QI or not QI ?

Ou plutôt, QIT or not QIT ?

D’abord comprenons bien ce qu’est le test psychométrique WAIS-IV.

Le WAIS-IV est une compilation d’épreuves destinée à donner une mesure du fonctionnement cognitif d’une personne, comparativement à son groupe d’âge, au sein de sa culture de référence.
Les épreuves donnent une mesure de ce que l’on appelle l’efficience intellectuelle, en gros de vos capacités cognitives si vous préférez.

Pour obtenir cet état des lieux, le test explore à travers ses épreuves différentes capacités cognitives, qui sont résumées dans les indices qui vont permettre de calculer le QIT.
Ces indices se nomment, pour le WAIS-IV : Indice de Compréhension Verbale (ICV), Indice de Mémoire de Traitement (IMT), Indice de Raisonnement Perceptif (IRP), et Indice de Vitesse de Traitement (IVT).
A eux 4 ils forment le QIT.
Soit pour que vous compreniez (mais ce n’est pas le véritable calcul hein) :

ICV + IMT +IVT +IRP = QIT

Je ne vous décrirai pas plus avant le test de QI ici, parce que tout test en psychologie est d’autant plus parlant que je sujet qui le passe est « naïf », c’est à dire, ne sait pas à quoi s’attendre, ne sait pas ce qui est étudié à travers quel outil.
Lorsque l’on sait ce qui est attendu ou cherché par quelqu’un, on a tendance à mettre en place des mécanismes d’adaptation, qui masquent le fonctionnement spontané de notre pensée.

Et puis, vous savez c’est un peu comme se préparer à un examen ou un test.
Si vous connaissez les questions à l’avance, ça n’a plus trop d’intérêt.

Ceci étant, si certain-e-s d’entre vous veulent absolument tout savoir, vous trouverez ici un article descriptif du test.

Le QIT qu’est-ce que c’est donc ?

Le QIT c’est donc l’indice qui vous donne une vue générale sur vos capacités intellectuelles, selon votre âge et votre culture d’appartenance.
C’est un indice.
Il vous donne donc une indication sur l’efficience de votre fonctionnement cognitif par rapport aux gens de votre âge et de votre culture/pays.

Qu’est-ce qui divise les psychologues en France au sujet du QIT ?

Il existe deux courants en France à ce sujet.
Les psychologues qui considèrent que le QIT est un indice aussi utile et parlant que les autres.
Et ceux et celles qui considèrent que le QIT n’a plus ni de sens ni d’utilité et que l’avenir des tests psychométriques est de ne plus fournir de QIT.

Ceux et celles du premier courant, appelons les les « pour QIT », considèrent que le QIT est un indice robuste (comprendre avec du sens et correctement construit) qui donne une indication utile sur le fonctionnement cognitif global d’une personne.

Ceux et celles du second courant, les « contre QIT » considèrent que cet indice est comparable à une sorte de moyenne générale, et qu’il ne serait pas assez parlant pour les individus qui passent le test. C’est à dire pour quelqu’un qui n’a pas la connaissance complète de la construction et de la cotation du test de QI.
Ces professionnel-le-s considèrent souvent que l’intérêt des tests psychométriques est de déceler les forces et éventuelles faiblesses du fonctionnement cognitif, ce qui est donné par l’analyse des 4 indices mais pas du QIT.
Exemple : les indices sont comparés aux notes dans certaines matières, le QIT la moyenne générale. Si un-e élève à 16 en maths et 4 en français, il aura une moyenne de 10. En se basant juste sur sa moyenne générale, on pensera qu’il s’agit juste d’un-e élève moyenne, et on passera à côté de ses difficultés en français et de ses aptitudes en maths.

Qu’est-ce que j’en pense moi, petite étudiante en psychologie, surdouée ayant passé le test et ayant fait passer ce test à d’autres ?

Je suis une femme de données.
Plus j’en ai, mieux je me porte.
Je considère que le QIT est un indice, au même titre que les 4 (ou 5 pour le WISC-V) autres, et que tous ont leur signification.
Je ne crois pas que la question soit celle de l’utilité ou inutilité du QIT, mais celle du pourquoi le test est passé.

Si le test a pour but de déceler les forces et faiblesses éventuelles du fonctionnement cognitif d’un individu, ce ne sera même pas les sous-indices (ICV, IMT, IRP, IVT) qui seront intéressants, mais le calcul d’écart à une moyenne de performance qui est calculé en interne au test et qui n’est pas communiqué sur les résultat tel quel.
C’est à dire que ce qui sera restitué sera que tel ou tel indice est une force ou une faiblesse, mais pas le calcul ou le résultat qui permet d’affirmer cela.
Et, dans ce cas, effectivement le QIT ne sera pas utile.

Si le test est passé pour, par exemple, avoir une réponse quant à un fonctionnement cognitif particulier, ou global, le QIT est un indice qui me semble parlant et pertinent, puisque c’est lui qui nous situe au sein de notre population de référence. Et qui nous donne une idée de nos capacités intellectuelle globales.

Qui plus est, un test psychométrique n’est pas qu’une affaire de nombres et de calculs. C’est aussi une histoire d’interprétation, et de sensibilité clinique du/de la psychologue.
En effet, il y a des questions qui ne sont pas tranchées scientifiquement concernant le test de QI.
Par exemple, on sait que s’il y a trop d’écarts entre les indices (ICV, etc), le calcul du QIT n’est pas forcément pertinent. Le « trop » n’étant pas déterminé précisément, une valeur indicative est donnée. Mais c’est une valeur indicative, rien de plus.
Au-delà de cet valeur d’écart le calcul n’est donc pas impossible, mais de moins en moins pertinent.
Comprenez par là que le calcul mathématique est toujours possible mais que plus il y a d’écart entre les indices, moins le QIT sera représentatif des capacités globales du sujet.
Reprenez l’exemple des notes et de la moyenne générale plus haut pour visualiser la chose.
C’est là que la sensibilité clinique et le jugement de la /du psychologue interviennent. C’est au/à la psychologue de juger à partir de quel écart entre les indices il/elle estime que QIT aura encore du sens, pour le profil de l’individu.

Alors QIT or not QIT ?

Comme souvent, ma réponse est : ça dépend.
Une indice n’a de valeur que selon le pourquoi qui vous fait rechercher cet indice.

Personnellement, je prends tous les indices possibles, parce que j’estime que l’on n’a jamais trop de données pour comprendre un sujet.

Certain-e-s psychologue aujourd’hui refuseront carrément de vous donner un QIT. C’est leur choix et leur droit.
Vous avez le droit de leur demander pourquoi, de discuter avec eux/elles à ce sujet et de choisir ou non de passer le test avec lui/elle en fonction de tout cela.

Vous trouverez toujours aussi des psychologues qui accepteront de vous donner un QIT à l’issue d’un test. Mais gardez à l’esprit que ce n’est pas le seul indice qui compte, et qu’un résultat de test psychométrique qui ne vous donnerait que un QIT présente aussi un intérêt moyen.
(Bon il y a aussi des situations où les gens veulent seulement un QIT pour pouvoir entrer dans une structure qui sélectionne sur ce seul critère. Dans ce cas, on peut se contenter d’avoir juste un QIT et c’est tout. Selon moi, se contenter de cela c’est ne pas exploiter au maximum ce que peut apporter un test de QI, mais libre à chacun-e d’en prendre ce qu’il/elle veut.)

Un « bon » compte rendu de test psychométrique, est un compte-rendu qui vous permet de comprendre votre fonctionnement cognitif, qui ne vous donne pas juste des nombres, mais surtout du SENS.

#HPI #QI #test #HQI #QIT

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