Je ne comprends pas

Encore une fois, je suis confrontée au même problème : je comprends les choses différemment.

Pour faire court, j’ai passé un week-end affreux avec des amis de mon cher et tendre, Appelons les protagonistes C. et M.
C. ne m’adressait la parole que pour me contredire ou pour « plaisanter », en m’envoyant en joyeusement en pleine figure tout un tas de remarques toutes plus désagréables les unes que les autres. Jusqu’à atteindre un sommum avec une reflexion sur mes capacités à aimer.
Horrible, horrible week-end,

De retour chez nous, j’en parle à Cher et Tendre, qui m’explique que C. ne disait tout cela que pour plaisanter et ne comprends pas pourquoi j’ai été blessée de ses remarques.

Je déteste ça.

Je déteste quand on me dit qu’on ne comprend pas ma réaction, parce que j’ai le sentiment qu’on m’explique par là que j’ai tort de ressentir cela, que je ne devrais pas ressentir ce que je ressens.
Tout cela me met en colère, m’exaspère et me fait de la peine en même temps.

Cher et Tendre a été exemplaire, m’expliquant de son mieux comment lui comprenait et avait vécu cette situation.
De mon côté, je n’ai ressorti de tout cela qu’encore une fois, pour ça, j’étais toute seule.

Et ce n’est pas une reproche, je ne blâme personne pour cela. Mais là où avant je me disais que la situation n’était pas bloquée (je devais être trop sensible, mal comprendre les choses, mais rien n’était irrémédiable) aujourd’hui, il me semble que je suis condamnée à ne jamais pouvoir me mettre au diapason des autres et comrendre ce genre d’interactions.
Parce que je ne suis pas cablée comme les autres dans ma tête, jamais ils ne comprendront ce que je ressens et jamais moi je ne saurais correctement interpréter leurs paroles, comme ils le font entre eux.

Je DÉTESTE penser ça !
Je déteste ce sentiment de fatalité, de choses figées.

Les choses ne vont pas comme elles devraient.
Par moment, j’ai l’impression que ce diagnostique a tout compliqué dans ma tête. J’ai le sentiment de m’être faite avoir en fait, que les bénéfices ne sont pas du tout proportionnels aux inconvénients que cela a apporté dans ma vie.
Et d’un autre côté je me dis : mais qu’est-ce qu’on s’en fiche finalement ! Ca sert à quoi de te savoir douante, au fond ? Tu arrivais déjà (avec plus ou moins de succès) à vivre avec les autres avant, sans le savoir. Alors quoi ? Tu n’as pas besoin de ça …
Pourtant si, j’ai eu besoin de ça. J’ai eu besoin de ça pour m’autoriser à ressentir pleinement mes émotions, à les vivre pleinement.

Mais savoir a ajouter aussi à ma frustration. Aujourd’hui que « je sais », j’ai plus confiance en mes intuitions et jugements, et je suis d’autant plus frustrées quand on ne les écoute pas.
Pas que le monde doive attendre ma divine parole et se plier à la lettre à tout ce que je dis (même si pour certains, àa leur rendrait service…ou à moi :p); mais c’est tellement frustrant de savoir qu’on a raison et de voir les autres persister dans l’erreur.

Oui je sais il faut que je lâche prise avec ça, parce qu’après tout, ce sont leurs erreurs, et nous avons tous besoin de faire nos erreurs pour apprendre. Mais, c’est plus fort que moi, quand j’ai raison, j’ai besoin de le dire. Cher et Tendre dit que c’est une légère obcession chez moi.

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J’ai raison et c’est important de le dire

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C’est certainement ce qui pourrait le plus me desservir si je devais expliquer cela à des gens qui ne me connaissent pas.

J’ai vraiment des soucis de confiance en moi, et très sincèrement, je ne me juge quasiment jamais mieux que les personnes que je rencontre. Je suis toujours moins ou trop dans le mauvais sens.
Mais en m’écoutant (ou en me lisant) dire (ou écrire) qu’il est important pour moi de dire que j’ai raison, on pourrait croire le contraire :p
Alors que pas du tout. Dans cette démarche je suis très égoïste (décidémment, je me flatte dans cet article !) et c’est vraiment uniquement pour me soulager moi que j’exprime cela.

Je vous explique :

Quand on me raconte une histoire, qu’on me décrit une situation, j’anticipe sur la fin, les conséquences, le déroulement, etc. D’ailleurs on me demande très souvent mon avis sur la question.
Bon d’accord, même quand on ne me demande pas, je partagemon analyse. Mais promiiiiiiiiiiiiis c’est juste parce que ce qu’on me raconte, je le vois comme un puzzle ou une énigme, et c’est automatique, j’analyse. Ce qui ne m’empeche pas de compatir, pas du tout. D’ailleurs c’est très important de prendre en compte les sentiments générés par l’histoire en question chez l’interlocuteur.
Bref je m’égare !

Prenons un exemple : M.

M. a comme qui dirait une vie compliquée.
c’est surtout sentimentalement.
Pour planter le décors, elle a été plusieurs années, au début de sa vingtaine, avec un charmant garçon, B.
Puis elle l’a largué pour un motard-blouson-noir-queue-de-cheval-rebel, parce que B. était trop pantouflard et que le rêve de sa vie à elle c’était de parcourir le monde.
Elle se fait larguer, revient vers B. en pleurant et B. raide amoureux accepte de reprendre avec elle.
Puis elle le relargue, et re revient avec lui.
Tout ça a pris environ 7 ou 8 ans, et il y a deux ans environ, je suis invitée au mariage de M. et B.
Mon premier commentaire en reposant le carton d’invitation ?  « Je ne leur donne même pas 3 ans. »
Ma mère m’a regardée comme si j’étais un monstre mystique qui venait de maudire sur 8 générations la future famille de M et B.
3 mois après le mariage, chez mes parents, nous recevons l’appel de M. qui nous annonce hyper heureuse « J’attends un Bébé ! ».
Ma réaction ?  « C’est une bêtise sans nom, quand ils vont se séparer, c’est l’enfant qui va trinquer ».

Et aujourd’hui, presque 3 ans après leur mariage, et 2 ans et demi après la naissance de la petite (ils ont eu une fille) je reçois un appel de ma mère qui m’annonce que M. et B. sont en train de se séparer. Mes premiers mots après l’annonce ?
« J’AVAIS RAISON, J’AVAIS RAISON, J’AVAIS RAISON ! »
Je l’ai dit 3 fois, très fort et ça m’a tellement soulagée.

Vous me trouvez monstrueuse ? Vous avez raison, dit comme ça, ça fait peur !
Mais je vous jure, il n’y a aucune cruauté, ni aucun jugement dans tout cela pour moi. C’est comme…Vous savez quand vous devinez juste à une énigme ? Quand vous trouvez la bonne réponse ? C’est pareil.
Sauf que dans l’exemple cité, s’agissant d’être humains sur une période de 10 ans, c’est bien plus difficile à prévoir.

Ok j’admets, je ne vous aide pas à me trouver sympathique là :p
Je vous assure que je ne vois pas les gens qui m’entourent comme des souris de labo.
Mais la vie est une énigme, un puzzle pour moi, ça c’est vrai. Et j’adore les énigmes  et les puzzles !

Bon exemple moins dérangeant peut-être : les films.
Cher et Tendre m’adore mais je crois qu’il est légèrement irrité par ma manie de spontanément lancer des hypothèses sur la fin des films : qui a fait quoi, qui est lié à qui et pourquoi, bref flinguer le suspens.
Enfin pour lui.
Pour lui, je flingue le suspens, pour moi, j’émets une hypothèse et j’attends avec excitation de voir si j’avais raison. Ça ne me gâche pas le plaisir du film, je m’y plonge comme tout le monde.
Mais 98% du temps, j’ai raison. (D’ailleurs quand j’ai tort c’est souvent que le dénouement sort littéralement du chapeau de l’auteur, sans aucun éléments précédents pour le soutenir)
Et pour Cher et Tendre, je fais du sabotage, parce que je sais que j’ai souvent raison et que donc je devrais me taire quand j’ai une idée sur le dénouement d’un film.
Sauf que je ne peux pas ! Ça sort tout seul, c’est comme ça.

Vous voyez l’important ce n’est pas que l’autre ait tort, ou qu’il se soit trompé, mais que j’ai bien compris. Que là, cette fois, j’avais raison, j’ai bien fait. Cette fois ci, j’ai fait quelque chose de bien.
Au fond, c’est toujours la même rengaine : essayer de me prouver, de me convaincre, que je ne suis pas tout le temps, complètement bonne à rien.
Ça fait tragique, je sais, mais c’est la vérité.

Donc la prochaine fois que vous croiserez une peste arrogante, qui ne rate pas une occasion de dire qu’elle a raison, pensez à moi.

« Libérée, Délivrée »

Aujourd’hui, je suis allée voir le dernier Disney, « La Reine des Neiges ».
Totalement décomplexés, mon cher et tendre et moi-même y sommes allés, seuls adultes non accompagnés d’enfants de moins de 13 ans.

Qu’importe ! Nous avons beaucoup ri, merci le doublage de Danny Boon.

Quant à moi j’ai été émue par cette Reine des Neiges. Je vous plante le décors :

La Reine des Neige est en fait une jeune princesse, héritère du trone, nait avec un pouvoir unique qui se décline de mille et une façon : elle génère et contrôle la neige et la glace. Un jour, par accident, elle blesse sa soeur cadette. Cette dernière s’en sort grâce à un sorcier troll qui lui confie que ses pouvoirs grandiront avec le temps, qu’ils sont merveilleux mais qu’elle doit éviter la peur pour ne pas en faire une arme.
Le couple royal promet de la protéger, et pour se faire il lui demande de cacher ses pouvoirs, de taire son secret, et la font vivre en recluse, loin de tous. Y compris de sa soeur bien aimée.
Ellle grandit donc seule. Seule au sein de sa famille. Seule, enfermée dans sa chambre, dans un chateau que ses parents ont fermé au monde pour que nul ne sache jamais les pouvoirs que leur fille ainée pocède de naissance.

Puis vient le jour où, par accident encore et pousser à bout par la peur, l’angoisse et l’incompréhension des autres vis à vis de son comportements, elle ne se contrôle plus et ses pouvoirs se manifestent au yeux du monde.
Traitée de sorcière et de monstre, effrayée de peut-être blesser quelqu’un de nouveau, elle s’enfuit, aussi loin que possible.
Elle trouve refuge sur le plus haut sommet de son royaume, au milieu de la neige et des glaces, où elle peut librement laisser cours à ses pouvoirs.

C’est là que j’ai été émue par cette chanson :

« L’hiver s’installe doucement dans la nuit
La neige est reine à son tour
Un royaume de solitude
Ma place est là pour toujours

Le vent qui hurle en moi ne pense plus à demain
Il est bien trop fort
J’ai lutté, en vain

Cache tes pouvoirs, n’en parle pas
Fais attention, le secret survivra
Pas d’états d’âme, pas de tourments
De sentiments

Libérée, Délivrée
Je ne mentirai plus jamais
Libérée, Délivrée
C’est décidé, je m’en vais

J’ai laissé mon enfance en été
Perdue dans l’hivers,
Le froid est pour moi,
Le prix de la liberté

Quand on prend de la hauteur
Tout semble insignifiant
La tristesse, l’angoisse et la peur
M’ont quittées depuis longtemps

Je veux voir ce que je peux faire
De cette magie pleine de mystère,
Le bien, le mal je dis tant pis, tant pis !

Libérée, Délivrée,
Les etoiles me tendent les bras,
Liberée, Délivrée,
Non je ne pleure pas !

Me voilà, oui je suis là !
Perdue dans l’hivers

Mon pouvoir vient du ciel et envahit l’espace,
Mon ame s’exprime en dessinant et sculptant dans la glace
Et mes pensées sont des fleurs de cristal gelées,
Je ne reviendrai pas, le passé est passé

Libérée, Délivrée,
Desormais plus rien ne m’arrete,
Libérée, Delivrée,
Plus de princesse parfaite.

Je suis là, comme je l’ai rêvé, 
Perdue dans l’hiver,
Le froid est pour moi le prix de la liberté. »

 

En gras, les phrases qui sont venues me toucher, me chercher.
C’est amusant comme on peut se retrouver dans quelques mots, pour peu qu’on leur prette une certaine symbolique et qu’on glisse quelques métaphores.

« Un royaume de solitude, Ma place est là pour toujours »  c’est exactement ce que je me suis dit, suite à un week-end particulièrement éprouvant avec les amis de mon cher et tendre. J’ai passé ces deux jours à m’en prendre plein la tronche, à souffrir de ne pas comprendre le comportement agressif des autres, à ne pas réussir à me faire comprendre, à partager. (Certes, j’avais à faire à des têtes de mûles qui prennent la contradiction systématique et l’opposition agressive comme bese d’échange avec les autres. Ca n’aide pas.).
Mais suite à cette communication impossible et douloureuse (douloureuse seulement pour moi), j’en suis arrivée à me dire que pour me préserver, la seule solution était de ne plus entrer en contact avec les autres, puisque visiblement, quand je le faisais, je souffrais. Et je considérais que c’était de ma faute, que comme j’étais « différente », c’était mon tirt de ne pas savoir m’adapter à eux.
J’ai tellement pleurer de désespoir que j’ai failli me déclencher une crise d’asthme. Alors que je ne suis pas du tout asthmatique.

« Le vent qui hurle en moi ne pense plus à demain, Il est bien trop fort, J’ai lutté, en vain » 
Ca, ce sont mes émotions. Le flot énorme, violent, et inintérompu de mes émotions. Avec lequel j’ai lutté si longtemps et si fort parce que…

« Cache tes pouvoirs, n’en parle pas
Fais attention, le secret survivra
Pas d’états d’âme, pas de tourments
De sentiments »
Question de survie. Cacher ses émotions « inappropriées », ces signes de faiblesses pour les autres.
Et puis, quand le diagnostique à été posé, surtout ne pas le dire, parce que les autres pourraient se vexer, ne pas comprendre.
Alors, pour me préserver de ce qui me faisait si mal, et pour obeïr, pour les autres (encore et toujours les autres), j’ai fait? J’ai caché.

« Libérée, Délivrée
Je ne mentirai plus jamais
Libérée, Délivrée »
Quand en analysant le diagnostique, je réalisais que c’était normal de ressentir tout cela. Quand j’ai enfin compris que j’avais le droit. Libérée. Délivrée.
Ne plus jamais mentir sur moi-même, c’est ce à quoi j’aspire. Ne plus mentir aux autres, mais surtout à moi-même. Me regarder telle que je suis et non telle que j’ai cru ou crois être.

« Je veux voir ce que je peux faire 
De cette magie pleine de mystère, 
Le bien, le mal je dis tant pis, tant pis
! »
C’est l’exaltation. Oui je veux voir ce dont je suis capable, maintenant que les barrières que j’avais moi-même posées sont en train de voler en éclat. Maintenant que mon horizon est plus vaste. Et pourtant, ce potentiel, je le connais mal il reste mysterieux. Quant à envoyer valser les définitions du bien et du mal, peut-être pas totalement, mais c’est une façon de dire que maintenant ça suffit, je ferai ce qu’il me faudra pour me connaitre et être moi. Qu’importe ce qu’on en pensera, ou comment « on » me jugera.

« Libérée, Délivrée,
Les etoiles me tendent les bras, 
Liberée, Délivrée,
Me voilà, oui je suis là
! »
C’est l’impression de se redécouvrir et de reprendre le contrôle de soi. Débarrassée de faux-semblants pesant. Se redécouvrir et avoir tout à réapprendre.

« Mon pouvoir vient du ciel et envahit l’espace, 
Mon ame s’exprime en dessinant et sculptant dans la glace 
Et mes pensées sont des fleurs de cristal gelées,  »
C’est comme ça que je vois et ressens ma douance. Merveilleuse, magique, mystérieuse. Et comment j’imagine mes pensées, le fonctionnement de ma psychée, de mon esprit Délicat et vif.

« Libérée, Délivrée, 
Desormais plus rien ne m’arrete, 
Libérée, Delivrée,
Plus de princesse parfaite.

Je suis là, comme je l’ai rêvé,  »
Ou comment on se réapproprie sa vie. L’impression que maintenant, tout est possible, et que tout est en place.