Voir le monde du travail autrement

[Cet article est rédigé sous l’influence de la grippe, et sans aucun médicaments dans le sang. Désolée pour sa qualité médiocre.]

Ma vie professionnelle est à la fois difficile est très facile.
Très facile parce qu’une fois en poste, tout le monde est particulièrement satisfait de mon travail et de ma personne.
Je suis très appréciée.

Mais sur le papier, j’ai la « carrière » la plus chaotique du monde, et ça fait très peur aux recruteurs.

J’ai d’abord beaucoup lutté et souffert de ne pas comprendre ce qui clochait. Je ne comprenais pas qu’en lisant mes études et compétences sur mon CV on n’en déduise pas que je pouvais très bien remplir les fonctions du poste que je briguais.
Après tout, je ne postule pas à quelque chose que je me sais incapable de faire, et quand on lit que quelqu’un à un master de sciences, on peut quand même se dire que la personne n’est pas complètement demeurée.

Je ne comprenais pas, mon CV présenter les compétences demandées et même des expériences similaires à celles décrites dans le poste. Alors pourquoi ça coinçait ?

Il a fallut que je me heurte à beaucoup de critiques, plus ou moins constructives et heureuses, à beaucoup de refus de poste et que je puise profondément en moi pour ne pas me laisser déborder par le sentiment de nullité qui m’envahissait face à ces recherche qui ne débouchaient pas.
Et puis j’ai compris, c’était aussi simple que problématique.

Je ne vivais ni ne voyais pas le travail (et par extension le monde du travail) comme « les autres ».

Quand je signe un contrat, je m’engage à remplir des fonctions et faire des tâches, et – cela va sans dire – à le faire bien. Voir même parfaitement. Parce que c’est le contrat qui a été passé. On me donne de l’argent pour effectuer -bien – quelque chose.
Et je mets un point d’honneur à remplir ma part.
Je suis une employée hyper réglo, fidèle à l’entreprise, fiable et investie.
J’ai l’esprit d’équipe, parce qu’il m’importe que les personnes avec qui je travaillent soient bien. J’aime rendre service, j’aime soutenir et aider. Je suis là pour les autres autant que faire se peut.

Et c’est là que l’on glisse doucement vers ce qui « coince ».
Même si je mets un point d’honneur à bien faire mon travail, à remplir mes engagements en somme, le travail ce n’est pas tout pour moi.
Je ne me définis pas par ma profession, ni par mon statut dans l’entreprise qui m’emploie.
Non que je n’ai pas d’ambition, mais mon ambition n’est pas dans le paraitre, ni dans le statut social.
Mon ambition est dans la qualité de mon travail, quel que soit ce travail.
Mon ambition est dans mon bonheur.

Et c’est là où ma vision des choses diffère de celle « des autres ».
Je vois bien comme c’est important pour les autres « le travail ». Comme s’il s’agissait d’une définition d’eux-même, que cela leur donnait une valeur, comparativement aux autres évidemment.

Ce n’est pas mon avis.
Le travail que l’on fait ne définit pas l’individus que l’on est.
Le travail, c’est un moyen de gagner de l’argent, pour assurer sa subsistance (et l’on oublie que l’on n’est pas obligé de travailler pour vivre, dans l’absolu).

Je crois que contrairement à beaucoup de gens, je mets l’individus et son bonheur au centre de mes préoccupation. Je sais décorréler ce qu’un-e individus fait pour payer ses factures de ce qu’il/elle est.
Je sais qu’on doit toutes et tous payer un loyer ou un crédit, se nourrir, se chauffer, et que pour tout cela il faut gagner de l’argent.
Je sais qu’un parcours professionnel ou scolaire ne dit pas grand choses des capacités ( aussi intellectuelles) d’une personnes.
Regardez le chanteur Antoine, il est Polytechnicien je crois (ou je ne sais plus quelle grande école française) et il et chanteur.
J’ai eu vent de l’histoire d’une femme HPI qui travaillait en usine, au tri de je ne sais pas quoi sur tapis roulant, avec dans les oreilles des conférences et cours de Philosophies du Collège de France.

Je sais que les étiquettes que le système de notre société nous collent ne sont pas ce que nous sommes.
Je sais que ne pas réussir brillamment à l’école, supérieure ou non, ne dit pas grand chose de la capacité d’innovation, de créativité, de l’intelligence et de la volonté.

Ce sont des indices bien évidemment, mais je crois que trop souvent on oublie l’individu derrière.

En dernier lieu, il faut admettre et reconnaître que pour beaucoup, travailler c’est faire de l’argent. Ce n’est pas gagner de l’argent pour vivre, mais bien « faire de l’argent ». Obtenir de l’argent pour avoir de l’argent.
Pour en avoir beaucoup, plus. Pour montrer que l’on en a. Comme si la valeur de cet argent se transférer à nous. Comme si ne pas avoir d’argent était synonyme d’être médiocre.

Non je ne pense pas comme cela.
Et je vous arrête immédiatement, ce n’est pas la discours d’une « petite fille pauvre » qui essaie comme elle peut de se rassurer en se disant qu’elle vaut quelque chose elle aussi.
J’ai grandi dans un foyer tout à fait à l’aise. Je suis partie en vacances à la mer et à la montagne chaque années de vie avec mes parents. J’ai fait des études supérieures à 700km de chez mes parents, tout ça uniquement soutenue financièrement par eux.
Et aujourd’hui, si l’on cumule le patrimoine de la famille de mon fiancé et de la mienne, croyez moi bien, nous ne sommes pas à plaindre.
Nous ne sommes pas l’élite dorée française, mais nous ne sommes pas démunis.

Moi je crois que la vie va bien, bien au-delà du travail.

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