Moi y en a pas comprendre

Dans un Institut de recherche, il y a des « groupes sociaux ».
Le premier, c’est les chercheurs. Alors eux…Ils sont les rois du pétrole. Ceux sont des espèces de dieux, qui traficotent des trucs auxquels personne (ou presque) ne comprend rien à part eux, à tel point que parfois, je me demande s’ils ne mettent pas des univers tout entier au monde pour qu’on leur prête cette aura.

Ensuite, en parallèle dans un équilibre très précaire, il y a la Direction de soutient à la recherche. L’admonistration quoi. Tou-te-s les directeur-rice-s de services et de centres.
Les huiles.
Eux, il faut leur épouster le chemin devant leurs pieds. C’est pour vous dire.

Et enfin, en bas de l’échelle sociale dans un in institut de recherches de sciences dites dures, il y a… la com.
De base, de base, pour un scientifique, la communication est à la science ce que les paillettes sont à la fusion nucléaire : rien du tout et complètement inutile.
Cette subtile vue des choses est soutenue et/ou nourrie par le fait que, étrangement, tout les services de com que j’ai visité sont uniquement et 100% féminin (sauf s’il s’agit de programmation web, mais là on est plus dans la com mais dans l’informatique attention…).
Et on sent vite qu’être une femme est handicapant pour l’intelligence, pour certains.
Alors je réctifie, être une femme qui se prête un peu au codes sociaux (arbitraires et totalitaires, je suis d’accord) genrés de notre société. C’est à dire, qui porte de temps en temps une jupe et qui est passée une fois dans sa vie chez l’esthéticienne et le coiffeur.

En résumé la (fille de la) com, c’est l’emballage cadeau, c’est beau mais c’est creux.

Alors quand on sort son master d’écologie spécialité génétique bactérienne, on sent l’édifice mental de certain-e-s trembler sur leurs fondations.
Et bah oui. J’en ai aussi dans le ciboulot.
Et certainement plus que beaucoup ici, si j’en crois mon test de QI. (Oui je sais pour certaine l’intelligence et le QI c’est pas la même chose, alors on va dire capacités intellectuelles).
Donc je disais, j’ai certainement autant voir plus de capacités intellectuelles que beaucoup dans la boite, malgré leurs jolis doctorats.

Je ne supporte pas cet air limite pédant quand ils/elles s’adressent à moi comme à une neuneue. Je ne supporte pas quand je les vois faire des efforts et penser « bon comment je vais le dire pour pas la vexer et qu’elle comprenne que mon boulot de chercheu-r-se est tellement plus important que le sien et que j’ai pas que ça à faire de jouer avec ses débilités de com inutiles ».

J’ai envie de HURLER.
Parce que s’ils/elles savaient…

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Vis ma vie de surdouée au boulot : le dire ou non ?

Je me suis torturée l’esprit une semaine entière après mon embauche pour savoir si c’était pertinent ou pas de le dire.
Ma responsable, je la sentais suffisamment intelligente pour l’entendre. Du moins, je sentais qu’elle pouvait comprendre que je lui disais pour en faire un outil d’optimisation du boulot, pour faire fonctionner l’équipe et moi-même à fond de son potentiel. Et pas pour me faire mousser ou demander un traitement de faveur.

Les débuts furent difficiles et quand j’en ai parlé à ma responsable lors de mon premier entretien individuel, j’ai fondu en larmes.
Super crédibilité pour la nana de 30 ans….
Je suis sortie de là en me disant que je m’étais grillée à vie, que j’étais passée pour une handicapée et un boulet, bref TOUT LE CONTRAIRE de ce que je voulais véhiculer.

J’étais désemparée. J’avais enchaîné gaffe après gaffes et je voyais déjà ma période d’essai se terminer beaucoup plus rapidement que prévu.
Mais le mal était fait, si j’ose dire, j’avais « avoué », qui vivra verra.

Et j’ai vu.

Un jour ma boss a pris le temps de vraiment regardé ce que j’avais produit.
ET ça a été le déclic.
Elle m’a félicité de la qualité de mon travail et depuis nos rapports se sont réellement améliorés.
J’ai eu la grande grande chance d’avoir une responsable ouverte d’esprit qui a été capable d’entendre que « j’en étais ».
Mieux, non seulement elle a pu l’entendre mais il semble qu’elle connaisse le sujet, d’une façon ou d’une autre. C’est une double chance.

Nos entretien de fin de semaine depuis se passent très bien. Et elle ne cesse de me répéter comme elle est persuadée qu’on va pouvoir « faire de belles choses ensemble » quand nous auront toutes les deux pris nos marques.
Je n’en doute pas.
Malgré ses côtés difficile à vivre sous le stress, elle est une femme efficace et engagée dans son travail et qui est soucieuse de l’individu. Et ça, c’est très précieux.
Ma plus grande difficulté sera de ne pas mettre d’affecte là-dedans; et de rester en mode « travail ».

Je ne sais pas faire ça. Je fonctionne à l’affectif et juste « collaborer » devient vite difficile sur le long terme pour moi.
Je n’attends pas de tomber amoureuse de mes responsables non plus, mais si je n’ai pas un minimum de sympathie et donc d’affection (oui c’est comme ça chez moi) pour eux, je ne peux pas fonctionner avec eux.
Maintenir donc la distance professionnelle est un nouvel exercice qui s’annonce difficile ayant jusqu’ici eu des relations de travail très amicale, voir teinté de sentiment maternel.
Mais j’apprendrai, je n’en doute pas, ma responsable sera une très bonne instructrice pour ça.

Je reviendrai souvent sur ce sujet « j’ai dit que j’étais surdouée/AHP/douante à mon boulot » parce qu’il existe bien trop peu de ressources sur le web à ce sujet.

#AHP #adultesurdoué #AHPautravail

Evolution des concepts et orgueil du AHP

Au début de ce blog, j’adoptais la position la plus communément répandue sur la douance, celle qu’on peut retrouver ici aussi : la douance n’est pas à penser en terme de « plus/+ » mais de différent seulement.

Aujourd’hui, je suis catégorique au vu de mon expérience (ça ne veut pas dire que je ne changerais pas d’avis à l’avenir ceci étant) et j’affirme que le HPI (Haut Potentiel Intellectuel) implique une dimension de « plus/+ » en terme de capacité intellectuelle. J’apporterais cepandant une nuance importante : c’est un plus qui est conditionnel, c’est à dire non absolu, qui ne s’applique pas à tout.

Quitte à passer pour mégalo-orgueilleuse (la grande peur de beaucoup d’AHP, à cause de tout un tas de projections des autres et d’eux-même) je vous partage ceci : j’ai constaté que sur certains points de réflexions, j’allais bien plus vite ou plus loin que d’autres.
Peut-être même en fait que c’est un peu des deux, c’est à dire que je vais plus loin, plus vite dans ma réflexion.
Ceci s’explique sans doute par le processus du cerveau neuro-atypique qui porte à la conscience plus d’informations qu’un cerveau neuro-typique ne le fait ; bénéficiant de plus d’informations, le tri ou la déduction se font sans doute plus vite.
Plus objectivement encore, je m’appuie sur les subtests constitutifs du test WAIS IV, (Test de QI pour adulte) dont l’un deux estime la vitesse de traitement de l’information.
On ne peut pas faire plus clair, c’est un indice sur la capacité à réfléchir vite.
Bon et bien là dessus, ce serait (je crois) nier une réalité que de dire que c’est juste une différence par rapport à la moyenne.
Oui c’est une différence, mais c’est une différence qui se traduit par un plus/+ pour la vitesse de réflexion.

Toujours tiré de mon expérience personnelle, étayée et soutenue par les études en neurosciences sur les AHP, la capacité mémorielle.
Mon entourage m’a souvent manifesté son étonnement vis-à-vis de ma mémoire des évènements et des discours. Les études sur le sujet de la mémoire chez les AHP tendraient à montrer que la capacité mémorielle de ces derniers est plus élevée que chez la majorité des gens.
Plus élevée.
Encore un autre plus/+.

Je m’arrête là parce que j’entends déjà les gens décrocher de ce billet et me taxant d’orgueil démesuré. :p

J’aimerais m’arrêter sur ce point.
Pourquoi taxer l’AHP d’orgueil, face à l’énumération de réalité ?
Quand une personne d’1m92 dit qu’elle est grande à une personne de taille moyenne, taxeriez-vous la première d’orgueil ?
Quand une personne porte sans peine les 15kg de bagages qu’une autre n’arrive même pas à trainer, taxeriez-vous la première d’orgueil ?
Quand Adriana vous dit qu’elle a plus d’1m de jambes, est-ce de l’orgueil ?
Quand une personne daltonienne vous dit qu’elle voit le monde d’une façon que personne d’autre ne pourra connaitre, est-elle orgueilleuse ?
Quand une personne à l’oreille absolue vous joue un morceau de musique qu’elle vient d’entendre alors qu’elle n’a jamais pris de cours de sa vie, est-elle orgueilleuse ?

Je ne crois pas qu’on puisse systématiquement taxer d’orgueil les personnes qui relatent des faits, surtout des faits propres au hasard de la biologie.
Qu’on puisse en tirer de l’orgueil c’est autre chose, mais que le dire soit systématiquement orgueilleux, je ne crois pas.

Pour ma part, c’est un vrai travail d’acceptation de ma différence dans tout ce qu’elle implique, y compris les difficultés sociales qui pourraient en découler.
Si je maintenais ce discours de « je suis juste différente » ce serait à la fois incomplet et injuste, pour les autres comme pour moi.
Incomplet parce que je ne suis pas « juste » différente. De toute façon, dans notre société, personne n’est jamais « juste » différent. Être différent c’est un coup de poker en vérité, et nous sommes entrainé à surtout ne pas sortir du moule.
Je ne suis pas juste différente, parce que « juste » implique pour moi que cette différence n’engendre aucune difficultés ou aucunes conséquences notables sur ma vie et celle des autres.
Or c’est faux.
Cette différence impacte directement mes relations aux autres, et ma façon de vivre. Cette différence me demande parfois de telles dépenses d’énergie pour ne pas déranger que j’en suis épuisée.
Cette différence fait que mes perspectives de carrière ou d’évolution au sein de la société ou d’une entreprise sont différentes.
Cette différence fait que j’ai des difficultés, que je rencontre des épisodes de vie à laquelle ma société, mon groupe d’humain avec qui je vis, n’est pas apte à répondre.

Je ne suis pas « juste » différente. Je suis différente parce…
Parce que ça va plus vite dans ma tête. Parce que ça va autrement dans ma tête.
Parce que il y a des choses qui vous semblent basiques, mais qu’il faut réellement beaucoup m’expliquer pour que, simplement, j’arrive à donner un peu de sens au concept.
Parce que mon corps ne répond pas de la même façon que le votre aux mêmes stimulis…

Pour tout un tas de raison. Y copris parce qu’on est tous différents. Mais nous savons vous et moi que ces jolis mots ne sont souvent que cela.

Alors oui, j’assume cette différence. Et, je l’admets, c’est un test de plus pour moi. Qui saura comprendre que je lui parle non pas de comment je me perçois par rapport à lui/elle, mais de comment je fonctionne ?
Qui saura voir que je ne fais qu’énoncer des faits, et pas me placer en supériorité ?

Enfin qui saura comprendre que cette différence est une richesse, pas une barrière ?

 

 

Au travail (2) : les formations aux outils internes

Les formations ne sont que des réunions en plus long. Et donc plus pénible.
J’ai passé deux jour et demi en formation, et croyez moi, j’aurais pu torcher le truc en une seule journée de boulot. En comptant le délais de contact des différents référents.

J’ai vraiment beaucoup de mal avec les formations et les réunions.
C’est LONG. Mais même pas long parce qu’il y a beaucoup de boulot, juste long parce que ça tourne en rond, ça peine à arriver au but.

Je suis une enfant en terme de concentration. Si je ne suis pas captivée, je décroche et ce n’est plus la peine d’essayer de me récupérer.
En revanche, si je suis intéressée par ce que je fais il y a de grandes chances pour que je ne décroche pas de moi-même et que l’on doive me demander de m’arrêter.

Il parait que c’est courant chez les AHP.
Courant ou pas, c’est pénible. La plupart du temps, je m’ennuie ferme en réunion ou formation, et je passe pour quelqu’un qui manque de sérieux.

Mais allez vous intéresser vous, à un truc qui vous semble d’une évidence crasse.
Par exemple, il y a une case avec marqué à côté : « nom du fichier » et on vous explique que là, il faut mettre le nom du fichier… Et ça pour 24 autres cases, dont une seule aurait réellement mérité précision quant à son contenu (du genre « objet », c’est un peu flou, on peut hésiter entre mettre un nom ou la nature de l’objet bref).
Quant à la formation elle-même, c’était lamentable.
Plutôt que de nous expliquer comment faire les choses (« pour faire ceci, ça se passe en X étape, d’abord faire ça dans cette page. Étape 2 importer. Étape 3 transformer. Etc ») elle s’est contenté de nous faire un exemple, et surtout de ne jamais donné de vue d’ensemble. A moi de trouver l’arborescence des étapes, à moi d’organiser les choses dans ma tête, à moi de faire le tri entre ce qui est général et ce qui est propre à l’exemple traité.
Ah et puis, autre détail un peu frustrant, la formatrice ne savait pas se servir de l’outil. Du moins pas depuis sa mise à jour… Pratique.
Résultat, pendant que je prenais les quelques notes indispensables (parce que mine de rien, il fallait écouter d’une oreille pour essayer de comprendre le fonctionnement du logiciel) j’ai transposé mon blog d’une plateforme à une autre, écrit de nouveaux articles, discuté avec des collègues par messagerie instantanée et traité quelques mails.
Pendant que la formatrice et un collègue ne comprenait pas comment ne pas faire apparaitre les commentaires d’un document Word sur papier. J’ai trouvé assez vite, mais bon, ils ont préféré essayer tout le reste d’abord…

Ce que j’appelle « l’hypersthésie »

Il existe un terme médical, hypersthésie, qui définit une pathologie du système nerveux et récepteurs des sens. Les gens hypersthèses ressentent de la douleur au moindre frôlement.
L’hypersthésie en question, selon Larousse en ligne, selon Santé-medecine.net et selon Wikipédia.

Donc en résumé, c’est pas la joie.

Vous connaissez sans doute aussi la synesthésie, qui n’est pas une pathologie mais qui peut être qualifiée de dysfonctionnement physiologique en rapport à une majorité ou moyenne. Personnellement, je trouve que ça frôle le super-héroïsme. Deux sens qui fonctionnement ensemble alors qu’un seul à été stimulé, c’est trop fort.

Mais la synesthésie ce n’est pas non plus ce qui m’occupe là.
Parce que, je ne suis pas synesthèse, à mon grand regret.

MAIS !
En bonne douante (comme dit une de mes amies…douante elle aussi, mais nous nous sommes découvert cette similitude bien après notre rencontre) je suis quand même doté d’une sensibilité sensorielle (elle est pas belle la redondance hum ?) accrue.
Camille en parle dans un de ses articles.
Le truc fun là-dedans, c’est que chaque individu va avoir un ou plusieurs sens « privilégiés ». Le conjoint de mon amie précédemment cité (Topain. Notez pour plus tard qu’ils seront désormais appelés Topine et Topain), Topain donc, a noté que son ouïe notamment était particulièrement importante.
Topine c’est pareille.
Et moi aussi. Topine et moi, on ne peut pas entendre quelque chose sans pouvoir en identifier la source, la provenance. C’est juste infaisable. Le bruit peut être une telle source de stress pour elle comme pour moi, que quand un son non-identifié nous parvient, on peut passer (mine de rien) de minutes entières à scruter notre environnement jusqu’à ce que l’on trouve.

Mais, si l’on me demandait mon avis, mon sens premier, c’est le toucher.
C’est quelque chose de génial parce que c’est très marqué dans le bon comme dans le mauvais.

Explications.

Le bon :

Les massages sont totalement absolument délicieux pour moi. Certains peuvent même être orgasmique, sans figure de style. Réellement source d’orgasmes.
Je suis littéralement transportée de bonheur et de bien-être au contact de certaines substances/matières. L’eau de la mer en fin de journée d’été, un bain, du satin ou un peignoir tout doux tout doux, sont pour moi des sources de pur bonheur.

Et puis, évidemment, les contacts intimes de l’ordre des caresses et autres baisers sont encore plus appréciables.

Le moins bon :

Conséquemment à cela, je ne peux pas supporter de toucher des inconnus. Et encore, toucher, c’est déjà l’étape ultime. Je me sens réellement agressée quand quelqu’un est simplement trop près de moi.
Vous allez me dire, tout le monde trouve ça désagréable. Oui, je sais. Mais là où le monde à l’air de s’accommoder bon an mal an de la situation, j’ai l’impression à chaque fois qu’on viole mon intimité, je me sens menacée et agressée violemment à chaque fois.
Imaginez moi dans les transports en commun. Chaque effleurement est une décharge électrique de taser niveau 1. J’ai la nausée à chaque fois que quelqu’un est trop près, et je sursaute de peur à chaque contact inopiné.
Intérieurement, je suis tellement tendue et apeurée que je pourrais me mettre à hurler en plein milieu de la foule, m’accroupir, me replier sur-moi-même avec les mains sur la tête et me bercer d’avant en arrière pour me calmer.
Oui, j’ai quelques comportements autistiques comme je les appelle. Ça fait partie du lot de la douance il parait. (Enfin comme tout dans la douance, cela n’a rien de systématique).
C’est juste insupportable.
Bon je ne suis pas non plus totalement autiste sur ce point et le contact physique, quand il est prévu et rentre dans mes critères de normalité, passe très bien. Du genre serrer la main à la personne qui me reçoit à l’entretien d’embauche; ou se faire examiner par un-e rofessionnel-le de santé. OU plus simplement, quand il s’agit de personne que j’aime.
Mais là aussi, socialement, ç pose soucis parfois.
Nous ne sommes pas dans une socité du contact physique. C’est quelque chose que l’on considère être de la sphère intime. On ne se touche pas en public, même pas une embrassade amicale, ou se tenir par la main. Ces gestes là sont réservés au couple amoureux précisément.
Ce fut pour moi, plus jeune, une vraie peine. J’ai dû apprendre à contenir ces élans, pour ne pas être mal comprise, ne pas être mal vue. Mais c’était et c’est toujours une souffrance, un regret.

A cause précisément de cette intensité ressentie, le toucher est pour moi un second langage. Je dis et comprends énormément de chose à travers le toucher. C’est indescriptible avec des mots, car c’est une autre façon de s’exprimer.
Ce qui fait que quand j’aime les gens, amis ou amants, j’ai naturellement et spontanément des gestes d’affection envers eux. Je vais les toucher, au gré de la conversation, une main sur le bras, sur l’épaule, une tape sur la cuisse, un faux coup sur le bras. Je vais avoir envie de les prendre dans les bras, de les serrer contre moi… Et « ça ne se fait pas » !
😦

Mais j’ai la chance d’avoir le combo toucher/ouïe/odorat. Dans cet ordre à peu près, ou alors ouïe et odorat au même niveau.
L’ouïe je vous en ai parlé plus haut. Autant vous dire qu’avec cette vigilance permanente de l’oreille, faut pas qu’une maison fasse trop de bruit la nuit ! Chez me parents, je pouvais percevoir les messages enregistrés par le répondeur….des voisins !!!
Je vous passe le frigo qui tourne, la chaudière qui s’enclenche, l’eau qui coule dans les canalisations, etc…
Parfois j’ai l’impression de vivre dans un magasin d’horloges tellement il y a du bruit partout.
Dans les transports, au travail, au resto, bref avec les gens du dehors, il m’arrive d’avoir des envies de meurtre tellement je suis agacée par un son répétitif et agressif pour moi. Du genre celui qui respire trop fort; celui qui tousse trop (mais eux avec le temps, j’ai appris à calmer ma rage parce que moi aussi j’ai des quintes de toux et personne n’y peux rien).
Celui qui écoute sa musique trop fort, à tel point que j’entends ce qi se passe dans ses écouteurs. Une fois j’ai demandé à quelqu’un qu’il baisse le volume, tout le monde m’a regardé bizarrement…Comme si j’étais la seule à être gênée. Mais c’était super pénible ! En plus la qualité du son est pourrie pour celui qui entend de l’extérieur des écouteurs…
Et puis l’odorat.
Petite, ma mère pensait que je faisais des caprices parce que je refusais de passer devant le fromager au marché. Je ne voulais pas rentrer dans la boutique, et même passer devant était pénible. Je cesser de respirer le temps de passer :p.
Ma mère a toujours pensé que c’était de la comédie. En vérité, je ne supportais vraiment pas l’odeur.
Aujourd’hui, je suis encore parfois piégée par cette faculté avec d’autres personnes, parce que je demande souvent : « Vous n sentez pas ça ? » ou encore « Ca ne sent pas le brûler quelque part ? ».
Jusque là, à eur réponse négative, je déduisais toujours que c’était mon imagination. Maintenant je m’accorde le droit d’envisager que je sens quelque chose que leur cerveau na pas jugé pertinent de mettre en avant.

[Oui parce qu’en fait cette sensibilité sensorielle, ce n’est pas tant des capteurs plus performants, que l’information qui n’est pastriée de la même façon. Alors qu’un cerveau neurotypique va classer les infos selons des critères de pertinences, et donc en passer certaines à l’as, le cerveau Alpha (ou neuroatypique ou douant ou etc) lui va tout mettre au même niveau de pertinence. TOUT est bon à prendre ou presque. Ce qui donne ces situations où vous percevez quelque chose, et les autres non.]

Hier soir, en rentrant du boulot par le RER, je remarque une odeur atroce. Enfin atroce pour moi. C’est celle de votre salade ou de n’importe quelle verdure oubliée dans un peu d’eau et qui commence à se décomposer. C’est IGNOBLE !
Je regade partout autour de moi, sous les banquettes, si les gens n’auraient pas des sacs de bouffe (on voit de tout vous savez dans les transports franciliens), rien.
Mais ces effluves nauséabondes continuent de me parvenir par vague. Sauf que comme pour les bruits, impossibe de m’y soustraire si je ne les identifie pas. Logique, je ne vais pas bouger aléatoirement sans savoir si ce sera efficace ou pas.
Donc je cherche encore. Et encore. Jusqu’à ce que je remarque le pourtour de la vitre à côté de laquelle j’étais assise. Une couche vert-foncé brillante s’étale le long du joint, tous le long de la fenêtre jusque dans les angles et commence à remonter.
BEURK !
Mais c’était ça. Je sentais ça. C’était pas grand chose, un petit filet vert coincé dans le joint. Et bah moi ça me filait la nausée !
Je me lève, je change de place, loin de cette fenêtre et je vérifie que celle dont je m’approche n’est pas dans le même état.

Cela m’a fait rire un peu jaune, je vous l’avoue, parce que franchement, il n’y’a que moi pour être dérangée par un truc aussi infime !
Alors imaginez le bonheur total quand je suis confrontée aux gens à l’hygienne douteuse, aux fumeurs qui empestent la clope, ou aux gros buveurs (qui en général sont fumeurs aussi). Ces derniers ont une odeur absolument caractéristique et qui me fait presque tourner de l’œil.

Mais malgré tout ça, je trouve ça génial d’avoir des sens plus « développés ».
Vraiment.
J’ai accè à des choses inconnues de autres, et surtout, je puise dans cette sensualité différente bien plus de bonheur que de mal-être. C’est juste formidable.

Hamster Zébré

Jusque là vous aviez la version victime :

« Ouin ouin, je suis malheureux dans ma vie personne ne me comprend »

Ou la version Megalomaniaque :

« Je suis TELLEMENT supérieur à tout le monde grâce à mon GROS QI »

Ou la mienne, que je vous laisse qualifier :p

Et puis , vous avez celle de Camille.
Sa vision est différente de la mienne.
J’insiste sur la différence des HPI et sur l’existence, pour moi, d’une notion de « plus » (contraire de moins) dans la réalité du surdon intelletuel, en terme de capacités.
Elle, insiste sur sa réalité de la chose, à savoir que (si j’ai bien compris) il n’y a pas de notion de « plus » dans le surdon, mais juste de « autrement ».
Pour mieux résumer :

Moi : HPI= différent et +
Camille : Zèbre = différent.

Je n’aime pas le mot « Zèbre », elle l’a fait sien.
Je suis vachement hard dans ce que je dis, elle pratique la CNV.

Pourquoi je parle de ce blog si différent du mien ?
Déjà parce qu’il est beau (je vais migrer sur WordPress aussi, y’en a marre du design pourri). Ensuite parce qu’il est TELLEMENT différent de ce que je dis ici.

Tiens par exemple, elle dit que pour elle pas besoin de se faire diagnostiquer pour faire sienne la douance ou le HPI. Moi, le/la première qui se pointe sans diagnostique d’un professionnel, je lui brise ses espoirs dans ma tête. Oui seulement dans ma tête parce que je ne suis pas non plus le mal incarné.


Attention !

Hors de question que qui que ce soit ici pensent une seule seconde que je dis qu’elle a « tort » ou que je dénigre son point de vue. NIET !
Camille a le courage de parler de son expérience, et de sa façon de vivre sa condition dans une société qui n’est pas faite pour elle/nous.
Sa façon de le vivre, de voir les choses, d’y réagir est parfaite. Parce qu’elle est la sienne et qu’elle lui convient. De même que la mienne est parfaite, parce que c’est la mienne et que ça me va.
Je vous le partage ici, parce que je trouve vraiment bien d’avoir différents témoignages pour comprendre que, surdon ou pas, on ne peut pas généraliser en imaginant que tous les surdoués ou zèbres sont les mêmes.
Il y a des caractéristiques communes, mais il n’y a pas une seule réalité.
Alors lisez, allez voir.
Son blog n’est pas exclusivement centré sur la « Zébritude » (comme l’appelle) mais il en parle en grande partie.

Enjoy !

Hamster Zébré

Le permis ? C’est fait !!!!

En début de mois, j’ai passé l’examen pratique du permis de conduire pour la 3e fois de ma vie.

Ce fut, comme les précédentes, un moment de grande angoisse. J’ai eu chaud, très chaud, mon coeur battait à une vitesse inhumaine (je me suis sentie souris), je n’avais plus consciennce d’une bonne partie de mon environnement, et mon champ visuel s’était réduit de moitié.
Comme d’hab’.

Mais cette fois, il faut reconnaitre que je me sentais un peu plus prête que les fois précédentes. Et vous savez quoi ? Je l’ai eu.
J’ai eu mon permis.
J’AI EU MON PERMIS !!!!

Comment ?
Principalement, je crois, parce qu’émotionnellement j’étais dans de bien meilleures conditions.
D’abord j’avais entamé la formation avec Cher-et-Tendre. Lui aussi (en bon douant qui s’ignore) rencontrait des difficultés grotesques à avoir ce fichu sésame.
En se formant ensemble, nous trouvions l’un avec l’autre une oreille attentive et surtout compréhensive de nos difficultés respectives (qui étaient somme toutes assez similaires). Au code, nous ne comprenions pas la logique de certaines réponses, nous notions des contradictions qui nous mettaient hors de nous, et surtout, face aux réponses du type : « Oui c’est écrit comme ça dans le code de la route, mais en réalité c’est une question d’appréciation », nous devenions simplement dingues.
Comment eut-on espérer que nous, candidat-e-s à l’examen, réussissions le dit-examen si les règles qu’on nous demandait d’apprendre n’étaient pas applicables ???

Nous avons eu le code. Du premier coup, ensemble.

Puis, réconforté-e- et encouragé-e- par la présence de l’autre, nous avons choisis nos moniteur/trice-s de conduite. Réellement choisis. La chance nous a sourit aussi, car nous avons découvert « par hasard » ces moniteur/trice-s et leurs façon de travailler.
Nous avons eu un véritable coup de cœur pour ces moniteur/trice-s qui, dans leur parfaite exception, répondaient à nos besoin d’explications constantes et surtout, surtout, à notre besoin (terrible) de confiance en nous.
Nous avons été écouté-e-s. Ecouté-e-s avec patience devrais-je préciser et empathie. Nos moniteurs (une monitrice et un moniteur) ont compris que notre plus grand problème était d’ordre émotionnel. Il nous fallait avoir confiance en nous.

Il et elle ont aussi compris notre envie/besoin de faire cela ensemble, Cher-et-Tendre et moi. Il et elle ont compris notre démarche commune, le soutien que l’on s’apportait l’un l’autre et nous ont laissé assister aux leçons l’un de l’autre, quand nos emplois du temps le permettaient.
Non que nous ne pouvions pas respirer l’un sans l’autre, mais bourreaux de travail à nos heures, nous nous sommes mis-e- « à fond » dans notre formation, avec l’idée de profiter des leçons de l’autre. Ecoute pédagogique, c’est comme ça que cela s’appelle.

Quoi qu’il en soit, plus encore que de pratiquer les créneaux, ou les rangements en bataille, il et elle nous ont mis en confiance. Enfin, autant que faire se peut pour deux zigotos comme nous.
Après moins d’une douzaine d’heures de conduite chacun, nous voilà à l’examen. Nous y sommes allé-e-s avec la confiance, répétée et affirmée de nos deux moniteur/trice-s. Et pour ma part avec une réelle implication affective de ma monitrice.

C’était peut-être ce qu’il nous fallait ? Ce qu’il nous manquait ?
Une oreille patiente, une écoute attentive. Une véritable volonté de comprendre et de faire « à notre rythme » selon nos besoins.

Ça ne tient pas tellement à nous, qui n’avons que peu changé depuis nos dernières tentatives. Mais bien, beaucoup, à nos moniteur et monitrice qui étaient d’exceptionnels pédagogues.

Alors merci à eux, merci infiniment à toute l’équipe de cette auto-école tellement géniale.
Et comme je suis sur un blog perso, voilà un peu de pub pour eux :Auto-Ecole Batendier, Chartres, 28000

Et un merci tout spécial à Séverine et Alex.
Vous êtes les meilleurs monitrice et moniteur que j’ai rencontré dans ma vie (et j’en ai vu plein !)