L’Hypersensibilité

Vous ne manquerez pas de lecture sur le sujet sur internet.
Tapez « hypersensibilité » dans votre moteur de recherche et vous aurez pléthore de liens, surprenants par la consistance de leur discours. Les uns et les autres rabâchent joyeusement la même chose, et en plus de partager le même contenu, ils partagent également la même caractéristique : ne se référer à aucune source.
Il s’agit en grande majorité de contenu purement déclaratif, d’affirmations et de définitions diverses et variées, sans qu’aucun moyen ne nous soit proposé pour en vérifier la validité.

J’en ai eu assez, et je me suis mise en quête de réponses.
Je ne prétends pas que cet article soit exhaustif, mais j’ose penser qu’avec les quelques éléments que vous trouverez ici, vous pourrez compléter vos propres recherches sur le sujet et vous construire une opinion plus fine par vous-même.

C’est parti.

De quoi parle-t-on ?


L’une des choses qui m’agaçait concernant le concept d’hypersensibilité, c’est qu’il semblait extrêmement mal défini, si ce n’est pas du tout, et quasiment insaisissable avec la méthode expérimentale.
De fait, comment objectiver, quantifier la sensibilité ? Et quelle sensibilité pour commencer ? Celles du corps, on parlerait donc de sensorialité, ou celle de l’esprit ? S’il s’agit de celle de l’esprit, parle-t-on de finesse d’analyse, ou d’émotivité ?
Si l’on parle d’émotivité, comment juger de ce qui est « normal » quand il est impossible d’avoir directement accès à l’objet que l’on souhaite étudier ? Car quand bien même on peut parler de ce que l’on ressent, nous demeurons les seuls à ressentir exactement et précisément ce que nous ressentons. Tout cela restera éternellement inaccessible à tout ce que qui n’est pas nous-même, notre propre esprit.
Si objectiver l’émotivité n’est pas impossible, cela sera forcément partiel, partial, et je le suppose d’une extrême variabilité…
Bref, ce sera le bazar.

J’ai cherché, et non sans mal croyez-le bien, l’origine de ce concept abscons qu’est l’hypersensibilité, et j’ai fini par trouver quelque chose.
Oui, alors que je flirtais avec les limites de la folie furieuse à la recherche d’une origine, d’une définition de ce concept, j’ai pu en déterminer une origine probable, vraisemblable et cohérente avec le bordel monstre que cela avait engendré.
Je vous le donne en mille : la psychanalyse !

Oui mesdames et messieurs et entre les deux, OUI, la psychanalyse !
Notre meilleure amie, qui est partout. C’est donc à la psychanalyse que nous devons (heureux nous) le concept d’hypersensibilité.
Hourra, hourra. Ceci explique cela.

Ainsi donc c’est, non pas Freud (ahah ! Surprise !) mais sa Némésis Carl Gustave Jung qui a repris un concept freudien à sa sauce, concept qui donnera naissance par la suite à celui d’hypersensibilité, tel qu’on le comprend vaguement aujourd’hui. C’est à dire le fait de « ressentir plus intensément le monde autour de soi » ou quelque chose comme ça.

Et bien, croyez-le ou non, la psychanalyse fut là une incroyable source de joie pour moi. Pour une fois, qui l’aurait cru, je trouvais une réponse grâce à la psychanalyse. Et une réponse cohérente siouplé !
J’en aurais pleuré de joie.

Néanmoins, si le concept Jungien est identifiable, et nous donne une origine au concept d’hypersensibilité, il n’est pas appelé ainsi. Jung parle de sensibilité.  Le terme d’hypersensibilité ou « hight sensitivness » ou encore « highly sensitiv people » se retrouve dans les travaux de Aron, à la fin des années 1980.

Petite histoire 

A l’origine, Jung

Jung a défini la sensibilité comme (tenez vous bien ce n’est pas flatteur) : l’origine de la névrose.
Rien que cela.
La sensibilité au sens jungien « prédispose certains individus à être particulièrement affectés par n’importe quel type d’expérience négative vécue durant l’enfance, de sorte que plus tard, sous la contrainte générée par une situation nécessitant une adaptation de l’individu, ce dernier se retirera dans des fantasmes infantiles. » (Jung 1913)
Les individus sensibles ont « des difficultés à s’adapter parce que lorsque ils étaient enfants, ils étaient plus affectés par les traumatismes précoces ». (Jung, 1913)

Et c’est au doigt mouillé, parce qu’il a observé deux sœurs qui lui semblent correspondre à sa conception de la sensibilité qu’il décrète qu’un quart de la population est « porteuse de ce trait. Comment sort-il ce chiffre ? Parce que ça lui semble « évident ». (Jung, 1913, para. 398)
Voilà, voilà.

On a donc là à la fois l’origine de l’hypersensibilité et l’origine de cette estimation de 20% à 25% de la population concernée.

Aron et l’hypersensibilité

Suite à Jung, une universitaire américaine du nom de Aron, s’est intéressée à la sensibilité ou hypersensibilité, et c’est à elle que l’on doit la popularisation (si j’ose dire) du concept entre la fin des années 80 et la fin des années 90.

Sans aucune connaissance des travaux de Jung sur le sujet, elle se lance dans une recherche sur la sensibilité et mène une étude empirique (traduction, elle a parlé avec des gens et les a observé) sur 40 personnes âgées de 18 à 80 ans, qui se sont auto-déclarées hypersensibles.
Je vous laisse apprécier la qualité de la population d’étude et la fiabilité à la fois de la méthode et des données ainsi recueillies.
Cette étude lui permet de souligner la distinction entre introversion (en résumé grossier ne pas être fan des moments en groupe) et hypersensibilité.
Suite à cela, elle établit en 1997 un questionnaire permettant d’évaluer si oui ou non une personne est hypersensible : l’HSP Scale ou Echelle d’hypersensibilité (Aron et Aron, 1997).
Petit problème néanmoins, cette échelle n’est pas normée, et les auteurs stipulent que malheureusement, lors de l’établissement de l’échelle, la population d’étude qui a permis son élaboration n’était pas représentative de la population générale. En résumé, l’échelle et ses résultats ne sont pas applicables à l’ensemble de la population. C’est dommage.

L’identification de l’hypersensibilité se fait alors, toujours selon Aron, seulement sur un examen clinique. C’est à dire écouter les déclarations de l’individu sur lui-même et décider si cela correspond à ce qui est attendu, selon Aron, d’une personne hypersensible.

Voici les signes cliniques que Aron s’attend à trouver chez des personnes hypersensibles (elle définit donc l’hypersensibilité par ce qu’elle suppose être son expression) :

  • Être conscient de subtilités dans l’environnement ou chez les autres
  • La sensibilité au chagrin (c’est hyper précis hein ? Pas du tout subjectif), aux médicaments, à la caféine et à la température (oui, oui ça mélange biologie et psychologie)
  • La « sensibilité sensorielle », au bruit, aux tissus grossiers
  • Etre facilement submergé·e par ses émotions
  • Etre très consciencieux·se
  • Etre un·e artiste ou être extraordinairement (dans le sens de hors du commun) sensible aux arts
  • Faible estime de soi ou au moins le sentiment d’être différent·e
  • Profonde réflexion ou tout autre signe de compréhension profonde comme une rapide compréhension des interprétations, une vie intérieure riche, des rêves vivaces et une grande émotivité
  • Extrême surrégulation
  • Préférence pour la solitude
  • Des parents qui ont surprotégé leur enfants
  • Des parents qui ont essayé de dépasser la timidité de leur enfant
  • Difficulté à essayer de vivre comme une personne insensible
  • Réaction extrême aux critiques

Ce que l’autrice ne s’attend pas à trouver chez quelqu’un d’hypersensible :

  • Comportements à risques
  • Débordements émotionnels en public (crise de colère, ou de larmes, etc)
  • Aimer les lieux bondés et bruyants
  • La voix d’une personne hypersensible ne doit pas être forte
  • La communication ne doit pas être dure (blessante) ou directe (plutôt des indices et des questions « est-ce que ça irait si… »)

Conclusion : je ne suis toujours pas certaine de savoir de quoi on parle

L’hypersensibilité demeure pour moi un concept bien flou.
A ma connaissance (tout à fait partielle) ce concept n’est ni clairement défini ni même objectivé avec succès, puisque aucune échelle visant a évaluer ce trait chez les individus n’a pu être établie et validée, malgré la tentative de Aron.

Le concept d’hypersensibilité semble prendre son origine dans la psychanalyse Jungienne, et s’identifierait uniquement à l’examen clinique, sur la base de comportements auto-rapportés et listés par Aron.
Il ne semble pas y avoir de définition du concept, autre que l’énumération des comportements qu’elle provoquerait.
Enfin, être hypersensible n’aurait rien d’exceptionnel puisqu’une prévalence supposée de 25% (même si sans aucune preuve) place l’événement dans l’ordre du commun et de l’ordinaire.

Je vous laisse vous faire votre avis, ne vous contentez pas de cet article et n’hésitez pas à aller consulter les références ci-après.

Pour ma part, hypersensible ou pas, cela m’est égale.
Je ne vois et ne considère que des sensibilités, aussi uniques que les individus qui les portent. La question pour moi n’est pas de savoir si un·e tel·le ou un·e tel·le est hypersensible ou non, la question est de savoir comment elle vit sa sensibilité.
Si souffrance il y a, comment peut-on aider ? Comment la comprendre ? Quoi en faire ? Comment ?
La question n’est pas de savoir si les gens sont plus ou moins sensibles entre eux. Ils sont sensibles, nous sommes sensibles.
Mais comme nous n’avons pas les mêmes goûts, nous n’avons pas la même sensibilité ou elle ne s’exprime pas de la même manière.
L’important pour moi est de respecter cela, de respecter l’unicité de chacun·e et, s’intéresser au bonheur ou aux souffrance que chacun·e peut rencontrer. Hypersensible ou pas.

 

Sources :

Sensory-processing sensitivity and its relation to introversion and emotionality.
Aron ENAron A. 1997 Aug ; 73(2):345-68.

Jung, C. G. (1913). The theory of psychoanalysis. CW 4.

The Clinical Implications of Jung’s Concept of Sensitiveness
Elaine N. Aron, Ph.D.

25 réflexions sur “L’Hypersensibilité

  1. Liliwed dit :

    Hihihi merci Line !! Je vois fleurir des groupes sur ce thème sur facebook (en même temps oui, que fais je sur facebook me dira t-on…) et j’hésite entre être affligée et en rire un peu. C’est de mon point de vue extrêmement prouvé-étudié-au doigt mouillé une expression fourre-tout qui sert à se ranger dans une case (pas bien confortable d’ailleurs). Le problème étant que je ne suis pas sure qu’il aide à se sentir mieux de toute façon, ni à mieux comprendre les choses.

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    • Line dit :

      Bonjour Liliwed,
      Je suis ravie que cet article vous ait plu.
      Oui, je partage votre avis que le concept d’hypersensibilité est utilisé comme un fourre-tout. C’est souvent ce qui arrive avec des concepts dont la définition est vague…ou inexistante, on peut y mettre ce que l’on souhaite.

      Si cela fait du bien aux gens de se qualifier d’hypersensibles, ma foi, je ne le leur enlèverais pas.
      On retrouve ce sujet familier : l’objet en lui-même n’est pas spécialement mauvais, c’est l’usage (ou le mésusage) qu’on en fait qui est potentiellement dommageable.

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  2. Cinq dit :

    Bonjour
    Article très instructif qui permet de bénéficier de nouvelles références. Merci pour le travail.
    Il me semble que l’on ne peut définir universellement l’hypersensibilité car elle est intérieure, invisible de l extérieur, peut comprise même par leur propre possesseur, par contre on n’en peut voir que ces effets. Un peu comme le vent invisible est perçu par le mouvement qu’il engendre.
    Et pourquoi toujours vouloir tout classifier et ordonner dans des bibliothèques, comme des enfants qui se chamaillent : »moi je l’ai et pas toi … ». L important est plutôt comment on le vit plutôt que qu’est ce que c’est.? Les effets plutôt que la cause. La recherche de la cause engendre souvent des DEMO et raisonnements bien fumeux (comme vous le dites au début de l article).

    La liste d effets d aron est à rapprocher de celle de Dabrowski et de son hyperexcitabilité (théorie de La désintégration positive). Il me semble pertinent de définir l’hypersensibilité comme une cause à certaine attitude plutôt que comme une facette bien définie de la personnalité. Un ensemble de critères plus ou moins identiques intérieurs qui génèrent des réactions plus ou moins elles aussi identiques chez les personnes les possédant.
    Effets visibles plutôt que causes.
    Enfin je dis cela ..je dis rien ..:)

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    • Line dit :

      Dans le domaine de la physiologie ou de la biologie le phénomène est bien décrit. Mais il ne s’agit pas de la même chose que ce qui est évoqué en psychologie.
      Pour autant il semble y a avoir en tout cas pour Aron, si ce n’est confusion en tout cas recouvrement partiel des deux.

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  3. YASMINE EL JAI dit :

    Effectivement l’âme de scientifique en moi ne trouve ça pas clair ni fiable (j’avoue l’utiliser pour moi parce que je ne sais pas comment l’exprimer autrement, mais je dis souvent que c’est le mot que j’utilise pour définir dans mon cas, et que ce n’est pas une définition scientifique claire et partagée).

    Mais tu poses très bien la question à la fin de celle d’un ressenti personnel d’une réaction / sensibilité qu’on identifie dans certaines situations et qui nous fait souffrir ou qu’on a simplement envie de dépasser.
    Merci encore pour cet article!
    (je parle encore de moi mais ça m’amène tellement de réflexion que je partage)

    Aimé par 1 personne

    • Line dit :

      Ravie d’avoir pu t’être utile ou agréable. 😊
      Oui, à mon sens ce qui prévaut c’est ce que l’individu vit, ce qu’il ressent. Qu’il y ait un concept scientifique théorique derrière ou non.

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    • Line dit :

      Bonsoir Aldor,
      Je pense que vous aurez compris que je menais mes investigations dans le champ de la discipline de la psychologie.
      Si je reconnais volontiers à Proust une compétence certaine en tant que philosophe en plus d’être le grand auteur que l’on sait, il ne fait malheureusement pas partie des grands esprits de la recherche en psychologie.

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      • Aldor dit :

        Ah ! Tant mieux.
        J’avais compris votre :
        « C’est donc à la psychanalyse que nous devons (heureux nous) le concept d’hypersensibilité. »
        que vous cherchiez éventuellement en dehors.
        Mais j’aurais mal compris.

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        • Line dit :

          Je crois comprendre la méprise. Au sein de la psychologie il existe divers courants théorique, dont la psychanalyse, et c’est à ce microcosme que je me referais en y distinguant ici la psychanalyse.
          Je tâcherai de préciser mon référentiel à l’avenir.

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  4. Ayo dit :

    Bonjour !
    J’ai beaucoup lu sur le sujet à travers différents sites et quelques livres, notamment ceux d’Aron. J’ai utilisé son étude de 1997 pour un devoir de L1 de psychologie et je n’avais pas remarqué les aspects douteux de sa méthodologie (à moins que j’ai utilisé un autre article scientifique que celui dont vous parlez, il faudrait que je vérifie ^^). Sur son site (https://hsperson.com), Aron répond dans la FAQ à plusieurs interrogations, notamment :
    – « What is the evidence that this trait is genetic? »
    – « When I look for scientific studies about highly sensitive people, and especially highly sensitive children, I hardly see any. »
    – « You talk about DOES as a good way to summarize all the aspects of high sensitivity:  Depth of processing, overstimulation, emotional responsivity/empathy, and sensitive to subtleties.  But what is the evidence that these actually exist? »

    Je n’ai pas encore entièrement lu les articles en question mais j’y ai retrouvé des termes tels que « differential susceptibility » et « Sensory Processing Sensitivity », termes utilisés par les scientifiques d’autres domaines et qui selon elle désigne la même chose. Il me semblait que c’était véritablement le cas mais je suis prise de doutes. En avez-vous entendu parler ?

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    • Line dit :

      Bonjour Ayo,

      La question que je me pose n’est pas tant est-ce que l’hypersensibilité existe, mais de quoi parle-t-on, en psychologie, quand on en parle.
      Et si il existe une hypersensibilité ou hyperexcitabilité en biologie, qui est fort bien définie, il ne s’agit clairement pas du tout du même concept que celui évoqué en psychanalyse ou psychologie. Puisque déjà les deux disciplines n’ont pas le même objet d’étude.
      Que l’un des concept (celui de psycho) reprenne en partie ou repose en partie sur l’autre (celui de la biologie) ce serait tout à fait cohérent et possible.
      La pensée et l’émotion ayant elles aussi des substrats biologiques, il est évident que le biologique relève de l’étiologie de concepts psychologique.

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  5. Yvan dit :

    Bonsoir Line,

    Toutes mes félicitations pour votre développement.
    En effet ce concept d’hypersensibilité est très vague.

    Vous semblez ici le considérer justement dans toute son étendue sans frontière au concept.
    La sensibilité de la personne qui sort son mouchoir devant chaque film « un peu mièvre », celle de la personne qui s’effondre à chaque remarque un peu dure (là nous rejoignons peut-être un concept de susceptibilité ? )

    Toute cette recherche que vous avez faite parce que (à cause) des gens allient systématiquement hypersensibilité et HPI (j’infère !).
    Je vous comprends, toutes ces associations faite sans preuves sur les seules bases de possibles intuitions, demandaient éclaircissement.

    Seulement quid de cette sensibilité, semblable au ressenti d’un pull en laine neuf sur une peau nue, sorte d’agacement devenant vite insupportable lorsque (vous ? « nous ») je suis (êtes, sommes) plongé(s) dans un groupe, de personnes irréfléchie, qui caquette comme le ferait des poules et dont rien ne sort hormis ce caquètement ?
    Cette sensibilité qui semble tout de même très présente au sein des HPI mais à laquelle la réponse est différente en fonction des personnes HPI.
    Même cette susceptibilité dont je vous parle plus haut, n’est-elle pas tout simplement une plus juste perception et compréhension des phrases, des mots, du contexte et du ton employé. Cette perception qui si je me souviens bien doit pouvoir être rapprochée de l’ICV du test WAIS ?
    Alors n’y a-t-il pas là un point commun (plus ou moins intense selon les personnes) aux individus HPI ?

    Pour l’hyper-sensorialité que vous évoquez, ce que semble nous dire la science sur un « meilleur câblage » du cerveau, ne suffirait-il pas à concevoir que les sens des HPIs puissent-être Potentiellement plus aiguisés ? L’éducation et la génétique (physiologie) des récepteurs créant tout de même des différences dans l’expression de ce potentiel.

    En fait, je ne m’oppose en rien à votre article, je me demande seulement si vous l’avez fait sur des contours très flous parce que c’est ainsi que vous abordez ce terme d’hypersensible au travers de ce que nous fournissent les médias et la foultitude des interprétations de chacun ?
    Souhaitez-vous seulement traiter ce terme hors association au fil rouge de votre blog ?

    Dans vos articles précédents, il me semble que vous parlez de votre agacement face à certains. Vous avez sûrement réussi à passer outre vos réaction épidermiques (vos derniers messages d’humeur ne sont pourtant pas si vieux) mais je doute qu’en vous-même vous restiez de marbre au contact de ces fibres de laine qui vous effleurent la peau.

    Alors Hypersensibilité des HPI ou Hyper-conscience ? Les généralisateurs se trompent-il de terme ?

    Ai-je fait un hors sujet? Vous qui vous penchez seulement sur le sens ou l’explication à donner à Hypersensibilité .

    Pourtant il me semble bien qu’avant votre position de future psychologue, ce sont bien les généralités associées aux HPIs qui vous interpellent !

    En fait oui je sais, vous répondez seulement à la question :_ De quoi parle-t-on quand on parle d’hypersensibilité ?
    Vous avez compris que cette question dans sa simplicité ne me satisfait pas la réponse qui dit que le concept est trop flou pour pouvoir être utilisé me satisfait elle. Pourtant qu’utiliser à la place ?

    Yvan.

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    • Line dit :

      Bonsoir Yvan,

      On pourrait et selon moi devrait parler de sensibilité lorsque l’on traite des mouvements d’humeurs et de sentiments, et parler de sensorialité quand on parle du traitement physiologique des stimuli sensoriels.
      La notion « d’hyper » n’est valable et n’a de sens qu’en rapport à un seuil défini. Or quelle que soit le sens que « on » semble mettre derrière le mot « hypersensibilité » ce seuil est au mieux indéfini, voire indéfinissable ou carrément inexistant (concernant les mouvements psychiques). La bioloelke fournit des seuils qui permettent de définir l’hyperstimulabilité, et même la pathologie qu’est l’hyperesthesie.

      De fait, le concept même « d’hypersensibilité » est une ineptie, en l’absence des conditions qui president à sa nature même.

      Je ne traitais en effet pas de la question de l’expression de la sensibilité ou de la sensorialité des individus, HPI ou non, mais bien de concepts théoriques, du vocable et du sens à la fois qu’on lui prête et qu’il revêt  » vraiment ». Parce que pour bien communiquer et comprendre les choses et les êtres il faut un minimum de référentiel commun, et le langage en est un.
      Il me paraît donc important de bien définir les mots que l’on emploie.

      Je pense que le galvaudage de ce quasi néologisme est fort dommageable, tant d’un point de vue théorique que pratique. Il crée du quasi-patholigique là où il n’y a rien que de l’ordinaire et du sain ; de l’exceptionnel là où il n’y a que du commun. Chez certain*es, cela pourrait même empêcher une introspection qui serait pourtant sans doute bien plus efficace et durable pour le bien-être qu’une étiquette qui sert parfois autant qu’un pansement sur une jambe de bois.

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  6. Athalset dit :

    Bonjour 😀
    Quand je vois des « définitions » (si on peut appeler ça comme ça…) aussi floues que celles qu’on lit partout pour l’hypersensibilité j’ai tendance à être méfiant mais si ça vient de la psychanalyse y a pas de problème ! On peut quasiment tous jeter sans réfléchir* ! 😛
    (*bon pas totalement, par principe et rigueur faut quand même prendre le temps de lire et d’opposer de vrais arguments, histoire d’être moins des escrocs qu’eux)

    Ce qui est rigolo avec les disciplines comme ça c’est qu’elles cherchent toujours à expliquer des faits sans prouver qu’ils existent et inventent les pires théories pour que ça « marche ».

    Après le fait que beaucoup de personnes tombent dedans sans vraiment chercher à comprendre m’inquiète pas mal, y a vraiment des personnes qui trouvent ça cohérent l’idée que du sucre imbibé de produits (très) fortement dilués soigne des maladies ou que c’est une bonne idée de vouloir se faire décaler des vertèbres ? x)
    Parce que la psychanalyse c’est un peu pareil niveau théorie perchée.

    Hors-sujet:
    Ça fait un moment que je me dis que je me prendrais bien les livres du Dr.Wahl sur le HPI et tu conseillais aussi celui de Béatrice Millêtre, et là j’en ai l’occasion. Mais du coup, toi qui les a lu, ils risquent pas de faire trop doublon entre eux ?

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    • Line dit :

      Hello,
      Les trous ouvrages n’ont pas grand chose à voir entre eux si ce n’est le sujet.
      Chez Millêtre j’ai aimé l’esprit positif, et il faut l’admettre, le côté clairement en opposition à l’idée qu’être surdoué*e signifie être malheureux.
      Mais niveau rigueur scientifique, de mémoire, je dirais que l’on est en dessous des ouvrages du Dr Wahl, à tel point que je classerais Millêtre dans le « développement personnel » plutôt que dans la littérature scientifique.
      C’est vraiment l’esprit positif de l’ouvrage que j’ai aimé chez Millêtre.

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      • Athalset dit :

        Parfait, c’est ce que j’espérais ^^
        J’aime bien l’idée d’avoir à la fois un point de vue scientifique et un point de vue plus « perso » 🙂

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        • Athalset dit :

          Je viens de les finir et ils sont top tous les trois en effet !
          Ils ont chacun leur style propre mais ils sont très agréables à lire 🙂
          J’ai bien aimé les petites boutades subtiles glissées par-ci par-là dans ceux du Dr Wahl, mais je sais pas si ça compense le sentiment de malaise que le transhumanisme me cause à chaque fois que j’y réfléchis ^^’
          En tout cas ils sont très cools et j’aurai pas dû hésiter aussi longtemps à me les procurer 😀

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