Did you meet Malcom ?

Ou, en français, « Connaissez-vous Malcom ? ».

Je vous parle bien du personnage principal de la série Malcom in the Middle.
Cette série raconte l’histoire d’un jeune garçon dont on découvre le génie alors qu’il est à l’école. Il est alors transféré dans la classe pour surdoués de son école. Nous suivons sa vie, dans sa famille, à l’école, dans ses loisirs.

Si je vous parle de cette série c’est parce que je trouve qu’elle est une illustration tout à fait pertinente de ce que c’est que d’être surdoué·e.

Etre différent·e et parfois en avoir un peu peur

Malcom saisit confusément qu’il fait des choses qu’il qualifie lui-même d’étrange et qu’il tâche tant bien que mal de cacher par peur de ne plus être aimé de sa famille, des autres, si ses bizarreries venaient à se savoir.
Une scène très touchante le montre en train de poser la question à sa maman (il me semble) de savoir si sa famille l’aimerait toujours même s’il était vraiment très bizarre. Sa mère lui assure qu’il sera toujours un membre de sa famille et qu’on l’aimera quoi qu’il arrive.
Rassuré par cette affirmation, il trouve le courage de montrer ce dont il est capable lors d’une démonstration de science faite par chacun des élèves de la classe de surdoué·es (un concours même je crois).
Il démontre alors toute la puissance de sa mémoire de travail et son habileté à manipuler les chiffres. Et aussi, avec une seule question, sa culture générale (et donc sa curiosité, car Malcom est issu d’une famille très moyenne sur le plan de l’éducation et de la culture).
Suite à cette impressionnante démonstration de ses capacités, sa famille est sans voix, et son plus jeune frère demande même s’il n’est pas un robot.
Cette scène, qui se déroule dans la voiture familiale au retour du concours est aussi très touchante pour qui se relie à Malcom.
On voit Malcom, assis à l’arrière au milieu de ses trois autres frères, les parents devant, tous silencieux parce que dépassés par les capacités de Malcom qu’ils découvrent tous.
Le père répond par une la simple vérité : non Malcom n’est pas un robot, il est juste vraiment, vraiment, vraiment, vraiment, vraiment, très intelligent.
Un autre silence suit cette réponse, et l’on voit Malcom s’inquiéter. Il a peur de la réaction de sa famille, de ce que signifie ce coming-out. Va-t-on le rejeter ? Aura-t-il toujours le droit de faire partie de cette famille ?
Alors son frère aîné lui fait une blague scatologique complètement stupide, et c’est là la réponse tant attendue par Malcom.
Toute sa famille sait maintenant à quel point il est différent, mais cette différence ne change rien au fait qu’il est un membre de cette famille, et que personne ne le traitera différemment pour ça.

C’est un de mes épisodes préférés.
Il illustre bien comment être surdoué·e peut être anxiogène quant à l’acceptation sociale. Même au sein de sa propre famille. Et je trouve que c’est une jolie leçon pour celles et ceux qui entourent le ou la surdoué·e : faire simplement preuve de compréhension et accepter les choses, ni plus ni moins.

Briser quelque idées préconçues

Au-delà de cela, cette série -même si elle joue sur bien des stéréotypes sous couvert d’effet comique – illustre qu’être surdoué·e , ne signifie pas tout savoir, ni tout savoir faire, ni ne jamais pouvoir se tromper ou même faire ou dire des chose stupides.

Malcom s’avère avoir une grande facilité avec les nombres, de fait il est très à l’aise avec toutes les sciences, des maths jusqu’à l’ingénierie, en passant par la chimie et la biologie. Mais c’est une buse en musique. Une BUSE.
Et c’est sans compter sur son incroyable capacité à avoir des idées stupides, inutiles et dangereuses avec ses frères.
Lors d’un autre épisode, toutes leurs machinations fraternelles pour faire des choses interdites finissent avec les forces de l’ordre dans leur salon et un interogatoire de chacun des membres de la famille.
Malcom est interrogé et raconte sa version de l’histoire. Le policier qui prend son témoignage s’arrête un instant, regarde Malcom alors qu’il vient d’exposer toute la stupiditéde ses actions, et lui demande : « Et c’est vous qui êtes un génie ? ».
J’ai tellement ri !
Ce qui illustre qu’être surdoué·e ne signifie pas être bon·ne en tout, ni être brillant·e en tout temps.

Dans un épisode que j’aime aussi particulièrement, Malcom rencontre plus intelligent que lui. Et oui.
Un nouvel élève intègre sa classe et il s’avère que cet élève est bien plus jeune, mais aussi bien plus intelligent que tous les autres élèves de la classe, Malcom compris.
Face à cette situation absolument inédite, Malcom est pour le moins frustré.
Dans ma scène préférée de cet épisode, Malcom travaille avec l’aide de ce jeune garçon et sous le coup de la frustration se met à presque crier :

« Je ne comprends pas ! Comment ça se fait que je ne comprends pas ?! Je comprends toujours tout d’habitude ! C’est comme ça, j’ai toujours tout compris depuis toujours ! Et là je ne comprends pas ! Comment ça se fait ?! C’est pas juste ! ».

Il demande alors au jeune garçon comment c’est dans sa tête, et pour illustrer son propos décrit comment son propre esprit fonctionne. Ce passage est d’une justesse qui m’a vraiment fait plaisir. Pas de « pensée en arborescence » mais bien ce qui peut créer la confusion, l’enchaînement d’idée foisonnantes, à grande vitesse et qui semble sans limite.
La réponse du jeune garçon est hilarante, car elle renvoie Malcom – et nous aussi par la même occasion ! – à toute sa « médiocrité » face au génie du petit en face de lui.

J’ai trouvé ça génial, absolument génial. Et je choisi mes mots.
Parce que cet épisode permet d’illustrer que tout génial que l’on puisse être, y compris quand on a passé toute une (jeune) vie à être le/la premier·e, le/la meilleur·e, et bien il y a ou aura quand même quelqu’un·e de plus intelligent·e que vous quelque part un jour.

Le génie ne se limite pas aux sciences

Alors que pendant des dizaines d’épisodes, nous assistons aux mises en pratiques des idées toutes plus dangereuses, et stupides, de la fratrie de Malcom et auxquelles il prend une part active, ses frères révèlent eux aussi leur génie.
Le plus jeune a une révélation en tombant un jour par hasard sur un opéra lyrique (bon, d’un coup, le petit maîtrise comme ça tout le vocabulaire de la musique, ça c’est raté scénaristiquement mais bon, je leur pardonne) et s’avère avoir l’oreille absolue et être un pur génie de la musique. Il sait d’ailleurs spontanément et naturellement jouer du piano sans prendre aucun cours.

Même le frère cadet, le plus stupide de la fratrie (tel est-il décrit) s’avère avoir un talent unique et extraordinnaire pour… la cuisine.
Mais réellement, un génie de la cuisine. Créatif, audacieux et naturellement doué pour ça.

Alors ne sauter pas sur cette illustration pour croire que je cautionne l’idée des « intelligences multiples ». Parce que je ne la cautionne toujours pas.
Mais je vois dans ce choix scénaristique une occasion idéale pour dire que le talent et même le génie peut exister dans bien des domaines.
Ainsi les surdoué·es n’ont pas le monopole de la création et de l’inventivité, pas plus que tous les surdoué·es expriment forcément leur potentiel à travers les sciences.

Avoir un talent et en faire ce que l’on veut

Cerise sur le gâteau pour moi, pour ces trois personnage, avoir un don ne signifie pas l’obligation de l’exploiter.
Malcom, lui, fait de son mieux pour intégrer Harvard et suivre le programme de biologie nucléaire qui lui fait envie (ça c’est MON petit plaisir de la série, Malcom et moi aimons la biologie. ❤ ) ; Dewie (le plus jeune frère) vit pour la musique, et semble vouloir en faire sa vie. Reese, le cadet, lui n’a aucune intention d’exploiter son don pour la cuisine, il est heureux de l’utiliser une fois par an (Thanksgiving) pour témoigner son amour à sa famille, mais finit par devenir concierge de son ancien lycée; ce qui le ravit complètement.

Être, avant d’être surdoué·e

Chacun des frères a un talent, un don, et tous en sont conscients, mais aucun n’est résumé à cela. Ils sont avant tout ceux qu’ils sont. Avec leur caractère, leur folie, leurs défauts, leurs qualités…
Ils sont des frères, des élèves, des voisins, des camarades de classe, des fils…
Ils sont des individus complets, en construction, en devenir, mais des individus avant tout.
Ils ne sont pas résumés à leur don, que ce soit pas la série, ou par leur parents.

Des parents absolument touchants (complètement tarés, effrayants parfois) qui font du mieux qu’ils peuvent, pour leur enfants en gardant à l’esprit leurs particularités mais en travaillant d’arrache-pieds pour que chacun de leurs enfants trouvent leur place dans cette société telle qu’elle est.
Jamais ils ne font croire à leurs fils, et à Malcom en particulier, que la vie sera facile ou plus douce parce qu’il est plus intelligent que les autres. Qu’ils pourront compter sur leurs dons pour s’épargner quoi que ce soit. Ils sont encouragés à faire de leur mieux, à être fidèles à leurs valeurs, à leur moral, et à garder à l’esprit que si leurs particularités leurs seront souvent utiles, elles seront aussi parfois difficile à vivre, qu’on pourra parfois les leur reprocher, mais qu’ils ne doivent jamais renier. Parce qu’elles font partie de ce qu’ils sont.

En résumé

Si vous ne connaissez pas la série, je vous invite à la regarder.
Ne vous attendez pas à du haut débat philosophique, ni même à une série exempte de clichés sur les surdoué·es (parce qu’il y en a plein) mais si comme moi vous redécouvrez cette série après en avoir appris plus sur le HPI, vous y verrez peut-être plus de sens que ce à quoi ça ne prétend. Comme j’ai pu le faire.

Et croyez-moi, je ne m’en lasse pas. 🙂

Malcom

Les adultes, de gauche à droite : Hal, le père et Loïs, la mère. Les enfants, de gauche à droite : Malcom, Rease, Dewie, Françis (dans l’ordre de naissance : Françis, Rease, Malcom, Dewie. Et si Malcom est « au milieu » c’est qu’un 5e enfant arrive dans la famille.)

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Les dérives autour du HPI en France

Bon.

D’abord, je tiens à préciser que dans tout ce qui suit, il n’est pas question de pointer du doigt des croyances quelconques, mais de souligner ce qui me semble être des confusions et des mélanges qui à terme peuvent s’avérer dangereuses et dangereux.

Ce qui est démontré et ce qui ne l’est pas

Pour aller plus loin, je dois d’abord clarifier une chose importante : la différence entre ce qui est démontré, et ce qui ne l’est pas.
Comme je vous le dis souvent, j’ai à cœur de n’affirmer dans mes articles que des choses démontrées scientifiquement. Quand cela n’est pas le cas, je le précise clairement.

Cet attachement aux démonstrations scientifiques m’a été reproché par plus d’une personnes tombant sur mon blog ou la page Facebook, elles y voyaient une certaine étroitesse d’esprit, la comprenait comme une incapacité à prendre en compte les émotions…
C’est une inférence fallacieuse.
S’attacher à diffuser des propos scientifiquement prouvés c’est simplement ce que j’appelle faire preuve de sérieux, et dire quand ces propos ne le sont pas, c’est faire preuve d’honeteté.
Mais ça n’empêche en rien de s’intéresser aux émotions, ni de les prendre en compte. La science et les émotions n’ont rien d’antinomique, pas plus que science et créativité.

Si je m’attache à ces démonstrations scientifiques, c’est parce que ce qu’elles produisent sont ce que nous avons de plus solide sur quoi nous appuyer pour continuer nos réflexions et explorations.
Ça ne veut pas dire que ces savoirs sont figés, ni jamais remis en question (encore une fois c’est le principe de la science de remettre en question) mais qu’ils sont acceptés unanimement et dépourvus autant que faire se peut de subjectivité.

C’est ce qui s’approche le plus d’une certitude, d’une vérité.

Pour communiquer il faut un référentiel commun. La méthode de démonstration et de preuve scientifique est une méthode qui est utilisée, admise et éprouvée mondialement, à travers toutes les cultures qui l’utilisent. C’est donc un dénominateur commun tout à fait pertinent.

Ce qui est vraiment très bien avec la science, c’est que ce qui est démontré et prouvé est considéré comme vrai jusqu’à preuve du contraire. Qu’il s’agisse de l’affirmation de l’existence de quelque chose ou de son inexistence.
Concomitamment à cela ce qui n’est ni affirmé ni infirmé par la science est considéré comme ni vrai ni faux : c’est une incertitude.
Par soucis de cohérence logique, les démonstrations ne s’appuient que sur des faits prouvés scientifiquement.
Parce que sinon, c’est comme de se prévoir un super programme expo-boutiques-restos-ciné, en comptant s’y rendre grâce à l’aide d’une tierce personne dont on ne sait pas si elle viendra ou pas. Si elle vient effectivement, on a gagné, notre programme est validé. Si elle ne vient pas, et bien tout notre programme est fichu.

Voilà pourquoi il est important à mes yeux de bien faire la distinction entre ce qui est démontré et ce qui ne l’est pas.

Tout ce qu’on lit n’est pas forcément crédible

Ce qui est démontré par la science fait l’objet de publications scientifiques.
Mais attention, il faut savoir identifier ce qui est une publication scientifique et ce qui n’est qu’un article lambda, écrit par quelqu’un qui n’a pas touché à une méthodologie scientifique depuis peut-être sa classe de seconde.

Une publication scientifique, c’est très particulier. D’abord c’est au moins publié en anglais, voire en anglais plus la langue officielle de l’université ou de l’institut de recherche au sein duquel l’étude à été menée.
Les titres sont très très précis, et – si vous voulez mon avis – ne donnent pas très souvent envie d’en lire le contenu. Du genre « De la variation de la 6e base du 14e codon du gène XRP-87 chez Margaritifera margaritifera en culture de 45 dam² de surface ».
Mais surtout, ils sont publiés dans des revues scientifiques internationales spécialisées dans un des domaine de la science.
Par exemple « Nature » pour les sciences de la vie, « Pour la science » ou « La Recherche ».
Je vous invite à consulter les sites des grands centres de recherches nationaux pour avoir des listes de presses scientifiques sérieuses.

Il y a plusieurs moyens de savoir si ce que vous lisez est crédible (en terme de robustesse scientifique) : vous renseigner sur qui et où.

Les auteur•es de publications scientifiques sérieuses sont des doctorant•es, des docteur•es en sciences (humaines, sociales ou juste sciences), des professeur•es d’université, ou des professionnels de certains domaines mais qui travaillent en équipe avec les gens cités plus hauts.
Toutes ces personnes ont généralement une page internet qui leur sert de CV, une page « research gate » qui recense tous leurs travaux de recherche et publications antérieures.
Ces personnes sont généralement rattachées ou ont travaillé pour des universités (nationales si françaises, ou Suisse ou Belge ; ou privées si Américaines).
Les structures qui ont le moins de risques d’être de partis pris, et donc moins sérieuses quant aux conclusions tirées dans leurs études, sont les universités et instituts nationaux dont le pays n’est pas sous l’emprise d’un régime totalitaire et oppressif.
Les structures privées sont à considérer avec un peu plus de méfiance quant à l’objectivité de leurs études.  Ce qui ne veut pas dire qu’il faille systématiquement écarter les trouvailles des ressources privées, regardez la structure d’Elon Musk.
Mais en ce qui concerne la recherche non-appliquée, les intérêts privés peuvent interférer dans les résultats de recherches.

En France, par exemple, il y a un institut qui pourrait vous tromper quant à sa respectabilité scientifique : l’INREES.
On pourrait croire que cet acronyme signifie Institut National … Mais NON ! Il veut dire INstitut de Recherche sur les Expériences Extraordinaires.
Si vous regardez qui est derrière cet institut, on ne trouve aucun•es scientifiques, mais des graphistes, des web disagneuses et web disagneurs, des journalistes (même pas journaliste scientifique), du service client, de la communication, etc.
Donc ça, par exemple, ce n’est pas recevable scientifiquement.

La mise en place étant faite, venons-en au cœur du sujet.

Les dérives en question autour du HPI

Le HPI, la douance, est un sujet mal connu aussi parce que mal défini. On ne reviendra pas sur les multiples débats pour définir ce qu’est précisément la douance.

Ce qui permet toutes sortes de dérives autour du sujet du HPI, c’est précisément tout ce qui n’est pas démontré à ce sujet, que ce soit parce que ce sont des affirmations basées sur des observations empiriques mais non validées par la recherche, ou parce que ce sont des hypothèses ou des intuitions non démontrables à l’heure actuelle.

Et c’est sur ça que se jette tous les délirant•es du coin, sur ce fait que ce qui n’a pas été démontré comme faux ou vrai, peut aussi bien être l’un ou l’autre. Du coup, tous les délires sont de sortie.

En soi, ça n’a rien de condamnable, on a le droit d’avoir ses propres idées encore. Ce qui devient problématique, c’est quand on flirt avec la manipulation et qu’on profite de la détresse psychique et émotionnelle de certaines personnes. Ça c’est MAL !

Et vous savez ce qui est un boulevard pour faiblesse émotionnelle et psychique ? Toutes ces croyances autour des émotions particulières et de la différence mal vécue de certaines personnes HPI.
Ces discours là partent du fait que vous ou votre enfant êtes HPI et que donc, vous êtes différent•es. Différent•es donc spécial•es. Et là…
Sous couvert de tout ce qui n’est pas expliqué par la science sur le HPI, on y colle des explications métaphysiques diverses et variées.

La plus commune c’est…*roulement de tambour* les enfants Indigos ! Ou cristaux. Ou diamants. Ou je ne sais plus quoi.
Bon alors évidemment, chacun•e est libre de ses croyances hein, il n’y a pas de soucis avec ça.
Mais affirmer que ses croyances sont des vérités au même titre que des démonstrations scientifiques, là ça coince.
Donc les enfants indigo/cristaux/diamants/je ne sais pas quoi, seraient les enfants HPI plus conscient•es, plus sensibles, plus empathiques, qui ont un regard sur le monde différent, pur, etc…
Ces discours se donnent des airs de science en se greffant sur toutes sortes d’affirmations non prouvées sur le HPI, notamment tout ce qui a trait aux émotions.

Etre attentives et attentifs, par prudence et honnêteté intellectuelle

Le problème ce ne sont pas les croyances en elles-même, mais ce qui en est fait. Ou comment elles sont utilisées.

Ce qui me gène en premier lieu, c’est la confusion entre science et croyance. Ce qui est cru est affirmé comme ce qui est vrai, sous le couvert que la science n’a pas dit que c’était faux. Ou que le contraire n’a pas été prouvé comme vrai.
Ça déjà, ça coince.

Après il y a la manipulation pure et simple. On attrape le HPI, et hop on brode sur les capacités extraordinaires et inexploitées, on glisse sur l’empathie et en ont fait un pouvoir magique et on saute sur la « conscience plus vaste » des enfants HPI qui deviennent d’un coup, des guides de l’humanité dotés de super-pouvoirs empatho-télépathiques connecté•es avec le monde et l’univers.  Et on se sert de ça pour appâter et manipuler des personnes fragilisées, on renforce leur ego dans des croyances parfois ineptes pour mieux exploiter ces pauvres gens, ou faire du prosélytisme à peine masqué.

Pour ce qui est du HPI, la dérive que j’ai le plus souvent lue, c’est que les personnes HPI seraient des espèces d’être élus, exceptionnels, mis•es sur terre pour guider l’humanité vers un nouvel état de conscience.
Les enfants indigos font partie du lot.

Je trouve ça dangereux. Le complexe du messie n’est pas loin quand même.
Et puis, merci pour les autres, les « non indigo » ou, puisque pour certain•es c’est la même chose (pas pour moi notez bien !) les non-HPI, qui seraient donc des pauvres êtres incapables d’évolutions par eux-même et devant être guidé•es vers la lumière de la conscience par un espèce de peuple élu.
Moi, ça ne me plait pas du tout. Du tout. Du tout.

Et oui, allez je me lance, je trouve qu’on est pas loin de la manipulation et des argumentaires sectaires.
Alors non, toutes les personnes qui croient en les enfants indigo ne sont pas membres de sectes, on est d’accord. Mais le sujet des enfants indigos est fortement susceptible de se retrouver dans des manipulations mentales dangereuses, parce qu’il recouvre tous les aspects de ces manipulations : faire que le sujet se sente exceptionnel, doté d’une mission, insister sur le fait qu’il est et sera incompris des autres, de tous les autres à l’exception d’un petit groupe à savoir ses pairs.

Vous comprenez la manne que représente le flou autour du HPI pour ce genre de discours ?

Vous comprenez du coup pourquoi je suis si attentive à ne vous parler que de ce qui est démontré scientifiquement, à sans cesse corriger mes propos en fonction de ce qui est démontré et su ? Et surtout, à être très très précautionneuse avec tout ce qui tourne autour des émotions dans le sujet du HPI ?

Et si nous étions plus lucides plutôt que plus sensibles ?

Réflexion en passant sur le sujet du mythe de l’hypersensibilité des surdoué•es.

D’abord je ne nie pas l’existence éventuelle de personnes hypersensibles, dans le sens hyperémotives. Pas plus que je ne remette en question l’effective forme d’hyperesthésie qui existe chez les surdouées et surdoués.

Je considère simplement que l’hypersensibilité n’est pas un produit systématique du HPI. Autrement dit que lorsque l’on est HPI on n’est pas automatiquement hypersensible.

Ceci étant établit, j’en reviens à mon éclair d’Archimède.

Et si, plutôt que d’être hypersensibles, nous étions en fait plus conscientes et conscients que les autres ?
Alors non ne partez pas en courant en ayant peur du grand méchant discours new-âgeux plein de licornes et d’enfants fait de différents minéraux ou critaux.
Je parle de conscience dans le sens cognitif du terme : savoir, avoir conscience, connaitre.

Imaginez.
En fait nous ne serions pas forcément plus sensibles que les autres, mais nos capacités cognitives et nos sens nous permettant d’avoir accès et de traiter plus d’informations sur nous même et notre environnement que les autres, nous ne réagirions en fait jamais exactement à la même chose que les non-HPI. (Et je passe sur les différences inter-individuelles innées et acquises hein, sinon on n’a pas fini.)

Dans n’importe quel événement provoquant une réponse émotionnelle, les autres n’auraient accès qu’à une fraction du matériel que nous percevrions. Notre réponse émotionnelle serait alors directement en rapport avec cette quantité d’informations inaccessible aux autres.
De fait une personne non-HPI interpréterait notre réaction émotionnelle à l’aune de ce qu’elle peut concevoir et percevoir de la situation. Or ce serait moins que ce à quoi nous réagissons en vérité.
Et c’est cet écart qui serait perçu et compris comme de l’hypersensibilité.

Mais si les non-HPI avaient accès à la même quantité d’informations que nous, alors peut-être réagiraient-ils de la même façon que nous ?

Qu’en pensez-vous ?

Moi j’aime bien mon idée.

Formation au WAIS-IV – Bilan

Vous l’attendiez avec impatience je sais, le voici, le petit retour sur ma formation au WAIS-IV.

Contexte 

J’ai suivi une formation au test de QI WAIS-IV, sur deux jours. La formation était proposée par l’AFPAG. Le formateur était spécialiste en psychométrie, et donc des tests d’évaluation des capacités cognitives en général (WAIS, WISC, K-ABC, MEM, etc…) .

Donc le monsieur il s’y connait.

Ce n’était pas une formation pour bien passer le test, mais bien le faire passer, interpréter les résultats correctement, comprendre réellement de quoi il s’agit.

Les GROSSES révélations

J’ai donc appris des tas de choses, certaines m’ont plut, d’autres moins. Mais que l’on aime ou non les résultats de le science, ils n’en sont pas moins valables.
Donc on fait avec.

Donc voici la liste de ce que j’ai appris et dont je vous ai donné un avant goût (presque cruel) sur facebook :

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Faut-il passer le test de QI à tout prix ?

Dans les réactions des gens au sujet du HPI, je lis souvent cette opinion qu’il n’est pas nécessaire de se faire diagnostiquer. Ou que faire passer les tests aux enfants n’est pas forcément nécessaire.

Comme les choses qui vont sans dire vont mieux en le disant, je répète qu’on ne peut se réclamer officiellement d’un HPI que si la science (dans son état actuel) vous a déclaré comme tel•le.
On peut être ou non d’accord avec cela, il n’en reste pas moins que c’est ainsi.
De même que vous ne déclarez pas avoir la sclérose en plaques juste parce que vous en avez lu les symptômes sur internet, et que vous avez besoin du diagnostic d’un ou d’une médecin pour en être certain ou certaine.
Encore une fois, il n’est pas question de dire qu’on ne peut pas se reconnaître soi-même en tant que personne HPI, mais qu’objectivement, seul un bilan psychométrique complet peut trancher sur la question et nous dire si oui ou non nous avons raison.

Ce rappel étant fait, revenons à nos moutons.
Donc la question est :

Doit-on ou ne doit-on pas passer le test de QI ?

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Être sensible

J’aime bien ce titre. Il s’agit d’une double lecture, toute aussi judicieuse l’une que l’autre. Qu’il s’agisse du verbe, ou du nom commun, le titre est fort pertinent.

Être sensible.

Je vous épargne l’éternel cliché qui ravivera peut-être pour certaines et certains d’entre nous des souvenirs plus ou moins bons d’anciens sujets de dissertation : cadeau ou fardeau ?

On me l’a beaucoup reproché. D’être sensible.
J’aurais aimé vous dire que l’on me l’a longtemps reproché, parce que cela aurait impliqué que cela n’était plus le cas.
Mais encore aujourd’hui, il arrive que cela me soit reproché.
Est-ce moins qu’avant ou est-ce simplement moi qui ai appris à accepter cette aspect de ma nature et qui en souffre moins ? Ou qui la comprends mieux ?
Un peu des deux sans doute.

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Sensibilité et HPI – du tri dans le vocabulaire

Avant de vous livrer un autre billet sur ma petite expérience personnelle de gestion de ma sensibilité (de comment j’ai essayé de la refouler jusqu’à comment je l’accepte pleinement aujourd’hui) à titre d’exemple et non pas de référence en la matière, il m’a semblé bien venu de faire un petit point de vocabulaire sur le thème de la sensibilité dans le contexte du HPI.

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