« J’ai peur d’être HPI, je teste ou je teste pas »

Bonsoir à toutes et à tous !

J’espère que vous avez passé de très bonnes fêtes de noël, pour celles et ceux d’entre vous qui le fêtez. Et pour les autres aussi, remarque.

Il y a quelques jours maintenant, j’ai fait appel à vous sur la page Facebook du blog, (mais aussi sur le compte Twitter) pour me soumettre ou me suggérer des sujets à traiter dans les billets de ce blog, à court d’inspiration que j’étais.

https://www.facebook.com/plugins/post.php?href=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2FOverthe130%2Fposts%2F683652248494825&width=500

Et ma foi, ce fut l’une de mes meilleures idées je trouve.
J’ai eu plusieurs suggestions et je vous en remercie. Certaines que je pense pouvoir traiter rapidement, d’autres qui me demanderont de me renseigner plus avant et d’autres que j’estime ne pas pouvoir traiter du tout en raison des limites de mes connaissances.

Quoi qu’il en soit l’idée de pouvoir répondre directement à vos questions, ou de traiter directement de ce qui vous intéresse précisément me plait beaucoup. Le blog ne changera pas de formule pour autant, mais je trouve que c’est une seconde façon de l’alimenter fort pertinente.
Voici donc une toute nouvelle rubrique/catégorie d’articles pour ce blog : « Vos idées et vos questions ».

Et ce billet l’inaugure donc.

« J’ai peur d’être HPI, je teste ou je teste pas »

En voilà une question qu’elle est bonne.

Bien que j’ai déjà abordé le sujet ici ou là dans divers articles du blog, il ne me semble pas y avoir consacré un billet complet. Et si c’est le cas, vous pourrez comparer les deux, c’est tout aussi intéressant.

« J’ai peur … »

En premier lieu, je suis très intéressée par la formulation de la question (Non pas par la grammaire).
Je cite : « j’ai peur d’être HPI ».

Pourquoi ?
Et ce n’est pas un pourquoi qui veut dire « Il n’y a aucune raison » mais un vrai « pourquoi ? » qui demande les raisons, les causes de cette peur.
Qu’est-ce qui est effrayant, pour cette personne, dans le fait d’être HPI ? Qu’est-ce qui lui fait peur ?
La réponse à cette partie de la question est en fait une partie de la réponse à la question.

Car passer un test psychométrique complet n’est pas complètement anodin.
Du moins pas tout le temps ni pour tout le monde. Tout dépend de ce qui vous pousse à envisager de passer ce test.
D’où l’impérieuse nécessité pour la personne qui se pose la question en titre d’article, de savoir ce qui lui fait peur.

Comme je n’ai pas ces éléments (les raisons de cette peur) je vais tâcher de faire sans. Je peux facilement trouver plusieurs raisons pour lesquelles quelqu’un•e pourrait avoir peur d’être identifié•e comme HPI.
En passant sur tout ce que je considère de plus en plus comme des légendes urbaines sur le sujet, véhiculées par des professionnel•les en exercice mais sans preuves scientifiques à l’appui, la première raison effrayante que j’y vois est celle du bouleversement identitaire.

Soyons  honnêtes, quand on fait la démarche de passer le test en tant qu’adulte, c’est notre identité qui est en jeu.
Qu’on espère un résultat ou un autre, ou qu’on n’ait absolument aucune attente si ce n’est celle d’une réponse quelle qu’elle soit, ce qui ressortira de ce bilan viendra fatalement impacter l’idée que l’on se faisait de soi.
N’est-ce pas d’ailleurs cette peur de l’impact sur la personnalité qui pousse parfois certain•es parent•es à dissimuler les résultats de leurs enfants ?

Nous savons, plus ou moins clairement selon les cas, que ce à quoi nous touchons avec ce bilan aura un impact considérable sur nous. Que cet impact soit de courte ou de longue durée.

Alors je vais vous dire, quelque part, c’est bien d’avoir peur de passer le test. Ça démontre que vous avez compris que cela peut vous toucher profondément et que donc, ce n’est pas à prendre à la légère.

Comprenez moi bien, je ne dis pas que le test de QI est une démarche sacrée, loin de là.
Mais je pense sincèrement que les résultats d’un bilan psychologique peuvent être très déstabilisants, en bien comme en moins bien.

Moi aussi j’avais peur de passer le test. J’avais peur qu’il dise que j’étais stupide. Même si l’idée de me savoir limitée dans ma vie par des capacités intellectuelles m’attristait, je considérais déjà avoir une certaine conscience d’être quelqu’un de limité et ce n’était pas cela qui m’effrayait le plus. J’avais surtout peur de cette triste révélation que seraient ces résultats, ils éclaireraient enfin le monde sur la vaste supercherie qu’était mon existence et il serait impossible pour qui que ce soit de nier que mes réussites – quelles qu’elles furent – aient été autre chose que le produit d’une chance parfois insolente ou du plus pur des hasards.
Et c’est comme pour aller me jeter en sacrifice sur l’autel de la vérité que je suis allée passer le test.
Mais j’ai mis 3 semaines à y réfléchir tous les jours. Trois semaines pour faire face à ce qui m’effrayait et pour passer en revue les raisons qui me poussaient à accepter de passer le test.

« J’ai peur, je teste ou je teste pas » ?

Comme je le disais dans d’autres articles, la question n’est pas tant de passer ou pas le test mais de pourquoi le passer.
Dans cette question, ce qui attire mon attention c’est vraiment cette notion de peur. A mon sens, tant que la peur n’est pas passée ou du moins tant qu’elle n’est pas plus faible que le désir de savoir, alors il me semble qu’il vaudrait mieux s’abstenir de passer le test.

On est rarement soulagée de se retrouver confronter avec ce que l’on redoutait.
Exemple : quand on a peur des araignées on est rarement ravie de se retrouver dans un nid de mygales.

Par contre, quand on est prêt•e à affronter cette peur, et à la dépasser pour évoluer, on peut ressortir grandi•e de se confronter à l’objet de notre peur.

Pareil pour le HPI.

Conclusion

Si vous avez peur de passer le test et que vous vous sentez défaillir à la simple idée de prendre rendez-vous avec un•e psy pour, alors surtout, abstenez-vous. Vous n’êtes pas prêt•e à passer ce test (jeune padawan).
Si vous avez peur mais que vous êtes prêt•e à affronter cette peur, le test et les résultats, que vous vous sentez solide en vous-même pour faire face à tout cela, alors allez-y. Parce qu’à ce moment là la peur que vous ressentirez ne sera plus un signal d’alarme et de préservation, mais la simple appréhension de quelque chose d’inconnu et de nouveau.

Quoi qu’il en soit, si pour X raisons vous étiez resté•e coincée avec cette envie de passer le test et cette peur de le passer à la fois, pendant longtemps (genre ça fait plus de 3 mois alors que vous y pensez tous les jours) une super bonne idée et première étape vers la réponse à votre question serait de prendre rendez-vous avec un•e psy et d’en parler.

Cela peut paraître bateau comme réponse, mais c’est franchement la meilleure solution que j’ai à vous proposer si vous n’arrivez pas à vous décider par vous-même.
Le/la psy saura explorer avec vous le pourquoi de cette peur, les raisons qui vous poussent à vouloir passer le test et en somme préparer le terrain pour ce faire.

Peut-être même qu’après ces entretiens, vous ne souhaiterez plus passer le teste.
Vous aurez quoi qu’il en soit obtenu votre réponse aussi.

 

 

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12 réflexions sur “« J’ai peur d’être HPI, je teste ou je teste pas »

  1. Tesrathilde dit :

    1 an et demi à lire des articles et me renseigner sur le HPI avant de contacter l’ANPEIP locale pour avoir des adresses de psy spécialisés + 4 mois à me décider après leur réponse + 3 mois d’attente pour le test. 🙂 (Maintenant c’est fait !)

    Aimé par 1 personne

  2. into the blue dit :

    « ils éclaireraient enfin le monde sur la vaste supercherie qu’était mon existence » entre le terme « éclairer » et « supercherie de mon existence » ça m’a fait l’impression d’une révélation cette phrase, j’aime!
    Comme Porquepix juste avant, ce qui me fait peur c’est plutôt le peur de ne pas être et donc de ne pas savoir comment m’expliquer aux autres (si tant est que ça soit une attitude saine à avoir)

    Aimé par 1 personne

    • Line dit :

      Ne pas être HPI, ce n’est pas ne pas être du tout. Et ce n’est pas parce que vous n’êtes pas HPI que vous ne pouvez pas expliquer ce que vous ressentez. Vous êtes ce que vous êtes, qu’il y ait un nom ou une étiquette pour le décrire ou pas.
      Quant à s’expliquer aux autres, n’est-ce pas ce que l’on fait avec tou•te•s ses amis ? Leur expliquer comment nous fonctionnons, ce que nous ressentons, ce qui nous blesse, ce qui nous amuse, ce qui nous effraie, ce qui nous fait peur ? Y mettre un nom peut aider à se faire accepter des autres, car cela apporte le crédit de la science, de la médecine parfois à ce que l’on dit.
      Mais dans le cas où vous feriez partie de la majorité de la population, faire accepter votre nature par les autres devrait être moins problématique et plus facile. 🙂 Et si vous êtes HPI, vous aurez un mot pour décrire votre nature, pour vous aider à vous faire comprendre.

      Aimé par 2 personnes

  3. Avatar905 dit :

    En fait c’est vrai que la question est curieusement posée. A mon sens ca serait plutôt « j’ai peur de NE PAS être HPI, je teste ou pas? »
    C’est un peu comme avec la mort: ce dont on a peur, ce n’est pas d’être mort, c’est de ne plus être vivant.

    Avant de passer le test, on peut toujours spéculer, et croire ce qui nous arrange. Mais une fois qu’on a passé le test, c’est le principe de réalité qui nous tombe dessus, comme tu l’as très bien décrit dans ton article.

    Personnellement, je n’ai pas encore passé de test complet, et ce qui m’inquiète à l’idée d’un test négatif, c’est que je constate tous les jours une nette différence entre ma facon de fonctionner et celle de la plupart des gens.
    Alors en effet, cela serait une explication rassurante de savoir que mon cortex est structurellement organisé différemment. Ca montrerait que ce n’est pas « juste une manifestation d’angoisse » mais que c’est une manière de traiter l’information (qui me permet de ressentir beaucoup de plaisir et de joie).
    Mais si le test montre que je ne suis « QUE » a 120 ou 125? Est-ce que cela signifie que je suis comme les autres, que je suis stupide et incapable des prouesses intellectuelles des grands esprits de ce monde? Ca serait une énorme claque ! Et surtout, ca ne serait pas cohérent avec mon expérience de vie, ou tout le monde m’a toujours dit que j’étais très intelligent. Je crois que j’aurai tendance à accuser le test plutôt que mon cerveau…
    J’ai même commencé à réfléchir à une conception dimensionnelle de la surdouance, plutôt que catégorielle, pour comprendre l’intelligence en tant que continuum, et pas en séparant les 130+ d’un côté, et « tous le reste » à côté. Comme si je préférais ca pour me rassurer, plutôt que de me confronter au résultat d’un test.

    Mais bon, il semble à lire ton article que je ne suis pas le seul à être passé par ce cheminement, avec la peur intense d’être diagnostiqué « stupide ». Et ca, c’est plutôt rassurant.

    Aimé par 1 personne

    • Line dit :

      Bonsoir,

      Vous savez le résultat du QI est aussi dépendant du contexte (pas uniquement mais aussi. C’est à dire que – si je me réfère à la formation que j’ai suivie sur le sujet – il est préconisé de prendre en compte le contexte socio-éconoique de la personne qui passe le test. Ainsi dans un milieu socio-économique bas, un score de QI de 125 peut être selon le profil clinique et les détails des performances au test déclaré comme HPI.

      De même il y a eu des ado testé et diagnostiqué surdoué, qui 15 plus tard ne l’étaient plus du tout (c-a-d avaient un QI inférieur à 130).

      Je comprends vos inquiétudes, et j’ai beaucoup apprécié lire votre analyse et vos hypothèses sur vos procédures de gestion de vos angoisses. Je vous ai trouvé très fin et très lucide.

      Votre idée de conception dimensionnelle de la douance est partagée, d’après ce que je lis ici et là.
      Je vous encourage à develloper cela et si vous le souhaiter à venir en parler ici (ou ailleurs) car je suis certaine que ce sera l’occasion d’échanges très enrichissants sur le sujet.
      🙂

      Quoi qu’il en soit, vous trouverez ici de quoi vous décomplexer j’espère quant aux angoisses de stupidité potentielle que l’on peut ressentir avant un test. Ou au pic de culpabilité liée à une folle outrecuidance d’avoir osé penser que l’on pouvait être peut-être intelligent•e. 🙂

      Je comprends tout cela ! 🙂

      Aimé par 1 personne

    • Line dit :

      Bonjour Pamela,
      Je vais transmettre vos questions à la personne qui a posé celle qui a donné naissance à cet article, mais je ne vous garantis pas de réponse.

      J'aime

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