L’amour chez les AHPI

C’est un aspect de la vie qui, malheureusement trop souvent, pose problème aux AHPI.

Trouver l’autre…

Trouver l’amour, c’est trouver l’autre. Cet (ou ces) autre(s) avec qui on sera bien, simplement bien. En la présence de qui nous pouvons être nous-même, entièrement, totalement, sans aucun fard.

Quelle merveille n’est-ce pas ? Quel paradis pour nous qui, pour parfois simplement survivre au milieu des autres, nous amputons d’une partie de nous-même, ou qui portons des masques.

… seul(e) au milieu des autres

Mais comment trouver cet-te autre quand toute notre existence, au quotidien, nous nous sentons comme un-e extraterrestre, seul(e) individu de son espèce sur cette planète ?
Parfois, certain-e-s préfèrent simplement renoncer aux relations amoureuses telles qu’ils/elles les conçoivent.
Pour se conformer aux normes sociales (la pression en ce sens est très forte) certain-e-s se contentent de relations qui ne les nourrissent pas. Ou bien renoncent totalement.

Neurotypique ou HPI ?

Pour celles et ceux qui n’ont pas renoncé (et évidemment, je ne saurai que vous encourager à ne pas renoncer. Pas pour la conformité sociale, mais pour le bonheur que cela représente) se pose parfois la question de la nature du/de la/des partenaire-s : Neurotypique(s) ou HPI(s) ?

Il y a toutes les réponses à cette question, et je vais tenter de vous exposer succinctement les arguments des un-e-s et des autres.


HPI/HPI
Il y a ceux et celles qui pensent qu’il vaut mieux pour un-e HPI de trouver un-e partenaire (ou plus) HPI également.
Ceci se comprend aisément.
Etre HPI c’est penser différemment, à un rythme particulier, et être malgré beaucoup d’efforts parfois, des marginaux dans la société.
Les HPI témoignent souvent de la difficulté à échanger, communiquer profondément avec les non-HPI. Il est souvent question de cette sorte de barrière invisible, de rythme différent, et d’efforts colossaux à produire pour simplement « être avec les autres ».
Avec une autre personne HPI, souvent on constate des échanges plus fluides, plus faciles, plus sereins. Plus nourrissants et stimulants également.
C’est un peu comme trouver quelqu’un qui parle la même langue maternelle. Avec les autres, on parle notre seconde langue. Etant bilingue ça se passe bien, mais il n’empêche qu’un échange dans notre langue maternelle sera sans doute plus riche.
Aussi sur le long terme, une relation HPI-HPI peut être plus facile à mener, moins éprouvante et donc ayant plus de chance de durer.

HPI/NT (neurotypiques)
L’amour c’est l’amour, et il ne connait aucune règles ni aucune loi.
Vous trouverez moult exemple de HPI en couple ou en relations amoureuse avec des personnes non-HPI sans qu’elles n’éprouvent aucune difficulté ni aucune frustration et vivent un bonheur complet.
La différence est une richesse, aussi ce qui pose parfois des difficultés peut aussi être source d’enrichissement profond.
Construire une relation sur le long terme, c’est aussi accepter l’autre tel-le qu’il/elle est, et s’accepter soi tel-le que nous sommes.
Et nous sommes bien plus qu’un réseau nerveux, une couleur de peau, une couleur de cheveux, ou une taille ou un poids.

Se trouver soi pour trouver l’autre

De ma fenêtre, une histoire d’amour ne dépend pas tant de l’autre que de soi.
Aimer quelqu’un-e, c’est pour moi l’aimer telle que cette personne est. Non pas telle qu’on la souhaiterait, pas telle que l’on aimerait qu’elle soit, pas non plus telle qu’on l’idéalise, mais bien telle qu’elle est.

Et pour être capable de voir l’autre tel-le qu’il/elle est, il faut être capable de ne pas projeter sur lui/elle ses blessures, ses manques, et les vieux schémas relationnels inconsciemment hérité de ses parents.
Pour arriver à cela, je crois que s’aimer soi-même est la clef.
S’aimer tel-le que l’on est.
Cela demande (pour moi en tout cas!) beaucoup de travail, beaucoup d’indulgence envers soi-même, et aussi – toujours dans mon cas – deux amies sincères pour vous rappeler à la réalité quand vous délirez.

Une fois libérer, ou du moins conscient-e des projections et névroses que l’on sur soi-même, il nous est possible de ne pas les projeter sur l’autre.
Et donc de le/la voir tel-le qu’il/elle est vraiment.
(Pour peu qu’il/elle soit transparent avec ce qu’il/elle est mais c’est une autre question sur laquelle nous n’avons pas prise.)

Une fois cela fait, c’est la personne dans sa globalité qui nous séduit, qui nous plait.
C’est son intelligence, son humour, son allure, son physique, son caractère, ses blessures, ses forces, ses extravagances (ou non), ses fêlures…
C’est l’être humain en face de nous qui nous séduit.

On peut aimer « n’importe qui », indépendamment de son caractère nerveux.

Personnellement

Je sais que le bonheur sans nuage que je vis avec mon fiancé s’explique par ce simple fait : nous nous comprenons.
Et jusqu’à présent je n’ai été comprise – il ne s’agit pas là de communication, mais de compréhension de ce que vis, ressens et est l’autre – que par des personnes officiellement diagnostiquées HPI.
Mon fiancé est la seule exception à cette règle puisqu’il n’a passé aucun test.

Je n’ai donc que mon ressenti pour me prononcer sur sa nature neuro(a)typique.
De vous à moi, je suis persuadée « qu’il en est ».
Lui est persuadé du contraire. Ce qui ne fait que renforcer ma conviction qu’il en est.

Je serai donc plutôt de celles qui vous diront qu’en étant HPI, avec un-e autre HPI, c’est mieux qu’avec un-e NT.
Mais « mieux » ne veut pas dire « obligatoire » ou encore « unique possibilité ».

En conclusion

L’amour, ou les relations humaines, sont des histoires d’individus dans leur globalité avant tout.
Le fait d’être ou non HPI est un des ingrédients qui participent (ou non) à l’harmonie de la relation.
Mais c’est à vous et à vous seul de déterminer quelle part cela occupe(ra) dans votre relation.
Il n’y a pas de bonne ou mauvaise réponse en la matière, il n’y a que ce qui fonctionne pour vous.

#AHPI #douance #amour

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