Test de QI d’enfant et test de QI d’adulte est-ce la même chose ?

Voilà une question qui peut sembler bête mais qui mérite, je pense, qu’on s’y penche.

 

Un peu de fondamentaux.
Un test de QI qu’est-ce que c’est ?

C’est un test psychométrique standardisé, qui mesure l’intelligence d’un individu comparativement à sa classe d’âge.
Je décrypte. Avec mes propres mots, mais je décrypte quand même.

Psychométrique : métrique, mesure; psycho, l’esprit. Donc psychométrique, qui mesure l’esprit.
Standardisé : dont les conditions de passation sont précisément définies, et sans lesquelles le test n’est pas valide, et qui permet sa reproductibilité et la comparaison et l’exploitation des résultats obtenus à chaque passation.
En d’autres termes, quand un test est standardisé, il est comme qui dirait livré avec une notice d’utilisation. Cette notice permet son bon fonctionnement et surtout permets d’obtenir des résultats valides, non faussés.
Comparativement à sa classe d’âge : Le résultat qui sera obtenu permet de situer l’individu au sein du groupe des pairs de même classe d’âge. Par exemple, les adultes (très large groupe en termes d’âge chronologique), les enfants, ou les adolescent-e-s.

C’est le premier point que je voudrais que vous reteniez pour la compréhension de ce billet.
Le chiffre obtenu au test de QI n’a de sens qu’au sein du groupe d’âge auquel nous appartenons.
C’est à dire que le QI d’un adulte n’est pas comparable au QI d’un enfant.

Là si vous êtes comme moi, vous vous êtes dit : « Mais…c’est quand même toujours la même intelligence dont on parle non ? Et puis, le HPI c’est de naissance et c’est à vie. Donc pourquoi est-ce que le QI d’un adulte ne serait pas comparable à celui d’un enfant ? »

Mais oui, diable pourquoi ?
Et d’ailleurs, pourquoi a-t-on trois tests différents pour mesurer le QI : deux pour les enfants (WPPSI-IV et WISC-V) et un pour les adultes (WAIS-IV) ?

La réponse, mes amis (je suis d’humeur grandiloquente), réside dans le point que je vous ai fait retenir plus tôt dans ce billet et dans la précision qui suit.

Revenons aux sources 

Les premiers tests d’intelligence ont été conçus au début du 20e siècle par Alfred Binet, un monsieur français, dont la préoccupation était de détecter les enfants qualifiés à l’époque par la science de « débiles » (car atteint-e-s de « crétinisme » ou « débilité »), pour leur épargner certains affres dans le système scolaire.
[Parce que quand même, à l’époque, frapper des enfants à coup de règle ou de martinet ou de je ne sais quoi parce qu’ils n’avaient pas retenus leur leçon ou formaient mal leur lettre était courant. Donc imaginez le sort du pauvre enfant « débile » qui ne peut tout simplement pas y arriver malgré tous ses efforts…]
De ces travaux et de ces tests, est sortie la notion d’Âge Mental (ou AM) qui fut la première mesure de l’intelligence.
L’Age mental était une notion recouvrant grosso modo le rapport entre l’âge chronologique d’un enfant, et ses capacités cognitives.
Cela prenait en compte le développement des enfants, et ce qu’ils sont censés savoir, connaitre et savoir-faire et à quel âge.
Puis la notion a évolué, grâce aux connaissances en psychologie qui faisaient de même, et l’on est passé au QI (Quotient Intellectuel).

Ce petit détour historique souligne encore l’importance de la notion d’âge dans la mesure de l’intelligence.

Une question de référence
Il faut bien comprendre que le QI est une valeur qui prend son sens uniquement dans le contexte de la population de référence dans lequel il situe l’individu.
Par exemple : pour les adultes le QI moyen est admis à 100. Pour obtenir cette moyenne, on a compilé les performances au test de tout un tas d’adultes (16 jusqu’à 69 ans et 11 mois), et on a en sorti la répartition du QI chez les adultes en France et ça donne la courbe de Gauss que voici :

qi_loi_gauss
Cette courbe est donc la référence qui nous permettra de situer les adultes au sein de leur groupe d’âge en fonction de leur QI.

Imaginez maintenant que l’on fasse passer le test de QI pour adulte (WAIS-IV) à un-e enfant de 6 ans.
A votre avis quel résultat obtiendrait-on ?
Je rappelle que lors des épreuves du WAIS-IV, le calcul mental et l’arithmétique, ainsi que des questions de société et de culture générale sont posées.
L’enfant de 6 ans se retrouverait immanquablement avec des performances lamentables dans plusieurs épreuves. Non pas parce qu’il ou elle serait stupide, mais parce qu’à 6 ans, dans le système scolaire classique (en France) on n’a pas encore appris les pourcentages ou les produits en crois, pas plus qu’on n’a apprit toutes nos table de multiplications.
Allez résoudre un problème de tête qui nécessite de faire un produit en croix quand vous ne savez même pas multiplier par 3 ou ce que peut bien être un produit en croix !

Inversement, faites passer le test de QI des enfants aux adultes et comparez leur performance à celles des enfants, et vous aurez à coup sûr des génies intergalactiques.
Forcément, à 25 ans, on a largement acquis la maîtrise du coloriage, du puzzle de plus de 3 pièces et la distinction entre la tortue et l’éléphant.

Comparer ce qui est comparable pour comprendre de quoi l’on parle

Il ne vous viendrait pas à l’esprit de comparer les performances d’un-e adolescent-e-s de 17 ans, avec celles d’un-e enfant de 10 ?
Et bien de la même façon, on ne peut pas comparer le QI d’un-e enfant et celui d’un-e adulte.

Il faut aussi savoir qu’il a été démontré qu’à l’adolescence, définit pour cette étude entre 14 et 18 ans, le QI pouvait varier jusqu’à 15 points, en plus ou en moins.
15 point représentant un écart-type complet.
Sachant qu’on détermine la douance avec un score de QI à deux écart-types au moins de la moyenne (Moyenne : 100, écart-type 15, 2×15=30 soit douance =130 au moins) ces 15 points peuvent faire toute la différence.

A noter qu’un tel écart n’a été observé que durant la période de l’adolescence. Et que si le QI varie au cours de la vie en fonction de bien des facteurs, les variations dépassent rarement les 2 ou 3 points. (Et c’est déjà énorme de varier de 3 points de QIT)

Un seul test à vie ?

Parce que finalement, la question sous-jacente est bien celle-là : est-ce que le résultat obtenu en tant qu’enfant peut être valable pour l’adulte qu’il deviendra ?
Tout dépend de ce qui vous importe dans ce résultat.
Si c’est la question de la catégorie HQI/THQI (qui jusque-là sont des catégories purement statistiques rendant compte d’une fréquence dans la population et pas d’un fonctionnement encore différent, même si certains le supposent) et que votre QIT en tant qu’enfant était de +/- 3 points autour de 145, vous pouvez vous fendre d’un second test à l’âge adulte.
Vous verrez bien.

Si ce qui vous plait c’est de connaitre le chiffre exact de votre QI et de vous dire que vous avez plus que Marcel mais moins que Ginette, aussi.
(Oui j’admets, à mes heures, mon petit gremlins intérieur est comme ça. Je trouve ça complètement stupide ceci étant. Mais mon gremlins est stupide, que voulez-vous.)

Mais si la question est de savoir si vous ou votre enfant demeurera surdoué à l’âge adulte, économisez vos sous, la réponse est OUI, et il n’y a pas besoin de refaire de test pour ça.

Enfant ou adulte : mieux comprendre pour mieux être.

Chacun-e donne un sens et une importance différente au QIT.
Certain-e-s préfère le chiffre exact, d’autre parlent en écart-type (moi) et d’autre encore en rang percentiles. Et d’autres n’en parlent même pas.

Loin de moi l’idée de vous dire quelle importance donner à ce chiffre. C’est votre histoire, donc vos lois.

J’espère néanmoins que ces quelques lignes auront permis de relativiser un peu la vision parfois trop absolue du QI et les pressions qui peuvent en découler.

 

 

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