Est-ce que j’ai déjà dit que je passais pour un monstre ?

Drame familiale.

La scène : des « cousines » de tous horizons, du 1er au 812e degrès, échangent quelques mots sur l’organisation d’une éventuelle seconde cousinade. Les dialogues qui s’en suivent sont aussi abscons qu’irritants.
AUCUNE PRECISION dans les propos.

Moi : « Il me semble hein, c’est la cousinade X, dont il s’agit ? »
Cousine 1 : « Ah oui j’ai reçu un mail de machin, c’est ça. »

Moi je comprends qu’il s’agit donc bien de la cousinade X. Cousinade pour laquelle ma chère maman se démène depuis septembre 2013. Alors quand je vois les cousines se faire leur petite tambouille en organisant les choses pour convenir à leurs emplois du temps sans tenir compte une seconde du travail déjà effectué, je me permet d’intervenir et précisant qu’il y a des personnes en charge de la chose et qu’il serait plus pratique et claire de leur demander à elles.
Et là, je passe pour un monstre, chacune des autres cousines se mettent à me hurler dessus, en me demandant de me calmer, et là, tombé de nul part, l’info qui tue :

« Mais on parlait de la cousinade Y nous !!! »

Bon…
La non-nouvelle, je suis le monstre de la famille.
Ok, j’ai l’habitude, parce que je suis factuelle, on me prête les pires sentiments du monde. Je commence doucement à m’y faire. Mais la vraie nouvelle, c’est que j’ai visiblement du mal avec les choses imprécises et les sous-entendus des gens.
Est-ce que n’importe qui n’aurait pas compris ? Ou est-ce moi qui ai du mal avec les implicites qui semblent limpides à tous ? Je cherche encore la réponse.

Mais pourquoi donc je passe pour un monstre ?
Parce que je dis des choses qui socialement, visiblement, ne sont pas acceptées. Les autres les reçoivent comme teintées d’émotionnel, de jugement, alors que pour moi, il ne s’agit que de constatations factuelles, sans jugement aucun.

Exemple :
Je dis : « Machin-e il/elle est tellement egocentré qu’il/elle ne réalise pas qu’il va dans le mur ».
Quand je dis ça, je veux juste dire ça, ni plus ni moins. Mais j’ai fini par comprendre que les autres entendaient souvent : « Machin-e il/elle est tellement egocentré qu’il/elle ne réalise pas qu’il va dans le mur; il/elle est bête et méchant ! »
Mais pour moi ça n’a aucun rapport ! Je peux dire de quelqu’un qu’il/elle est egocentrique, et cela ne m’empêche pas aussi de dire, si je le constate que il/elle est généreux-se, drôle, gentil-le, serviable ou que sais-je encore !

Et c’est là que je comprends mieux de quoi parlait JSF dans son livre, quand elle parle des implicites. Il y a des codes societaux, relationnels, que je n’utilise pas comme les autres.
Ce n’est pas que je ne les connais pas, que je ne les utilise pas. Mais c’est bien que je ne les maitrise pas, dans le sens où je ne les emploie visiblement pas systématiquement quand il le faudrait.
Je place, instinctivement, le fait objectif, avant. Je veux dire, je considère d’abord le fait, si je dois émettre un jugement ou un avis, je le précise avec les mots adéquats pour moi. Comme par exemple, « je pense », « selon moi », « j’ai le sentiment que », « si vous me demandez mon avis je dirais que ». Mais sinon, je ne fais qu’énoncer des faits.
Et cela n’est visiblement pas d’usage, ou compris.
Ce qui m’amène à me faire passer pour un monstre sans coeur, tout particulièrement auprès de ma famille.

Je ne suis pas certaine d’être à l’aise avec ça, même si je travaille à m’y faire.
Sachant que je suis probablement plus sensible qu’eux tous, cela me fait un petit peu mal qu’ils puissent penser que je suis précisément insensible ou méchante. Parce que c’est faux, et parce que, très probablement aussi, à cause de mes énormes complexes qui font que j’ai besoin pour me sentir sécurisée, de savoir que je ne suis pas mesestimée.

Vous voyez, le problème pour écrire des billets de blog ? C’est de suivre le cours de ma pensée. Moi je trouve ça très clair, j’écris en suivant le flot de ma pensée et tout cela m’est parfaitement logique.
Mais pour le lecteur ? N’est-ce pas comme un brouillon ? Des idées jetées ici et là, retenues entre elles par des tentatives d’articulations sensées ?

#AHP #adultesurdoué #femmesurdouée #HQI

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