Pourquoi se dire ?

J’ai parcouru dernièrement un article de Zeb Léon sur le pourquoi de son anonymat sur internet.

Ce qui m’a frappée plus particulièrement est la dernière partie de son billet, où il aborde l’impact possible d’un non-anonymat sur sa vie professionnelle.

En voici la citation, mais comme pour toutes les citations, je vous invite à la replacer dans son contexte en allant consulter l’intégralité de l’article ici.

« Je suis anonyme aux yeux des recruteurs

Mon côté zèbre m’amène à changer de temps en temps d’emploi que ce soit par lassitude où par le fait de ne pas être rentré assez dans le moule de la société.

Je n’ai pas trop envie que les recruteurs lorsqu’ils se renseignent sur moi lors d’une recherche web tombent sur mon blog.
Je ne suis pas sûr que d’afficher publiquement à mes futurs employeurs que je suis un zèbre et que parfois, je peux avoir des idées un peu différente des leurs soit une bonne chose pour ma carrière. Donc moins ils en savent ce niveau-là mieux ce sera pour mes futures recherches d’emploi (suis en plein dedans justement) »

 – Zeb Léon, « Etre un blogueur anonyme sur internet »

Une remarque légitime

Penser que son profil atypique ne sera pas bien reçu par un•e éventuel•le futur•e employeur ou employeuse est une réaction parfaitement légitime et très commune.

Elle repose sur une vérité que l’on ne peut nier : un profil atypique dans la vie professionnelle est trop souvent pénalisant.
Les projections et préjugés sur les surdoué•e•s jouent rarement en notre faveur.
Il existe, heureusement, des exceptions, mais elles sont, par définition, exceptionnelles. Il est donc légitime de préférer ne pas être identifié•e comme surdoué•e à son travail.

Le risque

Dire que l’on est HPI, dans la vie professionnelle, c’est s’exposer au risque de se voir refuser le poste.
Les raisons derrières ce refus sont diverses : jalousie, peur, préjugés.
Mais le résultat est le même : pas de travail ou pas d’évolution ou mise au placard. (Grosso modo. Et évidemment, il y a pléthore d’autres raisons qui peuvent aboutir aux mêmes résultats, mais ici je m’intéresse au fait de dire sa nature de HPI)

Le risque est donc réellement conséquent.

La décision de se taire est de fait parfaitement compréhensible et inattaquable.
Risquer sa carrière, en somme, n’est pas une décision que l’on prend à la légère.

Alors, pourquoi le dire ?

Face à ces réelles complications possibles, pourquoi choisir d’être transparente quant à ma nature de HPI ?

Parce que ces discriminations sont injustes, intolérables pour moi.
Parce que je ne suis pas toute seule, parce qu’il ne s’agit pas que de moi.
Pour que les choses changent.

Parce que si un jour je veux pouvoir vivre dans une société où toutes les personnes HPI n’auront plus à craindre des discriminations dans leur vie professionnelle (et personnelle) à cause de leur nature de HPI, je me dois de commencer à la construire en commençant par moi.

Bien sur, je sais que je prends des risques.
Mais je crois que c’est par l’exemple, en montrant que les choses sont possibles, que d’autres l’ont fait, que l’on change les choses.
Petit à petit.

Je n’ai pas l’ambition d’être une héroïne du HPI, et je ne me considère pas du tout comme telle, heureusement !
Mais je crois profondément en la force de l’exemple.

Vous savez, ces personnes de votre entourage proche ou moins proche, que vous admirez et qui vous inspirent dans votre vie, mais qui sont pourtant « seulement » votre professeur•e, votre médecin, votre voisin•e, ou la/le bénévole de telle ou telle association ? Elles sont des exemples, des sources d’inspiration, des preuves que ce qu’elles accomplissent peut être accompli, et leurs simples existences vous motivent dans vos accomplissements.

C’est en ces exemples que j’ai foi, et c’est un de ces exemples que j’essaie d’être, à ma toute petite et modeste échelle, pour le HPI.

Un exemple, pas une référence, attention.
Juste un exemple parmi tous les possibles.

Mais qui existe. Et dont tout le mérite est justement là : exister.

Pour tou•te•s les autres, avec et après moi

Si, évidemment, je le fais pour moi en premier lieu, je le fais aussi pour les autres.
Pour toutes ces autres personnes qui se disent qu’elles aimeraient bien ne pas se taire, mais qui n’osent pas. Pour toutes celles qui auraient besoin de voir que d’autres le font pour pouvoir oser le faire et s’épanouir ainsi.

Pour qu’à force d’exemple, le HPI ne soit plus une source de discrimination ou de honte pour personne.

En fait, j’ai juste envie d’être une de ces milliards de gouttes d’eau qui formeront un jour la société-océan dans laquelle le HPI ne sera plus un sujet de discriminations, de honte ou de souffrance pour personne.

Note : Vous avez là ce qui motive ma démarche de non-anonymat.
Mais ma démarche n’est en rien une accusation ou un reproche envers celles et ceux qui en ont une autre.

Personne n’est tenu à quoi que ce soit.
Ce n’est pas parce que moi, j’ai à cœur de travailler à faire tomber les discriminations sur le HPI que j’estime que tout le monde devrait le faire ou que c’est mal de ne pas le faire.
Ou le faire exactement de la même façon que moi.

Bien sur que non.

Note 2 : Pour celles et ceux que la question du HPI au travail interesse, je vous invite à lire les articles de Matthieu Lassagne, sur son site https://www.coaching-et-douance.com/

Témoignage dans la presse

Grâce à Nadine Kirchgessner, auteure et créatrice du site Planète Surdoué, j’ai été mise en contact avec une journaliste du Figaro Madame, qui recherchait des témoignages des femmes surdouées.

Le but était de trancher avec la vision mélodramatique du #HPI chez les adultes, et d’en proposer un point de vue plus positif.

Le résultat, vous pouvez le lire ici : « Je suis sourdouée et ça n’a pas été facile tous les jours »

Oui je sais, à lire le titre de l’article comme ça, on ne dirait pas que le but est d’être positif !
Mais, je vous assure c’est déjà beaucoup mieux que ce qu’on nous sert régulièrement sur le sujet.

Pour être tout à fait honnête avec vous, je suis partagée au sujet de cet article.
Je suis heureuse de la conclusion, qui est résolument positive, et qui est fidèle à mes derniers mots de l’interview.
Mais je suis contrariée par la façon dont les choses sont racontées. Du moins en partie.
Telle qu’écrites là, on dirait que les difficultés que j’ai pu rencontrées sont dues au HPI.
Alors que les choses ne sont pas si simples et que de tels troubles n’ont jamais une seule cause. Si le HPI doit être mêlé à cela, c’est surtout par l’ignorance de ma nature, plus qu’au HPI lui-même.

Je suis aussi contrariée par le raccourcis et l’association qui pourra être faite après lecture entre femme, HPI, TCA et souffrances.

J’aurais aimé que l’article en général soit plus positif. Les troubles et les difficultés prennent beaucoup de place dans le récit, alors que moi, je ne leur en accorde que peu dans ma vie.
Mais je comprends que le but d’un article est d’être lu, que pour être lu il faut inciter à la lecture, et que certains sujets sont plus porteurs que d’autres à un temps T. Aussi, avec la sortie cette année du livre-témoignage d’un ancien mannequin, et la rentrée des classes, le combo TCA et harcèlement scolaire était bienvenu.

Ceci étant, ces troubles font partie de mon histoire, de ce que je suis, et ce serait être malhonnête que de les nier ; et ce n’est pas une honte d’en être affecté·e. Pour autant, ils ne me résument pas non plus et j’aurais préféré que l’accent soit plutôt mis sur le HPI dans l’article.

Je tiens également à préciser trois choses :
Mon enfance, contrairement à l’impression que l’article laisse, a été très heureuse.
Ma famille ne m’a jamais empêchée ou découragée à être la meilleure de la classe (ça c’est une GROSSE erreur dans l’article).
Et ce n’est pas la lecture du site Planète Surdoué qui m’a déprimé, mais le livre de JSF.

Mais je suis heureuse du ton de conclusion, contente du fait que cela transmette bien que le diagnostic a été pour moi un tournant et une clef majeur qui m’a permis de construire plus d’harmonie dans ma vie.
Je suis contente aussi, qu’à la fin, on entende que le HPI peut présenter des difficultés, mais que ce n’est ni une tare ni un handicap, et que l’on vit très bien avec.

N’hésitez pas à me laisser vos commentaires sur l’article, je suis très curieuse !

N’hésitez pas non plus à visiter le site Planète Surdoué, c’est une mine d’informations.

#HPI #HQI #douance #témoignage #presse #surdouée

Être et dire

Episode 28 342. Version 165.438.

Vous l’aurez deviné, je vais (encore!) me pencher sur le sujet de dire que l’on est surdoué-e ou pas.

Ouiiiiiiiiii, je saiiiiiiiiiiiiiiiiiis, j’en ai déjà parlé trois ou quatre fois dans ce blog. Je sais.
Et bah ça fera une fois de plus !

En ce moment je fais l’expérience du dire la chose en contexte relativement sécurisé.
En somme, je dis que je suis surdoué-e dans le cadre de mes études de psycho.

C’était lors des TD en présentiels, obligatoires (sur le papier) pour valider l’année. J’ai forcément rencontré d’autres étudiants et nous avons échangé sur le pourquoi de notre présence ici, les centres d’intérêt et souhaits de futures orientations et études pour les un-e-s et les autres. Fatalement, quand je dis que je m’intéresse à la neuropsychologie avec comme sujet privilégié la plasticité neuronale de l’AHP et l’accompagnement des AHP diagnostiqué à l’âge adulte, on me demande pourquoi cet intérêt précis. Et souvent ça prend la forme de la question : « Tu es concerné par le sujet d’une manière ou d’une autre pour t’y intéresser si précisément ? » Là je réponds « oui ». Et la seconde question arrive « Tu es toi-même surdouée ? »
Et là bah, je ne vais pas mentir non plus (même si expérimentalement ce serait SUPER intéressant) alors je dis oui.
Il y a souvent suite à cela un petit flottement, comme si on ne savait pas très bien comment enchainer avec ça.
Mais, jusque là, j’ai eu la chance d’interagir avec des gens adorables, délicats et ouverts. Voir même curieux de la chose.

Ce n’est pas pour autant facile, parce que certains cherchent comme à gommer la différence. Ils me demandent en quoi je suis réellement différente. Et quand je leur expose la différence ils me répondent « mais c’est pareil pour tout le monde ».
Oui certes, nous sommes tous humain-e-s, nous avons tous des problématiques humaines.
Mais décrire sa psychée, ses sentiments, et surtout leur caractère différents par rapport à ceux des autres (alors qu’on ne peux pas savoir, on ne les ressens pas les sentiments des autres) ce n’est pas facile.

Pour moi la difficulté c’est de faire face à cette blessure, où j’ai le sentiment que toutes les questions en fait dissimulent cette affirmation :  « Tu n’es PAS différente de moi. Tu n’es pas surdouée« .
J’ai la chance jusque là d’avoir à faire à des personnes gentilles et qui sont simplement curieuses. Le reste, je crois, m’appartiens et à part moi je pense qu’il n’y a personne pour penser à ces affirmations cachées.

C’est ce travail sur moi qui est intéressant.
J’apprends donc à dire ce que je suis, et à tâcher d’en faire un sujet d’apprentissage et non de rejet (dans les deux sens, que les autres ne me rejettent pas et que je ne reste pas coincée dans mes peurs d’être rejetée)
Ça me demande des efforts, notamment pour ne pas paniquer parce que je ne sais pas répondre à certaines questions.
Comment répondre quand on vous demande « En quoi tu penses, ressens différemment ? Quelles sont les problématiques propres aux surdoué-e-s ? »
Spontanément je voudrais répondre, les autres, le rapport au monde.
Mais pour tout le monde ces choses là peuvent être un problème.

Comment parler de quelque chose qui se vit plus qu’il ne se dit ? Bien sur il y a les études, et les découvertes des scientifiques.
Mais comment retranscrire la réalité émotionnelle et surtout son caractère exceptionnelle (dans le sens de rare, inhabituel, peu fréquent) quand, il est vrai, les problème rencontrés sont sur le même thème que ceux des « autres » mais d’une autre intensité et d’un autre ordre ?
Comment donner de la réalité, de la substance, à la pensée dite en arborescence quand on sait qu’en face, on se heurte à la pensée linéaire ?

C’est compliqué.
Mais j’ai découvert que dire : « je ne sais pas te répondre » était une voie plus douce et bien meilleure pour dialoguer.
Je crois que le fait de dire que l’on ne sait pas répondre apaise un peu l’autre, en lui prouvant que je ne sais pas tout. Cette ignorance me rend sans doute plus humaine, plus proche, moins différente.
Moins menaçante également j’imagine.

Pour le moment, l’expérience se passe bien. Je ne le crie pas sur les toits, je réponds quand on me pose la question. Et ça se passe bien.
Je n’en rajoute pas, je ne mets pas ma différence à toutes les sauces et sur tous les tapis. Et de leur côtés, mes camarades étudiant-e-s ne me pointent pas du doigt et se comportent avec moi comme avec n’importe qui d’autre.

C’est chouette.
Je redécouvre avec plaisir la joie de l’échange, le courage de dire et surtout, surtout le bonheur de partager, d’être ce que l’on est sans honte.

Bien evidemment je ne suis pas naïve au point de ne pas voir quand ça en heurte certain-e-s. Quand ça leur fait peur ou que cela génère un biais de perception de ce que je suis.
Mais j’apprends aussi à voir mes propres projections, mes propres peurs.

Et c’est cool.

Ils et elles ne le savent pas, mais je leur en suis très reconnaissante.

Oh et le bonus c’est que du coup, au détour d’un TD, on en croise d’autre des HPI 😉

 

#AHP #QI #HPI #HQI #THQI #THPI #douance #zèbre #adulstesurdoué

Boule à facette : vous ne me connaissez pas

J’ai écouté ce matin un podcast de France Inter, de l’émission La tête au carré.

« La précocité intellectuelle de l’enfance à l’âge adulte »

Rien que de très banal pour les personnes versées dans le sujet. Bien qu’en creusant un peu comme moi, vous aurez sans doute entendu et lu tous les sons de clochers et versions imaginable : différence qualitative versus quantitative; les deux mon capitaine; surdon synonyme de handicape, surdon synonyme de qualités en plus; le surdon n’existe pas vraiment vs la haute efficience intellectuelle est une réalité n’en déplaise à ceux qui ne sont pas concernés, etc.

Mais à un moment donné, je ne sais plus quand dans l’interview, plutôt en deuxième moitié, la grande prêtresse des adultes surdoués JSF pour les intimes a cette comparaison : les adultes surdoués sont comme des boules à facettes qui ne renvoie qu’une partie de lumière et d’image bien spécifique en fonction de la personne en face d’eux.

E-NOR-ME !

Pour ma part, je dis OUI, mille fois OUI.

C’est sans doute cette intime vérité, que personne ne me connait vraiment puisque je ne livre jamais tout de moi, qui fait que je suis tellement en colère quand on me prête des pensées ou des comportements qui ne sont pas les miens. Quand en somme, on me met une étiquette ou une case, juste d’après un aperçu de ce que je peux être et un peu de ce que je suis.

Cette belle vérité est aussi triste, parce qu’en fait, personne ne me connait.
Cher-et-Tendre est celui qui me connait le mieux de tous.
Le mieux.
Il ignore de moi probablement ce que j’ignore moi-même. Ou bien il sait des choses de moi-même que j’ignore totalement…C’est possible aussi !
Quoi qu’il en soit, lui me connait le mieux. A lui j’ai tout montré de ce que j’étais.
Je pense.
Les autres… Les autres n’ont que des bouts, plus ou moins vastes avec le temps ou non, qui s’entrecoupent ou non, et tout ça teinté de leurs magnifiques, nombreuses et ô combien pesantes projections. Cette dernière précision particulièrement pour la famille.

Ils et elles pensent me connaitre.
Il n’en est rien. Ils connaissent un bout de moi. Le bout que j’ai bien voulu leur montrer et que j’ai poli de façon à ce qu’il leur soit adapté à la perfection, de façon à me rendre aimable à leurs yeux.
Est-ce que j’ai menti sur moi-même pour autant ?
C’est une bonne question. Peut-être qu’à force, avec le temps, j’ai fini par leur mentir…Mais cela aura été à force de chercher à convenir, à ressembler, à être « comme il faut », à force de vouloir satisfaire les un-e-s et les autres dans leurs attentes, que je me serais perdue de vue.
Et ne sachant plus (ou pas ?) quelle était ma vérité, je leur mentais pas conséquent en ne leur livrant que la version de la vérité qu’ils attendaient, et non ma vérité.

Ainsi ils ne me connaissent pas.
C’est triste et c’est beau à la fois.
Car avant d’avoir cet éclairage sur moi-même, j’étais déjà consciente de cette partition de mon être. Et elle s’exprime à travers mes relations par les surnoms et sobriquets qui m’ont été donné au fil du temps.
Pas un seul de mes amis ne m’appelle de la même façon. Pas un.
Et j’adore ça.
Parce qu’il m’a toujours semblé, et c’est encore vrai aujourd’hui, qu’en créant cette unicité d’appellation, j’illustrais l’unicité de notre relation.
Je me livre à chacun d’eux comme à personne d’autre. La part de moi que je leur offre, ils sont seul à l’avoir.
Ma relation à L. n’a pas d’équivalent par exemple, il a une part de moi que personne d’autre n’a.
J’aimais et j’aime toujours l’idée qu’il y a un hommage et une volonté farouche de préserver l’unicité de mes relations à mes amis. De leur donner une place unique. [D’autant plus que je n’en ai pas tant que ça des amis hein…Encore la semaine dernière (ou il y a deux semaines) il y en a une qui s’est fait la malle.]

Le pendant de l’histoire, c’est qu’à force de ne donner qu’une seule part à chacun, je ne suis jamais entière avec personne.
Un mécanisme de préservation inconscient, aussi naturel que de respirer.
Il me faut me préserver, au moins en partie.
Je préserve une part de moi, une part qui ne sera pas blessée, ou du moins qui ne sera pas blessée constamment, par tout le monde.

C’est une question de survie.
Comme d’un petit bout de foie, l’organisme peut en reconstituer un entier, l’organisme psychique, émotionnel et intellectuel que je suis se doit de préserver cette petite part de laquelle je pourrais toujours me reconstruire.

Ce n’est pas plus leur faute que la mienne. Nous sommes responsables ensemble. Moi de ne pas me livrer entièrement (mais qui le fait ?) eux, de ne pas m’accepter entièrement quand je tâche de me livrer.

J’ai envie de dire, très envie, à toute ma famille, à tous ceux qui pensent m’avoir cernée, me connaitre; j’ai envie de leur dire qu’ils/elles ne me connaissent pas.
Qu’ils/elles se trompent et surtout, que ce qu’ils/elles croient savoir de moi, ils/elles peuvent l’oublier.

« Je suis plus.
Je suis vaste.
Je suis l’horizon infini, les océans insondables et l’espace indicible.
Je suis l’Univers qui palpite, je suis le soleil qui meurt et la galaxie qui naît.
Je suis la Vie et ses nuances, je suis l’expansion et le chaos.
Je suis Tout, et vous n’en savez rien.

Quand vous voyez un clapotis sur une berge, c’est la mer toute entière et ses tempêtes qui vous sont dissimulées.
Quand vous ne voyez qu’une fleur délicate, c’est la jungle et ses danger que vous oubliez.
Quand vous pensez voir les ténèbres, vous ignorez qu’elles sont le fruit d’une plus grande lumière.

Vous ne savez rien de moi, quand je sais tant de choses de vous.
Je sais vos angoisses, vos doutes et vos blessures, souvent même avant vous.
Je vois en vous comme dans du cristal, quand vous ne voyez de moi que votre reflet que vous projetez sur moi.
Je n’ai encore rien dit, et vous, vous me dites déjà tout de vous.

Vous pensez être forts, quand pour moi vous n’êtes que violents.
Vous pensez être drôles, quand pour moi vous n’êtes que méchants.
Vous pensez être solides, quand pour moi vous n’êtes qu’égoïstes.

Je pourrais vous en mettre des étiquettes, moi aussi.
Je pourrais vous juger et vous réduire, moi aussi.
Je pourrais vous faire mal, moi aussi.
Mais je ne le fais pas parce que je sais que vous êtes plus qu’une liste de qualificatifs.
Je ne le fais pas, parce que je sais que vous êtes aussi complexes que l’univers qui vous a amené à la vie.
Je ne le fais pas parce que je sais que ne pas avoir conscience n’implique pas la non-existence.
Je ne le fais pas parce que je sais que vous êtes plus que ce que cela, même si je n’y accède pas.

Mais vous…vous, vous semblez l’oublier quand il s’agit de moi.
Est-ce l’inconnu-e qui vous fait peur ?
Est-ce le fait de ne pas savoir qui vous pousse à réduire votre horizon ?
Est-ce la peur du changement qui vous empêche toute remise en question ?
Croyez-vous que ma différence empêche votre bonheur ?

Qu’y a-t-il en moi de si terrifiant que vous ne vouliez pas voir ? Qu’y a-t-il en moi qui vous rappelle vos cauchemars ?
Qu’y a t-il en moi de si terrible que vous ne me laissez pas la place d’exister toute entière ?

Suis-je trop vaste pour votre univers ? »

Partie de la Voie Lactée  Crédit : ESA/HFI Consortium/IRAS http://www.enjoyspace.com/fr/news/planck-espionne-notre-galaxie

Partie de la Voie Lactée
Crédit : ESA/HFI Consortium/IRAS
http://www.enjoyspace.com/fr/news/planck-espionne-notre-galaxie

#AHP #HQI #surdoué #surdouée #adultesurdoué

Je suis un Génie

Ouaip.

J’ai décidé.

Parce que ça me fait du bien de me dire ça. ^^ J’aime bien cette étiquette là, je trouve qu’elle brille.

Et puis, plus qu’une étiquette, c’est un bouclier. Contre la bêtise en premier lieu. La bêtise des autres surtout, et donc leur méchanceté. Et au final, un bouclier contre la souffrance.

Je me pose toujours la question de dire ou ne pas dire. Je sais que je disais avoir trouvé ma réponse dans un article précédent. C’était vrai. Ca l’est toujours…ou pas tout à fait.
Je ne suis plus certaine. Je continue de me poser la même question, mais avec le temps, les implications et conséquences ne sont pas les mêmes…

Aujourd’hui, la perspective de dire n’est plus dans le but d’être comprise ou acceptée. Non j’ai renoncé à cette idée, parce que j’ai fini par constater que malgré toutes les explications, références, lectures que je pouvais donner sur le sujet, les gens n’entendaient jamais que ce qu’ils voulaient, et ne percevaient finalement que ce qu’ils projetaient sur vous. Ils ne nous voient pas nous.
Alors, autant se servir de ces projections pour ne pas trop souffrir.
C’est ce que je me dis.
Si au moins on me considère comme une génie, on acceptera comme « normales » mes soit disant excentricités. Parce que, c’est bien connu, les génies sont bizarres.
Et puis, quand je n’ai plus d’énergie à mettre dans les relations sociales « normales », je pourrais leur dire : « bon écoute tu ne comprends pas, mais c’est normal, ça doit être trop compliqué pour toi. Allez au revoir !  »

Ça vous parait horrible hein ?
Mais je ne suis pas méchante je vous assure. C’est juste que parfois, c’est fatiguant de voir ce que les autres ne devinent même pas, et, surtout, de lire dans leurs yeux ce jugement, cette presque pitié face à celle qui a tant de mal avec les autres et le monde.
Quand je vois ce regard, intérieurement je soupire, ou je hurle. S’ils savaient…
Mais ils ne veulent pas savoir.

Ils prennent ma souffrance pour de la bêtise. Il prennent mes idées pour de la folie. Ils prennent mes sentiments pour de la naïveté.
Ils me regardent et ils ne comprennent pas, ils ne veulent pas comprendre non plus.

Alors parfois je me dis que je devrais les laisser croire. Les laisser croire que je suis méchante, imbue de moi-même, et oui, tellement plus intelligente qu’eux.
Je devrais les laisser avoir peur de moi.
Parce que leur peur, au moins, me préserverait un peu de leurs mots blessants, de leurs regards de pitié.
Je préfère leur faire peur et avoir la paix, que de tenter de me rapprocher d’eux et souffrir.

Oui parfois je me dis que dire, en jouant sur leur projections, ce serait me rendre la vie plus facile.

Mais je sais aussi que je vivrais mal ce rejet, je sais qu’ils me donneraient alors l’excuse pour être blessante, pour leur faire du mal consciemment, comme ils m’en en ont fait sans le savoir…
Mais ce ne serait que chercher vengeance, et ce serait stérile.

Parfois je me dis que c’est insoluble. Que dire ou ne pas dire, je me retrouve quand même dans cette impasse de la super-conscience.

#AHP #HQI #surdoué #surdouée #adultesurdoué #femmesurdouée

La Vie

Étrange phénomène.

Je me souviens avoir ouvert ce blog en voulant témoigner du bonheur du Haut Potentiel Intellectuel. Et en plus d’un an, bien peu de messages allaient dans ce sens finalement.

Mais peut-être avais-je besoin de ce temps pour exprimer tout cela justement.

Maintenant que le poison est écoulé si j’ose dire, mon esprit (et mon coeur) est libéré et s’ouvre enfin pour vous partager mes bonheurs.

Il a d’abord fallut que je parle. Que je dise mes frustrations, mes douleurs, mes incompréhensions. Ce qui m’amène, ou me ramène, à l’importance salvatrice de la verbalisation, et de l’écoute.

Qu’il s’agisse de celle d’un ou une thérapeute ou de celle de lecteur anonymes et discret d’un blog. Ou pas si anonymes par la suite pour certains ^.^

Quoi qu’il en soit j’ai été entendue et pour moi, cela a été et est toujours fondamentale. Je n’ai pas besoin que l’on soit d’accord avec moi ni que l’on me conforte, j’ai besoin d’être entendue. Même pas écoutée forcément mais juste entendue.

Alors pour commencer les « beaux » témoignages, voici :

La vie, la mienne en particulier, est à réinventer et à rêver et à construire chaque jour.

Nous AHP, un peu plus encore que les autres, avons cette capacité d’imaginer et de concevoir sans limites ou presque. Le cerveau humain peut cela, le notre d’autant plus.

Et c’est une chance. Une chance merveilleuse, car notre vie jamais ne sera banale ou linéaire. Nous nous construisons chaque jour, au très de notre pensée arborescente et nous sommes portées par ce Coeur qui bat plus vite, plus fort.

Nous ne nous laissons pas enfermer dans les limites des conventions sociales et notre chemin est plein de rebondissements. Nous nous adaptons vite, nous pouvons tout essayer.

Nous pouvons TOUT ESSAYER!

Ça ne veut pas dire tout réussir, forcément, mais bien tout essayer. Il nous est possible de tenter et nous avons un espoir raisonnable de réussir.

Il ne faut jamais oublier que beaucoup de gens s’enferme facilement dans une vie, dans un schéma. Et beaucoup oublient qu’ils ont leur vie en main.
Nous, nous avons la chance d’avoir une plasticité d’esprit « supérieure » ce qui fait que nous pouvons plus facilement entrevoir d’autres schémas, d’autres possibilités.
Nos horizons des possibles sont plus vastes.

Plus cruels parfois, mais plus vastes.

C’est, je crois, ce qui nous fait paraitre si singuliers et « bizarres » aux yeux des autres. C’est ce qui fait que nos parcours de vie sont qualifiés de « chaotiques »; alors qu’en réalité, nous ne faisons que suivre le fil d’une pensée qui va plus loin et autrement.
Nous empruntons des chemins inexplorés des autres.

Et parfois, cela créé de l’envie.
Parce que nous sommes de ceux qui reprenons nos études à 30 ans, alors que nous avons un travail à plein temps.
Nous sommes de ceux qui jouent aux RPG et qui tricottent à côté.
Nous sommes de ceux qui sont capable de « tout » parce que ce tout, nous le percevons.

Notre condition est pour beaucoup d’aspects bien difficile dans notre société, ne le nions pas. Mais pour beaucoup d’autres aspects, nous avons une chance fabuleuse.

Mon (futur) beau-frère a 25 ans (je vous en ai déjà peut-être parlé et si c’est le cas, veuillez excuser le poisson rouge atteint d’Alzheimer qui sommeille en moi) sa copine en a 23 ou 24 je ne sais plus.
Lui est diplômé d’une grande école privée internationale de RH. Il a un Master qui en plus est très recherché par les employeurs.
Il se voit proposer – deux fois dont une après un 1er refus de sa part à lui ! – un travail en or en Suisse. Payer extrêmement bien, et c’est son premier travail. On lui propose évidemment de le loger le temps qu’il trouve lui-même un appart ET on accepte qu’il vienne avec sa compagne…
Et vous savez ce quel est son discours ?

« Non mais on est victime du système, on peut rien faire dans la vie, c’est comme ça. Ça ne changera pas. »

Il est jeune, la vie lui appartient, il a TOUT entre les mains.
Mais pas l’essentiel manifestement. A 25 ans, il se considère déjà enfermé et surtout déposséder de moyens d’agir sur sa vie.

Lui proposer un autre chemin, c’est se heurter à son refus violent sous la raison que « ça ne marchera pas ».

Nous, AHP, sommes réalistes, critiques, tellement conscients de ce qui dysfonctionne chez nous et ailleurs. S’en est douloureux parfois, souvent même.
Mais en contre partie, nous savons aussi ce qui est possible. Nous sommes en constante évolution, en constant mouvement.
Rien n’est jamais figé chez nous.
C’est le secret de notre intelligence justement.

Car comment définit-on l’intelligence ? En la capacité à s’adapter à de nouvelles situations, et de trouver les moyens adéquats pour résoudre un problème.

L’intelligence est l’ensemble des facultés mentales permettant de comprendre les choses et les faits, de découvrir ces relations entre elles et d’aboutir à la connaissance conceptuelle et rationnelle (par opposition à la sensation et à l’intuition). Elle permet de comprendre et de s’adapter à des situations nouvelles et peut en ce sens être également définie comme la faculté d’adaptation. L’intelligence peut être également perçue comme la capacité à traiter l’information pour atteindre ses objectifs.

Source : Wikipédia

Cette intelligence nous donne l’opportunité de develloper une autre intelligence encore, celle de la Vie.
Celle qui consiste à comprendre qu’il y a une fin à cette existence terrestre, et que, malgré tout ce qu’on nous dit, si des contraintes extérieures existent bel et bien, nous restons maitre de notre vie.
Nous avons le pouvoir d’action dessus, nous choisissons toujours, à chaque seconde, ce qui en est de notre existence.
Et nous avons le pouvoir de la transformer.
(Oui, aussi parce que nous ne sommes pas un petits enfants d’un pays sous-développé, esclave et mourant de faim, sans toit où s’abriter.)

Regardez ma vie (Oui regardez ma vie un peu ! Je vous l’ordonne, regardez MOUA !) : j’ai fait des études des sciences, alors que ma prof de français de seconde s’était pratiquement rouler à terre pour que l’on m’oriente en L.
J’ai eu un bac S, mention Passable (donc sans mention en fait), et ma meilleure note après la bio était…laissez-moi m’en rappeler…Bon je ne sais plus mais pas de la science.

J’ai fait la première année de médecine pour me vautrer lamentablement.
J’ai attérit en Licence de bio, pour finir en master d’écologie, que je n’ai fait qu’à moitié.
J’ai commencé à travailler comme chargée de mission-animation scientifique.
J’ai enchainé avec chargée de communication scientifique.
Aujourd’hui je suis chargée de com.
Et je suis inscrite en Licence de Psychologie.

A côté de ça, je joue aux jeux vidéo et particulièrement les RPG + Tomb raider et AC depuis looooongtemps. J’ai commencé à broder à la même époque, j’ai fait de la danse classique pendant 25 ans et cette année je me suis inscrite à la danse orientale et j’ai commencé le tricot.
Je veux m’acheter un rouet pour filer.
Je lis (évidemment), et mes deux genres préférés sont les écrits philosophiques et spirituels (pour cette dernière catégorie, surtout les études sur les anciens cultes) et les romans fantastiques (et un peu de Science-fiction; mais juste un peu).
J’adore les puzzles et les énigmes.
Et rien ne m’apaise plus qu’une balade en nature, où je peux penser à loisir au rythme de mon pas.

Je n’aime pas beaucoup les gens en vérité. Et pourtant, j’ai pour l’humanité une compassion et un espoir peu commun.
Je ne supporte que très mal la souffrance des autres, et pourtant je supportes très mal les autres !
J’aime tout découvrir tout comprendre et partir en exploration intellectuelle dans tous les sens, et je déteste quand on change mon organisation et mes plans.
Je ne supporte pas les surprises (de toutes façon, personne n’arrive à me surprendre, je devine toujours avant).

Tout ça et plein d’autres encore…

Tout ça parce que, merci la Vie, mon petit esprit fonctionne différemment.

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Vis ma vie de surdouée au boulot : le dire ou non ?

Je me suis torturée l’esprit une semaine entière après mon embauche pour savoir si c’était pertinent ou pas de le dire.
Ma responsable, je la sentais suffisamment intelligente pour l’entendre. Du moins, je sentais qu’elle pouvait comprendre que je lui disais pour en faire un outil d’optimisation du boulot, pour faire fonctionner l’équipe et moi-même à fond de son potentiel. Et pas pour me faire mousser ou demander un traitement de faveur.

Les débuts furent difficiles et quand j’en ai parlé à ma responsable lors de mon premier entretien individuel, j’ai fondu en larmes.
Super crédibilité pour la nana de 30 ans….
Je suis sortie de là en me disant que je m’étais grillée à vie, que j’étais passée pour une handicapée et un boulet, bref TOUT LE CONTRAIRE de ce que je voulais véhiculer.

J’étais désemparée. J’avais enchaîné gaffe après gaffes et je voyais déjà ma période d’essai se terminer beaucoup plus rapidement que prévu.
Mais le mal était fait, si j’ose dire, j’avais « avoué », qui vivra verra.

Et j’ai vu.

Un jour ma boss a pris le temps de vraiment regardé ce que j’avais produit.
ET ça a été le déclic.
Elle m’a félicité de la qualité de mon travail et depuis nos rapports se sont réellement améliorés.
J’ai eu la grande grande chance d’avoir une responsable ouverte d’esprit qui a été capable d’entendre que « j’en étais ».
Mieux, non seulement elle a pu l’entendre mais il semble qu’elle connaisse le sujet, d’une façon ou d’une autre. C’est une double chance.

Nos entretien de fin de semaine depuis se passent très bien. Et elle ne cesse de me répéter comme elle est persuadée qu’on va pouvoir « faire de belles choses ensemble » quand nous auront toutes les deux pris nos marques.
Je n’en doute pas.
Malgré ses côtés difficile à vivre sous le stress, elle est une femme efficace et engagée dans son travail et qui est soucieuse de l’individu. Et ça, c’est très précieux.
Ma plus grande difficulté sera de ne pas mettre d’affecte là-dedans; et de rester en mode « travail ».

Je ne sais pas faire ça. Je fonctionne à l’affectif et juste « collaborer » devient vite difficile sur le long terme pour moi.
Je n’attends pas de tomber amoureuse de mes responsables non plus, mais si je n’ai pas un minimum de sympathie et donc d’affection (oui c’est comme ça chez moi) pour eux, je ne peux pas fonctionner avec eux.
Maintenir donc la distance professionnelle est un nouvel exercice qui s’annonce difficile ayant jusqu’ici eu des relations de travail très amicale, voir teinté de sentiment maternel.
Mais j’apprendrai, je n’en doute pas, ma responsable sera une très bonne instructrice pour ça.

Je reviendrai souvent sur ce sujet « j’ai dit que j’étais surdouée/AHP/douante à mon boulot » parce qu’il existe bien trop peu de ressources sur le web à ce sujet.

#AHP #adultesurdoué #AHPautravail