Être parent·es d’enfants à HPI

A en croire le web, et certains témoignages de parent·es concerné·es, être parent·es d’enfants à HPI (ou enfants précoces) serait quelque chose de vraiment difficile.
Je crois bien volontiers que certaines situations, certaines combinaisons familiales impliquant des enfants surdoué·es sont vécues avec peines et souffrances par les parent·es concerné·es.
Mais la cause de ces difficultés et souffrances est-elle bien le fait que l’enfant soit surdoué·e ?

J’ai récemment lu un dossier du magazine Le Point, qui traitait du QI. Dans ce dossier, plein d’informations tout à fait intéressantes (déjà connues pour la plupart des lectrices et lecteurs du blog je pense) mais aussi une double page titrée : « Manuel de survie à l’usage des parents de surdoués ».
Je ne vous cache pas que j’ai été choquée par ce titre. A mon sens, ce titre implique ou suggère qu’un·e enfant surdoué·e est une menace à la vie de ses parent·es, puisqu’il faut un manuel pour assurer la survie de ces derniers.
Je me permets là de réagir pour les dits-enfants surdoués : c’est sympa, merci bien ! Je ne savais pas que nous étions de si grande menace pour nos parent·es.

Au-delà de cela, ce titre suggère qu’être parent·es d’enfants surdoué·es est une situation particulière et ici, particulièrement difficile ou éprouvante. Et que la source de cette difficulté serait l’enfant surdoué·e, ou bien le HPI chez l’enfant.
Je m’attendais à ce que la double page contienne mille et une recettes pour maintenir « la bête » à distance des pauvres parents épuisés, mais non en fait. On se contente de rabâcher ce qui a déjà été dit, y compris des mythes et inexactitudes sémantiques et scientifiques sur le sujet (les « troubles associés » au HPI, l’inadaptation probable à l’école, par exemple).

Bien que ce blog ait pour sujet le HPI chez les adultes, cette préoccupation autour du « problème » que semblent pouvoir être les enfants surdoué·es pour leur parents m’interpelle.

Il n’est pas question pour moi de nier l’expérience des parent·es qui témoignent de leur souffrances et de leurs difficultés face à leurs enfants surdoué·es. Je m’interroge plutôt sur le pourquoi, et vous l’aurez devinez, je crois que l’ « on » se trompe (encore) sur la cause des problèmes rencontrés.
Les médias, le « on », les gens, auraient tendance à pointer du doigt le HPI, et à le rendre responsable non seulement de tous les éventuels maux de l’enfant surdoué·e, mais aussi, visiblement, de toutes les difficultés d’éducation et d’interactions que peuvent rencontrer les parents de ces enfants.

On peut plutôt facilement envisager et comprendre le désarrois de parents qui ne sont pas surdoué·es, face à leur enfant qui lui/elle le serait. On peut imaginer la surprise, le décalage, et le désarrois face à des réflexions, des réactions que l’on ne comprend pas et que l’on n’anticipe pas non plus.
Mais n’est-ce pas là finalement le lot de tous les parents ? N’est-ce pas là l’essence même de la parentalité ?
Lorsque l’on est parent, on est parent d’un autre être humain, d’une autre personne, en devenir, totalement dépendante de soi mais en même temps parfaitement différente et dissociée de soi. C’est normal et commun de ne pas comprendre son enfant, d’être surpris·e par lui/elle, de ne pas savoir comment lui parler, le consoler, le rassurer, ce qui lui plaira, combien de temps, pourquoi.
Parce que personne n’est télépathe.
Y compris les parent·es eux-même surdoué·es, d’enfants surdoué·es.

Mais alors pourquoi tant d’associations pour prendre en charge, accompagner ou simplement écouter le désarrois, le désœuvrement de certains parents face à leur enfant surdoué·e ? Pourquoi une niche particulière, si ces difficultés sont finalement celles de tous les parents ?
Tout cela répond bien à un besoin, à une réalité.

Pourquoi précisément les parents d’enfants surdoué·es ?

Lorsque l’on est parent, de n’importe quel enfant, on a certaines représentations de ce que c’est que d’être parents et de ce qu’un enfant est, de comment il devrait se comporter, de comment il devrait être. Ce sont des représentations stéréotypiques issues de notre culture et société, lesquelles sont enrichies de notre expérience personnelle.
De fait, on s’attend à ce qu’un enfant soit d’une certaine manière, même si cette manière est très vaguement définie.
D’autre part, être parent·e, c’est difficile.
Même si on nous présente cela comme une des choses les plus naturelle (et implicitement « innée ») du monde, être parent·e c’est vraiment très difficile. Avoir l’entière responsabilité du développement complet (physique, affectif, psychomoteur et social) d’un autre être humain totalement dépendant de l’adulte pour sa survie, c’est vraiment difficile.
Parce que l’enfant est un être différent de soi, qu’on ne connait pas, qu’on apprend à connaitre en même temps qu’il se développe et que lui-même apprend à se connaitre. Cela n’a rien de simple, ni d’inné, quel que soit la situation.

Et il arrive parfois que certains enfants confrontent leur parent·es plus fort, et peut-être plus tôt, aux difficultés et aux immenses enjeux trop souvent cachés ou minimisés de la parentalité.
Et je soupçonne les enfants surdoué·es d’être de ceux-là. Ce ne serait pas tant ces enfants le problème, mais la parentalité en elle-même.
Peut-être que les enfants surdoué·es, aidés en cela par leurs capacités cognitives, vont plus tôt et plus souvent mettre – et certainement sans le vouloir – leur parents face à face avec les immenses enjeux, paradoxes, difficultés et contraintes de la parentalité.
C’est peut-être cela qui est difficile à vivre pour les parents concernés (et on le comprend).
Peut-être que les enfants qui ne sont pas surdoué·es ne confrontent pas leurs parents (encore une fois, sans rechercher forcément cet effet) à tout cela. Parce qu’on attend pas d’un enfant de 10 ans qu’il accuse la génération de ses parents d’avoir mis en péril son avenir économique à lui. Parce qu’on ne s’attend pas en tant que parent, à devoir se justifier devant son enfant de 11 ans qui nous explique qu’aucun enfant n’a demandé à venir au monde et que si les parents ont quelque chose à redire aux comportements de leurs enfants, c’est tant pis pour eux (les parents), parce que finalement ils ont créé leurs problèmes. On ne s’attend pas non plus à devoir faire face à l’immense colère et terreur qui peut saisir un enfant de 6 ou 8 ans face à la certitude et le caractère inévitable de la mort de tout le monde, la sienne et celle de ses parent·es comprises.

Si ce sont plutôt les parents d’enfants surdoué·es qui doivent faire face à cela plus souvent et plus tôt que les parents d’enfants qui ne sont pas surdoué·es, il n’empêche que ce sont là des enjeux et des situations d’éducation, qui existent et se posent quel que soit l’enfant qui les met à jour.

Si les difficultés que rencontrent certains parents d’enfants surdoué·es dans l’éducation de leur enfant sont réelles, et méritent d’être entendues, écoutées et accompagnées évidemment, j’ose penser qu’elles ne sont pas des difficultés intrinsèquement liées au HPI, mais bien à la parentalité en elle-même.
Et c’est une bonne nouvelle, car en considérant les choses ainsi, on passe d’une situation particulière présentant des problèmes, à une situation ordinaire présentant des problèmes.
Certes, les problèmes n’ont pas disparus pour autant, je vous l’accorde. Mais peut-être que de changer son point de vue sur la source du problème constitue déjà une partie de la solution. Ce n’est pas l’enfant précoce la difficulté. Ce n’est pas non plus la précocité. C’est la parentalité.
Et cela a toujours été le cas.
C’est à dire que les parents d’enfants surdoué·es ne sont pas moins outillés pour élever leurs enfants que les parents d’enfants qui ne sont pas surdoués. Les parents d’enfants surdoués n’ont pas à redouter des difficultés éducatives d’un autre ordre que celles que peuvent rencontrer n’importe quels autres parents.
Ils devront, comme tous les parents, faire preuve de patience, d’écoute, d’empathie, de sympathie, de pédagogie. Ils feront face aux mêmes craintes, aux mêmes fiertés.
Mais, effectivement, ce ne sera jamais exactement pareil que chez les autres. Parce que ce n’est jamais exactement pareil pour personne.
Chaque enfant représente un ou des défis uniques, absolument uniques.

Je confluerai donc (enfin !) ce billet en répétant que oui certains parents d’enfants surdoué·es rencontrent des difficultés éducatives qui les dépassent et les épuisent. Bien évidemment, ces difficultés sont à entendre, reconnaître, et accompagner.
Mais j’aimerais que l’on se demande si la source de ces difficultés est bien celle que l’on croit ? Si l’on a bien raison de faire du HPI, ou pire, de l’enfant à HPI, le problème ou la source des difficultés dans cette situation ?
L’enfant, à HPI ou non, n’a pas plus demandé à être ce qu’il ou elle est que vous et moi, et entendre (ou lire) qu’il peut être par sa nature même un problème ou une source de difficulté pour ses parents peut être très violent.
Simplement posons-nous la question : n’est-ce pas être parent qui peut être de toute façon difficile et compliqué ?

9 réflexions sur “Être parent·es d’enfants à HPI

  1. Daedalus dit :

    Pourquoi est-ce que tout cela me rappèle la série « Altered Carbon » (plus la série TV que les bouquins).

    De la bouche de Quellcrist Falconer herself  » Assume Nothing! … It’s the only way you’ll be ready for anything. » -> « N’assumez rien! … C’est la seule manière dont vous pourrez être prêt à tout. »

    Bon d’accord, c’était pas vraiment de la parentalité dont elle parlait … mais, selon moi, le conseil reste valable et pas seulement sur la parentalité.

    Il serait peut-être grand temps de revenir à la méthode de Socrate … genre, ne pas hésiter à prendre ses préconceptions à bras le corps, en voir les faiblesses et créer un meilleur modèle pour une meilleure citoyenneté/vie communautaire.

    Et je ne parle pas de cette philosophie qui restait caché entre les quatres murs d’une université, mais plutôt de celle ou l’on va confronter différents points de vue, peut importe leur origine, qu’elle vienne d’un noble ou d’un manant … ou d’un parent qui rencontre des difficultés avec son enfant.

    Ou quelque chose dans le genre … j’avoue que je suis toujours en train de me renseigner sur la méthode, je suis très loin d’être un expert.

    De l’autre, ca me plairait bien de créer un « Socratic café » ou l’on pourrait justement discuter de plein de sujets … genre, par exemple, comment surmonter les difficultés que l’on peut rencontrer avec les enfants, qu’ils soient HPI ou non, ou que l’on soit HPI soi même ou non.

    Ca tente quelqu’un l’experience? (internet devrait faciliter les choses 😉 )

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      • Daedalus dit :

        Cool, je vais essayer d’organiser cela un de ces jours, et tant qu’a faire essayer de recruter du monde à gauche à droite pour cela. 🙂

        Ce qui me fait penser que ca trop longtemps que j’ai pas parlé à LoHusk qui sait ca l’intéressera peut-être … ainsi que certaines de ses connaissances (après tout, « on n’est pas des bêtes. » 🙂 ).

        Je sais pas encore comment je vais m’o’rganiser mais je vais me débrouiller, puis je donnerais des nouvelles de cela ici, car j’imagine qu’il est plus que possible que voir l’admin de ce site en personne lors d’un de ces cafés intéressera pas mal de monde 😉

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    • Fabien dit :

      Ce que je veux dire par là, c’est que ça peut être difficile ou non pour n’importe qui (parent ou enfant) HPI ou non. Simplement il faut s’adapter. Et il serait bien que tout le monde fasse l’effort. On dirait que ça va tout de même dans le bon sens.

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  2. myriam dit :

    Bonjour,
    Je suis parent moi-même d’une jeune fille de 12 ans 1/2 (important le 1/2) et donc confrontée à … l’adolescence plus qu’à son HPI qui, heureusement est là (quoi que bien caché par moments). Ce que je peux d’ores et déjà dire c’est que le fameux « âge bête » (qu’est ce que ça m’énervait d’entendre ça quand j’étais ado !) peut être bien présent même chez un enfant dit à haut potentiel. Je crois même que si je rencontrais aujourd’hui ma fille et qu’on me disait qu’elle était HP j’émettrais quelques doutes (quoi que lorsque je croise quelques unes de ses camarades, je me dis « ah si finalement »).
    Je suis tout à fait d’accord avec vous, Line. Je rencontre en effet quelques difficultés avec ma fille depuis sa naissance (même avant d’ailleurs) mais qui n’ont absolument rien à voir avec son intelligence. Je dirai que celle-ci m’a plutôt même convenue en même temps qu’elle a rendu plus difficile les choses. Je m’explique : bébé, c’était une micro dormeuse, elle pleurait beaucoup, j’étais épuisée (je ne m’en suis d’ailleurs toujours pas remise), avais l’impression de n’être comprise par personne (parce que ne faisant pas exactement comme tout le monde), etc. Oui, cela a joué sur notre relation et, oui, cela est devenu compliqué parce que j’ai toujours eu l’impression de la sous-stimuler, de la freiner (trop fatiguée pour répondre à autre chose qu’à ses besoins primaires) ! Notre relation actuelle est bien évidemment le fruit de ce départ un peu chaotique. Petite précision : nous étions assez isolés lorsque j’ai eu ma fille et personne n’a donc pu prendre le relais (ne serait-ce que pour me laisser dormir 1h). D’un autre côté, étant dans l’hypercontrôle (oui, j’avoue une légère névrose), est-ce que j’aurais fait confiance à quelqu’un ?…
    Tout cela pour dire que oui, je suis toujours épuisée par ma fille qui visiblement considère que dormir est une perte de temps et que TOUT discuter jusqu’à ce qu’on n’en puisse plus est passage obligé (ça c’est notre quotidien depuis 12 ans donc). Alors oui, sa personnalité et cette particularité ont joué dans notre relation. Mais je dirais que c’est le loupé du départ qui est à l’origine de nos difficultés actuelles. Le fait également qu’elle ne fasse pas comme tout le monde était compliqué à assumer pour moi bien sûr.
    Je suis convaincue, au fond de moi, que sans ce départ râté (n’ayons pas peur des mots), nous aurions eu une toute autre relation (mais avec des si…). Cela me ronge en permanence.
    Malgré tout, la chance que j’ai (et qu’elle a) c’est que je la comprenne dès le départ. Je n’ai pas attendu qu’on lui pose une étiquette pour la comprendre. Et pour comprendre également que ce n’est pas parce qu’elle est très en avance et qu’elle peut lire n’importe quoi à 4 ans (ou 6 ou 8) qu’il faut lui donner des choses à lire qui ne sont pas adaptées. Alors peut-être que je l’ai freinée sur plein de choses, mais vu sa sensibilité, sa compréhension des choses, il n’était pas nécessaire de la sortir de l’enfance plus vite. Je l’ai donc maintenue (et c’est certainement ce que j’ai fait de mieux finalement) dans l’enfance jusqu’à ce qu’elle en sorte elle-même, ce qui est très difficile dans le contexte de l’école actuel (le nôtre en tous cas). J’ai fait aussi très attention à la façon de lui dire les choses, de répondre à ses questions. Oui, en cela je l’ai beaucoup protégée (et non surprotégée) et ne le regrette pas. Je ne pense pas avoir fait d’erreur en lui permettant de pleurer sur Tchoupi à 8 ans encore et d’avoir, au même âge, des frisson à l’évocation d’un personnage du Manège enchanté. Ce qui m’aurait un peu inquiétée c’est qu’elle ne lise ou ne regarde QUE Tchoupi (je dis Tchoupi mais c’était peut-être autre chose, en tous cas un dessin animé interdit au plus de 3 ans)
    Donc, non être parent d’un enfant HP n’est pas un grand malheur, c’est même une grande chance ! Oui, cela bouffe beaucoup d’énergie. Mais surtout, un enfant HP est un enfant qui évolue dans un environnement donné et cet environnement influera beaucoup sur celui-ci. Je pense que plus l’on comprend son enfant (HP ou pas), plus l’on est à l’écoute de ce qu’il est, et mieux cela se passera. Et c’est peut-être là (entre autres) que la déferlante d’ »informations » sur les HP peut être néfaste : a t on vraiment besoin d’un mode d’emploi pour comprendre son enfant et répondre à ses besoins propres ?
    Le haut potentiel est à prendre en compte comme le reste. Pas seul. Notre enfant n’est pas juste un HP !
    En revanche, et là je vais arrêter de parler de moi, effectivement beaucoup de parents d’enfants détectés HP sont en souffrance. Mais, ce que je crois comprendre c’est le manque de considération des particularités de cet enfant qui pose problème. La maladresse (je suis très gentille) de certains enseignants, par exemple, mettent à dure épreuve la sensibilité de ces enfants qui, parfois, se vengent à la maison. Par ailleurs, le plus souvent, les parents qui se dirigent vers une association y vont parce qu’il y a problème. C’est la raison pour laquelle il est rare d’y rencontrer des parents d’enfants HP sans « troubles associés »…
    Je suis désolée de vous livrer un patchwork de pensées et je vais regretter très vite d’avoir dit telle et telle chose et d’avoir oublié de dire l’essentiel mais je ne peux pas rester plus longtemps… et si je remets à plus tard, je crains de ne jamais le faire !
    Merci beaucoup, Line, pour toutes vos réflexions. Je me sens moins seule (et du coup moins débile). Cela faisait très longtemps (tiens ben ma grossesse, dites donc ! mais j’ai vite été affligée par les propos tenus et ai fui les sites et autres forums depuis) que je ne m’étais pas aussi longuement attardée sur un site !
    Si vous voulez les impressions d’une maman non HP mais en subissant :)) une à la maison, faites moi signe !
    Merci encore.

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    • Line dit :

      Merci à vous Myriam pour ce beau commentaire, qui j’en suis certaine trouvera son chemin vers beaucoup d’autres, parents ou non. 😊 Ravie que ce blog vous plaise, s’il a pu vous réjouir ou vous être utile c’est parfait !

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  3. Sekaijin dit :

    Chez moi trois zèbres. Et je dois dire que cela ne me pose pas problème.
    Ce qui pose problème c’est d’expliquer à une institutrice de maternelle que non je n’empêche pas mon enfant en première année de prendre les cours de médecine de sa mère pour se renseigner sur la fécondation humaine. Bon OK ce n’est pas évidant face à tous les parents. Mais la réponse que j’ai retenue c’est celle d’une mère: « non, non ça va maintenant elle sait. Dans les détails. On aurait jamais su lui expliquer comme ça! » Ce qui pose problème c’est de dire a un enseignant en CE1 « quel est le but ? Savoir calculer vite ou connaitre les tables sans savoir s’en servir ? » Parse que le dit enseignant trouve que mon enfant ne sait pas ses tables parce qu’il met 1 seconde pour faire 3X7 mais il met aussi 1 seconde pour faire 876×324! Ce qui est difficile c’est de devoir justifier que non je n’obligerais pas mon enfant à lire « Nounours va à la ferme » que je préfère le laisser lire la mécanique quantique par Stephen Hawking. Ce qui est difficile c’est de devoir justifier pendant des années auprès des grands-parents que Oui ils ont des opinions politiques et ça n’empêche pas d’être des enfants. Ce qui est difficile c’est les autres. Bon OK entre nous il faut avoir de la répartie car ils ont vite fait de te démontrer que ceci ou cela et par là même démonter toute l’organisation de la maison. Mais c’est exactement ce que font les enfants (avec le temps) alors entre zèbres, ça fuse, ça explose, ça délire, et ça rit. Il me semble que c’est une famille ça, non ? Non franchement ce qui épuise, c’est le système. N°3 est convoqué chez le proviseur « Tu sais que pour ça la sanction est une heure de retenue ? Oui! ne sois pas insolent! Je suis pas insolent, je dis que je sais ça ! je connais le règlement. N’aggrave pas ton cas. » Convoqué je fais quoi moi ? j’ai fini par demande que devait répondre l’élève ? Ne pas répondre ? Et se faire reprendre pour ne pas avoir répondu ? Mentir et dire qu’il ne savait pas et se faire punir pour avoir menti ? Ou dire la vérité simplement et se faire punir pour avoir été franc? Une fois, deux fois, 10 fois, que faire ? Comment dire à un proviseur que s’il pose une question mon enfant lui répondra franchement sans arrière pensé parce que c’est comme ça qu’il fonctionne ? Comment faire pour dire que non tous les enfants sont pas des délinquants né qui mentent à longueur de temps pour arnaquer les enseignants et les équipes pédagogiques. 26 ans à répéter les mêmes choses, faire les mêmes remarques, lutter contre les mêmes aprioris, ça, ça épuise. Heureusement entre zèbres même s’il y a des accros comme partout c’est beaucoup plus simple. On peu parler de l’approche mathématique de la décomposition sémantique aussi bien que les la genèse de matière aux premiers instants de l’univers pour s’aventurer ensuite sur les articulations scénaristiques dans les dessins animés de Myazaki. Non franchement, être parent de zèbres c’est même plutôt cool. L’enfer c’est les autres, c’est bien connu.
    A+JYT

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