De retour des examens

Comme je suis heureuse de vous retrouver !

J’ai donc terminé mes examens pour cette année.
Mais tout ne s’est pas passé exactement comme prévu initialement.

L’angoisse, ma compagne depuis toujours, m’a poussée à d’abord retarder mes examens de juin à septembre, puis finalement à carrément morceler l’année.

Je m’explique.

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Petite fierté des ces 15 derniers jours

Je devais corriger des travaux de mes camarades de promotion dans le cadre d’une initiation à la recherche. C’est ce qu’on appelle l’évaluation par les pairs.

Or, alors que nous avions un délais précis pour évaluer les travaux reçus, nous n’avions pas critères précis de notation, mais seulement des consignes globales.

De fait, j’ai donc bidouillé joyeusement une notation selon les consignes données, et fait mon travail selon cela, dès le 2e jour du délais donné pour faire les évaluations.

Deux ou trois jours plus tard, la professeure en charge de notre évaluation nous livre les consignes de notation : il s’agit exactement (j’hésite à dire mot à mot) du petit paragraphe introductif que j’ai noté sur chacune des évaluation dont j’avais la charge pour expliquer ma notation (réalisée sans consignes précises avant l’intervention de la professeure).

J’étais très fière de moi.

Les études épisode 6 – L’évaluation par les pairs.

Avant toutes choses, je tiens à faire cette déclaration : je ne suis pas prête pour mes examens qui ont lieu dans 15 jours. Pas du tout. Du tout.
Voilà, ceci étant établi, passons au sujet du jour.

L’évaluation par les pairs

Dans le petit monde des sciences, l’évaluation par les pairs est une chose courante. En fait c’est même une pierre angulaire de la recherche.
Je m’explique.
En sciences, ce qui fait avancer le schmilblick et qui permet aux laboratoires de recherche d’avoir plus de sous, ce sont les sacro-saintes publications. La publication scientifique, c’est la façon qu’on les scientifiques de communiquer leurs trouvailles (comprendre travaux de recherche).
La publication scientifique a ses règles, on n’écrit pas juste « Whouhou ça y est j’ai trouvé ça ! » pour pouvoir espérer être publier dans des grandes revues scientifiques comme Nature par exemple (la biologie étant mon premier amour universitaire, Nature est LA référence de publication pour moi. Mais chaque domaine des sciences à SA référence de publications).
En plus du format particulier d’un article scientifique (aussi appelé publication scientifique) les règles de soumissions sont très précises.
Pour espérer pouvoir voir ses travaux publier, il faut passer deux étapes cruciales, en plus de celles d’effectivement trouver quelque chose à dire.
Lorsque l’on envoie son papier, il passe entre les mains d’une sorte de jury, constitué de…pairs !
Un•e qui est rattaché•e à la revue en question. Il/elle en connait les lignes éditoriales et en somme il/elle peut décider si, en plus de la cohérence de votre recherche, votre article peut être publier tel quel ou avec modifications dans leur jolie revue.
Cette personne est en charge de choisir deux ou trois autres personnes, scientifiques du domaine auquel se rapporte votre article, pour qu’elles effectuent une lecture critique de votre article. Comme en générale, ces personnes sont donc des concurrentes, elles gardent l’anonymat.

Et c’est ça, le « peer-revue » in english ou « évaluation par les pairs ».

Cette année, dans une des matières proposée au choix, nous avons donc l’opportunité de nous livrer à cette exercice. En tant que correcteur ou correctrice mais aussi en tant que celle ou celui qui soumet son papier.

C’est une horreur.

Si, si, je vous assure, c’est une horreur.

L’impression d’illégitimité totale

Le principe :
Nous remettons un premier jet d’article (en version initiation à la recherche, autant vous dire que c’est léger comme contenu comparé à un véritable article) et deux étudiant•e•s ayant choisi la même thématique de recherche que nous se voit attribuer notre devoir à évaluer.
Dans le même temps, chaque étudiant•e•s ayant soumis son devoir à l’évaluation par les pairs se voir confier deux devoirs de deux étudiant•e•s différent•e•s pour le évaluer.

En tant que celle qui soumet son travail à l’évaluation des autres, je le vis très bien.
J’ai l’outrancier orgueil de me dire que moi je suis issue d’un cursus universitaire préalable de science « dure » (enfin la plus « molle » des « dures », la biologie. Oui le monde des sciences a aussi ses « populaires » et ses moins populaires) et que moi, je sais ce que c’est qu’une démarche expérimentale scientifique. Donc, l’avis de personnes qui découvrent ça cette année, ça ne me perturbe pas beaucoup.
Bon même si, je l’admets, j’ai dû faire le deuil préalable de presque 6 points sur ma notes finale.
Parce que voyez-vous, cette évaluation par les pairs compte pour 6 points dans notre note finale.
(Sauf qu’en écrivant ces lignes, je me souviens que notre propre travail d’évaluation est évalué par les professeurs, ce qui fait que peut-être notre note n’est pas celle que les autres nous donneront, mais celle que les professeur donneront à notre propre travail d’évaluation. Auquel cas je suis très tranquille, j’ai fait un travail tout à fait sérieux et honnête.)

En tant que celle qui évalue, c’est l’horreur.
Nous avons beau avoir des critères d’évaluation, je ne me sens absolument pas légitime ni compétente pour noter mes camarades de classe.
D’autant plus que, pour ceux que j’ai eu à corriger, leur devoir n’est même pas complet. Je me retrouve à devoir évaluer une expérience qui n’a même pas de résultats et pour les deux, même pas de méthode de traitement des dits résultats.
C’est donc franchement compliqué.

Quand bien même j’ai réussi à me conformer strictement à ce qui était donné comme critères d’évaluation, les résultats obtenus me semblent terriblement sévères.
Ils sont cohérents, justifiés et argumentés, mais tellement…bas !
J’avais pour secrète ambition de ne pas mettre une note en dessous de la moyenne (nous devions noter de 1 à 6. Je m’étais donc promis de ne pas mettre une note en dessous de 3,5/6. Si parce que comme le 0 n’est pas possible, la note médiane est 3,5).
Sauf que j’ai du mettre un 3,3/6.
Et ça me tarabuste.

Même si je sais que mon évaluation est honnête, qu’elle est bien argumentée et justifiée, il n’empêche que je ne me sens pas le droit de juger comme ça la qualité du travail d’un•e autre étudiant•e de même niveau que moi.
Je ne me sens pas légitime à le faire.

Mais je ne peux pas mettre 6/6 partout parce que ce ne serait pas juste.
C’est aussi un exercice, une partie d’examen, et ça doit être traité sérieusement et rigoureusement pour que tout cela ait du sens et de la valeur.
Mais bon sang, c’est difficile.

Tambouille personnelle de notation

En plus, la grille de notation n’étant pas explicite, j’ai dû construire un système de notation qui me paraissait aussi cohérent et juste que possible.
J’ai donc pris la liberté de donner des demis point voir des quarts de point.
Et encore une autre manipulation mathématique qui me permettait, à mon sens, d’être le plus exhaustive possible dans ma revue de critère d’évaluation.

Mais je ne sais même pas si c’est permis. Rien n’est indiqué à ce sujet nulle part.
BREF !

Je prie seulement pour que, de même que dans le véritable procédé d’évaluation par les pairs, les évaluateurs et évaluatrices demeurent anonymes, parce que j’ai un peu peur pour moi.
Les notes que j’ai donné ne sont pas inférieures à 3,3/6, mais depuis l’accueil infernal qui m’a été réservé l’an dernier suite aux résultats de l’épreuve de statistiques (la petite histoire est ici ) j’ai peur de TOUT ce que je fais ou dit dans le cadre de ma « classe ».
Cela fait remonter de vieux souvenirs de collège et ce n’est pas franchement agréable.
Tant les souvenirs eux-même, que la triste constatation qu’une part de moi est toujours la petite fille terrifiée par les autres et qui ne sait ni quoi faire ni quoi répondre face à leur agressivité et leur rejet…alors que j’ai 32 ans !

Le mythe de l’effort

Je discutais hier avec ma meilleure amie  (qui passe un de ses examens de L1 psycho ce soir : GO Siter GO !!!) et l’on se marrait comme des baleines en échangeant sur notre incapacité mutuelle, partagée et inconnue jusqu’alors dans son caractère partagé, de nous mettre à travailler avant le dernier moment. Mais aussi de notre difficulté à produire suffisamment de contenu pour satisfaire nos professeur•e•s lors de nos productions écrites de types explications, démonstrations.
Et, malgré cela, l’une comme l’autre nous en sortons correctement aux examens. Voir carrément brillamment (c’est à dire avec des notes à partir de 17/20).
Bon entre vous et moi, personnellement, je suis beaucoup plus abonnées au 14/20 « sans efforts » qu’aux 19/20 sans efforts. Étrangement j’ai augmenté ma moyenne en augmentant de niveau scolaire : j’étais plutôt à 12 ou 13/20 « sans rien faire » en collège lycée, puis 14 ou 15/20 en université. Bref !)

Entre deux éclats de rire, cela m’a amenée à évoquer la culpabilité que cela pouvait provoquer, notamment chez moi.
Je me sens, encore aujourd’hui, coupable de « ne pas travailler assez ».
Ceci pour deux raisons.
La première parce que, comparativement aux autres élèves des classes que j’ai pu traverser (et quand je pouvais avoir accès à la somme de travail qu’ils et elles effectuaient) je travaillais nettement, mais alors nettement moins. Pour certaine matières on frisait le pas du tout (Français par exemple).
La seconde est plus récente, je me sens coupable de ne pas faire mieux.
Après tout je suis surdouée non ? Je devrais faire mieux. Je devrais avoir au moins 18, 17 si je suis malade, parce que je suis surdouée. Ça devrait être facile pour moi, et je devrais avoir de bons résultats.
Sinon quelque chose cloche non ?

Cette (délicieuse) conversation m’a donc amenée à réfléchir un peu plus sur ce que j’ai rebaptisé « le mythe de l’effort » appris à l’école.
C’est donc à ma meilleure amie que vous devez cet article. Gloire à elle !

Le mythe de l’effort, apprentissage précoce

On nous le dit très tôt, dès la primaire : il faut travailler pour réussir. Et il faut bien travailler. Travailler pour avoir de bonnes notes. Faire des efforts.
Et plus vous progressez dans votre scolarité (en cursus général du moins) plus on vous le rabâchera et plus l’exigence se fera pesante.
Il faut TRAVAILLER !
Quand est arrivé le bac, j’étais dans un lycée (absolument gé-ni-al. J’ai adoré mes années lycées, mon lycée et quasiment tou•te•s mes profs. En particulier Mme Bouchard prof. de lettre classiques latin-grec-français et M Bret, prof. de biologie. Je vous AIME ! ❤ ) qui avait pour ambition de préparer ses élèves à réussir les concours d’entrée aux grandes écoles de France et aux plus prestigieuses classes préparatoires.
Donc le bac, c’était un peu caca en fait.
Résultat, il fallait travailler. Fort, dur. Suer sang et eau parce qu’on était pas là pour faire tapisserie !
C’était Rambo version lycée, avec des encyclopédies à la place des altères et des tableau noir ou blanc à la place du sac de sables. (En terme d’ambition, parce qu’en terme d’ambiance, c’était trop bien. ^^)

Et pendant que mes ami•e•s ne voyaient pas la lumière du jour durant le mois précédant les épreuves du bac (donc une période allant de début mai à mi juin grosso modo) à bachoter jusqu’à ce que mort s’en suive, moi je répétais mon gala de danse classique.
J’avais TROIS rôles dont UN SOLO. Non mais c’était la GLOIRE pour moi. J’avais UN SOLO ! Sur POINTES ! J’étais à ça d’être danseuse étoile quoi.
J’ai donc fait des choix.
Un jour je vous raconterai peut-être comment s’est passé mon baccalauréat. C’était drôle. ^^

Donc alors que mes ami•e•s suaient sang et eau en visant une mention, moi j’enchaînais les entrechats (3 et 4) et je laissais traînais sur le banc à côté du piano 4 leçons d’histoire. Parce que c’est la seule matière que j’ai daigné réviser. Mais seulement 4 chapitres, faut pas pousser non plus.

A l’époque déjà j’étais en proie à ces sentiments paradoxaux qui étaient d’assumer totalement mes choix d’impasse et de non-travail, et la culpabilité de ne pas travailler. Néanmoins, si je tentais de me forcer à travailler, j’étais absolument non productive. J’aurais même presque juré que mes connaissances diminuaient.

Je me retrouvais donc comme coincée, entre une injonction à travailler et la peur de l’échec (parce que si j’assumais de ne pas travailler, je n’étais pas naïve ou sûre de moi au point de me dire que j’allais décrocher mon bac sans problème comme ça), et un espèce de fonctionnement étrange qui faisait que j’étais incapable de me forcer à travailler, ou de me mettre spontanément à travailler avant le dernier moment.

Je culpabilisais donc.
Et j’avais peur.

Puisque mes professeur•e•s me l’avaient répété et répété encore, il faut travailler !

Sans efforts, la réussite est considérée comme illégitime

Le pendant de cette exigence à l’effort est que si jamais il y avait réussite sans effort, alors cette dernière n’est ni méritée, ni justifiée, ni légitime.
Sans efforts, pas de réussite, pas de mérite et pas de gloire.

Et en France, il semble que l’on soit particulièrement friand de cette pensée. La réussite ne semble acceptable, noble, propre, que si elle est le fruit d’un effort jugé proportionnel à la réussite.
C’est, je crois, hérité de l’esprit révolutionnaire, à bas les privilèges tout ça.

Résultat, ce phénomène est le terreau fertile et la nourriture idéale au complexe de l’imposteur•e : Puisque pour réussir il faut travailler, que moi je trouve que je n’ai pas (beaucoup ou du tout) travaillé, alors je n’ai pas vraiment réussi. Ou ma réussite est forcément due à autre chose qu’à moi. Puisque je n’ai pas la condition sine-qua-non pour réussir, c’est à dire le travail, l’effort.

C’est absolument aliénant. Limitant. Voir souffrant.

Je lutte encore avec cette culpabilité ancrée profondément en moi, avec ce jugement intérieur qui me dit que je ne travaille pas assez, que je ne suis pas à la hauteur de mes prétentions. Que je ne mérite pas d’être surdouée, que je ne suis pas à la hauteur des autres surdoué•e•s. (C’est complètement stérile comme jugement, mais j’y travaille.)

Résultat, je – et je suppose d’autres – me retrouve piégée par cette culpabilité qui me paralyse et me fait douter de tout ce que je fais et de tout ce que j’obtiens.

Se libérer du mythe, et comprendre quelle réalité il illustre

A toutes celles et tous ceux qui se retrouveraient dans une situation semblable à la mienne, je vous encourage : Libérez-vous du mythe !

C’était mon moment  « Gourou d’un mouvement développement personnel new-age toutpourri. »

Plus sérieusement, je vous encourage vivement à travailler à vous libérer de ce qui, dans notre cas, est une injonction fausse et limitante.

Mon premier pas sur ce chemin a été de lire le livre de Béatrice Millêtre qui explique très bien comment le fonctionnement cognitif particulier des surdoué•e•s fait qu’il est inutile et stérile de vouloir leur appliquer une méthode « traditionnelle » de production intellectuelle quelle qu’elle soit.

Mais lire un ouvrage, aussi grand soit l’écho qu’il provoque en soi, ne suffit pas à défaire des années d’injonctions. C’est donc un travail de tous les jours.
A fortiori quand vous êtes en train de faire vos études, et que parmi vos « camarades » de classe, certain•e•s  semblent s’être donné comme objectif de vous prouvez que vous valez moins qu’eux/elles ou que vous n’êtes pas à la hauteur du don que vous avez reçu à la naissance. (Commentaire purement subjectif pour vous transcrire l’état d’esprit déplaisant dans lequel je peux me trouver parfois.)

Je crois qu’il faut commencer par comprendre que cette injonction au travail est au départ un conseil judicieux et véridique pour la plupart des gens.
Et, en vérité, il l’est aussi pour nous, surdoué•e•s parce que nos capacités cognitives ne font pas de nous des personnes avec la sciences infuses.
Il faut travailler pour acquérir des nouvelles connaissances, des nouvelles compétences, et pour améliorer les unes et les autres.
C’est comme ça.

Néanmoins, je crois qu’il y a une nuance à apporter. Si nous devons travailler, et faire des efforts, sans doute ne devons nous pas le faire dans les mêmes proportions et sur les mêmes choses que la plupart des gens.
Et cette petite subtilité fait toute la différence.

Finalement, l’écueil n’est pas dans le conseil de l’effort et du travail pour réussir. Parce que ceci reste une vérité.
Il est, je pense, dans le fait d’appliquer la même échelle et le même référentiel à toutes et tous, et en particulier aux surdoué•e•s.

On n’attendra pas d’une personne avec déficience mentale de fournir les mêmes efforts pour les mêmes résultats qu’une personne sans déficience mentale.
De même il est illusoire d’attendre d’une personne surdouée les mêmes efforts pour les mêmes résultats qu’une personne qui n’est pas surdouée.
Ou, on ne demandera pas les mêmes efforts et les mêmes résultats à une harpiste concertiste qu’à un étudiant en première année de solfège et de cours de musique.

Découvrir, connaitre et accepter son propre fonctionnement. Sans jugements.

Pour un•e adulte surdoué•e qui se découvre surdoué•e tardivement, cela peut représenter un tour de force. Parce qu’il faut non seulement accepter que l’on fonctionne différemment (ce qui est valable pour tou•te•s surdoué•e•s) mais aussi, défaire toutes les constructions et jugements préalablement élaborés sur soi-même.
Et ce n’est pas ce qu’il y a de plus simple !

Quoi qu’il en soit, qu’il s’agisse de déconstruire des idées inadaptées sur soi-même ou de découvrir ou se réconcilier avec son fonctionnement naturel, cela demande de s’écouter.
De s’observer, sans jugements si possible, un peu comme on mènerait une phase d’observation dans une expérimentation dont on serait le sujet.

Se regarder, s’observer.
Et vraiment, éviter les jugements. En bien comme en mauvais.
Parce que s’auto congratuler ou bien s’auto-flageller sur son fonctionnement avant de l’avoir analyser, n’est pas la meilleure façon d’obtenir une conclusion aussi objective que possible.
L’auto-congratulation et l’auto-flagellation auront éventuellement leur place APRES l’analyse.

L’exercice consiste à tenter de poser un regard objectif et neutre sur notre fonctionnement intellectuel (si j’ose dire).
Quel travail produisez-vous pour quel résultat ?
Commencez par être bien clair avec les notions que vous allez utiliser. Définissez ce que « travailler » ou « faire des efforts » signifie pour vous.
Passez au crible toutes les notions que vous utilisez dans vos jugements et analyses ou critiques sur vos fonctionnement.
Qu’est-ce que c’est que travailler beaucoup ? Un peu ? En terme de contenu mais aussi de durée. Est-ce que c’est travailler une heure ? Deux ? Dix ? Par jour ? Par semaine ? La nuit ? Est-ce que c’est lire, écrire, analyser, y réfléchir ? Noter des trucs ?Apprendre par cœur ? Faire des lecture complémentaires ? Prévoir les questions éventuelles ? Projeter à N+6 jours après le dossier ? Connaitre par cœur le numéros de téléphone direct de la caserne de pompier et l’hôpital le plus proche du lieu de votre colloque et maîtriser tous les gestes des premiers secours ainsi que les comportements à avoir en cas d’attaques terroristes, tremblement de terre et tsunami ? Penser à avoir un stylos de rechange pour l’examen ?

N’hésitez pas, passez tout ça au crible.

Une fois votre grille de définition bien au clair, vous pouvez passer à l’analyse. Commencez par du très binaire et très basique, des questions dont les réponses sont oui ou non. Pour répondre référez-vous à une situation concrète passée : votre dernière présentation, votre dernier examen, votre dernier devoir, etc.
Avez -vous travailler pour cette présentation ? Oui/Non
Avez-vous eu l’impression de fournir des efforts ? Oui/non
Avez-vous rempli les objectifs ? (Validation de la matière, présentation faite en temps et en heure, sur le sujet demandé dans le temps demandé)  Oui/Non.

Il n’est pas question de savoir si vous avez bien travaillé, ou bien réussi, ou suffisamment réussi. Juste est-ce que vous avez travaillé et/ou réussi ?

Cette démarche est directement inspirée et reprend les questions et analyses que vous trouverez dans « Le livre des vrais surdoués » de Mme B. Milletre. Une mine d’or je vous dis.

Ensuite vous pourrez passer aux questions sur le comment.
Comment travaillez vous ? Allongé•e par terre, devant la télé, en jouant aux jeux vidéos ? (Si c’est possible, pas évident, mais possible)
Vous avez besoin de combien de lectures ou écoutes pour retenir une, deux, dix infos ? Mots à mots ? Pas mots à mots ?
Encore une fois, pas de jugements. On s’intéresse aux faits, rien que les faits.

Quand vous aurez consciencieusement disséqué votre fonctionnement, vous pourrez le comparer, sans le juger, à ces injonctions à l’effort que l’on nous rabâche joyeusement.
Vous pourrez noter où sont les différences et quelles sont ces différences.

Le but n’est pas de juger, parce qu’il n’y a pas un fonctionnement meilleur qu’un autre dans l’absolu. Il n’y a que des fonctionnement qui vous sont naturels et d’autres pas.

Une fois cet état des lieux en votre possession, vous pourrez – évidemment si vous en avez le besoin, parce que sinon, tout ça est inutile :p – travailler à simplement accepter que vous fonctionnez comme cela, et que ce qui compte c’est que vous arriviez à vos fins, et pas tellement que vous le fassiez comme « les autres » attendent de vous que vous le fassiez.

Avoir sa propre notion d’effort, de travail. Et surtout, réclamer sa réussite.

J’en suis arrivée à la conclusion que le problème pour moi n’était pas tant l’injonction au travail que celle à l’effort.
Comme si toute réussite devait être le fruit d’un travail pénible, difficile, douloureux.
Comme si, tout travail devait être demandant en énergie, pénible.

Et bien non.
Je peux, vous pouvez, travailler sans effort.
Et la réussite qui s’en suit n’est pas moins valable, moins honorable, parce qu’elle n’est pas obtenue en suant sang et eau.

Vous avez le droit à la réussite sans efforts !
(Pour reprendre à ma sauce les mots de Mme J.S-F. dans l’émission Mille et une vie sur les familles de surdoués.)

L’effort, la pénibilité n’est pas obligatoire, contrairement à ce que l’on pourrait comprendre de ce que l’on nous a rabâché tout au long de notre scolarité.
Cela ne veut pas dire qu’il ne sera jamais nécessaire, ni même jamais bien venu ou utile. Mais, simplement, qu’il n’est pas obligatoire.
Ainsi, ce n’est pas parce que ce que vous produisez ne vous demande pas d’efforts que c’en est dépourvu de valeur ou que ce n’est pas à reconnaître comme une réussite.

Et vous n’avez pas non plus à en avoir honte.
Encore une fois, il vous/nous faut jongler et trouver notre équilibre entre notre propre légitimité et le droit à partager notre réalité (que nous produisons, parfois/souvent, moins d’efforts pour autant ou plus de résultats que d’autres sur certains/beaucoup de sujet) et la façon dont elle sera reçue par les autres et les jugements qui en découlent trop souvent (prétention, vantardise, volonté d’humilier ou rabaisser les autres…*soupir*).

Néanmoins, je vous invite à réclamer vis à vis de vous même en premier lieu, que votre réussite est tout aussi valable que celles des autres.
Que la réussite ne se mesure pas à l’effort produit pour l’atteindre. (Je rappelle que je parle d’efforts intellectuels, de travail scolaire ou intellectuels, etc.)
Vous avez le droit de réussir, et de réussir « facilement » à vos yeux ou à ceux des autres.

Personnellement, j’ai déclaré en mon for intérieur que je n’avais pas forcément ni systématiquement besoin de trimer pour atteindre mes objectifs.
Que considérer que j’ai réussi n’était pas conditionné aux efforts que je produisais ou non pour y parvenir.
J’ai le droit de ne pas peiner pour produire certaines choses, même si d’autres le font avec plus difficultés que moi.
Et l’inverse est tout aussi vrai ! Je patauge sur des exercices mentaux (notamment produire un niveau de détail d’explication de mon raisonnement suffisant pour satisfaire les profs ou me rendre compréhensible pas tou•te•s) qui ne demande aucun efforts à la plupart des gens.

Ce n’est pas encore gagné, mais je travaille à me libérer du mythe de l’effort. Et je sens qu’une fois que ce sera fait, la vie sera plus facile. :p

Découvrir que mes réflexions ne sont pas complètement ineptes.

Ou « Quand mes analyses personnelles sont confirmées par la recherche. *Joie* »

Bonjour à toutes et tous !

Je reviens après un bon moment de non production. Mes écrits sont donc, en ce moment majoritairement destinés à mes productions universitaires.

La bonne nouvelle pour ce blog, c’est que mes recherches bibliographiques m’amène à plonger dans un délicieux univers de recherches scientifiques sur le HPI, et des recherches récentes ! Okay, je précise, récentes ça veut dire dans les 17 dernières années.

Oui bah dites-vous que des recherches sur le HPI, même s’il y en a, c’est pas non plus le sujet préféré des chercheu-r-se-s psychologues. Surtout le HPI chez les adultes.
Donc hein, on fait avec ce que l’on a.

Bref, dans ce billet je vais vous parler de l’étude de J.Lautrey : « Hauts potentiels et talents : la position actuelle du problème » datant de 2004.
Je vous conseille très chaleureusement sa lecture, qui vous donne un bon aperçu du panorama sur le HPI dans la recherche.
Vous y trouverez l’état des lieux sur la terminologie, mais aussi, et c’est là que c’est intéressant, un balayage complet des différentes conceptions de l’intelligence, en passant des conceptions « traditionnelles psychométriques » jusqu’au concept des intelligences multiples de Gardner.

La très bonne surprise pour moi, c’est le passage sur les intelligence multiples justement. L’auteur analyse cette conception de l’intelligence et la rapproche du QI et de sa mesure par le test psychométrique. Quelle plaisir pour moi de constater que son analyse est semblable à ma petite tentative de compréhension et d’analyse des intelligence multiples dans ce billet.

Je suis heureuse de constater que ce qui est une analyse personnelle de concepts divers, n’est pas un simple délire individuel.
Je suis heureuse de constater que, même si mes billets ici sont toujours à prendre comme uniquement des réflexions personnelles,  ces réflexions ne sont pas complètement à jeter à la poubelle, puisqu’elles croisent aussi l’état « actuel » de la recherche sur le sujet.

Quoi qu’il en soit, cette joie personnelle mise de côté, je vous invite très très vivement à toujours vous faire votre propre avis sur une question, à toujours questionner ce que les autres déclarent, et même à le vérifier.

Voici donc de quoi nourrir votre propre réflexion sur le sujet de la fausse opposition, en PDF :
« Hauts potentiels et talents : la position actuelle du problème » de  J.Lautrey. 2004.

L’enfer/paradis des bases de données bibliographiques

Bonjour à toutes et à tous !

J’ai été bien occupée la semaine dernière. D’abord je suis partie me mettre au vert pendant 4 jours, puis j’ai tâché de réaliser un devoir, qui compte pur examen, pour ma Licence 3.

J’avais comme délais de rendu le 2 avril à 23h. J’ai rendu ma copie le 2 avril à 22h27.

Non ce n’est pas du je-m’en-foutisme, c’est une presque mauvaise appréciation du travail à fournir.
C’était une initiation à la recherche. Alors, sur le papier, mettre en place une expérience et la démarche expérimentale qui va avec, je sais faire. Je veux dire, tout mon premier cursus universitaire est scientifique, j’ai donc passé 10 ans de ma vie à faire ça.
Ce qui en représente un bon tiers. Donc, je sais faire.

Mais la recherche universitaire, ce n’est pas que la démarche expérimentale. C’est, beaucoup, (beaucoup, beaucoup, beaucoup) de recherche bibliographique.
J’ai eu l’impression de passer les 9/10e de mon temps à lire le travail des autres puis à le citer.

C’est très paradoxale, quand on s’imagine que le principe de la recherche c’est de découvrir quelque chose, ou de répondre à une question sans réponse, ou jamais posée. Bref de faire dans la nouveauté.

Enfin toujours est-il que, malgré tout le travail déjà effectué en amont et qui m’a valu une bonne note, j’avais encore un certain amont de travail qui m’attendait. Et je ne l’ai pas venu venir.

C’est comme cela que je me suis retrouvée à boucler mon devoir 32 minutes avant la date butoir.
Et à ne pas écrire ici.

La bonne nouvelle, c’est que dans mon long calvaire de recherche bibliographique, j’ai (re)trouvé une mine d’or d’articles scientifiques en français sur le HPI.
Cela promet donc de bien belles explorations du sujet et surtout corrections. A commencer par la sois-disant « pensée en arborescence » qui en fait n’existe pas, si j’ai bien tout compris.

Voilà.
Là j’ai un rendez-vous pour d’autres stages en psychologie, alors je dois vous laisser.

C’était les nouvelles du front ! :p