« Libérée, Délivrée »

Aujourd’hui, je suis allée voir le dernier Disney, « La Reine des Neiges ».
Totalement décomplexés, mon cher et tendre et moi-même y sommes allés, seuls adultes non accompagnés d’enfants de moins de 13 ans.

Qu’importe ! Nous avons beaucoup ri, merci le doublage de Danny Boon.

Quant à moi j’ai été émue par cette Reine des Neiges. Je vous plante le décors :

La Reine des Neige est en fait une jeune princesse, héritère du trone, nait avec un pouvoir unique qui se décline de mille et une façon : elle génère et contrôle la neige et la glace. Un jour, par accident, elle blesse sa soeur cadette. Cette dernière s’en sort grâce à un sorcier troll qui lui confie que ses pouvoirs grandiront avec le temps, qu’ils sont merveilleux mais qu’elle doit éviter la peur pour ne pas en faire une arme.
Le couple royal promet de la protéger, et pour se faire il lui demande de cacher ses pouvoirs, de taire son secret, et la font vivre en recluse, loin de tous. Y compris de sa soeur bien aimée.
Ellle grandit donc seule. Seule au sein de sa famille. Seule, enfermée dans sa chambre, dans un chateau que ses parents ont fermé au monde pour que nul ne sache jamais les pouvoirs que leur fille ainée pocède de naissance.

Puis vient le jour où, par accident encore et pousser à bout par la peur, l’angoisse et l’incompréhension des autres vis à vis de son comportements, elle ne se contrôle plus et ses pouvoirs se manifestent au yeux du monde.
Traitée de sorcière et de monstre, effrayée de peut-être blesser quelqu’un de nouveau, elle s’enfuit, aussi loin que possible.
Elle trouve refuge sur le plus haut sommet de son royaume, au milieu de la neige et des glaces, où elle peut librement laisser cours à ses pouvoirs.

C’est là que j’ai été émue par cette chanson :

« L’hiver s’installe doucement dans la nuit
La neige est reine à son tour
Un royaume de solitude
Ma place est là pour toujours

Le vent qui hurle en moi ne pense plus à demain
Il est bien trop fort
J’ai lutté, en vain

Cache tes pouvoirs, n’en parle pas
Fais attention, le secret survivra
Pas d’états d’âme, pas de tourments
De sentiments

Libérée, Délivrée
Je ne mentirai plus jamais
Libérée, Délivrée
C’est décidé, je m’en vais

J’ai laissé mon enfance en été
Perdue dans l’hivers,
Le froid est pour moi,
Le prix de la liberté

Quand on prend de la hauteur
Tout semble insignifiant
La tristesse, l’angoisse et la peur
M’ont quittées depuis longtemps

Je veux voir ce que je peux faire
De cette magie pleine de mystère,
Le bien, le mal je dis tant pis, tant pis !

Libérée, Délivrée,
Les etoiles me tendent les bras,
Liberée, Délivrée,
Non je ne pleure pas !

Me voilà, oui je suis là !
Perdue dans l’hivers

Mon pouvoir vient du ciel et envahit l’espace,
Mon ame s’exprime en dessinant et sculptant dans la glace
Et mes pensées sont des fleurs de cristal gelées,
Je ne reviendrai pas, le passé est passé

Libérée, Délivrée,
Desormais plus rien ne m’arrete,
Libérée, Delivrée,
Plus de princesse parfaite.

Je suis là, comme je l’ai rêvé, 
Perdue dans l’hiver,
Le froid est pour moi le prix de la liberté. »

 

En gras, les phrases qui sont venues me toucher, me chercher.
C’est amusant comme on peut se retrouver dans quelques mots, pour peu qu’on leur prette une certaine symbolique et qu’on glisse quelques métaphores.

« Un royaume de solitude, Ma place est là pour toujours »  c’est exactement ce que je me suis dit, suite à un week-end particulièrement éprouvant avec les amis de mon cher et tendre. J’ai passé ces deux jours à m’en prendre plein la tronche, à souffrir de ne pas comprendre le comportement agressif des autres, à ne pas réussir à me faire comprendre, à partager. (Certes, j’avais à faire à des têtes de mûles qui prennent la contradiction systématique et l’opposition agressive comme bese d’échange avec les autres. Ca n’aide pas.).
Mais suite à cette communication impossible et douloureuse (douloureuse seulement pour moi), j’en suis arrivée à me dire que pour me préserver, la seule solution était de ne plus entrer en contact avec les autres, puisque visiblement, quand je le faisais, je souffrais. Et je considérais que c’était de ma faute, que comme j’étais « différente », c’était mon tirt de ne pas savoir m’adapter à eux.
J’ai tellement pleurer de désespoir que j’ai failli me déclencher une crise d’asthme. Alors que je ne suis pas du tout asthmatique.

« Le vent qui hurle en moi ne pense plus à demain, Il est bien trop fort, J’ai lutté, en vain » 
Ca, ce sont mes émotions. Le flot énorme, violent, et inintérompu de mes émotions. Avec lequel j’ai lutté si longtemps et si fort parce que…

« Cache tes pouvoirs, n’en parle pas
Fais attention, le secret survivra
Pas d’états d’âme, pas de tourments
De sentiments »
Question de survie. Cacher ses émotions « inappropriées », ces signes de faiblesses pour les autres.
Et puis, quand le diagnostique à été posé, surtout ne pas le dire, parce que les autres pourraient se vexer, ne pas comprendre.
Alors, pour me préserver de ce qui me faisait si mal, et pour obeïr, pour les autres (encore et toujours les autres), j’ai fait? J’ai caché.

« Libérée, Délivrée
Je ne mentirai plus jamais
Libérée, Délivrée »
Quand en analysant le diagnostique, je réalisais que c’était normal de ressentir tout cela. Quand j’ai enfin compris que j’avais le droit. Libérée. Délivrée.
Ne plus jamais mentir sur moi-même, c’est ce à quoi j’aspire. Ne plus mentir aux autres, mais surtout à moi-même. Me regarder telle que je suis et non telle que j’ai cru ou crois être.

« Je veux voir ce que je peux faire 
De cette magie pleine de mystère, 
Le bien, le mal je dis tant pis, tant pis
! »
C’est l’exaltation. Oui je veux voir ce dont je suis capable, maintenant que les barrières que j’avais moi-même posées sont en train de voler en éclat. Maintenant que mon horizon est plus vaste. Et pourtant, ce potentiel, je le connais mal il reste mysterieux. Quant à envoyer valser les définitions du bien et du mal, peut-être pas totalement, mais c’est une façon de dire que maintenant ça suffit, je ferai ce qu’il me faudra pour me connaitre et être moi. Qu’importe ce qu’on en pensera, ou comment « on » me jugera.

« Libérée, Délivrée,
Les etoiles me tendent les bras, 
Liberée, Délivrée,
Me voilà, oui je suis là
! »
C’est l’impression de se redécouvrir et de reprendre le contrôle de soi. Débarrassée de faux-semblants pesant. Se redécouvrir et avoir tout à réapprendre.

« Mon pouvoir vient du ciel et envahit l’espace, 
Mon ame s’exprime en dessinant et sculptant dans la glace 
Et mes pensées sont des fleurs de cristal gelées,  »
C’est comme ça que je vois et ressens ma douance. Merveilleuse, magique, mystérieuse. Et comment j’imagine mes pensées, le fonctionnement de ma psychée, de mon esprit Délicat et vif.

« Libérée, Délivrée, 
Desormais plus rien ne m’arrete, 
Libérée, Delivrée,
Plus de princesse parfaite.

Je suis là, comme je l’ai rêvé,  »
Ou comment on se réapproprie sa vie. L’impression que maintenant, tout est possible, et que tout est en place.

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