Les dérives autour du HPI en France

Bon.

D’abord, je tiens à préciser que dans tout ce qui suit, il n’est pas question de pointer du doigt des croyances quelconques, mais de souligner ce qui me semble être des confusions et des mélanges qui à terme peuvent s’avérer dangereuses et dangereux.

Ce qui est démontré et ce qui ne l’est pas

Pour aller plus loin, je dois d’abord clarifier une chose importante : la différence entre ce qui est démontré, et ce qui ne l’est pas.
Comme je vous le dis souvent, j’ai à cœur de n’affirmer dans mes articles que des choses démontrées scientifiquement. Quand cela n’est pas le cas, je le précise clairement.

Cet attachement aux démonstrations scientifiques m’a été reproché par plus d’une personnes tombant sur mon blog ou la page Facebook, elles y voyaient une certaine étroitesse d’esprit, la comprenait comme une incapacité à prendre en compte les émotions…
C’est une inférence fallacieuse.
S’attacher à diffuser des propos scientifiquement prouvés c’est simplement ce que j’appelle faire preuve de sérieux, et dire quand ces propos ne le sont pas, c’est faire preuve d’honeteté.
Mais ça n’empêche en rien de s’intéresser aux émotions, ni de les prendre en compte. La science et les émotions n’ont rien d’antinomique, pas plus que science et créativité.

Si je m’attache à ces démonstrations scientifiques, c’est parce que ce qu’elles produisent sont ce que nous avons de plus solide sur quoi nous appuyer pour continuer nos réflexions et explorations.
Ça ne veut pas dire que ces savoirs sont figés, ni jamais remis en question (encore une fois c’est le principe de la science de remettre en question) mais qu’ils sont acceptés unanimement et dépourvus autant que faire se peut de subjectivité.

C’est ce qui s’approche le plus d’une certitude, d’une vérité.

Pour communiquer il faut un référentiel commun. La méthode de démonstration et de preuve scientifique est une méthode qui est utilisée, admise et éprouvée mondialement, à travers toutes les cultures qui l’utilisent. C’est donc un dénominateur commun tout à fait pertinent.

Ce qui est vraiment très bien avec la science, c’est que ce qui est démontré et prouvé est considéré comme vrai jusqu’à preuve du contraire. Qu’il s’agisse de l’affirmation de l’existence de quelque chose ou de son inexistence.
Concomitamment à cela ce qui n’est ni affirmé ni infirmé par la science est considéré comme ni vrai ni faux : c’est une incertitude.
Par soucis de cohérence logique, les démonstrations ne s’appuient que sur des faits prouvés scientifiquement.
Parce que sinon, c’est comme de se prévoir un super programme expo-boutiques-restos-ciné, en comptant s’y rendre grâce à l’aide d’une tierce personne dont on ne sait pas si elle viendra ou pas. Si elle vient effectivement, on a gagné, notre programme est validé. Si elle ne vient pas, et bien tout notre programme est fichu.

Voilà pourquoi il est important à mes yeux de bien faire la distinction entre ce qui est démontré et ce qui ne l’est pas.

Tout ce qu’on lit n’est pas forcément crédible

Ce qui est démontré par la science fait l’objet de publications scientifiques.
Mais attention, il faut savoir identifier ce qui est une publication scientifique et ce qui n’est qu’un article lambda, écrit par quelqu’un qui n’a pas touché à une méthodologie scientifique depuis peut-être sa classe de seconde.

Une publication scientifique, c’est très particulier. D’abord c’est au moins publié en anglais, voire en anglais plus la langue officielle de l’université ou de l’institut de recherche au sein duquel l’étude à été menée.
Les titres sont très très précis, et – si vous voulez mon avis – ne donnent pas très souvent envie d’en lire le contenu. Du genre « De la variation de la 6e base du 14e codon du gène XRP-87 chez Margaritifera margaritifera en culture de 45 dam² de surface ».
Mais surtout, ils sont publiés dans des revues scientifiques internationales spécialisées dans un des domaine de la science.
Par exemple « Nature » pour les sciences de la vie, « Pour la science » ou « La Recherche ».
Je vous invite à consulter les sites des grands centres de recherches nationaux pour avoir des listes de presses scientifiques sérieuses.

Il y a plusieurs moyens de savoir si ce que vous lisez est crédible (en terme de robustesse scientifique) : vous renseigner sur qui et où.

Les auteur•es de publications scientifiques sérieuses sont des doctorant•es, des docteur•es en sciences (humaines, sociales ou juste sciences), des professeur•es d’université, ou des professionnels de certains domaines mais qui travaillent en équipe avec les gens cités plus hauts.
Toutes ces personnes ont généralement une page internet qui leur sert de CV, une page « research gate » qui recense tous leurs travaux de recherche et publications antérieures.
Ces personnes sont généralement rattachées ou ont travaillé pour des universités (nationales si françaises, ou Suisse ou Belge ; ou privées si Américaines).
Les structures qui ont le moins de risques d’être de partis pris, et donc moins sérieuses quant aux conclusions tirées dans leurs études, sont les universités et instituts nationaux dont le pays n’est pas sous l’emprise d’un régime totalitaire et oppressif.
Les structures privées sont à considérer avec un peu plus de méfiance quant à l’objectivité de leurs études.  Ce qui ne veut pas dire qu’il faille systématiquement écarter les trouvailles des ressources privées, regardez la structure d’Elon Musk.
Mais en ce qui concerne la recherche non-appliquée, les intérêts privés peuvent interférer dans les résultats de recherches.

En France, par exemple, il y a un institut qui pourrait vous tromper quant à sa respectabilité scientifique : l’INREES.
On pourrait croire que cet acronyme signifie Institut National … Mais NON ! Il veut dire INstitut de Recherche sur les Expériences Extraordinaires.
Si vous regardez qui est derrière cet institut, on ne trouve aucun•es scientifiques, mais des graphistes, des web disagneuses et web disagneurs, des journalistes (même pas journaliste scientifique), du service client, de la communication, etc.
Donc ça, par exemple, ce n’est pas recevable scientifiquement.

La mise en place étant faite, venons-en au cœur du sujet.

Les dérives en question autour du HPI

Le HPI, la douance, est un sujet mal connu aussi parce que mal défini. On ne reviendra pas sur les multiples débats pour définir ce qu’est précisément la douance.

Ce qui permet toutes sortes de dérives autour du sujet du HPI, c’est précisément tout ce qui n’est pas démontré à ce sujet, que ce soit parce que ce sont des affirmations basées sur des observations empiriques mais non validées par la recherche, ou parce que ce sont des hypothèses ou des intuitions non démontrables à l’heure actuelle.

Et c’est sur ça que se jette tous les délirant•es du coin, sur ce fait que ce qui n’a pas été démontré comme faux ou vrai, peut aussi bien être l’un ou l’autre. Du coup, tous les délires sont de sortie.

En soi, ça n’a rien de condamnable, on a le droit d’avoir ses propres idées encore. Ce qui devient problématique, c’est quand on flirt avec la manipulation et qu’on profite de la détresse psychique et émotionnelle de certaines personnes. Ça c’est MAL !

Et vous savez ce qui est un boulevard pour faiblesse émotionnelle et psychique ? Toutes ces croyances autour des émotions particulières et de la différence mal vécue de certaines personnes HPI.
Ces discours là partent du fait que vous ou votre enfant êtes HPI et que donc, vous êtes différent•es. Différent•es donc spécial•es. Et là…
Sous couvert de tout ce qui n’est pas expliqué par la science sur le HPI, on y colle des explications métaphysiques diverses et variées.

La plus commune c’est…*roulement de tambour* les enfants Indigos ! Ou cristaux. Ou diamants. Ou je ne sais plus quoi.
Bon alors évidemment, chacun•e est libre de ses croyances hein, il n’y a pas de soucis avec ça.
Mais affirmer que ses croyances sont des vérités au même titre que des démonstrations scientifiques, là ça coince.
Donc les enfants indigo/cristaux/diamants/je ne sais pas quoi, seraient les enfants HPI plus conscient•es, plus sensibles, plus empathiques, qui ont un regard sur le monde différent, pur, etc…
Ces discours se donnent des airs de science en se greffant sur toutes sortes d’affirmations non prouvées sur le HPI, notamment tout ce qui a trait aux émotions.

Etre attentives et attentifs, par prudence et honnêteté intellectuelle

Le problème ce ne sont pas les croyances en elles-même, mais ce qui en est fait. Ou comment elles sont utilisées.

Ce qui me gène en premier lieu, c’est la confusion entre science et croyance. Ce qui est cru est affirmé comme ce qui est vrai, sous le couvert que la science n’a pas dit que c’était faux. Ou que le contraire n’a pas été prouvé comme vrai.
Ça déjà, ça coince.

Après il y a la manipulation pure et simple. On attrape le HPI, et hop on brode sur les capacités extraordinaires et inexploitées, on glisse sur l’empathie et en ont fait un pouvoir magique et on saute sur la « conscience plus vaste » des enfants HPI qui deviennent d’un coup, des guides de l’humanité dotés de super-pouvoirs empatho-télépathiques connecté•es avec le monde et l’univers.  Et on se sert de ça pour appâter et manipuler des personnes fragilisées, on renforce leur ego dans des croyances parfois ineptes pour mieux exploiter ces pauvres gens, ou faire du prosélytisme à peine masqué.

Pour ce qui est du HPI, la dérive que j’ai le plus souvent lue, c’est que les personnes HPI seraient des espèces d’être élus, exceptionnels, mis•es sur terre pour guider l’humanité vers un nouvel état de conscience.
Les enfants indigos font partie du lot.

Je trouve ça dangereux. Le complexe du messie n’est pas loin quand même.
Et puis, merci pour les autres, les « non indigo » ou, puisque pour certain•es c’est la même chose (pas pour moi notez bien !) les non-HPI, qui seraient donc des pauvres êtres incapables d’évolutions par eux-même et devant être guidé•es vers la lumière de la conscience par un espèce de peuple élu.
Moi, ça ne me plait pas du tout. Du tout. Du tout.

Et oui, allez je me lance, je trouve qu’on est pas loin de la manipulation et des argumentaires sectaires.
Alors non, toutes les personnes qui croient en les enfants indigo ne sont pas membres de sectes, on est d’accord. Mais le sujet des enfants indigos est fortement susceptible de se retrouver dans des manipulations mentales dangereuses, parce qu’il recouvre tous les aspects de ces manipulations : faire que le sujet se sente exceptionnel, doté d’une mission, insister sur le fait qu’il est et sera incompris des autres, de tous les autres à l’exception d’un petit groupe à savoir ses pairs.

Vous comprenez la manne que représente le flou autour du HPI pour ce genre de discours ?

Vous comprenez du coup pourquoi je suis si attentive à ne vous parler que de ce qui est démontré scientifiquement, à sans cesse corriger mes propos en fonction de ce qui est démontré et su ? Et surtout, à être très très précautionneuse avec tout ce qui tourne autour des émotions dans le sujet du HPI ?

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Être sensible

J’aime bien ce titre. Il s’agit d’une double lecture, toute aussi judicieuse l’une que l’autre. Qu’il s’agisse du verbe, ou du nom commun, le titre est fort pertinent.

Être sensible.

Je vous épargne l’éternel cliché qui ravivera peut-être pour certaines et certains d’entre nous des souvenirs plus ou moins bons d’anciens sujets de dissertation : cadeau ou fardeau ?

On me l’a beaucoup reproché. D’être sensible.
J’aurais aimé vous dire que l’on me l’a longtemps reproché, parce que cela aurait impliqué que cela n’était plus le cas.
Mais encore aujourd’hui, il arrive que cela me soit reproché.
Est-ce moins qu’avant ou est-ce simplement moi qui ai appris à accepter cette aspect de ma nature et qui en souffre moins ? Ou qui la comprends mieux ?
Un peu des deux sans doute.

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Du bonheur, du bonheur et des surprises – Retour à chaud sur la journée du 17 juin

J’y suis !

Enfin un peu de calme, un moment à moi pour vous raconter ma merveilleuse journée du 17 juin 2017.
J’étais, comme vous n’êtes pas sans savoir, invitée à intervenir lors d’une conférence à l’occasion d’une journée d’échange sur le thème du HPI chez l’adulte, organisée par l’association ToulouZèbre.

Ce fut merveilleux.

Mais commençons par rendre à César ce qui appartient à ToulouZebre.

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Pourquoi j’écris ce blog (petit rappel. Et un peu de moi aussi dedans.)

Quel est le but que je poursuis en écrivant ainsi sur le net ? Ce qui revient somme toute à me planter au milieu d’une place publique et commencer à penser tout haut.

Je veux aider.
Non je ne « souhaite » pas aider. Je le veux.
C’est très clair pour moi et je suis très déterminée à le faire. J’essaie d’ailleurs de me donner les moyens de le faire.

Comment m’y prends-je ?

D’abord par la force de l’exemple

Je ne me crois pas exemplaire dans le sens le plus valorisant du terme. Je ne suis pas un modèle.
Je suis, en revanche, un exemple de chemin de vie qui existe. Un exemple de façon de vivre avec ce que l’on est, les autres et le monde.
Juste cela.

Mais je crois que parfois, il ne suffit que d’un exemple, que de voir que « c’est possible d’être comme ça » pour ouvrir une porte vers d’autres possibles encore ignorés.

Ensuite, rien de ce qui ne nous dérange ou nous touche n’est anodin

Une amie très chère à mon cœur m’a dit un jour : « Quand quelqu’un est dérangé dans une discussion avec moi, ce n’est pas moi qui le dérange, mais ce que je dis. »
Elle m’a aussi dit que « Je suis responsable de ce que je dis, pas de comment les autres le reçoivent. »

Ces paroles ont longtemps raisonné en moi, et elles m’ont été et me sont encore très précieuses au quotidien.

J’ai découvert et compris quelle magnifique réalité elles recouvraient.
Car oui, quand j’étais blessée, choquée, ou vexée par ce que d’autres pouvaient dire, c’était (et c’est encore) souvent parce que ces paroles me renvoyaient à une blessure intérieure.
Quelque chose en moi de blessé, une part de moi qui n’était pas sereine vis à vis du sujet abordé.
C’est ainsi que j’ai compris et réglé bien des choses en moi. Ce qui m’a permis de gagner en sérénité, en assurance, mais aussi en compassion vis à vis de moi en premier lieu mais aussi des autres.

Depuis, à chaque petite ou grande contrariété je me demande « pourquoi ? ». Qu’est-ce qui me contrarie dans ce que j’ai entendu ? Qu’est-ce que ça gène en moi ? Quelle insécurité, quelle faille, quelle fragilité cela vient-il toucher ?

Bousculer pour faire réfléchir

Même si je ne cautionne pas toutes les pratiques sociales, et si j’en juge beaucoup complètement inutiles et certaines carrément hypocrites, je les connais toutes.
Je sais que ce que j’écris ici est parfois perçu comme choquant (parce qu’inhabituel, parce que brisant les conventions sociales, parce que pas « politiquement correct », parce que inattendu, etc). Je le sais, et c’est précisément un outil pour moi pour faire réagir, et donc réfléchir, ceux et celles qui me lisent.

Réfléchir pour (aider à) trouver son chemin

Je crois que le bonheur est quelque chose de fondamentalement personnel.
Je crois aussi que nous avons en nous toutes les ressources nécessaires pour être heureu-x-se.
Et je crois aussi que nous avons besoin d’outils extérieurs pour pouvoir accéder à nos ressources intérieures insoupçonnées.

Ce blog se veut précisément être ceci : une ressource, un outil.
Une ressource à consulter, lire, sur laquelle s’interroger, une ressource à juger même !
Oui, oui, mille fois oui, faites-vous une idée, une opinion de ce que vous voyez écrit ici (et ailleurs) ! Soyez d’accord avec ce qui y dit, soyez en complète opposition avec ce qui y est écrit. Trouvez cela brillant, trouvez cela stupide, trouvez cela sans intérêt, trouvez cela pertinent.

Faites-vous votre idée.
Parce que c’est aussi en se positionnant par rapport à d’autres idées, d’autres points de vue que l’on affine les nôtres, et donc que l’on se connait mieux.

Et mieux l’on se connait, plus il est facile de construire son bonheur.

Il y a autant de chemins et de réalités que de vies

Mon chemin, mes avis, mes opinions, mes réflexions, ne sont que cela. Et ça ne vaut pas plus que ce que d’autres pensent.
C’est juste une option. Un exemple de ce qui existe.

Je n’ai absolument pas la vérité sur le HPI, sur ce que c’est ou comment on devrait vivre avec ou pas. Ni sur quels professionnel•le•s sont les mieux formé•e•s ou informé•e•s ou que sais-je.
J’ai des avis, des opinions, des expériences parfois.
Et je les partage avec vous parce que je vous souhaite de les utiliser pour vous forger vos propres avis.

Ce qui fonctionne pour moi n’est valable que pour moi. Mais peut-être cela pourra-t-il vous aider ? Ce que je n’aime pas vous conviendra peut-être mieux que ce qui me plait ?

Du partage, des réflexions, et surtout, du bonheur

Voilà pourquoi j’écris ce blog.
Pour aider, par le partage, et un peu de bousculades parfois.
Parce que je crois en la force de l’exemple, parce que je crois sincèrement et fondamentalement que tou-te-s autant que nous sommes nous avons tout ce qu’il nous faut en nous pour être épanoui-e-s.
Même si nous l’ignorons nous-même. Ce sera justement en puisant à l’extérieur, en cherchant, en trouvant, en errant parfois, qu’on finira par découvrir la réponse qu’il nous fallait…en nous-même. 🙂

J’ai foi en l’être humain en tant qu’individu.
Réellement.
Profondément.

Et je ne souhaite que le bonheur pour tou-te-s.

Et quelqu’une d’affirmée derrière le clavier !

On m’a dit que je passais pour quelqu’un d’orgueilleux voir de méprisant parfois tellement j’étais sûre de ce que je disais.
Alors d’abord, je trouve cela triste qu’on confonde assurance et orgueil, mais passons.

Je comprends cette réaction, ce sentiment. Et je crois qu’en fait, ce qui est destabilisant pour les autres, est cette sérenité que j’ai vis à vis de mes propres imperfections et erreurs effectives, possibles et/ou futures.
Je ne suis qu’humaine. Je me trompe. J’ai des défauts.
Je travaille très sincèrement à être la meilleure version de moi-même à chaque jour qui passe, et je ne me voile pas la face quant à mes défauts.

Mais j’ai cessé d’en avoir honte.
Parce qu’il n’y a pas de honte à avoir des défauts ! C’est juste humain.
La honte serait, je ne sais pas, de se vautrer dedans, de faire du mal aux autres et … d’en être fière tiens peut-être.

Mais je ne suis pas fière de mes défauts, je les accepte, nuance.

Comme j’accepte de n’être que moi. De ne pas être aimée par tout le monde (même si ça me blesse). De ne pas penser comme tout le monde.
D’avoir éventuellement (mais éventuellement hein !) tort.

C’est juste « ok ».

Je n’écris pas pour avoir raison, je n’écris pas pour la gloire ( même si je prends volontiers la gloire) , je n’écris pas pour qu’on soit d’accord avec moi.
J’écris pour partager.
Pour aider.

Parce que oui j’ai la prétention de penser que témoigner d’un chemin de vie atypique, ça peut aider. 🙂

Retour sur l’émission Mille et une vies « Comment vivre lorsque l’on est surdoué ? »

Avant que je ne réponde par une boutade, voici le lie de l’émission :

 

D’abord, un petit retour sur l’émission.

Comme d’habitude, une jolie émission qui respecte ses invité-e-s et le sujet dont ils et elles viennent parler.
J’ai regretté que cela soit pls centré sur les ados, et aurait aimé entendre d’avantage Sophie, qui a découvert son HPI à 40 ans.

L’excellente surprise fut pour moi les interventions de Mme J.Siaud-Facchin (JSF dans la suite de l’article).
Je ne m’en suis jamais cachée, je ne suis pas celles qui sont sensibles à l’approche de Mme JSF sur le sujet de la douance.
Je ne m’étalerai pas ici sur le pourquoi, mais si vous me demandez, je vous répondrai avec plaisir.
J’admets donc avoir été dans mes petits souliers lorsque j’ai appris que Mme JSF était également invitée de l’émission.

Et bien, mal m’en a pris, car j’ai été figurativement percutée par ses interventions.
D’accord, pour être honnête, j’en ai versé quelques larmes là ! C’est vite passé, mais j’ai été très touchée.

Alors je peux être aussi pas en accord que je veux avec une conception de la douance qui me semble un peu « fluffy », mais en attendant, Mme JSF a eu des paroles d’une justesse, d’une compréhension et, oui, d’une douceur qui m’ont beaucoup étonnée et touchée.

Elle a notamment souligné l’injustice patente dont pouvaient souffrir les surdoués à savoir qu’ils et elles étaient comme tenus à la réussite – puisqu’ils/elles sont surdoué-e-s – mais n’y avaient pourtant pas droit.
La phrase donnait quelque chose comme cela : « Les surdoués aussi ont le droit de réussir ».

C’est bête n’est-ce pas ? Mais c’est quelque chose qui m’a beaucoup touchée.

Je suis donc ressortie de cette émission avec une compréhension plus juste (dans le sens de plus équitable) je crois, du travail de Mme JSF.
Si je ne suis pas en accord avec sa conception et son abord de la douance, je ne peux que lui reconnaître une compréhension et empathie certaine avec au moins certains tourments que peuvent rencontrer les surdoués. Et c’est suffisamment rare pour être apprécié ET souligné.

Je vous invite à écouter et visionner la première heure de l’émission, et découvrir ces douces familles, qui font de leur mieux avec ce qu’elles ont et ce qu’elles n’ont pas. 🙂

Les mêmes commentaires ridicules…

Lors de mon propre passage  à cette émission , certains commentaires m’ont complètement étonnée.
Je ne m’attendais évidemment pas à des salves de compliments, j’étais même préparée à tout un tas de désagréments plus ou moins grands, mais je dois admettre que je n’en avais pas prévu certains.
C’était ceux qui venaient supposer et critiquer…mon appartenance sociale et mon droit -qui en découlait visiblement – à souffrir ou pas.

Ainsi, quelques commentaires disaient en substance que l’émission « n’invitait que des bourges » ou que mes problèmes étaient ceux « d’une pauvre petite fille riche » qui « ne sait pas ce que c’est que de souffrir ».

J’en ai été estomaquée.
Je ne voyais pas comment on pouvait supposer de quoi que ce soit quant au niveau de vie de mes parents ou de moi-même avec cette émission. Et je ne comprenais pas non plus en quoi, « si on avait de l’argent », on ne connaissait pas la souffrance humaine…

Et bien figurez-vous que j’ai vu exactement le même genre de commentaires suite à l’émission et aux témoignages de Justine et Constant !
Sur Twitter, le tweet a du être supprimé je ne trouve que ma réponse à ce dernier, quelqu’une qui me dit que « c’est quand même des problèmes de bourges tout ça ».

Quelle drôle d’idée que seule une certaine catégorie de personne puisse avoir le droit de souffrir ou d’avoir des soucis…

Ce que tout ça m’évoque

Un grand plaisir de voir le sujet de nouveau traité. 🙂
Bon, on aurait encore pu faire mieux en ne parlant pas des problèmes. Mais chaque chose en son temps, je suppose.
Laissons le temps aux gens de se faire à l’idée que déjà nous existons et avons le droit d’exister dans notre différence.
Ensuite, on tachera de leur faire comprendre qu’on va très bien, ou au moins pas plus mal qu’eux fondamentalement, et que c’est juste l’étroitesse d’esprit de cette société qui nous met à mal.

On va y arriver, à force. 🙂

L’amour chez les AHPI

C’est un aspect de la vie qui, malheureusement trop souvent, pose problème aux AHPI.

Trouver l’autre…

Trouver l’amour, c’est trouver l’autre. Cet (ou ces) autre(s) avec qui on sera bien, simplement bien. En la présence de qui nous pouvons être nous-même, entièrement, totalement, sans aucun fard.

Quelle merveille n’est-ce pas ? Quel paradis pour nous qui, pour parfois simplement survivre au milieu des autres, nous amputons d’une partie de nous-même, ou qui portons des masques.

… seul(e) au milieu des autres

Mais comment trouver cet-te autre quand toute notre existence, au quotidien, nous nous sentons comme un-e extraterrestre, seul(e) individu de son espèce sur cette planète ?
Parfois, certain-e-s préfèrent simplement renoncer aux relations amoureuses telles qu’ils/elles les conçoivent.
Pour se conformer aux normes sociales (la pression en ce sens est très forte) certain-e-s se contentent de relations qui ne les nourrissent pas. Ou bien renoncent totalement.

Neurotypique ou HPI ?

Pour celles et ceux qui n’ont pas renoncé (et évidemment, je ne saurai que vous encourager à ne pas renoncer. Pas pour la conformité sociale, mais pour le bonheur que cela représente) se pose parfois la question de la nature du/de la/des partenaire-s : Neurotypique(s) ou HPI(s) ?

Il y a toutes les réponses à cette question, et je vais tenter de vous exposer succinctement les arguments des un-e-s et des autres.


HPI/HPI
Il y a ceux et celles qui pensent qu’il vaut mieux pour un-e HPI de trouver un-e partenaire (ou plus) HPI également.
Ceci se comprend aisément.
Etre HPI c’est penser différemment, à un rythme particulier, et être malgré beaucoup d’efforts parfois, des marginaux dans la société.
Les HPI témoignent souvent de la difficulté à échanger, communiquer profondément avec les non-HPI. Il est souvent question de cette sorte de barrière invisible, de rythme différent, et d’efforts colossaux à produire pour simplement « être avec les autres ».
Avec une autre personne HPI, souvent on constate des échanges plus fluides, plus faciles, plus sereins. Plus nourrissants et stimulants également.
C’est un peu comme trouver quelqu’un qui parle la même langue maternelle. Avec les autres, on parle notre seconde langue. Etant bilingue ça se passe bien, mais il n’empêche qu’un échange dans notre langue maternelle sera sans doute plus riche.
Aussi sur le long terme, une relation HPI-HPI peut être plus facile à mener, moins éprouvante et donc ayant plus de chance de durer.

HPI/NT (neurotypiques)
L’amour c’est l’amour, et il ne connait aucune règles ni aucune loi.
Vous trouverez moult exemple de HPI en couple ou en relations amoureuse avec des personnes non-HPI sans qu’elles n’éprouvent aucune difficulté ni aucune frustration et vivent un bonheur complet.
La différence est une richesse, aussi ce qui pose parfois des difficultés peut aussi être source d’enrichissement profond.
Construire une relation sur le long terme, c’est aussi accepter l’autre tel-le qu’il/elle est, et s’accepter soi tel-le que nous sommes.
Et nous sommes bien plus qu’un réseau nerveux, une couleur de peau, une couleur de cheveux, ou une taille ou un poids.

Se trouver soi pour trouver l’autre

De ma fenêtre, une histoire d’amour ne dépend pas tant de l’autre que de soi.
Aimer quelqu’un-e, c’est pour moi l’aimer telle que cette personne est. Non pas telle qu’on la souhaiterait, pas telle que l’on aimerait qu’elle soit, pas non plus telle qu’on l’idéalise, mais bien telle qu’elle est.

Et pour être capable de voir l’autre tel-le qu’il/elle est, il faut être capable de ne pas projeter sur lui/elle ses blessures, ses manques, et les vieux schémas relationnels inconsciemment hérité de ses parents.
Pour arriver à cela, je crois que s’aimer soi-même est la clef.
S’aimer tel-le que l’on est.
Cela demande (pour moi en tout cas!) beaucoup de travail, beaucoup d’indulgence envers soi-même, et aussi – toujours dans mon cas – deux amies sincères pour vous rappeler à la réalité quand vous délirez.

Une fois libérer, ou du moins conscient-e des projections et névroses que l’on sur soi-même, il nous est possible de ne pas les projeter sur l’autre.
Et donc de le/la voir tel-le qu’il/elle est vraiment.
(Pour peu qu’il/elle soit transparent avec ce qu’il/elle est mais c’est une autre question sur laquelle nous n’avons pas prise.)

Une fois cela fait, c’est la personne dans sa globalité qui nous séduit, qui nous plait.
C’est son intelligence, son humour, son allure, son physique, son caractère, ses blessures, ses forces, ses extravagances (ou non), ses fêlures…
C’est l’être humain en face de nous qui nous séduit.

On peut aimer « n’importe qui », indépendamment de son caractère nerveux.

Personnellement

Je sais que le bonheur sans nuage que je vis avec mon fiancé s’explique par ce simple fait : nous nous comprenons.
Et jusqu’à présent je n’ai été comprise – il ne s’agit pas là de communication, mais de compréhension de ce que vis, ressens et est l’autre – que par des personnes officiellement diagnostiquées HPI.
Mon fiancé est la seule exception à cette règle puisqu’il n’a passé aucun test.

Je n’ai donc que mon ressenti pour me prononcer sur sa nature neuro(a)typique.
De vous à moi, je suis persuadée « qu’il en est ».
Lui est persuadé du contraire. Ce qui ne fait que renforcer ma conviction qu’il en est.

Je serai donc plutôt de celles qui vous diront qu’en étant HPI, avec un-e autre HPI, c’est mieux qu’avec un-e NT.
Mais « mieux » ne veut pas dire « obligatoire » ou encore « unique possibilité ».

En conclusion

L’amour, ou les relations humaines, sont des histoires d’individus dans leur globalité avant tout.
Le fait d’être ou non HPI est un des ingrédients qui participent (ou non) à l’harmonie de la relation.
Mais c’est à vous et à vous seul de déterminer quelle part cela occupe(ra) dans votre relation.
Il n’y a pas de bonne ou mauvaise réponse en la matière, il n’y a que ce qui fonctionne pour vous.

#AHPI #douance #amour

Mille et une vies – MERCI !

A toutes les personnes qui m’ont écris, qui m’ont contactée d’une façon ou d’une autre suite à mon passage dans l‘émission Mille et une vies sur France 2 ce vendrredi 21 octobre 2016 :
Merci !
Merci pour vos mots qui donnent tout son sens à cette démarche un peu folle.
Merci d’être le pourquoi de tout ça.
Moi qui croyais que ce serait un coup d’épée dans l’eau, un coup pour rien. Moi qui croyais que cela relevait plus de l’acte de foi que de l’action efficace.
Vous m’avez montré que non !
Merci ! Je suis tellement heureuse que cela ait fonctionner, tellement heureuse d’avoir pu, même un tout petit peu, aider, soulager, apporter un peu d’espoir.
C’est magnifique. C’est merveilleux.
Merci pour ces retours si gentils. Merci pour votre compassion, votre bienveillance.
Merci pour votre confiance aussi.
Merci pour tous ces retours qui viennent me nourrir, me guérir, m’encourager.
Merci !
merci