit paragraphe introductif que j’ai noté sur chacune des évaluation dont j’avais la charge pour expliquer ma notation (réalisée sans consignes précises avant l’intervention de la professeure).

J’étais très fière de moi.