« Tu vas réussir, tu l’as toujours fait ! »

Au début du mois de juin, je passais mes examens.
Inutile de vous dire que je jouais un peu ma vie sur ce coup, et que, conséquemment, je me suis mise énormément de pression sur mes petites épaules. Non seulement la pression de la réussite, mais – sélection oblige – celle de l’excellence.
(Entre nous soi-dit, face à certains sujets, j’ai rapidement abandonné l’idée d’excellence, pour ne garder que celle de réussite. On fait ce que l’on peut hein !)

Du soutien…

J’ai de la chance, je suis vraiment soutenue dans ma reprise d’étude et mon entourage proche m’encourage beaucoup.
J’ai de la chance.
Ils et elles me répètent  – et ce dès le début de mes examens – : « Je n’ai aucun doute, tu vas y arriver sans problèmes. »
Ou encore : « Oui je ne me fais pas de soucis, tu as toujours réussi (certain ajoutent même là « brillamment »). »
En général, ce sont des paroles motivantes, qui font chaud au cœur, qui portent et poussent vers l’avant.

Et bien pas pour moi.

… à la pression.

Je n’y peux rien, mais moi quand j’entends mes proches (que j’aime et dont l’estime m’est précieuse, voire fondamentale) me dire « Mais je ne me fais pas de soucis, tu vas y arriver, comme toujours ! »  j’ai juste envie de m’enfuir en courant pour me creuser un terrier, m’y engouffrer et ne plus en ressortir. Jamais.
Parce que je n’entends pas le soutien, je comprends une obligation à la réussite, sous peine de décevoir leurs attentes.
Ils et elles s’attendent à ce que je réussisse, donc je dois le faire.
L’échec ne fait simplement pas partie de l’équation. Équation qu’ils et elles ont posé, en pensant me soutenir.

Est-ce que ce n’est pas dramatique ça ?

Avec un soupçon de cliché sur les surdoué•es

Je sais que pour certain•es, cette réflexion va sembler sortie d’un autre monde. Mais cette considération sous-jacente que de toute façon, nous (les surdoué•es) réussissons tout ce que nous faisons (jusque là…) peut être infernale à vivre.
Pour ma part, je me retrouve incapable d’apprécier le soutien qui m’est témoigné. Je ne le reçois que comme des injonctions dissimulée, des attentes à satisfaire.
J’ai conscience que dans bien 50% des cas, ce sont mes propres exigences que je projette sur mon entourage.
Mais dans les autres 50% des cas, je sais qu’il y a aussi chez eux cet espèce d’état de fait qu’ils et elles ne remettent pas en question. Quelque chose du genre « Elle est surdouée, ça va forcément aller ! »

Et bien non !
(Vous voyez, c’est tellement épidermique comme réaction chez moi que même la reporter par écrit me donne envie de crier.)
Non ça ne va pas « forcément » aller. Etre HPI ce n’est naître avec la carte « ne se plantera jamais dans rien de toute son existence ». Ça se aurait sinon.

Nous ne sommes pas infaillibles, aussi difficile que ce soit de l’admettre pour certain•es, c’est la réalité.
Nous ne sommes pas moins que les autres sujets d’échecs. Simplement, ces échecs sont moins attendus, moins anticipés et parfois par conséquent moins acceptés par l’entourage, quand ils surviennent chez des surdoué•es.
Comme si l’échec s’envisageait naturellement pour n’importe qui, mais semblait exclu pour les HPI.

Le droit à l’échec.

J’ai beau savoir que cette pression de la réussite vient en partie de moi, j’aimerais juste que l’on me laisse le droit de me planter.
Qu’on laisse juste la porte ouverte à la possibilité, que l’idée que je ne réussisse pas soit tout aussi envisageable que pour n’importe qui.
Que je puisse me dire, avec soulagement et sérénité, qu’échouer ne sera pas synonyme de décevoir les attentes et les espoirs de tous ceux et celles qui ont cru en moi.

Le pire c’est quand le sous-entendu de mon HPI est de la partie : « Bah, ça ne devrait pas être un problème, pour toi. » Ou, moins sous entendu : « Avec tes capacités, tu devrais réussir brillamment !  »
giphy

Nooooooooooooooooooooooooooooooooooooooon !
Noooooooooooooooooooooooooooon, non, non, non, non !
Je réclame le droit à la plantade ! A la médiocrité !
Pour moi, pour tou•tes mes frères et soeurs surdoué•es de par le monde ! Laissez nous nous planter lamentablement !

Et à la réussite pleine et entière

Parce que, quelque part, avec cette attente de la réussite par défaut des surdoué•es, leurs succès sont d’autant moins éclatants qu’ils étaient attendus, considérés comme normaux.
Rien d’exceptionnel à ce que les surdoué•es réussissent en somme.

Et bien si !
Nos succès sont tout aussi importants et à célébrer que les succès de n’importe qui d’autre.
Avoir son bac quand on est surdoué, ce n’est pas plus négligeable que quand on ne l’est pas. Et se planter quand on est surdoué•e n’est pas plus grave que quand on ne l’est pas.

Non mais.

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Alerte ! Examens

Salut les gent•es !

(Oui il y a des fois, j’ai des excès de familiarité. C’est souvent le signe d’une pression psychique autogénérée considérable.)

Vous l’aurez remarqué – bah si, vous l’avez remarqué, puisque vous venez fidèlement tous les jours voir s’il n’y a pas un nouvel article ici, voyons ! – je suis peu là.

La raison est simple : dans un mois tout pile (*respiiiiiiiiiiiire, Line, respiiiiiiiiiiiiire*) je passe mes examens de L3.
Les examens dont le résultat sera décisif pour mon existence, puisque la décision du jury d’admission en M1 de psychologie (donnant donc un accès garanti – sous condition d’obtenir la moyenne évidemment – au diplôme de psychologue, puisque plus de sélection en M2) se basera sur les notes que j’y aurais obtenues. *Respiiiiiiiiiiiiiiire, ton rythme cardiaque s’accélère là*

Donc, je travaille.
Et donc je n’écris pas ici.

Mais rassurez-vous, je vous garde sous le coude un joli article sur les émotions et le HPI, avec même un petit bonus que j’aime beaucoup (normal, c’est un bonus qui dit que  j’avais raison. J’aime bien avoir raison.)
Aussi celui qui pose la question, du point de vue de l’enfant devenu adulte : faut-il dire ou non à son enfant qu’il/elle est surdoué•e ?
Et d’autres choses encore, mais là tout de suite, ce n’est pas ma priorité.

Donc, ne vous inquiétez pas, le blog ne s’arrête pas, mais j’essaie de faire les choses à peu près bien (et de ne pas sombrer dans la panique totale).

En attendant que je vous revienne dans un mois, lisez (beaucoup), riez (encore plus), soyez heureuses et heureux (surtout) et puis priez-pour moi, et/ou envoyez des bonnes ondes, et/ou des bonnes pensées de réussites totale aux examens.
Je prends aussi les envois de porte-bonheur. (Pas de membres d’animaux, s’il-vous-plait).

Voilà, voilà.

Bon ben… j’y retourne hein.

*J’ai peuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuur*

En passant

*Attention, article qui ne parle pas du HPI, ça arrive parfois*

Dans la lignée de mon dernier article (Ca me reprend) j’aimerais partager avec vous la liste de ce que je fais déjà dans ma petite vie pour mon plaisir et/ou pour ma future vie professionnelle.

Alooooooooors !

  • Mes études de psychologie.

Il me reste un mois et demi pour les examens. J’ai peur. Mais j’aime tellement ce que j’apprends en psychologie sociale. C’est fascinant. Je pense même qu’il y a là la clef pour éradiquer les pires tendances de l’humanité (comportement de moutons décérébrés, discriminations, rejets, violence, guerre, etc).

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« Nous », « Ils »… et sinon, est-ce qu’on a le droit d’exister indépendamment ?

Ça m’énerve

Plus j’en lis et plus ça m’énerve.

« Les surdoués sont comme ceci ». « Ils ressentent tel besoin. » « Nous sommes tellement sensibles, nous les surdoués. »

Et sinon, j’ai le droit d’exister par moi-même ou est-ce que je suis condamnée à laisser des gens qui ne savent rien de moi et parfois, en plus (oui parce que, ne rien savoir de moi, c’est normal) n’en savent pas plus sur le HPI, parler pour moi et pour les millions d’autres personnes concernées ?

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De retour dans ma tête

Après un mois de traitement neuroleptique, je suis de retour dans ma tête.

Au début du traitement j’ai pu comparer le passage de mon état normal à un état sous neuroleptique, et maintenant j’expérimente le passage de l’état sous neuroleptique à mon état normal.

Et la comparaison est sans équivoque !

Déesse que la vie est MIEUX sans les neuroleptiques que l’on m’a prescrit !

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Précisions

Au sujet de l’article « Le HPI ce n’est pas l’autisme » qui a fait des émules. (Vous n’avez pas idée) :
Parce que l’article a été partagé  dans sa première version par d’autres (dont l’Association ToulouZèbre que j’aime et respecte profondément), je n’ai pas souhaité y faire toutes les modifications qui m’ont été inspirées par les différents retours que j’ai pu avoir. En effet, si je modifiais trop le contenu de mon article, alors ce serait dommageable pour celles et ceux qui l’ont partagé dans sa première version, puisqu’ils et elles se retrouveraient à partager quelque chose que finalement, ils n’ont pas voulu partagé, puisqu’il ne s’agit plus du même contenu. (Vous me suivez ?)

J’y ai inséré ceux des édits qui me semblaient nécessaires, pour l’exactitude des propos et le respect élémentaire que l’on doit aux gens, à leur travail et à la vérité tout simplement.

Mais je tenais aussi à ce que sur MON ESPACE PERSONNEL qu’est ce blog, je puisse encore dire ce que je veux, du moment que je respecte la loi.
Mon espace, mon royaume, mes lois (qui comprennent celle du pays où je vis, quand même). Ça ne vous plait pas, il y a des milliards d’autres blog à lire.

J’en profite pour rappeler que je m’exprime ici à titre personnel. Je ne suis pas un personnage public, je ne parle au nom de rien ni personne si ce n’est moi, en tant qu’individu. Quand je serai psychologue, je verrai ce que je ferai de ce blog, si j’en ouvre un autre à titre professionnel ou pas, si j’arrête celui-ci, je n’en sais RIEN.
Mais en attendant, je m’exprime ici à titre PER-SON-NEL.

Donc voici ce que je voulais dire suite à différente remarques sur mes positions et conceptions au sujet d’un éventuel lien entre HPI et TSA, et sur ce que je peux dire en général sur ce blog :

*EDIT 2 : Et ouais, je considère. Je me paie le luxe de penser des trucs dites donc. Alors, si demain on me dit « oh regarde, la science a prouvé que c’était pas indépendant », mais M-E-R-veilleux ! Je dirai que je me trompais et HOP, ni une ni deux, je prendrai en note la chose et je continuerai ma petite vie avec cette nouvelle donnée en tâchant comme toujours de faire de mon mieux pour moi et les autres.
Mais en attendant, et bah ouais, j’ai un avis. 
Je suis d’une impudence rare, je sais.

Surtout ne pas être trop capable

C’est clairement déconseillé au poste où je suis.

Ce matin, au travail il m’est arrivé une petite histoire qui m’a vraiment déboussolée.
Encore un magnifique exemple de ce que je ne sais pas anticiper dans le côté implicite des rapports sociaux et hiérarchiques au travail.
Mais même si je reconnais que je n’ai clairement pas vu venir la chose, je considère quand même qu’elle est un complet non-sens et ridicule et inutile.

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