Did you meet Malcom ?

Ou, en français, « Connaissez-vous Malcom ? ».

Je vous parle bien du personnage principal de la série Malcom in the Middle.
Cette série raconte l’histoire d’un jeune garçon dont on découvre le génie alors qu’il est à l’école. Il est alors transféré dans la classe pour surdoués de son école. Nous suivons sa vie, dans sa famille, à l’école, dans ses loisirs.

Si je vous parle de cette série c’est parce que je trouve qu’elle est une illustration tout à fait pertinente de ce que c’est que d’être surdoué·e.

Etre différent·e et parfois en avoir un peu peur

Malcom saisit confusément qu’il fait des choses qu’il qualifie lui-même d’étrange et qu’il tâche tant bien que mal de cacher par peur de ne plus être aimé de sa famille, des autres, si ses bizarreries venaient à se savoir.
Une scène très touchante le montre en train de poser la question à sa maman (il me semble) de savoir si sa famille l’aimerait toujours même s’il était vraiment très bizarre. Sa mère lui assure qu’il sera toujours un membre de sa famille et qu’on l’aimera quoi qu’il arrive.
Rassuré par cette affirmation, il trouve le courage de montrer ce dont il est capable lors d’une démonstration de science faite par chacun des élèves de la classe de surdoué·es (un concours même je crois).
Il démontre alors toute la puissance de sa mémoire de travail et son habileté à manipuler les chiffres. Et aussi, avec une seule question, sa culture générale (et donc sa curiosité, car Malcom est issu d’une famille très moyenne sur le plan de l’éducation et de la culture).
Suite à cette impressionnante démonstration de ses capacités, sa famille est sans voix, et son plus jeune frère demande même s’il n’est pas un robot.
Cette scène, qui se déroule dans la voiture familiale au retour du concours est aussi très touchante pour qui se relie à Malcom.
On voit Malcom, assis à l’arrière au milieu de ses trois autres frères, les parents devant, tous silencieux parce que dépassés par les capacités de Malcom qu’ils découvrent tous.
Le père répond par une la simple vérité : non Malcom n’est pas un robot, il est juste vraiment, vraiment, vraiment, vraiment, vraiment, très intelligent.
Un autre silence suit cette réponse, et l’on voit Malcom s’inquiéter. Il a peur de la réaction de sa famille, de ce que signifie ce coming-out. Va-t-on le rejeter ? Aura-t-il toujours le droit de faire partie de cette famille ?
Alors son frère aîné lui fait une blague scatologique complètement stupide, et c’est là la réponse tant attendue par Malcom.
Toute sa famille sait maintenant à quel point il est différent, mais cette différence ne change rien au fait qu’il est un membre de cette famille, et que personne ne le traitera différemment pour ça.

C’est un de mes épisodes préférés.
Il illustre bien comment être surdoué·e peut être anxiogène quant à l’acceptation sociale. Même au sein de sa propre famille. Et je trouve que c’est une jolie leçon pour celles et ceux qui entourent le ou la surdoué·e : faire simplement preuve de compréhension et accepter les choses, ni plus ni moins.

Briser quelque idées préconçues

Au-delà de cela, cette série -même si elle joue sur bien des stéréotypes sous couvert d’effet comique – illustre qu’être surdoué·e , ne signifie pas tout savoir, ni tout savoir faire, ni ne jamais pouvoir se tromper ou même faire ou dire des chose stupides.

Malcom s’avère avoir une grande facilité avec les nombres, de fait il est très à l’aise avec toutes les sciences, des maths jusqu’à l’ingénierie, en passant par la chimie et la biologie. Mais c’est une buse en musique. Une BUSE.
Et c’est sans compter sur son incroyable capacité à avoir des idées stupides, inutiles et dangereuses avec ses frères.
Lors d’un autre épisode, toutes leurs machinations fraternelles pour faire des choses interdites finissent avec les forces de l’ordre dans leur salon et un interogatoire de chacun des membres de la famille.
Malcom est interrogé et raconte sa version de l’histoire. Le policier qui prend son témoignage s’arrête un instant, regarde Malcom alors qu’il vient d’exposer toute la stupiditéde ses actions, et lui demande : « Et c’est vous qui êtes un génie ? ».
J’ai tellement ri !
Ce qui illustre qu’être surdoué·e ne signifie pas être bon·ne en tout, ni être brillant·e en tout temps.

Dans un épisode que j’aime aussi particulièrement, Malcom rencontre plus intelligent que lui. Et oui.
Un nouvel élève intègre sa classe et il s’avère que cet élève est bien plus jeune, mais aussi bien plus intelligent que tous les autres élèves de la classe, Malcom compris.
Face à cette situation absolument inédite, Malcom est pour le moins frustré.
Dans ma scène préférée de cet épisode, Malcom travaille avec l’aide de ce jeune garçon et sous le coup de la frustration se met à presque crier :

« Je ne comprends pas ! Comment ça se fait que je ne comprends pas ?! Je comprends toujours tout d’habitude ! C’est comme ça, j’ai toujours tout compris depuis toujours ! Et là je ne comprends pas ! Comment ça se fait ?! C’est pas juste ! ».

Il demande alors au jeune garçon comment c’est dans sa tête, et pour illustrer son propos décrit comment son propre esprit fonctionne. Ce passage est d’une justesse qui m’a vraiment fait plaisir. Pas de « pensée en arborescence » mais bien ce qui peut créer la confusion, l’enchaînement d’idée foisonnantes, à grande vitesse et qui semble sans limite.
La réponse du jeune garçon est hilarante, car elle renvoie Malcom – et nous aussi par la même occasion ! – à toute sa « médiocrité » face au génie du petit en face de lui.

J’ai trouvé ça génial, absolument génial. Et je choisi mes mots.
Parce que cet épisode permet d’illustrer que tout génial que l’on puisse être, y compris quand on a passé toute une (jeune) vie à être le/la premier·e, le/la meilleur·e, et bien il y a ou aura quand même quelqu’un·e de plus intelligent·e que vous quelque part un jour.

Le génie ne se limite pas aux sciences

Alors que pendant des dizaines d’épisodes, nous assistons aux mises en pratiques des idées toutes plus dangereuses, et stupides, de la fratrie de Malcom et auxquelles il prend une part active, ses frères révèlent eux aussi leur génie.
Le plus jeune a une révélation en tombant un jour par hasard sur un opéra lyrique (bon, d’un coup, le petit maîtrise comme ça tout le vocabulaire de la musique, ça c’est raté scénaristiquement mais bon, je leur pardonne) et s’avère avoir l’oreille absolue et être un pur génie de la musique. Il sait d’ailleurs spontanément et naturellement jouer du piano sans prendre aucun cours.

Même le frère cadet, le plus stupide de la fratrie (tel est-il décrit) s’avère avoir un talent unique et extraordinnaire pour… la cuisine.
Mais réellement, un génie de la cuisine. Créatif, audacieux et naturellement doué pour ça.

Alors ne sauter pas sur cette illustration pour croire que je cautionne l’idée des « intelligences multiples ». Parce que je ne la cautionne toujours pas.
Mais je vois dans ce choix scénaristique une occasion idéale pour dire que le talent et même le génie peut exister dans bien des domaines.
Ainsi les surdoué·es n’ont pas le monopole de la création et de l’inventivité, pas plus que tous les surdoué·es expriment forcément leur potentiel à travers les sciences.

Avoir un talent et en faire ce que l’on veut

Cerise sur le gâteau pour moi, pour ces trois personnage, avoir un don ne signifie pas l’obligation de l’exploiter.
Malcom, lui, fait de son mieux pour intégrer Harvard et suivre le programme de biologie nucléaire qui lui fait envie (ça c’est MON petit plaisir de la série, Malcom et moi aimons la biologie. ❤ ) ; Dewie (le plus jeune frère) vit pour la musique, et semble vouloir en faire sa vie. Reese, le cadet, lui n’a aucune intention d’exploiter son don pour la cuisine, il est heureux de l’utiliser une fois par an (Thanksgiving) pour témoigner son amour à sa famille, mais finit par devenir concierge de son ancien lycée; ce qui le ravit complètement.

Être, avant d’être surdoué·e

Chacun des frères a un talent, un don, et tous en sont conscients, mais aucun n’est résumé à cela. Ils sont avant tout ceux qu’ils sont. Avec leur caractère, leur folie, leurs défauts, leurs qualités…
Ils sont des frères, des élèves, des voisins, des camarades de classe, des fils…
Ils sont des individus complets, en construction, en devenir, mais des individus avant tout.
Ils ne sont pas résumés à leur don, que ce soit pas la série, ou par leur parents.

Des parents absolument touchants (complètement tarés, effrayants parfois) qui font du mieux qu’ils peuvent, pour leur enfants en gardant à l’esprit leurs particularités mais en travaillant d’arrache-pieds pour que chacun de leurs enfants trouvent leur place dans cette société telle qu’elle est.
Jamais ils ne font croire à leurs fils, et à Malcom en particulier, que la vie sera facile ou plus douce parce qu’il est plus intelligent que les autres. Qu’ils pourront compter sur leurs dons pour s’épargner quoi que ce soit. Ils sont encouragés à faire de leur mieux, à être fidèles à leurs valeurs, à leur moral, et à garder à l’esprit que si leurs particularités leurs seront souvent utiles, elles seront aussi parfois difficile à vivre, qu’on pourra parfois les leur reprocher, mais qu’ils ne doivent jamais renier. Parce qu’elles font partie de ce qu’ils sont.

En résumé

Si vous ne connaissez pas la série, je vous invite à la regarder.
Ne vous attendez pas à du haut débat philosophique, ni même à une série exempte de clichés sur les surdoué·es (parce qu’il y en a plein) mais si comme moi vous redécouvrez cette série après en avoir appris plus sur le HPI, vous y verrez peut-être plus de sens que ce à quoi ça ne prétend. Comme j’ai pu le faire.

Et croyez-moi, je ne m’en lasse pas. 🙂

Malcom

Les adultes, de gauche à droite : Hal, le père et Loïs, la mère. Les enfants, de gauche à droite : Malcom, Rease, Dewie, Françis (dans l’ordre de naissance : Françis, Rease, Malcom, Dewie. Et si Malcom est « au milieu » c’est qu’un 5e enfant arrive dans la famille.)

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Être sensible

J’aime bien ce titre. Il s’agit d’une double lecture, toute aussi judicieuse l’une que l’autre. Qu’il s’agisse du verbe, ou du nom commun, le titre est fort pertinent.

Être sensible.

Je vous épargne l’éternel cliché qui ravivera peut-être pour certaines et certains d’entre nous des souvenirs plus ou moins bons d’anciens sujets de dissertation : cadeau ou fardeau ?

On me l’a beaucoup reproché. D’être sensible.
J’aurais aimé vous dire que l’on me l’a longtemps reproché, parce que cela aurait impliqué que cela n’était plus le cas.
Mais encore aujourd’hui, il arrive que cela me soit reproché.
Est-ce moins qu’avant ou est-ce simplement moi qui ai appris à accepter cette aspect de ma nature et qui en souffre moins ? Ou qui la comprends mieux ?
Un peu des deux sans doute.

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Sensibilité et HPI – du tri dans le vocabulaire

Avant de vous livrer un autre billet sur ma petite expérience personnelle de gestion de ma sensibilité (de comment j’ai essayé de la refouler jusqu’à comment je l’accepte pleinement aujourd’hui) à titre d’exemple et non pas de référence en la matière, il m’a semblé bien venu de faire un petit point de vocabulaire sur le thème de la sensibilité dans le contexte du HPI.

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De retour des examens

Comme je suis heureuse de vous retrouver !

J’ai donc terminé mes examens pour cette année.
Mais tout ne s’est pas passé exactement comme prévu initialement.

L’angoisse, ma compagne depuis toujours, m’a poussée à d’abord retarder mes examens de juin à septembre, puis finalement à carrément morceler l’année.

Je m’explique.

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Pourquoi se dire ?

J’ai parcouru dernièrement un article de Zeb Léon sur le pourquoi de son anonymat sur internet.

Ce qui m’a frappée plus particulièrement est la dernière partie de son billet, où il aborde l’impact possible d’un non-anonymat sur sa vie professionnelle.

En voici la citation, mais comme pour toutes les citations, je vous invite à la replacer dans son contexte en allant consulter l’intégralité de l’article ici.

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