J’y suis presque

Je suis toujours là.
Le blog n’est pas fermé, malgré les apparences.

Petit point progression :

J’ai fini mon stage.
Je fini mes études (si tout va bien) en juillet.
Je serai donc psychologue cet été normalement.

*Réjouissances*

En attendant, je suis dans la dernière ligne droite : examens débuts juin, soutenance de mémoire (décalée) fin juillet.
Je me forme comme une tarée à différente petites choses via des MOOCS en veux-tu en voilà, tout cela dans la perspective de mon futur exercice.

Et si tout va bien, quelques mois après l’obtention du titre de psychologue, je devrais pouvoir recevoir des patients.

*Joie*

En attendant, comme je n’aime pas bien vous laisser sans rien à vous mettre sous la dent, je vous propose, non pas un, mais DEUX médias qui parlent d’intelligence.

Le podcast : Meta de Choc, pour sa série conte et légendes de l’intelligence.

Et puis une vidéo, première d’une série de 8, de Franck Ramus : Info et Intox sur l’intelligence

Ne me remerciez pas.

Et sinon, comment ça va, vous ?
Vous avez des questions ? Des remarques, des suggestions ?

Prenez soin de vous, surtout !

Le « business » du HPI

Alors que j’affichais mes ambitions professionnelles sur une application de réseau social professionnel, en écrivant clairement que je souhaitais (entre autre) faire du HPI une sorte de spécialisation de mon exercice, je reçus (oui, au passé simple) d’un complet inconnu ce péremptoire message : « Ah, le business du HPI ! …  » .

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L’Hypersensibilité

Vous ne manquerez pas de lecture sur le sujet sur internet.
Tapez « hypersensibilité » dans votre moteur de recherche et vous aurez pléthore de liens, surprenants par la consistance de leur discours. Les uns et les autres rabâchent joyeusement la même chose, et en plus de partager le même contenu, ils partagent également la même caractéristique : ne se référer à aucune source.
Il s’agit en grande majorité de contenu purement déclaratif, d’affirmations et de définitions diverses et variées, sans qu’aucun moyen ne nous soit proposé pour en vérifier la validité.

J’en ai eu assez, et je me suis mise en quête de réponses.
Je ne prétends pas que cet article soit exhaustif, mais j’ose penser qu’avec les quelques éléments que vous trouverez ici, vous pourrez compléter vos propres recherches sur le sujet et vous construire une opinion plus fine par vous-même.

C’est parti.

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Différence entre les femmes surdouées et les hommes surdoués (?)

Peut-être avez-vous lu l’ouvrage de Monique de Kermadec « La Femme surdouée, double différence, double défi. »
Je n’ai pas encore eu le loisir de le lire, je n’en ai lu que quelques extraits ici et là, au grès des articles et entretiens dont l’autrice a été l’objet ou l’invitée.
Je ne me risquerai donc pas à m’étendre sur un ouvrage que je n’ai pas lu. Mais il me sert d’amorce de réflexion.

Existe-t-il une différence entre les femmes surdouées et les hommes surdoués ? Et si oui, je reviens à la charge avec ma question fétiche, cette différence (ou ces différences) est-elle bien due à la douance ?

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De retour !

Bonjour à toutes et à tous !

Me voilà de retour sur ce blog, et avec mon esprit disponible pour ce faire. Vous en avez de la chance !

Les derniers mois (depuis septembre) n’ont franchement pas été folichons-folichons pour moi.
Avant d’aller plus loin, je rappelle que je suis très aisément sujette à l’angoisse qui colore ma vie de cette nuance inimitable et indélébile qu’est l’anxiété diffusé, permanente et polymorphe. Mes moments de pure et totale sérénité sont rares, et mes angoisses atteignent des sommets que nous sommes peu à avoir côtoyés. Vraiment. Demandez à mon cher et tendre, je vous assure, parfois, c’est moche.
Mais je vis avec depuis toujours et, bon an mal an, ça va bien.
Ainsi donc, ces derniers mois n’ont pas été les meilleurs que j’ai connu, et vous m’avez donc bien peu lue.
Cette dernière année est particulièrement lourde d’enjeux pour moi. Car si j’ai bien travaillé jusqu’ici, si je ne valide pas cette année, tous mes efforts auront été vains.
J’aurais sacrifié 6 ans (de vie mais aussi d’expérience professionnelle), plusieurs milliers d’euros (à savoir presque toutes mes économies) et embarqué mon époux là-dedans pour rien. Ajoutez à cela que faute de moyens, je ne pourrais pas redoubler cette dernière année, même si (ce qui n’est pas gagné d’avance) on m’autorisait à la doubler.
Dans le genre, je joue un peu ma vie là-dessus, on fait difficilement mieux.

C’est là que l’univers s’est dit : « Tiens, c’est le moment de la tester la petite. Elle veut être psy, voyons comment elle s’en sort sous pression. Mais une pression sur mesure s’il-vous-plait, on va la faire paniquer GRAVE ! ».
Je vous passe les détails de ce qui m’a fait paniquer et pourquoi, mais en résumé, j’ai traversé une période de très très grande angoisse (je ne suis toujours pas au top de ma forme là, mais ça va mieux), du genre angoisses existentielles et crises de panique.
De ces périodes d’angoisse qui vous font arrêter de manger et ne penser qu’à ce qui vous angoisse, tout le temps. Pendant 3 mois, je n’ai pas été capable d’imaginer un avenir favorable, j’ai été terrifiée de tout, j’ai perdu beaucoup de poids (forcément je ne mangeais plus), je ne sortais plus (trop peur), je me sentais incapable de tout et du coup je ne faisais plus rien. Je ne faisais rien de mes journées, si ce n’est paniquer. J’en étais arrivée à redouter de me réveiller parce qu’être éveillée signifiait paniquer. Je ne voulais pas mourir du tout, je voulais juste dormir en continu, parce que quand je dormais, j’étais tranquille.
Je paniquais aussi sur ma future activité, en me disant que mon cabinet ne tournerait jamais, que je n’aurais pas assez de patient·es, que je m’endetterait terriblement et finirais donc à la rue.
Amie dépression associée n’était pas loin !

Alors voilà, grosse révélation : les (futur·es) psy sont aussi humain·es et ne sont pas immunisés contre les aléas de la vie psychique.

Heureusement, j’ai réussi à m’inscrire et j’ai réussi à trouver un stage (condition sine qua non pour valider cette dernière année). Très drôle d’ailleurs, mon stage se fait dans une start-up qui promeut la neurodiversité au travail, dont le HPI.
Je n’ai pas du tout fait exprès, mais je reste donc dans du connu.

Aujourd’hui, je commence à aller un peu mieux et à retrouver de l’espace mental à dédier à autre chose que de contempler le futur et certain effondrement de ma vie à cause de choix misérables.
De l’espace se crée pour un futur plus plaisant, où j’aurais un cabinet qui me permettrait de vivre normalement.
Mais cette projection est encore fragile, et il en faut peu pour me faire vaciller.

Quoi qu’il en soit, je suis de retour ici, avec vos suggestions d’articles et une idée pour un nouveau billet pour le côté psy de ce blog (celui-ci étant un billet plus personnel).

Avant de vous quitter, j’aimerais ajouter quelques lignes.
Même si je ne suis pas (encore) psy, il est probable que l’on me fustige pour faire étalage de ma vie intérieure à celles et ceux qui pourraient, éventuellement, être mes futur·es patient·es et se faisant compromettre les bonnes conditions de « juste distance » entre la psychologue et ses patient·es.
Je me permets ce luxe aujourd’hui, précisément parce que je ne suis pas (encore) psy. On ne peut donc pas me reprocher quelque chose qui ne me concerne pas (encore).
Ceci étant, je trouve aussi important d’agir pour démystifier et sortir du tabou qui l’entoure en France, la santé mentale. Qu’il s’agisse de traitement de psychopathologie lourdes ou du simple fait d’être humain·es, vivant·es, et donc de connaitre des hauts et des bas dans sa vie, y compris sa vie psychique.
La santé, mentale ou pas, comprend l’état de bien-être et ne se définit pas seulement par l’absence de maladies.
Ainsi, la santé mentale, ce n’est pas juste ne pas avoir de maladies mentales, c’est aussi être « bien dans sa tête ». Et c’est normal de ne pas toujours être bien dans sa tête, nous n’en sommes pas pour si peu « fous/folles » ou simplement malades.
Nous n’avons pas à avoir honte de notre vie psychique, nous n’avons pas à avoir honte de nos souffrances. Personne n’en est exempt, et souffrir n’est pas une tare ou un tort.
C’est humain, et il n’y a pas de souffrances illégitimes. Ce n’est pas parce que vous n’avez pas de psychopathologie que vous n’avez pas de raison de souffrir et/ou d’aller mal. La fait d’être soignant·e ne fait pas non plus de vous une exception en la matière.
Aller mal, ou moins bien, cela fait partie de la vie. Comme aller bien, et même bien mieux.

Pervers Narcissique et HPI

Le pervers narcissique, « c’est quoi qu’est-ce » ?

C’est un concept psychanalytique, dont l’auteur semble être Monsieur Paul-Claude Racamier, en 1992 dans son ouvrage Le génie des origines : psychanalyse et psychoses.
D’après ce que j’en ai compris (et je vous invite à vérifier mes propos, car connaissant mon grand amour de la psychanalyse, il se peut que ma compréhension de ces choses soit sommes toutes partiale) le pervers narcissique est un psychopathe qui ne « passe pas à l’acte ».
Le « passage à l’acte » étant une savante formule pour dire « agir, faire », passer de la pensée (ou fantasme pour rester dans la psychanalyse) à l’action. Ne plus se contenter de rêver de frapper quelqu’un mais le faire réellement.
Donc le pervers narcissique ne serait en fait qu’une sous-catégorie de psychopathe.

Sauf que, comme rien n’est jamais bien clair avec la psychanalyse (mais n’est-ce pas ce qui fait son charme inimitable ?) la définition même de la psychopathie n’est pas bien bien claire non plus.
Et oui, même entre psychanalyste, le débat fait rage : y’a-t-il une différence entre perversion et psychopathie ? Le psychopathe est-il pervers ou le pervers est-il psychopathe ? Ah, mais quel malheur que Freud ne puisse venir notre secours pour nous expliquer que fondamentalement, de toute façon, le pervers et le psychopathe ont en commun une très mauvaise mère et des désirs incestueux qui les travaillent trop fort.
(cf. Ressources Les pervers narcissiques Qui sont-ils, comment fonctionnent-ils, comment leur échapper ?)

Heureusement comme la scientificité et la cohérence absolue sont les deux piliers de la psychanalyse, certains auteurs reconnaissent volontiers cette difficulté de définition et d’étude du phénomène. Je ne résiste pas à vous livrer le passage formidable de l’article « Hystérie et perversion : le pervers narcissique » de Alain Ksensée dans Revue française de psychanalyse 2003/3 (Vol. 67), pages 943 à 958 :

« Racamier s’interrogeait : Où pourrions-nous rencontrer des pervers narcissiques ? « Bien peu dans notre bureau : un pervers ne désire se soigner que s’il ne l’est pas suffisamment. Encore moins sur le divan du psychanalyste : la démarche psychanalytique et la pente perverse sont antinomiques. » C’est la raison pour laquelle il ne nous est pas possible d’introduire par des faits cliniques le présent travail. Toutefois, il nous semble possible d’atténuer cette difficulté. En effet, le recours à des concepts théoriques validés par la pratique psychanalytique pourra nous permettre de limiter un écart clinico-théorique toujours inévitable. »

Faisons donc preuve d’humilité, et reconnaissons les limites que peut parfois présenter la psychanalyse, et tournons-nous vers ce qu’il nous reste, la description statistique, certes moins folichonne mais qui a au moins le mérite de pouvoir être vérifiée, des symptômes et des psychopathologies. Bonjour le DSM-V et la CIM-10 !
Selon cela (et Wikipédia) : il n’y a jamais eu de diagnostic appelé « psychopathie » que ce soit dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (ou DSM) ou la Classification statistique internationale (CIM) des maladies et problèmes de santé connexes.
Malgré les termes similaires, les psychopathes sont rarement psychotiques. Les psychopathes ne sont pas tous violents ; ils utilisent la manipulation pour obtenir ce qu’ils souhaitent. En général, ce sont des individus qui ne ressentent pas d’empathie, ils se soucient peu de ce que les autres pensent d’eux et les utilisent pour atteindre leur but.
On ne sait donc pas vraiment de quoi l’on parle lorsque l’on parle de « pervers narcissique » mais on en parle quand même. Beaucoup. Partout.

Y compris quand on parle de HPI.

Pervers narcissique et HPI, quels liens ?

Et bien je n’en ai pas trouvé. Désolée…
Je n’ai pas trouvé, dans tout ce que j’ai lu (et croyez moi, j’en ai vu des choses…) quoi que ce soit qui démontre un lien cohérent, effectif, exclusif entre HPI et « pervers narcissique ».
Le fait est que la notion de pervers narcissique n’est pas bien définie.
Et ce flou sert bien tout le monde, puisque le manque de définition permet d’y mettre à peu près tout ce que l’on veut y mettre et donc n’importe quoi.
Le lien avec le HPI est peut-être là finalement.
Ils sont l’un et l’autre, deux objets que l’on peut s’approprier facilement et dont on peut tordre la réalité pour arranger nos petites affaires.
HPI et comme PN (pour Pervers Narcissique) représentent des prétextes idéaux pour se décharger d’une bonne part de notre responsabilité concernant des éléments de notre vie que l’on n’aime pas.
Votre histoire d’amour a périclité ? Votre partenaire était probablement un·e PN.
Ou, version HPI, c’est probablement parce que votre esprit est trop différent de celui des autres pour que vous puissiez vous lier facilement aux autres.
C’est pratique, c’est facile.
Pour conclure ce billet je vous laisse avec les mots de M.-L.Bourgeois :

« Dans le cadre du harcèlement moral, le personnage du « pervers narcissique » occupe désormais une place centrale, moins dans le cadre du milieu de travail (où il s’agit le plus souvent de harcèlement stratégique destiné à éliminer un employé indésirable) que dans les relations duelles (couples, familles, rapports interpersonnels et même psychothérapies ou psychanalyses…). Cette construction psychologique paraît dangereuse, explication facile, trop facile, et projective des conflits interpersonnels et en particulier dans le domaine expertal. Ce modèle n’a d’ailleurs jamais été validé. »
(Annales Médico-psychologiques, revue psychiatrique Volume 162, Issue 7, September 2004, Pages 586-587)

 

Ressources :

Annales Médico-psychologiques, revue psychiatrique Volume 162, Issue 7, September 2004, Pages 586-587, M.-L.Bourgeois

Hystérie et perversion : le pervers narcissique, Alain Ksensée, Dans Revue française de psychanalyse 2003/3 (Vol. 67), pages 943 à 958

Le génie des origines: psychanalyse et psychoses, Paul-Claude Racamier, Payot, 1992 – 420 pages

Les pervers narcissiques – Qui sont-ils, comment fonctionnent-ils, comment leur échapper ? – Poche Jean-Charles Bouchoux