Être, intelligence et QI

C’est étrange comme je constate que les gens semblent se battre avec leur existence.

Sur le forum Adulte-surdoué, au sujet des THQI, il semblerait qu’une participante n’attendait qu’une invitation pour s’épandre sur la douleur de sa condition de THQI.
Cela m’a vraiment surprise, car finalement, son témoignage ne m’a pas fait sentir d’intelligence pour la vie.
L’Intelligence pour la vie.
C’est celle qui nous permet d’être heureux. C’est celle qui, selon moi, nous permet d’être au monde et d’être à nous même en harmonie. De nous épanouir. Il semblerait donc que cette intelligence n’aie pas grand chose à voir avec le QI.
Au fur et à mesure de mes pérégrinations dans le monde de la douance je découvre que mon principal « problème » est ma propre définition de l’intelligence. Et je réalise que derrière intelligence je mets beaucoup de choses, et en particulier cette intelligence pour la vie.
Pourquoi cette intelligence pour la vie me semble plus prépondérante que celle pour les maths (pour prendre un bon cliché) ? Parce qu’autant l’intelligence pour les maths permet de comprendre certaines choses que l’on a mises en chiffres, autant intelligence pour la vie permet d’être.
Etre au monde, Etre à soi-même.
Pour être au monde, nul besoin d’en comprendre les arcanes mathématiquement parlant.
Exemple : je n’ai pas besoin de comprendre quelle force, en formule mathématique et en unité de physique, permet à mes atomes de se maintenir ensemble dans un ordre précis, pour en être totalement éblouie. Je n’ai pas besoin de comprendre les détails de la tectonique des plaques, pour être prise d’un infini respect face à ces mouvements colossaux.
Vous voyez ?
De même, l’intelligence qui me permettra d’être heureuse au quotidien, d’être bien à moi-même et au monde, ce n’est pas celle qui m’aidera à résoudre mes équations. Mais celle qui m’aidera à me connecter à moi-même, à ressentir et à aimer.
Alors oui, je suis THQI. La belle affaire. Cela veut dire quelque chose, bien sur : mon fonctionnement cérébral et de pensée est différent de la majorité des « autres ».
Ok.
Mais, pour mon petit nombril et son existence relative aux autres, je n’ai rien trouvé d’autre d’utile. Donc, c’est décidé, plutôt que de rechercher comment l’intelligence s’exprime chez les autres, je vais vous partager comment elle s’exprime chez moi.
Parce que j’ai fini par comprendre que je n’avais pas à coller à la définition d’un THQI forcément, je n’ai pas à me contraindre pour rentrer dans une case dans laquelle je ne me retrouve pas.
Pour les autres il me semble plus pertinent de parler de la différence individuelle que de l’uniformité théorique d’une population presque inconnue à cause de sa rareté.

Oui je vais vous parler de mon bonheur d’être « différente » et « intelligente pour la vie ».

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Je n’ai pas envie d’avoir d’enfants

andersen

J’ai 29 ans, et je ne suis pas particulièrement traumatisée par l’idée de me reproduire.

Par contre, les autres, en particulier les femmes, ont l’air de l’être, traumatisées par ce sujet. Vendredi dernier j’ai encore eu droit à cette merveilleuse question teintée d’abhération :

« Et toi ? 29 ans et t’as pas d’enfants ?! »

Et bah non, et je le vis bien, merci.
Comment vous dire comme cela m’énerve d’entendre répéter ces clichés absurdes sur la condition féminine. Comme si la seule façon de s’épanouir en tant que femme était de de venir mère.
Et véritablement, beaucoup ont l’air de penser qu’être mère leur accorde une certaine supériorité vis à vis des autres femmes qui ne le sont pas, et les rend plus respectables aux yeux des hommes. Comme si d’un coup elles pesaient plus lourd socialement. Alors que pour la plupart, elles se contentent de peser plus lourd tout court.

Ok c’était bas et mesquin.

Quand elles me regardent avec cet air eberlué qui vire au suspicieux quand je leur dit que non, je ne veux pas d’enfant, j’ai envie de pousser le plus gros soupir d’exaspération et de détresse de ma vie.
Je passe à leur yeux pour un monstre, une anormale psychopathe. Elles n’envisagent pas une seule seconde que mes aspirations et mon bonheur puissent se situer ailleurs que dans la grossesse et la maternité.

Par delà l’exaspération, je suis triste pour ces femmes, et tristes pour les femmes en France. Tristes pour elles, car cela témoigne de leur étroitesse d’esprit, et d’à quel point leur vie doit être vide pour n’avoir comme seule ambition que de se reproduire. (Attention, je conçois parfaitement qu’il existe des femmes qui ont réellement et profondément pour ambition de devenir mère et d’élever leurs enfants. Mais en général ces femmes-là sont suffisamment épanouies dans leur vie pour ne pas se préoccuper des choix de vie des autres).
Je suis triste pour les femmes en France, parce qu’à cause de ces personnes qui relaient et transmettent cette idée que le seul avenir de la femme est la maternité, font reculer chaque jour un peu plus le peu de libertés et d’égalités sociale que nous avons durement gagnées ces dernières décennies.

Je précise que je ne veux pas d’enfants parce que je suis très bien comme ça, et pas par conviction féministe. Le féminisme c’est réclamé la liberté d’être et de choix pour TOU•TE•S. Donc si le choix de une telle est de ne pas avoir d’enfants, elle ne devrait pas plus en entendre parler (ou se le voir reprocher) que celle qui souhaite en avoir.

Pourquoi je n’ai pas envie d’avoir d’enfant ?
J’y reviendrai. Mais vous verrez, j’ai plein de bonnes raisons. ^^

Les hauts et les bas

Un psy, ou un ouvrage spécialisé du sujet vous dira qu’un HP ressentira tout plus intensément.

C’est merveilleux, mais cela a un prix.

Il y a deux jours, je fêté mon anniversaire avec ma famille, et une partie de ceux que j’aime. C’était super, je vivais un bonheur simple, très simple. Mais vif et frais, un bonheur que l’on qualifierait d’enfantin, mais peut-être est-ce parce que nous savons au fond, qu’en grandissant nous perdons cette capacité à être « simplement » heureux.

Bref, j’étais bien.

Et hier soir, suite à une mauvaise nouvelle d’ordre pécunier, j’avais l’impression que ma vie était fichue. Que j’avais tout gâché, à même pas 30 ans. Exploit remarquable en soi, il faut le dire. J’étais au 36e dessous, vraiment et je ne voyais absolument aucune issue.
Je me disais qu’il me restait simplement à creuser un trou et y rester.

J’ai pleuré, avec retenue, parce que mon amoureux essayait de me consoler. En l’écoutant, je me suis rendue compte de la difficulté que cela représentait de m’apaiser.
Pour me calmer, je démontais chaque paroles rassurantes, J’opposais la vision pessimiste, fataliste à sa vision optimiste.
Comme si j’avais besoin de tester sa force de conviction. Comme si, s’il tenait sous mes coups, alors il y avait un espoir. S’il tenait, alors je serais rassurée, en sécurité.

Il lui en a fallut de la force pour ne pas me répliquer « et bien vas-y, creuse le ton trou si t’as décidé de tout voir en noir ». Il a même réussi à me faire rire. Et il m’a redonner du courage.

 

J’ai réalisé après cela, la violence, la force de mes émotions. Quelle quantité d’énergie il me faut pour vivre tout cela.
Je ne me plainds pas ! Pas du tout, mais je réalise doucement l’ouragan qui déferle en moi et que je laisse parfois poindre. Ce qui expliquerait pourquoi, quand je suis vraiment angoissée, je ne dis rien à personne.
Cela me demande tellement d’énergie pour contenir cette angoisse, ne pas me laisser submerger par elle, que si j’en parlais, elle pourrait tout emporter sur son chemin, y compris ceux à qui je me confierais.
Les rares fois où j’ai laissé voir la véritable intensité de mes émotions, la véritable profondeur de mes peines, mes confidents se sont trouvés dépassés, effrayés.

Enfin, c’est étrange de réaliser, après 29 ans, l’intensité de ce que l’on vit.
C’est comme de respirer, on le fait depuis toujours, tout le temps, mais on ne le réalise pas. C’est la même chose avec mes émotions. Je les ai vécu comme cela depuis toujours, et aujourd’hui seulement, je réalise comment je les vis.

Le bon côté ?
Le bonheur et l’extase sont à portée de main, à chaque instant. Réellement.
Une peinture, une jolie couleur, une belle étoffe, les beaux cheveux d’une jeune femmes, des marrons glacés, un bon thé…

Et comment ne pas parler de l’amour et de la sexualité ?
J’écrirais dessus.