Comment expliquer à son enfant qu’elle ou il est surdoué·e ?

Oui je sais, ça surprend.

Mais voyez-vous, j’ai vu dans les statistiques du blog que des gens arrivaient sur le blog via cette question tapée dans leur moteur de recherche.

Et je ne sais pas bien pourquoi, mais j’ai eu soudainement envie de ne pas laisser ces personnes le bec dans l’eau et de tenter de leur apporter, si ce n’est une réponse, au moins quelques éléments pour trouver la réponse par elles ou eux-même.


Tout est une question de méthodologie.
Vous lui dites : « Tu es surdoué·e ».

Voilà, merci !

Plus sérieusement, avant de lui dire quoi que ce soit à cet·te enfant, je vous recommanderais de vous assurer que vous-même savez bien de quoi vous allez lui parler. Cela vous permettra d’être plus à l’aise, ne serait-ce que vis-à-vis des immanquables questions qu’elle ou il vous posera après cette annonce.

Donc étape 1 : Apprenez, lisez sur le HPI.

Et pas n’importe quoi s’il-vous-plait.
Je vous recommande les ouvrages de Nicolas Gauvrit, Les surdoués ordinaires, du Dr Wahl Les enfants intellectuellement précoces ET Les adultes surdoués (oui parce que votre enfant deviendra un·e adulte, enfin on l’espère !).
Pourquoi pas celui de Béatrice Millêtre Le livre des vrais surdoués.
Et si vous vous en sentez l’envie et la curiosité, vous pouvez même pousser le vice jusqu’à lire quelques articles scientifiques de neuropsychologie, histoire de mieux comprendre le fonctionnement du cerveau en général et en quoi celui des surdoué·es serait plus efficace dans son fonctionnement. Vous trouverez des références dans divers articles de ce blog, et en allant à la page Ressources – articles scientifiques.

Une fois ce travail de recherche (et oui, il n’y a pas de raison que je sois la seule à trimer ici, non mais !), vous vous sentirez sans doute plus aptes à faire face au questionnement et au besoin de compréhension que pourra manifester votre enfant à ce sujet.

Etape 2 : l’annonce

Tatadaaaaaaaaaaaam *musique qui fait peur*.

Avant toutes choses, rappelez-vous que vous ne lui annoncez pas qu’il ou elle a un cancer généralisé. Vous lui annoncez même plutôt une (très) bonne nouvelle. Vraiment.
On est plus sur du : « Whouhouuuuuuuuuuuu ! Tu vas pouvoir tenter tout ce que tu veux dans la vie en te disant en plus que potentiellement t’a de bonnes chances de réussites ! » que sur du : « Je suis désolée, tu vas galérer toute ton existence. »

(Oui alors rangez les cailloux, je n’ai pas dit que si l’on était pas surdoué·e on n’avait pas de chances de réussites dans la vie, ou qu’on ne pouvait pas tenter ce que l’on voulait. Evidemment on peut. Mais je n’y peux rien si les études démontrent qu’un haut QI est corrélé à une meilleure réussite scolaire et sociale. Contrairement aux mythes que l’on peut (trop) entendre sur le sujet. Et je n’ai pas dit non plus que ne pas être surdoué·e signifiait galérer toute son existence forcément hein. Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit !)

Donc, détendez-vous, vous annoncez plutôt une bonne nouvelle à votre enfant.

On peut aussi le voir comme cela : vous vous apprêtez à lui donner une information sur son fonctionnement.
Cela peut donc être considéré et vécu comme quelque chose de neutre, à titre informatif et dans un but pratique : mieux comprendre son fonctionnement pour exploiter au mieux ses capacités si et quand le désir ou la nécessité de les exploiter sera là.
Comme il est utile de comprendre comment fonctionne son corps pour le maintenir en bonne santé, il est utile de comprendre comment fonctionne son cerveau pour l’utiliser au mieux (dans le sens de bien-être, tout comme de performance. Mais le bien-être me semble plus important. Ce n’est que mon avis.)

Etape 3 : adaptez-vous (et un peu, débrouillez-vous aussi)

Vous connaissez votre enfant, vois êtes donc en mesure de savoir quel contexte sera le plus favorable pour aborder ce sujet avec lui ou elle.
A vous de voir si vous provoquez la discussion, ou si vous vous jetez sur la moindre opportunité que ses propos vous donneront.
La seule « bonne méthode » ici, c’est celle qui s’adapte à votre enfant et à votre relation avec lui ou elle.

Vous pouvez tout aussi bien lui faire une sorte de cours magistral sur le sujet, comme ne lui livrer que progressivement diverses informations, au grès des occasions, et/ou de ses questions.

Tout dépendra de votre enfant.

Je crois que votre plus grand atout, quand vous lui en parlerez, sera justement de maîtriser le sujet. Car si cet·te enfant vous sent confiant·e, à l’aise, serein·e, voilà ce qu’elle ou il intégrera : le sujet n’a rien de grave, il n’est pas non plus effrayant. Elle ou il ne prendra donc pas peur de cela, et intégrera sereinement les informations que vous lui donnerez. Il y aura plus de chance pour que cela soit pour elle ou lui, une information comme tant d’autres, qui ne sera pas teintée de peur ou d’incertitudes.

Encore une fois, on aurait tendance à faire tout un pataquès de cette annonce, comme si ses conséquences pouvaient être dramatiques.
Je ne suis pas certaine que beaucoup de parents paniquent autant pour annoncer à leurs enfants qu’elles ou ils ont un rhume. Et pourtant c’est une bien plus mauvaise nouvelle pour l’enfant.
Ce qui pourrait provoquer chez l’enfant de l’angoisse, ce n’est pas tant de se savoir surdoué, mais tout ce qu’elle ou il pourrait imaginer comme conséquences à cela : du rejet, ou une anormalité, la perte de l’affection de celles et ceux qu’elle ou il aime.
En cela, il « suffit » de les rassurer. Et je crois que si pour vous-même cette situation n’est pas grave, cela aidera votre enfant à le vivre de la même façon.
Et, je le rappelle, ce n’est pas grave comme situation.

De plus, j’y reviens c’est pénible je sais, si vous êtes correctement renseigné·es sur le sujet du HPI, vous verrez que nombres d’inquiétudes que l’on peut avoir à ce propos n’ont absolument pas lieu d’être. Vous serez donc tout à fait en mesure d’apaiser les craintes de votre enfant à ce sujet.

Joker : Les psys

Si vous ne vous sentez pas de l’expliquer à votre enfant, vous avez la carte des psy à jouer.
Pour une fois qu’ils et elles servent à quelque chose ! ( Hein ? 😉 )

Vous pouvez très bien attraper votre gamin·e et la refourguer au ou à la psy qui lui a fait passer son bilan, pour que ce soit lui/elle qui lui explique.
Après tout, c’est de sa faute au ou à la psy, elle/il n’a qu’à assumer. Y’avait qu’à pas lui faire passer un test d’abord ! Maintenant, elle/il assume, et elle/il explique.
Nah !

Plus sérieusement, faire expliquer la chose par un·e psy est parfaitement envisageable.
Je vous conseillerais d’en parler avec lui ou elle (le/la psy) avant, et d’organiser une séance soit dédiée à l’annonce et l’explication de la chose, soit d’intégrer cette information dans une autre séance.

Et voilà.
J’espère avoir apporter quelques éléments de réponse à cette vaste question.  Sinon, honnêtement, ce n’est pas bien grave parce que le blog n’est pas destiné au sujet des enfants surdoués (Mouhahahahahaha, machiavélique moi).
Mais surtout, je suis persuadée qu’il existe des centaines de pages, groupes, articles, forums, où cette question est débattue en long, en large et en travers par à peu près tout le monde. Je ne vous laisse pas sans ressources !


Une dernière chose avant de partir. Vous avez répondu à l’enquête que je mène dans le cadre de ma recherche ? NON ?!

C’est par là -> http://bit.ly/m1mem

Votre participation vous apportera leur reconnaissance éteeeeeeeeeeeeeeernelle.

 

3 réflexions sur “Comment expliquer à son enfant qu’elle ou il est surdoué·e ?

  1. Θωμας dit :

    Bonjour
    Je viens donner mon point de vue sur la question (point de vue d’enfant plutôt que de parent; c’est rare et ça change)-(question sur laquelle j’ai bizarrement un avis depuis un moment)
    Déjà, pour faire comprendre la douance à des enfants, je recommande vraiment le livre « Des poissons dans la tête » de Louis Sachar (c’est le livre qui m’a fait réaliser le truc à 9 ans, même s’il a fait remonter au passage des souvenirs qui étaient censés rester enfouis)
    Ensuite, pour moi c’est important de parler de fonctionnement en détail, de connaître ces choses qui pour un surdoué ne sont pas anormales, d’être au courant de ses « droits » mentaux avant de se les interdire.
    Il faudrait insister sur le fait qu’on reste surdoué à vie, que le potentiel ne sa « gâche » pas ; c’est une crainte de beaucoup d’adolescents surdoués.
    J’aurais tendance à dire d’éviter l’expression « tu as des facilités » au pluriel (ou pire « facilités dans les matières x y et z ») surtout parce que cette expression m’énerve beaucoup personnellement. Je trouve que ça trivialise le haut potentiel, qui va tellement plus loin que des facilités scolaires… Ça trivialise aussi les réussites de l’enfant en question au passage.
    Par pitié, n’utilisez pas le diagnostic comme prétexte pour quoi que ce soit. Les « puisque tu es si intelligent, tu n’a qu’à/toi qui es surdoué, tu devrais/etc. » sont carrément usants.
    (C’est particulièrement vrai pour l’écriture, qui n’a aucune raison pour un HPI d’être aussi facile que la lecture, et qui est donc souvent le point faible sur lequel on s’acharne.)
    Ah et évitez peut être de dire (surtout à des adolescents) qu’avec un potentiel pareil, si ils ne réussissent pas tout, c’est uniquement par paresse/manque d’effort. Souvent la réalité est beaucoup plus complexe.
    Et juste au cas où, n’oubliez pas qu’un 15/20 c’est techniquement une bonne note 🙂
    Attention aussi au mot « s’adapter » qui n’est pas compris par les enfants de la même façon que par les adultes. Pour un enfant (en tout cas pour moi enfant) l’adaptation n’est pas triviale, c’est une transformation complète et irréversible de soi pour plaire aux autres.
    Voilà pour mon avis (qui n’engage que moi), et 👍 pour l’article.

    Thomas

    Aimé par 1 personne

    • Line dit :

      Merci beaucoup pour ce commentaire Thomas, c’était très intéressant et enrichissant.
      Je vous rejoins tout à fait sur vos suggestions. Votre commentaire souligne bien comme l’enjeu réside dans la personnalité de l’enfant.
      Merci !

      J’aime

  2. Athalset dit :

    Bon bah là je vais faire plus acte de présence qu’autre chose x)
    Du coup je plussoie fortement le billet comme le commentaire de Thomas. Le HPI c’est pas une maladie, faut surtout bien se renseigner pour pouvoir répondre à un maximum de questions potentielles de l’enfant et lui expliquer, selon la façon qui lui correspond le mieux, pour qu’il comprenne que c’est une chance et qu’il s’en serve comme une force. Découvrir son HPI tard (pas vraiment mon cas en l’occurrence mais le cas de la plupart des lecteurs ici), ça force une plongée dans ses souvenirs et ça apporte un sentiment assez grisant de compréhension de soi mais c’est bien mieux d’offrir à son enfant directement les clés de sa compréhension de lui-même.
    D’ailleurs je tiens à dire que je suis outré (c’est faux), j’ai perdu ma place de plus jeune dans les commentaires 😛

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