Parcours professionnel d’une surdouée

Parce que je ne voulais pas faire apparaître ça sure la page « à propos » je me suis dit qu’un article n’était pas une mauvaise idée.
Je pourrais y développer bien plus de choses.

Un mot pour décrire mon parcours ? Atypique.
Qualificatif bien pratique et ô combien peu surprenant quand on parle de HPI.

Je bataille avec le monde du travail. Non que j’y sois incompétente, mais je ne rentre pas bien dans les cases. Sur le papier, mon profil fait peur.
Une fois en poste, mes supérieurs sont dithyrambiques sur mon travail.
Malheureusement, j’ai toujours été dans des structures « précaires » où l’argent manque cruellement. Les postes aussi donc.

Mais commençons pas le commencement.

Le diplôme
Je suis diplômée d’un Master 1 en Ecologie, avec une spécialisation en communication scientifique.
Pourquoi « juste » un master 1 ? Parce que j’ai vécu un phénomène qui commence à se faire connaitre, mais qui à l’époque était absolument invisibilisé et tabou : le nombre inégale de place en M1 et M2 dans une même mention.
Sur la plaquette de l’université il était inscrit que chaque étudiant pris en M1 aurait une place en M2 de son parcours. Pas forcément de sa spécialité, mais de son parcours. Nous étions assuré-e-s de terminer avec un master 2 si nous étions pris en M1.
C’était faux.
Arrivée en fin de M1, mes candidatures non acceptée par mes 3 premiers voeux, je me tourne vers les autres mentions et… rien. Pas de place.
J’apprendrais plus tard que nous étions 30 dans ce cas là, 30 étudiant-e-s qui se sont vu laissé-e-s sur le carreau parce qu’il y avait 30 places de moins dans le(s) M2 que dans le M1…
Lorsque j’ai voulu trouver une solution, refaire un M1 pour avoir de meilleure notes, on m’a dit que c’était impossible. J’étais donc sans rien.

Il a fallut rebondir.

La première année de galère

Fraîchement diplômée avec un an de moins que prévu, je me lance dans le monde du travail. Ou du moins dans le monde de la recherche du travail.
Je passerai sur les difficultés psychologiques et émotionnelle d’une telle situation, cela mériterait un billet à part entière.

J’ai mis un an, tout rond, à trouver un premier stage. J’étais à Toulouse, le stage, en région parisienne, dans le 91.
6 mois de stage, en tant que chargée de mission animation. J’ai conçu de bout en bout des animations scientifiques à destination du jeune te grand public, sur la base de recherche académique d’un institut de recherche français.
C’était en association à but non lucratif. Autant vous dire que l’on était payé au lance-pierre. Mais l’ambiance était sympathique.
J’y ai tout appris. Petit service et association sans argent oblige, nous étions « obligés » de tout faire : compta, administratif, commercial, créatif, manuel, gestion, tout.
J’ai donc tout fait.
On m’a renouvelée pour un CDD d’un an. Puis les fonds ont manqué, je ne rentrais plus dans les conditions d’un contrat aidé, donc pas de renouvellement.

La suite

J’ai ensuite été embauchée par l’institut de recherche avec qui j’avais travaillé lors de mon premier emploi.
Chargée de communication scientifique.
J’ai été engagée et ré-engagée plein de fois comme vacataire. On m’a même proposé un CDD, mais c’était trop loin, trop mal payé, j’ai dit non.

Petit boulots ici et là, missions. Tout plutôt que de rester à ne rien faire.
Assistante de Professeure de dans classique, professeur particulier en sciences et latin.
J’ai faillit redevenir serveuse également.

Re un CDD dans un institut de recherche. Encore.
Chargée de communication.
Boulot sympa, supérieure psychotique et maléfique.
Dépression, démission.

Aujourd’hui
Et puis maintenant, mission d’intérim.
Assistante service Achat-Qualité-Logistique, octobre 2015.
Censément pendant 1 an, remplacement de congé parental.
Et en fait non. On me remerciera à la fin de ma période d’essaie,sans me dire pourquoi dans un premier temps.
Collègue en larmes, supérieure hiérarchique atterrée, personne ne comprend, la décision tombe du ciel, de plus haut manifestement.

Plus tard j’apprendrai que la personne remplacée souhaitait revenir plus tôt que prévu. Tout simplement.

On me rappelle. La même boite, pour un autre remplacement, assistante-coordinatrice de projet Design
Tout roule. Tout le monde est content de mon travail.

Pour cette dernière expérience, j’ai repris au pieds levé les fonctions et dossier d’une personne qui, manifestement, ne travaille pas pour que quelqu’un d’autre puisse reprendre les dossiers.
Je suis arrivée au milieu d’un chaos impressionnant. Personne ne savait rien, la personne gérant tout seule, sans transmission d’aucune sorte.
J’ai du reprendre des facturations desquelles je ne savais rien et sur lesquelles personne ne pouvait m’aider, parce qu’en plus, le service se retrouvait sans responsable.
Ce qui était tomber en décomposition depuis 1 mois et demi, il ne m’a fallut que 18 jours précisément pour le remettre en ordre.
Si il ne s’agissait pas d’un remplacement, j’aurais également optimiser le système de fonctionnement, classement et archivage du service depuis longtemps. Notamment le système de gestion des factures qui est un désastre.
Mais bon.

Etre un gant de boxe

Sur le papier, mon profil déroute aux bas mots. Il fait peur sans doute, mais je crois qu’en fait, en le lisant, les gens se disent que je ne suis capable de rien, puisque personne ne me garde. Que je suis instable, puisque je fais tout et n’importe quoi.

Je ne demande que ça moi, de la stabilité. Est-ce que j’ai tort de croire quand on me dit qu’il n’y avait pas de budget ?
Je ne suis pas assez naïve pour ne pas croire que c’est une excuse pratique. Mais dans la fonction publique, et l’associatif, je me dis que quand même, ça doit jouer, même un peu.

Je n’ai toujours eu que des compliments sur mon travail, et sur moi-même.

Je suis appréciée, comme le travail que je produis, et je le sais.

J’ai fait tout et n’importe quoi, c’est vrai.
Mais justement, j’ai tout fait. C’est la preuve que je peux, sous conditions, tout faire.
[Pour peu que cela ne demande pas des apprentissages très spécifiques, on s’entend. Je ne pourrais pas être prof de physique nucléaire pour des doctorants on est d’accord]

Je peux m’adapter à beaucoup, beaucoup de choses et de gens. J’apprends vite.
J’aime à croire que je peux faire beaucoup de choses. Et bien.

Mais sur le papier, ce n’est pas ça que l’on voit.

Je suis un gant de boxe, pas une cuillère en argent et je dois me battre.
Comme beaucoup, je sais.
Mais je suis frustrée parce que je sais que j’ai plus que ça à offrir.
Je sais que je serai un atout, pour peu qu’on me donne ma chance.

Mais bon, le monde du travail aujourd’hui en France, il est fait pour ceux qui correspondent au profil type.
Je ne suis pas typique.

C’est mon plus grand problème, je sais. Mais c’est mon plus grand atout aussi.

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