Entre appartenance et différence

Il y a « eux » et il y a « nous ».

Mais ces « eux » et « nous » ne sont pas des groupes fixes, je dois le reconnaitre et surtout le dire pour rétablir la clareté et donc la vérité sur ce blog.

« Eux », souvent, ce sont ceux et celles qui me blessent. Les « eux » , ce sont les responsables, connus ou non, volontaires ou non de certaines de mes souffrances.
« Nous », c’est moi et mes semblables. Vous pensez certainement à d’autres surdoués. Oui, et non. Ce n’est pas le véritable critère en fait.
Ce qui fait « nous » c’est le sentiment d’appartenance et de sécurité en leur présence. C’est ce que dit le « nous ».
C’est pour cela que, très souvent, le « nous » de mes article a pour sens un groupe imaginaire, un groupe de « mes semblables », que je n’aurais pas encore rencontré. Ce « nous » que nous cherchons tous, je crois, quelque soit notre place sur cette courbe de Gauss.

Il y a d’autres personnes qui n’apparaissent jamais dans mes articles, mais dont la présence y est pourtant permanente : ce sont les gens que j’aime, qui compte, et dont k’ai la chance de recevoir de l’affection et de l’estime en retour.
Mes ami-e-s, les vrais, les rares, ceux que j’aime. Qu’ils soient également de ma famille de sang ou pas, qu’ils soient loin ou proches, que je les connaissent depuis longtemps ou pas.
Eux, sont toujours là.

Eux, nous, moi…
Entre appartenance et différence.
Un jour je veux être un « nous », désespérément. Désespérément. Je meurs du manque d’appartenance, de reconnaissance mutuelle. Je meurs d’isolement, de solitude, d’unicité en somme. Et je meurs pour ce « nous », cet îlot de gens, qui me ressembleraient, qui me comprendraient, que je comprendraient, qui ne me blesseraient pas et qui ne seraient pas blessés par ce que je suis.
Je meurs de nous.

Et puis, parfois, je veux me tenir loin d' »eux ». Je ne veux plus de « nous », de ce grand nous où l’on peut mettre, finalement, tous les être humains sur le simple fait qu’ils sont humain. Je me retranche, farouchement, dans mes 2% et même, pour moi, dans mes 0,13%…
Ces jours là, je ne veux surtout pas être comme « eux », cette différence est ma barrière, mon rempart. Je m’y accroche comme une Sam l’insubmersible à sa planche de bois.
Il n’y a plus de « nous », il n’y a que « eux » et moi. Et je suis, dans ces moments, tellement plus heureuse sans « eux ».

Mais si je suis heureuse sans « eux », ceux qui me blessent, ceux que je ne comprends pas, malgré mes efforts, ceux qui ne me comprennent pas et ne semblent même pas le vouloir; si je peux être heureuse sans « eux », c’est parce qu’il y a ce « nous » silencieux ici, invisible. C’est parce que dans ce nous invisible il y a Lui, mon amoureux. Et puis il y a mes ami-e-s, et ceux et celles que j’ai croisé et qui m’ont acceptée comme j’étais. Qui jamais ne m’ont rejetée.
Un petit nous, un petit ilôt, fragmenté, mais bien réel celui-là.

D’autres fois encore, je fais tomber les barrières, et je me réfère à des critère plus vaste, au critère qui nous rassemble tous : la nature humaine.
Et ça, c’est indéniable, nous sommes tous humains. Et derrière ce nous, il y a une réalité bien tangible. Il y a…tout le monde.
Ceux qui me blessent et ceux qui m’aiment. Ceux que j’admire et ce qui m’indiffèrent. Et je suis liée à eux, et eux à moi. Liés par cette humanité.

C’est cette humanité commune nous permet de dire que nous souffrons tous des mêmes maux : nous avons tous ce besoin d’appartenance, de reconnaissance; nous sommes tous blessés par le rejet, nous avons tous peur et nous nous sentons tous différents.
C’est vrai.
Oui les souffrances que les spécialistes décrivent ou que j’exprime ici parfois ne sont pas, ultimement, l’unique apanage des surdoués. ce sont des souffrances humaines et donc partagées.

Pour autant, elles sont réelles.
La question qui se pose alors est certainement en quoi ces souffrances seraient plus à prendre en considération parce qu’elles sont éprouvées par des surdoué-e-s ?
Je ne crois pas qu’il s’agisse, pour une fois, d’une histoire de plus ou de moins. Ces souffrances là ne sont pas plus intéressantes ou plus méritantes en terme d’attention que celles des autres, elles sont simplement plus rares en terme de fréquence et, sans doute d’intensité.
Et ça, ce ne sont pas les surdou-é-es qui le disent, mais les spécialistes du sujet, qui eux ont accès à des éléments de comparaison à travers leurs études et professions.
Ainsi, selon eux, les souffrances des surdoué-e-s méritent une attention particulière parce qu’elles sont différentes et plus rares.
Et donc, avec bien moins de remède et solution.

Ce n’est pas un concours de celui qui souffrira le plus, bien sur que non.

La question, qui semble être toujours la même, est celle finalement de trouver sa place.

Le/la surdoué-e est différent-e, et ne l’est pas.
Parce que tout le monde est unique, et donc différent.
Mais les surdoué-e-s le sont « encore plus ».

Et encore, les spécialistes eux-même ne sont pas d’accord pour nous définir. Qui sommes nous ? Que sommes nous ?
Entre les peurs et les projections des uns et des autres, entre la réalités et les blessures, nous cherchons tous notre place et personne ne peut nous y aider.

Comme tout le monde et pourtant, sans que personne , ou presque, ne comprenne vraiment.

Comment voulez-vous faire, comment feriez-vous, quand personne nulle part n’est comme vous ? Quand vous n’avez aucun repère, aucun modèle, parce que vous ne trouvez jamais quelqu’un qui vous ressemble ?(Ou dans mon cas, vous le trouvez mais lui-même ne se considère pas « comme vous »…)

C’est être tout à la fois : semblable et différente. Appartenir et être seule.

Certains jours, c’est facile de marcher à la fois en équilibre et en simultané sur ces deux réalités. Parfois, c’est un enfer, parce que ces jours-là, ces réalités ne peuvent pas co-exister. Pas ces jours-là. Ces jours où je cherche qui je suis, à quel monde j’appartiens, quelle est ma place, quel est mon espace.. Non pas « ces jours là », parce que je cherche sans cesse les réponses à ces questions.

Sans cesse.

Parfois, la quête de ces réponses devient tellement forte qu’elle me submerge. ma vie à côté n’arrive plus à couvrir le torrent de cette réflexion et le besoin d’obtenir une réponse devint urgent. Implacable.

Quand je trouve des réponses, elles changent le lendemain. Et encore, et encore…
Parce que les réponses dépendent de ce que je suis et que j’évolue sans cesse, les réponses ne seront jamais fixes.
Et ma quête jamais terminée.

#adultesurdoué #surdouée #femmesurdouée #AHP #HQI #douance #différence

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2 réflexions sur “Entre appartenance et différence

  1. jo dit :

    Bonjour,
    adopter un point de vue…puis son contraire
    Se sentir tout et puis rien…
    L’équilibre a peut être besoin des 2 « polarisations » opposées pour exister…
    Instable par nature, il évolue chaque jour, voire à chaque instant
    La vie doit être une instabilité notoire alors…d’un point de vue local
    Mais elle est aussi un équilibre d’un point de vue global…?

    curieux phénomène!

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  2. Thirty-one dit :

    J’en ai le souffle coupé! C’est exactement ce que je j’aurais pu écrire (en substance). Cocotte (pardon pour cette familiarité mais elle me semble très appropriée) je vais arpenter ton blog en long, en large et en travers! Merci pour ce partage!!!!

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