Le complexe de l’imposteure

Non il n’y a pas de faute, je suis une femme, alors je féminise.
L’académie française n’a peut-être pas validé la chose, mais une institution qui refuse de questionner une décision du 17e ou 18e siècle qui, en langage actuel pourrait s’exprimer ainsi : « On donne la priorité au masculin parce que les femmes ne valent rien », moi je m’assois sur ses décisions.

Donc Imposteure disais-je.

J’ai mis longtemps à comprendre de quoi il retournait.
Pas intellectuellement, de ce côté, ça été très vite. Mais j’ai mis du temps à réaliser et à comprendre que je le vivais aussi.

Il faut bien vous dire que dans l’ensemble, tout ce que j’ai lu sur les états d’âmes des personnes surdouées, je le regardais d’un air dubitatif et pensais : « Moui, je dois vraiment pas être fichue comme tout le monde parce que moi, ça va. »

Et puis…

Et puis je réfléchis.
Je creuse.
Je cogite.
Et le temps passe, je vis d’autres expériences, j’échange, je partage, je rencontre.

Et PAF !
Éclair de lucidité : complexe de l’imposteure it is.

Le complexe de l’imposteure, c’est assez clair comme nom. Sauf que par un probable mécanisme de dénie ou de distanciation, j’y mettais un sens très restreint. A savoir : savoir pertinemment qu’on n’a pas les compétences/le mérite/la légitimité/le droit pour quelque chose que l’on pocède, le taire et se faire pipi dessus de peur qu’on ne le découvre.
L’imposteure quoi.
Et du coup, dans mon joli déni personnel, je me disais que moi j’étais épargnée.

Bah oui, moi je SAIS que je n’ai pas les compétences/capacités/droit/whatever pour quelque chose et du coup, je ne le fais pas. Donc je suis pas une imposteure vu que je n’usurpe rien. J’ai conscience de mes limites et je fais mes choix en fonction.

J’avais tort.
Enfin, aujourd’hui, je crois que j’avais tort.
Je comprends le complexe de l’imposteure plus largement maintenant, comme quelqu’un-e qui se dirait qu’il ne mérite pas quelque chose.
Quelqu’un-e qui penserait qu’il/elle n’est pas à la hauteur pour ce qu’on lui demande, qu’on lui propose, offre, donne, quelque chose qu’il/elle n’est pas digne de recevoir parce qu’il/elle se croit incapable d’être à la hauteur de la tâche confiée.

Et ça c’est tout moi.

Ne pas être à la hauteur. Plus tôt dans ce blog, je disais que c’était une peur. C’est pire que cela, c’est une pensée ancrée. C’est un axiome que j’ai posé sur moi-même : que je ne suis pas à la hauteur.
Pour quoi ? Pour tout, je crois.

Pas une tâche, pas une action où je ne considère pas que je vais peut-être échouer ou mal faire. Et si je ne fais pas parfaitement, c’est la preuve que je ne suis pas à la hauteur. Parce que si l’on est à la hauteur, et donc légitime pour quelque chose, on le fait parfaitement du premier coup.
C’est le schéma de pensée qui m’anime, uniquement pour moi bien évidemment. Lorsqu’il s’agit d’autres personnes, mes critères sont beaucoup moins sévères.

Et aujourd’hui encore, je ne me sens pas à la hauteur.

C’est comme un présupposé, une base implicite à la limite de ma conscience, qui génère chez moi, j’en suis certaine, des comportements d’auto-sabotages très efficaces.

Ce qui m’amènera à mon prochain article : l’auto-sabotage justement.

P.S : J’avais envie envie de vous mettre tout plein de liens sur le sujet, mais honnêtement, la définition Wikipédia est largement assez déprimante à elle seule.
Enjoy.

 

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