Au travail….

Nieh.

J’ai trouvé très peu de documentation sur les AHP au travail. Et les deux ou trois répertoriées ne me renseignaient pas précisément sur ce que je cherchais, et avaient le chic pour me faire flipper. Ou me mettre en rogne.

Notamment, vous savez, comme on lit partout qu’un AHP au boulot est « ingérable » (selon leurs managers) et que les AHP ont des problèmes avec la hiérarchie.
Très honnêtement, moi, au premier abord, les problèmes avec la hiérarchie, j’avais envie de le leurs jeter à la figure. Je n’ai jamais eu aucun problème à avoir quelqu’un « au-dessus » de moi, ni a accepté un ordre hiérarchique établit.
C’est un cadre, c’est comme une ligne de code ou un programme : c’est comme ça qu’une structure X est organisée. Point.

Quant à ce mot « ingérable » il venait (et il vient encore) me chercher loin en moi. Je suis timide, à un tel point que parfois j’ai le sentiment que j’en exploserai presque. Je doute tellement de moi que j’ai l’impression d’avoir éternellement 6 ans face à tous les autres, même des plus jeunes (bien plus jeunes) que moi.
Je serai plutôt du genre petite souris que lione n cage qui s’échappe et détruit tout.
Alors le « ingérable » je l’avais en travers de la gorge chaque fois que je le lisais.

Et puis…Et puis il y a eu deux évènements.
1) Un nouveau boulot

2) Une discussion avec un Topain HP aussi.

1) Le nouveau boulot

La semaine et demi que j’y ai passé mériterai un article à elle seule, j’y reviendrai peut-être.
Plantons le décors. Je débarque dans un service com d’une institut de recherche après quasiment 1 an d’inexistence, ou d’existence fantôme, dudit service. Les 3/4 de l’équipe com sont nouveaux, ce qui inclut la responsable.
On débarque et personne ne nous dit rien, hormis nous confier nos missions.
Qu’à cela ne tienne, je me débrouille pour aller chercher les infos là où elles sont. Et pour ce qui concerne des flous ou questions avec les partenaires, et bien je contacte directement des dits partenaires.

Malheur à moi !

L’Age de Glace – Malheur à vous

Manifestement, c’était là des (oui parce que jusqu’au point hebdo avec ma responsable, je l’ai fait deux fois ça) boulettes monumentales. Du genre cataclysmique je veux dire. Armagédon quoi.

Personnellement, je l’ai très mal vécu, mais dans plutôt dans l’optique : « je suis nulle, je ne sers à rien, je suis mauvais je vais perdre mon travail ». Ce qui me catastrophait (et qui me catastrophe encore un peu quand même) c’est que je n’ai pas satisfait à une demande. Que je n’ai pas fait les choses bien.
C’est TRÈS pénible pour moi et cela me remet énormément en question. Je suis aussi embêtée par l’idée que ma responsable devra accuser le coup d’une bévue qu’elle n’a pas commise. (Enfin, bon, elle aurait pu me tenir au courant d’un contexte de relation aux partenaires délicat dont je ne savais rien, mais j’aurais pu aussi demander. Bref, il n’est pas question de qui a raison ou tort, j’ai fait de bêtises, j’accepte)
Je suis vraiment mal avec ces idées.
Et c’est cela (l’injustice, le fait de ne pas faire ce que j’estime être mon boulot ou de ne pas le faire correctement) qui est grave pour moi.

Bah pas pour ma responsable.
Ou du moins pas de la même façon.
Elle m’a bien expliqué que j’avais fait des bourdes, que c’était grave et tout, mais pour des raisons qui, si je les conçois intellectuellement, ne font absolument pas sens pour moi.
En gros ce sont des histoires d’égo, de politique et de « moi je »; mais au niveau de structures d’état.
Elle m’a expliqué comme c’était absolument impensable que de demander à nos partenaires quelle surfaces ils possédaient ou occuper dans notre bâtiment, car c’était, je la cite « comme leur demander combien ils avaient mis au pot commun pour savoir quel part de gâteau ils auraient ».
Et bien…euh…oui.
Parce que c’est précisément e que l’on m’a demandé. Une histoire de logo à faire apparaitre sur le bâtiment.
C’est bête comme chou, mais moi tu me dis « dans ce bâtiment A est présent à 90% et B à 10% et c’est comme ça qu’on détermine la taille des logo » bah moi je vais mathématiquement te faire un logo plus grand pour A que pour B.
Sauf que là non.
Manifestement, ça ne se faisait pas de demander. Fondamentalement, il s’agissait bien de savoir de quelle taille serait leur logo en fonction de leur présence dans le bâtiment, mais fallait pas demander.

Ah bon.

De même que, pour comprendre l’organisation des structure étatique dont l’institut qui m’emploie est partie, j’ai téléphoné directement à l’une d’elle pour mieux comprendre les liens de gestions/organisation/dépendance. Prendre l’info à la source quoi, et surtout des DEUX côté, pour avoir une vision d’ensemble complète.
Et bah non plus, faut pas.
Pourquoi ? Parce que ma responsable ne l’a pas encore fait et que donc « ça ne se fait pas » qu’une chargée de mission contacte une organisation si sa responsable ne l’a pas fait avant.

Dans ma tête c’est : « POURQUOI ? »
Pourquoi ? Je n’ai pas appelé pour me faire passer pour une responsable ou directrice, ni même pour me placer, J’ai appelé pour avoir une information, c’est tout. Juste ça.
Je ne vois pas où est le mal ou le problème.

Je suis donc sortie de ce point hebdomadaire avec ma responsable, en larme. En vérité j’avais commencé à pleurer pendant, histoire d’améliorer encore un peu l’image qu’elle pouvait avoir de moi…

Mais heureusement, la Vie est vraiment bienveillante et sympa avec moi et à mis sur mon chemin J.
J. c’est un topain inattendu (d’ailleurs je vais l’appeler Topain maintenant), AHP lui aussi. Sauf que lui, son truc ça a l’air d’être vachement plus les chiffres et l’abstraction, alors que moi c’est la psychologie et l’intelligence émotionnel/relationnel (pour schématiser).
Lui je l’admire pour ses capacités intellectuelles, notamment dans le domaines des sciences. Ce mec est un génie, et en plus il bricole. Pas des étagères hein, monsieur se monte lui même son imprimante 3D à partir d’un plan télécharger et de pièces qu’il a lui même commander à travers le monde.
Voilà le genre.
Il est extra ^^

Bref.
Topain et moi, on a tous les deux un nouveau travail, et du coup, on se retrouve souvent le matin à la gare. C’est chouette.
Et ce matin, on a parlé de mes misères au travail.
Il m’a partagé son expérience et m’a expliqué deux trois trucs sur l’administration française.
Ça a été libérateur !
Il m’a expliqué ce qui n’est pas dit dans l’administration, l’ambiance globale, les attitudes de « je tire la couverture » et le côté ULTRA sclérosant et la SUPER inertie de la hiérarchie française. Les implications égotiques de malade qui y résidaient.
Que non seulement cela jouait sur le grade, mais sur l’âge également. Bref tot un tas de trucs qui ont éclairé ma lanternes et qui m’ont fait comprendre ce qu’on voulait dire quand on disait que les AHP étaient « ingérables » et « avaient du  mal avec la hiérarchie ».

Nous sommes ingérables parce que nous posons des questions, parce que nos actions viennent secouer (voire remettre en cause) un système qui se satisfait de lui-même et qui ne supporte pas le changement.
Nous (enfin pour moi c’est totalement ça) ne comprenons pas, ou ne soupçonnons pas les conventions sociales en place et leurs conséquences. Nous sommes directes, exécutifs, « libres » quand l’administration pocède un cadre hyper puissant qui ne souffre aucun tremblement.

Topain lui s’est vu remonter les bretelles parce qu’il avait osé dire au responsable du service logistique que la clim de son bureau avait un problème. On lui a fait comprendre que le simple petit thésard ver de terre qu’il était n’avait pas à faire des réflexions à un responsable de service. Et il a découvert plus tard que tout cela était remonté jusqu’à n+2 et qu’une délégation de 6 personnes avaient fini par venir pour régler cette clim.
Cela avait été une affaire diplomatique MAJEURE pour sa boite.

Ça m’a TELLEMENT apaisée, rassurée et cela a tellement éclairé ma lanterne.
Si lui, consciencieux, efficace, tellement intelligent, s’est fait remettre à sa place (pour s’entendre ensuite dire de se faire oublier !!! Pour une simple notification sur l’état d’une clim !!!) alors c’est que le plus gros problème vient du cadre et pas de nous.

Alors ok, j’ai m**douiller sur deux trois trucs. Je comprends, j’accepte.
Mais, la bonne nouvelle, ce n’est pas parce que je suis complètement débile et inapte. C’est bien parce que, quelque part de leur côté à eux, il y a aussi quelque chose qui foire.

OUF !

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