Surdoué-e, ça ne veut rien dire ?

Vraiment ?

Si vous êtes lectrice/lecteur de ce blog, vous savez sans doute déjà que – contrairement à beaucoup il semble – je n’ai aucun problème a utiliser le mot surdoué-e, à le faire mien.
Pire, à le réclamer.

Et plus je lis, plus je me dis que c’est bien que je – et bien d’autres j’espère – réclame l’utilisation de ce terme, au même titre que tous les autres.

Je m’explique.

En refusant le mot « surdoué-e »

Ce que l’on reproche au terme de surdoué-e, c’est qu’il induirait une supériorité.
« sur »-« doué ».
C’est le « sur » qui gène. Parce qu’il positionne au-dessus de quelque chose. Le problème étant que « les gens » le comprennent comme « au-dessus de quelqu’un » et plus précisément, d’eux.

Et je conçois que cela puisse être désagréable.

Par rapport aux premièr-e-s concerné-e-s, ce mot surdoué-e serait responsable d’une trop grande pression sur les épaules des concerné-e-s.
C’est à dire qu’à se mot est associé l’idée d’obligation de performances extraordinaires.
Ceci serait donc délétère pour les sujets HPI, qui se mettraient la rate au court-bouillon, pour satisfaire à cette exigence de réussite.

Tout cela est indéniable.
Il y a beaucoup de gens pour entendre du mépris et de la supériorité dans le mot « surdoué-e- » et il y a beaucoup de personnes HPI qui se mettent en tête qu’elles doivent absolument être excellente en tout, en en tout temps.

Entre les désagréments sociaux et personnels que les projections sur ce mot peuvent apporter, il est parfaitement compréhensible et légitime de choisir de ne pas l’utiliser.

On refuse aussi ce qu’il peut apporter

Ce qui me pose problème ce n’est absolument pas que des gens trouvent une alternative plus adaptée pour eux. Au contraire, j’en suis ravie.
Non, ce qui me tracasse, c’est cette tendance à dire que « surdoué-e, ça ne veut pas dire grand chose ».
Là je m’inscris en faux.

Parce que surdoué-é veut bien dire ce que cela veut dire. Cela veut dire « plus doué par rapport à une norme ».
Et, on ne peut pas le nier, les personnes HPI (ou surdouées) ont des capacités cognitives, dites intellectuelles donc, supérieures à la moyenne.
Elles ont un potentiel intellectuel supérieur à la moyenne.

C’est comme ça.

Aussi quand j’entends que « sourdoué-e » ne veut rien dire, j’entends qu’on efface la dimension de « plus » qui existe dans ce terme et dans la réalité qu’il recouvre.

Parce que oui, je crois -d’après ce que je lis des études et des témoignages sur le sujet – que oui, fondamentalement, les personnes surdouées sont dotées d’un plus, au niveau cognitif, par rapport à la population moyenne.

Encouragement

Si le mot « surdoué-e » est un cadeau empoisonné pour certain-e-s (à juste titre, je ne le conteste pas) je pense qu’il peut aussi être un atout.
Un outil formidable pour croire en soi et se réaliser.

Car s’entendre dire que l’on est surdoué-e, c’est s’entendre dire que l’on est dotée de potentialités hors du commun.
Que l’on a quelque chose de bien, que oui, on est plus intelligent-e que la majorité des personnes.

C’est valorisant non ?

Et n’est pas encourageant aussi ?

De se dire qu’on peut essayer, juste essayer, ce que peut-être on ne ce serait même pas autorisé à rêver sans cela ?

Question/Conclusion

Mais pour vous, quelle est la signification de ce mot « surdoué-e » ?

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12 réflexions sur “Surdoué-e, ça ne veut rien dire ?

  1. Aldor dit :

    Surdoué, c’est plus doué que la moyenne. Mais ça se vit et ça se fait, plus que ça ne se dit, je crois. Ça permet, je présume, de voir les choses plus justement, plus intelligemment, plus généreusement, de percuter et de saisir plus vite, et mieux.

    Si l’on arrive à se servir de ces potentialités supérieures, on doit en retirer du bonheur et c’est très bien. Si l’on n’y arrive pas, je ne suis pas sûr que savoir qu’on a ce potentiel soit en quoi que ce soit rassurant. Je comprends que ça porte au contraire au découragement : tant de talent gâché !

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    • Line dit :

      J’aime beaucoup chacun de vos commentaires Aldor. Ils me sont aussi agréables à lire qu’intéressants.

      Je crois que le potentiel n’est jamais gâché, que c’est une illusions, une punition même que nous nous imposons, aveuglé(e)s que nous sommes par des exigences et critères d’épanouissement et de réussite externes.

      Je crois que trop souvent nous sommes nos propres bourreaux, et que nous n’acceptons pas nos propres réussites, car nous ne les reconnaissons pas comme telles.

      Nous ne sommes tenu(e)s à rien du tout, en fait. C’est nous seul(e)s qui nous imposons des devoirs, des critères extrèmes d’exigences.

      Mais essentiellement, nous ne devons rien du tout. Notre potentiel nous appartient. Reconnaitre qu’il est là nous aide à nous connaitre mieux. Mais la question de son exploitation ou pas reste posée et ouverte.

      Nous avons le droit de ne pas l’exploiter, que ce soit pas choix ou par contrainte.
      Et personne n’a le droit de nous méjuger pour cela. Pas même nous.
      Si notre bonheur se construit dans une non-exploitation de ce potentiel, et bien très bien !

      La bonne nouvelle c’est que si, un jour, nous souhaitons faire quelque chose qui necessite ce potentiel, au moins pouvons-nous y prétendre (contrairement à d’autres qui malheureusement, iraient droit dans le mur s’ils/elles essayaient seulement).

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  2. Aldor dit :

    Je suis d’accord avec vous et me suis mal exprimé.

    Le sentiment de gâchis n’était pas vis-à-vis des autres mais de soi. Une sorte de remords personnel. Sans être surdoué, on s’en vue déjà quand on a le sentiment de rater une occasion, de ne pas saisir sa chance, ou de ne pas répondre aux espoirs quon mettait en nous. Que doit il en être quand on pense ou sait pouvoir plus encore ? Ce n’est pas seulement de l’attente des autres qu’il s’agit mais de la notre.

    Je ne dis pas que se morfondre ainsi soit bien mais je pense sue c’est ainsi que se passeront parfois les choses.

    Tout cela pour dire que, dès lors qu’on considère, à tort ou à raison, qu’on n’a pas tout à fait réussi ce qu’on voulait faire, savoir qu’on pouvait faire beaucoup parce que plein de talents pourra aussi souvent nous mettre du vague à l’âme que nous donner du peps.

    (Mais je tourne quelque peu en rond).

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    • Line dit :

      Je comprends bien votre propos. 🙂
      Et je suis d’accord avec cette analyse.

      Mais c’est bien ce que je disais : c’est notre propre jugement sur nous même qui nous met ce vague à l’âme.

      Qui a décidé qu’il y avait une dimension négative ou d’échec à ne pas exploiter son potentiel (que cela soit à son maximum ou pas du tout) ?
      Qui ?

      Je me souviens d’un épisode de l’émission Philosophie, qui livrait en conclusion deux puissantes répliques philosophiques pour se défaire d’une personne qui vous prendrez à partie dans une vindicte quelconque.
      Pour avoir la paix, l’invité proposait de répondre à ce monologue par un (formidable) : « Et alors ? »

      J’aime appliquer cette question à mes fustigations intérieures.
      « Et alors ? »
      Bien souvent (à mon grand désarrois et en même temps, à mon grand plaisir parce que j’en ris souvent aussi à la réponse est bêtement : « Et alors rien. »

      Au final, je peux me torturer et me reprocher tout ce que je veux, de ne pas « être à la hauteur » ça n’embête que moi.

      Les attentes des autres ? En vérité, elles ne m’appartiennent pas. Ce sont les autres qui me les posent sur les épaules, et moi qui accepte (plus ou moins consciemment) de les porter.
      Mais elles ne m’appartiennent pas. Et le fait qu’ils/elles puissent être déçu de ce que je pourrais ou non faire, est triste mais finalement, ne m’appartient pas.
      C’est leur déception, c’est à eux de la vivre et la gérer.
      Mais notre existence, je crois, n’a pas pour but de répondre aux exigences des autres.

      Ceci étant, vos réflexions méritent bien mieux qu’un commentaire, et je vous remercie d’avoir ouvert le fil d’un nouvel article ! 😉

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  3. Porquepix dit :

    Dans l’absolu, la terminologie m’importe peu, mais il ne faut pas nier que le terme « surdoué » est très négativement connoté socialement : je mets au défi quiconque d’annoncer à un interlocuteur non averti qu’on est surdoué et/ou que nos enfants le sont sans passer 9 fois sur dix (au moins) pour un affreux prétentieux élitiste.

    C’est regrettable, mais c’est ainsi, et je ne pense pas que cela change un jour.

    Moi, j’aime bien, comme nos amis québecois, parler de « douance », ça veut dire la même chose, mais sans le « sur », c’est plus neutre.

    Et la qualification d’HPI me paraît plus facile à utiliser. D’abord le terme dit bien ce qui est : il y a un potentiel, qui est bel et bien là, qu’il s’exprime ou non. Ensuite, je peux dire d’expérience que, glissé dans la conversation, cela rebute bien moins les gens, suscitant un peu plus d’interrogations, et un peu moins de rejet.

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    • Line dit :

      Tout à fait.

      Je n’aime pas l’idée de devoir travestir une réalité simplement parce qu’elle dérange. Et c’est l’effet que me fait cette tendance et ne surtout pas parler de surdouée.
      Bien sur, en fonction des objectifs et interet que j’ai dans une discussion, ou dans un discours je vais choisir mes mots selon l’impact que je suppose qu’ils auront sur l’auditoir.
      Et je sais que « surdouée » à une mauvaise presse, qu’il provoque.
      Et je l’utilise aussi tout à fait consciemment pour cela. Ce mot renvoie directement, et plus directement que les autres, à cette réalité de meilleures performances cognitives, de plus grande intelligence (ou de meilleure qualité si vous voulez). Et c’est cela qui heurte.
      Or, la réalité qu’il y a derrière ce vocabulaire est aussi celle d’une plus grande intelligence.
      Je n’aime pas la tendance que je pense percevoir qui nous pousse à gommer cet aspect de « plus ».

      Parce que seule l’intelligence souffre de cela. Il n’y a qu’aux personnes surdouées qu’on « demande » (ou que les pression sociales demandent) de taire leur nature pour être accepté.
      On ne fait pas ça pour les personnes qui sont plus rapides, plus grandes, plus belles même. Les personnes qu’on reconnait comme plus belle, on ne leur demande pas de se mettre un sac sur la tête pour se cacher.

      Très personnellement j’aime utilisé le mot « surdouée » parce qu’il fait réagir. C’est comme un filtre, un révélateurs de préjugés ou de bêtises. Si une personne change d’attitude ou me prête n’importe quelles intentions après que j’ai dit être surdouée, alors elle ne vaut clairement pas la peine à mes yeux que je m’investisse dans cette relation d’une quelconque façon.

      Mais si je veux informer, éduquer sur le sujet du HPI, alors je change de vocabulaire, pour ne pas activer des barrières émotionnelles qui empêcherait ou gâcherait la compréhension du sujet.

      S’il est indéniable que le vocabulaire utiliser doit être fidèle à la réalité que l’on veut décrire, il doit aussi être choisi en fonction des buts que l’on poursuit.
      Mais je crois que cela ne nous contraint pas à sacrifier un vocable adéquat sous prétexte que les gens y réagissent mal.
      Mieux, je pense qu’à force de l’utiliser, je dirai plus intelligemment :p , on peut le démystifier et le débarrasser de ces projections négatives.

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  4. Maeva dit :

    Comme beaucoup d’entre nous, j’ai en effet du mal avec ce mot ^^

    Comme mentionné, il y a la part « sur » qui dérange l’autre… et qui fait ricochet, me dérangeant moi.
    Mais je fais partie de ceux qui ont aussi du mal avec la deuxième partie, le « doué-e ». Je ne sais pas si c’est une expérience personnelle ou si c’est partagé par certains, mais pour moi il y a aussi cette croyance, chez l’autre, que le sur »doué » a quelque chose de facile, comme si ça coulait de source, c’est un « don », et avec ce mot-là est associée l’idée de facilité, de fluidité.
    Et, comme pour beaucoup de choses sur la question, on en reste souvent à l’association exclusive de la surdouance au domaine scolaire, académique. Et, dans ce domaine-là, oui, en effet, en pratique, on peut faire preuve de facilité, de fluidité, de rapidité (si tant est que l’on ne se cache, s’adapte, ou s’inhibe pas trop). Mais ce n’est qu’une seule portion de la réalité, et c’est quasiment la seule perçue, et jugée et/ou enviée.

    Le mot « surdoué-e » est donc devenu pour moi, en quelque sorte, le bouc-émissaire de toutes les incompréhensions et les rejets, jalousies, de l’autre. Et, aussi, la « raison » pour laquelle je n’avais pas le « droit » de me plaindre.
    C’est beaucoup nourri par mon expérience personnelle, je me suis très inhibée et très adaptée pour justement ne plus être confrontée (ou le moins possible) à toutes ces préconceptions présentes dans l’esprit de l’autre dès qu’on fait preuve de quelque chose qui appartient au domaine du « sur- » ou du « don ».
    Dans mon cas, donc, le rejet du mot est (en partie) un rejet de l’extériorité du mot, de ce qu’il signifie pour les autres (et pour mes relations avec eux) et qui n’a jamais vraiment fait écho à ce que je vivais.

    Après, chacun peut choisir la terminologie avec laquelle il est le plus à l’aise, mais quel que soit ce choix je pense qu’il est important d’analyser notre relation au mot surdoué, parce qu’on peut y trouver beaucoup d’indices et de réponses quant à notre ressenti vis-à-vis de notre propre surdouance.
    Et, je pense en effet qu’il est important pour tout surdoué de faire cette démarche de, progressivement, apprendre à s’en réclamer, justement. De réaliser que ce rejet du mot se fait à cause de notre inconfort en société… ou, plutôt, de l’inconfort de la société vis-à-vis de nous. Le problème étant qu’on s’approprie cet inconfort.
    On nous fait croire que se clamer surdoué-e c’est être méprisant, vantard, etc., et c’est ainsi qu’on croit vraiment l’être, méprisant, vantard, arrogant, et j’en passe. Alors que nous ne le sommes pas nécessairement, et si nous le sommes ça peut être pour de multiples raisons, mais de n’est pas quelque chose de causé par la surdouance, l’un et l’autre ne sont pas indissociable de l’autre.
    Sauf que, du coup, ça nous coupe de beaucoup. Et ça nous coupe de la possibilité d’accepter la surdouance comme une part intégrante de notre personnalité, et non comme quelque chose de vil, à cacher, à mesurer, etc.
    C’est un long processus, j’y travaille moi-même encore, mais je pense que le rejet du mot est très symbolique d’où en est le-la surdoué-e en terme de rejet de soi-même.

    (Mes excuses si je me suis un peu dispersée, beaucoup à dire sur le sujet, et beaucoup de pistes intéressantes ont été lancées dans l’article ainsi que les commentaires ^^)

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    • Line dit :

      Merci beaucoup Maeva pour ce très très plaisant et intéressant commentaire. ❤

      Au contraire, j'aime quand les gens devellopent leurs pensées, leurs réfléxions. C'est ce qui rend les échanges si riches !
      Et si on ne peut pas laisser son esprit sauter sur toutes les idées qu'il aborde sur un blog dédié au HPI et tout ce que cela implique dans la vie, alors où peut-on le faire ?

      Au contraire, au contraire, allez-y. ^^
      C'est un plaisir. 🙂

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