Rejeter la société ?

Suite à un commentaire de Lou suite au billet « Immaturité sociale », je me suis posée la question de comment pouvait être reçu ce que je disais à propos des normes sociétales.

Comme je n’aime pas l’idée qu’on puisse comprendre ou me faire dire (en toute bonne foi hein!) ce que je n’ai pas dit ou penser, je saisi l’occasion et me fends d’un petit billet de précisions. (Et je ne dis pas que c’est Lou qui travestit mes mots, mais que ce sont ses commentaires – stimulants ! – qui m’ont amenée à me questionner et ces questions qui ont amené ce billet).

Ainsi donc, dis-je à travers mes billets que la société doit se plier à nos particularités de HPI ?
Diantre non ! (Oui j’ai des envie de Médiévie en ce moment.)
Non,non,non,non,non.

Loin de moi l’idée d’une insurrection ou d’un rejet absolue de ce système qui nous permet de vivre ensemble (comme je le disais, plus ou moins bien, mais quand même ensemble. Enfin pas tous, tous tous ensemble vraiment équitablement, mais quand même).

Non, ce que je dis, c’est que je questionne non pas les règles sociales que sont les lois, mais certaines règles implicites qui selon moi traitent plus de l’apparence et ont été admises sans réflexions et considérées comme « justes et bonnes » simplement parce qu’elles ont été adoptées par la majorité.
Par exemple, déclarer qu’il faut une certaine tenue pour faire « sérieux » au travail. Comme si, pour un travail de bureau, porter un jean ou une jupe de tailleur pouvait changer quoi que ce soit à vos performances en matière d’archivages de classeurs.
Comme si l’un ou l’autre vous rendez plus ou moins compétent-e.
Vous voyez l’idée ?

Est-ce que ce blog se veut détenir LE mode d’emploi et LA bonne solution pour être HPI est heureu-x-se ?
Non, non, non, non, non, non plus. :p
Surtout pas en fait.
Ce blog est d’abord un témoignage. Le témoignage d’une vie heureuse avec le HPI et dans notre société telle qu’elle est.
Même si oui, je fais des choix considérés comme marginaux ou parfois même inacceptables ou mauvais par cette même société.
Ce n’est pas grave, c’est justement ça qui rend la chose intéressante. C’est de montrer que l’on peut vivre heureu-x-se en faisant des choix considérés comme négatifs d’ordinaire.

Ensuite c’est un petit peu, une plateforme informative. Un tout, tout, tout petit peu ! :p
Je glane, au fil de mes pérégrinations, et de mon temps disponible, des informations que je trouve intéressantes, pertinentes, utiles, ou pas, sur le sujet du HPI chez mes adultes.
Mais d’autres blogs/sites ont eu cette vocation avant le mien et le font très bien, aussi je vous invite à les consulter pour ce genre de choses.

=> Planète Surdoué
=> Adulte Surdoué

Enfin, c’est un encouragement. Un encouragement à toutes les personnes HPI qui se découvrent à l’âge adulte à être elles-mêmes, à aller vers leur épanouissement et leur bien-être.
Cela ne veut pas dire, forcément tout rejeter en bloc partout et tout le temps, mais simplement à se considérer un peu plus comme ayant le droit d’être tel-le que l’on est.
C’est un encouragement à se connaitre et s’accepter et donc, à respecter ses limites autant que celle de la société.
Comprendre que ce n’est pas parce qu’un comportement est adopté par la majorité qu’il est fondamentalement bon et ou juste.
(Rien n’est vrai. Tout est permis.)
Comprendre aussi que revendiquer sa différence, c’est aussi accepter que les autres n’acceptent pas cette différence.
(Même si oui, moi, je souhaite travailler à faire que cela soit reconnu, accepté et intégré dans la société. Mais pour cela, il faut – à mon sens – comprendre que parfois, pour certain, cela ne soit jamais possible.)

Bref c’est un encouragement à se connaitre, à faire ses choix en toute connaissance de cause et en accepter les conséquences dans cette société qui est aussi la nôtre.

Est-ce que je me plains dans ce blog ?
Hihi, oui parfois !
Et je vous admets volontiers que ça me fait beaucoup de bien.

Mais fondamentalement, j’écris dans un esprit de partage et d’échange, et pas dans l’idée de me faire plaindre.
Parce qu’en fait, je ne me considère pas tout comme à plaindre.

Est-ce que je pense que la société est contre moi ?
Hihihi, non, pas du tout.
Je n’aime pas et trouve stupides pas mal de ses règles de comportements de groupe implicites, mais je ne pense pas que cette société ait quoi que ce soit contre moi.
Enfin, pas en tant que HPI.
(En tant que femme, c’est une autre histoire, parce que le patriarcat a quelque chose contre les femmes. Voilà c’était la parenthèse féministe.)

J’assume pleinement tout ce que je n’aime pas et trouve stupide dans nos façons de fonctionner en tant que groupe social d’individus.
Mais, même si je les remets en question et préfère adopter d’autres comportements, j’en assume aussi les conséquences.
Par exemple, je ne veux pas jouer le jeu des simagrées de l’ego en entreprise, je n’ai pas envie non plus de « faire du lien social » (autrement trainer avec les collègues) quand ces derniers me paraissent ennuyeux à mourir.
Mais je sais très bien qu’en conséquence, je n’aurais pas bonne presse, donc un statut de marginale donc un accès restreint voire impossible à des promotions ou missions intéressantes.

Tout est une question d’équilibre.
Quand le jeu en vaut la chandelle à mes yeux, je joue selon les règles.
Par exemple, pour la carrière que je me suis choisie par vocation, intérêt et passion, je suis prête à « socialiser » à mort.
Je suis prête à jouer le jeu, même si je le trouve bête le plus souvent.
Et, je vais vous dire, je suis prête à le jouer super bien. :p

Est-ce que je me considère comme une victime faisant partie d’une minorité ignorée ?
Non, dans le sens où je sais que si je « jouais le jeu » les choses seraient plus fluides socialement. Mais ce serait plus confortable pour les autres, et pas pour moi.
Et comme j’ai décidé que j’avais autant le droit d’être acceptée telle que je suis que les autres, et bien je ne joue le jeu que quand ça ne me fait pas (trop) souffrir.

Oui, parce que objectivement, j’en ai été une.
Comme tous ces enfants qui ne sont pas diagnostiqués, et/ou pas accompagnés, et/ou laissés sur le carreau parce que « différents ».
Ce n’est pas du ouin-ouin, c’est une observation objective : à cause de multiples facteurs sociétaux, j’ai été lésée en tant qu’enfant et adulte.
Ceci étant constaté, le but du jeu est d’en faire une donnée exploitable pour la suite, pas de se rouler dedans en pleurant.

Certes la minorité dont je fais partie est ignorée par la société.
Bon d’accord.
Mais les daltonien-ne-s aussi voyez-vous.
Et les diabétiques.
Et les autistes.
Etc.
Donc bon, on va s’en remettre hein !

Conclusion 
Je n’ai pas d’ambition sociétale vis à vis du HPI. J’ai des espoirs au niveau individuel.
J’ai l’espoir que les individus HPI se sentent bien tel-le-s qu’ils et elles sont, dans toutes les microsociétés dans lesquelles ils et elles vivent (familles, amis, travail, etc.).

Et pour ça, je souhaite travailler avec eux, réfléchir, analyser, questionner ces microsociété et leur fonctionnement, pour comprendre et savoir où elles sont en harmonie avec ce que nous sommes en tant qu’individus, et où elles ne nous rencontrent plus.
Comprendre les conséquences de nos choix, de nos actions, et pouvoir choisir en harmonie avec ce que nous sommes et la réalité de nos cadres de vie. 

Et merci à Lou d’avoir donné lieu à ces reflexions bien venues ! 🙂

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