Le mythe de l’effort

Je discutais hier avec ma meilleure amie  (qui passe un de ses examens de L1 psycho ce soir : GO Siter GO !!!) et l’on se marrait comme des baleines en échangeant sur notre incapacité mutuelle, partagée et inconnue jusqu’alors dans son caractère partagé, de nous mettre à travailler avant le dernier moment. Mais aussi de notre difficulté à produire suffisamment de contenu pour satisfaire nos professeur•e•s lors de nos productions écrites de types explications, démonstrations.
Et, malgré cela, l’une comme l’autre nous en sortons correctement aux examens. Voir carrément brillamment (c’est à dire avec des notes à partir de 17/20).
Bon entre vous et moi, personnellement, je suis beaucoup plus abonnées au 14/20 « sans efforts » qu’aux 19/20 sans efforts. Étrangement j’ai augmenté ma moyenne en augmentant de niveau scolaire : j’étais plutôt à 12 ou 13/20 « sans rien faire » en collège lycée, puis 14 ou 15/20 en université. Bref !)

Entre deux éclats de rire, cela m’a amenée à évoquer la culpabilité que cela pouvait provoquer, notamment chez moi.
Je me sens, encore aujourd’hui, coupable de « ne pas travailler assez ».
Ceci pour deux raisons.
La première parce que, comparativement aux autres élèves des classes que j’ai pu traverser (et quand je pouvais avoir accès à la somme de travail qu’ils et elles effectuaient) je travaillais nettement, mais alors nettement moins. Pour certaine matières on frisait le pas du tout (Français par exemple).
La seconde est plus récente, je me sens coupable de ne pas faire mieux.
Après tout je suis surdouée non ? Je devrais faire mieux. Je devrais avoir au moins 18, 17 si je suis malade, parce que je suis surdouée. Ça devrait être facile pour moi, et je devrais avoir de bons résultats.
Sinon quelque chose cloche non ?

Cette (délicieuse) conversation m’a donc amenée à réfléchir un peu plus sur ce que j’ai rebaptisé « le mythe de l’effort » appris à l’école.
C’est donc à ma meilleure amie que vous devez cet article. Gloire à elle !

Le mythe de l’effort, apprentissage précoce

On nous le dit très tôt, dès la primaire : il faut travailler pour réussir. Et il faut bien travailler. Travailler pour avoir de bonnes notes. Faire des efforts.
Et plus vous progressez dans votre scolarité (en cursus général du moins) plus on vous le rabâchera et plus l’exigence se fera pesante.
Il faut TRAVAILLER !
Quand est arrivé le bac, j’étais dans un lycée (absolument gé-ni-al. J’ai adoré mes années lycées, mon lycée et quasiment tou•te•s mes profs. En particulier Mme Bouchard prof. de lettre classiques latin-grec-français et M Bret, prof. de biologie. Je vous AIME ! ❤ ) qui avait pour ambition de préparer ses élèves à réussir les concours d’entrée aux grandes écoles de France et aux plus prestigieuses classes préparatoires.
Donc le bac, c’était un peu caca en fait.
Résultat, il fallait travailler. Fort, dur. Suer sang et eau parce qu’on était pas là pour faire tapisserie !
C’était Rambo version lycée, avec des encyclopédies à la place des altères et des tableau noir ou blanc à la place du sac de sables. (En terme d’ambition, parce qu’en terme d’ambiance, c’était trop bien. ^^)

Et pendant que mes ami•e•s ne voyaient pas la lumière du jour durant le mois précédant les épreuves du bac (donc une période allant de début mai à mi juin grosso modo) à bachoter jusqu’à ce que mort s’en suive, moi je répétais mon gala de danse classique.
J’avais TROIS rôles dont UN SOLO. Non mais c’était la GLOIRE pour moi. J’avais UN SOLO ! Sur POINTES ! J’étais à ça d’être danseuse étoile quoi.
J’ai donc fait des choix.
Un jour je vous raconterai peut-être comment s’est passé mon baccalauréat. C’était drôle. ^^

Donc alors que mes ami•e•s suaient sang et eau en visant une mention, moi j’enchaînais les entrechats (3 et 4) et je laissais traînais sur le banc à côté du piano 4 leçons d’histoire. Parce que c’est la seule matière que j’ai daigné réviser. Mais seulement 4 chapitres, faut pas pousser non plus.

A l’époque déjà j’étais en proie à ces sentiments paradoxaux qui étaient d’assumer totalement mes choix d’impasse et de non-travail, et la culpabilité de ne pas travailler. Néanmoins, si je tentais de me forcer à travailler, j’étais absolument non productive. J’aurais même presque juré que mes connaissances diminuaient.

Je me retrouvais donc comme coincée, entre une injonction à travailler et la peur de l’échec (parce que si j’assumais de ne pas travailler, je n’étais pas naïve ou sûre de moi au point de me dire que j’allais décrocher mon bac sans problème comme ça), et un espèce de fonctionnement étrange qui faisait que j’étais incapable de me forcer à travailler, ou de me mettre spontanément à travailler avant le dernier moment.

Je culpabilisais donc.
Et j’avais peur.

Puisque mes professeur•e•s me l’avaient répété et répété encore, il faut travailler !

Sans efforts, la réussite est considérée comme illégitime

Le pendant de cette exigence à l’effort est que si jamais il y avait réussite sans effort, alors cette dernière n’est ni méritée, ni justifiée, ni légitime.
Sans efforts, pas de réussite, pas de mérite et pas de gloire.

Et en France, il semble que l’on soit particulièrement friand de cette pensée. La réussite ne semble acceptable, noble, propre, que si elle est le fruit d’un effort jugé proportionnel à la réussite.
C’est, je crois, hérité de l’esprit révolutionnaire, à bas les privilèges tout ça.

Résultat, ce phénomène est le terreau fertile et la nourriture idéale au complexe de l’imposteur•e : Puisque pour réussir il faut travailler, que moi je trouve que je n’ai pas (beaucoup ou du tout) travaillé, alors je n’ai pas vraiment réussi. Ou ma réussite est forcément due à autre chose qu’à moi. Puisque je n’ai pas la condition sine-qua-non pour réussir, c’est à dire le travail, l’effort.

C’est absolument aliénant. Limitant. Voir souffrant.

Je lutte encore avec cette culpabilité ancrée profondément en moi, avec ce jugement intérieur qui me dit que je ne travaille pas assez, que je ne suis pas à la hauteur de mes prétentions. Que je ne mérite pas d’être surdouée, que je ne suis pas à la hauteur des autres surdoué•e•s. (C’est complètement stérile comme jugement, mais j’y travaille.)

Résultat, je – et je suppose d’autres – me retrouve piégée par cette culpabilité qui me paralyse et me fait douter de tout ce que je fais et de tout ce que j’obtiens.

Se libérer du mythe, et comprendre quelle réalité il illustre

A toutes celles et tous ceux qui se retrouveraient dans une situation semblable à la mienne, je vous encourage : Libérez-vous du mythe !

C’était mon moment  « Gourou d’un mouvement développement personnel new-age toutpourri. »

Plus sérieusement, je vous encourage vivement à travailler à vous libérer de ce qui, dans notre cas, est une injonction fausse et limitante.

Mon premier pas sur ce chemin a été de lire le livre de Béatrice Millêtre qui explique très bien comment le fonctionnement cognitif particulier des surdoué•e•s fait qu’il est inutile et stérile de vouloir leur appliquer une méthode « traditionnelle » de production intellectuelle quelle qu’elle soit.

Mais lire un ouvrage, aussi grand soit l’écho qu’il provoque en soi, ne suffit pas à défaire des années d’injonctions. C’est donc un travail de tous les jours.
A fortiori quand vous êtes en train de faire vos études, et que parmi vos « camarades » de classe, certain•e•s  semblent s’être donné comme objectif de vous prouvez que vous valez moins qu’eux/elles ou que vous n’êtes pas à la hauteur du don que vous avez reçu à la naissance. (Commentaire purement subjectif pour vous transcrire l’état d’esprit déplaisant dans lequel je peux me trouver parfois.)

Je crois qu’il faut commencer par comprendre que cette injonction au travail est au départ un conseil judicieux et véridique pour la plupart des gens.
Et, en vérité, il l’est aussi pour nous, surdoué•e•s parce que nos capacités cognitives ne font pas de nous des personnes avec la sciences infuses.
Il faut travailler pour acquérir des nouvelles connaissances, des nouvelles compétences, et pour améliorer les unes et les autres.
C’est comme ça.

Néanmoins, je crois qu’il y a une nuance à apporter. Si nous devons travailler, et faire des efforts, sans doute ne devons nous pas le faire dans les mêmes proportions et sur les mêmes choses que la plupart des gens.
Et cette petite subtilité fait toute la différence.

Finalement, l’écueil n’est pas dans le conseil de l’effort et du travail pour réussir. Parce que ceci reste une vérité.
Il est, je pense, dans le fait d’appliquer la même échelle et le même référentiel à toutes et tous, et en particulier aux surdoué•e•s.

On n’attendra pas d’une personne avec déficience mentale de fournir les mêmes efforts pour les mêmes résultats qu’une personne sans déficience mentale.
De même il est illusoire d’attendre d’une personne surdouée les mêmes efforts pour les mêmes résultats qu’une personne qui n’est pas surdouée.
Ou, on ne demandera pas les mêmes efforts et les mêmes résultats à une harpiste concertiste qu’à un étudiant en première année de solfège et de cours de musique.

Découvrir, connaitre et accepter son propre fonctionnement. Sans jugements.

Pour un•e adulte surdoué•e qui se découvre surdoué•e tardivement, cela peut représenter un tour de force. Parce qu’il faut non seulement accepter que l’on fonctionne différemment (ce qui est valable pour tou•te•s surdoué•e•s) mais aussi, défaire toutes les constructions et jugements préalablement élaborés sur soi-même.
Et ce n’est pas ce qu’il y a de plus simple !

Quoi qu’il en soit, qu’il s’agisse de déconstruire des idées inadaptées sur soi-même ou de découvrir ou se réconcilier avec son fonctionnement naturel, cela demande de s’écouter.
De s’observer, sans jugements si possible, un peu comme on mènerait une phase d’observation dans une expérimentation dont on serait le sujet.

Se regarder, s’observer.
Et vraiment, éviter les jugements. En bien comme en mauvais.
Parce que s’auto congratuler ou bien s’auto-flageller sur son fonctionnement avant de l’avoir analyser, n’est pas la meilleure façon d’obtenir une conclusion aussi objective que possible.
L’auto-congratulation et l’auto-flagellation auront éventuellement leur place APRES l’analyse.

L’exercice consiste à tenter de poser un regard objectif et neutre sur notre fonctionnement intellectuel (si j’ose dire).
Quel travail produisez-vous pour quel résultat ?
Commencez par être bien clair avec les notions que vous allez utiliser. Définissez ce que « travailler » ou « faire des efforts » signifie pour vous.
Passez au crible toutes les notions que vous utilisez dans vos jugements et analyses ou critiques sur vos fonctionnement.
Qu’est-ce que c’est que travailler beaucoup ? Un peu ? En terme de contenu mais aussi de durée. Est-ce que c’est travailler une heure ? Deux ? Dix ? Par jour ? Par semaine ? La nuit ? Est-ce que c’est lire, écrire, analyser, y réfléchir ? Noter des trucs ?Apprendre par cœur ? Faire des lecture complémentaires ? Prévoir les questions éventuelles ? Projeter à N+6 jours après le dossier ? Connaitre par cœur le numéros de téléphone direct de la caserne de pompier et l’hôpital le plus proche du lieu de votre colloque et maîtriser tous les gestes des premiers secours ainsi que les comportements à avoir en cas d’attaques terroristes, tremblement de terre et tsunami ? Penser à avoir un stylos de rechange pour l’examen ?

N’hésitez pas, passez tout ça au crible.

Une fois votre grille de définition bien au clair, vous pouvez passer à l’analyse. Commencez par du très binaire et très basique, des questions dont les réponses sont oui ou non. Pour répondre référez-vous à une situation concrète passée : votre dernière présentation, votre dernier examen, votre dernier devoir, etc.
Avez -vous travailler pour cette présentation ? Oui/Non
Avez-vous eu l’impression de fournir des efforts ? Oui/non
Avez-vous rempli les objectifs ? (Validation de la matière, présentation faite en temps et en heure, sur le sujet demandé dans le temps demandé)  Oui/Non.

Il n’est pas question de savoir si vous avez bien travaillé, ou bien réussi, ou suffisamment réussi. Juste est-ce que vous avez travaillé et/ou réussi ?

Cette démarche est directement inspirée et reprend les questions et analyses que vous trouverez dans « Le livre des vrais surdoués » de Mme B. Milletre. Une mine d’or je vous dis.

Ensuite vous pourrez passer aux questions sur le comment.
Comment travaillez vous ? Allongé•e par terre, devant la télé, en jouant aux jeux vidéos ? (Si c’est possible, pas évident, mais possible)
Vous avez besoin de combien de lectures ou écoutes pour retenir une, deux, dix infos ? Mots à mots ? Pas mots à mots ?
Encore une fois, pas de jugements. On s’intéresse aux faits, rien que les faits.

Quand vous aurez consciencieusement disséqué votre fonctionnement, vous pourrez le comparer, sans le juger, à ces injonctions à l’effort que l’on nous rabâche joyeusement.
Vous pourrez noter où sont les différences et quelles sont ces différences.

Le but n’est pas de juger, parce qu’il n’y a pas un fonctionnement meilleur qu’un autre dans l’absolu. Il n’y a que des fonctionnement qui vous sont naturels et d’autres pas.

Une fois cet état des lieux en votre possession, vous pourrez – évidemment si vous en avez le besoin, parce que sinon, tout ça est inutile :p – travailler à simplement accepter que vous fonctionnez comme cela, et que ce qui compte c’est que vous arriviez à vos fins, et pas tellement que vous le fassiez comme « les autres » attendent de vous que vous le fassiez.

Avoir sa propre notion d’effort, de travail. Et surtout, réclamer sa réussite.

J’en suis arrivée à la conclusion que le problème pour moi n’était pas tant l’injonction au travail que celle à l’effort.
Comme si toute réussite devait être le fruit d’un travail pénible, difficile, douloureux.
Comme si, tout travail devait être demandant en énergie, pénible.

Et bien non.
Je peux, vous pouvez, travailler sans effort.
Et la réussite qui s’en suit n’est pas moins valable, moins honorable, parce qu’elle n’est pas obtenue en suant sang et eau.

Vous avez le droit à la réussite sans efforts !
(Pour reprendre à ma sauce les mots de Mme J.S-F. dans l’émission Mille et une vie sur les familles de surdoués.)

L’effort, la pénibilité n’est pas obligatoire, contrairement à ce que l’on pourrait comprendre de ce que l’on nous a rabâché tout au long de notre scolarité.
Cela ne veut pas dire qu’il ne sera jamais nécessaire, ni même jamais bien venu ou utile. Mais, simplement, qu’il n’est pas obligatoire.
Ainsi, ce n’est pas parce que ce que vous produisez ne vous demande pas d’efforts que c’en est dépourvu de valeur ou que ce n’est pas à reconnaître comme une réussite.

Et vous n’avez pas non plus à en avoir honte.
Encore une fois, il vous/nous faut jongler et trouver notre équilibre entre notre propre légitimité et le droit à partager notre réalité (que nous produisons, parfois/souvent, moins d’efforts pour autant ou plus de résultats que d’autres sur certains/beaucoup de sujet) et la façon dont elle sera reçue par les autres et les jugements qui en découlent trop souvent (prétention, vantardise, volonté d’humilier ou rabaisser les autres…*soupir*).

Néanmoins, je vous invite à réclamer vis à vis de vous même en premier lieu, que votre réussite est tout aussi valable que celles des autres.
Que la réussite ne se mesure pas à l’effort produit pour l’atteindre. (Je rappelle que je parle d’efforts intellectuels, de travail scolaire ou intellectuels, etc.)
Vous avez le droit de réussir, et de réussir « facilement » à vos yeux ou à ceux des autres.

Personnellement, j’ai déclaré en mon for intérieur que je n’avais pas forcément ni systématiquement besoin de trimer pour atteindre mes objectifs.
Que considérer que j’ai réussi n’était pas conditionné aux efforts que je produisais ou non pour y parvenir.
J’ai le droit de ne pas peiner pour produire certaines choses, même si d’autres le font avec plus difficultés que moi.
Et l’inverse est tout aussi vrai ! Je patauge sur des exercices mentaux (notamment produire un niveau de détail d’explication de mon raisonnement suffisant pour satisfaire les profs ou me rendre compréhensible pas tou•te•s) qui ne demande aucun efforts à la plupart des gens.

Ce n’est pas encore gagné, mais je travaille à me libérer du mythe de l’effort. Et je sens qu’une fois que ce sera fait, la vie sera plus facile. :p

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11 réflexions sur “Le mythe de l’effort

  1. Athalset dit :

    Bijour, rien à dire je me retrouve beaucoup trop dans cette sensation de pas assez travaillé, et surtout l’impression que je suis moins méritant que les autres (alors que je sais que c’est faux).

    Dans les faits, j’ai remarqué que souvent quand je travaille vraiment à fond c’est que je me suis passionné pour un sujet ou quand je me suis lancé un défi. Je sais pas si c’est courant mais je vois beaucoup de choses comme des défis à relever et du coup je suis beaucoup plus enclin à travailler pour atteindre mes objectifs 🙂

    Je comprend bien la culpabilité que ça peut donner, quand je vois que les autres bloquent sur des choses qui me paraissent simple ou qui sont obligés de lire et relire en boucle leurs fiches pour espérer apprendre un peu. J’ai pitié pour eux et c’est assez injuste de savoir que j’ai mieux mémorisé qu’eux en ayant juste écouter en cours mais bon chacun ses forces et ses faiblesses 🙂

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  2. Aldor dit :

    Bonjour, 130,

    C’est toujours intéressant de vous lire et d’échanger avec vois tellement nos points de vue dont différents (j’ai dit : les points de vue, pas les avis).

    Si le seul but du travail est la réussite à l’examen ou l’acquisition d’une connaissance, je suis totalement d’accord avec vous. Si on a des facilités, il faut les utiliser et il n’y a aucune honte à avoir.

    Mais les études et le travail scolaire ont rarement pour seule fin l’acquisition de connaissances. On ne se sert pas, ou très rarement, de ce qu’on apprend à l’école. Le travail scolaire sert donc, d’une part, à ouvrir son esprit, à manipuler de nouveaux concepts, de nouvelles méthodes (et ça va beaucoup plus loin que la réussite à l’examen) d’autre part, comme le disait Simone Weil (la philosophe), à travailler son attention au monde – ce qui n’a rien à voir avec la réussite aux examens. Et pour cette finalité là, à laquelle on peut être plus ou moins sensible, les facilités ne servent à rien. Car la vertu du travail scolaire n’est pas dans la réussite à l’examen final mais dans le temps et l’attention.

    Bonne journée !

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    • Line dit :

      Bonjour Aldor,
      Le fait qu’ici, oui il est bien question d’acquisition de connaissances nouvelles et de restitutions de celles-ci sous forme imposée par une autre personne que soi.
      J’ai pris l’exemple du travail scolaire parce qu’il me semble le plus adequat à cette notion. Mais je l’assimile aux productions demandées dans un emploi que je qualifierais « de bureau » : présentation, projet, conférence, réorganisation… En somme tout ce qui demande une production intellectuelle et une restitution de celle-ci.

      Quant à la philosophie, c’est autre chose en effet. Je ne l’ai pas abordé ici, effectivement parce qu’être surdoué•e ou non, ne soulève pas spécialement de problèmes ou de questions.
      Le mythe de l’effort, comme je l’appelle ne s’applique donc pas à ce domaine à première vue.

      Bonne journée également !

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  3. Porquepix dit :

    Il n’en reste pas moins la syndrome de l’imposteur, dont j’ai découvert le concept sur le tard (et avant d’être testé HQI) et qui résume très bien une bonne partie de ma vie, surtout professionnelle :

    Ca marche. On ne sait pas pourquoi, mais ça marche. Et les gens trouvent que ce que vous avez fait, c’est vachement bien. Mais vous, vous n’êtes pas dupe, vous savez bien que c’est un truc un peu foireux, que vous avez bricolé en urgence, après avoir procrastiné jusqu’à la dernière extrémité (et passé du temps à faire plein de trucs inutiles, et perso…, alors que les autres n’arrêtent pas de répéter qu’ils sont « dé-bor-dés ! »).

    Vous culpabilisez de ne pas avoir fait plus, ou mieux, ou plus tôt…

    Et surtout vous ne comprenez pas pourquoi les gens s’enthousiasment à votre sujet. Vous vous dites qu’un jour quelqu’un va se réveiller et découvrir que tout ça c’est du flan. La baudruche va se dégonfler. Le roi sera nu.

    Le fait de découvrir, récemment, que je suis HQI, a un peu atténué cette sensation, en me faisant admettre que peut-être il y avait finalement quelques raisons à ces réussites. Mais pas complètement.

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    • Line dit :

      Bonjour Porquepix,
      Comme tout complexe, il ne suffit pas de l’identifier pour le voir disparaître. 🙂
      Le processus prend du temps. J’espère que vous êtes accompagné•e suite à ce diagnostic, ce serait l’occasion de pouvoir travailler sur ce complexe. 🙂

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      • Porquepix dit :

        A certains moments je me dis qu’il faudrait, à d’autres, que ce n’est pas la peine. C’est une oscillation permanente, qui durera jusqu’à ce que je ne puisse plus tergiverser (toujours cette procrastination …).
        Et puis cela demande du temps. Pas d’être suivi, mais de trouver la personne qui va vous suivre. Je mets déjà des semaines à choisir un grille pain, en consultant toutes les docs techniques et en faisant des comparatifs, alors choisir quelqu’un qui va m’ouvrir le crâne et en extraire la substantifique moelle….
        Quelle type de thérapie (surtout rester loin, loin, loin de toute tendance psychanalytique, c’est tout ce que je sais à ce niveau) ? et quel thérapeute ? L’angoisse…

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        • Line dit :

          Un•e psychologue ne vous ouvre pas le crane, pas plus qu’il/elle n’y fait quoi que ce soit. 😊
          Il/elle vous accompagne dans l’exploration et la compréhension de votre psyché. 😊
          C’est un processus très doux, je trouve.
          Le type de thérapie dépend de l’individu, de ses caractéristiques et de ce qui l’amène à consulter.
          On peut passer d’un type de thérapie à un autre et même en mener plusieurs en parallèle.
          Tout est possible, et dépend des besoins et demandes.

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  4. Valérie dit :

    Bonjour,

    J’ai bien aimé votre article… et aussi les commentaires .-)
    Dans la même situation de découverte tardive, mais presque avec 20 ans de plus que vous je me reconnais au niveau des études mais sans la culpabilité.
    A l’époque ça ne m’a jamais dérangé de ne pas devoir faire trop d’efforts pour de bons résultast; je me demandais plutôt si mes collègues frimaient en disant étudier des jours entiers. Finalement mon but était d’avoir de bonnes notes et de « passer » sans plus..
    Par contre au niveau du travail, je me labelise « imposteur » parce que je pourrais/ je devrais faire plus/mieux….. au lieu de faire autre/et encore autre. Par contre je m’interroge toujours pour savoir si mes collègues ont vraiment autant de travail qu’ils le prétendent.
    J’ai le sentiment latent de gâcher complètement mon potentiel – dans le sens de « ma possible contribution ».

    Cordialement !

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    • Line dit :

      Bonjour Valérie,
      Merci pour votre commentaire.,😊

      La question qui se pose alors est pourquoi avez-vous cette impression ?
      En tirant ce fil peut-être trouverez vous comment vous débarrasser de cette culpabilité ?

      Cordialement,

      Line.

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  5. mariemaman dit :

    Bonjour,
    En lisant votre article, j’ai eu l’impression que vous couchiez par écrit tout mon parcours et mon ressenti durant ma scolarité !! Y compris le fait que l’histoire soit la seule matière que j’ai daigné réviser pour le bac 🙂
    Maintenant officiellement diagnostiquée, cela me permet de mieux comprendre, et peut-être par la suite accepter, cet abord face au « travail » : la procrastination, la sensation de pas assez travailler, l’impression d’être moins méritante que les autres …

    Mon analyse serait que quand un « surdoué » (j’aime pas ce mot prétentieux mais c’est celui qu’on nous donne) travaille vraiment à fond, le « travail » n’est pas subit en tant que tel mais est un plaisir : il est tellement passionné par le sujet que ce n’est pas pour lui une obligation ou une difficulté assimilable à l’effort que représente le travail. Il est porté par sa seule motivation pour le sujet.
    A l’inverse, quand un travail ne l’intéresse pas, ne le motive pas, il a beau tenter de se raisonner,
    y’a rien à faire pour qu’il arrive à sortir ce travail, jusqu’à se mettre en danger. Et ça le ronge intérieurement.
    En tout cas, personnellement c’est ce que je ressens.
    et en avant la culpabilité, le sentiment d’être plus flemmarde qu’intelligente etc … !!

    ou alors ne serions nous que de sincères épicuriens ?

    à bientôt !

    J'aime

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