J’ai besoin de VOUS !

Oui vous derrière votre écran, là !

Vous n’êtes pas sans savoir que le 17 juin prochain (samedi en somme) l’association ToulouZebre organise une conférence sur le thème de l’adulte surdoué•e.

J’y interviens pour témoigner de mon parcours d’adulte diagnostiquée adulte et de ce que cela a changé dans ma vie. (Rien que ça, oui je sais.)

Mais parce que je conçois que le sujet de ma vie ne soit pas exactement le sujet le plus fascinant qui soit pour certaines personnes (même si on se demande pourquoi) et surtout parce que le but de ce témoignage est de pouvoir être utile à d’autres personnes, je me dis qu’il serait intéressant que vous me fassiez part des questions que vous avez sur le sujet de l’adulte surdoué•e.

Je vous invite à écrire en commentaire de cet article les questions que vous pourriez vous poser, ou celles que vous aimeriez voir abordées lors de mon intervention.
Je ne pourrais probablement pas répondre à toutes dans le temps qui me sera imparti, mais je vous promets d’y répondre ici sur ce blog quoi qu’il en soit.

N’hésitez pas à poser vos questions, que vous soyez concerné•e, curieuse ou curieux, ou les deux.
Et ne vous dites pas que cela ne sert à rien puisque vous ne serez pas à la conférence. Au 21e siècle, ne pas être physiquement présent•e à un événement à un temps T n’empêche plus d’y assister.
(Je vous laisse une minute pour méditer sur ces paroles sibyllines.)

Si vous préférez les réseaux sociaux, je vous invite à consulter la page Facebook du blog qui compte également un post dédié au recueil de questions sur le sujet.
https://www.facebook.com/plugins/post.php?href=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2FOverthe130%2Fposts%2F606873332839384&width=500

 

J’ai besoin de vous jeunes padawans !
(Mais je sais quand même de quoi je vais parler hein. Je veux dire, j’ai un sujet que j’ai préparé, je ne suis pas en train de vous dire que sans vos questions j’y vais les mains dans les poches à cette conférence. Quand même.)


« Le livre des vrais surdoués. Surdoués et heureux ! » – Béatrice Millêtre

J’ai découvert cet ouvrage hier.

Et je vous le recommande chaudement ! Plus que chaudement, je vous le conseille, vous encourage à le lire, à le partager avec votre entourage, bref à en faire un de vos livres de référence sur le HPI.

Personnellement, je l’ai érigé en livre de chevet, et j’en ai fait MA référence sur le sujet des surdoué-e-s.

Des informations claires et accessibles

L’ouvrage est court, très clairement rédigé et très agréablement assumé.
Son auteure assume son point de vue, son expérience et dans ses écrits transpirent une force de conviction et d’assumation certaine. Et j’adore ça !

Que l’on soit déjà connaisseu-se-r-s du sujet, concerné-e-s directement ou indirectement, l’ouvrage est accessible à tou-te-s.

Un gros point positif pour moi, l’ouvrage s’adresse directement à ses lect-rice-eur-s. D’ordinaire, je ne suis clairement pas fan de cet option littéraire, mais là, cela a l’avantage de nous faire nous sentir concerné-e-s, et très paradoxalement (parce que il s’agit d’une lecture en fait), écouté-e-s et compri-se-s.

Tout un tas de références scientifiques actuelles

Et que ça fait du bien !
Parce que si, pour X raisons, nous ne sommes pas satisfait-e-s de ce que l’auteure écrit, nous pouvons aller puiser dans les références bibliographiques à chaque fin de chapitre. C’est tellement agréable de pouvoir aller voir par soi-même ce qui nous est dit. De pouvoir s’approprier un contenu précis, de ne pas avoir à se limiter à la parole et la compréhension d’une personne tierce.

Un message résolument positif, dynamique et responsabilisant

L’auteur nous présente l’autre aspect de la réalité des surdoué-e-s. L’aspect moins présenté par les médias, mais en même temps, l’aspect le plus important en terme de fréquence et de proportion : la réalité de surdoué-e-s qui vont bien.

Qui, non seulement vont bien, mais vont même MIEUX que les neurotypiques.

Cet ouvrages dit du bien de nous ! Je sais que ça peut paraître narcissique, mais ça me fait tellement de bien de lire, études scientifiques à l’appui, que ce que je ressens au plus profond de moi est une réalité. Ou peut se traduire en réalité.
A savoir que le surdon est un…don !

Aussi, l’auteure nous encourage, nous lecte-eur-rice-s à prendre nos responsabilités (sur nos souffrances aussi) dans nos vies.
Qu’est-ce que j’ai aimé lire ça !
Cela n’enlève rien au poids des souffrances en questions, simplement j’ai aimé lire quelque chose que je partage et tâche de toujours faire dans ma vie : me demander quelle est ma part dans « tout ça », de quoi je suis responsable et donc sur quoi je peux agir. Et ce qui ne m’appartient pas et que je n’ai donc pas à prendre en charge.

Et les souffrances dans tout ça ?

Elles ne sont pas niées du tout, loin de là.
Mais, et pour moi c’est aussi nouveau qu’apaisant, l’auteure nous dit que si souffrances il y a, elles sont le fait de notre nature humaine, pas du surdon.
Et elle ne s’y attarde pas. Elles ne sont pas l’objet de l’ouvrage.

Je sais que ça n’a rien de révolutionnaire et que cela peut vous paraître absolument évident. Et ça l’est sans doute.
Mais voyez-vous, ça m’a fait du bien de lire, noir sur blanc, que ma nature différente ne me condamne pas à la souffrance. Que, par définition, elle n’est pas porteuse de souffrances, mais au contraire, de plus de solutions.

Et que ça fait du bien !

Petit bonus qui fait plaisir !

L’auteure, Béatrice Millêtre, est docteur en psychologie, psychothérapeute, neurobiologiste et spécialistes des TCC, et – roulement de tambour – surdouée elle-même !
Et voui !
Alors ce n’est pas ça le petit bonus qui fait plaisir, mais c’est un plus qui est appréciable à mes yeux. Cela me réconforte de savoir que l’auteure sait de quoi elle parle, d’un point de vie théorique et parce qu’elle est elle-même concernée en tant que sujet, par le surdon. Ça c’est top !

Mais le petit bonus qui fait du bien, c’est que dans cet ouvrage, l’auteure nous offre le fruit de son travail, un test pour déceler ce qu’elle appelle le « fonctionnement intuitif » du raisonnement, caractéristique des surdoué-e-s.

Ce test, qui mériterait d’être livré avec une consigne de passation clairement écrite même si elle se comprend sans cela, est très simple et très amusant à faire.
Et finalement assez cohérent.
Le principe c’est que passé un certain seuil de réponse correspondant à un fonctionnement intuitif, vous êtes considéré-e comme ayant effectivement un fonctionnement intuitif.

Sans grande surprise, je suis quasiment au seuil maximal de fonctionnement intuitif.
Alors nous sommes d’accord, c’est juste une info de plus, et ça ne révolutionne rien dans mon existence.
MAIS !
Mais c’est hyper intéressant de savoir ce qu’est le fonctionnement intuitif, dans le détail en plus ; savoir que l’on est concerné-e et comprendre son fonctionnement.
Mais surtout, cela m’a tellement décomplexée sur mes méthodes de travail et d’apprentissages dans mes études, dans mon travail, dans ma vie en général ! C’est tellement libérateur de découvrir que -bah oui, en fait j’en reviens toujours là – j’ai le droit de fonctionner comme ça.
Que c’est ok.

Conclusion 

Courrez l’acheter ! Il est aussi disponible en version numérique, donc n’hésitez pas.
Il se lit vite, est clair, plein de ressources ! Et tellement positif.

Bon ok, bémol sur une pointe de critique/réticence/limite petite-pique-qui-passe-pas-inaperçue, sur la zebritude et l’engouement que cela suscite et a pu susciter.
Bon. Pas de diffamation au moins, juste un désaccord qu’on comprend bien-bien.

Ah et bémol sur le titre, mais l’auteure à l’honnêteté de dire dans une interview qu’elle le voulait volontairement racoleur et provocateur.

Ah oui, et je ne suis pas d’accord avec le seuil de 125 de QI pour le surdouement. M’enfin, ce n’est pas comme si ça avait une quelconque conséquence pour vous ou pour l’ouvrage. :p

Mais vraiment, vraiment je vous le conseille chaleureusement. C’est une lecture qui m’a fait du bien et enthousiasmée.


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Quatrième de couverture :
Ce n’est pas parce que votre enfant ou vous-même êtes brillants ou talentueux que vous êtes surdoués. Et ce n’est pas parce que vous êtes surdoués que vous êtes malheureux. Le vrai surdoué  a un QI supérieur à 125, un fonctionnement intuitif, et une bonne insertion sociale. La souffrance n’est pas un critère, mais juste le signe que le surdoué a besoin – comme tout le monde – d’une thérapie. Béatrice Millêtre remet les pendules à l’heure ! Elle explique tout ce qu’il faut savoir sur les « hauts potentiels » – les vrais. Des données scientifiques à leur fonctionnement au quotidien, qu’il s’agisse des enfants ou des adultes, elle aborde concrètement tous les aspects de leur vie et de leurs relations aux autres (les surdoués en amitié, en couple, en famille, à l’école, au bureau) et fournit des outils pour leur plein épanouissement.

Voici quelques passages que j’ai particulièrement aimés :

J’ai toujours crié heut et fort que le surdouement n’est pas une pathologie et que ce n’est pas une fatalité d’aller mal […] – Introduction

[…]les surdoués sont , et ont toujours été, les sauveurs du monde. – Introduction

(Okay celle-là elle fait mégalo, mais avouez que ça fait du bien de se faire appeler sauveur du monde. 😉 )

[…] c’est vous [les surdoués] qui le faites évoluer, qui le tirez vers le meilleur, permettant l’apparition de nouveaux concepts, tant scientifiques que philosophiques, économiques, sociologiques, etc. Vous passez ensuite le relais à leur environnement qui se charge alors de les mettre en place. C’est une vision simpliste, simplifiée mais vraie dans laquelle cette collaboration est bénéfique à tous. – Introduction

Ainsi le premier critère est donc d’être en bonne santé mentale [pour être surdoué] – Ch. Qu’est-ce qu’un surdoué ?

[…]les caractéristiques que l’on observe chez les surdoués : 
 – tout faire au dernier moment ;
– ne pas savoir justifier ou argumenter son raisonnement ;
– ne rien faire ;
– remettre à demain ;
– l’hypersensibilité et l’hyperesthésie ;
– avoir raison avant les autres. 
Ch. Mon travail est meilleur et je suis plus efficace si je le fais au dernier moment.

Puisqu’il faut moins de temps au raisonnement intuitif pour produire son résultat, les personnes raisonnant de manière plus séquentielle arriveront à la même conclusion, après un laps de temps plus ou moins long. 
Il résulte de ce dernier point que lorsqu’un surdoué avance une idée, celle-ci est souvent incomprise, voire non écoutée […] – Ch. De la justification à l’évidence.

Les résultats d’une méta-analyse montrent ainsi que le surdouement n’est que rarement corrélé au TDAH. – Ch. Pour être efficace je dois faire plusieurs choses en même temps.

Faire autre chose est également ce qui vous permet, ce qui permet à votre cerveau, en bruit de fond, en non conscient, de faire aboutir votre raisonnement […] – Ch. Pour être efficace je dois faire plusieurs choses en même temps.

Enfin, c’est la sensibilité à la fatigue et à la faim qui vous rendent irritable et colérique […] – Ch. Oeil de lynx, je suis hypersensible et hyperesthésique

En effet, seul 20 à 25% d’entre eux présentent des difficultés d’ordre émotionnel et social. – Ch. Oeil de lynx, je suis hypersensible et hyperesthésique

Etant ainsi plus stimulable, vous exprimez vos émotions, positives et négatives, plus fortement que la moyenne. – Ch. Je suis entièrement à ce que je fais : l’engagement, l’envie, l’implication, la motivation, et l’attention.

Elle est sous le contrôle de votre cerveau qui démontre une plus grande efficacité de votre capacité d’inhibition cérébrale, qui permet de filtrer les informations pertinentes qui vous parviennent de l’environnement et de focaliser ainsi fortement votre attention. – Ch. Je suis entièrement à ce que je fais : l’engagement, l’envie, l’implication, la motivation, et l’attention.

Il semble que les surdoués montrent une organisation atypique de leur cerveau. – Ch. Mes différences se retrouvent à une échelle neurophysiologique.

Le fait que nous sachions aujourd’hui que le cerveau fonctionne en réseau plus qu’en zone remet partiellement cette théorie [cerveau droit/cerveau gauche] en question. – Ch. Mes différences se retrouvent à une échelle neurophysiologique.

[…] je peux privilégier l’un ou l’autre domaine, l’un ou l’autre hémisphère cérébral, selon l’environnement dans lequel je me trouve et l’objectif que je me fixe : si je suis submergé par les émotions, je vais alors « passer » sur l’autre hémisphère et rationaliser la situation que je vis à l’excès, ce qui fera diminuer, voire disparaître mes émotions […] – Ch. Mes différences se retrouvent à une échelle neurophysiologique.

[…] l’intelligence n’est pas liée à la taille du cortex mais à la dynamique des relations neuronales. – Ch. Droit au but : je suis plus efficace et capable de m’adapter

La créativité est cette capacité à faire des liens entre des domaines qui n’en présentaient pas auparavant […] – Ch. Une imagination sans bornes et une créativité sans limites

Tout se passe ainsi comme si les surdoués étaient capables de moduler la régulation inhibitrice du cerveau, les rendant ainsi capables de repousser les frontières d’un raisonnement plus restreint. – Ch. Une imagination sans bornes et une créativité sans limites

La question que je soulève ici est de savoir ce que l’on souhaite mesurer : les capacités du cerveau ou une conformité sociale […] – Ch Ça se mesure l’intelligence ?

Les surdoués n’arrivent pas à concevoir que l’on reste statique, sans chercher à progresser, à s’améliorer, et se remettent sans cesse en question. Ils cherchent également à faire progresser les autres. – Ch. Une philosophie de vie
(Ma préférée parce que je m’y retrouve beaucoup beaucoup ! )

Leur vie ne peut donc qu’être sous le signe de la perfection, de l’absolu et de l’avancement. – Ch. Une philosophie de vie

La difficulté pour les surdoués n’est pas d’être en moins grand nombre, c’est que les autres sont en plus grand nombre. – Ch. Une philosophie de vie
(Le passage qui m’a fait le plus rire de tout l’ouvrage !)

Pourquoi est-ce à eux [les surdoués], tournés vers les autres, que l’on demande de devenir réalistes, et pas aux autres de devenir utopistes ? – Ch. Toujours viser le meilleur : perfectionnisme et exigences.

Le surdoué est exigeant. – Ch. Toujours viser le meilleur : perfectionnisme et exigences.

Votre exigence témoigne de votre confiance en l’autre, de votre croyance en ses qualités, en sa capacités à réussir, à donner le meilleur de lui ; elle est le reflet de votre respect à son égard. – Ch. Toujours viser le meilleur : perfectionnisme et exigences.
Une autre de mes préférée qui s’applique parfaitement à moi, c’en était bouleversant à lire tellement c’était précisément ma pensée

A l’inverse, la complaisance n’est pas une marque d’estime. Accepter la médiocrité revient à dégrader les autres, à dévaloriser leurs qualités, à croire qu’ils sont incapables de bien faire. – Ch. Toujours viser le meilleur : perfectionnisme et exigences.

Quant aux adultes, à vous de savoir si vous voulez adapter votre propos, quitte à utiliser un vocabulaire moins précis, au risque de dénaturer votre pensée, ou si vous souhaitez conserver les mots parfaits : c’est une question de point de vue et d’assumation. – Ch. Toujours viser le meilleur : perfectionnisme et exigences.

Capable de vous intéresser à tout et son contraire, vous êtes surpris lorsque l’on vous dit que c’est impossible […] –  Ch. Le monde comme terrain de jeu: le grand écart.

Les surdoués ne peuvent pas vivre sans compréhension […] –  Ch. Le sens, sans qui rien n’est possible.

Cela ne s’acquiert donc pas et persiste toute votre vie durant. C’est pourquoi le concept d’enfant précoce ne peut être adapté. […] – Ch.Petit surdoué deviendra grand : surdoué un jour, surdoué toujours

Une étude portant sur 11 000 jumeaux surdoués dans différents pays conclut à l’héritabilité du surdouement et suggère une combinaison extrêmement rare d’allèles spécifiques exprimant un ensemble de gènes impliqués dans les capacités cognitives. –  Ch. Est-ce génétique ?

C’est un enfant qui surprend par la profondeur et l’intensité de son regard, scrutateur sur le monde qui l’entoure […] – Ch. Le petit surdoué de 0 à 3 ans.

[…] il s’agit d’une différence fondamentale, neurophysiologique, et tout ce que vous pourrez y faire n’y changera rien…sauf vous sentir mal […] – Ch. Connaissance, acceptation, assumation

Partant de l’idée que le bonheur des autres est primordial, ils préférent perdre leur conjoint et que celui-ci soit heureux sans eux, plutôt que d’être malheureux avec eux, et eux malheureux par ricochet. – Ch. Cherche prince charmant : beau, riche, intelligent, bien sous tous rapports…L’amour avec un grand A.

Attention à ce que vous lisez sur le net.

Voici un bel exemple de contenu à prendre avec des pinces à barbecue. Les pincettes me semblant dans ce cas bien trop petites.

http://hypersens.fr/Les-surdoues-ne-sont-pas-ceux-que.html

Dans l’article, après nous avoir dit comme le QI est une mesure surfaite et finalement vide de sens ou presque (bah voyons) vient ce passage M-E-R-Veilleux :

Les « surdoués » émotionnels développent souvent une autre forme d’intelligence, pourtant moins connue : l’intelligence perceptive. De nombreuses personnes, sans oser l’avouer, ont développé d’incroyables capacités perceptives : intuition mais aussi hyperesthésie – terme scientifique pour désigner le fait d’avoir les cinq sens dotés d’une acuité exceptionnelle – précognition, extralucidité, clairvoyance…

« Plus vous êtes empathique, plus vous allez avoir la capacité de lire le langage non verbal et de capter des informations, assure Christel Petitcollin. De comprendre les autres au point de pressentir leur personnalité, leurs attentes et leurs pensées. Les personnes que j’ai pu identifier comme surefficients, vivent aussi, bien souvent, des expériences inexpliquées : de la télépathie aux rêves prémonitoires en passant par des états extatiques de paix et d’amour pur, de sensation de communion avec la nature, et parfois plus : comme la capacité à percevoir les auras, à ressentir des entités et autres présences occultes, à se souvenir de vies antérieures, à se connecter à d’autres dimensions… » Si ces capacités perceptives ne sont pas encore reconnues par la majorité de la communauté scientifique, certaines recherches tendent à démontrer leur existence et à changer notre regard sur l’être humain qui ne doit plus être simplement vu comme un cerveau sur pattes.

Là on nous vend du rêve. De l’extra-lucide en fait.
Et oui, parce que bon, être surdoué, avoir un gros QI c’est surfait donc, ce n’est pas tout. Mais quand même, les surdoués peuvent êtres des médiums et ouais !

Attention, je ne blâme aucune croyance. Mes propres croyances en ferait rire beaucoup, et je les assume. (Non je ne crois pas aux licornes. Pas encore.) Mais je ne confonds pas ma vie spirituelle et ses questionnements qui cherchent le « pourquoi ? » avec les sciences de notre monde qui cherchent à répondre au « comment ? ».
Chacune des deux sphères à son champ d’étude et d’investigation, et les mélanger n’est pas sans risque. Pour les deux champs.

Je disais donc, on touche le pompom.

D’abord l’article nous dit que, en résumé, le QI c’est nul, ça n’est pas ce qui définit les surdoué-e-s.  On est vachement content-e. Pourquoi pas hein, mais dans ce cas, ce serait bien de nous dire ce qui définit les surdoué-e-s. Non parce que, comme l’article ne cesse pas de parler de ces personnes là, ce serait bien de savoir de qui il s’agit.

Alors on ne sait pas bien de qui il s’agit, ni comment on les définit ces surdoué-e-s selon cet article, mais par contre, et là les choses commencent à être intéressantes, on nous dit les fabuleux pouvoir magiques qu’ils détiennent.
D’accord, l’article de ne dit pas « pouvoir magique » mais « incroyables capacités perceptives ».
Ouuuuuuuuuuuuuuuh.

Je vous laisse savourer la liste ci-dessus.
Ami-e-s surdoué-e-s réjouissez-vous, vous êtes des extra-lucides potentiels ! WHOU-HOU !
Par contre, si – pas de bol – vous êtes d’une quelconque confession qui a plutôt tendance à condamner ces choses là et à les qualifier de diaboliques, bah…visiblement le/les auteurs de l’articles ne pensent pas à vous, ni à vos âmes visiblement. Débrouillez-vous donc.
(Ce paragraphe est mesquin, je sais. Mais il n’empêche que certaines personnes peuvent mal vivre l’idée d’être, par nature, rejeter par leur confession. Comme, je ne sais pas, les personnes homosexuelles dans les confessions qui les condamne par exemple !)

Au-delà de cet philosophico-religieux, j’aime beaucoup, mais alors beaucoup, la suite d’affirmations sans aucune sources ou lien sur les soi-disant recherches évoquées.
Ca c’est du béton comme démonstration.
Le coup de « j’ai un-e ami-e qui dit que » c’est mignon dans les réunions de famille, mais en tant que démonstration scientifique, ça n’est pas recevable.
Désolée.

D’accord, d’accord, je vous entends me reprocher ma mesquinerie, mon âpreté et peut-être même ma méchanceté.
Pour la méchanceté, je proteste. Pour le reste, je ne peux qu’humblement reconnaître que c’est possible.

Alors venons-en à du concret, du scientifique, de l’objectif.
Comme je le disais plus haut, toutes affirmations sur l’état des connaissances scientifiques doit être soutenue par une citation de la publication scientifique qui relate cet état de fait.
Sans cela, toute affirmation relève des « on dit » et n’a pas de valeur scientifique. Ensuite, dans l’ article qui m’occupe, il y est question d’hyperesthésie. Et cette hyperesthésie est décrite comme une « capacité perceptive » qui a été développée par des personnes surdoué-e-s.
C’est tout simplement doublement faux.
L’hyperesthésie est considéré comme un trouble voir une pathologie. C’est une anomalie sensorielle.
 Définition selon Vulgaris Medical « L’hyperesthésie est la sensibilité exacerbée des différents sens. Cela affecte la perception des sensations : Douloureuses, vibratoires, thermiques, tactiles. »

Cette condition n’est pas quelque chose que l’on développe, c’est à dire ce n’est pas quelque chose que l’on peut faire grandir, progresser ou augmenter. C’est une condition qui est soit de naissance (parce que votre système sensoriel/nerveux est fait ainsi) soit qui est la conséquence d’une lésion nerveuse ou d’une pathologie nerveuse ou d’un problème rhumatologique. (cf.Vulgaris Medical)

L’article se lance ensuite (joyeusement) dans une énumération d’hypothèses qui mêle joyeusement capacités hypothétiques de l’esprit et carrément croyances diverses et variées sur l’âme, la vie après la mort, etc.

Enfin, pour finir de passer un pseudo-vernis scientifique, on conclut en citant une dame, qui est sans doute tout à fait compétente dans ses domaines d’activités mais qui n’est absolument pas scientifique, a qui l’on a fait des EEG en état normal et en état de transe.
Pour éclairer la chose, un EEG est une façon de visualiser l’activité cérébrale en la traduisant en compilations de tracés.

Voici une présentation de ce qu’est un EEG

On le sait depuis un certain temps maintenant, la méditation, la prière et la transe sont des activités qui modifie l’activité cérébrale. C’est à dire (grosso modo) que l’activité électrique de notre cerveau change de longueur d’onde.
Si cette constatation est actée par les sciences, aucune corrélation ou causalité avec des soi-duisant capacités occultes ou parapsychique n’ont été démontrées.
Pour la bonne et simple raison que l’existence de ces capacités parapsychique n’a pas été démontrée.
Donc faire un lien avec quelque chose qui n’existe pas (en théorie) c’est compliqué.

Aussi, cette citation n’a rien à voir avec le sujet du QI ou même des surdoués.

Enfin, la référence de l’article : INREES.
Institut qui n’a de national que le nom, car c’est une structure privée, dont la robustesse scientifique et l’objectivité restent à démontrer.

Conclusion

Voilà une belle illustration de quelques unes de mes convictions quant au sujet des surdoué-e-s/personnes HPI/etc :
1) Le sujet fait (complètement) fantasmé.
2) L’idée d’un haut QI dérange. On semble s’acharner à « détruire » la validité de cette mesure, comme si la frustration de ne pas être concerné (par le HQI) était trop insupportable pour ne pas dénigrer cette chose qui ne nous concerne pas.
3) Il est nécessaire de parler du HPI et d’en parler correctement.

Pour ce troisième point, je précise ce que j’entends par correctement.
Correctement c’est à dire avec honnêteté, lucidité, et précision.
L’honnêteté, consiste à ne pas se déclarer expert-e quand on ne l’est pas.
La lucidité consiste à reconnaître ce que l’on sait et ce que l’on ne sait pas (et entre nous, c’est de ne pas savoir qui est intéressant, puisque cela nous pousse à apprendre ! Donc pas de honte quant au fait de ne pas savoir. Personne n’a reçu la science infuse à la naissance.).
La précision, c’est de vérifier qu’on ne dise pas des bêtise, citer ses sources, utiliser les bons mots pour les bons concepts, etc.
C’est aussi ne pas mélanger les choses.

Nous avons le droits d’avoir toutes les croyances que l’on veut. Mais l’honnêteté intellectuelle nous oblige à faire la distinction entre ce que l’on croit -même dur comme fer- et ce qui est démontré par la science.

Sur un sujet encore très obscure pour la science comme le HPI, il est facile de dire tout et n’importe quoi. D’autant plus quand les personnes concernées sont potentiellement fragilisées et/ou en souffrance de part leur différence.

Aussi, je vous encourage à maintenir un esprit très très très critique quant à ce que vous lisez sur le HPI.
Je vous conseille de vous en tenir aux références scientifiques revues, base de donnéesn maison d’éditions spécialisée : Nature, American Psychology Association, Société Française de Psychologie, Cairn Info, Persée, Dunod, etc.

Et évidemment, site hautement référencé, sérieux, impliqué, honnête, précis, et drôle : ce blog.

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(Je plaisante. Mais quand même, je tâche de ne pas vous raconter de bêtises quand même !)

Vivre ses rêves plutôt que de rêver sa vie

Quand je lisais ça, je me disais que prendre la décision de suivre ses rêves ouvrirait conséquemment une route dorée, paisible et dépourvue d’embûches. En récompense, méritée et légitime, du courage qu’il aura fallut mobiliser pour se lancer.

C’est mignon la naïveté.

En fait vivre ses rêves, comme beaucoup de choses, c’est une entreprise de longue haleine, c’est une construction.
Ce n’est pas seulement un acte posé, c’est un (long) chemin parcouru. Les premier pas, c’est la course d’élan et le saut dans le vide.
Ma course d’élan, ça a été de reprendre mes études.
Mine de rien, c’est un défi. A 30 ans, reprendre un cursus universitaire, cela m’a demandé de me remettre en question. J’avais et j’ai encore des choses à me prouver, ne serait-ce que je suis bien capable de réussir. Et puis, après, il y a la décision qu’il faut prendre : s’engager vraiment, ou non.

Faire des études à distance, on peut travailler à côté. Ce n’est pas évident évident, mais c’est faisable. Bien évidemment, vous ne pouvez vous consacrer autant à vos études qu’à votre travail, si ce dernier est à temps plein. C’est une bête question de temps. 8h par jour à travailler, plus 1 à 3h de transports, ça ne laisse que peu de temps pour réviser. Conséquemment, les notes obtenues ne sont pas aussi élevées qu’elles pourraient l’être.

Vient donc le temps de la décision.

Si réellement le projet d’une vie est en embryon dans ces études, puis-je ne lui consacrer que “le temps qu’il me reste” ? Puis-je me satisfaire de résultats moyens, quand je sais que je pourrais faire mieux ? Me consacrer à mes études demanderait de ne plus travailler, ou seulement ponctuellement et dans des “petits boulots” qu’on ne reprochent pas à un jeune étudiant, mais qui vous fait regarder de travers quand vous avez 30 ans. C’est accepter aussi de redevenir dépendante de quelqu’un financièrement.

Bref, c’est faire face à tous ces regards et ces jugements, ceux des autres, mais les siens propres également. C’est faire face à ces idées reçues, à cette notion de “ce qui doit être” en fonction de notre âge et/ou de notre sexe. C’est gérer les angoisses et les jugements des proches également.

C’est angoissant, c’est blessant, c’est difficile. Et même démoralisant.

Alors je me demande pourquoi ?
Pourquoi j’ai choisi de me mettre dans cette situation de précarité ? Pourquoi j’ai fait ce choix ? Ce choix qui ne m’offre rien là tout de suite maintenant, sinon des difficultés. Qu’est-ce qui m’a prise ?
Parce que passer ma vie à aider les autres, je trouve que ça vaut le coup.
Parce que tant que je choisirai de rester dans cette société, je pourrais m’angoisser pour mes factures, pour mon argent, pour ma retraite, quel que soit mon métier ou presque. Parce que toutes ces angoisses sont issues de pauvres choses qui n’existent pas vraiment, dans le sens où c’est l’humain qui a créé l’argent, et toutes les angoisses qui en découlent. Mais que la vie, dans son essence, c’est autre chose.
Je sais que sur mon lit de mort, à mon dernier souffle, je préférerai voir que j’ai passer ma vie à faire du bien autour de moi, plutôt qu’à gagner ma vie.
Parce que je veux faire de ma vie quelque chose qui a du sens, qui me nourrit, qui m’épanouit et me rend heureuse.

Alors d’accord, je veux bien traverser cette période d’angoisse, parce qu’au bout, ça vaut le coup.

Je vais passer ma vie à aider les gens, à faire ce que je souhaite, comme je l’entends.

La prochaine fois qu’on me demandera pourquoi je fais ça, je répondrai que c’est parce que ma vie m’appartient, que je n’en ai qu’une et que je veux qu’elle ait du sens. 🙂
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