Formation au WAIS-IV – Bilan

Vous l’attendiez avec impatience je sais, le voici, le petit retour sur ma formation au WAIS-IV.

Contexte 

J’ai suivi une formation au test de QI WAIS-IV, sur deux jours. La formation était proposée par l’AFPAG. Le formateur était spécialiste en psychométrie, et donc des tests d’évaluation des capacités cognitives en général (WAIS, WISC, K-ABC, MEM, etc…) .

Donc le monsieur il s’y connait.

Ce n’était pas une formation pour bien passer le test, mais bien le faire passer, interpréter les résultats correctement, comprendre réellement de quoi il s’agit.

Les GROSSES révélations

J’ai donc appris des tas de choses, certaines m’ont plut, d’autres moins. Mais que l’on aime ou non les résultats de le science, ils n’en sont pas moins valables.
Donc on fait avec.

Donc voici la liste de ce que j’ai appris et dont je vous ai donné un avant goût (presque cruel) sur facebook :

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QI or not QI ?

Ou plutôt, QIT or not QIT ?

D’abord comprenons bien ce qu’est le test psychométrique WAIS-IV.

Le WAIS-IV est une compilation d’épreuves destinée à donner une mesure du fonctionnement cognitif d’une personne, comparativement à son groupe d’âge, au sein de sa culture de référence.
Les épreuves donnent une mesure de ce que l’on appelle l’efficience intellectuelle, en gros de vos capacités cognitives si vous préférez.

Pour obtenir cet état des lieux, le test explore à travers ses épreuves différentes capacités cognitives, qui sont résumées dans les indices qui vont permettre de calculer le QIT.
Ces indices se nomment, pour le WAIS-IV : Indice de Compréhension Verbale (ICV), Indice de Mémoire de Traitement (IMT), Indice de Raisonnement Perceptif (IRP), et Indice de Vitesse de Traitement (IVT).
A eux 4 ils forment le QIT.
Soit pour que vous compreniez (mais ce n’est pas le véritable calcul hein) :

ICV + IMT +IVT +IRP = QIT

Je ne vous décrirai pas plus avant le test de QI ici, parce que tout test en psychologie est d’autant plus parlant que je sujet qui le passe est « naïf », c’est à dire, ne sait pas à quoi s’attendre, ne sait pas ce qui est étudié à travers quel outil.
Lorsque l’on sait ce qui est attendu ou cherché par quelqu’un, on a tendance à mettre en place des mécanismes d’adaptation, qui masquent le fonctionnement spontané de notre pensée.

Et puis, vous savez c’est un peu comme se préparer à un examen ou un test.
Si vous connaissez les questions à l’avance, ça n’a plus trop d’intérêt.

Ceci étant, si certain-e-s d’entre vous veulent absolument tout savoir, vous trouverez ici un article descriptif du test.

Le QIT qu’est-ce que c’est donc ?

Le QIT c’est donc l’indice qui vous donne une vue générale sur vos capacités intellectuelles, selon votre âge et votre culture d’appartenance.
C’est un indice.
Il vous donne donc une indication sur l’efficience de votre fonctionnement cognitif par rapport aux gens de votre âge et de votre culture/pays.

Qu’est-ce qui divise les psychologues en France au sujet du QIT ?

Il existe deux courants en France à ce sujet.
Les psychologues qui considèrent que le QIT est un indice aussi utile et parlant que les autres.
Et ceux et celles qui considèrent que le QIT n’a plus ni de sens ni d’utilité et que l’avenir des tests psychométriques est de ne plus fournir de QIT.

Ceux et celles du premier courant, appelons les les « pour QIT », considèrent que le QIT est un indice robuste (comprendre avec du sens et correctement construit) qui donne une indication utile sur le fonctionnement cognitif global d’une personne.

Ceux et celles du second courant, les « contre QIT » considèrent que cet indice est comparable à une sorte de moyenne générale, et qu’il ne serait pas assez parlant pour les individus qui passent le test. C’est à dire pour quelqu’un qui n’a pas la connaissance complète de la construction et de la cotation du test de QI.
Ces professionnel-le-s considèrent souvent que l’intérêt des tests psychométriques est de déceler les forces et éventuelles faiblesses du fonctionnement cognitif, ce qui est donné par l’analyse des 4 indices mais pas du QIT.
Exemple : les indices sont comparés aux notes dans certaines matières, le QIT la moyenne générale. Si un-e élève à 16 en maths et 4 en français, il aura une moyenne de 10. En se basant juste sur sa moyenne générale, on pensera qu’il s’agit juste d’un-e élève moyenne, et on passera à côté de ses difficultés en français et de ses aptitudes en maths.

Qu’est-ce que j’en pense moi, petite étudiante en psychologie, surdouée ayant passé le test et ayant fait passer ce test à d’autres ?

Je suis une femme de données.
Plus j’en ai, mieux je me porte.
Je considère que le QIT est un indice, au même titre que les 4 (ou 5 pour le WISC-V) autres, et que tous ont leur signification.
Je ne crois pas que la question soit celle de l’utilité ou inutilité du QIT, mais celle du pourquoi le test est passé.

Si le test a pour but de déceler les forces et faiblesses éventuelles du fonctionnement cognitif d’un individu, ce ne sera même pas les sous-indices (ICV, IMT, IRP, IVT) qui seront intéressants, mais le calcul d’écart à une moyenne de performance qui est calculé en interne au test et qui n’est pas communiqué sur les résultat tel quel.
C’est à dire que ce qui sera restitué sera que tel ou tel indice est une force ou une faiblesse, mais pas le calcul ou le résultat qui permet d’affirmer cela.
Et, dans ce cas, effectivement le QIT ne sera pas utile.

Si le test est passé pour, par exemple, avoir une réponse quant à un fonctionnement cognitif particulier, ou global, le QIT est un indice qui me semble parlant et pertinent, puisque c’est lui qui nous situe au sein de notre population de référence. Et qui nous donne une idée de nos capacités intellectuelle globales.

Qui plus est, un test psychométrique n’est pas qu’une affaire de nombres et de calculs. C’est aussi une histoire d’interprétation, et de sensibilité clinique du/de la psychologue.
En effet, il y a des questions qui ne sont pas tranchées scientifiquement concernant le test de QI.
Par exemple, on sait que s’il y a trop d’écarts entre les indices (ICV, etc), le calcul du QIT n’est pas forcément pertinent. Le « trop » n’étant pas déterminé précisément, une valeur indicative est donnée. Mais c’est une valeur indicative, rien de plus.
Au-delà de cet valeur d’écart le calcul n’est donc pas impossible, mais de moins en moins pertinent.
Comprenez par là que le calcul mathématique est toujours possible mais que plus il y a d’écart entre les indices, moins le QIT sera représentatif des capacités globales du sujet.
Reprenez l’exemple des notes et de la moyenne générale plus haut pour visualiser la chose.
C’est là que la sensibilité clinique et le jugement de la /du psychologue interviennent. C’est au/à la psychologue de juger à partir de quel écart entre les indices il/elle estime que QIT aura encore du sens, pour le profil de l’individu.

Alors QIT or not QIT ?

Comme souvent, ma réponse est : ça dépend.
Une indice n’a de valeur que selon le pourquoi qui vous fait rechercher cet indice.

Personnellement, je prends tous les indices possibles, parce que j’estime que l’on n’a jamais trop de données pour comprendre un sujet.

Certain-e-s psychologue aujourd’hui refuseront carrément de vous donner un QIT. C’est leur choix et leur droit.
Vous avez le droit de leur demander pourquoi, de discuter avec eux/elles à ce sujet et de choisir ou non de passer le test avec lui/elle en fonction de tout cela.

Vous trouverez toujours aussi des psychologues qui accepteront de vous donner un QIT à l’issue d’un test. Mais gardez à l’esprit que ce n’est pas le seul indice qui compte, et qu’un résultat de test psychométrique qui ne vous donnerait que un QIT présente aussi un intérêt moyen.
(Bon il y a aussi des situations où les gens veulent seulement un QIT pour pouvoir entrer dans une structure qui sélectionne sur ce seul critère. Dans ce cas, on peut se contenter d’avoir juste un QIT et c’est tout. Selon moi, se contenter de cela c’est ne pas exploiter au maximum ce que peut apporter un test de QI, mais libre à chacun-e d’en prendre ce qu’il/elle veut.)

Un « bon » compte rendu de test psychométrique, est un compte-rendu qui vous permet de comprendre votre fonctionnement cognitif, qui ne vous donne pas juste des nombres, mais surtout du SENS.

#HPI #QI #test #HQI #QIT

Chaitre 2 – Le test

Pendant nos vacances sur un autre continent, je restais préoccupée par tout cela.
Qu’est-ce que j’étais alors ? Et si seulement j’étais bien « ça », ça donnerait tellement de sens à…tout ! Il fallait que je sache et pour ça, il n’y avait qu’un moyen : confirmer (ou infirmer) l’hypothèse de ma psy par un test de QI.

Rendez-vous pris pour mon retour de vacances. Je suis un peu soulagée, mais aussi angoissée. Je suis toujours angoissée, il parait que c’est normal pour quelqu’un comme moi. Oh ce n’est pas grand chose, juste quelque chose de sourd, en toile de fond. C’est quand ça prend de l’importance que ça devient gênant. Mais au bout de 28 ans, j’ai appris à canaliser tout ça, alors je ne me plains pas !

Voilà, on y est, je vais passer le test. Deux heures. C’est long mine de rien, comme un contrôle de math. J’étais nulle en maths à partir de la 1ère. Scientifique en plus… Paraissait que je pouvais très bien le faire. Oh je l’ai fait, mais pas vraiment comme on s’y attendait. Mais ce sera pour une autre fois, revenons à nos moutons !

Le test donc.
La première chose que je dis à ma psy ?

Moi : « Je vous préviens, j’ai peur !  »
Elle : « Ah oui ? A quel point ? »
Moi : « Étrangement moins que ce que je croyais, moins que pour mes autres examens par exemple. Mais j’ai peur. Pas du test en lui-même au fond, ni même du résultat. Le résultat, ce n’est qu’un chiffre, mais j’ai peur de ce qu’impliquerait le résultat par rapport à ce que j’ai pensé avant. »  
(Vous le voyez là, l’esprit tordu du HPI ? )

On commence le test.
Je dois manipuler des cubes de couleurs pour reproduire un dessin que l’on me montre. Très furtivement, je me fais l’effet d’une enfant à la maternelle, ça a dû faire remonter quelques souvenirs de jeu.
Puis très vite, mon attention se focalise entièrement sur ce que je dois faire. Plus rien n’existe autour de moi que les cubes et le dessin. Je perçois bien sur la table sur laquelle je travaille, j’ai conscience de la présence de ma psy et j’écoute ses consignes, mais mon attention est toute entière portée sur les cubes. A tel point que mon univers à cet instant, se limite à ce bout de table et ces quelques objets de couleurs.

Puis l’exercice se termine, de nouveau le monde s’ouvre, je regarde ma psy, l’observe sortir d’autre cahiers de consignes pour les autres test. Cette fois, ce sont des exercices de mémoires, je dois répéter des séries de chiffres dans un ordre précis. Des séries de plus en plus longue.
J’ai été un peu traumatisée par les chiffres, à cause de mes notes lamentables en maths et physique-chimie au lycée et à l’université. Du coup, l’angoisse remonte d’un cran. Je me sais pas très douée avec ça, la peur d’échouer augmente.
Cette fois-ci c’est différent, pour mémoriser les longues séries, j’ai besoin de les visualiser. Alors je ferme les yeux à moitié, je rejette la tête en arrière appuyée sur le dossier de ma chaise (ça me décontracte les muscles du cou, je suis plus à l’aise pour réfléchir) et je commence à écrire les chiffre dans les airs. Ils m’apparaissent alors plus tangibles, presque comme s’ils étaient vraiment là, et je peux alors les manipuler tranquillement, sans plus trop me soucier de les retenir, puisque je les ai fixés par écrit. Il sont jaunes clairs. Comme fait de nuages.
Ne me demandez pas pourquoi, je n’en ai aucune idée, c’est comme ça que je les ai vus à ce moment-là.
De nouveau je suis totalement absorbée par ce que je fais, l’environnement disparaît. Et heureusement parce que j’avais besoin de me concentrer un peu quand même ! J’aurais été hargneuse avec celui ou celle qui m’aurait dérangée à ce moment là.

Les exercices s’enchaînent, et plus ça va, mieux je me sens. Je me prends au jeu. Mes petits méninges sont sollicités, et j’aime ça. C’est comme les énigmes du Père Fourras dans Fort Boyard. C’est amusant.
A la fin du test, je sautillais carrément d’enthousiasme sur ma chaise à la présentation des exercices. Une vraie gamine à qui l’on donne encore un nouveau jeu auquel jouer.

Le test se termine, et la psy me dit que, même si elle ne peut pas me donner le chiffre précis aujourd’hui, elle peut me donner la tendance. A savoir si oui ou non notre hypothèse de départ, un HPI, est validé ou non.
Pendant une seconde, je sens mon visage se figer, je devine que mes yeux l’implorent et que j’ai l’air terrifiée. Parce que je le suis.
Je vais savoir, là tout de suite, si je me suis fait des idées ou non. Là tout de suite, je vais peut-être me re-découvrir.
Je ne dis rien, j’attends la seconde la plus longue de ma vie.

Elle : Bon je peux vous le dire, vous êtes sans aucun doute une adulte à haut potentiel intellectuel. 


Impossible de vous dire dans quel ordre les choses se sont ensuite déroulées. J’ai du sourire, soulagée. Et puis j’ai du demander « Vous êtes sure ? » une ou deux fois. J’ai fondu en larmes. J’ai vidé sa boite de mouchoirs.
J’ai pensé à mes parents, j’ai dit que c’était tellement une bonne nouvelles pour eux, pour ma mère surtout parce que maintenant elle pouvait être certaine que si je m’entendais tellement mieux avec mon père, ce n’était pas parce que je le préférais, mais parce que nous fonctionnions pareil lui et moi.
J’étais si heureuse pour ma mère, parce que je savais que ça allait guérir tellement de choses chez elle. Tellement de choses dont je me sentais responsable, du fait de mieux m’entendre avec mon père.

Mon amoureux est venu me chercher, et la première chose que je lui ai dit c’était quelque chose comme :

« C’est quelque chose de bien, et qui ne vient que de moi. Je ne le dois qu’à moi. C’est la première fois dans ma vie qu’il y a quelque chose de bien qui ne vienne que de moi. »

C’était ça l’important pour moi. Le chiffre je m’en fichais. Cette chose là m’appartenait. Alors oui, c’est le hasard de la vie, mais il n’empêche, c’était bien et cela venait de moi. J’avais fait quelque chose de bien pour la première fois.

Il fallait maintenant attendre les résultats, d’ici une semaine. Mais l’essentiel était fait. Je m’étais redécouverte. J’allais pouvoir revisiter ma vie à la lumière de cette nouvelle information, et enfin comprendre et trouver un sens à toutes ces questions qui aujourd’hui encore restaient sans réponses.
J’allais pouvoir cesser de me sentir « anormale ».