Pourquoi j’en parle (partout) ?

On pourrait se demander pourquoi je n’hésite pas à parler du HQI et à dire que je suis surdouée.
Pourquoi j’en parle sur ma page Facebook et sur mon compte Twitter.
Pourquoi j’aborde le sujet sur les réseaux sociaux, au milieu de mes autres centres d’intérêts (tricots, lecture, écriture, féminisme, filage, broderie, sciences, pour ne citer que ceux-là).

Pourquoi j’en parle quand tant restent caché-e-s ?

C’est ,entre autre, pour ça : parce que beaucoup restent caché-e-s.
Un commentaire (magnifique) sur ce blog comparait le « coming-out » en intelligence à celui de l’homosexualité en terme de difficultés.
Attention, n’étant pas homosexuelle, je ne saurais moi-même faire cette comparaison ou la revendiquer comme vraie.
Sans aller donc jusqu’à postuler de la stricte équivalence, on peut admettre que surdoué-e ou homosexuel-le, on est trop souvent rejeté-e pour ce que l’on est, depuis notre naissance, par nature.

Alors j’en parle, pour que nous n’ayons plus à nous cacher.
Pour que nous n’ayons plus honte d’être ce que l’on est.
Pour que les autres comprennent que nous existons, et que nous ne sommes pas une insulte à ce qu’ils et elles sont.

J’en parle pour qu’à force, ça devienne aussi dénué de projection négative que de dire qu’on aime le chocolat et pas le caramel.

J’en parle aussi pour les autres AHP.
Pour les égaré-e-s. Pour celles et ceux qui au détour du web atterriraient ici et verraient que le don intellectuel ce n’est pas ni la honte ni l’horreur qu’on veut bien nous vendre. Que déjà, ce n’est pas que l’histoire des enfants, et par extension, de leur parents.
Et que, bon sang, nous existons et avons le droit d’être TOUT ce que nous sommes aux yeux de tous ceux et celles que l’on voudra.
Autant que les autres.
J’en parle pour les gens autour de moi changent leur regard sur la douance et finisse par répandre autour d’eux cette idée qu’être plus intelligent-e (selon des critères bien précis) ce n’est pas être un-e ennemi-e.
J’en parole parce qu’à force, les gens qui m’auront fréquentée en sachant ce que j’étais, diront un jour autour d’eux : « ah moi, j’ai connu une surdouée, c’est pas du tout ce que je croyais ». Les HQI autour d’eux entendrons ça eux aussi, et peut-être qu’ils et elles y trouveront un peu d’espoir, de réconciliation avec eux-même.
Et les autres, les neuro-typiques, peut-être qu’ils et elles arrêteront de martyriser et d’avoir peur de celles et ceux qui sont différent-e-s d’eux/elles.

J’en parle enfin, pour moi.
Parce que je suis comme ça. Parce que j’existe dans toute ma complexité. Parce que j’ai le droit de le dire. Ou de la taire.
J’en parle parce que c’est ce que je suis, c’est ma réalité.
J’en parle parce que j’existe et que j’ai le droit d’exister, comme je suis.

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Une réflexion sur “Pourquoi j’en parle (partout) ?

  1. Fabrice micheau dit :

    bonjour,
    malheureusement il n’y a pas assez de personnes qui en parler positivement et pour promouvoir la différence, l’atypicité et la singularité qui devraient concerner tout le monde, avec une typicité atypique pour les HPI. bonne journée.

    J'aime

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