Après le diagnostique : et maintenant, je fais quoi ?

C’est une question, je crois, inévitable pour tout adulte diagnostiqué adutle.
Notez que je n’emploie pas les termes « diagnostique tardif » qui me donne l’impression d’un sous-entendu de « trop tard ». Je crois que quand il s’agit de soi, il n’est trop tard que quand on est mort.

Cette question donc : et maintenant, que faire avec cela ?
Je suis surdoué-e d’accord, et après ?

Si vous êtes comme moi, vous vous êtes dit ou vous vous direz que vous devez en faire quelque chose. Ce ne sera pas vraiment conscient, ce sera plus de l’ordre du réflexe.
Comme si cet état devait être mérité.

C’est aussi inexacte que potentiellement blessant pour soi.
Mais c’est humain comme réaction.
Surtout avec une estime de soi basse, on ne se sent digne de pas grand chose, et quand quelque chose de positif arrive, on a ce réflexe de vouloir se prouver à soi et prouver en général qu’on le mérite. Qu’on est assez bien pour ça.

Ridicule.

Cette question est la source d’une cascade d’autres questionnements personnels et intérieurs. Le très célèbre complexe de l’imposteur-e en découle d’ailleurs (c’est là mon idée, je ne fais référence à aucunes lectures ou études sur le sujet, je n’en ai pas lues. Mais elles existent.)
Je suis (T)HPI donc je dois faire des choses bien, voir extraordinaires. Si je ne réussis pas à faire ces choses, alors c’est que je ne suis pas vraiment ce que je prétends être ou ce que l’on m’a dit que j’étais.
Complexe de l’imposture (c’est mon côté féministe qui préfère des termes qui peuvent être appliqués au sujet féminin comme au sujet masculin).

C’est un passage qui mérite un article à lui tout seul ! *Note pour plus tard*
Aussi je reviens à la question première : et maintenant, j’en fais quoi ?

On apprend énormément de choses sur son fonctionnement, mais surtout – dans mon cas – le diagnostique vient mettre du sens là où il n’y en avait pas avant. Il répond à des pourquoi posés dans l’enfance et dont l’absence de réponse n’a cessé de creuser des blessures intérieures.
Mais même si l’on se sent changé-e, parce que notre regard sur nous-même et les autres a changé (ou change avec le temps après le diagnostique), le fait est que nous sommes toujours les mêmes personnes. Quelqu’un a simplement éclairé une partie de nous qui demeurait dans l’ombre. Mais cette partie a toujours été là.

C’est très simple comme constatation, mais je crois que pour moi, ça a été une clef importante. Au début, ce constat a été une façon de me rassurer, de me dire que, malgré le choc de l’annonce, je n’étais pas si différente. C’était une sorte de tampon.
Et puis, quand l’idée de la différence comme étant constitutionnelle de mon être s’est inscrite en moi, je suis passée à une autre façon de voir les choses.

J’ai toujours été comme cela.
C’est à dire que tout ce que je trouve merveilleux, toutes les possibilités que je vois dans le fait d’être HPI, tout cela a toujours été mien. Puisque j’ai toujours été ainsi.

C’est une prise de conscience de son potentiel, mais surtout, un regard positif (enfin) posé sur soi.
Mon regard sur mon être intérieur à changé, et plutôt que de me dire que je ne suis capable de rien, que je suis trop nulle pour tout, aujourd’hui je me dis que je peux au moins essayer. Ce n’est ni illusoire ni orgueilleux, c’est une simple réalité : je peux le tenter, parce que j’ai cette particularité.

C’est ce nouveau regard posé sur soi qui m’a permis de trouver la réponse à cette question, posée pourtant si précocement dans l’histoire de mon diagnostique : que faire de moi ?

Parce que oui, la question qui se cache sous « que faire de ce HPI? »  c’est en fait « que faire de moi ? ».
Simplement je crois que juste après le diagnostique, le travail d’intégration du caractère identitaire, essentiel, constitutif du HPI n’est pas fait. Il y a encore une séparation, une différence, entre le HPI et nous.
Il m’a fallut du temps pour intégrer que le HPI c’était moi.
(Comprenons-nous bien, je ne suis pas en train de dire qu’il n’y a qu’une façon d’être HPI en l’occurrence la mienne. Pas du tout ! Je dis qu’il m’a fallut comprendre que le HPI n’était pas quelque chose d’extérieur à moi, mais que j’étais HPI.)

Une fois cette dissociation résolue, la réponse à la question « que faire de moi ? » a enfin pu se faire entendre.
Aussi simple que vague et tout à la fois limpide et évidente : ce que je veux.

Non pas que j’ai la science infuse et qu’il me soit impossible d’échouer.
Mais, ma vérité intime et profonde, c’est que je peux au moins essayer.

C’est un pas absolument immense quand enfin, on s’estime un tout petit peu plus qu’avant. Juste un tout petit peu plus.

Alors que faire de moi ?
Dans toute ma candeur de HPI, moi je veux aider les gens.
Mais il y a peu de temps encore, je ne m’en estimais pas capable parce que pas digne. Qui aurais-je pû aider et comment ? Moi qui ne valais rien, qui n’étais bonne à rien. Moi si imparfaite, si consciente de toutes mes limites, de toutes mes peurs, de toutes mes incapacités (réelles ou inventées).
Pourquoi se lancer dans quoi que ce soit dans le but d’aider les gens, puisque je ne le méritais pas, que je n’en étais ni capable ni digne ?
Et puis.
Et puis avec le temps après le diagnostique, j’ai changé d’avis sur moi.
Je suis très loin d’avoir une très bonne estime de moi. Mais véritablement, ça va mieux. Vraiment mieux.
Aujourd’hui, je me dis que je peux essayer. Pas forcément réussir, mais essayer avec des chances tout à fait raisonnables de réussite.

Alors je me suis autorisée.
Je me suis autorisée à essayer.
Cette autorisation en dit long sur le chemin parcouru, parce qu’elle dit aussi que je suis prête à au moins faire face à la possibilité de l’échec sans m’effondrer et me dire de nouveau que je ne vaux rien. C’est un IMMENSE pas.
Entre vous et moi, je ne garantis pas du tout dans quel état je me retrouverais si réellement je me plantais. Je dois être honnête et je pense que ce serait vraiment glauque.
A coup de « Mais qu’est-ce que je croyais ? Je suis nulle, je suis incapable je le savais depuis le début, je me suis juste illusionnée comme une dinde » (oui, les dindes s’illusionnent dans mon monde).

Mais voilà, j’ai quand même ma réponse.
Que faire de moi ? Ce que j’ai toujours voulu : aider les gens.

Alors j’ai choisi la psycho pour ça, c’est bien plus liée à mon histoire personnelle qu’au HPI. C’est une revanche que je m’autorise à prendre. Je vous en parlerai peut-être un jour. (Où est-ce que je l’ai déjà fait ? Han, ça aussi , ça mériterait que je vous en parle, mon étrange perte de mémoire totalement chaotique et anarchique. Ça m’inquiète. Alzheimer précoce ça existe hein…)

Conclusion

Se demander quoi faire avec son HPI après le diagnostique, c’est finalement se demander quoi faire de soi.
C’est un questionnement auquel, je crois, on doit accorder le temps qu’il demande. Le processus à pris pour moi 1 à 3 ans. Je vous souhaite à tous que cela prenne moins pour vous. Mais c’est, quel que soit sa durée, quelque chose qui se vit.
C’est une question qui ne trouve sa réponse (ou ses réponses, parce qu’après tout, on a le droit de changer d’avis) que par la re-découverte de soi, l’abandon de quelques fausses idées sur soi-même et l’intégration de son HPI et de ce qu’il représente pour chacun-e.

C’est une belle question à se poser, et malgré les tourments que la recherche de sa réponse peut générer, je crois qu’elle en vaut la peine.
Parce que quand vous aurez trouvé la réponse, c’est un peu de vous que vous aurez trouvé.

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