« Que sais-je ? » Les adultes surdoués – Dr Gabriel Wahl – édition PUF

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Chose promise, chose due.
Voilà donc ma petite revue sur ce délicieux ouvrage du docteur Gabriel Wahl.

Sommaire :

Sommaire Adultes surdouée GW

Personnellement, j’ai eu une légère inquiétude du fait que l’auteur soit psychiatre et donc ayant la psychanalyse comme formation de base (parce qu’en France c’est comme ça).
Inquiétude balayée quasi-instantanément. Il n’est pas question ici de psychanalyse, puisque – grand plaisir – le surdon n’est pas une maladie !
Donc pas besoin de thérapie, puisqu’il n’y a pas de maladie.

La lecture : subtilité et humour

Si vous n’avez ni migraine ni fièvre (au contraire de moi quand je l’ai reçu), vous lirez ce livre en une heure ou deux (je n’ai AUCUNE idée du rythme de lecture moyen alors je dis ça comme ça. 100 pages/h me semble raisonnable).
La lecture est non seulement facile, mais aussi plaisante.
Le vocabulaire utilisé est limpide et beau. Et le propos est soutenu par un humour dé-li-cieux.

Exemple :

 » (A ce propos, l’ASAP, l’association des surdoués qui aiment avoir la paix – en cours de création – remercie par avance les psychanalystes et autres stakhanovistes du diagnostic, qui voudront bien la leur ficher.)  » – p27 – Les adultes surdoués, Gabriel Wahl, Que sais-je ?, Edition PUF.

L’ouvrage s’éloigne des clichés connus sur les surdoué•e•s et cela fait du bien !
Il donne accès aux références directement citées dans l’ouvrage grâce à des notes en bas de pages, choses appréciable pour moi. Vous pouvez donc joyeusement aller vérifier par vous-même, si vous n’étiez pas comme moi, si séduite par la plume de l’auteur.

Peut-être certain•e•s d’entre vous trouverons le ton un peu vieillot. A près tout certaines personnes m’ont trouvée « maniérée » dans ma façon de m’exprimer lors de mon passage télévisé, alors tout est possible !
Pour ma part, j’adore ce phrasé (celui du Dr Wahl) et je trouve que cela participe à vous transporter dans un salon de causerie où l’on discutait avec des esprits éclairés.

Le contenu :

De ceux que j’aime : clair, précis et documenté.
Que vous soyez spécialiste du sujet ou non vous comprendrez très bien ce qui est écrit là.
Qui plus est, vous aurez le plaisir de voyager un peu plus loin que le strict périmètre du sujet des adultes surdoué•e•s en voyageant un peu en philosophie et éthique, en début et fin de l’ouvrage.

Ce dernier m’a paru très complet. Il balaie avec efficacité et précision bien des domaines où l’intelligence peut poser question : définition, compréhension, études sur le sujet, bien-être, créativité, « risques »…
Un bonheur.
Je vous renvoie au sommaire pour vous en faire une idée.

Bonus personnel :

Tout un chapitre consacré aux THQI ! Whouhou !
Mon enthousiasme est cependant modéré par le fait qu’il n’est pas assez clairement précisé à mon sens que l’étude de Terman (sur laquelle se base la totalité de ce chapitre) est menée dans les années 30 au états-unis (ces deux points sont dis très clairement, ce sont les conclusion qui suivent qui à mon sens mériteraient d’être aussi écrites clairement) :
* Dans une culture fondamentalement sexiste, où les femmes n’avaient d’intérêt que pour leur capacité reproductive et un certain esclavagisme domestique.
*Les femmes étaient considérées par nature moins intelligentes et moins compétentes que les hommes, ce qui explique la sous représentation de ces dernières dans l’étude. Les 7 femmes retenues étant, non pas représentative du ratio femme/homme chez les THQI mais bien de la représentation de l’intérêt que la société manifestait aux femmes.
*L’acceptation que les hommes soient soi-disant plus présents dans chaque extrémités de la courbe repose sur un biais social considérable, dont on peut voir certaines origines chez Darwin notamment : l’invisibilisation des femmes dans l’histoire et la recherche.
Si on trouve peu de femmes génies à travers l’histoire et dans les recherches ce n’est pas parce qu’elles n’existent pas, c’est parce qu’elles n’ont pas été remarqué ou simplement ignorées.
Pour plus d’informations sur le sujet je vous conseille la belle étude « Darwin on race, gender and culture »  Shields SA1, Bhatia S.

Et ce dernier point, qui auraient été bon à rappeler :
*Le surdon intellectuel, tous QI confondu concerne autant de femmes que d’hommes.

Bonus personnel 2 :

Petit point qui m’a totalement acquise à la cause, c’est l’assumation subtile d’une réalité qui en dérange beaucoup : à savoir qu’il existe des gens plus intelligents que d’autres. Sans pour autant que cela soit un jugement ou un mépris envers ces autres, ni un passe-droit particuliers pour les premier•e•s.
C’est, du moins, ce que j’ai compris de ce passage, que je vous invite évidemment à lire et remettre dans le contexte de son paragraphe, de son chapitre et du livre en entier pour vous construire votre propre compréhension de la chose.

« Descartes écrivait imprudemment que l’intelligence est « une faculté dont nous sommes tous équitablement pourvus » […]. » – p 120 – Les adultes surdoués, Gabriel Wahl, Que sais-je ? Ed. PUF

L’optique de l’ouvrage :

Pour le résumer très grossièrement, mais, je crois, néanmoins efficacement, le Dr Wahl s’inscrit dans une vision résolument positive du surdon, éclairée à la fois par l’état de la recherche sur le sujet et ses consultations.
Ce qui donne à mon sens tout son intérêt à l’ouvrage : il combine les deux points de vue, dans le sens « lieux d’où l’on regarde » : la recherche et la consultation.
On ne pourra donc pas l’accuser de ne pas connaitre ou parler de la « réalité » des consultations, pas plus qu’on ne pourra lui reprocher de ne pas tenir compte des connaissances de la recherche sur le sujet.

MEGA PLUS BONUS :

A la suite de Béatrice Milletre, le Dr Wahl me comble encore plus de joie, car il partage avec nous dans son ouvrages un TAS de questionnaires, listes, brefs outils utilisés par les professionnel•le•s du sujets (psychologues chercheurs et chercheuses, médecins, etc) pour évaluer, étudier divers aspects de l’intelligence ou liés à celle-ci : créativité, bien-être, critères définissant l’adulte surdoué•e, etc.

Si vous êtes comme moi, vous ronronnerez de plaisir à pouvoir les utiliser.

Conclusion :

Un ouvrage indispensable sur le sujet, et à mettre dans toutes les mains.
Précis, clair, et documenté. J’ai aimé particulièrement l’assumation et la subtilité avec laquelle l’auteur aborde des idées qui en font bondir plus d’un•e•s sur le sujet.
Il rejoint ma liste des « A lire et faire lire absolument ».

Pour l’acquérir :
Les adultes surdoués – Grabriel Wahl- Que sais-je ? Ed.PUF – 9€

Vous pouvez retrouver une autre « fiche lecture » de cet ouvrage sur le blog des TBZ., mais aussi sur le site Planète Surdoué.

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Reçus ! – les « Que sais-je , » du Dr Wahl

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Je vous promets donc un petit billet sur chacun des deux ouvrages.

J’ai entamé celui sur les adultes (forcément) et déjà je suis séduite.
Le français utilisé est un plaisir, et l’auteur ne manque pas d’humour ! D’ailleurs, il le fait avec un certain brio littéraire, puisqu’il nous offre un joli contraste entre le raffinement de son langage et le caractère direct et plus percutant de ses traits d’humour.
Un délice (pour moi) !

A bientôt donc pour une petite revue sur l’intégralité de l’ouvrage (j’ai déjà des citations ajoutée à mon catalogue :p).

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Le mythe de l’effort

Je discutais hier avec ma meilleure amie  (qui passe un de ses examens de L1 psycho ce soir : GO Siter GO !!!) et l’on se marrait comme des baleines en échangeant sur notre incapacité mutuelle, partagée et inconnue jusqu’alors dans son caractère partagé, de nous mettre à travailler avant le dernier moment. Mais aussi de notre difficulté à produire suffisamment de contenu pour satisfaire nos professeur•e•s lors de nos productions écrites de types explications, démonstrations.
Et, malgré cela, l’une comme l’autre nous en sortons correctement aux examens. Voir carrément brillamment (c’est à dire avec des notes à partir de 17/20).
Bon entre vous et moi, personnellement, je suis beaucoup plus abonnées au 14/20 « sans efforts » qu’aux 19/20 sans efforts. Étrangement j’ai augmenté ma moyenne en augmentant de niveau scolaire : j’étais plutôt à 12 ou 13/20 « sans rien faire » en collège lycée, puis 14 ou 15/20 en université. Bref !)

Entre deux éclats de rire, cela m’a amenée à évoquer la culpabilité que cela pouvait provoquer, notamment chez moi.
Je me sens, encore aujourd’hui, coupable de « ne pas travailler assez ».
Ceci pour deux raisons.
La première parce que, comparativement aux autres élèves des classes que j’ai pu traverser (et quand je pouvais avoir accès à la somme de travail qu’ils et elles effectuaient) je travaillais nettement, mais alors nettement moins. Pour certaine matières on frisait le pas du tout (Français par exemple).
La seconde est plus récente, je me sens coupable de ne pas faire mieux.
Après tout je suis surdouée non ? Je devrais faire mieux. Je devrais avoir au moins 18, 17 si je suis malade, parce que je suis surdouée. Ça devrait être facile pour moi, et je devrais avoir de bons résultats.
Sinon quelque chose cloche non ?

Cette (délicieuse) conversation m’a donc amenée à réfléchir un peu plus sur ce que j’ai rebaptisé « le mythe de l’effort » appris à l’école.
C’est donc à ma meilleure amie que vous devez cet article. Gloire à elle !

Le mythe de l’effort, apprentissage précoce

On nous le dit très tôt, dès la primaire : il faut travailler pour réussir. Et il faut bien travailler. Travailler pour avoir de bonnes notes. Faire des efforts.
Et plus vous progressez dans votre scolarité (en cursus général du moins) plus on vous le rabâchera et plus l’exigence se fera pesante.
Il faut TRAVAILLER !
Quand est arrivé le bac, j’étais dans un lycée (absolument gé-ni-al. J’ai adoré mes années lycées, mon lycée et quasiment tou•te•s mes profs. En particulier Mme Bouchard prof. de lettre classiques latin-grec-français et M Bret, prof. de biologie. Je vous AIME ! ❤ ) qui avait pour ambition de préparer ses élèves à réussir les concours d’entrée aux grandes écoles de France et aux plus prestigieuses classes préparatoires.
Donc le bac, c’était un peu caca en fait.
Résultat, il fallait travailler. Fort, dur. Suer sang et eau parce qu’on était pas là pour faire tapisserie !
C’était Rambo version lycée, avec des encyclopédies à la place des altères et des tableau noir ou blanc à la place du sac de sables. (En terme d’ambition, parce qu’en terme d’ambiance, c’était trop bien. ^^)

Et pendant que mes ami•e•s ne voyaient pas la lumière du jour durant le mois précédant les épreuves du bac (donc une période allant de début mai à mi juin grosso modo) à bachoter jusqu’à ce que mort s’en suive, moi je répétais mon gala de danse classique.
J’avais TROIS rôles dont UN SOLO. Non mais c’était la GLOIRE pour moi. J’avais UN SOLO ! Sur POINTES ! J’étais à ça d’être danseuse étoile quoi.
J’ai donc fait des choix.
Un jour je vous raconterai peut-être comment s’est passé mon baccalauréat. C’était drôle. ^^

Donc alors que mes ami•e•s suaient sang et eau en visant une mention, moi j’enchaînais les entrechats (3 et 4) et je laissais traînais sur le banc à côté du piano 4 leçons d’histoire. Parce que c’est la seule matière que j’ai daigné réviser. Mais seulement 4 chapitres, faut pas pousser non plus.

A l’époque déjà j’étais en proie à ces sentiments paradoxaux qui étaient d’assumer totalement mes choix d’impasse et de non-travail, et la culpabilité de ne pas travailler. Néanmoins, si je tentais de me forcer à travailler, j’étais absolument non productive. J’aurais même presque juré que mes connaissances diminuaient.

Je me retrouvais donc comme coincée, entre une injonction à travailler et la peur de l’échec (parce que si j’assumais de ne pas travailler, je n’étais pas naïve ou sûre de moi au point de me dire que j’allais décrocher mon bac sans problème comme ça), et un espèce de fonctionnement étrange qui faisait que j’étais incapable de me forcer à travailler, ou de me mettre spontanément à travailler avant le dernier moment.

Je culpabilisais donc.
Et j’avais peur.

Puisque mes professeur•e•s me l’avaient répété et répété encore, il faut travailler !

Sans efforts, la réussite est considérée comme illégitime

Le pendant de cette exigence à l’effort est que si jamais il y avait réussite sans effort, alors cette dernière n’est ni méritée, ni justifiée, ni légitime.
Sans efforts, pas de réussite, pas de mérite et pas de gloire.

Et en France, il semble que l’on soit particulièrement friand de cette pensée. La réussite ne semble acceptable, noble, propre, que si elle est le fruit d’un effort jugé proportionnel à la réussite.
C’est, je crois, hérité de l’esprit révolutionnaire, à bas les privilèges tout ça.

Résultat, ce phénomène est le terreau fertile et la nourriture idéale au complexe de l’imposteur•e : Puisque pour réussir il faut travailler, que moi je trouve que je n’ai pas (beaucoup ou du tout) travaillé, alors je n’ai pas vraiment réussi. Ou ma réussite est forcément due à autre chose qu’à moi. Puisque je n’ai pas la condition sine-qua-non pour réussir, c’est à dire le travail, l’effort.

C’est absolument aliénant. Limitant. Voir souffrant.

Je lutte encore avec cette culpabilité ancrée profondément en moi, avec ce jugement intérieur qui me dit que je ne travaille pas assez, que je ne suis pas à la hauteur de mes prétentions. Que je ne mérite pas d’être surdouée, que je ne suis pas à la hauteur des autres surdoué•e•s. (C’est complètement stérile comme jugement, mais j’y travaille.)

Résultat, je – et je suppose d’autres – me retrouve piégée par cette culpabilité qui me paralyse et me fait douter de tout ce que je fais et de tout ce que j’obtiens.

Se libérer du mythe, et comprendre quelle réalité il illustre

A toutes celles et tous ceux qui se retrouveraient dans une situation semblable à la mienne, je vous encourage : Libérez-vous du mythe !

C’était mon moment  « Gourou d’un mouvement développement personnel new-age toutpourri. »

Plus sérieusement, je vous encourage vivement à travailler à vous libérer de ce qui, dans notre cas, est une injonction fausse et limitante.

Mon premier pas sur ce chemin a été de lire le livre de Béatrice Millêtre qui explique très bien comment le fonctionnement cognitif particulier des surdoué•e•s fait qu’il est inutile et stérile de vouloir leur appliquer une méthode « traditionnelle » de production intellectuelle quelle qu’elle soit.

Mais lire un ouvrage, aussi grand soit l’écho qu’il provoque en soi, ne suffit pas à défaire des années d’injonctions. C’est donc un travail de tous les jours.
A fortiori quand vous êtes en train de faire vos études, et que parmi vos « camarades » de classe, certain•e•s  semblent s’être donné comme objectif de vous prouvez que vous valez moins qu’eux/elles ou que vous n’êtes pas à la hauteur du don que vous avez reçu à la naissance. (Commentaire purement subjectif pour vous transcrire l’état d’esprit déplaisant dans lequel je peux me trouver parfois.)

Je crois qu’il faut commencer par comprendre que cette injonction au travail est au départ un conseil judicieux et véridique pour la plupart des gens.
Et, en vérité, il l’est aussi pour nous, surdoué•e•s parce que nos capacités cognitives ne font pas de nous des personnes avec la sciences infuses.
Il faut travailler pour acquérir des nouvelles connaissances, des nouvelles compétences, et pour améliorer les unes et les autres.
C’est comme ça.

Néanmoins, je crois qu’il y a une nuance à apporter. Si nous devons travailler, et faire des efforts, sans doute ne devons nous pas le faire dans les mêmes proportions et sur les mêmes choses que la plupart des gens.
Et cette petite subtilité fait toute la différence.

Finalement, l’écueil n’est pas dans le conseil de l’effort et du travail pour réussir. Parce que ceci reste une vérité.
Il est, je pense, dans le fait d’appliquer la même échelle et le même référentiel à toutes et tous, et en particulier aux surdoué•e•s.

On n’attendra pas d’une personne avec déficience mentale de fournir les mêmes efforts pour les mêmes résultats qu’une personne sans déficience mentale.
De même il est illusoire d’attendre d’une personne surdouée les mêmes efforts pour les mêmes résultats qu’une personne qui n’est pas surdouée.
Ou, on ne demandera pas les mêmes efforts et les mêmes résultats à une harpiste concertiste qu’à un étudiant en première année de solfège et de cours de musique.

Découvrir, connaitre et accepter son propre fonctionnement. Sans jugements.

Pour un•e adulte surdoué•e qui se découvre surdoué•e tardivement, cela peut représenter un tour de force. Parce qu’il faut non seulement accepter que l’on fonctionne différemment (ce qui est valable pour tou•te•s surdoué•e•s) mais aussi, défaire toutes les constructions et jugements préalablement élaborés sur soi-même.
Et ce n’est pas ce qu’il y a de plus simple !

Quoi qu’il en soit, qu’il s’agisse de déconstruire des idées inadaptées sur soi-même ou de découvrir ou se réconcilier avec son fonctionnement naturel, cela demande de s’écouter.
De s’observer, sans jugements si possible, un peu comme on mènerait une phase d’observation dans une expérimentation dont on serait le sujet.

Se regarder, s’observer.
Et vraiment, éviter les jugements. En bien comme en mauvais.
Parce que s’auto congratuler ou bien s’auto-flageller sur son fonctionnement avant de l’avoir analyser, n’est pas la meilleure façon d’obtenir une conclusion aussi objective que possible.
L’auto-congratulation et l’auto-flagellation auront éventuellement leur place APRES l’analyse.

L’exercice consiste à tenter de poser un regard objectif et neutre sur notre fonctionnement intellectuel (si j’ose dire).
Quel travail produisez-vous pour quel résultat ?
Commencez par être bien clair avec les notions que vous allez utiliser. Définissez ce que « travailler » ou « faire des efforts » signifie pour vous.
Passez au crible toutes les notions que vous utilisez dans vos jugements et analyses ou critiques sur vos fonctionnement.
Qu’est-ce que c’est que travailler beaucoup ? Un peu ? En terme de contenu mais aussi de durée. Est-ce que c’est travailler une heure ? Deux ? Dix ? Par jour ? Par semaine ? La nuit ? Est-ce que c’est lire, écrire, analyser, y réfléchir ? Noter des trucs ?Apprendre par cœur ? Faire des lecture complémentaires ? Prévoir les questions éventuelles ? Projeter à N+6 jours après le dossier ? Connaitre par cœur le numéros de téléphone direct de la caserne de pompier et l’hôpital le plus proche du lieu de votre colloque et maîtriser tous les gestes des premiers secours ainsi que les comportements à avoir en cas d’attaques terroristes, tremblement de terre et tsunami ? Penser à avoir un stylos de rechange pour l’examen ?

N’hésitez pas, passez tout ça au crible.

Une fois votre grille de définition bien au clair, vous pouvez passer à l’analyse. Commencez par du très binaire et très basique, des questions dont les réponses sont oui ou non. Pour répondre référez-vous à une situation concrète passée : votre dernière présentation, votre dernier examen, votre dernier devoir, etc.
Avez -vous travailler pour cette présentation ? Oui/Non
Avez-vous eu l’impression de fournir des efforts ? Oui/non
Avez-vous rempli les objectifs ? (Validation de la matière, présentation faite en temps et en heure, sur le sujet demandé dans le temps demandé)  Oui/Non.

Il n’est pas question de savoir si vous avez bien travaillé, ou bien réussi, ou suffisamment réussi. Juste est-ce que vous avez travaillé et/ou réussi ?

Cette démarche est directement inspirée et reprend les questions et analyses que vous trouverez dans « Le livre des vrais surdoués » de Mme B. Milletre. Une mine d’or je vous dis.

Ensuite vous pourrez passer aux questions sur le comment.
Comment travaillez vous ? Allongé•e par terre, devant la télé, en jouant aux jeux vidéos ? (Si c’est possible, pas évident, mais possible)
Vous avez besoin de combien de lectures ou écoutes pour retenir une, deux, dix infos ? Mots à mots ? Pas mots à mots ?
Encore une fois, pas de jugements. On s’intéresse aux faits, rien que les faits.

Quand vous aurez consciencieusement disséqué votre fonctionnement, vous pourrez le comparer, sans le juger, à ces injonctions à l’effort que l’on nous rabâche joyeusement.
Vous pourrez noter où sont les différences et quelles sont ces différences.

Le but n’est pas de juger, parce qu’il n’y a pas un fonctionnement meilleur qu’un autre dans l’absolu. Il n’y a que des fonctionnement qui vous sont naturels et d’autres pas.

Une fois cet état des lieux en votre possession, vous pourrez – évidemment si vous en avez le besoin, parce que sinon, tout ça est inutile :p – travailler à simplement accepter que vous fonctionnez comme cela, et que ce qui compte c’est que vous arriviez à vos fins, et pas tellement que vous le fassiez comme « les autres » attendent de vous que vous le fassiez.

Avoir sa propre notion d’effort, de travail. Et surtout, réclamer sa réussite.

J’en suis arrivée à la conclusion que le problème pour moi n’était pas tant l’injonction au travail que celle à l’effort.
Comme si toute réussite devait être le fruit d’un travail pénible, difficile, douloureux.
Comme si, tout travail devait être demandant en énergie, pénible.

Et bien non.
Je peux, vous pouvez, travailler sans effort.
Et la réussite qui s’en suit n’est pas moins valable, moins honorable, parce qu’elle n’est pas obtenue en suant sang et eau.

Vous avez le droit à la réussite sans efforts !
(Pour reprendre à ma sauce les mots de Mme J.S-F. dans l’émission Mille et une vie sur les familles de surdoués.)

L’effort, la pénibilité n’est pas obligatoire, contrairement à ce que l’on pourrait comprendre de ce que l’on nous a rabâché tout au long de notre scolarité.
Cela ne veut pas dire qu’il ne sera jamais nécessaire, ni même jamais bien venu ou utile. Mais, simplement, qu’il n’est pas obligatoire.
Ainsi, ce n’est pas parce que ce que vous produisez ne vous demande pas d’efforts que c’en est dépourvu de valeur ou que ce n’est pas à reconnaître comme une réussite.

Et vous n’avez pas non plus à en avoir honte.
Encore une fois, il vous/nous faut jongler et trouver notre équilibre entre notre propre légitimité et le droit à partager notre réalité (que nous produisons, parfois/souvent, moins d’efforts pour autant ou plus de résultats que d’autres sur certains/beaucoup de sujet) et la façon dont elle sera reçue par les autres et les jugements qui en découlent trop souvent (prétention, vantardise, volonté d’humilier ou rabaisser les autres…*soupir*).

Néanmoins, je vous invite à réclamer vis à vis de vous même en premier lieu, que votre réussite est tout aussi valable que celles des autres.
Que la réussite ne se mesure pas à l’effort produit pour l’atteindre. (Je rappelle que je parle d’efforts intellectuels, de travail scolaire ou intellectuels, etc.)
Vous avez le droit de réussir, et de réussir « facilement » à vos yeux ou à ceux des autres.

Personnellement, j’ai déclaré en mon for intérieur que je n’avais pas forcément ni systématiquement besoin de trimer pour atteindre mes objectifs.
Que considérer que j’ai réussi n’était pas conditionné aux efforts que je produisais ou non pour y parvenir.
J’ai le droit de ne pas peiner pour produire certaines choses, même si d’autres le font avec plus difficultés que moi.
Et l’inverse est tout aussi vrai ! Je patauge sur des exercices mentaux (notamment produire un niveau de détail d’explication de mon raisonnement suffisant pour satisfaire les profs ou me rendre compréhensible pas tou•te•s) qui ne demande aucun efforts à la plupart des gens.

Ce n’est pas encore gagné, mais je travaille à me libérer du mythe de l’effort. Et je sens qu’une fois que ce sera fait, la vie sera plus facile. :p

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Revue – Cerveau et Psycho : Les adultes HPI

Bonjour à toutes et à tous !

En ce beau mardi (ici en tout cas il fait beau) une bonne nouvelle pour les curieuses et curieux, le magazine Cerveau et Psycho consacre dans son numéro de Mai 2017 (n° 88) un dossier complet sur les adultes HPI, signé par Mme Jeanne Siaud-Facchin.

Que devient le surdoué une fois adulte ?  Cerveau et Psycho n°88 Mai 2017

Que devient le surdoué une fois adulte ?

On compte plus de un million d’adultes surdoués en France. Ces « zèbres » intriguent : certains ont une vie passionnante, d’autres rencontrent de nombreuses difficultés. Un paradoxe à comprendre.

En savoir plus sur http://www.cerveauetpsycho.fr/ewb_pages/i/index-cerveau-psycho.php#MWJQU2ekrMq0vwXc.99

 

BONUS, le numéro aborde le sujet de la parité Femme-Homme dans un autre dossier de ce même numéro, sujet ô combien cher à mon cœur.

N’ayant pas encore acquis ni lu le numéro en question, il me sera difficile de vous faire un retour dessus. Mais promis j’y reviendrai.

BONUS de BONUS : Le 10 mai, sortira le nouvel ouvrage du Dr Gabriel Wahl, un Que sais-je ? aux éditions PUF sur les adultes surdoué•e•s. Dans la foulée, vous pourrez profiter de la réédition de son précédent ouvrage sur les enfants HPI.

Et LA je pourrais vous en parler parce que le Docteur Wahl a eu l’extrême gentillesse de me faire parvenir gracieusement les dits ouvrages. Je les attends impatiemment dans ma boite aux lettres.

Vous retrouvez ces mêmes sujets abordés ici : TBZ et

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Interview pour le web : la Reconversion Professionnelle

Bonjour à toutes et à tous !
Permettez-moi de vous souhaiter un très beau premier mai !
Jolie(s) fête(s) du premier mai, quelque soit celle que vous célébrez ! 🙂

Jeudi dernier, j’ai donc eu le plaisir de réaliser une interview pour Mme Laure Mariet, consultante en reconversion professionnelle.

Bien que ses activités s’adressent à toutes et tous, Laure a noté qu’il émanait des demandes particulières, et récurrentes, dans le domaine professionnel chez les personnes HPI.
Forte de ce constat, elle a entreprit de se pencher plus particulièrement sur la question et de proposer un accompagnement adapté à ces questions et cette population particulière qu’est la population des surdoué•e•s.

Vous retrouverez sur son site une série de vidéos intitulées « Parcours de surdoué•e•s » (j’ai rajoutée l’écriture inclusive). 
Le principe est de brièvement présenter des parcours professionnels réussis, épanouis et très régulièrement atypiques, de personnes surdouées.
La réorientation professionnelle est au cœur de ces entretiens.

 

Mon contact avec Laure

J’ai été ravie de participer à ce joli projet professionnel.
J’ai été accueillie avec chaleur et sympathie par une jeune femme tout à fait professionnelle.
Laure possède indéniablement les qualités d’écoute et d’accueil nécessaires pour permettre la mise en place d’un échange serein, confiant et donc riche.
Très investie dans sa vie professionnelle, les personnes surdouées qui travailleront avec elle sauront sans doute apprécier l’implication farouche qu’elle met dans son travail et ses formations complémentaires.
Et, je n’en doute pas, elles sauront aussi reconnaître en Laure une personne qui saura comprendre leur particularités et problématiques.

 

La vidéo

La vidéo de mon entretien avec Laure sera mise en ligne avec les autres prochainement.
Vous pourrez retrouver la vidéo dans la section du même nom de ce blog, mais aussi dans cet article qui sera mis à jour, et – évidemment – sur le site de Laure Mariet.

D’ici là, si vous vous posez des questions sur une éventuelle réorientation professionnelle, n’hésitez pas à aller faire un tour sur le site de Laure, dont voici les coordonnées :

Consultante en reconversion professionnelle
http://www.lauremariet.com
06 59 69 56 05
laure.mariet@gmail.com

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Mensa Pro Lab #1

Une petite nouveauté de Mensa.Mensa Pro Lab#1 :

Table ronde sur le thème de « Comment valoriser sa différence au travail quand on est adulte HPi ou autiste asperger ? »

https://mensa-france.net/blog/table-ronde-mensa-pro/

Vidéo | Publié le par | Tagué , , , , , , , , , , | Laisser un commentaire

Et sinon…

J’ai rendez-vous jeudi prochain pour tourner une interview vidéo, pour un très joli projet d’accompagnement professionnel des adultes surdoué•e•s.

Je suis super contente. ^^

POuce en l'air Jess

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La différence existe-t-elle vraiment ?

Voilà un commentaire que j’ai lu à propos de la douance, sur un groupe de réseau social dédié à ce sujet :

« Bonjour à vous toutes et tous,
Je viens juste de rentrer dans ce groupe par le biais d’une amie ; après avoir lu attentivement les récits précédents que vous faites, je me reconnais dans beaucoup d’entre eux.
J’ai rencontré l’année dernière une thérapeute qui m’a parlé de la douance et m’a suggéré que j’en avais de nombreuses caractéristiques. Il est quand même une question qui ne cesse de me travailler et sur laquelle je n’arrive pas à prendre position, à savoir celle de la différence.
Depuis toute petite, je me sens différente des autres et ai bien remarqué que les règles d’interaction sociale m’étaient complexes à intégrer. Je vois bien dans mon entourage que plein de personnes ne se posent pas autant de questions, ne font pas preuve de la même hypersensibilité, culpabilité, doute sur soir-même…

Cependant, je me dis que ces difficultés et ces émotions que je peux rencontrer sont partagées par le reste de l’humanité. Et je ne peux concevoir que les autres (quels autres, d’ailleurs ?) soient tellement différents car toute personne est si singulière qu’elle en est incatégorisable. Je ne sais pas si je suis très claire.
Bien sûr que je me rends compte que plein de personnes ne réagissent et ne fonctionnent pas comme moi mais cela me parait très étrange de penser en terme de groupes qui auraient des schémas comportementaux et des regards sur la vie si dissemblables. N’est-on pas toutes et tous différent.e.s ? En somme, si vous avez des pistes pour m’aider à avancer sur cette question qui me complique sacrément l’existence, je suis preneuse ! »

(J’ai pris la liberté d’aérer un peu le texte original pour plus de lisibilité.)

Différent•e•s et séparé•e•s ?

Voilà ma réponse, qui comme toute réflexion est destinée à s’enrichir par l’expérience et le temps.

L’apaisement peut venir, peut-être de la réalité physiologique.
On ne se torture pas de la différence de couleur d’yeux, de cheveux, de peau, de taille. Et bien, le HPI est une réalité physiologique autant que psychologique.
Nos neurones ne sont pas fait de la même façon, et le cerveau ne fonctionne pas (ne s’active pas si vous préférez) de la même façon.
Différence il y a, c’est un fait, comme il y a des blondes, des brunes, des grandes des petites…
Est-ce que cela doit nous séparer ? C’est à nous de le décider.

Pour ma part, les différence sont l’expression de la vie, et font aussi sa richesse.
Différence et séparation ne sont pas forcément synonyme de rejet ou de conflit.
Il ne tient qu’à nous de choisir ce que l’on fait de nos différences.

Mais les nier, en revanche, est pour moi ce qui mène le plus surement aux mal-être de tout•e•s.
Nier ses différences revient à nier ce qui nous rend unique. D’individus à individus, ou de groupe d’individus à groupe d’individus.
Etre dans un groupe ce n’est pas être en prison.
Il ne tient qu’à nous de comprendre que nous sommes tou•te•s uniques, tous humain•e•s et tou•te•s différent•e•s.

Il ne vous viendrez pas à l’idée de dire à une personne daltonienne ou sourde qu’il ne sert à rien de stipuler sa différence parce que nous sommes tou•te•s de l’espèce humaine non ?
Le HPI ne fait pas exception selon moi.

Que se cache-t-il derrière cette question ?

Il y a celles et ceux qui soulignent cette différence, et celles et ceux qui souhaitent la masquer.
Il n’y a pas de bonne ou mauvaise attitude, seulement l’attitude qui vous convient. Mais qu’il s’agisse de réclamer sa différence ou d’insister sur ce qui vous lie aux autres, le mieux est de faire un choix qui ne soit pas motivé par une blessure ou une peur. Ou plusieurs.
Car les choix et les attitudes (ou comportements) que l’on adopte en réaction à nos peurs ou nos blessures ne font en général que nous maintenir dans ces dynamiques délétères.

Parfois, et c’est plus souvent qu’on ne le voudrait, il est bon de ne pas tout de suite faire face à ses peurs et d’adopter une attitude qui nous en préserve. Parce que, à l’instant T nous ne sommes pas prêt•e•s pour y faire face. Il nous faut plus de temps, plus de ressources intérieures que nous n’en avons à l’instant T. Dans ces cas là, ne pas affronter ses peurs ou blessures demeure la solution la plus sûre pour notre équilibre.
Néanmoins, pour que cela demeure constructif, nous devons être très clair avec nous-même et ne pas nous voiler la face : Oui, nous refusons d’affronter nos peurs/blessures, oui nous en avons conscience, et NON nous ne souhaitons pas entretenir ces peurs/blessures éternellement.

Besoin d’appartenance et construction de soi

Ainsi donc, en plus de se demander si la différence existe vraiment entre « nous » et « les autres » (si vous voulez mon avis, c’est une simple histoire de référentiel. Changez le référentiel, vous changerez votre groupe d’appartenance), la question intéressante pour notre petite personne est surtout : « Quel est le besoin, la peur, l’espoir qui motive ce questionnement chez moi ? »

On trouve souvent derrière (mais pas que, et pas toujours) un besoin d’appartenance et/ou un besoin d’identification (dans le sens de prendre ou construire son identité).

Le besoin d’appartenance est un besoin fondamental de notre construction psychique. Je suis la première à râler à ce sujet, mais c’est comme ça.
Nous avons besoin d’un groupe auquel nous référer, nous avons besoin de nous sentir appartenir à un groupe de pairs.
La bonne nouvelle, c’est que ce groupe de pair peut être en fait une seule personne. Vous n’êtes pas obligé•e de vous coltiner le groupe des « populaires » du coin.

Quoi qu’il en soit nous avons besoin de nous relier à quelqu’un. De faire partie d’un plus grand groupe que soi. Mettez ça sur notre côté bovin si vous voulez. Ou ovin.

Or quand on nous annonce : « Félicitation ! Vous n’êtes semblables qu’à, dans me meilleur des cas, 2,4% de vos pairs et dans le pire des cas, 0,13% ! «  , il se peut que vous entendiez : « Vous êtes seuuuuuuuuuuuuuuuuuul•e, teeeeeeeeeeellement seuuuuuuuuuuuuuuul•e ! »
Et votre besoin d’appartenance en prend un sacré coup. D’un coup, tous vos groupes de référence n’en sont plus, puisque vous n’y appartenez plus. (Tout ça c’est la faute du/de la psy. Méchant•e psy !)
Envolée la référence de la famille, parce qu’avec votre bol, vous êtes le/la seul•e de votre famille concernée.
Envolée la référence de vos ami•e•s, si vous en avez, parce que…bah les statistiques sont contre vous là quand même. Jusqu’à preuve du contraire mais bon, soyons pessimistes.

Envolés tous vos repères, pouf !
Vous voilà seul•e dans votre petit monde interieur. DRAME.

Alors la bonne nouvelle (il y a TOUJOURS une bonne nouvelle) c’est que le drame est plus ou moins grand en fonction de l’intensité de votre besoin d’appartenance.

Plus le besoin d’appartenance est grand, plus on cherchera à gommer ce que l’on voit comme des différences, des barrières entre nous et les autres. Jusqu’à parfois le nier complètement.
Certaines personnes ne supportent tellement pas cette idée d’être « autre » qu’elles vont jusqu’à nier leur nature de surdouée. Cette négation ne relève pas forcément uniquement d’un besoin d’appartenance mis à mal, mais ça peut y participer.

D’autres vont prendre le chemin d’en face, celui de l’identification.
Leur besoin de s’individualiser est tel, qu’il peut les pousser à mettre en avant et à toutes les sauces leur différence.
Sans être allée jusqu’à ne plus vivre qu’à travers ça, j’ai eu ma période du genre moi aussi.
Le travers de ce comportement c’est justement de créer un clivage « eux/nous » complètement stérile et sclérosant.

Eux, nous, les autres, ensemble. 

Et toi, plus moi, plus tous ceux qui le veulent ; plus lui, plus elles et tous ceux qui sont seuls ; allez venez et entrez dans la danse, allez venez, c’est notre jour de chance !

Voilà.
Ce léger délire passé, finalement, est-ce qu’elle existe cette différence ?

Oui à l’évidence.
Elle n’est pas univoque, simple. Elle s’étend sur plusieurs niveau de nos êtres.
Elle nous distingue des autres, les un•e•s des autres, mais elle ne nous sépare pas.
(Même quand on aimerait bien. Qui est content•e d’être un humain « comme » Hitler ? Qui ?)

La question, comme souvent, n’est pas tant celle de son existence – qui dépend de l’échelle à laquelle nous nous situons – mais de ses conséquences dans nos vies.
C’est à nous de trouver la position qui nous donnera l’équilibre dont nous avons besoin pour avancer.
Et le mieux, c’est que cette position peut varier au cours du temps.
Nous sommes en constante évolution (j’en suis convaincue), ce que nous vivons nous transforme. A chaque transformation, notre état se modifie, donc, nos positionnement internes doivent suivre pour maintenir notre équilibre.
(Est-ce que vous me suivez toujours ?)
Si aujourd’hui, votre équilibre intérieur requiert que vous réclamiez votre appartenance au genre humain et que votre nature de HPI soit passée au second voir 10e plan, très bien. Peut-être que demain, votre évolution personnelle (et par évolution, j’entends changements, il n’y a pas de notion d’aller vers un mieux ou un moins bien. Juste de changer) vous amènera à revoir votre position et à vous situer vers une différenciation plus prononcée. Et après-demain, votre équilibre (comprendre bien-être) intérieur demandera un autre changement.

La différence existe belle et bien oui.
Vous êtes différent•e•s, nous le sommes tout•e•s.
A nous de choisir si cela nous rassemble ou nous divise. Si cela est une richesse ou une condamnation.

Personnellement, j’ai choisi la richesse.

(Enfin pour moi. Pour les autres, je ne sais pas si ma différence est une richesse, mais personne n’en est mort•e encore. Alors j’imagine que ça va.)

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« Le livre des vrais surdoués. Surdoués et heureux ! » – Béatrice Millêtre

J’ai découvert cet ouvrage hier.

Et je vous le recommande chaudement ! Plus que chaudement, je vous le conseille, vous encourage à le lire, à le partager avec votre entourage, bref à en faire un de vos livres de référence sur le HPI.

Personnellement, je l’ai érigé en livre de chevet, et j’en ai fait MA référence sur le sujet des surdoué-e-s.

Des informations claires et accessibles

L’ouvrage est court, très clairement rédigé et très agréablement assumé.
Son auteure assume son point de vue, son expérience et dans ses écrits transpirent une force de conviction et d’assumation certaine. Et j’adore ça !

Que l’on soit déjà connaisseu-se-r-s du sujet, concerné-e-s directement ou indirectement, l’ouvrage est accessible à tou-te-s.

Un gros point positif pour moi, l’ouvrage s’adresse directement à ses lect-rice-eur-s. D’ordinaire, je ne suis clairement pas fan de cet option littéraire, mais là, cela a l’avantage de nous faire nous sentir concerné-e-s, et très paradoxalement (parce que il s’agit d’une lecture en fait), écouté-e-s et compri-se-s.

Tout un tas de références scientifiques actuelles

Et que ça fait du bien !
Parce que si, pour X raisons, nous ne sommes pas satisfait-e-s de ce que l’auteure écrit, nous pouvons aller puiser dans les références bibliographiques à chaque fin de chapitre. C’est tellement agréable de pouvoir aller voir par soi-même ce qui nous est dit. De pouvoir s’approprier un contenu précis, de ne pas avoir à se limiter à la parole et la compréhension d’une personne tierce.

Un message résolument positif, dynamique et responsabilisant

L’auteur nous présente l’autre aspect de la réalité des surdoué-e-s. L’aspect moins présenté par les médias, mais en même temps, l’aspect le plus important en terme de fréquence et de proportion : la réalité de surdoué-e-s qui vont bien.

Qui, non seulement vont bien, mais vont même MIEUX que les neurotypiques.

Cet ouvrages dit du bien de nous ! Je sais que ça peut paraître narcissique, mais ça me fait tellement de bien de lire, études scientifiques à l’appui, que ce que je ressens au plus profond de moi est une réalité. Ou peut se traduire en réalité.
A savoir que le surdon est un…don !

Aussi, l’auteure nous encourage, nous lecte-eur-rice-s à prendre nos responsabilités (sur nos souffrances aussi) dans nos vies.
Qu’est-ce que j’ai aimé lire ça !
Cela n’enlève rien au poids des souffrances en questions, simplement j’ai aimé lire quelque chose que je partage et tâche de toujours faire dans ma vie : me demander quelle est ma part dans « tout ça », de quoi je suis responsable et donc sur quoi je peux agir. Et ce qui ne m’appartient pas et que je n’ai donc pas à prendre en charge.

Et les souffrances dans tout ça ?

Elles ne sont pas niées du tout, loin de là.
Mais, et pour moi c’est aussi nouveau qu’apaisant, l’auteure nous dit que si souffrances il y a, elles sont le fait de notre nature humaine, pas du surdon.
Et elle ne s’y attarde pas. Elles ne sont pas l’objet de l’ouvrage.

Je sais que ça n’a rien de révolutionnaire et que cela peut vous paraître absolument évident. Et ça l’est sans doute.
Mais voyez-vous, ça m’a fait du bien de lire, noir sur blanc, que ma nature différente ne me condamne pas à la souffrance. Que, par définition, elle n’est pas porteuse de souffrances, mais au contraire, de plus de solutions.

Et que ça fait du bien !

Petit bonus qui fait plaisir !

L’auteure, Béatrice Millêtre, est docteur en psychologie, psychothérapeute, neurobiologiste et spécialistes des TCC, et – roulement de tambour – surdouée elle-même !
Et voui !
Alors ce n’est pas ça le petit bonus qui fait plaisir, mais c’est un plus qui est appréciable à mes yeux. Cela me réconforte de savoir que l’auteure sait de quoi elle parle, d’un point de vie théorique et parce qu’elle est elle-même concernée en tant que sujet, par le surdon. Ça c’est top !

Mais le petit bonus qui fait du bien, c’est que dans cet ouvrage, l’auteure nous offre le fruit de son travail, un test pour déceler ce qu’elle appelle le « fonctionnement intuitif » du raisonnement, caractéristique des surdoué-e-s.

Ce test, qui mériterait d’être livré avec une consigne de passation clairement écrite même si elle se comprend sans cela, est très simple et très amusant à faire.
Et finalement assez cohérent.
Le principe c’est que passé un certain seuil de réponse correspondant à un fonctionnement intuitif, vous êtes considéré-e comme ayant effectivement un fonctionnement intuitif.

Sans grande surprise, je suis quasiment au seuil maximal de fonctionnement intuitif.
Alors nous sommes d’accord, c’est juste une info de plus, et ça ne révolutionne rien dans mon existence.
MAIS !
Mais c’est hyper intéressant de savoir ce qu’est le fonctionnement intuitif, dans le détail en plus ; savoir que l’on est concerné-e et comprendre son fonctionnement.
Mais surtout, cela m’a tellement décomplexée sur mes méthodes de travail et d’apprentissages dans mes études, dans mon travail, dans ma vie en général ! C’est tellement libérateur de découvrir que -bah oui, en fait j’en reviens toujours là – j’ai le droit de fonctionner comme ça.
Que c’est ok.

Conclusion 

Courrez l’acheter ! Il est aussi disponible en version numérique, donc n’hésitez pas.
Il se lit vite, est clair, plein de ressources ! Et tellement positif.

Bon ok, bémol sur une pointe de critique/réticence/limite petite-pique-qui-passe-pas-inaperçue, sur la zebritude et l’engouement que cela suscite et a pu susciter.
Bon. Pas de diffamation au moins, juste un désaccord qu’on comprend bien-bien.

Ah et bémol sur le titre, mais l’auteure à l’honnêteté de dire dans une interview qu’elle le voulait volontairement racoleur et provocateur.

Ah oui, et je ne suis pas d’accord avec le seuil de 125 de QI pour le surdouement. M’enfin, ce n’est pas comme si ça avait une quelconque conséquence pour vous ou pour l’ouvrage. :p

Mais vraiment, vraiment je vous le conseille chaleureusement. C’est une lecture qui m’a fait du bien et enthousiasmée.


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Quatrième de couverture :
Ce n’est pas parce que votre enfant ou vous-même êtes brillants ou talentueux que vous êtes surdoués. Et ce n’est pas parce que vous êtes surdoués que vous êtes malheureux. Le vrai surdoué  a un QI supérieur à 125, un fonctionnement intuitif, et une bonne insertion sociale. La souffrance n’est pas un critère, mais juste le signe que le surdoué a besoin – comme tout le monde – d’une thérapie. Béatrice Millêtre remet les pendules à l’heure ! Elle explique tout ce qu’il faut savoir sur les « hauts potentiels » – les vrais. Des données scientifiques à leur fonctionnement au quotidien, qu’il s’agisse des enfants ou des adultes, elle aborde concrètement tous les aspects de leur vie et de leurs relations aux autres (les surdoués en amitié, en couple, en famille, à l’école, au bureau) et fournit des outils pour leur plein épanouissement.

Voici quelques passages que j’ai particulièrement aimés :

J’ai toujours crié heut et fort que le surdouement n’est pas une pathologie et que ce n’est pas une fatalité d’aller mal […] – Introduction

[…]les surdoués sont , et ont toujours été, les sauveurs du monde. – Introduction

(Okay celle-là elle fait mégalo, mais avouez que ça fait du bien de se faire appeler sauveur du monde. 😉 )

[…] c’est vous [les surdoués] qui le faites évoluer, qui le tirez vers le meilleur, permettant l’apparition de nouveaux concepts, tant scientifiques que philosophiques, économiques, sociologiques, etc. Vous passez ensuite le relais à leur environnement qui se charge alors de les mettre en place. C’est une vision simpliste, simplifiée mais vraie dans laquelle cette collaboration est bénéfique à tous. – Introduction

Ainsi le premier critère est donc d’être en bonne santé mentale [pour être surdoué] – Ch. Qu’est-ce qu’un surdoué ?

[…]les caractéristiques que l’on observe chez les surdoués : 
 – tout faire au dernier moment ;
– ne pas savoir justifier ou argumenter son raisonnement ;
– ne rien faire ;
– remettre à demain ;
– l’hypersensibilité et l’hyperesthésie ;
– avoir raison avant les autres. 
Ch. Mon travail est meilleur et je suis plus efficace si je le fais au dernier moment.

Puisqu’il faut moins de temps au raisonnement intuitif pour produire son résultat, les personnes raisonnant de manière plus séquentielle arriveront à la même conclusion, après un laps de temps plus ou moins long. 
Il résulte de ce dernier point que lorsqu’un surdoué avance une idée, celle-ci est souvent incomprise, voire non écoutée […] – Ch. De la justification à l’évidence.

Les résultats d’une méta-analyse montrent ainsi que le surdouement n’est que rarement corrélé au TDAH. – Ch. Pour être efficace je dois faire plusieurs choses en même temps.

Faire autre chose est également ce qui vous permet, ce qui permet à votre cerveau, en bruit de fond, en non conscient, de faire aboutir votre raisonnement […] – Ch. Pour être efficace je dois faire plusieurs choses en même temps.

Enfin, c’est la sensibilité à la fatigue et à la faim qui vous rendent irritable et colérique […] – Ch. Oeil de lynx, je suis hypersensible et hyperesthésique

En effet, seul 20 à 25% d’entre eux présentent des difficultés d’ordre émotionnel et social. – Ch. Oeil de lynx, je suis hypersensible et hyperesthésique

Etant ainsi plus stimulable, vous exprimez vos émotions, positives et négatives, plus fortement que la moyenne. – Ch. Je suis entièrement à ce que je fais : l’engagement, l’envie, l’implication, la motivation, et l’attention.

Elle est sous le contrôle de votre cerveau qui démontre une plus grande efficacité de votre capacité d’inhibition cérébrale, qui permet de filtrer les informations pertinentes qui vous parviennent de l’environnement et de focaliser ainsi fortement votre attention. – Ch. Je suis entièrement à ce que je fais : l’engagement, l’envie, l’implication, la motivation, et l’attention.

Il semble que les surdoués montrent une organisation atypique de leur cerveau. – Ch. Mes différences se retrouvent à une échelle neurophysiologique.

Le fait que nous sachions aujourd’hui que le cerveau fonctionne en réseau plus qu’en zone remet partiellement cette théorie [cerveau droit/cerveau gauche] en question. – Ch. Mes différences se retrouvent à une échelle neurophysiologique.

[…] je peux privilégier l’un ou l’autre domaine, l’un ou l’autre hémisphère cérébral, selon l’environnement dans lequel je me trouve et l’objectif que je me fixe : si je suis submergé par les émotions, je vais alors « passer » sur l’autre hémisphère et rationaliser la situation que je vis à l’excès, ce qui fera diminuer, voire disparaître mes émotions […] – Ch. Mes différences se retrouvent à une échelle neurophysiologique.

[…] l’intelligence n’est pas liée à la taille du cortex mais à la dynamique des relations neuronales. – Ch. Droit au but : je suis plus efficace et capable de m’adapter

La créativité est cette capacité à faire des liens entre des domaines qui n’en présentaient pas auparavant […] – Ch. Une imagination sans bornes et une créativité sans limites

Tout se passe ainsi comme si les surdoués étaient capables de moduler la régulation inhibitrice du cerveau, les rendant ainsi capables de repousser les frontières d’un raisonnement plus restreint. – Ch. Une imagination sans bornes et une créativité sans limites

La question que je soulève ici est de savoir ce que l’on souhaite mesurer : les capacités du cerveau ou une conformité sociale […] – Ch Ça se mesure l’intelligence ?

Les surdoués n’arrivent pas à concevoir que l’on reste statique, sans chercher à progresser, à s’améliorer, et se remettent sans cesse en question. Ils cherchent également à faire progresser les autres. – Ch. Une philosophie de vie
(Ma préférée parce que je m’y retrouve beaucoup beaucoup ! )

Leur vie ne peut donc qu’être sous le signe de la perfection, de l’absolu et de l’avancement. – Ch. Une philosophie de vie

La difficulté pour les surdoués n’est pas d’être en moins grand nombre, c’est que les autres sont en plus grand nombre. – Ch. Une philosophie de vie
(Le passage qui m’a fait le plus rire de tout l’ouvrage !)

Pourquoi est-ce à eux [les surdoués], tournés vers les autres, que l’on demande de devenir réalistes, et pas aux autres de devenir utopistes ? – Ch. Toujours viser le meilleur : perfectionnisme et exigences.

Le surdoué est exigeant. – Ch. Toujours viser le meilleur : perfectionnisme et exigences.

Votre exigence témoigne de votre confiance en l’autre, de votre croyance en ses qualités, en sa capacités à réussir, à donner le meilleur de lui ; elle est le reflet de votre respect à son égard. – Ch. Toujours viser le meilleur : perfectionnisme et exigences.
Une autre de mes préférée qui s’applique parfaitement à moi, c’en était bouleversant à lire tellement c’était précisément ma pensée

A l’inverse, la complaisance n’est pas une marque d’estime. Accepter la médiocrité revient à dégrader les autres, à dévaloriser leurs qualités, à croire qu’ils sont incapables de bien faire. – Ch. Toujours viser le meilleur : perfectionnisme et exigences.

Quant aux adultes, à vous de savoir si vous voulez adapter votre propos, quitte à utiliser un vocabulaire moins précis, au risque de dénaturer votre pensée, ou si vous souhaitez conserver les mots parfaits : c’est une question de point de vue et d’assumation. – Ch. Toujours viser le meilleur : perfectionnisme et exigences.

Capable de vous intéresser à tout et son contraire, vous êtes surpris lorsque l’on vous dit que c’est impossible […] –  Ch. Le monde comme terrain de jeu: le grand écart.

Les surdoués ne peuvent pas vivre sans compréhension […] –  Ch. Le sens, sans qui rien n’est possible.

Cela ne s’acquiert donc pas et persiste toute votre vie durant. C’est pourquoi le concept d’enfant précoce ne peut être adapté. […] – Ch.Petit surdoué deviendra grand : surdoué un jour, surdoué toujours

Une étude portant sur 11 000 jumeaux surdoués dans différents pays conclut à l’héritabilité du surdouement et suggère une combinaison extrêmement rare d’allèles spécifiques exprimant un ensemble de gènes impliqués dans les capacités cognitives. –  Ch. Est-ce génétique ?

C’est un enfant qui surprend par la profondeur et l’intensité de son regard, scrutateur sur le monde qui l’entoure […] – Ch. Le petit surdoué de 0 à 3 ans.

[…] il s’agit d’une différence fondamentale, neurophysiologique, et tout ce que vous pourrez y faire n’y changera rien…sauf vous sentir mal […] – Ch. Connaissance, acceptation, assumation

Partant de l’idée que le bonheur des autres est primordial, ils préférent perdre leur conjoint et que celui-ci soit heureux sans eux, plutôt que d’être malheureux avec eux, et eux malheureux par ricochet. – Ch. Cherche prince charmant : beau, riche, intelligent, bien sous tous rapports…L’amour avec un grand A

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La guerre des zèbres

Alors voilà (pour citer M.Beaulieu).

Dans le petit monde du HPI en France, je vois une espèce de guéguerre entre ce que j’appelerai les QIstes et les zèbres.

Dans le coin droit les QIstes. Leur arme ? Les chiffres. Du bon, du logique, de la psychométrie, de l’implacable, de l’indice, des maths et des stats.
Pour résumer. Peu populaire, peu médiatisés, mais armés de sciences et de recherche.

Dans le coin gauche les zèbres. Leur arme ? L’empathie. Hypersensibilité (qui est en fait l’hyperemotivité) en bannière, le HPi est pour eux avant tout défini par un rapport au monde, à soi, à l’autre différent. Adepte du « différent » et pas du « plus », ils sont les plus populaires et médiatisés. Ils comptent dans leur rang JSF et Alexandra Reynaud.
(A.R qui ne partage d’ailleurs pas forcément tous les avis de JSF , et qui est plus du côté du « plus » d’ailleurs. Comme quoi ! Mais qui partage avec JSF le fait d’être très populaire dans la sphère du HPI français.)

En vrai.

En vrai, ce que je vous dis là est une caricature de tensions que j’ai pu noter dans diverses discussions sur le sujet. Discussions qui parfois viraient purement et simplement à l’agression aussi stupide que violente et stérile.

Alors je vais être limpide et très claire.

Moi, par nature cognitive, j’aurais tendance à être une QIste. Parce que je ne supporte que très mal le flou, l’à peu près, j’aime quand les concepts sont clairs, définis, lisibles, reproductibles. Bref, l’expérimentales et la logique, c’est confortable pour moi.
Et puis, je me débats tellement, tellement avec l’empathie que j’ai pour les autres que de débrancher cette partie de moi pour laisser place à la logique aussi objective que possible, ça me fait du bien.
Vraiment.
Et puis pour plein d’autres raisons qui ne regardent que moi.

 

Je n’adhère pas à la zébritude. Ce n’est pas mon truc cette symbolique.
Bon.
Mais vous savez quoi ? Même si je ne suis pas en accord avec tout, même si je suis plus QIste que Multiplicienne (intelligence multiple, encore un mot à moi), et bien, on s’en fiche !

Parce que cet outil qu’est la zébritude est une merveille pour beaucoup de monde. Parce qu’on le veuille ou non, il y a des souffrances chez les surdoué-e-s. Parce que, non d’un chien, ces personnes ont le droit de voir ces souffrances entendues, reconnues, écoutées et même médiatisées si ça leur fait du bien.

Alors oui, ça peut faire du mal à d’autres, et c’est pour ça qu’on a besoin de cette pluralité d’avis, d’opinions, de visions, de compréhension. C’est pour cela qu’on a besoin de PLEINS de témoignages, de vulgarisation sur le sujet pour que TOUT LE MONDE puisse trouver les outils qui lui conviennent au moment T pour aller mieux, voir pour aller bien et même aussi tout simplement pour mieux (se) comprendre, ou juste parce que c’est cool d’avoir plein d’avis et de faire soi-même le tri.

Donc
Oui, je ne l’ai jamais caché, moi la zébritude je n’accroche pas. Et oui, j’ai des arguments pour dire pourquoi.
Mais ce n’est que moi. Et surtout, c’est juste le concept auquel je n’adhère pas.
Alors même si je n’adhère pas à tout ce qu’à pu dire Mme JSF sur les surdoués, il y a aussi certaines de ses interventions que j’ai beaucoup beaucoup appréciées et même, vous savez quoi, pour lesquelles je la remercie du fond du coeur !
Sincèrement.

On a le droit de ne pas être d’accord avec les théories, opinions, avis d’autres gens, mais ça ne justifie jamais de les agresser eux/elles.

JAMAIS !

Comme je le dis et le répète dans ce blog, même si je vous donne mon avis, moi ce qui m’importe le plus ce n’est pas que vous soyez d’accord avec moi. Ce qui compte pour moi c’est de participer à vous proposer, avec pleiiiiiiiiiiiiiiiiin d’autres personnes, des ressources sur le sujet.
Parce que il n’existe pas deux êtres et deux chemins de vie identiques, parce que ce qui est valable pour moi ne le sera jamais que pour moi en premier lieu.
Parce que ce qui ne fonctionne pas pour moi pourra peut-être vous être très très précieux.
Et parce que bon sang, mon avis ne pèse pas une cacahuète face à votre bien-être.

Alors si votre bien-être c’est de tellement adhérer à la zebritude que vous vous baladez en costume de zèbre dans votre ville, mais OK !
Si votre bien être c’est de re-calculer à la main le QI de toutes les personnes qui se présentent à vous comme HPI pour vérifier qu’elles ne racontent pas de bêtises (et leur psy avec) mais très bien !

Alors à tou-te-s ce-lle-ux qui voudraient me voir dire des horreurs sur des personnes dont je ne partage pas 100% des avis, opinions, réalités, expériences, sur le sujet du HPI, vous pouvez vous désabonner de ce blog immédiatement (et là je perds tou-te-s les abonné-e-s :p).

Et vous pouvez aussi vous épargner l’effort d’un commentaire qui irait dans ce sens, parce que je le supprimerai.

Petit rappel à la loi pour finir :
https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F32077

Injure publique

L’injure publique est une injure pouvant être entendue ou lue par un public étranger à l’auteur des propos et à sa ou ses victime(s).

Dans le cas d’une injure publique, n’importe qui peut avoir connaissance de l’injure prononcée. Les personnes témoins des faits n’ont aucun lien entre elles.

C’est le cas d’une injure prononcée en pleine rue, publiée dans un journal ou sur un site internet.

Les propos tenus sur un réseau social peuvent aussi être considérés comme une injure publique. Selon le verrouillage choisi par le détenteur du compte, les propos tenus peuvent être accessibles à tout internaute ou à un cercle plus ou moins restreint d' »amis ». Si les propos tenus sont diffusés sur un compte accessible à tous, l’injure est une injure publique.

Le fait qu’une injure ait été prononcée dans un lieu fermé n’en fait pas forcément une injure non publique. Une injure criée dans une cour d’immeuble parce qu’elle peut être entendue par tous les occupants (qui ne se connaissent pas forcément) et leurs invités est une injure publique.

Injure non publique

L’injure non publique concerne l’injure prononcée :

  • par son auteur à sa victime sans qu’aucune tierce personne ne soit présente (par exemple, dans un SMS),
  • devant un cercle restreint de personnes partageant les mêmes intérêts que la victime soit présente ou non. Les personnes témoins sont toutes un même lien entre elles. Ce lien lien peut être professionnel, personnel… Par exemple, une injure lancée lors d’un comité d’entreprise est non publique, car prononcée devant un nombre restreint de personnes appartenant à une même instance.

Toutefois, une injure prononcée entre 2 personnes visant une personne non présente et dans un cadre confidentiel (courrier privé…) n’est pas punissable par la justice pénale (par exemple, si un salarié insulte son employeur dans un SMS adressé à un autre collègue).

Dans certains cas, les injures prononcées sur un réseau social peuvent être considérées comme non publiques. Si l’injure a été diffusée sur un compte accessible uniquement un nombre restreint d' »amis » sélectionnés par l’auteur des propos, il s’agit d’une injure non publique.

[…]

L’injure publique est punissable par une amende pouvant aller jusqu’à 12 000 €.

PS : Soyez aussi pas d’accord que vous le souhaitez, mais dans le respect des personnes humaines et des lois.
C’est plus sympa à vivre. :p

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