HPI et HQI, de quoi parle-t-on ?

C’est une question qui me turlupinait depuis un moment déjà.
Lors de mes formations et certifications au WAIS-IV (le test de QI pour adultes dans sa 4e version) notre formateur, professeur (docteur) en psychologie de l’université de Lausanne et spécialiste en psychométrie affirmait qu’il existait une différence entre HPI et HQI ; en particulier que l’on pouvait avoir un HQI (Haut Quotient Intellectuel) et ne pas être ou avoir un HPI (Haut Potentiel Intellectuel) pour autant.

Ce point m’a beaucoup perturbée car cela impliquait beaucoup de questions qui malheureusement ne trouvaient pas de réponses.
A commencer par ce qui différencierait un HQI d’un HPI ? Quels critères permettaient de trancher entre un profil HPI et HQI et un profil HQI « tout court » ?
Quelle différence entre le HQI et le HPI ?

J’ai réfléchis sur le sujet, avec les quelques connaissances que j’avais. Puis j’en ai chercher des nouvelles, pour éprouver mes hypothèses.

Cet article est donc l’aboutissement de cette micro recherche.

Il n’y a pas de différence entre HPI et HQI

Voilà, la réponse était simple en fait.

A l’heure actuelle, aucune étude scientifique (d’après mes humbles recherches bibliographiques) ne définit le HPI comme différent du HQI.
Ces deux acronymes HPI pour Haut Potentiel Intellectuel et HQI pour Haut Quotient Intellectuel renvoient strictement à la même réalité : le fait d’avoir un QIT supérieur à 130 suite à un test WAIS.

On trouve des articles qui ne sont pas le résultats d’expériences, mais des réflexions, des hypothèses, des théories à prouver, qui créent une distinction entre HPI et HQI. Mais cette distinction demeure toute théorique et n’a pas fait l’objet de preuves scientifiques.
A noter que ce que je croyais être une lubie francocphone (la distinction en HQI et HPI), se retrouve également chez les anglophones, qui peinent aussi à se mettre d’accord sur ce que recouvre ou doit recouvrir le terme « gifted » : QI or not only QI, that is the question).

Quoi qu’il en soit en France HQI et HPI sont strictement synonymes, pour ce que j’en sais.

Ah et vous ne trouverez aucune études en référence de cette article, c’est normal. Je n’en ai trouvé aucune sur le sujet.

Ce qui est entendu dans la distinction HPI et HQI

Un problème de sémantique

Pour comprendre comment on en est arrivé à cette confusion et/ou distinction, il faut remonter au moment de la naissance de l’acronyme HPI.
Certain·es professionnel·les du psychisme, en s’appuyant sur les cas de leurs patient·es, ont émis l’idée que le mot « surdoué·es » était trop négativement connoté et charriait trop de clichés préjudiciables aux personnes concernées. De fait, un brainstorming informel s’est fait pour trouver une désignation moins stigmatisante pour parler des personnes dont le QI était exceptionnellement ( au sens statistique) élevé.

Parmi tout un tas de désignations qui rendaient hommage à la capacité créative de leurs auteurs et autrices, le terme Haut Potentiel Intellectuel a rencontré un certain succès. On lui reconnait un caractère à la fois suffisamment précis et neutre pour désigner correctement l’objet auquel il fait référence mais également ne pas stigmatiser la personne à laquelle on l’applique.

« HPI » est donc strictement synonyme de « surdoué·e ». Surdoué·e signifiant strictement – selon ce qui a jusqu’ici pu faire l’objet de consensus expérimental et scientifique – le fait d’avoir un QIT > 130 au(x) WAIS.

Conflit et confusion entre ce qui a été démontré, et ce qui relève d’hypothèses

Pour comprendre d’où vient cette différence entre HPI et HQI, il faut se rappeler que très peu de choses ont été démontrées scientifiquement au sujet des personnes surdouées.

Le seul élément sur et certain, qui définit le fait d’être surdoué·e c’est obtenir un QIT>130 au WAIS (ou WISC).

Tout le reste, absolument TOUT LE RESTE, ne relève au mieux que d’hypothèses, au pire de mythes totalement faux.
A ce sujet, je vous renvoie à l’excellent ouvrage « Les surdoués ordinaires » de Nicolas Gauvrit, et au blog « Ramus Méninge » avec le billet de La pseudo-science des surdoués, de Franck Ramus.

Attention, cela ne veut pas dire que parmi les hypothèses qui n’ont pas été démontrées comme fausses, il ne peut y avoir des choses justes. Mais, en toute rigueur scientifique et honnêteté intellectuelle, on ne peut pas affirmer que ces hypothèses soient justes. On peut seulement dire que « l’on pense que… » et seulement à titre personnel.

Donc quand on lit que le HPI est différent du HQI, on ne lit en fait au mieux qu’une hypothèse, au pire une erreur.
A ce jour rien ne permet d’affirmer qu’avoir un QI>130 implique quoi que ce soit d’autre. Et donc qu’il y ait une différence entre HPI et HQI.

Néanmoins, pour aider celles et ceux qui comme moi pataugeaient dans la semoule faute de comprendre ce qui se cachait derrière HPI et HQI quand « les gens » faisaient la différence entre les deux, voici ce que j’en ai compris.

Quand on vous dit « HPI » et « HQI c’est diffférent, on croit que :

Le HPI serait un phénomène, une entité psychologique particulière, différente de l’état « normal » (dans le sens de moyen) du psychisme humain, liée et identifiable au fait d’avoir un QI>130 et à certains traits de caractères ou points de fonctionnement psycho-affectifs considérés comme plus saillants (plus intenses ou plus forts si vous préférez) chez les individus en questions.

Le HQI quant à lui serait bien ce qu’il est – toujours quand on considère qu’il existe une différence entre HQI et HPI – à savoir le fait d’avoir un QI>130, et c’est tout.

Pour reprendre les propos d’une lectrice de ce blog (avec laquelle j’ai eu de échanges qui ont grandement nourris ma réflexion à ce sujet et pour lesquels je la remercie sincèrement) le HPI serait un phénomène et le HQI en serait son expression psychométrique.

Cette différence considère que le HPI se constitue du HQI et de traits de caractères précis.
Malheureusement, ces traits de caractères en questions sont très discutés d’un·e « spécialiste » à l’autre, et, encore une fois, n’ont jamais fait l’objet de démonstration scientifique.
Mais ils sont très largement et vastement repris partout et par tout le monde (même par moi quand je découvrais le sujet) justement parce que des gens qui sont censés savoir de quoi iels parlent le disent, et plus précisément, l’affirment.

En résumé

Dans les faits, HPI et HQI sont des synonymes strictes, qui renvoient au fait d’avoir un QIT>130 au WAIS.
Cela n’implique rien d’autre.
Scientifiquement et rigoureusement parlant, c’est une erreur – au moins un abus – de faire la distinction entre HPI et HQI.

Mais des gens font la différences entre les deux, malgré tout.

Des hypothèses, partagées par plusieurs psychologues, supposent qu’il existe une entité psychologique particulière, souvent retrouvée chez des personnes ayant un QIT>130. Ce phénomène serait constitué d’un fonctionnement cognitif et émotionnel qualitativement différent, s’exprimant par des traits de caractères distinctifs et particulièrement saillants (ou intenses) chez les individus concernés. Parfois, souvent même, ce phénomène serait accompagné d’un QIT>130, mais parfois, non.
Ce qui rendrait l’identification de ce phénomène particulièrement délicat.
C’est cette hypothèse qui se trouve derrière le « HPI » quand la distinction est faite entre HPI et HQI.

Plus simplement le HPI ce serait penser et ressentir différemment de la majorité des gens, avec ou sans HQI mais le plus souvent avec.
On comprend alors mieux pourquoi l’appellation même de « Haut Potentiel Intellectuel » pour nommer le phénomène décrit plus haut est problématique, si dans certains cas, il n’y a pas de HQI.

Il n’est pas incorrect de faire l’hypothèse de l’existence d’un phénomène appelé HPI qui serait différent du HQI, mais il est incorrect d’affirmer cette hypothétique existence et différence comme effective et vérifiable.

Ce qu’on en pense ici

Ce que j’en pense, en fait, parce que je suis seule maîtresse à bord ici.

J’utilise et je continuerai à utiliser HQI et HPI comme strictes synonymes, jusqu’à ce que la recherche démontre autre chose (et que je l’apprenne), alors je m’adapterai.

Attention cependant, si je ne fais pas de différence entre HPI et HQI, cela ne veut pas dire que je ne considère pas qu’être doté·e d’un QI>130 n’a pas des conséquences considérables (bonnes comme moins bonnes) dans la vie des individus concernés (si c’était le cas d’ailleurs, j’arrêterai tout de suite ce blog, je le supprimerai et je reverrai mes aspirations professionnelles).

Pour celles et ceux qui se poseraient des questions quant aux conséquences de ce positionnement par rapport à la formation que j’ai faite au WAIS IV, je vais tâcher de vous rassurer (enfin, j’espère).
Certes le formateur faisait la distinction entre HPI et HQI, mais cela n’a pas d’incidence sur le contenu de la formation en question.
En effet, la différence entre HPI et HQI, quand on la fait, réside dans l’aspect clinique du HPI, et non psychométrique.
Ce qui fait que rien ce qui été dit durant cette formation en psychométrie (et qui ne portait pas sur le HQI mais bien sur le test WAIS-IV et son utilisation) n’est impacté par cette considération – toute personnelle – du formateur.

24 réflexions sur “HPI et HQI, de quoi parle-t-on ?

  1. aspieconseil dit :

    Sachant qu’au final le 130 est tout à fait arbitraire, c’est juste une distribution des personnes et non des spécificités quelconques qui débuteraient à 130 et n’existeraient pas à 120. Dans le même genre, l’illusion qu’un HQI/HPI serait posé en fonction d’une anamnèse, ce qui n’a aucun sens. Le fait d’avoir su lire à 4 ans, ne fait pas la douance…

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  2. pfrauman dit :

    Merci pour cet article bien documenté.
    Je trouve que cet article nous rappelle à quel point la méthode scientifique a des détracteurs y compris dans le milieu académique.
    Depuis les récentes élections on a même un mot pour désigner ce phénomène: les fake news.
    Personnellement le refus d’appliquer la méthode scientifique me met hors de moi. Je me demande dans quelle mesure ce besoin d’appliquer la méthode scientifique et de rechercher la vérité scientifique est lié à mon QI.
    Autrement dit: est-ce que les personnes avec un HQI sont moins sensibles aux fake news que la moyenne ?

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    • Line dit :

      Aucune idée. La tendance à adhérer à une information non vérifiée est liée à ce qu’on appelle « le sens commun » ou la pensée quotidienne qui n’est ni rationnel ni logique. La pensée quotidienne est utile, pratique, commode. Elle vise a obtenir un résultat rapidement et facilement.
      La culture, l’éducation comme le caractère vont influencer la tendance à recourir à l’un ou l’autre type de pensée.
      Je ne connais qu’un type de recherche qui a démontré que la tendance à adhérer à la théorie du complot (ou aux théories du complot) est corrélée de façon inversement proportionnelle au QI. Autrement dit, plus un le QI d’une personne est bas, plus cette personne aura tendance à adhérer au Théories du complot.

      Si cela nous donne une piste d’hypothèses à explorer, on ne peut par contre rien déduire quant à un éventuel lien entre QI et croyance aux fausses informations.

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  3. Pascal Gautier dit :

    Je trouve un intérêt à cette distinction, en précisant que la clinique n’est pas à négliger et que le HQI (son identification formelle et étayée) est aujourd’hui, effectivement, LE moyen de confirmer le HPI.
    Au final, reste la question de l’utilité de l’un et/ou de l’autre en lien avec la démarche du consultant et de son questionnement éventuel, c’est à dire la question ontologique présente en arrière fond. Ne faire qu’une identification d’un éventuel HQI ou pire, l’invalider par la négligence d’aspects conatifs ou parfois d’auto-sabotage, serait passer à côté de cette quête essentielle, me semble-t-il.

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    • Line dit :

      L’article traite de la définition des deux acronymes.
      La question du pourquoi un*e patiente demande à passer un test de QI et de comment devrait se faire son interprétation dépasse largement l’objet de ce billet. Et toutes tentatives de réponses seraient, à mon sens, incorrectes. Chaque demande, situation et individu étant différents, il ne saurait y avoir une seule réponse adaptée à toutes ces situations.
      Ceci étant il est évident que dans le cadre d’une interprétation et restitution de résultats de test de QI, la demande initiale doit être considérée.

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      • Ruby dit :

        Bonjour,
        J’ai lu tous les articles de ce blog (mais pas appris par cœur hein 😄) que je trouve très intéressant et pertinent globalement, et qui a le mérite (à mes yeux) de ne pas être envahi de pseudo développement personnel plus ou moins mercantile.
        Bref!
        Si j’interviens aujourd’hui, c’est par rapport à un point qui me semble important de manière générale mais aussi parce qu’il y a, je pense une « piste » sur cette notion de potentiel inexploité et de tolérance éventuelle au score de QI ) puisque, que ce soit dans les clous ou non, il y a nombre de psy qui assurent à leurs patients qu’ils sont HQI/HPI soit en acceptant les résultats hétérogènes, soit en abaissant la barre à 120/125 la raison étant que le reste du profil correspond (oui, oui, le problème est justement de quel profil parle t’on alors?).
        Bien que ce ne soit pas la seule comorbidité envisageable, il semble assez clair que le TDA/H est plutôt bien représenté (même si mal, pas assez diagnostiqué) dans le « milieu » des HQI. Et, j’avoue ne pas trouver beaucoup d’études valables sur ce lien qui à l’air assez particulier. Ajoutons 2 autres choses: – la reconnaissance officielle d’un TDA/H notamment chez un adulte aujourd’hui n’est pas simple (et moins attirante que haut potentiel), – les points communs qui sont insidieusement créés en mélangeant HPI (et non HQI au sens strict) et TDA/H.
        Ce que j’essaie de dire, c’est que parmi les personnes « dépistées » HQI de manière disons formelle, il y a des gens qui s’arrêtent là pour expliquer leurs maux et souffrent, semblent il, d’un (ou plusieurs ?) potentiel inexploité puisque freiné par le TDA/H. D’autre part, certaines personnes se voient proches de la limite des 130 mais en dessous toujours à cause de ce potentiel inexploité, ce qui, peut-être, si elles étaient ou avaient été je ne sais pas, « soignées », à tout le moins traitées et encadrées/aidées, n’aurait pas été le cas. Du coup, effectivement, on a un fonctionnement « particulier » associé à un potentiel ex ou inexploité suivant les cas et quelque chose qui est rendu assez visible en clinique mais pas en études. Et de fait, un HQI sans aucune forme de TDA/H a certainement des questionnements internes, une problématique qui lui est propre, mais cela serait bien moins visible.
        Tout ceci est une hypothèse bien sûr, mais je trouve qu’elle explique plutôt pas mal tout ce foin autour de HQI, HPI, zèbre, et j’en passe.

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  4. Cam09 dit :

    Premier commentaire ici (et tout va bien se passer 😂😂)

    Je crois qu’effectivement cette notion de HPI pourrait correspondre à cette personnalité type dont parle beaucoup de bouquins de psycho sur le sujet des surdoués.
    Maintenant comme toi je me demande pourquoi on devrait faire une différence entre les deux ? Si une personne prétendument HPI n’a pas un QI Supérieur à 130, est-ce pour des raisons d’une passation du WAIS faussée ou non ? Les HPI non HQI auraient-ils les différences neurologiques d’un HQI ou non ? Et puisqu’il est prouvé qu’un HQI a des différences de fonctionnement cérébrales ne serait il pas simple d’envisager une étude du cerveau de personne qui prétende une différence en HQI et HPI ?
    Dans le cas ou une différence neurologique existerait alors le HPI ne serait qu’un type de personnalité parmis tant d’autres. Ce serait donc une personnalité qu’on aimerait à appeler HPI, why not, c’est joli… si ça peut rassurer ou autre !!

    Quoi qu’il en soit si différence il y a je veux bien en avoir la preuve ! Saint thomas sort de ce corps 😄😄

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    • Line dit :

      Alors en fait HPI est strictement synonyme de HQI et cela ne renvoie pas du tout à des aspects de la personnalité. C’est juste le fait d’avoir un QI>130.

      Certains bouquins certes de psychologie mais qui ne s’appuie pas sur les connaissances établies par la recherche et prennent en cela quelques libertés d’affirmations, ont créé une autre signification au HPI que celle de HQI.

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      • Cam09 dit :

        Oui tout à fait c’est pour ça que je pose l’hypothèse que si pour certains psy, différence il y a, alors ils ont décidé de la nommer HPI puisqu’apparemment certains semblent faire la distinction.
        Dans l’absolu c’est effectivement problématique puisque aujourd’hui on ne distingue pas les deux termes.
        Maintenant s’il faut donner un nom à ce type de personnalité…. alors c’est la porte ouverte à toutes les possibilités. Si HPI en est une alors… Même si perso je trouve ça dérangeant, on peut apparemment pas nier que certains le voient ainsi.

        Et ce qui me pose alors la question de qu’entendent ils par « potentiel » car si ces HPI non HQI auraient un fameux potentiel pourquoi ne se serait-il jamais développé ? Une personnalité qui serait à l’origine d’un « potentiel » ce serait assez fou… enfin bon ça soulève énormément de questions étranges qui me confortent dans l’idée que nommer une personnalité HPI c’est joli mais difficile à prouver…

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  5. Θωμας dit :

    Bonjour
    Pour moi, la supposée différence entre HPI et HQI renvoie à des théories plus où moins douteuses (comme le fameux « faux surdoué avec un haut QI mais une intelligence froide » qui hante les sections commentaires de YouTube par exemple. Qu’est-ce qu’est censé être une « intelligence froide »?
    Après, j’avais vu dans une conférence de Linda Silverman (où elle comparaît différents subtests et indices entre eux dans leur corrélation au facteur G) que le seul indice plus fiable que le QIT pour détecter la douance (dans la mesure où moins sensible à d’autres facteurs) était l’IAG.
    Merci beaucoup au passage de ne pas renier les conséquences du HPI/HQI, c’est une tendance que j’ai vu grandir au cours de l’année passée. Une sorte du « quatrième mythe du surdoué » (avec « tout le monde/personne est surdoué »=premier mythe, le « petit génie à lunettes »=2nd mythe, et le « surdoué victime de tous les malheurs du monde » comme troisième mythe. C’est sidérant au passage comme il peut y avoir autant de légendes opposées pour un seul sujet.
    Au passage, je suis techniquement un « adulte surdoué » maintenant, et après eu 18 ans, je suis allé essayer de répondre à votre sondage… pour me rendre compte que je n’avais aucune idée de la réponse à la majorité des questions. Bon, j’ai quand même donné le lien à quelques amis déjà majeurs.

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      • Kks dit :

        Est-ce qu’il serait possible d’expliquer ce qu’est vraiment l’IAG ? Si je comprends bien, il s’agit d’un substitue au QIT lorsque ce dernier est hétérogène ? S’il est considéré fiable dans ces cas là, pourquoi ne pas l’utiliser quel que soit le résultat oO (surtout s’il est considéré plus fiable que le QIT) ? Et comment interpréter le chiffre ainsi obtenu en comparaison d’un éventuel QIT (car apparemment il serait beaucoup plus élevé) ? Pourquoi d’ailleurs n’est-il pas calculé systématiquement pour les résultats hétérogènes ?
        Merci d’avance des explications / précisions apportées ^^

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        • Line dit :

          Bonjour Kks,

          Vous trouverez la réponse à votre question dans les articles suivants :
          Certification à la Wais-IV
          Formation au WAIS-IV – Bilan
          Bien comprendre le test de QI

          L’IAG n’est pas plus pertinent que le QIT, il n’est pas lié à une question d’hétérogénéité du QIT non plus.
          Il n’est pas du tout toujours très supérieur au QIT, pas du tout.
          IL n’est pas toujours calculé ni restitué car il n’est pas toujours utile et/ou pertinent de le faire.

          Pour bien comprendre la suite de mon commentaire, lisez au moins le premier des articles que je vous ai mis en lien plus haut.

          L’IAG est utile quand, au vu des résultats complets (plus que les seuls 4 indices) on soupçonne que quelque chose de l’ordre du trouble neuro-développemental par exemple, vient « anormalement » abaissé le QIT, et donc floutté les capacités cognitives réelles.
          Exemple, en cas de dyspraxie visuo-spatiale, l’IVT sera directement impacté, et sera donc souvent significativement inférieur aux autres indice. Cet indice plus bas que les autres va, au même titres que les 3 autres, impacter le QIT. Or, l’on sait que dans le cas de la dyspraxie visuo-spatiale, le déficit ne concerne pas les capacité de raisonnement, mais la motricité. Si l’on arrive pas à nouer ses lacets ce n’est pas que l’on a pas compris comment le faire, c’est que quelque chose dysfonctionne dans l’exécution du geste. Or dans le test de QI, il y a des épreuves qui implique la motricité fine, et la mobilité du regard. Si l’on est atteint·e de dyspraxie visuo-spatiale, toutes ces épreuves seront moins bien réussie par rapport à celles qui n’impliquent pas la motricité.
          Donc, cet IVT chuté par rapport aux autres, vient abaissé le QIT. Mais cet abaissement n’est pas le reflet d’un problème de raisonnement ou compréhension. Donc dans des cas comme ceux-là, on peut choisir, pour lever le flou jeté par ce trouble (dans notre exemple la dyspraxie), de regarder l’IAG qui ne considère que l’ICV et l’IRP.

          Mais comme l’IAG ne comprend que 2 indices sur les 4 que constituent le QIT, c’est un indice moins complet (en rapport au facteur g) que le QIT. Le QIT reste la meilleure estimation des capacités cognitives humaines dont on dispose aujourd’hui.
          L’IAG est un outil dont on dispose pour éclaircir des difficultés d’interprétation de résultats de test de QI. Mais ces difficultés n’ont pas forcément à voir avec l’hétérogénéité du profil cognitif. Avoir un profil cognitif hétérogène n’est pas un problème en soi, et n’est pas du tout un argument pour s’intéresser systématiquement à l’IAG.
          L’IAG n’est pas la roue de secours, ou le joker, pour qui n’est pas content de son QIT et voudrais obtenir un meilleur score. Pour toutes les personnes qui ont de meilleurs résultats en IMT et IVT l’IAG sera inférieur au QIT.
          De plus l’IAG seul n’est qu’une information parcéllaire, car il se lit avec l’ICC. POur plus de détails, je vous renvoie aux articles mentionnés plus hauts.

          Voilà j’espère que cela répond à votre question.

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  6. marsu78 dit :

    Bonjour,
    Il y a quelques chose qui me perturbe dans votre argumentation.
    Oui, j’ai l’impression que la distinction HQI/HPI dans ce que je lis est bien celle que vous décrivez (+130 QI vs. un mode de fonctionnement qu’on trouve plutôt dans la zone des hauts QI). Oui, j’ai l’impression que ce n’est pas démontré scientifiquement (comme beaucoup de choses quand on parle des surdoués). Moi j’ai tendance à y croire (j’ai bien dit croire), vous non, pas de problème avec ça.
    Ce qui me perturbe, c’est votre attachement – que l’on retrouve dans le nom de votre blog – au fait que surdoué = +130 QI (« Surdoué·e signifiant strictement – selon ce qui a jusqu’ici pu faire l’objet de consensus expérimental et scientifique – le fait d’avoir un QIT > 130 au(x) WAIS. »).
    Même en supposant que la mesure de QI soit parfaite, objective etc. Vous pensez qu’il se passe quelque chose à 130, et que vraiment tout le monde à 131 est surdoué et personne à 129 ne l’est ? Ou il s’agit simplement d’une définition, la plus objective que l’on puisse donner, mais en vrai la limite est flou (mais probablement dans les hauts QI) pour ce qui relève des aspects psychologiques que l’on attribue aux surdoués ?
    David

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    • Line dit :

      Bonsoir,
      Je vous invite à parcourir les articles du blog pour trouver une réponse plus fournie à cette question.
      Mais non, je ne pense pas que (et la psychologie non plus) 130 de QIT soit une limite stricte et absolue.
      Comme beaucoup de choses en psychologie le QI est un continuum, même si l’on utilise une échelle pour l’évaluer.
      Il y a deux réponses possibles à votre question. Si l’on considère qu’il existe une différence de nature de pensée chez les surdoués, alors il peut être difficile de définir une limite stricte à partir de laquelle ce changement de nature s’observe.
      Si l’on considère qu’il n’y a pas de différence de nature mais une simple question de « quantité » alors la limite de 130 pose moins de problèmes.

      Aujourd’hui je considère, à titre tout personnel, que cette borne de 130 ( 125 pour des cas très précis) est un bon repère qui a du sens statistiquement pour décrire l’exception.

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  7. Mona Dahl dit :

    Bonjour Line!
    Encore un article très intéressant, mais avec lequel je ne suis pas tout à fait d’accord.
    Tout d’abord, je tiens à préciser que je n’associe pas au terme HPI une quelconque personnalité spécifique (tout au plus une différence quantitative dans l’utilisation de notre cerveau). Vraiment, pour moi, HPI se limite à sa définition première : haut potentiel intellectuel. Rien de plus. Il existe des gens plus intelligents que d’autres, c’est un fait (des gens plus potentiellement capables de réalisations extraordinaires). Le HQI a pour fonction de mesurer ce potentiel. C’est en fonction de cela que je distingue HPI et HQI. De la même façon que je distingue le fait d’être diabétique (c’est l’état), et la glycémie (la mesure de cet état). S’il me semble pertinent (et s’il paraît pertinent à un certain nombre de psychologues) de différencier les deux, cela ne me semble pas dû à un brainstorming qu’on aurait programmé afin de mieux faire accepter la chose, mais plutôt à la nécessité de faire la distinction entre ce que l’on est et la mesure de ce que l’on est. L’exemple du diabète me semble assez pertinent pour illustrer ce que je pense : être diabétique (=être intelligent, ou être une personne avec un haut potentiel intellectuel), c’est avoir une défaillance pancréatique qui réduit ou annule la production d’insuline (dans le parallèle avec l’intelligence, on ne sait pas encore ce qui génère cette intelligence, mais si on le savait, disons si c’était à cause du gène x + environnement y, on mettrait ici gène x + environnement y). La glycémie (= le HQI obtenu au test) permet de confirmer le diabète (= le HPI) de quelqu’un. Mais une glycémie élevée ne signifie pas forcément qu’une personne est diabétique, c’est-à-dire qu’elle présente une défaillance pancréatique (elle s’est peut-être gavée de sucre avant la mesure), de même qu’une glycémie normale ne signifie pas nécessairement qu’il n’y a pas de diabète (si la personne prend de l’insuline, notamment). Sans même prendre en compte l’erreur de mesure, inhérente à tous les outils (dont les tests psychométriques), et qui peut plus ou moins légèrement fausser le résultat, le QI n’est ni plus ni moins que ce qu’il prétend être : une mesure. A différencier, donc, de l’état (le HPI). Pour moi, ce n’est que cela. Et tout comme avec la glycémie, ce n’est que grâce à une interprétation rigoureuse du test (c’est-à-dire de la mesure), que l’on peut conclure sur le HPI (l’état).
    Tout bêtement, si cette distinction n’est pas faite, comment repérer l’intelligence lorsque des conditions particulières baissent le QI artificiellement? L’état, lui, n’a pas disparu, puisque c’est une condition de naissance!
    Et encore une fois, par HPI, je n’entends rien de plus que « intelligence élevée et potentiellement susceptible d’amener à des réalisations exceptionnelles », et non personnalité particulière.
    Voilà!
    J’aimerais beaucoup connaître votre point de vue là-dessus.
    A bientôt!
    Mona Dahl

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    • Line dit :

      Bonjour Mona,

      En premier lieu, je vous présente mes excuses si j’ai mal compris vos propos, mon intention n’était absolument pas de trahir votre pensé mais bien de souligner l’importance que vos réflexions ont eu pour les miennes et la considération que je leur porte.

      Ensuite, si j’entends bien le parallèle que vous faites, et que je le trouve tout à fait judicieux, il quelque chose qui me gène sans que je n’arrive bien à l’identifier.
      Le HQI, c’est avoir un QI>130. Donc tous les QI de 130 à 160 sont le HQI.
      QI>130 qui traduit des capacités cognitives supérieures à la moyenne.
      Le HPI, même considéré en tant qu’état, ce serait donc avoir ces capacité cognitives supérieures à la moyenne.
      Ces capacités cognitives supérieures, le HPI, sont là par nature, elles n’apparaissent ni ne disparaissent de l’individus, quelle que soit la façon dont il les emploie.
      Donc, en ce sens, HPI et HQI sont strictement synonyme et faire une distinction entre les deux me semble être inutile.
      Dans le cas où un trouble ou une pathologie viendrait impacter l’estimation de ces capacités cognitives, en en donnant une sous-estimation, cela ne changerait rien au fait que les capacités cognitives sont quand même supérieures à la moyenne. En terme de quantité (si je puis dire) disponible, il n’y a pas de variation. C’est la façon dont ces capacités sont réparties qui diffère.
      Quand il n’y a pas de trouble associé, toutes les capacités cognitives sont disponibles pour être mobiliser pleinement pour répondre aux questions. Quand il y a trouble ou pathologie, une partie de ces capacités sont employées à compenser ou gérer ce trouble ou cette pathologie. De fait, elles ne sont pas mobilisées ni mobilisables pour répondre au questions du test.
      Mais, virtuellement parlant, si le test était passé sans ce trouble ou pathologie, le résultat du test donnerait un QI >130.
      Et l’on retrouve bien exactement la même chose entre l’état HPI et son expression HQI.

      Peut-être alors, la distinction que vous proposez prend son sens dans le cas de pathologies/troubles impactant les performances au test de QI ?
      Car en situation non pathologique, l’état HPI se condrait de toute façon avec son expression HQI. Et donc la distinction sémantique n’aurait pas lieu d’être dans ce cas.
      Or la situation non-pathologique est considérée (arbitrairement) comme la généralité et souvent pris comme base pour définir les concepts.

      Donc, après cette réflexion presqu’en direct, je peux mieux vous dire ce qui me gênait dans la distinction que vous proposez, c’est en fait le contexte que vous lui donnez (présence de troubles/pathologies diminuant les performances au WAIS) qui me gênait. Car il s’agit pour moi d’un cas particulier, or je cherche à établir une définition de base, valable en toutes circonstances, du HPI.
      Donc ce contexte particulier, qui donne tout à fait sens à la distinction, n’est pour moi pas pertinent pour établir une telle définition.

      Mais, je précise que je trouve votre raisonnement parfaitement cohérent et tout à fait valide et adéquat dans le cas précis de troubles impactant les performances au WAIS.

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      • Mona Dahl dit :

        Je suis absolument d’accord avec tout ce que vous venez de dire! Mais il est vrai que dans un souci de manipulation des concepts, il me semble plus commode de distinguer en tout temps HPI et HQI, parce que selon moi, ces deux notions ne sont pas sur le même plan (je ne sais pas comment le dire autrement). Effectivement, elles sont alignées en cas non pathologique (alors le HPI induit le HQI) mais ça reste (de ce que j’en tire) deux notions distinctes. Un peu comme deux unités différentes telles que le litre et le gramme. Dans le cas de l’eau, on peut dire sans distinction « J’ai un litre d’eau » ou « J’ai un kilogramme d’eau », parce que c’est exactement la même chose. Mais litre et gramme renvoient à deux choses bien distictes. Je crois que dans la recherche sur l’intelligence, c’est le concept de HPI qui est étudié. On tente de le définir, puis on met en place une mesure pour l’évaluer (le HQI). La définition de HQI ne changera jamais car c’est un objet purement statistique. En revanche, le concept de HPI est celui qui est susceptible d’évoluer, c’est celui que l’on tente de définir avec le plus de précision. L’évolution des tests ne change pas le seuil statistique (130) à partir duquel on est HQI, mais elle témoigne de l’évolution du concept de HPI.
        Je ne sais pas si je suis assez claire…
        Néanmoins, cela me fait très plaisir que nos échanges vous fassent plaisir! 😊 Vous êtes également une source précieuse de réflexion et de documentation pour moi.
        Mona Dahl

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        • Line dit :

          Merci Mona.

          Vous venez de souligner ce que j’avais effleuré en répondant précédemment à votre commentaire : en fait, ce qui distingue nos conceptions c’est le sens de notre démarche exploratoire. ^^
          Vous partez du concept HPI et tentez de le définir.
          Je pars de « ce qui est » (ce que l’on observe et démontre) et m’en sers pour affiner et redéfinir ce que l’on suppose être.
          En somme on pourrait dire que vous partez du haut, de l’idée et la théorie, pour tenter de descendre vers le concret et le terrain ; alors que je pars de ce terrain, de ce qui est et m’y appuie pour tenter d’en faire une définition, un concept et le théoriser.

          Voilà pourquoi vous pouvez distinguer HPI et HQI car il s’agit d’abord de théoriser pour ensuite définir ; alors que je ne peux pas faire cette distinction tant que l’expérience ne l’aura pas constatée. ^^

          Vraiment un parfait échange à relier à mon dernier billet. Merci beaucoup !

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          • Mona Dahl dit :

            Oui, cela y ressemble tout à fait! Après, c’est un jeu de ping pong, observation, hypothèse, test, re-observation, re-hypothèse, etc…
            La première de mes observations ayant été que j’ai été détectée HPI sans HQI (quelles qu’en furent les raisons, par ailleurs) a dû me pousser sans aucun doute à réfléchir avant tout à ce qu’était le HPI et comment il se révélait à travers le QI. Donc, comme vous dîtes, à partir du « haut ».
            Merci à vous, encore une fois!

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  8. Mona Dahl dit :

    Édit : j’ai utilisé  » différence quantitative dans l’utilisation du cerveau », alors que je voulais dire « différence quantitative au niveau des capacités cérébrales ». La première formulation est très mal choisie, ça fait très théorie psychanalytique du HPI (so beurk).

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