Le nombre, ça compte.

Mais quel nombre exactement ?
Je parle évidemment du nombre donné en résultat du test de QI , aussi connu sous le nom de Quotient Intellectuel Total ou QIT.
Rappelons que ce QIT est le reflet des performances du/de la patient·e à la passation du test de QI qui évalue les capacités cognitives d’un sujet.

Voilà, ça c’est le discours concis et factuel de ce qu’est le QIT.
(Autre rappel, le QIT est toujours calculable, et je vous explique cela dans l’article où j’évoque la formation que j’ai reçue à l’administration de la WAIS ; et oui il existe d’autres nombres porteurs de sens dans un bilan psychométrique, comme les indices, mais là je parle du QIT.)

Sauf que tout cela, la plupart des gens qui passent un test de QI pour la première fois ne le savent pas.


En tant qu’individu lambda, non versé dans les arcanes de la science qu’est la psychologie et de la psychométrie, tout ce que l’on comprend c’est que ce QIT est, en quelque sorte, la note de notre intelligence.

Alors peut-être que vous, chères lectrices et chers lecteurs, vous faites partie de cette toute petite minorité qui a su tout de suite se défaire de ce conditionnement scolaire que sont les notes et les classements des individus en fonctions de ces dernières. Chanceuses et chanceux vous !
Mais pas moi.
Et pas non plus un certain nombre de personnes avec qui le sujet a été abordé.

Donc, article !

Note : L’article est rédigé comme une sorte de dialogue intérieur (excepté sa fin). Les questions qui y sont posées sont donc des questions rhétoriques. Elles invitent à la réflexion, mais – rassurez-vous – j’y ai trouvé mes propres réponses. 🙂

Ce nombre, c’est moi ?

Une identification de douance, ou une découverte ou n’importe quel terme qui vous convient pour dire la chose, c’est quelque chose qui touche à l’identité.
Et souvent, lorsque cela arrive à l’âge adulte, cela vient bousculer cette identité. Quoi de plus logique ? Nous nous sommes construit·es avec une certaine idée et image de nous-même, avec les éléments qui étaient à notre portée durant un certain temps de notre vie, et là, d’un coup, voici un nouvel élément qui ne porte pas seulement sur le présent et le futur mais qui doit être également intégré à un passé déjà écrit et surtout déjà vécu.

Comment ne pas avoir cette démarche humaine, légitime, que de se dire que ce nombre annoncé nous décrit ? Que ce nombre, c’est un peu soi ?

Moi et les autres

Moi par rapport aux autres.
Les autres non-surdoué·es, mais aussi les autres surdoué·es.
Et après tout, ce nombre ne prend de sens que dans le classement dans lequel il nous situe. Ce nombre, ce résultat, c’est un classement. Il y a celles et ceux qui ont fait/eu plus que moi, celles et ceux qui ont fait/eu autant que moi, et celle et ceux qui ont fait/eu moins que moi.
D’ailleurs est-ce « fait » ou « eu » ? Est-ce un résultat que l’on obtient, que l’on nous donne ? Ou est-ce le produit de nos efforts, de nos capacités ?
Ou les deux ?

Quoi qu’il en soit, ce nombre d’un coup nous colle à la peau. Il vient s’ajouter à la longue liste de ce qui nous décrit, la taille, le poids, l’âge, le nombre de dents, de caries, de cicatrices, d’éphélides (bon courage pour les compter), de cheveux sur la tête…

Mais ce serait trop beau si on s’arrêtait simplement à la description. En vérité, pour beaucoup – et c’est totalement humain – ce nombre devient une partie de ce qui nous définit. Parce que cette nouvelle identité de surdoué·e devient elle-même une partie de ce qui nous définit.

Fierté, angoisse

Alors on peut être fier·e de ce nombre. Et, sincèrement, pourquoi ne pas l’être ? Quel mal à l’être ? Se réjouir d’une bonne performance, d’une performance rare, est somme toute légitime.
Et c’est parfaitement ok de rester fier·e de cela toute sa vie. Et de porter fièrement ce QIT, de l’inscrire sur votre CV ou vos cartes de visite ou d’en faire une signature ou une carte de vœux à envoyer chaque année. (Imaginez : « Bonne année 20XX ! Toujours 157 de QIT ! Meilleurs vœux et bonne santé ! » . Si un jour quelqu’un·e fait cette carte de vœux, je VEUX la recevoir. 😀 ).
Pour faire un peu d’anglicisme, screw les gens qui voudraient vous faire culpabiliser d’être content·es de votre QIT.

Mais la fierté (et/ou le soulagement) n’est pas la seule émotion à apparaître après l’annonce du QIT. Il peut y avoir l’angoisse aussi.

Une angoisse qui peut avoir bien des sources.
L’angoisse que ce résultat ne soit finalement qu’un coup de chance, une erreur. Alors on tait ce chiffre, on le garde comme un trésor ou une boite de pandore. Parce que, sait-on jamais, quelqu’un pourrait – nous-même y compris – découvrir que toute cette histoire de surdoué·e, c’était du vent.

L’angoisse de n’être pas assez intelligent·e par rapport à nos propres attentes.
Parce qu’on pensait pouvoir faire « mieux », « plus », parce que sans qu’il ne s’agisse de performance, le gouffre que l’on ressent entre nous et les autres est tel qu’on ne se l’expliquerait qu’en se voyant situé·e tout au bout à droite de cette fichue échelle. Parce que, tout simplement, tout autre résultat ne donnerait aucun sens à notre expérience et à notre conception des choses.

L’angoisse par rapport aux autres.
Parce qu’à moins d’être à 160 il y a des meilleures performances que les vôtres, les « plus surdoué·es encore ». Parce qu’il est humain (bien qu’erroné) de concevoir la douance comme quelque chose de quantifié (et ce, uniquement à cause de cette échelle justement) plutôt que comme un état. Et donc de se dire que plus le QIT est élevé plus on est surdoué·e. C’est humain. Mais c’est faux.
Pourtant on peut le penser, et même en sachant pertinemment que c’est faux, on peut le ressentir ainsi.
Face à ces « plus surdoué·es » que soi, on peut voir sa propre identité de surdoué·e vaciller. Parce qu’on ne se reconnait pas en eux, parce qu’ils et elles ont eu des « meilleurs scores » que nous, donc ils et elles sont peut-être les « vrais » surdoué·es non ?

L’angoisse d’être différent·e de la majorité.
Ce chiffre peut aussi être un étendard honnis, détesté. Comme une marque au fer rouge, qui désigne comme différent·e des autres. Comme une distance chiffrée, déclarée entre eux et soi. Une distance que l’on refuse ou que l’on redoute.

Le nombre, ça compte, quoi qu’on en dise.

Même si le discours en vogue est celui de dire que le QIT n’a pas tant d’importance que cela.
Il n’est certes pas une définition de qui nous sommes, c’est une chose admise.
Mais il ne s’agit pas de ce qu’est le QIT dans l’absolu, mais bien de ce qu’il représente pour l’individu qui le découvre.
Et si certaines personnes ne sont pas tourmentées par ce nombre, ou n’élaborent d’aucune manière dessus, pour d’autres il peut être le symbole ou l’objet de bien des mouvements et tensions.
Je voulais en parler pour elles et eux.
Pour qu’ils et elles entendent que nous ne sommes pas des monstres ou des déficients affectifs ou psychologiques parce que, pour nous, ce nombre compte ou a compté; ou est porteur de sens particulier.

Alors bien sur, ça ne compte pas pour tout le monde certes ; pas de la même façon et pas pour les mêmes raisons, mais ça compte.

Avec le temps, avec l’expérience de vie, avec l’intégration de cette donnée qu’est la douance à notre identité, chacun·e réorganise et gère tous ces éléments à sa façon.
Et ce qui a compté un temps, pour certaines raisons, un jour peut-être, ne comptera plus autant.

Mais hey, vous savez quoi ?
C’est ok, vous avez le droit. Et vous n’êtes pas des monstres pour cela.

 

16 réflexions sur “Le nombre, ça compte.

  1. Yvan dit :

    Bonjour Line,
    Merci, je pense ne pas être le seul à ressentir ça. Régulièrement les idées, les sensations se bousculent dans mon esprit, mes capacités d’expression son largement inférieures à mon bouillonnement intérieur, je bégaie de la pensée. Vous arrivez, vous écrivez, je vous lis et c’est comme un flot libérateur mes pensées sont traduites. Plus particulièrement ce billet me désencombre.
    Encore merci pour votre capacité à traduire en mots et phrases claires tout ce fouillis.
    Yvan.

    Aimé par 1 personne

  2. Mona Dahl dit :

    Bonjour Line,

    Je me permets une réflexion qui me trotte dans la tête depuis quelques temps. Je vous prie de ne pas vous en offusquer, encore moins vous en offenser, c’est vraiment un sentiment par rapport à ce que vous écrivez dans le blog.
    Il est vrai que quelque chose me chiffonne. L’intuition de quelque chose qui ne colle pas. Je ne suis pas psychologue, je n’ai aucune formation là-dessus. Vous vous y connaissez bien mieux que moi. Mais, par exemple, lors du tout premier commentaire que j’ai posté sur ce blog, où j’ai parlé des circonstances de mon diagnostic, je vous ai expliqué qu’on m’avait diagnostiquée HPI, même si je n’avais eu qu’un score de 123 (du fait des médicaments neuroleptiques et de l’épisode dépressif extrême que je traversais à ce moment-là). Je ne voulais pas m’avancer en disant que j’étais HQI, parce que techniquement, je ne le suis pas. J’ai moins de 130. Mais vous m’avez corrigée en disant que HPI et HQI étaient synonymes, et que si j’étais HPI, j’étais forcément HQI. Bon, moi, j’aime bien quand toutes les données que je reçois concordent… 😉 Du coup, cette équivalence ne me convenait pas. Parce que mon test ne révèle pas, en l’état, un HQI. Juste un HPI (si je m’en réfère au doublet psy/neuropsy). Donc, vu les conditions de mon diagnostic, s’il faut que je croie être HPI (et ma psy s’arrache les cheveux quand je remets cela en cause, aussi j’aime mieux ne pas avoir à le faire), il faut que j’admette qu’on puisse avoir eu un QIT inférieur à 130, et être HPI. Par construction, j’admets donc aussi le contraire, c’est-à-dire qu’on peut avoir un QIT supérieur à 130 et ne pas être HPI (ce que le doublet m’a confirmé). Et à partir de tout cela, j’essaie de comprendre le HPI. Mais j’ai du mal. En fait, beaucoup à cause de ce blog, qui démonte souvent les éléments de réponse que j’arrive à obtenir de ma psy. Pourtant, je ne peux juste pas ne pas le prendre en compte, vous êtes étudiante en psychologie, en spécialisation HPI, et surdouée de surcroît (ça fait beaucoup, quand même!)!
    Du coup, je me demandais : (voici les données) vous êtes QIste, c’est-à-dire que vous privilégiez le QIT dans le diagnostic HPI. Et vous-même avez un QI de 150. C’est beaucoup. Vraiment, vraiment, vraiment beaucoup. Statistiquement, il faudrait que vous soyez entourée de plus de 2000 personnes pour qu’il y en ait une seule autre avec un QI au moins équivalent. Vous écrivez souvent que c’est important, pour vous, de vous positionner en tant que HPI et THQI, pas seulement pour des raisons d’honnêteté ou pour faire avancer la « cause », mais aussi parce que vous en êtes fière (bon, c’est ce qui est souvent sous-entendu). J’associe cette fierté (que je ne juge pas, loin de là), à une autre phrase qui m’a marquée dans ce blog, et qui ressemble à : « Pour une fois, j’ai quelque chose de bien et de rare ». (Je trouve dommage que vous pensiez cela, je suis sûre qu’il y a des milliards de choses biens et rares chez vous, et totalement indépendantes de votre QI.) Et maintenant, dans ce billet (et dans un autre aussi, je crois, où vous évoquiez votre sentiment « d’imposture », notamment au sein du forum Adultes Surdoués), vous dites que vous avez du mal à vous détacher de ce formatage de notation scolaire, où 20 est toujours mieux que 19, etc… Et qu’il y a comme une pensée qui sourde autour de tout ça, comme si l’idée de rencontrer quelqu’un qui aurait un QI supérieur était terrifiante, parce que ce serait quelqu’un de « mieux ». (Voici ma réflexion:) Est-ce que, tout comme j’ai pu le faire, votre conception du QI n’est pas influencée par les circonstances de la découverte de votre HPI, et surtout par ce que ça représente pour vous? Je ne dis pas qu’elle n’est pas valable, vous dites des tonnes de choses justes, et les références sont incontestables. Mais dans la façon dont vous présentez les choses, souvent, j’ai cette sensation de biais, comme si le QI était « trop » important, qu’il fallait le mettre en avant plus que le reste. Oui, au final, c’est la seule donnée concrète que l’on puisse extraire du HPI. Tout le reste n’est qu’observations non démontrées, et peut-être indémontrables. Cependant, quel est l’intérêt même d’un blog parlant d’une façon de vivre le HPI, si ce même HPI s’arrête à un QI? Si les observations ne comptent pas? Il y a bien sûr autant de façon de vivre son HPI que de HPI sur cette Terre, mais je suppose qu’on ne se serait pas donné la peine de caractériser le HPI en tant que diagnostic s’il n’y avait pas au moins un socle commun. Pas uniquement le QIT, je veux dire. Mais au moins l’analyse des sous-scores, comme vous en parliez dans ce très bon billet sur votre formation au WAIS. Et pour moi, à partir du moment où on se met à analyser, on doit prendre du recul sur la donnée brute, et critiquer la conclusion qu’elle nous impose. D’où mon scepticisme face au QIT juste pris en tant que tel (et de la limite très – trop – tranchée de 130). Enfin, je digresse, et j’ai la fâcheuse impression de tourner en rond.

    Je voulais juste vous faire part de mon sentiment par rapport au ton général qui se dégage du blog. Cette position (parfois absolue) sur le chiffre du QI, peut-être liée à votre histoire, mais qui me semble paradoxale vis-à-vis de la nature même de ce blog.

    Et je tenais aussi à vous dire que vous dansez, vous aimez les papillons, vous allez voir « La Reine des Neiges » en mode yolo au cinéma, vous écrivez de la poésie, vous savez tricoter, vous êtes féministe et vous soutenez l’association le Refuge. Rien que ça, je me dis que vous n’avez pas besoin d’avoir un tel QI pour être quelqu’un de vraiment bien. Voilà. 🙂

    (Encore une fois, tout ceci n’est que mon ressenti, et j’ai peur de faire des raccourcis grossiers, puisque je ne vous connais pas réellement. Donc ne le prenez pas mal. J’ai juste voulu comprendre la nature de mon froncement de sourcil par rapport à certaines choses du blog, et je l’ai fait avec les éléments à ma disposition, et sans doute avec les biais de ma propre expérience!)

    Au plaisir de vous lire

    Mona Dahl (pas la peine de m’appeler madame! >.<)

    J'aime

    • Line dit :

      Bonjour Mona,

      Je suis navrée si j’ai été source d’inconfort pour vous en vous appelant « Madame ». C’est pour moi une marque de politesse et de considération. Il est vrai que sur ce blog je suis malmenée par les usages « internetesques » qui font fie des usages normaux de la politesse, et les interactions qui ne permettent pas de connaitre ni l’âge ni le genre (y compris neutre) de la personne à qui l’on s’adresse. Résultat je ne fais jamais la même chose d’une personne à l’autre.
      Ajoutez à cela que je ne retiens absolument pas les noms (les visages oui, mais les noms…) et vous mesurerez un peu mieux l’ampleur du bazar total que tout cela représente pour moi.
      Donc je vous présente mes excuses pour cela. (Et je pense à faire un mémo pour établir clairement pour moi des règles de formes de réponses faites aux gens sur ce blog).

      Rassurez-vous je ne me sens ni agressée, ni outrée, ni rien de de cet ordre là. Vos questions sont posées avec logique et sans aucune intention de me mettre en défaut ou de me blesser (du moins est-ce que j’en comprends) et en plus, rien ni personne ne m’a énervée ou blessée avant que je ne lise votre commentaire, donc, tout va bien ! 🙂

      Premier point de votre commentaire sur lequel je reviens, et apporte précisions et corrections (je le cite non pas pédanterie, mais parce que cela me permet d’avoir le texte directement sous les yeux lors de la rédaction de ma réponse) :
      « Parce que mon test ne révèle pas, en l’état, un HQI. Juste un HPI (si je m’en réfère au doublet psy/neuropsy). Donc, vu les conditions de mon diagnostic, s’il faut que je croie être HPI (et ma psy s’arrache les cheveux quand je remets cela en cause, aussi j’aime mieux ne pas avoir à le faire), il faut que j’admette qu’on puisse avoir eu un QIT inférieur à 130, et être HPI. Par construction, j’admets donc aussi le contraire, c’est-à-dire qu’on peut avoir un QIT supérieur à 130 et ne pas être HPI (ce que le doublet m’a confirmé).  »
      Alors oui et non.
      Votre cas est un cas particulier et en même temps exemplaire, dans le sens qu’il est l’exemple invoqué par beaucoup de celles et ceux qui n’atteignent pas les fatidique130 de QI et qui se cherchent des excuses ou prétextes pour quand même se dire qu’ils ou elles sont surdoué•es.
      Je précise que je ne vous mets pas du tout dans cette catégorie, j’accorde tout a fait foi à votre parcours et ne le remet pas en question.
      Donc généralement un HPI est synonyme de HQI, et inversement. Puisque le QI est le reflet de nos performances cognitives, que ces dernières sont supportées par le système nerveux et que celui des HPI est plus efficaces (pour faire un résumé).
      Sans biais (ou tricheries si vous voulez) lors de la passation et de la cotation du test de QI, ni psychopathologies chez lle ou la patient•e, alors en général HQI et HPI sont synonyme, en gardant cette valeur seuil de 130.
      Néanmoins, ce seuil de 130, est une donnée à contextualiser avec l’anamnèse (histoire de vie) du patient et son comportement lors du test. C’est ainsi qu’il existe une zone que j’appelerai zone grise (et que je détermine à vu de nez, pour donner un exemple, et ce n’est que mon estimation personnelle, rien n’a été déterminer là-dessus par la recherche) de 125 à 135 (pour prendre large) de QIT qui mérite une attention toute particulière avant de trancher sur le caractère surdoué ou non de la personne en question.
      Des facteurs socio-économique et culturels pouvant amener à considérer un HPI avec un QIT à partir de 125, et des facteurs socio-économiques et culturels favorables pourraient amener à ne pas considérer un HPI même avec un 133 de QIT.
      Donc oui il est possible de performer au-dessus de 130 de QIT et de ne pas être HPI. Mais cette performance ne dépassera que rarement les 133 (je vous renvoie à mon article sur la Wais-IV où j’explique à quel point gagner 3 points de QIT c’est déjà énorme comme performance).
      Maintenant il y a également votre cas où une psychopathologie ET des médicaments influants sur le fonctionnement cérébral ont impacté vos performances cognitives à la baisse.
      Les deux facteurs que vous citez sont reconnus et identifiés pour avoir cet effet de ralentissement cognitif significatif (voir majeur selon la sévérité de la psychopathologie et le dosage traitement).
      Donc en ce qui vous concerne, la performance au test de QI que vous avez obtenue est une performance en deçà de ce dont vous êtes normalement capable, en dehors de la maladie et des drogues que sont les neuroleptiques.
      Donc en fait le score de QI que vous avez obtenu n’est pas votre score, mais – pour le dire rapidement – celui de votre cerveau malade et sous traitement.
      En temps normal, sans neuroleptiques et sans dépression, vous auriez un score de QIT plus élevé.
      Si les professionnel•les de santé qui vous suivent vous disent que vous êtes HPI y compris avec ce score (qui encore une fois n’est PAS votre résultat mais celui de votre traitement et de votre maladie) c’est que votre profil cognitif mais aussi votre anamnèse vont dans ce sens.

      Ce que vous avez à admettre dans votre cas précis, c’est que votre performances au test de QI n’est PAS la votre, mais celle de de votre maladie. En somme si vous étiez un coureur de 100m, on vous aurez chronométré sur 100m mais alors que vus trainiez 80kg sable derrière vous.
      Refaites la course quand vous n’aurez plus les sacs de sable à traîner, et nous rediscuterons de votre HPI si vous voulez. 😉

      J’espère que cela aura lever les incohérences qui vous gênaient sur ce point.

      Alors oui, j’ai souvent le retour que ce que j’écris destabilise et bouscule (certains me disent carrément « détruit ») ce que beaucoup croient savoir sur le HPI.
      Comme je le dis et répète, je vous encourage à vérifier tout ce que je dis auprès des sources que cites, mais aussi auprès de celles que vous connaissez vous-même (si elles sont solides scientifiquement parlant).
      Je vais aussi dire quelque chose qui risque de m’attirer les foudres de beaucoup mais, je le répète le HPI est un sujet très mal connu en France et qui souffre d’un biais de perception culturel majeur dans notre pays. De fait il y a peu de professionnel•les qui soient effectivement au courant de l’état actuel des connaissances scientifiques , réelles et effectives sur le sujet.
      (C’est quelque chose que je comprends, même si les psy sont tenu•es de tenir leurs connaissances à jour, la psychologie recouvrent tellement de sujets et de domaine qu’on ne peut pas tout savoir au moment précis où la connaissance est mise à jour. Personnellement je me tient au courant de ce qui se fait sur le HPI, mais d’un autre côté je ne sais que bien peu de chose sur l’état des connaissances actuelles sur la bipolarité même si je sais que depuis quelques années, on s’intéresse d’avantage à ce trouble et que les connaissances sur ce trouble ont beaucoup avancées. Donc, encore une fois, ne brûlez pas les cabinets de vos psys parce que nous ne racontons pas la même choses. ^^).

      Le fait est que j’ai aussi, volontairement (et par conviction) un discours qui bouscule. C’est une des façons que j’ai trouvé pour lutter contre les mythes diffusés massivement et accepté tout aussi massivement sur le HPI. Ce n’est pas seulement par amour de la science et de l’honneteté, mais parce que j’estime que de dire des choses fausses ou d’affirmer comme vraies des choses qui ne sont absolument pas prouvées sur le HPI (ou sur tout autre sujet) c’est faire du mal aux personnes en quête de compréhension d’elle-même à travers cela.
      C’est en fait, leur mentir.
      Alors évidemment il est sans doute plus confortable, rentable et acceptable socialement d’avoir une vision pathologisante du HPI et de tout miser sur une sphère émotionnelle qu’on ne peut soumettre à la méthodologie scientifique.
      Mais c’est faux. C’est au mieux, mentir par omission au pire, faire de la pseudo-science et abuser de l’ignorance (et parfois de la fragilité) des personnes concernées.

      J’ai digressé excusez moi, et je précise que j’accuse absolument pas les professionnel•les de santé que vous consultez de cela. Je digressais sur le fait que mon discours en déstabilise beaucoup.

      A propos de ce discours justement, évidemment quand je parle de moi, de ma perception de certaines choses, c’est le fruit de ce que je suis.
      Mais quand je parle de données scientifiques, je me mets de côté. Mes affects n’ont rien à faire dans ce que la recherche met à jour.
      Preuve en est, dans l’article sur ma formation au WAIS-IV, j’ai bien spécifié que contrairement à ce que mon petit égo aurait aimé, il était effectivement possible d’abaisser le seuil de 130 de QIT pour le HPI à 125 pour des conditions très précises.

      Je veille avec beaucoup d’application et d’implication à faire la part des choses dans ce blog.
      Quand je vous parle de moi, de mes affects, de mes expériences, je le précise, et je vous parle alors en tant qu’adulte HPI.
      Quand je vous parle des connaissances sur le HPI, des méthodes, des données, des tests, etc, je vous parle en tant que scientifique (parce que je suis scientifique, j’ai un beau diplôme de maîtrise de biologie qui le dit ^^) et étudiante en psychologie. Et dans ce cas là, mes affects sont mis de côté.

      Donc si je ne cache pas mon attachement à la donnée qu’est le QI, je ne lui donne pas dans mes articles, plus de place qu’il n’a a en prendre méthodologiquement parlant. Mais j’insiste sur son importance précisément parce que la mouvance – qui semble issue d’une maîtrise médiocre de l’outil qu’est le test WAIS-IV – en france tend à carrément effacer cette donnée du tableau clinique du HPI, à la vider de son sens et de son importance.
      Voilà pour ma position sur le QIT, qui est certes soutenue par mon petit caractère ( après tout c’est ça qui me pousse à crier sur les toits que certaines choses racontées sur le HPI sont fausses ou ne que le HPi n’est pas ce que l’on croit) mais repose d’abord et avant tout sur des faits scientifiques que l’on tend un peu trop à ignorer à mon goût.
      Je souhaite rétablir un équilibre, pas verser dans l’excès opposé.

      Pour ce qui est de cet article précisément quelques précisions s’impose après lecture de votre commentaire (et merci pour cela, je vais pouvoir le modifier en conséquence pour le rendre plus claire).
      D’abord je n’ai pas 157 de QI ! C’était un exemple que j’ai cité, que je trouvais suffisamment impressionnant pour marquer les esprit et soutenir la dimension comique de mon exemple. Mais ce n’est pas mon QIT.
      J’avais cité mon QIT au début de ce blog. Mais je l’ai effacé ensuite pour ne plus donner que l’écart-type dans lequel il est compris. C’est précisément parce que j’ai conscience de ce que notre système scolaire a inscrit en nous toutes et tous et de la difficulté à se défaire de cette idée de classement de valeur des individus selon une note, que j’ai choisi de ne pas donner le chiffre précis.
      Quand bien même je l’aime et le chéris ! :p
      On sait trop peu ce que représente réellement le QIT et il est sujet à trop de projection personnelles (de la part de tou•es, moi et les autres) pour que le donner exactement servent le but de ce blog.
      Donc si jamais je cite précisément mon QIT ici, c’est que j’aurais une sacrément bonne raison. :p Mais pour le moment ce n’est pas le cas. 🙂

      Ensuite cet article fait la somme de questions et de réflexions de différentes personnes. Il y en a qui m’appartiennent, mais il y en a qui ne m’appartiennent pas du tout mais qui ont été abordé par d’autres, dans diverses discussions, échanges, en face en face ou sur internet, avec des amis ou des inconnus, entre eux et moi ou sur des groupes ou forums.
      Par pudeur et respect de la vie privée des un•es et des autres, je ne préciserai pas ce qui m’appartient et ce qui appartient à d’autres.
      Mais votre commentaire me permet de réaliser que j’aurais du mieux formuler mon introduction pour que cela soit compris clairement. Merci !

      Merci pour vos gentils mots sur ma personne, ils me touchent beaucoup. Merci encore.

      J'aime

      • Mona Dahl dit :

        Bonjour, Line!

        Merci pour ce retour. Je suis soulagée de ne pas vous avoir offensée, car non, mon intention n’est aucunement de vous mettre en défaut, encore moins de vous blesser. (Et je faisais la remarque dû madame parce que je n’ai que 24 ans, et qu’en plus, j’utilise un pseudonyme! Alors ça m’a fait bizarre, c’est tou. A aucun moment, je n’ai été mal à l’aise ou quoique ce soit! ^^)

        Je ne remettais vraiment pas en question vos connaissances et votre méthodologie (si elle m’était apparue fallacieuse, je ne serais plus sur ce blog depuis longtemps! Non, je vous suis précisément parce que votre raisonnement semble juste. Mais ça m’interpelle aussi précisément parce que d’autres raisonnements sur le sujet me semblent justes, que certains trouvent même un écho à mon histoire – donc je n’arrive pas à les mettre de côté – et qu’ils sont parfois en contradiction avec les vôtres) ! Comme je l’ai dit, vos références sont incontestables. Ce que je sais moi, du HPI, je le tiens des professionnels de santé qui me suivent et/ou m’ont suivis. Je n’ai pas de références directes. Et à vrai dire, la question ne revêt pas pour moi une importance cruciale, en fait. C’est juste une question sans réponse, et je n’aime juste pas les questions sans réponses (elles me hantent la nuit, hahaha). Non, ce que je soulignais était plus, peut-être, la façon dont vous présentiez les choses. Ce n’est même pas une question de données (vous dites tout ce qu’il y a à savoir), mais davantage la forme (accorder plus d’articles ou de lignes dans un article à telle ou telle donnée, par exemple), de sorte que ce qui ressort, à mes yeux, semble parfois orienté…

        Il est certain que vous êtes une scientifique! ^^ Car vous vous attachez surtout, voire exclusivement, à ce qui est prouvé. Pour ma part, j’ai tendance à intégrer les observations (même si elles sont soumises aux biais de l’observateur) aux données premières (ici, en l’occurrence, la neurobiologie différente et avérée), afin de me construire une vision des choses. J’arrive à peu près à ne les considérer « qu’en tant qu’observations », mais je n’arrive juste pas à me dire qu’elles n’ont pas leur place. Aussi, je trouve que les « mythes » sont intéressants, car ils donnent généralement une image amplifiée de la situation. Comme vous en parliez dans l’article sur l’arborescence, cette dernière n’étant qu’une façon très agrandie de parler d’une pensée divergente plus performante. L’hyperémotivité et l’empathie associées au HPI ont aussi du sens pour moi, dans cette même mesure.

        Dans l’article sur votre formation au WAIS, il est dit qu’un QI de 138 pouvait ne pas refléter un HPI (du fait d’un IVT très important). Était-ce une valeur prise au hasard, où l’exemple de votre formateur? Parce qu’on est quand même au-delà des 135 qui est pour vous la valeur maximale de ce que vous définissez comme la zone grise. C’est également cet article qui m’a permis d’éclaircir un peu la question clinique du HPI, car je comprenais mal comment on pouvait déclarer une personne HPI simplement sur la base de son QIT (et donc décider de quelque chose d’aussi déterminant que sa neurobiologie). (L’anamnèse et l’analyse des sous-scores comptent apparemment.)

        Pour votre QI, j’ai bien dit 150 ( j’ai dû lire la version non modifiée de votre article, et j’ai vu le reportage de Mille et unes vies ou vous en parliez). Je crois que c’est le commentaire juste en-dessous qui fait une confusion! 🙂

        Enfin, je m’étais déjà représenté l’image du 100 mètres (mais j’imaginais qu’on m’avais anesthésié une jambe) pour appréhender ma situation. Après, celle-ci ne me pose pas de problème en elle-même, parce que surdouée ou pas, l’important, pour moi, c’est de réussir mes examens! 😉

        Pour finir, je voulais vous poser une question, celle qui me perturbe le plus, finalement : la neurobiologie du surdoué est-elle réellement qualitativement différente, ou s’inscrit-elle juste dans une augmentation quantitative de ce que l’on trouve chez les personnes en-dessous de 130? Y a-t-il « plus » de ce que l’on retrouve chez un normopensant, ou y a-t-il des choses « différentes »? Parce que dans le premier cas, je comprendrais aisément la limite des 130. Dans le second… Je fais tous les efforts que je peux… Mais je n’y arrive pas…>.<

        Arg, je dois vraiment sembler insistante sur la question. Mais une réponse qui engloberait tout arriverait à m'empêcher de me torturer les neurones… (Ni Dieu, ni maître, mais la réponse… Bordel – je tiens à préciser que je reprends Thomas Dutronc, là! Ne me bannissez pas!)

        Voilà. Bonne soirée à vous!

        Et au passage : avez-vous les résultats de vos examens?

        Mona Dahl

        NB : Je pense vraiment tout ce que j'ai dit sur vous!

        J'aime

        • Line dit :

          Bonjour Mona,

          Alors je souhaites préciser quelque chose au sujet de mon attachement à ce qui est prouvé.
          Évidemment en tant que scientifique qui se veut honnête intellectuellement, je m’attache à ce qui est démontré. Mais si je ne parle que de cela dans ce blog cela ne veut pas dire que j’ignore ou exclue le volet subjectif d’une experience psychologique. Ce serait une erreur en plus.
          Le faut est qu’un blog est un espace Public, et si en consultation j’aurais tout l’espace et le temps pour contextualiser et nuancer mes propos à la situation unique et particulière de ou de la patiente, sur la place publique (si j’ose dire) j’estime que je me dois d’avoir le discours le plus clair et rigoureux possible, mais aussi le plus généraliste possible. Or pour être certaine de dire quelque qui soit valable pour tout le monde (ici toutes les personnes HPI) je ne peux parler que de ce qui a été démontré comme effectivement caractéristique du HPI, du phénomène et non de ce qui relève de l’expérience subjective d’un individu. Même si elle est partagée. Du moins je ne peux pas en parler comme d’une vérité sur le HPI.
          Je peux (et je le fais) parler d’expériences subjectives mais je me dois de leur laisser ce statut tant que preuve n’a pas été faite qu’il s’agit de caractéristique générale et effective du HPI.

          Pour la neurologie des HPI oui elle est différente des personnes non HPI : (de mémoire) le cerveau HPI contient plus d’astrocystes et de cellules gliales, les neurones sont myelinisés différemment, la densité en neurones des zones cerebrales n’est pas la même (pour ça j’ai un doute, je ne suis plus très sure), et le seuil d’activation des neurones sensitifs (là aussi je ne suis pas certaine de leurs noms… J’ai un affreux trou… Ça doit être l’effet dentiste, parce que là je suis chez le dentiste) est plus bas.

          Oui j’ai eu les résultats de mes examens. Mention Bien à la Licence, youpi youpi. Il ne me reste plus qu’à être acceptée en Master 1. Merci de demander. 😊

          J'aime

          • Mona Dahl dit :

            Bonsoir!

            Merci pour cette réponse… Qui amène encore plus de questions!

            1 : J’ai refait un tour sur l’article traitant de la neurobiologie, en plus de votre réponse. La différence s’exprimant plutôt en « plus » et en « moins », dans quelle mesure cette neurobiologie s’inscrit-elle dans un continuum par rapport à un normotypique? Est-ce qu’il y a une réelle rupture?

            2 : Au niveau des normotypiques, qu’est-ce qui caractérise la différence neurobiologique entre une personne à 86 de QIT, et une autre à 114? Ou à 124? (Ici, on change de catégorie, sans pour autant parler de HPI.)

            3 : Y a-t-il une différence neurobiologique entre un HPI avec 135 de QIT, et un autre avec 155? Si oui, est-on encore dans un « continuum HPI »? Comment expliquer les différences de QI entre deux surdoués?

            4 : De quelle façon la neurobiologie du HPI se révèle dans le test de QI (outre que dans son résultat)? Je reprends le cas d’une personne diagnostiquée HPI ayant 132 de QIT, et d’une autre diagnostiquée non-HPI avec 128. Outre leurs scores respectifs, c’est-à-dire outre le fait que l’un des deux aura un peu mieux répondu à quelques questions, et pour une même anamnèse « normale » comment caractériser le HPI chez l’un et non chez l’autre? Comment se fait l’analyse des scores? (Dans la mesure où vous pouvez me répondre.)

            5 : Comment fonctionnent, au final, les outils psychométriques? Qu’entendez-vous quand vous dites qu’ils sont mal compris et/ou mal utilisés?

            Et enfin, question subsidiaire : Comment l’effet Flynn a-t-il été perçu? Puisque les tests correspondent à une échelle standardisée dont la moyenne est toujours 100, comment a-t-on pu dire que le QI général de la population avait progressé?

            Dernière question subsidiaire : Puisque le HPI est une condition de naissance et immuable, comment caractériser une personne qui naît HPI et qui, disons, a un AVC très jeune?

            Voilà…

            Félicitation pour vos notes! Je croise les doigts pour que l’entrée en Master soit acquise… 🙂

            Mona Dahl

            J'aime

            • Mona Dahl dit :

              La correction automatique de ma tablette a sournoisement remplacé tous mes « neurotypiques » par des « normotypiques » (qui est un gros pléonasme). Et voilà. On fait la confusion une fois, et vos appareils s’en souviennent à vie…

              J'aime

            • Mona Dahl dit :

              Je viens de voir que ma correction automatique a sournoisement remplacé tous les « neurotypiques » par des « normotypiques » (un gros pléonasme…). C’est ça, la technologie, vous faites une erreur une fois et votre appareil s’en souvient toute sa vie…!

              J'aime

            • Line dit :

              Bonjour Mona,

              Concernant le point 1 : Avez-vous fait médecine ? Je ne sais plus si c’est vous ou une autre lectrice qui a un parcours médical, aussi je ne voudrais pas pontifier alors que vous en savez probablement plus que moi sur la biologie humaine.
              Mais, dans le cas où je me mélange encore les pinceaux, voici pourquoi il y a continuité ET rupture dans la neurobiologie du HPI par rapport à celle de la norme au point de vue statistique.
              Le cerveau humain est consisté de neurones et de cellules gliales (les fameux astrocystes que je cites souvent, et que par abus de langage j’appelle neurone, honte à moi). Tous les êtres humains ont ces mêmes types de neurones qui composent leur cerveau, en cela HPi et non-HPI s’inscrivent sur un continuum concernant la constitution de leur cerveau . En plaçant les personnes HPI à l’extrémité « + » du continuum à cause de certaines caractéristiques dont une plus grande quantité de cellules gliales (les cellules nourrices des neurones) et une plus grande connectivité entre les neurones.
              Pour moi (et c’est juste moi) je considère qu’il y a rupture parce que, même si on retrouve les même pièces de puzzle (les même types de neurones, nous ne sommes pas non plus des extra-terrestres !) leur organisation, leur fonctionnement et leur structure différente constituent une rupture avec la norme statistique.
              C’est à dire que même si on a le même type de neurone, ils ne sont pas faits de la même façon (la myélinisation est différente) et ils ne fonctionnent pas de la même façon (le seuil d’excitabilité est différent, ils consomment moins d’énergie).

              A mes yeux, la rupture se trouve surtout dans la structure neuronale qui est différente (la gaine de myéline) et dans le développement et la densité cérébral à l’âge adulte qui n’est pas la même que la norme, pour certaines zones du cerveau (et bizarrement, dont celle qui gère les fonctions dites complexes de la cognitions : décisions, analyse, mémoire, etc).

              2. Il n’y a pas de différence neurobiologie chez les gens dits « normalement » intelligent.

              3. Je ne sais pas, et je n’ai connaissance d’aucune publication qui y répondrait. A priori, jusqu’ici, on n’a déterminer de différence neurobiologique que entre HPI et non HPI. Mais pas au sein même du groupe HPI.

              4. Comme je le répète souvent, le diagnostic de HPI ne se fait pas uniquement avec le test de QI. Il est nécessaire, indispensable mais à mon sens pas suffisant.
              Si je ne peux pas vous répondre sur l’analyse des scores (pour deux raisons : d’abord je n’en maîtrise pas les détails techniques (du moins pas encore, j’ai une formation de prévue qui j’espère me permettra de la faire ; et d’autre part je ne sais pas ) et d’autre part – et conséquemment à la première partie – je ne sais pas à quel point je peux vous répondre sans biaiser le protocole et la méthodologie de passation du test.
              Néanmoins je peux vous dire que le diagnostic de HPI repose tout autant sur le comportement du patient durant le test (et dans sa vie, cette dernière partie se retrouvant dans l’anamnèse) que sur ses performances à ce dernier.
              Je ne vais pas m’étaler plus; non pas pour faire de la rétention d’informations, mais pour ne pas donner des comportements à singer pour se faire passer pour ce que l’on n’est pas. :p
              Même si, en plus du comportement, il y a d’autres choses qui concernent la cognition qui permettent d’établir un diagnostic de HPI.

              5. Je ne peux pas vous répondre pour tous les outils psychométriques, parce qu’il y a différents types et que leur fonctionnement dépendent du type en question.
              Mais pour les echelles de Weschler, ce n’est pas compliqué.
              On prend un échantillon de la population visée (c’est à dire de la tranche d’âge visée, puisque les tests de wechsler nous situent par rapport aux individus de notre tranche d’âge) on leur fait passer la batterie de test, on note leur performance. On représente ses résultats sous formes de courbe gaussienne centrée sur 100 avec écart-type de 15.
              Et on refait la même tambouille tous les 5/10 ans, pour maintenir le test à jour. ET c’est là qu’il y a une petite subtilité à accepter. C’est à dire que par convention, on a placé la moyenne du QI à 100. C’est une convention, comme on a choisi comme convention de mesurer en mètres et pas en pieds, d’appeler les notes « do, ré, mi, fa, sol, la, ré, do » dans cet ordre et pas un autre, etc.
              Donc la moyenne à « 100 » ce n’est pas tant que ça donne une quantité, c’est que ça donne une situation. 100 de QI ça veut dire qu’on est moyen. Il y a 50% de gens qui font mieux que nous, 50% qui font moins bien.
              C’est cette proportion en fait qui donne le sens du QIT. C’est pour cela que certains psy préfèrent parler en ce qu’on appelle rang percentile, c’est parce que les rangs percentile nous donne l’idée de combien de personnes ont eu de moins bonnes performances que nous au test. Par exemple le rang percentile qui correspond à 100 de QIT c’est 50. Le rang percentile correspondant à 130 de QIT c’est 97.725 (très précisément).
              Donc quand on met à jour les test de QI, c’est comme de refaire la tare d’une balance à aiguille qui se serait décaler avec le temps.
              Votre balance à vide qui indiquait bien 0g au début, 10 ans plus tard indique 3g à vide. Pas de problème, vous corrigez le tir en replaçant l’aiguille sur 0.
              Avec le QI, c’est un peu la même idée.
              A chaque révision du test, on garde la répartition statistique centrée à 100, mais ce « 100 » est peut-être plus difficile ou plus facile à obtenir que le « 100 » d’il y a 5 ou 10 ans.
              C’est pour cela entre autre qu’on ne peut pas comparer directement des résultats obtenus à deux versions différentes du même test.

              6. Ce qui m’amène à l’effet Flynn. Alors d’abord, je ne sais de l’effet flynn que le fait qu’il s’agisse d’une augmentation sensible du QI de la population (qui il me semble s’est arrêter voir inverser récemment non ?). Mais je suppose qu’il a été mis en évidence en comparant les diverses performances des populations test des diverses versions des tests, et en constatant (pour résumer) que la moyenne de la population en faisait toujours à chaque mise à jour (répondait plus vite et/ou répondait à plus de question par exemple).

              Je comprends l’esprit de votre question subsidiaire. En somme, vous sous-entendez qu’un épisode AVC pouvant impacter la structure cérébral, et donc impacter les performance cognitive, il pourrait remettre en question le statut de HPI de la personne.
              Mais pensons à feu Mickael Jackson (oui je sais, comme ça d’un coup ça surprend).
              Il a, au cours de sa vie, connu diverses épisodes qui ont modifié son apparence physique. Des choses qui pourtant étaient fondamentalement inscrite dans son ADN : la forme du cartilage et des os de son visage, la couleur de sa peau.
              Pourtant il les a changées. Il a changé la forme de son nez, de ses pommettes, de sa bouche, la couleur de sa peau.
              Est-ce que pour autant, on pourrait dire que d’un point de vue fondamental, de naissance en somme, il n’était plus ce qu’il était avant ses opérations ?

              Une personne HPI qui auraient le malheur de connaitre un accident qui impacterait sévèrement ses capacités cognitives serait toujours une personne HPI.
              Mais avec une lésion cérébrale. Ses particularité de fonctionnement cognitif induite par la nature même de ses neurones et de leur organisation et fonctionnement demeureraient. Ses neurones consommeraient toujours moins d’énergie pour fonctionner, ils seraient toujours myéliniser différemment, et toujours à priorir, avec ce seuil d’excitabilité plus bas.
              C’est le traitement de l’information, son relais, son encodage peut-être, qui en fonction des lésions occasionnées par l’AVC (ou un traumatisme physique) serait différent.

              Mais la personne demeureraient HPI.

              Comme je le dis souvent, le HPI et l’expression du HPI sont deux choses différentes. La forme que prend l’expression du HPI ne remet pas en cause la présence du HPI lui-même. Et comme toute condition de naissance immuable, des évènements de vie peuvent venir l’impacter, la masquer, éventuellement l’amputer, mais elle continue d’exister. Pour ne plus être HPI, y compris dans sa dimension nerveuse, il faudrait remplacer l’intégralité du système nerveux d’une personne HPI par un système nerveux de non-HPI.
              Et cela implique donc de remplacer les cerveaux mais aussi tous les nerfs de tous le corps… Erf…

              Voilà j’espère avoir répondu à vos questions, sinon j’espère que vous en trouverez les réponses ailleurs !

              Merci pour vos félicitations et vos bonnes ondes ! Je les prends bien volontiers ! 🙂

              J'aime

  3. Ver1976 dit :

    Bonjour,
    Ce que je vais dire est d’une niaiserais très probable avec un raisonnement nul, zéro neurone de consommé et 100% ressenti mais bon tant pis je me lance…
    Avec mon regard extérieur je ne vois pas en toi un QIT de 157 mais une personne qui a une vie et une histoire unique. Je doute que d’autres ayant exactement le même QIT de 157 te ressembleraient trait pour trait. (je vois passer beaucoup de doctorants à mon travail et elles/ils ont chacun leur particularité. #métaphoredébile => Un peu comme dans une équipe nationale de football : certain(e)s seront doué(e)s pour l’attaque mais pas la défense, ou alors comme ailiers, ou jouer au centre ou comme gardien(ne) etc. l’essentiel est que quelqu’un leur passe le ballon => la vie est un sport collectif.
    Pour autant je pense que tu as raison de prendre en considération ce QIT parce qu’il renvoi ton image comme un miroir. C’est le fameux « connais-toi toi-même » du temple de Delphes. Donc : non ce n’est pas de l’orgueil que tu l’intègres. C’est même absolument nécessaire pour ton épanouissement.
    Je ne te perçois pas non plus comme un monstre. En fait ce serait même le contraire. Je pense que les « surdoué(e)s » sont plus humain(e)s que la plupart des humains (avec les qualités et les défauts qui vont avec… j’en ai vu des HPI se prendre des cuites mémorables, fumer comme des pompiers, etc. bref on est loin de l’ange immaculé que certains voient dans les HPI ^^). C’est un peu Jonathan Livingston le goéland. Il croise des goéland « magnifique » pour en devenir un lui-même (note à moi-même : il faudrait que je relise ce bouquin ^^) mais au fond c’est bien un goéland ! Et… et ben tiens ! On a le titre de ton prochain livre [Humour] « On est pas des zèbres mais des goélands ! »[/Humour]
    Sinon pour les QIT>160 ne t’inquiètes pas trop non plus. Quand je vois les propos de certain(e)s comme James Wood (183 de QIT) je me dis que ce n’est pas un antidote à la connerie non plus…
    Voilà mon ressenti perso’ à moi que j’ai ^^’ Bonne journée.

    J'aime

    • Line dit :

      Bonjour Vers,
      Alors je précise que j’ai donné un chiffre à titre d’exemple, mais que ce n’est pas mon QIT. Donc c’est logique de ne pas voir en moi une personne avec un QI de 157. :p

      Ensuite il ne faut pas mélanger les échelles de QI scrogneugneu ! 183 c’est sur Cattle, ce n’est donc pas comparable à un 160 de Weschler.
      Sur Weschler il n’y a PAS de QIT qui dépassent 160, ça n’existe pas !
      C’est l’échelle de Cattle qui va jusqu’à 190.

      Bonne journée également !

      J'aime

      • Ver1976 [sans "S" à la fin !] dit :

        Bonjour ‘Line,

        Désolé je m’étais aperçu de ma bévue une minute après l’envoi de mon message mais trop tard celui-ci filait implacablement vers sa destinataire.

        Donc je « vous » félicite déjà pour l’obtention de votre Licence d’une part.

        D’autre part, j’avais une requête ou une idée d’article pour vous (sans injonction) et sans lien avec le sujet QI mais ce sera peut-être plus facile de vous repérer dans les commentaires publiés sur le sujet le plus récent.
        J’ai aussi bien conscience que ce blog n’est pas un self-service où le lecteur choisirait à la carte le sujet ^^

        Certains évoquent un lien supposé entre « dépression existentielle » et surdouance. Voir notamment ce témoignage : http://www.zebrascrossing.net/t24868-depression-existentielle
        Et ici (liste non exhaustive) : http://enfant-surdoue.fr/douance_troublee/crise_existentielle_et_surdoue/
        Il est notamment cité la « désintégration positive de Dabrowski » : http://www.talentdifferent.com/depression-existentielle-et-desintegration-positive-de-dabrowski-par-jt-webb-1205.html
        Il y a l’air d’avoir pas mal de publications sur le sujet : https://eric.ed.gov/?q=dabrowski
        D’ailleurs personnellement je découvre certaines revues.
        « Journal for the Education of the Gifted » « Gifted Child Quarterly, » « Gifted Education International »…

        Bon you … euh… « vous » vous doutez bien que ma question n’est pas innocente… si j’ai bien ressenti la « désintégration » ; c’est le « positif » qui me manque….
        Avez-vous une opinion à ce sujet ? Est-ce vraiment vraiment spécifique à la surdouance ?
        Merci par avance ! ++++

        Et je termine par ma blague du jour : si vous avez été verbalisé(e) pour excès de vitesse par beau temps sur l’autoroute alors vous avez été « overthe130 » km/h 😀 😀
        Ouais… elle est nulle… oui je sais … je devrais avoir honte…

        J'aime

        • Line dit :

          Bonjour Ver,

          Quelle bévue ? Je n’en ai pas vu.
          Alors la désintégration positive n’est qu’une idée, une théorie non prouvée. Elle a beaucoup de succès, mais rien ne soutient son propos.
          Si je peux me permettre, attention aux sources des articles que vous lisez.
          Je veux dire, il faut bien savoir qui écrit quoi pour savoir à quel point leurs propos sont solides ou pas.
          Étrangement, tout ce que vous avez cité hormis ERIC sont des articles non sourcés ou presque. Zebra crossing n’a rien d’une référence scientifique, et on ne sait rien des compétences ou connaissances des gens qui y interviennent.
          Le site des enfants surdoué ne cite même pas son auteur (ou du moins n’ai-je rien trouvé qui me permette de l’identifier) pas plus qu’il ne cite de source. Du moins pas en fin de texte, sous forme d’index, je n’ai parcouru le texte qu’en diagonal).
          En somme seulement du déclaratif qui n’a pas plus de valeur que si je vous disais que j’ai croisé un lutin violet ce matin.
          Pour la base de donnée américaine ERIC je ne peux pas me prononcer. Cela a l’air d’être rattaché au gouvernement américain, au ministère de l’éducation précisément. Mais les critère d’indexation des publications de cette base de donnée restent flous pour moi. Donc je ne sais pas bien qui peut voir sa publication référencée dans cette base de donnée, ni sur quels critères.
          Aussi, je laisse cela de côté.

          Si vous voulez plus lire sur la désintégration positive, il y a des ouvrage, de Dabrowski lui-même pour en parler.
          Je vous conseille plutôt de vous tourner vers cela que vers moi.

          Je ne pense pas que la crise existentielle soit propre et unique aux surdoué•es. Je pense que c’est simplement humain. Peut-être, simplement, un esprit plus vif, plus performant, et ce plus tôt dans la vie, pourrait le manifester plus fortement et plus tôt. De sorte que cela marque les professionnels et leur paraisse plus intense, ou plus saillant.
          Mais je crois sincèrement qu’être surdoué•e n’y change pas grand chose. Si ce n’est en terme d’intensité et de complexité des réflexions. En somme, le travail du psy sera plus complexe pour aider un•e surdoué•e à traverser sa crise existentielle qu’avec une personne non surdoué•e.

          Je ne suis pas bien familière de la théorie de Dabrowski, aussi je ne saurai en dire plus. Navrée ^^’

          J'aime

  4. Athalset dit :

    Bonjour 🙂
    Je suis toujours aussi admiratif devant le fait qu’avec un tas de 0 et 1, assemblés en points colorés, eux-même assemblés en formes géométriques diverses, tu arrives à transmettre aussi facilement des émotions et à faire réfléchir.
    La partie « fierté, angoisse » m’a replongé dans mes souvenirs d’il y a un an (un peu plus pour être exact), quand je cherchais à comprendre ^^

    Félicitation pour ta Licence (et ta mention) !!
    Et pour revenir sur ta dernière réponse à Mona Dahl:

    Pour les différences neuro-biologiques, il y a (entre autres):
    – Meilleure connectivité entre les régions cérébrales.
    – Plus grande efficacité cérébrale (consomme moins et est plus rapide)
    – Plus grande quantité de matière blanche (donc des connexions plus rapide)
    – Lobes pariétaux et frontaux plus développés.
    – « Greater sensory sensitivity », j’imagine qu’on peut traduire ça comme des neurones plus sensibles aux stimuli

    Il est fort probable que je me sois planté sur certains points, j’ai juste repris rapidement des infos lu sur les deux études que tu m’avais envoyé (oui, oui, elles sont encore dans un coin de mon bureau depuis tout ce temps, même si je les ai déjà lu) 😀

    Ps: « Alors peut-être que vous, chères lectrices et chers lecteurs, vous faites partie de cette toute petite minorité qui a su tout de suite se défaire de ce conditionnement scolaire que sont les notes et les classements des individus en fonctions de ces dernières. » Ma première réaction a été un « Ah oui ! Mais non en fait 😅 », je me suis senti moins seul 5 secondes plus tard ah ah.

    PPs: ça me rassure aussi de pas être le seul qui est perdu sur la façon de discuter par Internet, j’hésite toujours sur la forme, sur le fait de devoir vouvoyez ou tutoyer, etc…

    J'aime

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s