« Immaturité sociale »

J’ai découvert ce concept lors de mon stage, quand j’échangeais avec la neuropsychologue qui m’encadrait, sur les rapprochements et similitudes que l’on pouvait observer chez les personnes HPI et chez les personnes atteintes d’autisme.

Et là, parmi les décalages sociaux a jailli, concernant les HPI (et moi directement puisque dans cette conversation, je ne pouvais décemment bien parler que de moi, ne pouvant et ne voulant pas me considérer comme une base sur laquelle faire une généralité) qu’il y avait une « certaine immaturité sociale ».

PAF !

Je me suis prise un soufflet intellectuel.
J’ai été renvoyée 17 ans en arrière, quand je reçevais les observations d’un conseil de classe, et qu’un prof m’avait qualifiée de « jeune d’esprit » (et ce n’était pas un compliment).

J’ai donc encaissé le (petit) coup.
Et j’ai ravalé ma réplique, que je vous livre ici : « Parce qu’évidemment c’est nous/moi qui sommes inadapté•es et pas la société qui aurait des attentes et des standards incensés. »

Je ne sais pas si cette « immaturité sociale » est considérée comme un critère sémiologique du HPI.
Ou si c’est une observation/interprétation personnelle à la personne avec qui je discutais. Interprétation/observation qui est à considérer et à laquelle je porte une vraie valeur, vu la professionnelle qui l’a émise.

Il n’empêche que ce décalage social existe, au moins dans mon cas.
Je ne le nie pas et ne le nierai jamais.
Là où je suis chiffonnée, c’est que l’expression choisie, « immaturitée sociale » traduit quelque chose d’incomplet, d’inachevé, quelque chose qui n’a pas terminé son developpement.
Or, ce n’est pas que je n’ai pas fini de comprendre les attentes et normes sociales. Je les connais, je les « comprends » – dans le sens où intellectuellement je sais de quels concepts il s’agit – et si j’avais aussez d’énergie et de volonté à gaspiller, je les appliquerais.
C’est juste, et je paraphrase en cela le Dr. Olivier Révol dans sa conférence d’Orléans en octobre 2016, que je connais et maîtrise les conventions sociales, mais que ça n’a pas d’intérêt pour moi.
Pas tout le temps du moins.

Voyez vous, l’exemple qui a été pris pour illustrer cette immaturité sociale était que pendant les réunions de travail, je pouvais aller sur mon téléphone ou travailler sur mon ordinateur en même temps.
Dans le premier cas, j’avais besoin de m’occuper l’esprit à quelque chose de plaisant. Dans le second, je pouvais, tout bêtement, prendre en note ce qui était dit.
Exactement ce que faisaient les autres gens présents autour de la table de réunion, mais avec papier et stylos…
Bref ces comportements d’attention partagée ont été en premier abord interprétés comme de la distraction et de l’inattention, de la dispersion, avant d’être expliqués par la personne qui m’encadrait et qui a précisé « ma condition » et mes particularités de fonctionnement.

Je trouve cet exemple très intéressant. Il est pour moi très éclairant et représentatif de mes difficultés au travail, et j’en suis convaincue, de celles que peuvent rencontrer beaucoup d’autres HPI, particulièrement les femmes (de part les clichés et attentes genrées qu’on a vis à vis d’elles) au travail.

Constatations

Il y a décalage entre ce que les autres attendent et croient percevoir et ce que je fais vraiment.
Il y a  décalage entre ce que je perçois comme essentiel et ce qui est essentiel pour les autres.
Et dernier point, mais pas des moindre, les autres, la société, ne se remet pas du tout en question.

Pour les deux premiers points, ça n’a rien d’une découverte.
Pour le second, c’est une prise de conscience amère, je dois l’admettre.

Pas une seconde, dans la discussion, il n’a été question de se dire que l’on pouvait aussi envisager les choses sous un angle différent.
Dans le discours de l’immaturité sociale des HPI, on considère que le « bon comportement » que « ce qui doit être » et donc ce qui est « valide » est ce que la société attend. Ce que les codes sociaux demandent.
Il y a une valence dans la considération des comportements, qui place celui du HPI comme étant « celui qui ne convient pas » et celui attendu par la société comme « celui qui convient ».

Je ne suis pas d’accord.
Ce n’est pas parce que ce comportement est attendu dans notre société, dans notre culture à cette époque, qu’il est « bon » de façon absolue.
Ce comportement est une attente particulière, dans un cadre particulier et surtout il est purement subjectif.
Ce n’est pas qu’il est plus correct qu’un autre, c’est qu’il correspond à un cadre précis, à un instant précis, et surtout il correspond parce qu’une majorité de personnes le reproduit, s’y plie et le perpétue.

Mais le mien de comportement, cette soi-disant immaturité sociale, en quoi est-il « mauvais » ?
Parce que, même si je suis sur mon téléphone et/ou sur mon ordi en même temps que je suis en réunion, je fais mon travail.
La tâche qui m’est confiée est faite, et bien faite, dans les temps attendus (voir avant).

Alors quid ?

Conclusion

Il n’est pas question de tout jeter à la poubelle. Les attentes sociales de notre culture et société nous permettent de vivre ensemble. Plus ou moins bien, mais il n’empêche que ça fonctionne aussi.
Donc, je n’en suis pas arrivée à me dire qu’il fallait tout brûler et se mettre à déambuler tou•tes nu•es dans la rue.

Je me suis bornée à cette immaturité sociale déclarée, dans le cadre du travail.

J’en ai conclu que ce terme était inadapté, mais tout à fait parlant quant au refus de la société de se penser autrement que comme « ce qui est correct à faire ».

La réalité des HPI n’est pas que nous sommes incapables de suivre les règles implicites des codes sociaux. Je crois pouvoir le dire sans trop de risques.
Non, nous les comprenons.

Mais je crois que pour certain•es, certains de ces codes sont vides de sens. Ils sont perçus comme inutiles, encombrants et/ou ridicules.
Et c’est pour cela qu’ils ne sont pas suivis et/ou appliqués.
Pas parce qu’un processus nous permettant de les saisir ne serait pas arrivé à son terme.

Je pense que cette appelation rassure beaucoup les neurotypiques, plus ou moins consciemment, car ce terme d’immaturité nous renvoie à un statut inférieur d’enfant, d’être et/ou d’esprit inachevé, qui vient contrebalancer la menace de l’intelligence supérieure ou très supérieure (selon la terminologie psychométrique).

Cela m’a ramenée, aussi, à cette douloureuse considération qu’une carrière neurotypique dans cette société reposait presque plus sur cette représentation constante du rôle que l’on attend de quelqu’un au travail, que sur la qualité du travail fourni.

Les conseils de Tata Line

Au boulot, les gens se prennent aux sérieux, bien plus qu’ils ne font leur travail sérieusement.

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24 réflexions sur “« Immaturité sociale »

  1. Thirty-one dit :

    Je ne pense pas que de bosser sur son ordinateur en réunion soit une particularité des personnes ayant un HPI (j’en fait apparemment partie) mais plutôt la manifestation d’un habitus générationnel. Je suis en effet trentenaire et à nouveau étudiante. J’ai au préalable été frappée de voir tous ces ordinateurs faire barrière entre l’enseignant et l’étudiant, et de voir toutes ces personnes  » multitasker » et enrichir leur cours grâce aux apports de la Toile, voire consulter les réseaux sociaux. .. Je ne pense pas que tous ces gens aient un HPI, quoique…

    Dans quelques années tout le monde prendra des notes sur ordinateur en réunion.

    Je n’oserais pas prendre mon téléphone pour jouer en réunion, dessiner oui, m’a-ton trouvée immature ou en décalage ? Oups, peut-être bien que oui…

    Et moi je trouve que certaines personnes se prennent beaucoup au sérieux, c’est même bizarre parfois, comme s’ils étaient de mauvais acteurs ….

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    • Line dit :

      Non, effectivement, je ne pense pas non plus que prendre des notes sur ordinnateur soit caractéristique des personnes HPI.
      Ce n’est pas ce que je voulais dire et j’espère que ce n’est pas ce que j’ai écrit.
      Je ne faisais que retranscrire les observations et remarques de la personne qui m’encadrait.

      Evidemment sans tous les détails du contexte il est difficile de se projeter, mais l’immaturité sociale dont il est question se relève dans les comportements sociaux dits « inadaptés » ou inattendus, et perçu comme « enfantin ».
      Notemment, consulter ses messages sur son telephone en réunion fait partie de ces comportements visés.

      Quoi qu’il en soit, je crois aussi que l’usage des technologies numériques est une question de génération. Mais, j’ai travaillé avec des trentenaires et plus, pendant mon stage, et j’étais la seule aussi à l’aise avec la technologie.

      Evidemment ça n’a pas de rapport avec le HPI, plus avec mon parcours scolaire dans son ensemble.

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  2. Miaou dit :

    Alors là, je suis d’accord à 100% avec toi. On m’a souvent dit que j’étais « immature ». Et j’ai constaté comme toi que « les gens se prennent aux sérieux, bien plus qu’ils ne font leur travail sérieusement. » Je dirais même que pour certains, il y a une corrélation négative entre « je me prends au sérieux » et « je fait mon travail sérieusement ».

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  3. Lou dit :

    Je parcours ton blog de haut en bas (et en diagonal) du coup je réponds à plusieurs articles. J’ai été vraiment impressionnée par le premier « Moi génie ». Mais un peu déçue par les suivants. J’espère ne pas te heurter par mon franc parler, n’y vois aucune mauvaise intention. Je trouve souvent tes autres billets pessimistes, versant parfois un peu trop dans le victimaire (terme à la mode mais mal usité, navrée). Ayant eu un parcours très difficile et un diagnostique tardif (très très gros choc), je me sens assez à l’aise pour évoquer notre place dans la société et notamment en ce qui concerne les normes sociales. J’ai fait moult erreurs à l’époque où je ne me comprenais pas encore et ai subi de violents rejets. Avec le recul, j’estime que j’en étais en grande partie responsable. Aujourd’hui en paix avec moi-même, sur le point d’entamer un tournant très peu conventionnel dans ma vie, je perçois l’utilité des normes sociales.Je m’y conforme tant que mon éthique n’est pas attaquée même si je joue souvent un rôle (je suis une pro du mimétisme). Non parce que je veux me cacher mais parce que je comprends que les autres êtres humains ont besoin de sécurité alors que moi je suis sans cesse en train de faire et de défaire (mes projets, mon boulot, mes envies . . . ) . Si je veux pouvoir partager des choses avec eux, je dois d’abord apprendre leurs codes pour qu’ils acceptent de vivre avec cet indéfinissable sentiment que je perçois en eux et qu’ils doivent digérer avant de pouvoir m’apprécier. Ce que les minorités d’aujourd’hui ne comprennent pas, c’est que pour pouvoir développer de l’interaction, s’enrichir au contact des autres, il faut d’abord éviter de heurter la majorité. Quelqu’un m’a dit: »Entre dans le système et change-le de l’intérieur ». Cela est applicable à la plupart des êtres humains d’ailleurs. Nous leur semblons étranges, perturbants, insaisissables, quoi de plus naturel si on parle de nature humaine. La véritable intelligence à mon sens est d’être capable de s’adapter sans se trahir, de ne pas se priver d’un certain plaisir également. Beaucoup de HP y parviennent. C’est en faisant plusieurs pas vers les autres et des efforts colossaux que je suis parvenue à me faire apprécier dans mon travail ce qui m’a permis de faire passer beaucoup d’idées qui auraient été rejetées en bloc auparavant. Encore une fois, ce n’est que mon point de vue.

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    • Line dit :

      Je comprends tout à fait et ce que tu dis est très juste.
      Néanmoins, même si je trouve que l’option que tu as choisie est tout à fait valable, ce n’est pas celle qui me convient aujourd’hui.

      J’aspire, certainement de façon très utopique, à interroger la société via les individus qui la compose justement en démontrant que l’on peut y vivre, et y vivre bien, tout en ne se conformant pas à certains de ces standards.

      Pour le côté victimaire, je prends note. 🙂
      Ce n’est pas l’esprit avec lequel j’écris ce blog en général, mais oui certains billets son « des billets d’humeurs » donc aussi destinés à me soulager les nerfs. ^^

      En règle général je ne me pense pas sujet subissant, mais comme sujet recoltant la conséquence de ses actions.
      Néanmoins, sur certains points, je trrouve que nous sommes conditionné à se remettre en cause en tant qu’individu déviant de la norme, plutôt qu’à remettre en cause la norme.

      La question sous-jacente étant : est-ce que les normes adoptées par la majorité sont forcément justes/bonnes, parce qu’elles sont adoptées (sans aucun questionnement) par le plus grand nombre ? Quel mal y’a t-til à proposer un comportement autre, non incompatible avec cette société mais non proné ou adopté par la majorité ?

      Et puis, quel mal y at-il à s’assumer totalement, asbolument avec toutes les conséquences que cela peut avoir ?
      Y compris ce qui parait aux yeux de la société comme un isolement social ?

      Je ne prône pas « ma » façon de faire, car elle ne convient qu’à moi. Et mes billets ne sont pas à comprendre comme un mode d’emploi universel, mais comme un témoignage d’une autre façon de faire possible.

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  4. Lou dit :

    Bonjour,

    ton post m’intéresse beaucoup et je suis particulièrement sensible à la phrase: « je ne me pense pas sujet subissant, mais comme sujet récoltant la conséquence de ses actions ». J’y adhère sans réserve ayant expérimenté tout au long de ma vie qu’un simple changement de positionnement interne pouvait influer grandement sur mes interactions avec « l’extérieur ». Ton second paragraphe résonne également en moi et sur le fond nous sommes d’accord mais peut-être pas sur « l’option » en effet. Je me suis peut-être mal exprimée mais je n’ai jamais renoncé à interroger la société. J’ai encore perdu un poste l’année dernière pour avoir refusé de me soumettre à une autorité absurde, illégitime à mes yeux car incompétente et despotique. C’est pour cela que j’ai précisé « tant que mon éthique n’est pas attaquée ». Pour reprendre ta question sous-jacente qui est passionnante à mon sens, je réitèrerai ce que j’ai développé précédemment: la norme constitue un cadre et une sécurité pour la majorité. Elle n’est ni bonne ni mauvaise à mes yeux, elle est simplement utile. C’est un squelette, une armature et un consensus qui permet à des êtres aussi pulsionnels que nous de pouvoir nous réguler pour vivre ensemble. Je ne nie pas que par la suite, cette norme puisse dépasser sa vocation première et devenir oppressive. A l’origine de l’ancrage de la norme, je suppose qu’il y a l’éducation, qui oblige l’enfant à refouler certaines tendances « naturelles » (au sens rousseauiste du terme) pour intégrer le « grand tout » social. Les enfants ont besoin de repères clairs. Là où cela devient problématique, c’est lorsque même en grandissant, l’enfant qui n’en n’est plus un n’est pas autorisé à remettre en question le modèle qu’il a reçu.Par exemple, je ne suis pas choquée par le fait que des parents transmettent une religion à leurs enfants. . . mais le suis s’ils ne l’autorisent pas à s’en écarter par la suite. Et quand je parle de « transmission », elle n’exclue en aucun cas le fait de se soumettre au questionnement de l’enfant tout au long de son apprentissage. Mais cela demande d’avoir en face des adultes très assis sur leurs bases, en paix avec eux-mêmes etc. . . Le monde étant bien imparfait (et nous aussi), nous savons toutes les deux que cela n’est pas le plus courant.Et si le monde était parfait, s’il n’y avait plus rien à améliorer, je m’ennuierais horriblement.Je ne sais plus où j’ai lu qu’une certaine dose de souffrance était peut-être parfois nécessaire. Peut-être que si tu n’avais pas souffert, tu ne te serais pas exposé dans une émission pour faire avancer les choses. Tu n’aurais pas fait ce blog. Sautant du coq à l’âne, je reviens sur tes questions: »Quel mal y’a t-til à proposer un comportement autre, non incompatible avec cette société mais non prôné ou adopté par la majorité ?Et puis, quel mal y a-t-il à s’assumer totalement, absolument avec toutes les conséquences que cela peut avoir ? ». Encore une fois, ma réponse personnelle serait que cela n’est pas une question de bien ou de mal. Que cela ne se joue PAS DU TOUT sur ce plan pour « les autres ». Et pour ma part, c’est quand j’ai compris à quel point moi aussi je pouvais les heurter voire les blesser que j’ai pu avancer vraiment dans ma relation à autrui.
    Enfin, à aucun moment je n’ai perçu tes articles comme un mode d’emploi mais plutôt comme le partage d’une vision de la vie qui demande, inconsciemment ou non, à être questionnée à partir du moment où elle s’expose.Et c’est tout à fait passionnant en ce qui me concerne!

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    • Line dit :

      Lou c’est un plaisir de te lire !
      Merci pour tes interventions aussi interessantes qu’enrichissantes. 🙂

      Je comprends ta préoccupation à ne pas heurter les autres et la conscience que tu as de ce que tu peux provoquer chez eux.
      Pour ma part, à cause d’une profonde tendance à me faire disparaitre au profit des autres qui me nuit sur différent plan, il m’a fallut ré-ajuster ma façon de faire.
      Et c’est un travail constant.
      Pour ne pas me nuire, j’ai dois apprendre à ne pas systématiquement faire passer le bien-être des autres avant le mien.
      De fait, tout est une histoire d’équilibre entre le bien-être de l’autre et le mien.
      Je considère leur bien-être tant que ce n’est pas au prix du mien.

      Pour reprendre ton exemple, je fais attention à ne pas heurter les autres seulement si je perçois qu’inversement, les autres se soucient de ne pas me heurter.

      Evidemment, comme personne n’est officiellement télépathe à ce jour, cela demande un minimum d’investigation ! :p

      J’apprends que je suis dérangeante « par nature » pour les autres.
      C’est très perturbant, mais j’apprends. En revanche, j’ai très vite compris que ce que je pouvais dire, mes visions du monde, des gens, des choses, pouvaient être jusqu’à inaudibles parfois pour les autres.

      Comme je le dis, tout est une question de positionnement de curseur et d’équilibre interne à mon sens.

      Ce que considèrent les autres n’est qu’une donnée à intégrer pour déterminer les comportements, actions et choix qui seront acceptables à nos yeux, respectant notre bien-être, nos valeurs et notre identité.

      Je suis heureuse que tu n’ais pas perçu mes articles comme un mode d’emploi ! Parce que ce n’est pas leur but et ça m’aurait fait me questionner sur ma capacité à transmettre mes idées :p

      Alors en fait, si je n’avais pas souffert je n’aurais sans aucun doute pas fait l’émission.
      Mais ce blog existe depuis mon diagnostic, donc depuis 3 ans maintenant.
      Est-ce que je veux changer les choses ? Je ne crois pas avoir cette ambition. Je suis bien plus modeste que ça dans mes espoirs ! :p
      J’espère pouvoir apporter un peu d’espoir en témoignant d’une réalité de vie que je qualifierai d’alternative, dans ce qui est usuellement montré du HPI.
      Une fenêtre sur une option pleine de bonheur, notemment. :p

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  5. Athalset dit :

    Bonjour, je passais par là et le titre m’a pas mal intrigué, c’était un article super intéressant à lire et ça m’a fait rire de part l’expression. Alors je ne vais pouvoir donner mon impression que sur mon point de vue de lycéen, je n’ai probablement pas le recul pour que mon avis soit objectif et couvre autre chose que la période « étude » (niveau collège/lycée). Je trouve ça drôle que certaines personnes « normales » puissent voir les HPI comme des immatures (sociaux ici) alors que, à ce que j’en ai vu et je ne peux parler que pour moi, j’ai l’impression que nous sommes souvent plus mature que les autres sur beaucoup d’autres domaines surtout sur cette période. Personnellement il y a des moments où j’ai l’impression qu’il y a une barrière entre moi et les autres niveau maturité (en plus d’un blocage sur les connaissances et les goûts), typiquement quand j’entend des blagues salaces bien lourdes, les gens attendent que je rigole alors que moi je peux que les fixer parce que je comprend pas vraiment pas l’intérêt pour des gosses (parce qu’à 16 ans, on est majoritairement des gosses, moi y compris btw) de se montrer immature ou de réagir comme un croisement entre un enfant en primaire et un obsédé… Voili Voilou, je me trompe peut-être, c’est peut-être juste moi qui n’est pas logique mais je voulais partager mon impression, et pourquoi pas avoir d’autre avis là-dessus si tu en a un ou si d’autres en ont je suis preneur 😀
    Au plaisir de relire d’autres articles 🙂

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    • Line dit :

      Hello, hello Athalset ! 🙂

      Ravie de ton passage ici.

      Tu as parfaitement raison, lorsque l’on est enfant/ado, les personnes HPI sont beaucoup plus matures que leurs pairs du même âge.

      Pour tout te dire, cette plus grande maturité semble perdurer si je ne me penche que sur mon cas.
      Mais la maturité que l’on va appeler « de vie » n’est pas la maturité sociale.
      La maturité sociale c’est en fait correspondre aussi parfaitement que possible aux normes et attentes sociales comportementales implicites. Si je fais un raccourcis caricatural c’est « être en couple, marié-e, des enfants, un pavillon en banlieu, un travail en CDI, un chien et un break ».

      Mais en ce qui concerne la maturité tout court, je pense vraiment que toute leur vie, les HPI auront une longueur d’avance.

      On m’a souvent répété que j’étais « très sage » pour mon âge. Ou que je faisais preuve « d’une grande sagesse que mon âge ne laisse pas deviner ».
      Et ça venait de la part de personnes de 20 ans mes aînées.

      Tout ça pour dire que ton analyse empirique est parfaitement recevable. Et que tu ais 16 ans n’enlève rien à la qualité de tes raisonnements ou observations.
      Elles seront toujours les bienvenues ici, parce que c’est en faisant part de nos réflexions que nous les enrichissons. 🙂

      Et je te garantis qu’ici ce sera toujours un espace sécurisé pour échanger. Je tiens à ce que toutes les personnes qui pourraient y intervenir s’y sentent libres de s’exprimer, et respectées. 🙂

      Au plaisir de te recroiser ! 🙂

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      • Athalset dit :

        Super, c’est cool de savoir que je suis pas décalé pour tout le monde et de voir que mes impressions sont confirmés par d’autres 🙂
        Et du coup j’étais aussi plutôt d’accord aussi sur le côté maturité social, à l’origine je voulais parler de ça et puis comme toujours je me suis perdu d’idée en idée ^o^
        Pour refaire une comparaison avec le lycée, les « contraintes sociales » me font penser aussi aux couples au lycée, quand tu réponds à des gens qui te demande que toi tu n’as jamais été en couple avec personne, on te regarde comme si tu avais raté ta vie, c’est assez drôle. Du coup je répond toujours que je ne vois pas l’intérêt de me forcer juste pour « obéir à une vérité viable à l’époque où l’on mourrait de vieillesse à 30 ans », les gens ne comprennent jamais ma logique et reste bloqué dans leurs idées de pseudo-réussite sociable pendant que je rigole :’)
        Ils vont finir par me croire dingue, mais le fait que Nikola Tesla est était considéré fou me réconforte vachement quand on voit la qualité et la quantité de ses découvertes. 🙂

        Ps: Je me suis encore égaré là, non ?

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        • Line dit :

          Égaré? Non ton raisonnement est facile a suivre, tu l’exprime très bien. 😊
          Ahlala, c’est sur qu’au lycée c’est un sujet social dominant. Remarque plus tard aussi…
          Malheureusement trop souvent les gens sont en couple par peur de se retrouver face à eux même (et de s’attirer l’opprobre sociale ) que par envie et plaisir.

          J’aurais bien des exemples de jeunes gens qui ne rentraient pas dans les cases au lycée, et parfaitement heureu-ses-x néanmoins.

          Tu as raison de te rassurer, moi-même j’ai tendance à penser que ce sont ces normes sociales qui défient le bon sens et la raison.

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  6. Athalset dit :

    Totalement d’accord sur l’idée que les normes sociales sont étranges et dénués de logique, bon après c’est le cas des relations sociales en général, pas de logique ni de script, pas de pattern mémorisable mais ça peut-être intéressant quand les gens en face le sont 🙂

    Après je suis pas un pro dans tout ce qui est relationnel mais je m’adapte assez vite, du coup je peux ne pas rentrer dans les cases et le vivre très bien. Ce qui aide pas mal aussi c’est que j’ai un ami dont je suis sûr à 85% qu’il est HPI même s’il n’a pas fait de test et c’est tellllement agréable de discuter avec des gens qui ont la même façon de penser/voir les choses (comme ici) 🙂

    Pour mon raisonnement qui divague (vague) j’ai eu cette impression parce que quand je relis très vite je saut volontairement des lignes et j’ai vu ça: Maturité > Contraintes sociales > Antiquité > Nikola Tesla. Et je n’ai que trop l’impression que les autres rament souvent à me suivre, cf mon incroyable collection de mentions « à justifier » sur mes copies (pourquoi justifier une évidence ? vous avez 4h) :’)

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    • Line dit :

      Alors ça! Les « A justifier » je m’en souviens tellement!
      Mes résultats en pâtissaient d’ailleurs, même si je gardais une moyenne de 13 sans rien faire. Sans doute aurais-je pu avoir 14/16 sans ça.

      Enfin c’est seulement maintenant à 32 ans, et avec mon second cycle universitaire ( mes études de psychologie)que je commence seulement à comprendre (un peu) ce qui est attendu avec ce « à justifier ».

      En fait c’est exactement ce que tu dis : Il faut dire l’évidence. Même si ça va pour toi jusqu’à une impression de prendre les profs pour des demeurés en leur expliquant une telle évidence.
      Personnellement c’est très énergivore pour moi. Ça me demande de disséquer ma pensée d’une façon qui ne m’est pas du tout naturelle.
      Mais, malheureusement, c’est ça qu’ils attendent. Exprimer l’évidence et un niveau de séduction d’extrême base.

      :/

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      • Athalset dit :

        Je crois que justifier ce qui me parait évident fais parti de la liste noir des trucs que je déteste le plus, j’ai l’impression de devoir expliquer à mes profs leur job c’est très exaspérant :’)

        Un des rares trucs qui m’ennuient autant c’est le fameux moment où ton prof commence à parler de trucs bien complexes et donc hyper intérressant, et qu’il arrête au bout de 30 secondes pour dire « Mais ça c’est trop complexe pour vous, vous allez pas comprendre et vous verrez peut-être plus tard. » À chaque fois je dois me retenir de demander au prof si il est ma mère pour savoir ce qui n’est « pas de mon niveau » :’)

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  7. Matou dit :

    Je kiffe ton blog, tes ecrits sont reconfortants pour moi. Detecté HQI à 34 ans, il m’a fallu des années pour comprendre, assumer et enfin me debarrasser des obligations sociétales.
    Sinon j’ai l’impression de relire ma vie 😉 J’ai tout ré-inventé à ma sauce, je travaille de chez moi, expert dans mes domaines, on vient pas me chercher des noises et je m’en porte que mieux.
    Bon suite pour tes exams 😉

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    • Line dit :

      Merci beaucoup !
      C’est un plaisir de savoir que ce blog remplit son rôle. Heureuse de te compter parmi les quelques aventurier•e•s qui osent s’aventurer ici. 😊
      N’hésite pas à y réagir ou à partager tes expériences sur le sujet, c’est bienvenu.

      Bonne lecture et à bientôt j’espère.

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  8. Dulsao dit :

    Même si les codes ne sont pas bien compris, ou parfois ils le sont intellectuellement et pourtant l’affectif n’est pas géré. De façon viscérale. Eh bien même dans ces cas, je refuse de parler d’immaturité. Là je réagis sur le post à cette idée que ce n’est pas de l’immaturité parce que tu les maîtrises mais les juge inutiles/vides de sens. Oui, et non. Parce que oui, ce n’est pas de l’immaturité dans ce cas… mais dans l’autre non plus. Je parle de l’autre réelles difficultés car conformation cérébrale différente… Oui je fais aussi une dichotomie et une discrimination mais j’assume celle-ci. Parfois nous ne comprenons pas, ou nous comprenons tant que c’est théorique et en pratique boum badaboum tout vole en éclats. Et ce n’est pas de l’immaturité. Pour moi je ne vois même pas le sens de ce mot, je ne le vois pas pour l’affectif ou le social, je ne le comprends et je trouve surtout qu’il ne renvoie à aucune réalité… Il n’a rien de tangible, quelle norme, quelles attentes sociales et là je te rejoins. C’est quoi être mature ? Comment ? Pourquoi ? Selon quoi ? Attentes dans un cadre, devoir réagir selon des normes abstraites et arbitraires. Ou peu importe ce que sont ces normes (parce que les animaux aussi en ont), c’est de devoir s’y conformer le problème…

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