« Que sais-je ? » Les adultes surdoués – Dr Gabriel Wahl – édition PUF

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Chose promise, chose due.
Voilà donc ma petite revue sur ce délicieux ouvrage du docteur Gabriel Wahl.

Sommaire :

Sommaire Adultes surdouée GW

Personnellement, j’ai eu une légère inquiétude du fait que l’auteur soit psychiatre et donc ayant la psychanalyse comme formation de base (parce qu’en France c’est comme ça).
Inquiétude balayée quasi-instantanément. Il n’est pas question ici de psychanalyse, puisque – grand plaisir – le surdon n’est pas une maladie !
Donc pas besoin de thérapie, puisqu’il n’y a pas de maladie.

La lecture : subtilité et humour

Si vous n’avez ni migraine ni fièvre (au contraire de moi quand je l’ai reçu), vous lirez ce livre en une heure ou deux (je n’ai AUCUNE idée du rythme de lecture moyen alors je dis ça comme ça. 100 pages/h me semble raisonnable).
La lecture est non seulement facile, mais aussi plaisante.
Le vocabulaire utilisé est limpide et beau. Et le propos est soutenu par un humour dé-li-cieux.

Exemple :

 » (A ce propos, l’ASAP, l’association des surdoués qui aiment avoir la paix – en cours de création – remercie par avance les psychanalystes et autres stakhanovistes du diagnostic, qui voudront bien la leur ficher.)  » – p27 – Les adultes surdoués, Gabriel Wahl, Que sais-je ?, Edition PUF.

 

L’ouvrage s’éloigne des clichés connus sur les surdoué•e•s et cela fait du bien !
Il donne accès aux références directement citées dans l’ouvrage grâce à des notes en bas de pages, choses appréciable pour moi. Vous pouvez donc joyeusement aller vérifier par vous-même, si vous n’étiez pas comme moi, si séduite par la plume de l’auteur.

Peut-être certain•e•s d’entre vous trouverons le ton un peu vieillot. A près tout certaines personnes m’ont trouvée « maniérée » dans ma façon de m’exprimer lors de mon passage télévisé, alors tout est possible !
Pour ma part, j’adore ce phrasé (celui du Dr Wahl) et je trouve que cela participe à vous transporter dans un salon de causerie où l’on discutait avec des esprits éclairés.

Le contenu :

De ceux que j’aime : clair, précis et documenté.
Que vous soyez spécialiste du sujet ou non vous comprendrez très bien ce qui est écrit là.
Qui plus est, vous aurez le plaisir de voyager un peu plus loin que le strict périmètre du sujet des adultes surdoué•e•s en voyageant un peu en philosophie et éthique, en début et fin de l’ouvrage.

Ce dernier m’a paru très complet. Il balaie avec efficacité et précision bien des domaines où l’intelligence peut poser question : définition, compréhension, études sur le sujet, bien-être, créativité, « risques »…
Un bonheur.
Je vous renvoie au sommaire pour vous en faire une idée.

Bonus personnel :

Tout un chapitre consacré aux THQI ! Whouhou !
Mon enthousiasme est cependant modéré par le fait qu’il n’est pas assez clairement précisé à mon sens que l’étude de Terman (sur laquelle se base la totalité de ce chapitre) est menée dans les années 30 au états-unis (ces deux points sont dis très clairement, ce sont les conclusion qui suivent qui à mon sens mériteraient d’être aussi écrites clairement) :
* Dans une culture fondamentalement sexiste, où les femmes n’avaient d’intérêt que pour leur capacité reproductive et un certain esclavagisme domestique.
*Les femmes étaient considérées par nature moins intelligentes et moins compétentes que les hommes, ce qui explique la sous représentation de ces dernières dans l’étude. Les 7 femmes retenues étant, non pas représentative du ratio femme/homme chez les THQI mais bien de la représentation de l’intérêt que la société manifestait aux femmes.
*L’acceptation que les hommes soient soi-disant plus présents dans chaque extrémités de la courbe repose sur un biais social considérable, dont on peut voir certaines origines chez Darwin notamment : l’invisibilisation des femmes dans l’histoire et la recherche.
Si on trouve peu de femmes génies à travers l’histoire et dans les recherches ce n’est pas parce qu’elles n’existent pas, c’est parce qu’elles n’ont pas été remarqué ou simplement ignorées.
Pour plus d’informations sur le sujet je vous conseille la belle étude « Darwin on race, gender and culture »  Shields SA1, Bhatia S.

Et ce dernier point, qui auraient été bon à rappeler :
*Le surdon intellectuel, tous QI confondu concerne autant de femmes que d’hommes.

Bonus personnel 2 :

Petit point qui m’a totalement acquise à la cause, c’est l’assumation subtile d’une réalité qui en dérange beaucoup : à savoir qu’il existe des gens plus intelligents que d’autres. Sans pour autant que cela soit un jugement ou un mépris envers ces autres, ni un passe-droit particuliers pour les premier•e•s.
C’est, du moins, ce que j’ai compris de ce passage, que je vous invite évidemment à lire et remettre dans le contexte de son paragraphe, de son chapitre et du livre en entier pour vous construire votre propre compréhension de la chose.

« Descartes écrivait imprudemment que l’intelligence est « une faculté dont nous sommes tous équitablement pourvus » […]. » – p 120 – Les adultes surdoués, Gabriel Wahl, Que sais-je ? Ed. PUF

L’optique de l’ouvrage :

Pour le résumer très grossièrement, mais, je crois, néanmoins efficacement, le Dr Wahl s’inscrit dans une vision résolument positive du surdon, éclairée à la fois par l’état de la recherche sur le sujet et ses consultations.
Ce qui donne à mon sens tout son intérêt à l’ouvrage : il combine les deux points de vue, dans le sens « lieux d’où l’on regarde » : la recherche et la consultation.
On ne pourra donc pas l’accuser de ne pas connaitre ou parler de la « réalité » des consultations, pas plus qu’on ne pourra lui reprocher de ne pas tenir compte des connaissances de la recherche sur le sujet.

MEGA PLUS BONUS :

A la suite de Béatrice Milletre, le Dr Wahl me comble encore plus de joie, car il partage avec nous dans son ouvrages un TAS de questionnaires, listes, brefs outils utilisés par les professionnel•le•s du sujets (psychologues chercheurs et chercheuses, médecins, etc) pour évaluer, étudier divers aspects de l’intelligence ou liés à celle-ci : créativité, bien-être, critères définissant l’adulte surdoué•e, etc.

Si vous êtes comme moi, vous ronronnerez de plaisir à pouvoir les utiliser.

Conclusion :

Un ouvrage indispensable sur le sujet, et à mettre dans toutes les mains.
Précis, clair, et documenté. J’ai aimé particulièrement l’assumation et la subtilité avec laquelle l’auteur aborde des idées qui en font bondir plus d’un•e•s sur le sujet.
Il rejoint ma liste des « A lire et faire lire absolument ».

Pour l’acquérir :
Les adultes surdoués – Grabriel Wahl- Que sais-je ? Ed.PUF – 9€

Vous pouvez retrouver une autre « fiche lecture » de cet ouvrage sur le blog des TBZ., mais aussi sur le site Planète Surdoué.
Et vous trouverez un avis de lectrice, elle même surdouée donc concernée par le sujet, ici : Blog Trajectoires aléatoires

Test de QI d’enfant et test de QI d’adulte est-ce la même chose ?

Voilà une question qui peut sembler bête mais qui mérite, je pense, qu’on s’y penche.

 

Un peu de fondamentaux.
Un test de QI qu’est-ce que c’est ?

C’est un test psychométrique standardisé, qui mesure l’intelligence d’un individu comparativement à sa classe d’âge.
Je décrypte. Avec mes propres mots, mais je décrypte quand même.

Psychométrique : métrique, mesure; psycho, l’esprit. Donc psychométrique, qui mesure l’esprit.
Standardisé : dont les conditions de passation sont précisément définies, et sans lesquelles le test n’est pas valide, et qui permet sa reproductibilité et la comparaison et l’exploitation des résultats obtenus à chaque passation.
En d’autres termes, quand un test est standardisé, il est comme qui dirait livré avec une notice d’utilisation. Cette notice permet son bon fonctionnement et surtout permets d’obtenir des résultats valides, non faussés.
Comparativement à sa classe d’âge : Le résultat qui sera obtenu permet de situer l’individu au sein du groupe des pairs de même classe d’âge. Par exemple, les adultes (très large groupe en termes d’âge chronologique), les enfants, ou les adolescent-e-s.

C’est le premier point que je voudrais que vous reteniez pour la compréhension de ce billet.
Le chiffre obtenu au test de QI n’a de sens qu’au sein du groupe d’âge auquel nous appartenons.
C’est à dire que le QI d’un adulte n’est pas comparable au QI d’un enfant.

Là si vous êtes comme moi, vous vous êtes dit : « Mais…c’est quand même toujours la même intelligence dont on parle non ? Et puis, le HPI c’est de naissance et c’est à vie. Donc pourquoi est-ce que le QI d’un adulte ne serait pas comparable à celui d’un enfant ? »

Mais oui, diable pourquoi ?
Et d’ailleurs, pourquoi a-t-on trois tests différents pour mesurer le QI : deux pour les enfants (WPPSI-IV et WISC-V) et un pour les adultes (WAIS-IV) ?

La réponse, mes amis (je suis d’humeur grandiloquente), réside dans le point que je vous ai fait retenir plus tôt dans ce billet et dans la précision qui suit.

Revenons aux sources 

Les premiers tests d’intelligence ont été conçus au début du 20e siècle par Alfred Binet, un monsieur français, dont la préoccupation était de détecter les enfants qualifiés à l’époque par la science de « débiles » (car atteint-e-s de « crétinisme » ou « débilité »), pour leur épargner certains affres dans le système scolaire.
[Parce que quand même, à l’époque, frapper des enfants à coup de règle ou de martinet ou de je ne sais quoi parce qu’ils n’avaient pas retenus leur leçon ou formaient mal leur lettre était courant. Donc imaginez le sort du pauvre enfant « débile » qui ne peut tout simplement pas y arriver malgré tous ses efforts…]
De ces travaux et de ces tests, est sortie la notion d’Âge Mental (ou AM) qui fut la première mesure de l’intelligence.
L’Age mental était une notion recouvrant grosso modo le rapport entre l’âge chronologique d’un enfant, et ses capacités cognitives.
Cela prenait en compte le développement des enfants, et ce qu’ils sont censés savoir, connaitre et savoir-faire et à quel âge.
Puis la notion a évolué, grâce aux connaissances en psychologie qui faisaient de même, et l’on est passé au QI (Quotient Intellectuel).

Ce petit détour historique souligne encore l’importance de la notion d’âge dans la mesure de l’intelligence.

Une question de référence
Il faut bien comprendre que le QI est une valeur qui prend son sens uniquement dans le contexte de la population de référence dans lequel il situe l’individu.
Par exemple : pour les adultes le QI moyen est admis à 100. Pour obtenir cette moyenne, on a compilé les performances au test de tout un tas d’adultes (16 jusqu’à 69 ans et 11 mois), et on a en sorti la répartition du QI chez les adultes en France et ça donne la courbe de Gauss que voici :

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Cette courbe est donc la référence qui nous permettra de situer les adultes au sein de leur groupe d’âge en fonction de leur QI.

Imaginez maintenant que l’on fasse passer le test de QI pour adulte (WAIS-IV) à un-e enfant de 6 ans.
A votre avis quel résultat obtiendrait-on ?
Je rappelle que lors des épreuves du WAIS-IV, le calcul mental et l’arithmétique, ainsi que des questions de société et de culture générale sont posées.
L’enfant de 6 ans se retrouverait immanquablement avec des performances lamentables dans plusieurs épreuves. Non pas parce qu’il ou elle serait stupide, mais parce qu’à 6 ans, dans le système scolaire classique (en France) on n’a pas encore appris les pourcentages ou les produits en crois, pas plus qu’on n’a apprit toutes nos table de multiplications.
Allez résoudre un problème de tête qui nécessite de faire un produit en croix quand vous ne savez même pas multiplier par 3 ou ce que peut bien être un produit en croix !

Inversement, faites passer le test de QI des enfants aux adultes et comparez leur performance à celles des enfants, et vous aurez à coup sûr des génies intergalactiques.
Forcément, à 25 ans, on a largement acquis la maîtrise du coloriage, du puzzle de plus de 3 pièces et la distinction entre la tortue et l’éléphant.

Comparer ce qui est comparable pour comprendre de quoi l’on parle

Il ne vous viendrait pas à l’esprit de comparer les performances d’un-e adolescent-e-s de 17 ans, avec celles d’un-e enfant de 10 ?
Et bien de la même façon, on ne peut pas comparer le QI d’un-e enfant et celui d’un-e adulte.

Il faut aussi savoir qu’il a été démontré qu’à l’adolescence, définit pour cette étude entre 14 et 18 ans, le QI pouvait varier jusqu’à 15 points, en plus ou en moins.
15 point représentant un écart-type complet.
Sachant qu’on détermine la douance avec un score de QI à deux écart-types au moins de la moyenne (Moyenne : 100, écart-type 15, 2×15=30 soit douance =130 au moins) ces 15 points peuvent faire toute la différence.

A noter qu’un tel écart n’a été observé que durant la période de l’adolescence. Et que si le QI varie au cours de la vie en fonction de bien des facteurs, les variations dépassent rarement les 2 ou 3 points. (Et c’est déjà énorme de varier de 3 points de QIT)

Un seul test à vie ?

Parce que finalement, la question sous-jacente est bien celle-là : est-ce que le résultat obtenu en tant qu’enfant peut être valable pour l’adulte qu’il deviendra ?
Tout dépend de ce qui vous importe dans ce résultat.
Si c’est la question de la catégorie HQI/THQI (qui jusque-là sont des catégories purement statistiques rendant compte d’une fréquence dans la population et pas d’un fonctionnement encore différent, même si certains le supposent) et que votre QIT en tant qu’enfant était de +/- 3 points autour de 145, vous pouvez vous fendre d’un second test à l’âge adulte.
Vous verrez bien.

Si ce qui vous plait c’est de connaitre le chiffre exact de votre QI et de vous dire que vous avez plus que Marcel mais moins que Ginette, aussi.
(Oui j’admets, à mes heures, mon petit gremlins intérieur est comme ça. Je trouve ça complètement stupide ceci étant. Mais mon gremlins est stupide, que voulez-vous.)

Mais si la question est de savoir si vous ou votre enfant demeurera surdoué à l’âge adulte, économisez vos sous, la réponse est OUI, et il n’y a pas besoin de refaire de test pour ça.

Enfant ou adulte : mieux comprendre pour mieux être.

Chacun-e donne un sens et une importance différente au QIT.
Certain-e-s préfère le chiffre exact, d’autre parlent en écart-type (moi) et d’autre encore en rang percentiles. Et d’autres n’en parlent même pas.

Loin de moi l’idée de vous dire quelle importance donner à ce chiffre. C’est votre histoire, donc vos lois.

J’espère néanmoins que ces quelques lignes auront permis de relativiser un peu la vision parfois trop absolue du QI et les pressions qui peuvent en découler.

 

 

Témoignage dans la presse

Grâce à Nadine Kirchgessner, auteure et créatrice du site Planète Surdoué, j’ai été mise en contact avec une journaliste du Figaro Madame, qui recherchait des témoignages des femmes surdouées.

Le but était de trancher avec la vision mélodramatique du #HPI chez les adultes, et d’en proposer un point de vue plus positif.

Le résultat, vous pouvez le lire ici : « Je suis sourdouée et ça n’a pas été facile tous les jours »

Oui je sais, à lire le titre de l’article comme ça, on ne dirait pas que le but est d’être positif !
Mais, je vous assure c’est déjà beaucoup mieux que ce qu’on nous sert régulièrement sur le sujet.

Pour être tout à fait honnête avec vous, je suis partagée au sujet de cet article.
Je suis heureuse de la conclusion, qui est résolument positive, et qui est fidèle à mes derniers mots de l’interview.
Mais je suis contrariée par la façon dont les choses sont racontées. Du moins en partie.
Telle qu’écrites là, on dirait que les difficultés que j’ai pu rencontrées sont dues au HPI.
Alors que les choses ne sont pas si simples et que de tels troubles n’ont jamais une seule cause. Si le HPI doit être mêlé à cela, c’est surtout par l’ignorance de ma nature, plus qu’au HPI lui-même.

Je suis aussi contrariée par le raccourcis et l’association qui pourra être faite après lecture entre femme, HPI, TCA et souffrances.

J’aurais aimé que l’article en général soit plus positif. Les troubles et les difficultés prennent beaucoup de place dans le récit, alors que moi, je ne leur en accorde que peu dans ma vie.
Mais je comprends que le but d’un article est d’être lu, que pour être lu il faut inciter à la lecture, et que certains sujets sont plus porteurs que d’autres à un temps T. Aussi, avec la sortie cette année du livre-témoignage d’un ancien mannequin, et la rentrée des classes, le combo TCA et harcèlement scolaire était bienvenu.

Ceci étant, ces troubles font partie de mon histoire, de ce que je suis, et ce serait être malhonnête que de les nier ; et ce n’est pas une honte d’en être affecté·e. Pour autant, ils ne me résument pas non plus et j’aurais préféré que l’accent soit plutôt mis sur le HPI dans l’article.

Je tiens également à préciser trois choses :
Mon enfance, contrairement à l’impression que l’article laisse, a été très heureuse.
Ma famille ne m’a jamais empêchée ou découragée à être la meilleure de la classe (ça c’est une GROSSE erreur dans l’article).
Et ce n’est pas la lecture du site Planète Surdoué qui m’a déprimé, mais le livre de JSF.

Mais je suis heureuse du ton de conclusion, contente du fait que cela transmette bien que le diagnostic a été pour moi un tournant et une clef majeur qui m’a permis de construire plus d’harmonie dans ma vie.
Je suis contente aussi, qu’à la fin, on entende que le HPI peut présenter des difficultés, mais que ce n’est ni une tare ni un handicap, et que l’on vit très bien avec.

N’hésitez pas à me laisser vos commentaires sur l’article, je suis très curieuse !

N’hésitez pas non plus à visiter le site Planète Surdoué, c’est une mine d’informations.

#HPI #HQI #douance #témoignage #presse #surdouée

Etre incomprise. Littéralement. – Les études épisode 5

A force de ne pas me faire comprendre dans mes échanges avec mes contemporains d’études, via groupe privé facebook, j’en suis arrivée à me demander ce qui n’allait pas.

Voici le résultat de mes réflexions.

1. Un problème de vocabulaire ?
Avec un QI verbal qui crève le plafond, au point qu’il n’y a pas beaucoup entre le maximum et mon score, je doute de manquer de vocabulaire adéquat.
Mais c’est une possibilité.
Mais j’admets ne pas y accorder beaucoup de crédit.
Ou alors c’est le manque de vocabulaire de l’interlocuteur qui provoque cette incompréhension. Mais je n’y crois pas beaucoup plus.

2. Une récurrence :  « On ne parle pas de la même chose ».
On tient un début de piste je crois.
A force de m’entendre dire que je ne parlais pas de la même chose que les autres, j’ai fini par réaliser qu’ils/elles n’avaient pas entièrement tort.
C’est une question de vitesse et de profondeur.

En somme, je crois que je (et j’imagine nous les HPI) suis victime ici de notre rapidité de pensée, et de la lenteur (relative) de celle des autres.
Car quand ils/elles nous disent A1, nous passons très vite à A2, B4 et J12. Et nos questions et remarques partent du coup, de ces inférences que nous avons faites et qui nous semblent limpides, évidentes.

Mais malheureusement, ce n’est pas toujours évident pour les gens en face.
Alors que nous sommes partis depuis longtemps loin du sujet initial mais pour nous, toujours en rapport avec, les autres sont loin derrière ou toujours au même point qu’au début.
Ce qui fait qu’avec la distance, ils finissent par penser qu’on ne parle plus du tout de la même chose.

3. Quelles solutions ?
Faire très très attention au rythme de réflexion des autres. Vérifier à chaque fois qu’ils nous suivent dans le raisonnement.
En somme ralentir le rythme.
Mais est-ce seulement faisable ?
Si nous partons trop loin, revenir sur nos pas, en expliquant ce qui nous semble évident. En refaisant le chemin qu’ils n’ont pas fait, pour qu’ils nous rejoignent.
C’est long, c’est fastidieux, c’est énergivore.
Pour moi du moins.

Alors on fait quoi ?

On se prépare !
Toujours savoir qu’on va faire face à ce décalage, et faire ses choix.
Quand parler, quand ne pas le faire.
Comment.

Le conseil de Tata Line : Votre choix est légitime ! 

Quel qu’il soit, vous avez le droit de le faire.
Faire les efforts, ou pas.
L’essentiel est de faire ce qui vous permet d’être bien. Et votre bien-être est non-négociable !

Le dire, le redire et le crier s’il le faut

Je sais, je sais, je devrais bosser mes exams. Je le fais, pas autant que je devrais mais je le fais.
Mais là, tout de suite, j’ai besoin de vous dire quelque chose : je suis plus intelligente que beaucoup, beaucoup, beaucoup de monde ici.

Je l’ai déjà dit, je sais. Mais laissez moi vous expliquer pourquoi là, c’est une urgence absolue.

Vous le savez peut-être (pas) je suis féministe.
De toute façon quelle personne humaine sur terre n’est pas féministe ? Parce qu’être féministe c’est « simplement » considérer les femmes comme des personnes à part entières. Normalement, à moins d’être le/la dernière des dangereux monstres sans âmes qui traînent sur terre, tout le monde est d’accord sur le fait que toutes les personnes sont égales entre elles.
En pratique, il y en a des gens pour penser que les femmes sont vraiment inférieurs aux hommes. Alors ce n’est pas toujours de leur faute et ces personnes n’en n’ont souvent pas conscience. Mais c’est facile de savoir si on en fait partie ou pas : est-ce que pour vous l’expression « comme une fille » est synonyme de médiocrité voir de nullité ?
Si oui, alors c’est que vous avez intégré l’idée qu’être une « fille » (même pas une femme, vous noterez qu’on n’a même pas le doit d’être adulte dans l’histoire) c’est moins bien.
Moins bien que quoi ? Bah comme dans notre espèce il n’y a pas 36 alternatives, mais seulement 3 dont une infertile et proprement mutilée depuis des centaines d’années pour correspondre à l’une des deux autres, on comprend que « être une fille » c’est moins bien qu’être un garçon.

C’est aussi simple et triste que cela.

Quel rapport avec le fait que j’ai envie de hurler que je suis plus intelligente que plus de 99% de notre population ?
Parce que ce rapport de hiérarchie arbitraire et injuste me fait terriblement souffrir et que les jours où cette souffrance vient à bout de ma patience, j’ai juste envie de répondre à la domination par la domination.  J’ai juste envie d’écraser dans la face de ceux qui se croient supérieurs par leur simples appareils génitaux, que je leur suis TELLEMENT plus supérieure qu’ils ne croient l’être à moi.
Je veux leur retourner la souffrance qu’ils m’infligent, l’humiliation qu’ils distillent sans même y penser, je veux leur retourner la monnaie de leur pièce et je veux les toucher avec les armes qu’ils utilisent contre moi. Contre nous, les femmes.

Vous connaissez le mensplaining ? Ou la mecxplication en français ?
C’est quand un homme vous coupe la parole pour vous dire qu’il s’y connait mieux que vous sur un sujet qu’il ne maitrise pas, mais dont vous êtes experte, juste parce que c’est un homme.
C’est quand un mec vous demande de vous taire, plus ou moins élégemment et respectueusement, simplement parce qu’il ne veut pas vous écouter. C’est toute les fois où en réunion, on a préféré demander à votre collègue Paul ce qu’il convenait de faire pour la suite du dossier que VOUS avez géré. C’est toutes les fois où Paul ne vous a pas laissé en placer une en réunion, et où les patrons (pas qu’il n’y ait pas de femmes patronnes, mais le mensplaining se fait par des hommes) n’ont pas relevé ni jugé bon de vous écouter.
Tout ça étant encouragé par les croyances patriarcales et misogynes qui sont que les « la compétition, c’est pour les hommes. Dans le milieu des affaires, il faut être combatifs, s’imposer et les femmes sont trop douces pour ça ».
Facile à dire, quand à chaque fois que l’on s’impose, que l’on coupe la parole, ou que l’on « ne se laisse pas marcher sur les pieds » comme ces messieurs, on nous accuse d’être hystérique ou (la réplique qui pourrait me pousser à verser du cyanure dans le café de son auteur) « que l’on a nos règles ».

A tous ces hommes qui se croient tellement plus intelligents parce qu’ils ont un pénis, je voudrais les écraser de toute MON intelligence, tellement supérieure à la leur. Supérieure selon les chiffres, la science, les données, les échelles…Un truc bien objectif, inattaquable à leurs yeux.

Vous comprenez surement un peu mieux, aussi, pourquoi je tiens très fort à ce que cette caractéristique de « + » dans l’intelligence des surdoué-e-s ne soit pas gommée, et soit réclamée haut et fort.
Tout particulièrement pour les femmes.

Parce qu’on nous répète, directement ou non, que nous sommes « moins » que les hommes.
C’est FAUX.
C’est FAUX.

Les hommes sont aussi intelligents que nous.
Pourquoi je le dis comme ça ? Parce que dans ce sens, c’est eux qui doivent se hisser à notre niveau, et nous, les femmes qui constituons la référence.

Je ne veux pas inverser l’oppression, je veux qu’on en prenne conscience.

Je veux que plus aucun petit garçon ne fonde en larme parce qu’on l’a comparé d’une manière ou d’une autre à une fille. Quel mal y a-t-il à être une fille ?

Je veux que toutes les femmes et filles se sentent capables et légitimes pour être Présidente de la République, pour être Prix Nobel de Physique, pour être la Plus Grande Artiste de ce siècle et des autres.

Je veux que nous soyons libre d’être ce que nous sommes. Sans crainte pour nos vie ou notre intégrité.

Parce qu’aujourd’hui notre culture patriarcale déteste et méprise les femmes, nous sommes violées, battues, tuées, persécutées, humiliées, restreintes dans nos libertés.
On nous suit dans la rue, on nous regarde comme des objets, on nous insulte, on nous enjoint de nous habiller et de nous comporter en fonction des hommes plutôt qu’en fonction de nos désirs. On nous explique que nous sommes coupables quand nous sommes agressées. On s’emploie à nous expliquer comment vivre et faire les choses. Parce qu’on considère qu’on ne sait pas faire, ou qu’on est trop bête pour cela…

Alors oui, je continuerai de dire que je surdouée, très surdouée même.
Quitte à me faire regarder de travers, je m’en fiche ou plutôt je suis prête à endurer de me faire voir comme une prétentieuse méprisante.
Qu’importe, je sais que je ne le suis pas.

Moi je veux ouvrir la voie. Je veux ouvrir la porte à celles qui n’osent pas.

Voir le monde du travail autrement

[Cet article est rédigé sous l’influence de la grippe, et sans aucun médicaments dans le sang. Désolée pour sa qualité médiocre.]

Ma vie professionnelle est à la fois difficile est très facile.
Très facile parce qu’une fois en poste, tout le monde est particulièrement satisfait de mon travail et de ma personne.
Je suis très appréciée.

Mais sur le papier, j’ai la « carrière » la plus chaotique du monde, et ça fait très peur aux recruteurs.

J’ai d’abord beaucoup lutté et souffert de ne pas comprendre ce qui clochait. Je ne comprenais pas qu’en lisant mes études et compétences sur mon CV on n’en déduise pas que je pouvais très bien remplir les fonctions du poste que je briguais.
Après tout, je ne postule pas à quelque chose que je me sais incapable de faire, et quand on lit que quelqu’un à un master de sciences, on peut quand même se dire que la personne n’est pas complètement demeurée.

Je ne comprenais pas, mon CV présenter les compétences demandées et même des expériences similaires à celles décrites dans le poste. Alors pourquoi ça coinçait ?

Il a fallut que je me heurte à beaucoup de critiques, plus ou moins constructives et heureuses, à beaucoup de refus de poste et que je puise profondément en moi pour ne pas me laisser déborder par le sentiment de nullité qui m’envahissait face à ces recherche qui ne débouchaient pas.
Et puis j’ai compris, c’était aussi simple que problématique.

Je ne vivais ni ne voyais pas le travail (et par extension le monde du travail) comme « les autres ».

Quand je signe un contrat, je m’engage à remplir des fonctions et faire des tâches, et – cela va sans dire – à le faire bien. Voir même parfaitement. Parce que c’est le contrat qui a été passé. On me donne de l’argent pour effectuer -bien – quelque chose.
Et je mets un point d’honneur à remplir ma part.
Je suis une employée hyper réglo, fidèle à l’entreprise, fiable et investie.
J’ai l’esprit d’équipe, parce qu’il m’importe que les personnes avec qui je travaillent soient bien. J’aime rendre service, j’aime soutenir et aider. Je suis là pour les autres autant que faire se peut.

Et c’est là que l’on glisse doucement vers ce qui « coince ».
Même si je mets un point d’honneur à bien faire mon travail, à remplir mes engagements en somme, le travail ce n’est pas tout pour moi.
Je ne me définis pas par ma profession, ni par mon statut dans l’entreprise qui m’emploie.
Non que je n’ai pas d’ambition, mais mon ambition n’est pas dans le paraitre, ni dans le statut social.
Mon ambition est dans la qualité de mon travail, quel que soit ce travail.
Mon ambition est dans mon bonheur.

Et c’est là où ma vision des choses diffère de celle « des autres ».
Je vois bien comme c’est important pour les autres « le travail ». Comme s’il s’agissait d’une définition d’eux-même, que cela leur donnait une valeur, comparativement aux autres évidemment.

Ce n’est pas mon avis.
Le travail que l’on fait ne définit pas l’individus que l’on est.
Le travail, c’est un moyen de gagner de l’argent, pour assurer sa subsistance (et l’on oublie que l’on n’est pas obligé de travailler pour vivre, dans l’absolu).

Je crois que contrairement à beaucoup de gens, je mets l’individus et son bonheur au centre de mes préoccupation. Je sais décorréler ce qu’un-e individus fait pour payer ses factures de ce qu’il/elle est.
Je sais qu’on doit toutes et tous payer un loyer ou un crédit, se nourrir, se chauffer, et que pour tout cela il faut gagner de l’argent.
Je sais qu’un parcours professionnel ou scolaire ne dit pas grand choses des capacités ( aussi intellectuelles) d’une personnes.
Regardez le chanteur Antoine, il est Polytechnicien je crois (ou je ne sais plus quelle grande école française) et il et chanteur.
J’ai eu vent de l’histoire d’une femme HPI qui travaillait en usine, au tri de je ne sais pas quoi sur tapis roulant, avec dans les oreilles des conférences et cours de Philosophies du Collège de France.

Je sais que les étiquettes que le système de notre société nous collent ne sont pas ce que nous sommes.
Je sais que ne pas réussir brillamment à l’école, supérieure ou non, ne dit pas grand chose de la capacité d’innovation, de créativité, de l’intelligence et de la volonté.

Ce sont des indices bien évidemment, mais je crois que trop souvent on oublie l’individu derrière.

En dernier lieu, il faut admettre et reconnaître que pour beaucoup, travailler c’est faire de l’argent. Ce n’est pas gagner de l’argent pour vivre, mais bien « faire de l’argent ». Obtenir de l’argent pour avoir de l’argent.
Pour en avoir beaucoup, plus. Pour montrer que l’on en a. Comme si la valeur de cet argent se transférer à nous. Comme si ne pas avoir d’argent était synonyme d’être médiocre.

Non je ne pense pas comme cela.
Et je vous arrête immédiatement, ce n’est pas la discours d’une « petite fille pauvre » qui essaie comme elle peut de se rassurer en se disant qu’elle vaut quelque chose elle aussi.
J’ai grandi dans un foyer tout à fait à l’aise. Je suis partie en vacances à la mer et à la montagne chaque années de vie avec mes parents. J’ai fait des études supérieures à 700km de chez mes parents, tout ça uniquement soutenue financièrement par eux.
Et aujourd’hui, si l’on cumule le patrimoine de la famille de mon fiancé et de la mienne, croyez moi bien, nous ne sommes pas à plaindre.
Nous ne sommes pas l’élite dorée française, mais nous ne sommes pas démunis.

Moi je crois que la vie va bien, bien au-delà du travail.