HPI et spiritualité

Plusieurs fois déjà, on m’a posé la question de savoir ce que je pensais de « la spiritualité des HPI ».

Le sujet de la spiritualité chez les HPI est un sujet que j’ai vu abordé de deux façons étrangement contrastées.

Le premier aperçu que j’ai eu de l’abord de ce sujet a été dans l’ouvrage « Trop intelligent pour être heureux » de Mme Jeanne Siaud-Facchin.
Un témoignage de patient qui déclarait que selon lui les HPI ne pouvaient être que athées, trop rationnels et enclins au doute qu’ils étaient.

Et d’un autre côté, il y a les personnes qui associent très étroitement le HPI et capacités parapsychiques ou conscience spirituelle exceptionnelle.

Bon.

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La guerre des zèbres

Alors voilà (pour citer M.Beaulieu).

Dans le petit monde du HPI en France, je vois une espèce de guéguerre entre ce que j’appelerai les QIstes et les zèbres.

Dans le coin droit les QIstes. Leur arme ? Les chiffres. Du bon, du logique, de la psychométrie, de l’implacable, de l’indice, des maths et des stats.
Pour résumer. Peu populaire, peu médiatisés, mais armés de sciences et de recherche.

Dans le coin gauche les zèbres. Leur arme ? L’empathie. Hypersensibilité (qui est en fait l’hyperemotivité) en bannière, le HPi est pour eux avant tout défini par un rapport au monde, à soi, à l’autre différent. Adepte du « différent » et pas du « plus », ils sont les plus populaires et médiatisés. Ils comptent dans leur rang JSF et Alexandra Reynaud.
(A.R qui ne partage d’ailleurs pas forcément tous les avis de JSF , et qui est plus du côté du « plus » d’ailleurs. Comme quoi ! Mais qui partage avec JSF le fait d’être très populaire dans la sphère du HPI français.)

En vrai.

En vrai, ce que je vous dis là est une caricature de tensions que j’ai pu noter dans diverses discussions sur le sujet. Discussions qui parfois viraient purement et simplement à l’agression aussi stupide que violente et stérile.

Alors je vais être limpide et très claire.

Moi, par nature cognitive, j’aurais tendance à être une QIste. Parce que je ne supporte que très mal le flou, l’à peu près, j’aime quand les concepts sont clairs, définis, lisibles, reproductibles. Bref, l’expérimentales et la logique, c’est confortable pour moi.
Et puis, je me débats tellement, tellement avec l’empathie que j’ai pour les autres que de débrancher cette partie de moi pour laisser place à la logique aussi objective que possible, ça me fait du bien.
Vraiment.
Et puis pour plein d’autres raisons qui ne regardent que moi.

 

Je n’adhère pas à la zébritude. Ce n’est pas mon truc cette symbolique.
Bon.
Mais vous savez quoi ? Même si je ne suis pas en accord avec tout, même si je suis plus QIste que Multiplicienne (intelligence multiple, encore un mot à moi), et bien, on s’en fiche !

Parce que cet outil qu’est la zébritude est une merveille pour beaucoup de monde. Parce qu’on le veuille ou non, il y a des souffrances chez les surdoué-e-s. Parce que, non d’un chien, ces personnes ont le droit de voir ces souffrances entendues, reconnues, écoutées et même médiatisées si ça leur fait du bien.

Alors oui, ça peut faire du mal à d’autres, et c’est pour ça qu’on a besoin de cette pluralité d’avis, d’opinions, de visions, de compréhension. C’est pour cela qu’on a besoin de PLEINS de témoignages, de vulgarisation sur le sujet pour que TOUT LE MONDE puisse trouver les outils qui lui conviennent au moment T pour aller mieux, voir pour aller bien et même aussi tout simplement pour mieux (se) comprendre, ou juste parce que c’est cool d’avoir plein d’avis et de faire soi-même le tri.

Donc
Oui, je ne l’ai jamais caché, moi la zébritude je n’accroche pas. Et oui, j’ai des arguments pour dire pourquoi.
Mais ce n’est que moi. Et surtout, c’est juste le concept auquel je n’adhère pas.
Alors même si je n’adhère pas à tout ce qu’à pu dire Mme JSF sur les surdoués, il y a aussi certaines de ses interventions que j’ai beaucoup beaucoup appréciées et même, vous savez quoi, pour lesquelles je la remercie du fond du coeur !
Sincèrement.

On a le droit de ne pas être d’accord avec les théories, opinions, avis d’autres gens, mais ça ne justifie jamais de les agresser eux/elles.

JAMAIS !

Comme je le dis et le répète dans ce blog, même si je vous donne mon avis, moi ce qui m’importe le plus ce n’est pas que vous soyez d’accord avec moi. Ce qui compte pour moi c’est de participer à vous proposer, avec pleiiiiiiiiiiiiiiiiin d’autres personnes, des ressources sur le sujet.
Parce que il n’existe pas deux êtres et deux chemins de vie identiques, parce que ce qui est valable pour moi ne le sera jamais que pour moi en premier lieu.
Parce que ce qui ne fonctionne pas pour moi pourra peut-être vous être très très précieux.
Et parce que bon sang, mon avis ne pèse pas une cacahuète face à votre bien-être.

Alors si votre bien-être c’est de tellement adhérer à la zebritude que vous vous baladez en costume de zèbre dans votre ville, mais OK !
Si votre bien être c’est de re-calculer à la main le QI de toutes les personnes qui se présentent à vous comme HPI pour vérifier qu’elles ne racontent pas de bêtises (et leur psy avec) mais très bien !

Alors à tou-te-s ce-lle-ux qui voudraient me voir dire des horreurs sur des personnes dont je ne partage pas 100% des avis, opinions, réalités, expériences, sur le sujet du HPI, vous pouvez vous désabonner de ce blog immédiatement (et là je perds tou-te-s les abonné-e-s :p).

Et vous pouvez aussi vous épargner l’effort d’un commentaire qui irait dans ce sens, parce que je le supprimerai.

Petit rappel à la loi pour finir :
https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F32077

Injure publique

L’injure publique est une injure pouvant être entendue ou lue par un public étranger à l’auteur des propos et à sa ou ses victime(s).

Dans le cas d’une injure publique, n’importe qui peut avoir connaissance de l’injure prononcée. Les personnes témoins des faits n’ont aucun lien entre elles.

C’est le cas d’une injure prononcée en pleine rue, publiée dans un journal ou sur un site internet.

Les propos tenus sur un réseau social peuvent aussi être considérés comme une injure publique. Selon le verrouillage choisi par le détenteur du compte, les propos tenus peuvent être accessibles à tout internaute ou à un cercle plus ou moins restreint d' »amis ». Si les propos tenus sont diffusés sur un compte accessible à tous, l’injure est une injure publique.

Le fait qu’une injure ait été prononcée dans un lieu fermé n’en fait pas forcément une injure non publique. Une injure criée dans une cour d’immeuble parce qu’elle peut être entendue par tous les occupants (qui ne se connaissent pas forcément) et leurs invités est une injure publique.

Injure non publique

L’injure non publique concerne l’injure prononcée :

  • par son auteur à sa victime sans qu’aucune tierce personne ne soit présente (par exemple, dans un SMS),
  • devant un cercle restreint de personnes partageant les mêmes intérêts que la victime soit présente ou non. Les personnes témoins sont toutes un même lien entre elles. Ce lien lien peut être professionnel, personnel… Par exemple, une injure lancée lors d’un comité d’entreprise est non publique, car prononcée devant un nombre restreint de personnes appartenant à une même instance.

Toutefois, une injure prononcée entre 2 personnes visant une personne non présente et dans un cadre confidentiel (courrier privé…) n’est pas punissable par la justice pénale (par exemple, si un salarié insulte son employeur dans un SMS adressé à un autre collègue).

Dans certains cas, les injures prononcées sur un réseau social peuvent être considérées comme non publiques. Si l’injure a été diffusée sur un compte accessible uniquement un nombre restreint d' »amis » sélectionnés par l’auteur des propos, il s’agit d’une injure non publique.

[…]

L’injure publique est punissable par une amende pouvant aller jusqu’à 12 000 €.

PS : Soyez aussi pas d’accord que vous le souhaitez, mais dans le respect des personnes humaines et des lois.
C’est plus sympa à vivre. :p

Pourquoi j’écris ce blog (petit rappel. Et un peu de moi aussi dedans.)

Quel est le but que je poursuis en écrivant ainsi sur le net ? Ce qui revient somme toute à me planter au milieu d’une place publique et commencer à penser tout haut.

Je veux aider.
Non je ne « souhaite » pas aider. Je le veux.
C’est très clair pour moi et je suis très déterminée à le faire. J’essaie d’ailleurs de me donner les moyens de le faire.

Comment m’y prends-je ?

D’abord par la force de l’exemple

Je ne me crois pas exemplaire dans le sens le plus valorisant du terme. Je ne suis pas un modèle.
Je suis, en revanche, un exemple de chemin de vie qui existe. Un exemple de façon de vivre avec ce que l’on est, les autres et le monde.
Juste cela.

Mais je crois que parfois, il ne suffit que d’un exemple, que de voir que « c’est possible d’être comme ça » pour ouvrir une porte vers d’autres possibles encore ignorés.

Ensuite, rien de ce qui ne nous dérange ou nous touche n’est anodin

Une amie très chère à mon cœur m’a dit un jour : « Quand quelqu’un est dérangé dans une discussion avec moi, ce n’est pas moi qui le dérange, mais ce que je dis. »
Elle m’a aussi dit que « Je suis responsable de ce que je dis, pas de comment les autres le reçoivent. »

Ces paroles ont longtemps raisonné en moi, et elles m’ont été et me sont encore très précieuses au quotidien.

J’ai découvert et compris quelle magnifique réalité elles recouvraient.
Car oui, quand j’étais blessée, choquée, ou vexée par ce que d’autres pouvaient dire, c’était (et c’est encore) souvent parce que ces paroles me renvoyaient à une blessure intérieure.
Quelque chose en moi de blessé, une part de moi qui n’était pas sereine vis à vis du sujet abordé.
C’est ainsi que j’ai compris et réglé bien des choses en moi. Ce qui m’a permis de gagner en sérénité, en assurance, mais aussi en compassion vis à vis de moi en premier lieu mais aussi des autres.

Depuis, à chaque petite ou grande contrariété je me demande « pourquoi ? ». Qu’est-ce qui me contrarie dans ce que j’ai entendu ? Qu’est-ce que ça gène en moi ? Quelle insécurité, quelle faille, quelle fragilité cela vient-il toucher ?

Bousculer pour faire réfléchir

Même si je ne cautionne pas toutes les pratiques sociales, et si j’en juge beaucoup complètement inutiles et certaines carrément hypocrites, je les connais toutes.
Je sais que ce que j’écris ici est parfois perçu comme choquant (parce qu’inhabituel, parce que brisant les conventions sociales, parce que pas « politiquement correct », parce que inattendu, etc). Je le sais, et c’est précisément un outil pour moi pour faire réagir, et donc réfléchir, ceux et celles qui me lisent.

Réfléchir pour (aider à) trouver son chemin

Je crois que le bonheur est quelque chose de fondamentalement personnel.
Je crois aussi que nous avons en nous toutes les ressources nécessaires pour être heureu-x-se.
Et je crois aussi que nous avons besoin d’outils extérieurs pour pouvoir accéder à nos ressources intérieures insoupçonnées.

Ce blog se veut précisément être ceci : une ressource, un outil.
Une ressource à consulter, lire, sur laquelle s’interroger, une ressource à juger même !
Oui, oui, mille fois oui, faites-vous une idée, une opinion de ce que vous voyez écrit ici (et ailleurs) ! Soyez d’accord avec ce qui y dit, soyez en complète opposition avec ce qui y est écrit. Trouvez cela brillant, trouvez cela stupide, trouvez cela sans intérêt, trouvez cela pertinent.

Faites-vous votre idée.
Parce que c’est aussi en se positionnant par rapport à d’autres idées, d’autres points de vue que l’on affine les nôtres, et donc que l’on se connait mieux.

Et mieux l’on se connait, plus il est facile de construire son bonheur.

Il y a autant de chemins et de réalités que de vies

Mon chemin, mes avis, mes opinions, mes réflexions, ne sont que cela. Et ça ne vaut pas plus que ce que d’autres pensent.
C’est juste une option. Un exemple de ce qui existe.

Je n’ai absolument pas la vérité sur le HPI, sur ce que c’est ou comment on devrait vivre avec ou pas. Ni sur quels professionnel•le•s sont les mieux formé•e•s ou informé•e•s ou que sais-je.
J’ai des avis, des opinions, des expériences parfois.
Et je les partage avec vous parce que je vous souhaite de les utiliser pour vous forger vos propres avis.

Ce qui fonctionne pour moi n’est valable que pour moi. Mais peut-être cela pourra-t-il vous aider ? Ce que je n’aime pas vous conviendra peut-être mieux que ce qui me plait ?

Du partage, des réflexions, et surtout, du bonheur

Voilà pourquoi j’écris ce blog.
Pour aider, par le partage, et un peu de bousculades parfois.
Parce que je crois en la force de l’exemple, parce que je crois sincèrement et fondamentalement que tou-te-s autant que nous sommes nous avons tout ce qu’il nous faut en nous pour être épanoui-e-s.
Même si nous l’ignorons nous-même. Ce sera justement en puisant à l’extérieur, en cherchant, en trouvant, en errant parfois, qu’on finira par découvrir la réponse qu’il nous fallait…en nous-même. 🙂

J’ai foi en l’être humain en tant qu’individu.
Réellement.
Profondément.

Et je ne souhaite que le bonheur pour tou-te-s.

Et quelqu’une d’affirmée derrière le clavier !

On m’a dit que je passais pour quelqu’un d’orgueilleux voir de méprisant parfois tellement j’étais sûre de ce que je disais.
Alors d’abord, je trouve cela triste qu’on confonde assurance et orgueil, mais passons.

Je comprends cette réaction, ce sentiment. Et je crois qu’en fait, ce qui est destabilisant pour les autres, est cette sérenité que j’ai vis à vis de mes propres imperfections et erreurs effectives, possibles et/ou futures.
Je ne suis qu’humaine. Je me trompe. J’ai des défauts.
Je travaille très sincèrement à être la meilleure version de moi-même à chaque jour qui passe, et je ne me voile pas la face quant à mes défauts.

Mais j’ai cessé d’en avoir honte.
Parce qu’il n’y a pas de honte à avoir des défauts ! C’est juste humain.
La honte serait, je ne sais pas, de se vautrer dedans, de faire du mal aux autres et … d’en être fière tiens peut-être.

Mais je ne suis pas fière de mes défauts, je les accepte, nuance.

Comme j’accepte de n’être que moi. De ne pas être aimée par tout le monde (même si ça me blesse). De ne pas penser comme tout le monde.
D’avoir éventuellement (mais éventuellement hein !) tort.

C’est juste « ok ».

Je n’écris pas pour avoir raison, je n’écris pas pour la gloire ( même si je prends volontiers la gloire) , je n’écris pas pour qu’on soit d’accord avec moi.
J’écris pour partager.
Pour aider.

Parce que oui j’ai la prétention de penser que témoigner d’un chemin de vie atypique, ça peut aider. 🙂

…Pour une page Facebook.

Tadam !

Je ne sais pas bien pourquoi je me lance dans la gestion d’une page Facebook en plus de ce blog.
Sans doute une énième façon de ne pas étudier…

Enfin, c’est sans prétention que je lance cette petite chose, et je ne garantis pas qu’elle perdurera.
Mais on peut toujours essayer. 🙂

C’est aussi une petite expérience. Voyons comment cette petite page peut vivre (ou pas).

Enjoy !

https://www.facebook.com/Overthe130/

Retour sur l’émission -« Les cerveaux » sur TF1 – 11 février 2017

C’est donc officiel, l’intelligence est à la mode dans les media (sans « s » parce que media est déjà le pluriel de medium en latin) cette saison 2016/2017.
Enfin, « intelligence »…

Hier (le 11 février 2017) TF1 proposait une émission au titre tapageur « Les cerveaux ». Cette émission déclarait tester les différents types d’intelligences chez des candidat-e-s présélectionné-e-s par une batterie de tests appropriés.

Les intelligences « testées » par l’émission étaient « l’intelligence visuelle, l’intelligence musicale, l’intelligence corporelle, l’intelligence logique, l’intelligence verbale et l’intelligence sociale ».

Cliquez sur l’image ou copier/coller le lien pour visionner l’émission :

Le principe de base :

Vous l’aurez probablement deviné, l’émission s’inspire de l’hypothèse des intelligences multiples de Howard Gardner.
Je vous avez déjà proposé un résumé de cette hypothèse (et non théorie, une théorie étant étayée par des arguments et des expérience et surtout validée par les pairs du domaines. Une hypothèse étant une suggestion, qui n’est pas forcément juste ou vérifiée. Malheureusement l’usage galvaudé et quasiment indifférencié des mots théorie et hypothèse dans la vulgarisation du savoir fait beaucoup de mal aux savoirs effectifs…) dans ce blog, mais vous trouverez d’autres articles facilement sur le web.
Pour aller directement à la source je vous conseille l’ouvrage en français, et actuel (c’est rare, les derniers ajouts de l’auteur à son hypothèse datant de 1993 !), suivant :

Ceci étant établi passons à mon analyse (et critique soyons honnêtes) de l’émission.

De l’imprécision, du n’importe quoi, mais avec des décors et des lumières.

  • Une erreur de concept de base

L’émission démarre avec une affirmation fausse à savoir « nous avons plusieurs types d’intelligence ».
Non.
A ma connaissance (et si je me trompe, je vous encourage à me le dire et à me donner le lien de la publication en question) la science n’a jamais prouvé l’hypothèse de Gardner, aussi il est incorrect d’affirmer que l’on possède plusieurs types d’intelligence.
Tout au plus pouvons nous dire que nous pensons correcte l’hypothèse de Gradner, mais c’est tout.
Ceci est un exemple de ce qui pourrait passer pour de la pinaillerie aux yeux des certains neurotypiques, et qui pour l’AHPI que je suis, revêt un caractère fondamental dans l’émission. En effet il s’agit de définir le concept même sur lequel repose toute l’émission, démarrer sur une erreur est à mon sens considérable.

  • Une définition des « types d’intelligence » bancale.

Selon l’hypothèse de Gardner, nous posséderions huit types d’intelligence (huit et demi même parait-il). L’émission n’en propose que six.
Je tente ici de faire une correspondance entre l’hypothèse de Gardner et les types d’intelligence proposés par l’émission « Les cerveaux ».

capture

Comme vous le voyez, il n’y a pas de correspondance exacte entre chaque type d’intelligence.

A commencer par l’intelligence visuelle, qui ne se retrouve pas chez Gardner, et qui, telle que proposée par l’émission « Les Cerveaux » n’est pas de l’intelligence mais de la mémoire tout bêtement.
Cette « intelligence visuelle » m’a d’ailleurs provoquée cette remarque : « Donc, si on leur bande les yeux à ces gens, ils ont le QI d’une huître, mais les yeux ouverts ce sont des génies ? ».

Ce que j’ai évidemment décliné à loisir pour chaque type d’intelligence soi-disant.
Là, oui, c’était de la mesquinerie. Mais ça m’a faite rire.

Mais revenons à ces types d’intelligence proposés par l’émission.
Quant on analyse les épreuves, on se rend compte qu’en fait, il ne s’agit de rien d’autre que de la mémoire, de la vitesse de traitement, et de la coordination visuo-motrice.

Ex : « intelligence visuelle » de l’émission est en fait de la pure mémoire dite « visuelle ».

« L’intelligence musicale » est en fait là aussi de la mémoire dite « auditive », et les épreuves ne faisaient que mesurer la capacité de mémoire de travail (le nombre d’informations que l’on peut retenir au maximum) et éventuellement la discrimination grave/aïgu. ce qui ne relève pas tellement de l’intelligence, mais plutôt de la sensibilité auditive et ça c’est purement physiologique (les cils dans les oreilles, les osselets marteau enclume tout ça.)

« L’intelligence corporelle » mettait à l’épreuve en vérité les capacité visuo-motrices et la proprioception (les pauvres messieurs, rien qu’à les voir j’avais la nausée comme eux !).

« L’intelligence sociale » était le summum du n’importe quoi.
Un coup il s’agissait pour l’émission d’identifier des émotions « vraies ou fausses » c’est à dire feintes ou spontanées, mais uniquement sur des photos. Puis il s’agissait d’estimer l’âge de personnes costumées et maquillées pour la scène et/ou le plateau.
Pour ce qui est d’identifier des émotions, on appelle cela l’empathie. C’est certes une capacité cognitive, mais ce n’est pas du domaine de l’intelligence stricto-sensu.
Ensuite, l’épreuve de reconnaissance des émotions, même si elle s’inspire de test psychologiques réels pour aider au diagnostique notamment de l’autisme, était complètement fallacieuse à mon sens. * (voir en bas de page)
Reconnaitre des émotions est une chose, l’intelligence sociale telle que définie par l’émission « savoir être avec les autres » c’est autre chose.
Est-ce que quand dans la vie on « est avec les autres », on ne côtoie que des photos figées et uniquement des visages ? Non, on côtoie des personnes entières et animées, et la lecture ou reconnaissance des émotions passent par une multitude de facteurs comme le langage corporel, le contexte social, l’environnement, les normes sociales et culturelles…
Bref estimer si un sourire est « vrai ou faux » sur une photo est une très belle capacité, et qualité, mais de là à parler d’intelligence et à dire que ce que proposait l’émission sur le sujet était cohérent, il y a un abîme que je ne franchirai pas.
Enfin, je n’ai pas compris le rapport entre l’intelligence sociale, qui dixit la présentatrice, est la capacité à communiquer avec les autres et reconnaître leurs émotions, et le fait d’estimer de façon juste l’âge de quelqu’un-e. Quelqu’un-e maquillée pour un plateau télé en plus !
Quand on sait ce que des techniques de maquillage comme le contouring peuvent faire, on comprend comme l’épreuve proposée est ridicule.

« L’intelligence verbale » qu’on pourrait prendre, à cause de son nom, pour un Indice de Compréhension Verbale, est en fait pour l’émission la capacité à jouer avec les mots.
En somme, à faire des rébus.
Ce qui en fait, fait appel à la logique, à la manipulation de concepts abstraits, et aux codes.

« L’intelligence logique » enfin, est la moins bancale du lot. C’est bien d’indice logico-mathématique dont il est question dans les épreuves du même nom dans l’émission.

Finalement, on réalise que ce qui est mis à l’épreuve dans cette émission est en fait précisément ce qui constitue l’intelligence telle que mesurée par les tests psychométriques : mémoire de traitement, vitesse de traitement, raisonnement perceptif, compréhension verbale.
La seule qui soit définie et reconnue par la science à ce jour de façon unanime et (é)prouvée.

  • Des tests de sélection inappropriés

Lors des portraits de chaque participant-e-s, on nous montre des extraits de leurs performances aux tests de sélection.
Et, si vous êtes comme moi, vous vous êtes demandé-e plus d’une fois pour quel « type d’intelligence » les tests étaient passés.
Par exemple, quand la « championne de l’intelligence visuelle » passe les tests où elle a été la plus performante, on la voit remplir des béchers et faire passer un œuf dur dans un erlenmeyer. Ce sont des « casse-têtes » de logique, qui font appel à des notions de physique. N’importe quel-le-s curieu-x-se de sciences, ou même qui a simplement feuilleter un Picsou magazine ou un Science et Vie Junior ou Okapi ou même lu le dos d’une boite de céréales dans ses jeunes années connait ces expériences.
Et je ne vois pas en quoi il s’agit d’épreuve « d’intelligence visuelle ».

Puis, plus tard, on voit les candidats au titre de champion de l »intelligence corporelle » passer exactement la même épreuve de l’œuf, puis celle d’équilibre d’un marteau et d’une règle en bois… Des casse-têtes de physique donc. Encore.
En quoi est-ce cohérent de les voir passer les mêmes épreuves que la championne de la mémoire visuelle ?
Même si tous les candidat-e-s ont passé toutes les épreuves, le but des portraits est de montrer les champions dans leur domaines d’excellence.
Il faudra donc m’expliquer.

Pour ce qui est de l’intelligence musicale, on voit que la sélection se fait sur un jeu qu’on a TOU-TE-S eu entre les mains, et qu’on  tou-te-s voulu jeter par la fenêtre de frustration ou d’ennui : le bidule rond, plat, avec quatre touche de couleur qui chacune produisent un son passablement désagréable et différent.
Le but étant de reproduire la plus longue séquence musicale/visuelle possible.
Pour une épreuve étant censée avoir un lien avec la musique, 4 notes, ça me semble moyen.
Et en plus, l’objet support permet de faire appel à la mémoire dite visuelle en plus de la mémoire auditive. On fait mieux comme critère clair de sélection.
Qu’en sait-on que c’est uniquement grâce au son que les candidats ont pu réussir ? Cela pourrait très bien résulter de la combinaison son/couleur.
Même si, on s’en doute, il y avait d’autres épreuves de sélection, celle-ci témoigne du grand bloubiboulga conceptuel de cette émission.

Quant aux tests pour l’intelligence verbale, ils m’ont laissée perplexe.
Même si évidemment, résoudre des rébus c’est jouer avec les mots aussi, je me demande bien en quoi ces rébus-là faisaient appel à l’intelligence verbale telle que décrite dans l’émission (la capacité à bien s’exprimer, l’apanage des avocats et des présidents de la république).
Si vous avez une réponse, je serai ravie de l’entendre !

Et un peu de réification des femmes et une injustice notoire avec tout ça !

En plus de l’imprécision et des incohérences notoires, je retiens de cette émission deux choses qui m’ont profondément agacées.

L’épreuve de « logique ».
Par logique, on s’attend à avoir des épreuves de types suite logique à compléter, ou lien logique à trouver.
On a eu du calcul mental.
*soupir*
Mais, admettons, c’est comme cela qu’ils ont présenté « l’intelligence logique », en fait c’est le goût et la facilité avec les chiffres et le calcul mental.
Pour le calcul mental, on s’attend donc à ce qu’on présente brièvement des chiffres aux candidat-e-s , et qu’on leur demande d’effectuer des opérations mentales avec.
C’est effectivement ce qui a été fait.
Mais…

Mais des gens hautement créatifs, et manifestement brillants, on pensé que ce serait quand même très pertinent et utile que de présenter les chiffres en questions sur des femmes quasiment nues et qui dansent.
Bah oui, calcul mental, femmes presque nues, logique.
Pure logique.

DE-SES-POIR !
Lors de la seconde phase de jeu, une question portait sur la discrimination droite/gauche (les direction, pas les orientations politiques).
Puis, dans la même phase de jeu, on demande de bien regarder une pose de danse et de repérer le nombre de fois où cette pose apparaît dans la chorégraphie. Puis de multiplier ce nombre par un autre donné et de donner le résultat.
Bon.
J’ai joué le jeu, et j’ai bien fait attention de ne compter que ce qui correspondait EXACTEMENT à la pose en question, avec le bras droit levé et le bras gauche baissé.
Je vois que seul le plus jeune des candidat-e-s à eu la même démarche, ce qui me fait sourire puisque ce jeune garçon s’avère être HPI lui aussi.
Je m’attends à ce que seul lui ait le point.
ET NON !
Alors là d’un coup, la gauche et la droite, on s’en fiche. On compte une pose, même si les bras sont inversés.
(Il faut regarder l’émission pour me suivre là, désolée.)
Alors je m’insurge.
Si en danse, quelle qu’elle soit, lever le bras droit ou gauche était la même chose, ça se saurait.
J’ai plus de 20 ans de danse classique au compteur et croyez-moi, la droite et la gauche ce n’est PAS la même chose !
Le jeune Cyprien a eu la même réaction choquée que moi, et je le soutiens totalement. On lui a volé un point. Et on en a donné un de façon totalement injuste et incohérente aux autres.

Incohérence, injustice !

Oh et puis, pour la dernière épreuve avant la finale, ils auraient pu au moins changer le puzzle à faire à chaque question. Parce qu’au bout d’un moment, faire le même puzzle trois fois de suite, ce n’est plus exactement une difficulté…

Conclusion 

Pour être honnête, l’émission était un divertissement acceptable, même si le niveau était de l’ordre des rébus, labyrinthes et jeux des 7 différences au dos des boites de céréales.
Simplement, l’émission aurait largement gagné à ne pas vouloir se donner des airs plus sérieux que ce qu’elle n’était en réalité.
On se serait aussi largement passé d’affirmations aussi fausses que mal venues, des imprécisions et incohérences, et du sexisme.

 

*Je vous joins ici un lien pour faire un test de l’université de Geneve sur la reconnaissance des émotions. Amusez-vous bien !

 

Une enquête pour faire avancer la recherche sur les AHPI !

Mesdames, messieurs,

Je vous invite chaleureusement à participer à ce questionnaire, à but de recherche sur les Adultes à Haut Potentiel Intellectuel !

Il s’agit d’une étude de niveau Master en psychologie.

On s’intéresse à nous, profitons-en ! 🙂

Cliquez sur l’image pour être redirigé-e vers le questionnaire. Si cela ne fonctionne pas, vous avez le lien en bas de l’image.

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https://goo.gl/forms/2iRyPeL1tGBnOd1F3