La Vie

Étrange phénomène.

Je me souviens avoir ouvert ce blog en voulant témoigner du bonheur du Haut Potentiel Intellectuel. Et en plus d’un an, bien peu de messages allaient dans ce sens finalement.

Mais peut-être avais-je besoin de ce temps pour exprimer tout cela justement.

Maintenant que le poison est écoulé si j’ose dire, mon esprit (et mon coeur) est libéré et s’ouvre enfin pour vous partager mes bonheurs.

Il a d’abord fallut que je parle. Que je dise mes frustrations, mes douleurs, mes incompréhensions. Ce qui m’amène, ou me ramène, à l’importance salvatrice de la verbalisation, et de l’écoute.

Qu’il s’agisse de celle d’un ou une thérapeute ou de celle de lecteur anonymes et discret d’un blog. Ou pas si anonymes par la suite pour certains ^.^

Quoi qu’il en soit j’ai été entendue et pour moi, cela a été et est toujours fondamentale. Je n’ai pas besoin que l’on soit d’accord avec moi ni que l’on me conforte, j’ai besoin d’être entendue. Même pas écoutée forcément mais juste entendue.

Alors pour commencer les « beaux » témoignages, voici :

La vie, la mienne en particulier, est à réinventer et à rêver et à construire chaque jour.

Nous AHP, un peu plus encore que les autres, avons cette capacité d’imaginer et de concevoir sans limites ou presque. Le cerveau humain peut cela, le notre d’autant plus.

Et c’est une chance. Une chance merveilleuse, car notre vie jamais ne sera banale ou linéaire. Nous nous construisons chaque jour, au très de notre pensée arborescente et nous sommes portées par ce Coeur qui bat plus vite, plus fort.

Nous ne nous laissons pas enfermer dans les limites des conventions sociales et notre chemin est plein de rebondissements. Nous nous adaptons vite, nous pouvons tout essayer.

Nous pouvons TOUT ESSAYER!

Ça ne veut pas dire tout réussir, forcément, mais bien tout essayer. Il nous est possible de tenter et nous avons un espoir raisonnable de réussir.

Il ne faut jamais oublier que beaucoup de gens s’enferme facilement dans une vie, dans un schéma. Et beaucoup oublient qu’ils ont leur vie en main.
Nous, nous avons la chance d’avoir une plasticité d’esprit « supérieure » ce qui fait que nous pouvons plus facilement entrevoir d’autres schémas, d’autres possibilités.
Nos horizons des possibles sont plus vastes.

Plus cruels parfois, mais plus vastes.

C’est, je crois, ce qui nous fait paraitre si singuliers et « bizarres » aux yeux des autres. C’est ce qui fait que nos parcours de vie sont qualifiés de « chaotiques »; alors qu’en réalité, nous ne faisons que suivre le fil d’une pensée qui va plus loin et autrement.
Nous empruntons des chemins inexplorés des autres.

Et parfois, cela créé de l’envie.
Parce que nous sommes de ceux qui reprenons nos études à 30 ans, alors que nous avons un travail à plein temps.
Nous sommes de ceux qui jouent aux RPG et qui tricottent à côté.
Nous sommes de ceux qui sont capable de « tout » parce que ce tout, nous le percevons.

Notre condition est pour beaucoup d’aspects bien difficile dans notre société, ne le nions pas. Mais pour beaucoup d’autres aspects, nous avons une chance fabuleuse.

Mon (futur) beau-frère a 25 ans (je vous en ai déjà peut-être parlé et si c’est le cas, veuillez excuser le poisson rouge atteint d’Alzheimer qui sommeille en moi) sa copine en a 23 ou 24 je ne sais plus.
Lui est diplômé d’une grande école privée internationale de RH. Il a un Master qui en plus est très recherché par les employeurs.
Il se voit proposer – deux fois dont une après un 1er refus de sa part à lui ! – un travail en or en Suisse. Payer extrêmement bien, et c’est son premier travail. On lui propose évidemment de le loger le temps qu’il trouve lui-même un appart ET on accepte qu’il vienne avec sa compagne…
Et vous savez ce quel est son discours ?

« Non mais on est victime du système, on peut rien faire dans la vie, c’est comme ça. Ça ne changera pas. »

Il est jeune, la vie lui appartient, il a TOUT entre les mains.
Mais pas l’essentiel manifestement. A 25 ans, il se considère déjà enfermé et surtout déposséder de moyens d’agir sur sa vie.

Lui proposer un autre chemin, c’est se heurter à son refus violent sous la raison que « ça ne marchera pas ».

Nous, AHP, sommes réalistes, critiques, tellement conscients de ce qui dysfonctionne chez nous et ailleurs. S’en est douloureux parfois, souvent même.
Mais en contre partie, nous savons aussi ce qui est possible. Nous sommes en constante évolution, en constant mouvement.
Rien n’est jamais figé chez nous.
C’est le secret de notre intelligence justement.

Car comment définit-on l’intelligence ? En la capacité à s’adapter à de nouvelles situations, et de trouver les moyens adéquats pour résoudre un problème.

L’intelligence est l’ensemble des facultés mentales permettant de comprendre les choses et les faits, de découvrir ces relations entre elles et d’aboutir à la connaissance conceptuelle et rationnelle (par opposition à la sensation et à l’intuition). Elle permet de comprendre et de s’adapter à des situations nouvelles et peut en ce sens être également définie comme la faculté d’adaptation. L’intelligence peut être également perçue comme la capacité à traiter l’information pour atteindre ses objectifs.

Source : Wikipédia

Cette intelligence nous donne l’opportunité de develloper une autre intelligence encore, celle de la Vie.
Celle qui consiste à comprendre qu’il y a une fin à cette existence terrestre, et que, malgré tout ce qu’on nous dit, si des contraintes extérieures existent bel et bien, nous restons maitre de notre vie.
Nous avons le pouvoir d’action dessus, nous choisissons toujours, à chaque seconde, ce qui en est de notre existence.
Et nous avons le pouvoir de la transformer.
(Oui, aussi parce que nous ne sommes pas un petits enfants d’un pays sous-développé, esclave et mourant de faim, sans toit où s’abriter.)

Regardez ma vie (Oui regardez ma vie un peu ! Je vous l’ordonne, regardez MOUA !) : j’ai fait des études des sciences, alors que ma prof de français de seconde s’était pratiquement rouler à terre pour que l’on m’oriente en L.
J’ai eu un bac S, mention Passable (donc sans mention en fait), et ma meilleure note après la bio était…laissez-moi m’en rappeler…Bon je ne sais plus mais pas de la science.

J’ai fait la première année de médecine pour me vautrer lamentablement.
J’ai attérit en Licence de bio, pour finir en master d’écologie, que je n’ai fait qu’à moitié.
J’ai commencé à travailler comme chargée de mission-animation scientifique.
J’ai enchainé avec chargée de communication scientifique.
Aujourd’hui je suis chargée de com.
Et je suis inscrite en Licence de Psychologie.

A côté de ça, je joue aux jeux vidéo et particulièrement les RPG + Tomb raider et AC depuis looooongtemps. J’ai commencé à broder à la même époque, j’ai fait de la danse classique pendant 25 ans et cette année je me suis inscrite à la danse orientale et j’ai commencé le tricot.
Je veux m’acheter un rouet pour filer.
Je lis (évidemment), et mes deux genres préférés sont les écrits philosophiques et spirituels (pour cette dernière catégorie, surtout les études sur les anciens cultes) et les romans fantastiques (et un peu de Science-fiction; mais juste un peu).
J’adore les puzzles et les énigmes.
Et rien ne m’apaise plus qu’une balade en nature, où je peux penser à loisir au rythme de mon pas.

Je n’aime pas beaucoup les gens en vérité. Et pourtant, j’ai pour l’humanité une compassion et un espoir peu commun.
Je ne supporte que très mal la souffrance des autres, et pourtant je supportes très mal les autres !
J’aime tout découvrir tout comprendre et partir en exploration intellectuelle dans tous les sens, et je déteste quand on change mon organisation et mes plans.
Je ne supporte pas les surprises (de toutes façon, personne n’arrive à me surprendre, je devine toujours avant).

Tout ça et plein d’autres encore…

Tout ça parce que, merci la Vie, mon petit esprit fonctionne différemment.

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Surdon Intellectuel et handicap au travail

Parce que je vous assure que ça me travaille cette histoire.

Sincèrement il y a des fois où notre différence est juste absolument épuisante. Devoir en permanence s’adapter; faire avec, c’est énergivore au possible.
Évidemment tout le monde doit s’adapter en permanence, je sais bien. Mais l’intensité de l’adaptation n’est vraiment pas la même je crois.
Et puis, après tout nous sommes né•es  comme ça, et personne n’ira reprocher à un•e daltonien•ne de ne pas voir les couleurs de la même façon que son voisin.
Sauf que le/la daltonien•ne, sa particularité est reconnue comme handicapante.

Comment mon cas me pose problème au travail ?
Et bien, mon plus grand problème je crois, c’est de comprendre les priorités des un•es et des autres. Je ne comprends pas leur système de hiérarchisation des tâches.
Là où je place l’efficacité en premier lieu et ne considère pas une seule seconde l’égo, je me retrouve confrontée à des guéguerres individuelles dont le seul effet est de faire régresser le travail, ou au mieux de le faire stagner.
J’exagère un peu. Comment vous faire comprendre au mieux ?
Lors de l’exécution d’une tâche, je ne considère que le factuel, le facteur humain je ne le prends en compte qu’en terme d’horaire de travail.
Je ne me pose pas la question de si je vais froisser ou non la personne en face, ni si je suis suffisamment haut placée dans la hiérarchie pour m’adresser à elle.

Mon sens de la responsabilité semble aussi bien supérieur à ce qui est exigé.
Par exemple je ne peux pas concevoir qu’on condamne ma supérieure pour une de mes erreurs.
Il s’agit de mon erreur, je l’assume entièrement et je trouve injuste au possible que quelqu’un d’autre en soit blâmé.
Autre chose encore, je sens bien que mes comportements sociaux ne sont pas ceux attendus. Et, et c’est entièrement de mon fait, je ne m’y adapte pas.
Parce que ça me fatigue…
Je m’ennuie terriblement dans les moments « sociaux » du boulot.
Les sujets abordés ne m’intéressent pas, et je n’aime pas les jeux qui s’y jouent.

Bref, ma perception des choses fait que parfois, je suis vraiment gênée dans mon travail.
Je ne comprends pas d’emblée les priorités, ni les implicites égotiques.
J’agace prodigieusement ma supérieure qui doit penser que je la noie de détails inutiles, alors que pour moi ces précisions sont indispensables à un discours complet et donc clair.

Le plus handicapant reste avec les autres.
Je ne comprends pas les enjeux d’images, d’égo qui me passent loin au-dessus. Je ne suis pas incapable de les gérer, mais je ne les devine pas.
Si on ne me précise pas les choses, je fonctionne avec mes références qui un coup sur deux sont différentes.

Tout ça c’est à mon échelle et c’est bien mal exprimé, je vous l’accorde. Mais vous aurez compris que je rencontre des difficultés dans mon travail à cause de mon fonctionnement.
Il existe un statut de travailleur handicapé ou de reconnaissance du handicape au travail.
Ça va du daltonisme à la paralysie, en passant par le diabète et la scoliose.
Un champ très large en somme.
Si je devais résumer ce que j’ai compris, le handicap implique un état qui nécessite une adaptation de l’environnement de travail ou du poste de travail (poste en terme de ce qui est demandé, pas en terme de mobilier) pour éviter ou soulager une souffrance inhérente à l’état de la personne.

C’est ce que j’ai compris du moins.
Un collègue avait chroniquement mal au dos, il s’est fait reconnaitre comme travailleur handicapé.
Mince alors !
Moi aussi j’ai toujours mal au dos, mais de là à aller chercher le statut de travailleur handicapé…
Voyons la définition du handicap au travail :

Peut bénéficier d’une RQTH toute personne dont les possibilités d’obtenir ou de conserver un emploi sont effectivement réduites par suite de l’altération d’une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales ou psychique.

Une procédure de reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé est désormais engagée à l’occasion de l’instruction de toute demande d’attribution ou de renouvellement de l’allocation adulte handicapé (AAH).

Source : Site du gouvernement Français

Ce qui m’a fait faire « tic » comme dirait une vieille dame de ma connaissance, (c’est mignon hein ? Faire « tic » au lieu de « tilt ») c’est la notion d’altérer.
On parle d’altération de  fonction mentales ou psychiques.
Altération.

Pas diminution, régression ou disparition. Altération.

Altération : Changement qui dénature l’état normal de quelque chose : Altération des faits.

Source : Le dictionnaire Larousse en ligne

Dénature, état normal…
On touche là à des notions dangereuses. Parce qu’alors si l’on voulait faire reconnaitre le surdon intellectuel comme un handicap au travail, alors il faudrait, selon la définition d’altération, reconnaitre que c’est une « dénaturation » d’un « état normal ».
Et là ça coince pour moi.
La dénaturation passe encore, puisqu’il s’agit d’un changement d’une base. On peut, si l’on considère que la majorité est la base, considérer qu’effectivement, nous représentons une variation, un écart à cette base.
Pas moins normale, ni moins naturelle, mais différente.
Là où ça devient tendancieux pour moi, c’est cet idée d’un « état normal » qui implique alors l’existence d’un « état anormal ».
Et je ne suis pas d’accord. Nous ne sommes pas anormaux. Nous sommes autres.

Pour continuer cette réflexion, je suis obligée de me pencher sur la considération que l’on fait du handicap.
Considère-t-on que c’est « anormal » que d’avoir une maladie ? Une « déformation » physique ?
Et qu’est-ce qui est normal du coup ?

Je suis toujours en réflexion sur cette question.
Au bout de deux mois de boulot, je me demande quand même pourquoi les choses sont si compliquées pour moi. Compliquées et simples en même temps.
Je réalise qu’il me faudrait en fait rester toute la journée dans mon bureau, tranquille à bosser sur les projets qu’on m’a confié et surtout ne pas interagir avec les autres.
Ou le moins possible.
Parce que ça me fatigue.

Bon j’avais besoin de faire une pause et de poser cette question :

Est-ce un handicap au travail que d’être AHP ?

#AHP #adultesurdoué #AHPautravail #HQI #HPI