Formation au WAIS-IV – Bilan

Vous l’attendiez avec impatience je sais, le voici, le petit retour sur ma formation au WAIS-IV.

Contexte 

J’ai suivi une formation au test de QI WAIS-IV, sur deux jours. La formation était proposée par l’AFPAG. Le formateur était spécialiste en psychométrie, et donc des tests d’évaluation des capacités cognitives en général (WAIS, WISC, K-ABC, MEM, etc…) .

Donc le monsieur il s’y connait.

Ce n’était pas une formation pour bien passer le test, mais bien le faire passer, interpréter les résultats correctement, comprendre réellement de quoi il s’agit.

Les GROSSES révélations

J’ai donc appris des tas de choses, certaines m’ont plut, d’autres moins. Mais que l’on aime ou non les résultats de le science, ils n’en sont pas moins valables.
Donc on fait avec.

Donc voici la liste de ce que j’ai appris et dont je vous ai donné un avant goût (presque cruel) sur facebook :

Lire la suite

Publicités

Être sensible

J’aime bien ce titre. Il s’agit d’une double lecture, toute aussi judicieuse l’une que l’autre. Qu’il s’agisse du verbe, ou du nom commun, le titre est fort pertinent.

Être sensible.

Je vous épargne l’éternel cliché qui ravivera peut-être pour certaines et certains d’entre nous des souvenirs plus ou moins bons d’anciens sujets de dissertation : cadeau ou fardeau ?

On me l’a beaucoup reproché. D’être sensible.
J’aurais aimé vous dire que l’on me l’a longtemps reproché, parce que cela aurait impliqué que cela n’était plus le cas.
Mais encore aujourd’hui, il arrive que cela me soit reproché.
Est-ce moins qu’avant ou est-ce simplement moi qui ai appris à accepter cette aspect de ma nature et qui en souffre moins ? Ou qui la comprends mieux ?
Un peu des deux sans doute.

Lire la suite

La neurobiologie des HPI

Attention GROS MORCEAU !

Cet article ne prétend pas être exhaustif, mais bien informatif. Comme d’habitude, et particulièrement pour un sujet aussi pointu, vous trouverez les sources m’ayant permis d’écrire cet article en bas de page.

On parle beaucoup de l’aspect psychique, émotionnel, de la différence des personnes HPI. On en oublierait presque que la différence s’inscrit également (je dirais même avant, parce que cet aspect peut-être prouvé, vu, démontré objectivement) dans la physiologie même de la personne HPI, comparée à une personne non-HPI.

Nous ne sommes, littéralement, pas fait•es pareil que les non-HPI.

Explications.

Lire la suite

Connaissances, compétences et intelligence

Le plus souvent ce n’est qu’une impression, une supposition. Je me fie à ce que je lis entre les lignes.
Et puis de temps en temps, parce que mine de rien il faut du courage pour être aussi frontal, du courage ou de la simple méchanceté ; de temps en temps donc on me le dit très directement : parce que je manque d’une ou plusieurs connaissances, ou que certaines compétences chez moi ne sont pas absolument et totalement maîtrisées, alors je dois être une menteuse et ne peut pas être surdouée.

De l’expérience …

Malheureusement pour moi, je suis encore trop facilement atteinte par ce genre de propos.
C’est aussi pour cela Lire la suite

Découvrir que mes réflexions ne sont pas complètement ineptes.

Ou « Quand mes analyses personnelles sont confirmées par la recherche. *Joie* »

Bonjour à toutes et tous !

Je reviens après un bon moment de non production. Mes écrits sont donc, en ce moment majoritairement destinés à mes productions universitaires.

La bonne nouvelle pour ce blog, c’est que mes recherches bibliographiques m’amène à plonger dans un délicieux univers de recherches scientifiques sur le HPI, et des recherches récentes ! Okay, je précise, récentes ça veut dire dans les 17 dernières années.

Oui bah dites-vous que des recherches sur le HPI, même s’il y en a, c’est pas non plus le sujet préféré des chercheu-r-se-s psychologues. Surtout le HPI chez les adultes.
Donc hein, on fait avec ce que l’on a.

Bref, dans ce billet je vais vous parler de l’étude de J.Lautrey : « Hauts potentiels et talents : la position actuelle du problème » datant de 2004.
Je vous conseille très chaleureusement sa lecture, qui vous donne un bon aperçu du panorama sur le HPI dans la recherche.
Vous y trouverez l’état des lieux sur la terminologie, mais aussi, et c’est là que c’est intéressant, un balayage complet des différentes conceptions de l’intelligence, en passant des conceptions « traditionnelles psychométriques » jusqu’au concept des intelligences multiples de Gardner.

La très bonne surprise pour moi, c’est le passage sur les intelligence multiples justement. L’auteur analyse cette conception de l’intelligence et la rapproche du QI et de sa mesure par le test psychométrique. Quelle plaisir pour moi de constater que son analyse est semblable à ma petite tentative de compréhension et d’analyse des intelligence multiples dans ce billet.

Je suis heureuse de constater que ce qui est une analyse personnelle de concepts divers, n’est pas un simple délire individuel.
Je suis heureuse de constater que, même si mes billets ici sont toujours à prendre comme uniquement des réflexions personnelles,  ces réflexions ne sont pas complètement à jeter à la poubelle, puisqu’elles croisent aussi l’état « actuel » de la recherche sur le sujet.

Quoi qu’il en soit, cette joie personnelle mise de côté, je vous invite très très vivement à toujours vous faire votre propre avis sur une question, à toujours questionner ce que les autres déclarent, et même à le vérifier.

Voici donc de quoi nourrir votre propre réflexion sur le sujet de la fausse opposition, en PDF :
« Hauts potentiels et talents : la position actuelle du problème » de  J.Lautrey. 2004.

Attention à ce que vous lisez sur le net.

Voici un bel exemple de contenu à prendre avec des pinces à barbecue. Les pincettes me semblant dans ce cas bien trop petites.

http://hypersens.fr/Les-surdoues-ne-sont-pas-ceux-que.html

Dans l’article, après nous avoir dit comme le QI est une mesure surfaite et finalement vide de sens ou presque (bah voyons) vient ce passage M-E-R-Veilleux :

Les « surdoués » émotionnels développent souvent une autre forme d’intelligence, pourtant moins connue : l’intelligence perceptive. De nombreuses personnes, sans oser l’avouer, ont développé d’incroyables capacités perceptives : intuition mais aussi hyperesthésie – terme scientifique pour désigner le fait d’avoir les cinq sens dotés d’une acuité exceptionnelle – précognition, extralucidité, clairvoyance…

« Plus vous êtes empathique, plus vous allez avoir la capacité de lire le langage non verbal et de capter des informations, assure Christel Petitcollin. De comprendre les autres au point de pressentir leur personnalité, leurs attentes et leurs pensées. Les personnes que j’ai pu identifier comme surefficients, vivent aussi, bien souvent, des expériences inexpliquées : de la télépathie aux rêves prémonitoires en passant par des états extatiques de paix et d’amour pur, de sensation de communion avec la nature, et parfois plus : comme la capacité à percevoir les auras, à ressentir des entités et autres présences occultes, à se souvenir de vies antérieures, à se connecter à d’autres dimensions… » Si ces capacités perceptives ne sont pas encore reconnues par la majorité de la communauté scientifique, certaines recherches tendent à démontrer leur existence et à changer notre regard sur l’être humain qui ne doit plus être simplement vu comme un cerveau sur pattes.

Là on nous vend du rêve. De l’extra-lucide en fait.
Et oui, parce que bon, être surdoué, avoir un gros QI c’est surfait donc, ce n’est pas tout. Mais quand même, les surdoués peuvent êtres des médiums et ouais !

Attention, je ne blâme aucune croyance. Mes propres croyances en ferait rire beaucoup, et je les assume. (Non je ne crois pas aux licornes. Pas encore.) Mais je ne confonds pas ma vie spirituelle et ses questionnements qui cherchent le « pourquoi ? » avec les sciences de notre monde qui cherchent à répondre au « comment ? ».
Chacune des deux sphères à son champ d’étude et d’investigation, et les mélanger n’est pas sans risque. Pour les deux champs.

Je disais donc, on touche le pompom.

D’abord l’article nous dit que, en résumé, le QI c’est nul, ça n’est pas ce qui définit les surdoué-e-s.  On est vachement content-e. Pourquoi pas hein, mais dans ce cas, ce serait bien de nous dire ce qui définit les surdoué-e-s. Non parce que, comme l’article ne cesse pas de parler de ces personnes là, ce serait bien de savoir de qui il s’agit.

Alors on ne sait pas bien de qui il s’agit, ni comment on les définit ces surdoué-e-s selon cet article, mais par contre, et là les choses commencent à être intéressantes, on nous dit les fabuleux pouvoir magiques qu’ils détiennent.
D’accord, l’article de ne dit pas « pouvoir magique » mais « incroyables capacités perceptives ».
Ouuuuuuuuuuuuuuuh.

Je vous laisse savourer la liste ci-dessus.
Ami-e-s surdoué-e-s réjouissez-vous, vous êtes des extra-lucides potentiels ! WHOU-HOU !
Par contre, si – pas de bol – vous êtes d’une quelconque confession qui a plutôt tendance à condamner ces choses là et à les qualifier de diaboliques, bah…visiblement le/les auteurs de l’articles ne pensent pas à vous, ni à vos âmes visiblement. Débrouillez-vous donc.
(Ce paragraphe est mesquin, je sais. Mais il n’empêche que certaines personnes peuvent mal vivre l’idée d’être, par nature, rejeter par leur confession. Comme, je ne sais pas, les personnes homosexuelles dans les confessions qui les condamne par exemple !)

Au-delà de cet philosophico-religieux, j’aime beaucoup, mais alors beaucoup, la suite d’affirmations sans aucune sources ou lien sur les soi-disant recherches évoquées.
Ca c’est du béton comme démonstration.
Le coup de « j’ai un-e ami-e qui dit que » c’est mignon dans les réunions de famille, mais en tant que démonstration scientifique, ça n’est pas recevable.
Désolée.

D’accord, d’accord, je vous entends me reprocher ma mesquinerie, mon âpreté et peut-être même ma méchanceté.
Pour la méchanceté, je proteste. Pour le reste, je ne peux qu’humblement reconnaître que c’est possible.

Alors venons-en à du concret, du scientifique, de l’objectif.
Comme je le disais plus haut, toutes affirmations sur l’état des connaissances scientifiques doit être soutenue par une citation de la publication scientifique qui relate cet état de fait.
Sans cela, toute affirmation relève des « on dit » et n’a pas de valeur scientifique. Ensuite, dans l’ article qui m’occupe, il y est question d’hyperesthésie. Et cette hyperesthésie est décrite comme une « capacité perceptive » qui a été développée par des personnes surdoué-e-s.
C’est tout simplement doublement faux.
L’hyperesthésie est considéré comme un trouble voir une pathologie. C’est une anomalie sensorielle.
 Définition selon Vulgaris Medical « L’hyperesthésie est la sensibilité exacerbée des différents sens. Cela affecte la perception des sensations : Douloureuses, vibratoires, thermiques, tactiles. »

Cette condition n’est pas quelque chose que l’on développe, c’est à dire ce n’est pas quelque chose que l’on peut faire grandir, progresser ou augmenter. C’est une condition qui est soit de naissance (parce que votre système sensoriel/nerveux est fait ainsi) soit qui est la conséquence d’une lésion nerveuse ou d’une pathologie nerveuse ou d’un problème rhumatologique. (cf.Vulgaris Medical)

L’article se lance ensuite (joyeusement) dans une énumération d’hypothèses qui mêle joyeusement capacités hypothétiques de l’esprit et carrément croyances diverses et variées sur l’âme, la vie après la mort, etc.

Enfin, pour finir de passer un pseudo-vernis scientifique, on conclut en citant une dame, qui est sans doute tout à fait compétente dans ses domaines d’activités mais qui n’est absolument pas scientifique, a qui l’on a fait des EEG en état normal et en état de transe.
Pour éclairer la chose, un EEG est une façon de visualiser l’activité cérébrale en la traduisant en compilations de tracés.

Voici une présentation de ce qu’est un EEG

On le sait depuis un certain temps maintenant, la méditation, la prière et la transe sont des activités qui modifie l’activité cérébrale. C’est à dire (grosso modo) que l’activité électrique de notre cerveau change de longueur d’onde.
Si cette constatation est actée par les sciences, aucune corrélation ou causalité avec des soi-duisant capacités occultes ou parapsychique n’ont été démontrées.
Pour la bonne et simple raison que l’existence de ces capacités parapsychique n’a pas été démontrée.
Donc faire un lien avec quelque chose qui n’existe pas (en théorie) c’est compliqué.

Aussi, cette citation n’a rien à voir avec le sujet du QI ou même des surdoués.

Enfin, la référence de l’article : INREES.
Institut qui n’a de national que le nom, car c’est une structure privée, dont la robustesse scientifique et l’objectivité restent à démontrer.

Conclusion

Voilà une belle illustration de quelques unes de mes convictions quant au sujet des surdoué-e-s/personnes HPI/etc :
1) Le sujet fait (complètement) fantasmé.
2) L’idée d’un haut QI dérange. On semble s’acharner à « détruire » la validité de cette mesure, comme si la frustration de ne pas être concerné (par le HQI) était trop insupportable pour ne pas dénigrer cette chose qui ne nous concerne pas.
3) Il est nécessaire de parler du HPI et d’en parler correctement.

Pour ce troisième point, je précise ce que j’entends par correctement.
Correctement c’est à dire avec honnêteté, lucidité, et précision.
L’honnêteté, consiste à ne pas se déclarer expert-e quand on ne l’est pas.
La lucidité consiste à reconnaître ce que l’on sait et ce que l’on ne sait pas (et entre nous, c’est de ne pas savoir qui est intéressant, puisque cela nous pousse à apprendre ! Donc pas de honte quant au fait de ne pas savoir. Personne n’a reçu la science infuse à la naissance.).
La précision, c’est de vérifier qu’on ne dise pas des bêtise, citer ses sources, utiliser les bons mots pour les bons concepts, etc.
C’est aussi ne pas mélanger les choses.

Nous avons le droits d’avoir toutes les croyances que l’on veut. Mais l’honnêteté intellectuelle nous oblige à faire la distinction entre ce que l’on croit -même dur comme fer- et ce qui est démontré par la science.

Sur un sujet encore très obscure pour la science comme le HPI, il est facile de dire tout et n’importe quoi. D’autant plus quand les personnes concernées sont potentiellement fragilisées et/ou en souffrance de part leur différence.

Aussi, je vous encourage à maintenir un esprit très très très critique quant à ce que vous lisez sur le HPI.
Je vous conseille de vous en tenir aux références scientifiques revues, base de donnéesn maison d’éditions spécialisée : Nature, American Psychology Association, Société Française de Psychologie, Cairn Info, Persée, Dunod, etc.

Et évidemment, site hautement référencé, sérieux, impliqué, honnête, précis, et drôle : ce blog.

giphy
(Je plaisante. Mais quand même, je tâche de ne pas vous raconter de bêtises quand même !)