Le mythe de la pensée en arborescence

 – Cet article est divisé en deux parties : Première partie, un point scientifique, où je m’appuie sur des recherches et des faits démontrés.
Seconde partie : une réflexion personnelle (qui mériterait probablement d’être mieux structurée, mais là tout de suite, j’ai chaud, j’ai soif, j’ai sommeil et je n’ai pas envie) qui ne s’appuie que sur mes idées.
Attention donc de ne pas confondre les deux. 

Allez c’est parti. – 

Introduction 

Voilà un gros morceau.

Cet article fait suite à une de mes réponses à un commentaire de l’article du 2 juillet dernier où je précisais que j’allais expliciter plus avant ma remarque sur le mythe d’un fonctionnement de pensée qualitativement différent des surdoué•es par rapport aux non-surdoué•es.

C’est une remarque que l’on me fait souvent, à savoir que les surdoué•es auraient une pensée différente dans sa qualité de la pensée des non-surdouée : la fameuse pensée en arborescence érigée plus qu’à son tour en critère diagnostic du HPI.

Et bien c’est FAUX.

Oui, je sais, ça fait un choc. Asseyez-vous et prenez un verre d’eau, ça va aller.

Un joyeux blougiboulga de confusion

Pour ne pas changer, on confond tout quand on parle de ce mythe de fonctionnement différent de la pensée des surdoué•es.

Avant toutes choses, je ne remets pas en question le sentiment d’étrangeté (dans son sens propre, se sentir étranger•e à quelque chose ou quelqu’un•e) ressenti par nombre de surdoué•es, y compris moi. Pas plus que je ne dénie l’impression de ne pas fonctionner comme « les autres ».
L’expérience émotionnelle et subjective de chacun•e ne saurait être discutée.
Néanmoins, si la subjectivité de l’expérience personnelle se doit d’être reconnue et accueillie, il est bon également de reconnaître les faits démontrés des mythes et confusions qui entourent le sujet de la douance.

Redressons donc tout cela, grâce à la science et la recherche. Youhou ! (Ou Tayaut, ou à l’abordage, ou ce que vous voulez).

  • Il n’y a pas plusieurs types de pensée.

Voilà, on va commencer par ça.
Je sais, ça fait un choc.
Mais, en tout cas au sein de l’espèce humaine, nous n’avons pas trouvé qu’il existe différents types de pensée. Ou, pour reprendre le vocabulaire du livre, un peu trop célèbre à mon goût au vue des mythes véhiculés par celui-ci, qui dit presque qu’on est malheureux quand on est (trop) intelligent : une pensée qualitativement différente.
Nop.
Nop, nop, nop.
Et re nop.
En tant qu’être humain•e de l’espèce homo sapiens sapiens, on ne pense toutes et tous que d’une seule façon, surdoué•es compris•es : par association de concepts.
(Pour résumer).
Tout le monde pareil.
Pour faire très simple on pense en terme de catégorie composées d’exemplaires avec un exemplaire modèle, dit prototype, pour chaque catégorie.
Exemple :
Nous avons dans notre tête la catégorie « Fleurs » qui comporte les exemplaires roses, violettes, lilas, iris, lys, tournesol, coquelicot, etc, et dont le prototype est une plante avec une tige verte, qui pousse dans la terre, avec des pétales de couleurs au bout de la tige.
Voilà comment est rangé notre cerveau, grosso modo.
Mais les catégories ne sont pas totalement hermétiques, et les exemplaires peuvent appartenir à plusieurs catégories. Ils ont donc des liens entre eux.
Exemple :
Il existe la catégorie « Plante » dans notre esprit ; dont la catégorie « Fleurs » est un exemplaire, comme la catégorie « arbres » et « algues ».

Quand il s’agit de penser à quelque chose, on va farfouiller dans nos catégories, en passant par les prototypes pour atteindre des exemplaires précis.
Puis, comme les exemplaires, prototypes et catégories sont liés entre eux par cette façon de les classer, on se retrouve avec des liens entre les objets (ou concepts si vous préférez) plus ou moins forts, c’est à dire que l’on fait plus ou moins facilement et rapidement.
C’est ce que l’on appelle vulgairement l’association d’idées.

Vous me suivez ?
Donc tout le monde pense de cette façon. TOUT-LE-MONDE.
Ce n’est ni une pensée linéaire, ni une pensée en arborescence c’est juste la pensée humaine.

  • La pensée en arborescence n’existe pas…

Conséquemment, si la pensée linéaire n’existe pas, et s’il n’existe pas plusieurs types de pensée, il n’existe pas plus de pensée en arborescence.

Reprenez donc un verre d’eau.

 

  • Mais la pensée divergente oui.

Ce qui existe c’est la capacité à produire des réponses que l’on va qualifier d’originales et  variées à une demande d’énumération d’exemplaires.
Cela s’appelle la pensée divergente.
Faire preuve d’une pensée divergente c’est produire des réponses plus nombreuses et plus originales que les réponses données en moyennes.
Par exemple, (ceci est une illustration) dans une énumération de couleurs, la moyenne des gens va citer les couleurs bleu, jaune, rouge, vert, et violet. Une personne faisant preuve de pensée divergente pour cet exercice va donner spontanément plus de réponses en terme de quantité (un plus grand nombre de réponses) mais aussi des réponses plus originales (en terme de fréquence de citation) et dira par exemple : pourpre, brun, lie de vin, carmin, cyan, indigo, turquoise, bleu nuit, magenta, ultra violet.
(Ou si c’est moi, je demanderais dans quel référentiel je dois produire mes réponses : couleurs optiques, graphiques, ou numériques et quelle palette numérique si c’est numérique.)
Vous voyez le topo ?

Et, prenez encore un verre d’eau, vous allez en avoir besoin, la pensée divergente aussi concerne…tout le monde.
Si.
Je vous assure.
Non, ce n’est pas pour vous faire du mal que je dis ça.

La seule différence entre surdoué•es et non surdoué•es sur ce point repose sur le fait que les surdoué•es, lors de tests mettant en jeu la pensée divergente (on peut d’ailleurs le traduire par créativité) ont de meilleurs scores que les personnes non-surdouées.

(J’ai quand même beaucoup l’impression d’avoir déjà écrit ça quelque part, non ?)

Donc, faites-moi plaisir et libérez votre esprit de cette encombrante et inexacte croyance que représente la pensée en arborescence : cela n’existe pas !
Mais, si le vide insondable créé par cette cruelle ablation intellectuelle est trop difficile à supporter, vous pouvez toujours le combler avec l’apaisante vérité scientifique que représente la pensée divergente.

Frère et sœurs ! Répétez après moi tous en cœur : pas de boogy-woogy…
Ah non, pardon, je m’égare.

Et du coup, je me disais…

Voilà ce que disait la partie de commentaire qui a motivé cet article :

Quand au fonctionnement différent, plus j’en apprends sur les mécanismes de la pensée (cognitition, psychologie cognitive) et sur son support biologique (neuropsychologie cognitive) plus je considère que ce fonctionnement différent est un mythe, qui se nourrit de nos constructions sociales. Tiens je vais en faire un article !

Maintenant que j’ai réglé son compte à la pensée en arborescence (enfin « je », je n’ai rien démontré hein, je ne fait que vous reporter ce que j’ai lu de travaux des autres. De MM.Gauvrit et Ramus notamment. Travaux dont vous trouverez les références en fin d’article, comme d’habitude) je m’attaque aux constructions sociales.

J’aime bien faire ça aussi. M’en prendre aux conventions sociales jamais questionnées ni remises en question et acceptées bêtement comme règles absolues.

Donc, parmi ce qui semble accepté, sans être questionné, comme une caractéristique du HPI, ce serait « une façon d’être au monde différente ». Différence qui se traduirait notamment par une émotivité plus intense et un positionnement moral plus absolu (hyperémotivité, besoin de justice, blablabla).

Mais comme je le dis souvent ici, ce « trop » ou « plus » sensible, n’existe que relativement à ce qui est considéré comme la norme sociale acceptée de manifestation d’émotions.
De même pour le besoin de justice.
Imaginez simplement que l’on grandisse et vive dans une société où la norme sociale est d’exprimer toutes les émotions, telles qu’elles nous viennent, quand elles nous viennent, indépendamment du contexte.
Est-ce que nos manifestation d’émotions, qui sont soi-disant extrêmes et typiques des surdoué•es et qui constitueraient l’un des pilier de notre soi-disant différence de fonctionnement, seraient perçues comme des différences ?
Est-ce que l’on nous dirait, dans cette société, que nous fonctionnons si différemment des autres ?

Alors je vous invite à réfléchir à ceci (mais vous faites bien comme vous voulez hein) : ce qui est perçu et déclaré comme différent dans la façon d’être des personnes HPI, l’est en fonction d’un contexte culturel et social précis.
Alors est-ce que cette soi-disant différence d’être au monde n’est pas plus relative qu’absolue ?
Est-ce que fondamentalement notre fonctionnement psychique et émotionnel est différent dans sa qualité (comme l’est, lui, notre système nerveux) ou est-ce que cette « façon d’être au monde différente » n’est pas plutôt une illusion sociale, sans fondement qualitatif ?
Ou du moins, ne serait-on pas plus nuancé sur le sujet, si le contexte culturel était différent ? Si notre rapport social et culturel à l’intelligence et aux émotions n’était pas différent ?

Voilà, je réfléchissais à cela dernièrement.

– Et avant que quelqu’un ne me lance des cailloux virtuels (je vous vois au fond là !) et m’accuse de dire tout et son contraire dans ce blog, je précise que j’ai souvent repris la notion « d’être au monde différemment » dans mes articles, et que je ne le (re)nie pas.
Simplement, aujourd’hui, à la lumière de mes connaissances en psychologie cognitive notamment, je précise et nuance ce propos. [Ça s’appelle faire évoluer ses concepts. Ou réfléchir.]

Je dirais donc que le sentiment d’être au monde différemment des autres peut être éprouvé par les personnes HPI. Cela l’est potentiellement souvent, mais n’est pas constitutif du HPI, (contrairement à ce que j’ai pu croire) dans le sens où il n’a pas été démontré que cela était systématique et propre uniquement aux personnes HPI.
Voilà, vous pouvez remballer vos cailloux.
Sauf si ce sont des diamants. Dans ce cas-là, allez-y, lachez-vous. –

 

Source :
« La légende noire des surdoués » – La recherche Nicolas Gauvrit et Franck Ramus, chercheurs en psychologie dans mensuel 521
Mars 2017

http://www.larecherche.fr/la-l%C3%A9gende-noire-des-surdou%C3%A9s
http://www.scilogs.fr/ramus-meninges/la-pseudoscience-des-surdoues/

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36.9° RTS Documentaire sur les surdoué•e•s : Surdoués, Haut Potentiel de souffrance ?

*Petite mise en contexte. 
Cet article a été rédigé comme un article en direct, c’est à dire en même temps que je regardais le documentaire cité en titre. Je vous encourage donc pour plus de plaisir et d’amusement, de faire de même, c’est à dire regarder le documentaire et avoir sous le coude cet article. 
Vous allez voir, c’est amusant.
Enfin, moi, j’ai beaucoup ri en me relisant. C’est fou comme je peux être passionnée comme femme moi. :p*

Bon.

Ce titre, mais ce titre !

Quand ce documentaire était (re)passé à la télé, puis diffusé massivement et acclamé, j’ai eu une réaction de recul.

Vous le savez maintenant, j’ai l’étrange principe de me méfier de tout ce qui est massivement plébiscité.
Je m’étais dit, comme souvent en voyant l’ampleur des retours positifs, que je devrais le regarder un jour quand même, histoire de ne pas finir totalement ignarde et de donner sa chance à quelque chose qui manifestement devait être intéressant.

Boui, bon.
La prochaine fois je m’écouterai.
J’en suis à seulement quelques minutes (oui ça y est j’ai carrément laissé tomber le principe de « pas de blog au boulot », je m’ennuie beaucoup trop là) et déjà je suis lassée.

Voici en tout léger différé, ma réaction au documentaire. Enjoy. 🙂

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« Tu vas réussir, tu l’as toujours fait ! »

Au début du mois de juin, je passais mes examens.
Inutile de vous dire que je jouais un peu ma vie sur ce coup, et que, conséquemment, je me suis mise énormément de pression sur mes petites épaules. Non seulement la pression de la réussite, mais – sélection oblige – celle de l’excellence.
(Entre nous soi-dit, face à certains sujets, j’ai rapidement abandonné l’idée d’excellence, pour ne garder que celle de réussite. On fait ce que l’on peut hein !)

Du soutien…

J’ai de la chance, je suis vraiment soutenue dans ma reprise d’étude et mon entourage proche m’encourage beaucoup.
J’ai de la chance.
Ils et elles me répètent  – et ce dès le début de mes examens – : « Je n’ai aucun doute, tu vas y arriver sans problèmes. »
Ou encore : « Oui je ne me fais pas de soucis, tu as toujours réussi (certain•es ajoutent même là « brillamment »). »
En général, ce sont des paroles motivantes, qui font chaud au cœur, qui portent et poussent vers l’avant.

Et bien pas pour moi.

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Psychopathes, HPI et empathie.

TATATAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA ! *musique angoissante*

Comment mon petit cerveau génial fait-il un lien entre psychopathe, HPI et empathie ? Cet article vous l’explique. Et en prime, je vous donne la fin : j’avais raison.
(Encore. Oui. Je sais.)(Vive moi.)

Le mythe urbain de l’hyper-empathie des personnes HPI

Très paradoxalement, l’une des premières choses que « les gens » vont vous dire des personnes HPI c’est « qu’elles sont très sensibles ». Et très facilement, au grès des lectures et déclarations de personnes de moins en moins compétentes et éclairées sur le sujet, on se retrouve à lire ou à entendre que les personnes HPI seraient par nature, incapables de faire le moindre mal volontairement et consciemment à qui que ce soit à cause de cette empathie soi-disant supérieure voire carrément hors-norme.

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Doit-on dire à son enfant qu’il ou elle est surdoué•e ?

Chose promise, chose due ! Voici donc cet article sur la question de révéler ou non à son enfant qu’il ou elle est surdoué•e.

Avant toutes choses, posons clairement le cadre des réflexions contenues dans cet article.
J’ai abordé la question sous l’angle de l’adulte qui sait avoir été un•e enfant ingnorant•e de HPI.
Loin de moi l’idée de penser détenir la science infuse en matière d’éducation, et encore moins celle de dire aux gens quoi faire et comment faire avec leurs enfants. Je ne fustige aucun choix ou aucune situation familiale particulière, je n’ai fait que réfléchir, à la lumière de mon expérience et des témoignages reçus, sur cette question.

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Alerte ! Examens

Salut les gent•es !

(Oui il y a des fois, j’ai des excès de familiarité. C’est souvent le signe d’une pression psychique autogénérée considérable.)

Vous l’aurez remarqué – bah si, vous l’avez remarqué, puisque vous venez fidèlement tous les jours voir s’il n’y a pas un nouvel article ici, voyons ! – je suis peu là.

La raison est simple : dans un mois tout pile (*respiiiiiiiiiiiire, Line, respiiiiiiiiiiiiire*) je passe mes examens de L3.
Les examens dont le résultat sera décisif pour mon existence, puisque la décision du jury d’admission en M1 de psychologie (donnant donc un accès garanti – sous condition d’obtenir la moyenne évidemment – au diplôme de psychologue, puisque plus de sélection en M2) se basera sur les notes que j’y aurais obtenues. *Respiiiiiiiiiiiiiiire, ton rythme cardiaque s’accélère là*

Donc, je travaille.
Et donc je n’écris pas ici.

Mais rassurez-vous, je vous garde sous le coude un joli article sur les émotions et le HPI, avec même un petit bonus que j’aime beaucoup (normal, c’est un bonus qui dit que  j’avais raison. J’aime bien avoir raison.)
Aussi celui qui pose la question, du point de vue de l’enfant devenu adulte : faut-il dire ou non à son enfant qu’il/elle est surdoué•e ?
Et d’autres choses encore, mais là tout de suite, ce n’est pas ma priorité.

Donc, ne vous inquiétez pas, le blog ne s’arrête pas, mais j’essaie de faire les choses à peu près bien (et de ne pas sombrer dans la panique totale).

En attendant que je vous revienne dans un mois, lisez (beaucoup), riez (encore plus), soyez heureuses et heureux (surtout) et puis priez-pour moi, et/ou envoyez des bonnes ondes, et/ou des bonnes pensées de réussites totale aux examens.
Je prends aussi les envois de porte-bonheur. (Pas de membres d’animaux, s’il-vous-plait).

Voilà, voilà.

Bon ben… j’y retourne hein.

*J’ai peuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuur*

Cela me reprend…

En même temps que s’effacent les dernières brumes fiévreuses de mon dernier coup de froid me reprennent mes envies d’apprendre et de faire.
Quoi ?
Tout, ou presque. Et en même temps s’il-vous-plait.

Je veux tout faire. (Ou presque)
Et je passe pour une douce folle aux yeux de celles et ceux qui ont si bien assimilé la marche rectiligne de la vie selon notre société.
Mais je n’en ai cure.

La vie est si courte, si précieuse, si fugace, que je veux la remplir. Comme pour être certaine de bien la vivre, de profiter pleinement de chaque instant.
Ce n’est certainement pas ce que plaideraient bien des maîtresses et maîtres zen, mais il y a tant à découvrir, tant à apprendre, tant à faire. Et si peu de temps.

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